Le chant du crime de David Swinson

Le chant du crime de David Swinson - Editions Calmann Lévy Noir

Le chant du crime de David Swinson – Editions Calmann Lévy Noir

Présentation Le chant du crime de David Swinson

Il surveille Jeffrey Balwin, son cousin, à la demande de sa tante. Sa tante l’a élevé à la mort de sa mère alors qu’il était très jeune.

Il est un ancien inspecteur qui a travaillé à la brigade des stups. Maintenant il est détective privé.

Il est accro à la cocaïne.

Avis Le chant du crime de David Swinson

Suite à la filature qui concerne son cousin qui fait du trafic de drogue, cet ex-flic des stups, reconverti dans le privé, se trouve dans une boîte de nuit où il assiste à une transaction. Il rencontre un de ses anciens collègues qui pour arrondir ses fins de mois travaille à la sécurité dans cette boîte. Le lendemain, il souhaite retrouver son neveu, se rend chez lui mais ne trouve personne. De retour dans sa maison, il voit la police. Il s’inquiète quant à sa cachette. Mais sa maison recèle un cadavre, celui de son cousin et il y a eu un cambriolage. Il a perdu à tout ce qu’il tenait, notamment des disques de sa mère, la seule chose qui lui reste vu qu’elle est décédée alors qu’il n’était qu’un enfant.

Bien entendu, on lui dit de ne pas s’en mêler mais il va faire le contraire et collecter les preuves pour savoir qui l’a cambriolé, qui a tué son cousin. Ce sera une véritable enquête qui mettra à jour des trafics de drogue, des flics ripoux, de la violence également. Il va également mettre le doigt dans l’engrenage, ne pas pouvoir protéger certains témoins et ne donnera les informations qu’il détient à la police qu’au compte goutte. Les véritables questions sont pourquoi son neveu et donc pourquoi lui ?

Deuxième tome avec les aventures de Frank. Est-ce que le premier est meilleur ? J’ose le croire puisque l’on fait sa rencontre et que certains éléments me manquaient quant à la lecture de ce roman. Car je n’ai su son nom qu’au bout de la centième page. Je n’ai pas franchement aimé ce personnage qui est toujours en train de culpabiliser, qui recherche toujours de quoi se saouler mais surtout se droguer. Comment peut-il tenir avec tout ce qu’il ingurgite ? Comment peut-il donner le change ? Cela me déstabilise profondément. Il a beaucoup à cacher, on ne sait pas tout sur lui. Et même s’il est amoureux, il ment à cette jeune femme qu’il connaît depuis très longtemps, il n’arrive pas à tout lui expliquer malgré les preuves. Je ne peux pas lui reprocher sa pugnacité car il semble arriver toujours à ses fins. Il a conservé quelques bons contacts au sein de la police car tous ne savent pas ce qui s’est réellement passé. Il agit et réfléchit après quant aux conséquences et pour lui et pour les autres.

Pour donner du rythme à cette histoire, l’auteur a privilégié de courts chapitres. Tant mieux car cela donner un certains sens à la lecture et les pages se tournent facilement. Mais pour moi aucune urgence, pas un des meilleurs policier lus, peut-être à cause du personnage mais aussi de l’intrigue. Les tentatives d’humour tombent comme un soufflet comme certains dialogues. J’aurais également aimé savoir comment il a pu tomber dans cette dépendance. Est-ce expliqué dans le premier roman ? Donc, il me manque des éléments pour réellement apprécier cette lecture.

Je remercie Netgalley et les Editions Calmann Lévy Noir pour cette lecture.

Le chant du crime de David Swinson

Date de sortie : 23 octobre 2019

Editeur :Editions Calmann Lévy Noir

Nombre de pages : 352

ISBN : 9782702162729

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Kill Screen de Joel A. Sutherland - Actes Sud Junior

Kill Screen de Joel A. Sutherland – Actes Sud Junior

Résumé Kill Screen de Joel A. Sutherland

Elle entre dans une cabane et ce n’est pas la première fois. Que va-t-elle trouver cette fois-ci ? Va-t-elle encore mourir face à cet esprit ancien ? Elle veut le tuer ou l’exiler car auparavant elle est déjà venue à bout de toues les autres esprits.

Sauf qu’elle meurt pour la 109ème fois.

Avis Kill Screen de Joel A. Sutherland

Eve, surnommée V, voit des fantômes et fait des rêves prémonitoires. La jeune adolescente culpabilise énormément car elle n’a pas pu empêcher la mort de ses parents dans un accident de voiture, il y a deux ans. Elle vit avec sa grand-mère et a laissé tomber le sport à l’école pour se consacrer aux jeux vidéos dont elle est addict, notamment ce dernier jeu Kill Screen, qu’elle recommence inlassablement jusqu’à vaincre La Fumerolle. Et lorsqu’elle y arrive, après avoir lu les mots sur l’écran, le monde bascule. Selon un fantôme, elle a permis à La Fumerolle, d’être libérée. Le but de cette dernière est d’anéantir le monde des vivants.

