Mauvais sang de Catherine Dabadie

Mauvais Sang de Catherine Dabadie - Actes Sud Junior

Mauvais Sang de Catherine Dabadie – Actes Sud Junior

Mauvais sang de Catherine Dabadie, présentation

Giacomo a 13 ans. Il accompagne son oncle dans ses méfaits, notamment l’incendie d’un véhicule.

Cela fait longtemps qu’il n’a pas eu de nouvelles de son père qui a été arrêté il y a deux ans.

Avis Mauvais sang de Catherine Dabadie

Un enchaînement de circonstances, de rencontres dans la vie de cet adolescent de 14 ans. Il y a 3 ans, il assiste à l’arrestation de son père, considéré comme le chef mafieux de son village. Il ne savait pas du tout ce que faisait sa famille Il a toutefois continué ses frasques avec son oncle de plus de 10 ans son aîné. Il ne va plus à l’école car cela ne l’intéresse plus. Au cours, d’un racket, un homme est blessé. Mais Giacomo ressent, pour la première fois, de la culpabilité. Il appelle les secours. Malgré cela, il est arrêté et doit passer six mois dans une prison pour jeunes. A l’issue, grâce à la volonté du juge et surtout de sa mère, il est exfiltré dans le nord du pays. Le juge pense qu’en quittant sa région, sa famille, il peut changer carrément.

Giacomo ressent énormément de colère, de rancoeur envers tous ceux qui décident de son avenir. Il en fera voir de toutes les couleurs à celles qui l’accueillent. Mais il suffit d’une rencontre avec une jeune fille pour qu’il soit ébloui. Jeune fille qui fait du théâtre en pleine nature. Jeune fille qui prépare une audition. Giacomo découvre un autre monde et se découvre à lui-même. Mais il a fallu d’une photo pour que son passé le rattrape.

Pendant ces quelques semaines, Giacomo a bien grandi intellectuellement. Même s’il ne se laisse pas faire, même s’il peut utiliser ses poings, avant d’agir, il sait qu’il a des priorités, il sait que ceux qui l’entourent lui veulent du bien.

Il sait que sa famille peut faire énormément de mal, donc il protège ceux qui lui donnent une chance. Il préfère partir et vivre cette cavale en ne montrant pas ce qu’il est devenu à sa famille, à son père. Ces quelques semaines l’ont changé, et la haine qu’il a pu éprouver envers sa mère a changé de camp. Il s’est rendu compte que sa mère était aux prises d’une famille, qu’elle n’était plus libre et qu’elle voulait seulement que son fils s’en sorte. Giacomo sera donc le sauveur de sa mère et son sauveur à lui.

La romancière nous offre un roman très dynamique, le lecteur ne s’ennuie pas. Il peut également découvrir un univers qu’il ne connait pas, celui de la mafia. Tous les personnages sont très sympathiques, même les plus méchants. J’ai beaucoup aimé l’étude de Giacomo, son caractère, ses réactions face sa famille, les femmes qui l’accueillent, l’école où il doit aller et aussi cette belle rencontre. Pour lui, il lui semble difficile de faire face, de croire en sa chance. Il doit aussi faire face à cette première condamnation et qui peut orienter la police mais pas forcément pour lui, même s’il a les arguments à avancer. On peut comprendre pourquoi il peut haïr sa mère et on assiste à un revirement de situation car il comprend, surtout que sa mère lui a appris à s’en sortir, à ne pas abandonner.