Après des menaces, certains fantômes se transformeront en alliés, notamment la conceptrice du jeu. Mais cela ne sera pas sans dégâts. Eve et son ami vont utiliser les moyens à leur disposition, sel et objets en métal pour tenter de détruire ceux qui veulent faire du mal. Pour Eve, ce n’est qu’un jeu qu’elle transpose dans le réel. Mais elle voit ceux qu’elle aime souffrir et tentera, par tous les moyens, de les sauver. Une belle entente, réciprocité pour vaincre le mal. Mais l’ont-ils réellement vaincu. La fin semble promettre une suite. Est-ce que je me trompe ?

On plonge dans l’histoire dès les premières pages. On s’interroge sur ce qui arrive car quand l’auteur aborde la mort et plusieurs essais pour vaincre, le lecteur ne s’imagine pas ce qui l’attend, surtout s’il n’a pas lu la 4ème de couverture comme moi. Suspense entier.

Un bon petit roman pour jeunes adolescents avec tous les ingrédients nécessaires, les jeux vidéos, deux ados très différents, mais amis depuis de nombreuses années. Mais aussi un ado qui a vécu un drame dans sa vie et qui ressent cette culpabilité qu’elle cache aux autres via une attitude un peu bravade. Ils n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Rester ensemble côte à côte leur suffit. Ils vont unir leurs forces, leurs connaissances pour que leur monde ne soit pas anéanti. En plus, il y a un fond d’un monde caché, irréaliste pour nous. Forces obscures, esprits, fantômes sont toujours des sujets qui peuvent avoir du succès auprès des lecteurs et aussi pour certaines personnes. Une course contre la montre contre les méchants en espérant que ceux qui veulent le bien vont réussir. Ils oscillent tout de même entre doute et euphorie après certaines victoires. Mais ils repartent de plus belle et n’abandonnent pas.

C’est mon deuxième roman de cet auteur. J’ai réellement préféré le premier lequel je pense s’adressait à un public un peu plus âgé que pour Kill Screen. En tous les cas, j’ai passé un bon petit moment de lecture.

Je remercie Actes Sud Junior.

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Date de sortie : 2 octobre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 166

ISBN : 978-2-330-12794-7

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Aigre Doux de Wilfried N'Sondé

Aigre Doux de Wilfried N’Sondé

Résumé Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Des amis se retrouvent, mais comme toujours reste un peu à l’écart. Lui suffit d’être avec son ami.

Une question sur son origine, réponse colérique et s’enfuit.

Avis Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Pas besoin d’un grand nombre de pages pour dénoncer le racisme, la stigmatisation, les questions qui font mal parce que l’on est différent. C’est ce qui arrive à cette jeune fille qui accompagne un ou une amie, je pencherai pour le premier, même si elle reste en retrait. Une seule question sur ses origines et elle se met vivement en colère et part.

Partir, oui et regretter et attendre. S’interroger sur soi, sur sa vie, sur cette absence qui fait mal. Ce roman parle de la couleur de peau, certes, mais il ne se cantonne pas qu’à ça. Il parle de ces jeunes qui sont différents, de ces jeunes qui se cherchent. Un comportement, des vêtements qui ne révèlent pas leur moi profond. Originalité vestimentaire, comportement qui se remarque et qui engendre de nombreuses réflexions. Réflexions, stigmatisation, violences verbales qui font mal, très mal. Est-ce que tout cela est dû à sa couleur de peau. Personnellement, je ne le pense pas. Quand on ne correspond pas à la norme, on subit de nombreux rejets. Ces jeunes doivent toujours se justifier, ils ne sont jamais écoutés. Mais si on gratte un peu, on peut voir le manque de confiance en soi, les nombreux complexes, on peut accepter certaines choses des gens proches, mais pas de la famille. En effet, avec une mère trop présente, qui donne trop de conseils, les conflits sont continuels et cette jeune fille en devient méchante. Elle se venge sur sa mère de cette absence qu’elle subit, de cet absent à qui elle ne peut pas dire ce qu’elle pense. Elle essaie de se protéger de tout et de tous.

Lorsque l’on est jeune et que l’on subit tout ça, la pensée du suicide n’est pas loin. Mais on peut également rêver de son avenir. Pourtant le conditionnement pour réussir à l’école est continuel. Quand on veut sortir de tout cela, il suffit de prendre une décision, mais seulement pour soi.

Racisme, relations, réactions démesurées, manque de confiance en soi, stigmatisation, exclusion, cataloguer, manque de confiance en soi, normalité, la jeunesse passe, très souvent, un cap difficile.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Date de sortie : août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 416

ISBN : 9782330124311

Sous un ciel écarlate de Mark Sullivan

Sous un ciel écarlate de Mark Sullivan - Editions Amazon Publishing

Sous un ciel écarlate de Mark Sullivan – Editions Amazon Publishin,

Sous un ciel écarlate de Mark Sullivan, Présentation de l’éditeur

En 1943, Pino Lella est un jeune Italien comme les autres : il aime la musique, les filles, et ne veut pas entendre parler de la guerre ni des nazis. Mais le temps de l’innocence prend fin lorsque l’appartement familial est détruit par un raid des Alliés sur Milan. Pino entre alors dans la clandestinité en rejoignant un réseau qui aide les Juifs à passer en Suisse. Il y rencontre Anna, jolie veuve de six ans son aînée, dont il tombe follement amoureux.

Mais les parents de Pino l’obligent bientôt à s’enrôler dans l’armée allemande, pensant le mettre ainsi à l’abri. Blessé, il devient à dix-huit ans le chauffeur du bras droit d’Hitler en Italie puis, rapidement, espion pour les Alliés. Dès lors, Pino ne cesse de se révolter face aux horreurs de la guerre et de courir tous les dangers pour l’amour d’Anna.

Basé sur l’histoire véridique d’un héros oublié, ce roman est une ode au courage et à la résilience.

Avis Sous un ciel écarlate de Mark Sullivan

Un véritable coup de coeur pour cette histoire vraie racontée par l’auteur. Une histoire vraie qui se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais du côté italien. Première fois pour moi d’avoir ce type de lecture. Je connais le côte allemand, le côté français, le côté américain mais le grand oublié a été l’Italie de Mussolini et tous ceux qui ont oeuvré contre ce fasciste et Hitler. Et c’est le cas ici. C’est une très belle histoire, une histoire extrêmement émouvante de ce jeune homme de même pas 18 ans au moment où sont racontés les faits. Cette histoire est dure car Pino a tout vu, tout entendu, que ce soit du côté allemand, du côté de la Résistance, du côté des fascistes. Et lors de la libération de Milan, de l’Italie, tout n’était pas encore fini.

Je ne vais pas raconter l’histoire de Pino. Découvrez-là. Mais je peux vous dire, qu’à la lecture, c’est un véritable héros. Il a bravé de nombreux dangers, il n’a pas toujours été compris mais il ne pouvait rien dire. Il a même été rejeté. En quelques mois, il a énormément grandi, il a trouvé sa voie, il a rencontré divers personnages, souvent connus en ce temps-là. Malgré la peur, il a oeuvré de son côté sans perdre de vue ses objectifs. Quand la vie ne tient qu’à un fil, c’est souvent le cas en temps de guerre et surtout pour celle-là. Quand on voit l’indicible et que l’on ne comprend pas tout car les horreurs de l’Allemagne n’ont été révélées qu’à la libération. Mais on s’interroge sur tous ces hommes esclaves qui devaient travailler, si l’on peut dire, pour les Allemands.

Une histoire politique également car les enjeux, les négociations sont expliquées. Hitler, Mussolini, l’Eglise, les entreprises. Une histoire qui raconte les bombardements, la main mise de l’Allemagne sur l’Italie, comment ils se sont servis et ont affamé les Italiens qui n’avaient plus rien pour vivre. Alors oui, l’horreur était là, bien là mais elle est contrebalancée par les nombreux paysages magnifiques de l’Italie, les paysages où la nature reprend, très souvent, ses droits. Une très belle leçon de courage qui m’interpelle en ces temps troublés où l’Italie est passée à l’Extrême Droite, il y a peu. Comme quoi, le passé, on n’en tient pas souvent compte.

L’auteur a eu vent de cette histoire, à un moment où cela n’allait pas bien pour lui. Cela lui a demandé du temps, des enquêtes, des échanges en face à face avec Pino. Je pense qu’il a su rendre, par ses mots clairs, concis, précis toute l’horreur de cette Seconde Guerre Mondiale. J’ai mis énormément de temps à lire ce document vu la vie personnelle agitée que j’ai en ce moment avec deux chats et l’impossibilité de lire le matin dans les transports en commun, alors je ne raconte pas le soir. Un conseil, pour que l’histoire de Pino ne reste pas lettre morte, essayez de lire ce livre à sa sortie. J’en suis sortie grandie et toujours plus avide de connaissances et surtout de rencontres de véritables héros. Cette période de l’histoire a toujours été une de mes favorites, que ce soit au lycée ou dans ma vie personnelle. Car je n’oublie, en aucun cas, tous ces morts, cette violence, cette barbarie d’hommes, de femmes initiée par un seul homme qui a oeuvré pour détruire des peuples. Mais d’un autre côté, il y a tous ceux qui ont oeuvré dans l’ombre pour libérer le monde.

Je remercie Netgalley et les Editions Amazon Publishing.

Sous un ciel écarlate de Mark Sullivan

Date de sortie : 15 octobre 2019

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 559

ISBN : 9782919807239

Vindicta de Cédric Sire

Vindicta de Cédric Sire - Editions Métropolis Noir

Vindicta de Cédric Sire – Editions Métropolis Noir

Résumé Vindicta de Cédric Sire

Quatre jeunes gens, dont Audrey et Damien se préparent à changer de vie. Ils pensent avoir toutes les cartes en main. Damien ne force pas Audrey mais elle aime le garçon et ils feront tout ensemble.

Valentine interroge, encore et toujours, sa mère sur son père. Mais la jeune femme est inflexible. Elle ne dit rien car elle avoue avoir énormément à cacher. Valentine doit être gardée par une jeune fille mais, pour une fois, elle ne veut pas y aller. Pourtant, elle partira.

Avis Vindicta de Cédric Sire

Un changement de pseudo ou plutôt un premier pseudo inversé. Fini Sire Cédric, place à Cédric Sire. Je n’avais pas fait attention, c’est ma fille qui s’en est aperçue. Comme quoi, je ne fais pas souvent attention. Mais en lisant la dernière page, j’ai eu mon explication. Qu’est-ce que cela change ? Pas grand chose. Sauf que Cédric Sire devient de plus en plus un des maîtres du thriller français. Ce roman est hautement addictif. Personnellement, je n’ai rien vu venir quant à l’identité de ce tueur qui se venge de la mort de cette petite fille, Valentine, qui assassine, avec des sévices incroyables, tous ceux qui sont en responsables. Des surprises à pratiquement chaque page, sur des chapitres très courts.