Le roman souhaite nous montrer qu’un enfant est capable de décider de son avenir, que ce ne sont pas les parents, la famille qui doivent en décider.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Mauvais sang de Catherine Dabadie

date de sortie : janvier 2021

Editeur : Actes Sud Junior

Isbn : 978-2-330-14480-7

Nombre de pages : 183

Darling #Hiver de Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy

Darling #Hiver de Julien Dufresne-Lamy et Charlotte Erlih - Actes Sud Junior

Darling #Hiver de Julien Dufresne-Lamy et Charlotte Erlih – Actes Sud Junior

Darling #Hiver de Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy, présentation

Pierre a été quitté par Agathe. Depuis une semaine, il est profondément malheureux. Il ne fait rien du tout. Il a une famille qui part à la dérive. Il trouve un semblant de réconfort avec son ami Solal. Pierre accompagne Solal qui fait du surf.

Avis Darling #Hiver de Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy

Même si j’avais lu cet auteur avant, j’attends, maintenant, avec une très grande impatience, depuis Jolis Jolis monstres, les romans de Julien Dufresne-Lamy. Ici, c’est la deuxième partie sur les quatre consacrée à des adolescents. Après #automne, le lecteur est maintenant en plein #hiver avec d’autres personnages, même si nous retrouvons les personnages de l’opus précédent. Mais c’est juste pour avoir de leurs nouvelles. Il ne m’a fallu que quelques heures, le jour de Noël, pour lire Darling #hiver. Je ne pouvais plus le lâcher.

Le lecteur fait connaissance avec Pierre, Solal et ensuite Agathe. Les auteurs consacrent aux uns et aux autres et à tour de rôle des chapitres.

Pierre est malheureux depuis une semaine. Agathe l’a quitté. Il n’a plus aucun goût pour vivre. Heureusement que son meilleur ami est là, Solal. La particularité de Pierre est d’avoir une tache sur le visage. Il subit de nombreux quolibets mais il balaie tout cela avec de l’humour. Même si Pierre et Solal sont amis depuis l’enfance, le deuxième ne sait absolument pas ce qui se passe dans la famille de son ami, à savoir la terreur vécue par Pierre face à un père violent envers la mère de Pierre. Ce dernier veut absolument les faire sortir de cet enfer.

Lorsque Solal est victime d’un accident, Pierre va continuer ce que tous les deux avaient commencé, à savoir enregistrer des vidéos sur Youtube et c’est le succès pour Pierre. Il est adulé par tout le monde. Mais comment est-ce que ce succès sera géré par Pierre ?

Les auteurs détaillent ce qui fait la vie des adolescents, soit les nombreux réseaux sociaux et surtout ces fameuses stars de Youtube qui sont devenues leurs héros. Ces jeunes s’identifient à eux, ils se sentent proches d’eux. Mais être star de Youtube c’est être proche de ses abonnés, ajouter du contenu encore et encore, gagner de l’argent, faire face également aux critiques et aux haters. Et quand des sociétés font signer des contrats, ces jeunes gens sont pris en charge mais ils doivent respecter les termes du contrat. Attention aux contenus postés ! Critique réelle de ces réseaux sociaux qui bouffent la vie de tous ces jeunes, prompts à jeter, à critiquer un jour, à encenser un autre jour et l’inverse également. Est-ce que leurs relations sont vraiment approfondies ? Cela peut sonner le glas d’une belle amitié.

En tous les cas, de plus en plus, je me rends compte que tous ces jeunes vivent dans le paraître, ils ne se confient absolument pas. Leur vie n’est absolument pas rose. Ils doivent faire face à un quotidien familial pas souvent facile pour certains et à un quotidien, à l’école, où le harcèlement peut être de mise.

Quant on est adulte, est-ce que l’on est le seul à voir dans un roman, destiné aux adolescents, certaines critiques qui émanent des auteurs ? J’ose espérer que les lecteurs plus jeunes les comprennent et ne passent pas à côté.

Les deux auteurs se complètent formidablement. Encore une fois, je ne sais pas qui écrit quoi et j’aimerais le savoir. Comme j’aimerais savoir pourquoi l’action se situe à Bordeaux. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. C’est fluide, bien écrit, réellement attachant. On voit des jeunes en construction qui prennent certaines décisions qui changent leur vie à un moment donné. Est-ce que se venger est également un bon moyen ? Les auteurs offrent une belle chronique de ce que peuvent vivre les adolescents, avec leurs forces et leurs faiblesses. Il n’y a aucun parti pris, aucun jugement de leur part.