Une planque pour tenter d’avoir des informations quant à un avocat véreux, mais on doit juste prendre des photos et ne pas sortir du véhicule. Quatre jeunes qui se préparent pour tenter le coup du siècle pour eux. Mais voilà, tout ne se passe pas comme prévu. Le bijoutier agressé et même blessé, tire des coups de feu contre le conducteur des véhicules des jeunes gens. C’est donc la jeune fille qui prend le volant et pour échapper à la police, doit monter sur un trottoir à toute allure. L’accident survient. Une petite fille est fauchée. Salva, qui voit le drame se dérouler sous ses yeux, ne peut pas se résoudre à ne rien faire. Il se rend au chevet de la petite fille jusqu’à l’arrivée des secours. Et là, tout s’enchaine.

La souffrance, autant physique que psychologique, émaille ce roman et pour de nombreux personnages et il faut avoir le coeur bien accroché à certains moments, surtout pour ceux qui n’aiment pas le gore en matière d’assassinats. Le personnage de Marie qui, on le sait très vite, a de nombreuses choses à cacher. Mais lesquelles ? Je ne m’attendais pas à ce que va nous révéler Cédric Sire. Audrey a fui un père alcoolique et qui lui a infligé des sévices sexuels. Elle pense avoir trouvé l’amour avec Damien mais les conséquences de leur acte vont changer, au plus profond, cette jeune fille. Elle va culpabiliser. Elle veut prendre ses responsabilités face à de drame car elle en a trop sur la conscience. On pense de suite au suicide. On sent qu’elle n’a pas fini de subir ses actes, surtout que pour tenter de survivre, elle va devoir révéler une facette encore plus sombre. Salva peut comprendre sa mise au placard puisqu’il n’a pas été franc dans son métier de policier. Mais il ne comprend pas qu’on puisse cacher des indices aux autres forces de police pour tenter de gagner de la reconnaissance. Alors, oui, il se drogue. Alors, oui, il va faire cavalier seul, il va encore une fois mentir et ce plusieurs fois car il veut que les coupables soient arrêtés ou sauvés. Cédric Sire va en faire un sacré héros, tout de même. 

En ce moment, je lis des romans qui ont des références à ce que j’ai pu lire ou voir auparavant. C’est le cas de Slender Man pour évoquer ce tueur de l’ombre, qui se venge. Slender Man est à l’origine de la tentative de meurtre d’une jeune écolière par deux de ses camarades. Cette affaire a fait grand bruit aux Etats-Unis, il y a quelques années. Je ne sais pas si cette référence à Henri Loevenbruck et J’irai tuer pour vous va plaire à Cédric Sire. Mais cette faction de l’armée, imaginée par l’auteur, qui va aller tuer dans des pays en guerre, sans que le gouvernement français ne soit au courant, m’a fait penser au roman, plutôt biographie romancée, de Loevenbruck. Mais cela s’arrête là. Un homme, un officier gradé est à l’origine de cette faction. Il les a formés, a révélé le plus sombre d’eux, sans toutefois les accompagner réellement dans leurs actes répréhensibles, qui ont viré au carnage. Ils étaient seuls mêmes s’ils ont tenté de se serrer les coudes.

Les grands chapitres de ce roman sont, eux aussi, toute une histoire et sont un avant-goût de ce qui va se passer : Passage(s) à l’acte, Irréversible, Un par un, Précipice, Des noeuds de vipères, Crépuscule, Châtiments, Face à face. Quant aux autres chapitres, ils sont courts, ils démontrent l’urgence, les révélations. Le rythme est haletant. Les mots sont durs, bruts, abrupts. Cédric Sire joue avec les mots car ils ont une réelle signification au fil des pages. Ce que l’on croit, au fil de la lecture, sera contrebalancé par les dernières pages qui vont tout révéler.

Même si je donne la note maximale à ce livre, je tiens à mettre un petit bémol quant aux quelques fautes, peu nombreuses toutefois, qui n’ont pas été corrigées après les nombreuses relectures et avant l’impression.

Par contre, un grand merci pour la dédicace de Cédric Sire, suite à mon achat, en ligne, à la librairie de Toulouse.

Vindicta de Cédric Sire

Date de sortie : 14 mars 2019

Editeur : Métropolis

Nombre de pages : 578

ISBN : 978-2-902324-2

A un cheveu de Lise Syven

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Résumé A un cheveu de Lise Syven

Matthéo est au lycée. Il a 17 ans. Il souhaite ardemment commencer sa nouvelle vie loin de tout le monde. Il porte constamment une casquette.

Arrive sa cousine de trois ans son aînée. Va-t-elle s’installer chez lui ?

Avis A un cheveu de Lise Syven

Matthéo est un jeune garçon de 17 ans en pleine construction. Il est au lycée et il a dû subir du harcèlement de la part d’un élève de son lycée. Mais depuis peu, Matthéo est atteint d’alopécie. Son crâne se dégarnit. C’est héréditaire. Le jeune homme vit très mal cette situation. Il porte toujours une casquette sur la tête. Après avoir été aidé par ses camarades, il est rejeté. Matthéo est toujours tout seul. Il est amoureux en secret. Il rase les murs pour ne pas être victime de quolibets, de coups. Mais sa cousine, plus âgée, arrive chez lui. Même s’il la rejette un peu au départ, il retrouve très vite la complicité qu’ils avaient. Surtout qu’Andréa a une très belle idée, mise en commun avec la mère de Matthéo. Cela va tout changer dans la vie du jeune homme qui devra faire des efforts, énormément pour s’accepter et se faire accepter tel qu’il est.