Darling #Hiver est un coup de coeur.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Darling #Hiver de Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy

date de sortie : 10 février 2021

Editeur : Actes Sud Junior

Isbn : 978-2-330-14487-6

Nombre de pages : 261

L.O.L.A. de Claire Garralon

L.O.L.A. de Claire Garralon - Editions Actes Sud Junior

L.O.L.A. de Claire Garralon – Editions Actes Sud Junior

L.O.L.A. de Claire Garralon, présentation

N’a aucune certitude par rapport aux autres, se sent décalé car pense avoir une option manquante.

Elle a impressionné tout le monde. Elle s’appelle Lola, L.O.L.A.

Avis L.O.L.A. de Claire Garralon

L’arrivée de Lola, épelé L.O.L.A. va bouleverser une classe et notamment la voix de ce roman. Lola semble solaire, elle attire tout le monde. La voix du roman est vraiment attirée par le parfum de la jeune fille. La voix du roman a des amis dans ce lycée mais elle se sent un peu décalée. La voix du roman a de très bonnes relations avec son frère aîné. D’ailleurs, cette voix sera surprise, agréablement, par la réaction de ce frère lorsqu’elle lui apprendra ce qu’elle ressent réellement.

Ce texte montre que même a près de 18 ans, on se cherche encore au niveau des sentiments, sexuellement. Oui aux garçons, mais oui aussi aux filles. Qu’est-ce que l’attirance ? Que sont les sentiments quand on ne les a pas franchement éprouvés auparavant ? La voix du roman se sent décalée par rapport au reste de ses camarades, du monde. Elle pense qu’il lui manque quelque chose. Mais quoi ? L’arrivée de Lola va faire passer la voix par divers états mais ce qui en ressort c’est tombé amoureux. Par contre, il va falloir l’avouer à Lola. La suite dépendra de sa réponse.

Comment tomber dans les fameux clichés ? J’y suis tombée. Pourtant, ce n’est pas faute d’ouverture d’esprit, de ma part. Je pense, peut-être comme certains autres lecteurs, que je me suis laissée abuser par le diminutif Charlie, par sa passion et sa collection pour les voitures anciennes. Je sais qu’il n’est pas facile de se situer sexuellement à n’importe quel âge, surtout lorsque l’on est adolescent ou jeune adulte. On peut être aussi bien être attiré par le sexe masculin que par le sexe féminin. Que dire également de celles et ceux qui, un beau jour, décident de vivre leur passion pour le même sexe alors qu’ils ont un passé hétérosexuel. Tous ont bien raison de vivre selon ce qu’ils sont réellement, d’avoir osé, à un moment donné ne plus être dans le moule demandé par une société bien pensante.

En quelques pages, ce sont les textes de la Collection D’une seule voix d’Actes Sud Junior, Claire Garralon, par la voix de Charlie, nous entraîne dans des réactions face à Lola. Atttirance, rejet, jalousie, amour, évitement, mais ne plus pouvoir se passer de cette personne, car se trouve comme aimanté. Pour Charlie, un sentiment doit être beau et vrai et c’est ce que Charlie peut apporter.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour ce texte magnifique.

L.O.L.A. de Claire Garralon

date de sortie : septembre 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Isbn : 978-2-330-14046-5

Nombre de pages : 72

Darling #automne de Julien Dufresne Lamy et Charlotte Erlih

Darling #automne de Julien Dufresne Lamy et Charlotte Erlih - Editions Actes Sud Junior

Darling #automne de Julien Dufresne Lamy et Charlotte Erlih – Editions Actes Sud Junior

Darling #automne de Julien Dufresne Lamy et Charlotte Erlih, présentation

Y va commettre l’inexcusable. Ne présentera pas d’excuses et assumera toutes les conséquences.