Ce roman a été lu dans le cadre d’une Masse Critique Jeunesse de Babelio. Quand je fais mes choix, je survole le résumé car bien souvent, il en dit trop, donc je me base sur le titre, éventuellement l’auteur. Ici, il y a eu un peu des trois, mais surtout la couverture m’a attiré. Et je ne regrette pas d’avoir été sélectionnée car l’auteur aborde de nombreux sujets, pas forcément propres aux adolescents car tout le monde peut expérimenter le harcèlement, l’homophobie, la misogynie. Les personnages de ce roman sont vraiment sympathiques, en ce qui concerne cette famille qui vit ensemble et qui accueille la cousine. Comme dans toute famille, il peut y avoir des heurts mais on sent tout de même que ces quatre là sont soudés. Par contre, comment peut-on renier un enfant car ses aspirations sexuelles n’entrent pas dans la norme de la société ? Quelle souffrance vécue. Andréa et Matthéo se trouvent et s’aident. Ils vont se donner des conseils, passer de bons moments ensemble. 

Matthéo va expérimenter le grand premier amour mais cela ne sera pas en tant que Matthéo car il faut qu’il s’accepte avec son postiche. Il faut qu’il reprenne confiance en lui, qu’il s’aime, même s’il veut avouer la vérité. Comment se tirer de mensonges inventés pour ne pas subir plus de harcèlement ? Vérité vs Mensonge, mais cela lui permet également de réellement connaître son monde et à qui il peut faire confiance. Il veut oser pour ne pas regretter plus tard. Il a raison, en définitive.

Même avec des sujets sensibles, d’actualité, l’auteur fait preuve d’humour dans certaines parties de son roman avec des situations familiales assez comiques. Les sujets traités permettent de faire comprendre aux adolescents que certains peuvent souffrir dans leur corps et leur âme, qu’il faut être entouré pour affronter certaines situations, que l’on peut trouver de l’amitié là où on ne l’attend pas forcément. Que l’on soit jeune ou vieux, on peut rire de quelqu’un mais on ne se rend pas compte que cela peut faire extrêmement mal, que cela peut être mal ressenti. Je remercie Babelio et les Editions Castelmore pour cette lecture

A un cheveu de Lise Syven

Date de sortie : 19 septembre 2018

Editeur : Castelmore

Nombre de pages : 409

ISBN : 2978-2362313042

Souvenirs effacés d’Arno Strobel

Souvenirs effacés d'Arno Strobel - Editions L'Archipel

Souvenirs effacés d’Arno Strobel – Editions L’Archipel

Résumé Souvenirs effacés d’Arno Strobel

Un jeune enfant est enlevé. Sa mère tente de poursuive la voiture. C’est ensuite le trou noir.

Une femme se réveille dans ce qui semble être une chambre d’hôpital. On lui annonce qu’elle a été dans le coma deux mois.

Avis Souvenirs effacés d’Arno Strobel

Que se passe-t-il quand on efface tout d’un cerveau et qu’on lui insuffle les souvenirs d’une autre personne ? Est-ce que c’est ce qui est arrivé à Sybille ? Tout commence par l’enlèvement d’un enfant. Une mère court derrière la voiture et c’est le trou noir. Une femme se réveille dans une chambre. Elle rencontre un médecin qui lui annonce qu’elle a été dans le coma pendant deux mois. Elle prend peur, se méfie et arrive à s’échapper. Elle se prénomme Sybille et elle va tout faire pour retrouver son ancienne vie car elle se rappelle de tout. Elle se rend à son domicile mais face à l’homme qui se présente devant elle, qu’elle nomme son mari et malgré les souvenirs qu’eux seuls peuvent connaître, elle est rejetée. Pourquoi ? Parce que Sybille n’est pas sa femme. Cette dernière a disparu il y a deux mois.

Une course contre la montre s’engage pour Sybille. Elle veut retrouver son fils Lukas. Elle rencontrera divers personnages sur son chemin, Rosie, Christian, la police… Elle va tenter, par tous les moyens, mis à sa disposition de faire toute la lumière sur ces souvenirs effacés de la mémoire de ses proches. En effet, personne ne la reconnait. Pourtant, elle se rappelle de tout. Y a-t-il une machination contre elle ? Et pourquoi, tout le monde lui dit qu’elle n’a pas d’enfants. Epiée, surveillée, à qui Sybille peut-elle faire confiance ? Rosie ? Christian ? Certainement pas la police, même si un de ses membres ne l’arrête jamais. Tous ceux qui l’aident sont suspects aux yeux du lecteur car il semblerait qu’ils lui racontent tous des histoires. Mais Sybille tient bon. Des flashes, quelques réminiscences vont l’emmener jusqu’au bout, jusqu’à cette vérité qu’elle recherche et qui fait froid dans le dos.