Néo en a marre de sa famille, de ses camarades d’école. Il est à moitié vietnamien. Il est geek et matheux. Sa jumelle lui manque.

Avis Darling #automne de Julien Dufresne Lamy et Charlotte Erlih

Une série en quatre tomes, soit quatre saisons, écrite à quatre mains, par les talentueux Charlotte Erlih et Julien Dufresne-Lamy. La première concerne l’automne puisque c’est la rentrée des classes et sortie de Darling pour la rentrée littéraire. Nous y voyons de nombreux adolescents, dont May, Néo – son frère – et Frederika, jeune allemande que May a rencontré dans un camp pendant les vacances et qui se trouve scolarisée dans le même lycée que May à Bordeaux.

May est la fille la plus populaire du lycée depuis qu’elle a été élue l’année précédente. Elle est très heureuse de ce statut vu que pour une fois, elle peut faire table rase de son passé où elle était moquée, harcelée à cause de son poids. Mais à force de volonté elle a pu maigrir. Ce harcèlement a provoqué un changement de lycée. Elle y a trouvé des amis qu’ils soient garçons ou filles. Quant à Néo, son frère, il semblerait que son poids ne le dérange pas. De toutes façons, il est invisible, il n’a qu’un seul ami, il passe tout son temps libre à jouer devant les écrans. May et Néo sont jumeaux et depuis que May est populaire, ils ne passent plus de temps ensemble et ne s’adressent pratiquement plus la parole. Néo va s’inquiéter pour sa soeur lorsqu’elle va recevoir, tous les jours, d’étranges SMS. Est-ce un pervers, un prédateur sexuel ? Il va mettre en pratique tout ce qu’il connait pour tenter de débusquer cette personne et surtout protéger sa soeur. Ils retrouveront leur complicité, leur gémellité.

Les adolescents sont cruels entre eux, à l’heure des réseaux sociaux. Mais y a-t-il réellement que les adolescents ? Dans ce roman, oui, mais les adultes ne font pas mieux, à se mousser sur IG et autres, à chercher le nombre de like, à balancer à tort et à travers, à harceler, à annoncer des faits comme véridiques, à s’immiscer dans la vie privée des uns et des autres, à critiquer à tort et à travers, à ne pas accepter une personne différente.

Ce roman aborde l’homosexualité à cet âge, au collège, comment il est ressenti par celui ou celle qui ne trouve pas d’affinités avec le sexe opposé, un adolescent qui peut se chercher sexuellement également. Ce qui se passe dans ce roman fait écho à ce que j’ai expérimenté il y a plus de 30 ans au lycée. Une jeune fille était homosexuelle. Il y avait de nombreuses rumeurs à ce sujet. Elle s’affichait plus ou moins. Je pense que ce que May et Frederika vivent, cette jeune fille l’a vécu également, mais il y a plus de 30 ans, il n’y avait pas tous ces réseaux sociaux. Est-ce que c’était mieux ? Je ne sais pas. Est-ce que les adolescents, de nos jours, acceptent plus facilement l’homosexualité ? S’ils vivent dans un milieu réactionnaire, ils peuvent tout de même se faire leur propre opinion, je le sais et je le pense. Mais des adolescents entre eux peuvent être comme des moutons, suivre une tendance pour ne pas se retrouver à l’écart.

Comment s’accepter soi-même ? Comment accepter cette sexualité avec ses nombreux tabous ? Alors, oui, May, malgré la peur des débuts, malgré la peur de ne pas savoir comment faire avec son amie, elle décide de s’afficher, que sa relation ne soit pas secrète. Elle a beaucoup de cran face à ceux qui étaient ses amis. Mais peut-on également parler de cran lorsque Frederika souffre de cette relation car May cherche, sur les réseaux sociaux, comment aborder sa relation, pour elle, mais aussi face aux autres. Prend-elle en compte les sentiments de Frederika ? Cette dernière souffre, elle se trouve dans l’ombre de la lumineuse May. Frederika est d’une façon perdue.

J’ai beaucoup aimé ce premier trimestre avec tous ces personnages. J’ai beaucoup aimé la plume des deux auteurs. Comme je ne sais pas qui a écrit quoi, c’est un peu difficile. Déjà, j’aime beaucoup Julien Dufresne-Lamy dont j’ai lu quelques uns des romans. Je suis moins habituée à Charlotte Erlih mais j’ai lu PLS, un livre qui m’avait pas mal remué, surtout la fin à laquelle je ne m’attendais pas. Je souhaite beaucoup de succès à cette série et j’espère pouvoir lire les autres saisons. Franchement, c’est très agréable de lire des romans aboutis de cette façon, des romans qui peuvent instruire, des romans qui permettent de se questionner. Ce n’est pas toujours le cas pour des romans pour adultes.

Je remercie Actes Sud Junior pour l’envoi des ces épreuves non corrigées qui méritent d’être publiées comme ça.

Darling #automne de Julien Dufresne Lamy et Charlotte Erlih

date de sortie : septembre 2020

Editeur : JC Lattès

Isbn : 978-2-330-14036-6

Nombre de pages : 361

Quand les trains passent … de Malin Lindroth

Quand les trains passent... de Malin Lindroth - Editions Actes Sud Junior

Quand les trains passent… de Malin Lindroth – Editions Actes Sud Junior

Quand les trains passent …de Malin Lindroth, présentation

Elle avait 15 ans.

Elle a fait basculer la vie de Suzy Petterson.

L’histoire remonte à 17 ans. Elle est maintenant mariée et a deux enfants. Mais cet évènement la hante.

Avis Quand les trains passent … de Malin Lindroth

Dans la collection Une seule voix, les Editions Actes Sud Junior proposent ce texte pour la rentrée. C’est une jeune femme qui revient sur un évènement qui s’est passé lorsqu’elle était adolescente, qu’elle avait 15 ans. Cet évènement, ce drame la hante depuis toujours. Et même si son mari lui dit que cela remonte à loin, que la personne impliquée ne pourra jamais la reconnaître, elle veut laisser une trace de cette histoire.

Tout ce qu’elle arrive à écrire c’est qu’à 15 ans, on est con. Que pour se sentir aimée, être aimée, on n’est capable du pire, que ce soit elle ou cette jeune fille Suzy Petterson. Cette dernière est le mouton noir de cette école. Elle n’a pas d’amis, s’habille pas comme les autres, semble toujours ailleurs. Des rumeurs courent. Lorsque les garçons vont la voir pour lui dire qu’un garçon est amoureux d’elle, Suzy va changer du tout au tout. Et ce garçon est le petit ami de la narratrice. Elle est bien avec lui, elle se sent protégée. Mais l’histoire va aller beaucoup plus loin car la narratrice se sent de plus en plus isolée. Son petit ami ne s’occupe plus d’elle même s’il lui confirme qu’il est toujours amoureux. Tous vont tomber dans l’engrenage de continuer, de s’amuser avec Suzy jusqu’à ce terrible évènement. Personne ne lèvera le petit doigt pour tout arrêter et encore moins la narratrice. Ils resteront tous soudés même après l’évènement, même après le regard lancé par Suzy et sa disparition. Ils ont tous continué leur vie. Se sentant invincibles ? Peut-être mais il reste pour la narratrice le fait de ne pas avoir pensé à mal, au départ, mais elle n’a jamais pu oublier l’acte et tous les mensonges proférés.