L’auteur nous emmène dans un thriller psychologique et le lecteur suit à la trace Sybille pour connaître, comme elle, toute la vérité sur cette histoire. Les personnages et leurs caractères sont très bien détaillés. Le lecteur sent qu’ils sont tous plus ou moins manipulés par plus haut placé qu’eux. Ce roman, dans son ensemble et surtout avec les explications données à la fin, avant que le dénouement se produise, nous permettent de comprendre que l’on doit faire confiance à la recherche mais également se méfier de ceux qui tentent de faire des expériences sur les humains. Un roman peut révéler la vérité. Je ne sais pas si on en est encore à ce stade là, mais si c’est le cas ou si cela doit arriver, cela fait froid dans le dos. L’imagination d’un auteur est certes débordante mais elle peut être prémonitoire. En tous les cas, je sais que le cerveau est un grand mystère et qu’il reste beaucoup de choses à découvrir sur lui. Deux phénomènes m’ont interpellé. Pourquoi un cerveau resté sans oxygène 10 minutes a-t-il pu repartir sans séquelles ? Pourquoi un cerveau envoie des signaux, des ordres difficiles à contrôler ce qui entraîne des maladies psychiatriques plus ou moins importantes ? Tout seul, le cerveau peut réaliser des prouesses formidables ou pas. Aidé, qu’est-ce que cela peut donner ? C’est ce que nous explique le roman.

Il semblerait que l’auteur ait choisi des personnages féminins pour être les héroïnes de ces romans. La couverture de son premier, Enterrées vivantes me donne forcément envie, vu que j’ai grandement apprécié cette première lecture et donc une découverte pour moi d’un autre auteur de polar.

Je remercie les Editions L’Archipel pour l’envoi de ce roman. Je vais m’empresser de découvrir, en poche, Enterrées vivantes.

Souvenirs effacés d’Arno Strobel

Date de sortie : 6 juin 2018

Editeur : L’Archipel

Nombre de pages : 322

ISBN : 978-2-8098-2450-6

Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes de Jessica Shattuck - Editions JC Lattès

Château de femmes de Jessica Shattuck – Editions JC Lattès

Résumé Château de femmes de Jessica Shattuck

1938, comme tous les ans, c’est la fête des moissons au château de la Comtesse Von Lingerfelds. Il pleut mais cela n’empêche pas Marianne, la femme du neveu de la comtesse de tout préparer. 

Marianne a beaucoup d’admiration pour la comtesse, une femme libre  et rebelle.

Avis Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes, c’est l’histoire de trois femmes et de leurs enfants, Benita, Ania et surtout Marianne. Marianne a une mission. S’occuper des femmes et des enfants de ceux qui ont résisté contre l’Allemagne d’Hitler. Si, au départ, elle a mal pris cette demande de son meilleur ami, Connie, au fur et à mesure, elle se rend compte que ce qui lui a été demandé permet de perpétuer le souvenir mais aussi les actes de ces Allemands qui se sont soulevés contre le pouvoir d’Hitler. Ils ont tous été fusillés ou pendus, comme son mari.

L’auteur dévoile, au fil des pages, au moment opportun, le passé, les aspirations, les rêves, mais aussi le déni, la révolte de ses personnages féminins. Plusieurs périodes sont couvertes. La montée du nazisme, la Seconde Guerre Mondiale, la reconstruction du pays, pour finir dans les années 90 lorsque le château de famille de Marianne devient un centre de conférences où elle vient présenter son livre. Marianne est une femme optimiste, confiante, exigeante, elle n’a peur de rien, elle sait qu’elle va y arriver coûte que coûte. Elle apparaît comme une personne que rien ne peut atteindre. Et ce sera comme ça toute sa vie. Elle est bourrée de principes et comme tout un chacun, elle a des réactions, sur le moment, qui vont engendrer beaucoup de souffrances. Elle tentera de se les expliquer, mais le pardon n’est pas un mot ou un geste qu’elle affectionne particulièrement. Ses relations seront difficiles avec Benita pourtant elles vivront ensemble de nombreuses années. Benita peut paraître une jeune femme frivole. Il semble y avoir de la jalousie envers elle. Mais Benita, qui ne vient pas d’un milieu aisé, a eu foi en un homme, homme qu’elle a perdu, qui n’a pas toujours été là pour la soutenir au tout début de leur mariage. Son fils, Martin, est tout pour elle. Elle ne contrecarrera jamais ses plans. Martin, un des personnages centraux de ce roman. Un enfant qui porte, sur ses épaules, un héritage difficile à appréhender. Ania est un personnage assez complexe mais personnellement, je n’ai pas pu la juger. Même si elle n’a voulu rien voir, même si elle n’a rien fait quand elle en avait la possibilité, l’avenir s’est chargé de tout ça, surtout lorsque de nombreux Allemands ont émigré en Amérique et que toute cette horreur a été dénoncée et reste un devoir de mémoire. Cela peut même être incompréhensible pour ces Allemands qui sont nés après la guerre de comprendre ce qui s’est passé dans ce pays. Ils ne pardonnent pas. Comme ne pardonnent pas ceux qui ont résisté et qui ont jugé, sans connaître réellement la vie  de ceux qui ont été obligés d’obéir.

Une fois n’est pas coutume, un roman qui concerne la Seconde Guerre Mondiale se place du côté allemand, du côté de ces Allemands qui ont résisté, qui ont tenté de renverser Hitler. Ils avaient très vite compris que cet homme apporterait le chaos, sans imaginer toutefois jusqu’où cela pourrait aller. Ces personnes se sont informées, se sont tenues au courant, mais voir la vérité telle qu’elle était avec ses déportés a été plus qu’un choc pour eux. De plus, ils ont dû subir l’invasion des soldats russes qui ont tout anéanti sur leur passage, bien après tout ce qu’a pu faire l’armée et la police d’Hitler. L’Allemagne a également dû vivre avec les Américains qui se sont installés dans le pays pour emprisonner, juger ceux qui ont été des SS. Tout comme de nombreux pays, dont la France, l’Allemagne a dû faire face à la pénurie, au rationnement mais aussi tenter de se reconstruire. Même si ces résistants n’ont pas pu renverser le régime, il faut aussi louer leur courage. Souvent, la famille était impliquée, elle a aidé ceux qui avaient besoin d’aide. Un roman pour rendre hommage à ces hommes, ces femmes. Un roman qui tente d’expliquer également ceux qui ont approuvé, ceux qui se sont voilés la face. Les récits sont glaçants mais ils n’ont pas pris conscience ou n’ont pas voulu prendre conscience. Car malgré tout, Hitler a vraiment été très fort. Il a promis un pays qui allait retrouver le plein emploi mais seulement pour les Allemands. Que dire également des enfants ? Ils devaient être éduqués dans le sens que voulait Hitler. Ils ont été placés dans des foyers, on leur a donné des noms allemands, on les a volés à leurs parents. Ils devaient plus tard protéger leur pays, mourir pour leur patrie. Certaines femmes ont même dû subir des viols. Ces trois femmes, Ania, Benita et Marianne, quoi qu’elles aient fait, pensé, ne sont jamais allées dans ce sens. Même si elles aimaient leurs enfants, j’ai senti Ania et Marianne assez détachées par rapport à eux. Oui, elles les ont élevés, aimés, mais en étaient-elles proches ? Pas forcément. A lire et nous pourrons échanger à ce sujet car j’aimerais avoir votre avis.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Château de femmes de Jessica Shattuck

Date de sortie : 31 octobre 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 370

ISBN : 978-2-7096-5770-9

La Maison abandonnée de Joel A. Sutherland

La Maison Abandonnée de Joel A. Sutherland

La Maison Abandonnée de Joel A. Sutherland

Résumé La Maison abandonnée de Joel A. Sutherland

Quatre jeunes amis passent leur dernier été ensemble avant que leurs chemins ne se séparent.

Ils veulent passer un été inoubliable. Ce sera le cas lorsqu’ils découvriront une maison abandonnée sur une île et tout ce qui en découle.

Avis La Maison abandonnée de Joel A. Sutherland

Ce roman est destiné aux très jeunes adolescents. A partir de 11 ans précise l’éditeur. C’est tout à fait le cas. Je pense qu’ils passeront un bon moment avec ces quatre jeunes adolescents. Je pense également qu’ils tourneront facilement les pages et qu’ils seront happés par l’histoire. Pour ma part, malgré les recherches de Jacob et son ami Ichiro mais aussi leurs découvertes, j’ai trouvé la mise en place trop longue. Heureusement que certaines révélations viennent réveiller le roman. Les quatre amis ne font pas que ça. Ils passent beaucoup de temps hors de cette maison, ils font du sport. Pour chercher leurs informations, ils n’utilisent pas qu’Internet. Ils vont à la bibliothèque. Le dénouement, intensif, se déroule sur à peu près 80 pages, soit le dernier tiers. Malgré les qualités d’écriture, je n’ai pas été happée par l’histoire. Trop vieille sûrement ! Pourtant je lis pas mal de littérature jeunesse.

J’ai, quand même, particulièrement, aimé l’attraction provoquée par cette maison sur Jacob. Il est happé, aspiré, attiré comme un aimant. Il ne peut pas rester loin d’elle. Elle occupe toutes ses pensées et même ses rêves, plutôt des cauchemars. La découverte de cette île, de cette maison et des choses étranges qui s’y passent est extrêmement bien racontée.

Je dois également dire que j’ai été surprise par le dénouement. En cela, l’auteur a bien réussi son coup. Je m’étais focalisée sur son histoire, sur les personnes et notamment ce médecin. Mais sans en dévoiler trop, l’auteur a bien caché son jeu. Avec cette histoire et malgré cette fameuse séparation, les enfants seront soudés encore plus. De plus, Jacob saura, de plus en plus, où seront ses priorités. L’auteur développe à la perfection les thèmes de l’amitié, des fantômes avec du fantastique également mais aussi une enquête si on veut policière. De plus, il y a ce monde de légendes censé faire peur aux enfants.

J’ai bien aimé ces quatre jeunes adolescents qui sont très différents et qui ont chacun leurs problèmes. La maman de Jacob m’a aussi bien plu.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour la découverte de cet auteur.

La Maison Abandonnée de Joel A. Sutherland

Date de sortie : mars 2018

Nb pages : 304

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-09690-8

La plage de la mariée de Clarisse Sabard

La plage de la mariée de Clarisse Sabard

La plage de la mariée de Clarisse Sabard

Résumé La plage de la mariée de Clarisse Sabard

Zoé a la trentaine. Elle vit à Nice. Ses parents sont victimes d’un accident de la route. Avant de mourir, sa mère lui apprend qu’elle doit retrouver son père biologique. Elle lui laisse un indice La plage de la mariée.

Zoé décide donc de partir en Bretagne.

Avis La plage de la mariée de Clarisse Sabard

Au départ, le rythme est très enlevé. On sent une libération, un réel plaisir d’écrire, une véritable assurance, que ce soit dans les descriptions, beaucoup moins importantes que dans son premier roman mais qui étaient pourtant très travaillées, et encore plus dans les pensées, les relations des personnages. Clarisse Sabard ne s’embarrasse pas de mots ampoulés, l’ensemble est vivant. Elle manie très bien l’humour tout comme les pensées plus noires, les sentiments ressentis par son héroïne Zoé. Mais ça, c’est le début, soit une cinquantaine de pages. A force, toutes ces pensées, ces phrases en italique sont réellement énervantes. On dirait qu’on n’a pas affaire à une jeune femme de 30 ans. Clichés, clichés et encore clichés.

Malgré le drame et son départ pour la Bretagne, Zoé arrive, très vite à se faire des connaissances, des amis, à trouver un travail. Pourtant, elle est toujours très triste et ne veut pas trop se confier. Mais elle sera obligée si elle veut découvrir toute la vérité. Et là, tout le monde y a droit. Il semblerait que Zoé soit une personnalité qui se fait facilement des amis. Mais j’ai trouvé ceci invraisemblable, comme trouver rapidement un travail (en fin de saison touristique !), un toit… De suite, dès qu’elle rencontre quelqu’un, elle passe très vite au tutoiement et surtout à la bise. Peut-être que cela se passe comme dans ça dans les romans, mais dans la vie réelle ? Point qui m’a choqué est la formation commerciale de la jeune femme. Est-ce que des études, une formation donnent le contact clientèle ? Non, non et non. Cela ne s’apprend pas dans les livres, dans une formation théorique. Seuls les contacts avec les personnes peuvent y arriver, surtout si on y met du sien, lorsque l’on est un tant soit peu timide. Outre cette quête du passé, ce qui parait invraisemblable est le beau gosse qui vient de Monaco, d’une famille très aisée et qui roule en Porsche. Il y a ensuite une mère et son fils qui vivent une relation difficile. Mais heureusement que Zoé est là ! Et cet homme, responsable de la mort de sa tante. Zoé ne montre pas un très beau visage face à cet homme. Elle semble ne pas vouloir le juger pourtant c’est ce qu’elle fait. Pourtant, il a payé sa dette à la société.

Qu’en est-il réellement de cette Plage de la mariée ? Quelques informations à ce sujet, mais rien de transcendant.

Malgré tout, je n’ai ressenti aucun sentiment d’urgence dans la quête de Zoé pour découvrir la vérité sur son passé, sur la recherche de son père. La jeune femme avance petit à petit, donc comme le roman, selon les éléments qui lui sont donnés. Au bout d’un moment, malgré la qualité du début, je me suis ennuyée. C’est trop long, à mon goût, comme un essoufflement, une montagne que l’on n’arrive pas à gravir. C’est comme un soufflet au fromage qui tombe. Pourtant j’aime sortir de ma zone de confort, lire des romans qui ne sont pas des polars, des thrillers, mon année 2017, a été assez riche en ce sens. Mais là, j’ai eu énormément de mal à avancer. A chaque page tournée, je me demandais quand est-ce que cela allait finir, quand un rebondissement allait arriver pour donner un véritable boost. J’ai pour principe de ne pas laisser un roman pour toujours donner une chance à l’auteur. C’est ce que j’ai fait avec celui-ci. On dit souvent que les seconds romans sont moins bons que les premiers. C’est le cas ici, malgré ma première impression. J’espère que le thème du prochain roman ne sera pas la quête de son identité avec la recherche du passé car certaines phrases, bien que tournées différemment, ont la même connotation que dans le premier roman. Cela ne donne aucune nouveauté. 400 pages plates, sans saveur, où les relations entre les personnages semblent fausses. Autre point négatif qui me touche énormément est cette propension qu’à Clarisse Sabard à user et abuser de termes, à très mauvais escient, qui relèvent de la psychiatrie, comme le burn-out, entre autres. Il y a également un autre terme récurrent. La folie, folle. Un psychiatre lirait ce roman, il s’arracherait les cheveux. Donc, avant d’utiliser certains termes, sans les connaître réellement, à part ce que l’on peut lire dans les journaux, un travail beaucoup plus approfondi est nécessaire auprès de professionnels, même s’il semble qu’elle ait pris quelques informations. Mais je peux la diriger vers quelqu’un d’autre si elle le souhaite, Professeur de surcroit.

Auteurs, éditeurs, si vous pouviez passer plus de temps à vos relectures, ce serait un plus car quelques coquilles, mots manquants, phrases mal tournées, sont présentes. Ce roman ne fait pas exception à la règle. De plus, lorsque l’on se targue d’écrire des chroniques littéraires, de juger le travail d’autres auteurs, le travail doit être propre, irréprochable.

La plage de la mariée de Clarisse Sabard

Date de sortie : 17 mars 2017

Nb pages : 444

Editeur : Charleston

ISBN : 978-2-36812-129-0

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