Vivre avec un acte commis à l’adolescence. Se laisser porter par la vie, par l’amour ressenti pour l’autre. Mais à 15 ans, on peut réfléchir. On peut se confier à un adulte qui pourra aider à prendre la bonne décision. Il est difficile d’oublier que ce soit pour la spectatrice et encore plus pour la victime. Pour cette dernière, on ne sait pas comment elle s’en est sortie, malheureusement. Cela n’a pas dû arranger le fait de sa solitude et de son mal-être. 

Je comprends que l’on puisse se faire entraîner, je comprends que cela peut être marrant de s’en prendre à quelqu’un de différent, mais ce que je ne comprends est que personne n’a voulu stopper à un moment donné, voyant que cela allait vraiment trop loin. Alors oui, elle regrette. Alors oui, elle veut écrire sur cet acte horrible et pourquoi ne pas agir maintenant ?

Ce sont des livres qui donnent à réfléchir sur un acte difficile. Cela peut être compris mais j’ai peur que certains jeunes qui souffrent et qui lisent ce roman pensent que quoi qu’il arrive, ils sont toujours les perdants. J’espère également que ceux qui font souffrir, et même sans le vouloir, peuvent se rendre compte que s’ils n’agissent pas, le remords et la culpabilité peuvent être toujours présents.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Quand les trains passent de Malin Lindroth

Date de sortie : septembre 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 51

ISBN : 978-2330-134136

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot - Editions Actes Sud Junior

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot – Editions Actes Sud Junior

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot, présentation

Chloé, Minh Tuan et Gaspard sont dans un fast-food. Ils regardent la manifestation pour la planète se dérouler sous leurs yeux avec ses violences policières. Chloé filme et poste sur les réseaux sociaux.

Avis Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot

Ce sont trois jeunes adolescents, en classe de terminale, qui passent le bac à la fin de l’année. Deux garçons et une fille, Minh Tuan, Gaspard et Chloé. Les deux derniers se connaissent depuis l’enfance. Minh Tuan les connait depuis trois ans. Son père travaille à l’ambassade. Il vient donc d’un foyer beaucoup plus riche que les deux autres. Gaspard a vécu la mort de sa grande soeur. Les parents de Chloé sont divorcés. Amitié ou pas, entre les trois ? Ce qui peut choquer le lecteur ? Les nombreuses grossièretés proférées par les uns et les autres. Ils dialoguent entre eux comme ça et aussi avec leurs camarades de classe. Les trois jeunes gens sont isolés. Ils n’ont pas d’amis et pensent ne pas avoir bonne réputation. Ils boivent, ils fument, ils se droguent et ce très tôt le matin.

Question scolarité, leurs résultats sont au plus bas. Ils sèchent les cours très souvent. Le bac approche, arrive très vite. Mais comme c’est la réforme, ils sont pratiquement certains de décrocher le précieux sésame. Pour eux ? Pas du tout. Car pour eux, leur avenir s’annonce plus que sombre avec la crise climatique et les mouvements de la jeunesse qui démontrent qu’ils n’ont pas beaucoup de temps à vivre. Profitent-ils de cette jeunesse ? On les sent désabusés. Mais sous ces dehors caricaturaux, poussés à l’extrême, sans que cela soit gênant pour le lecteur, que cachent-ils réellement ? Il semblerait que cela soit une profonde solitude. Ils sont trois et bientôt quatre avec l’arrivée de Tina, réfugiée congolaise. Sont-ils simples potes ou amis ? Peuvent-ils compter les uns sur les autres ? Sous ces bravades, ils ne se confient pas forcément. Pourquoi Chloé est-elle toujours énervée, virulente ? Ils ont peur de ne pas être aimés, de ne pas aimer. Certains dialogues peuvent paraître surréalistes mais démontrent le mal-être que peuvent ressentir certains jeunes, selon leur passé, leurs expériences.

Il a suffi de quelques mots de leur professeur principal, à quelques semaines de l’échéance du bac, pour qu’il y ait, en gros, un électrochoc. Ils sont vus comme les derniers des branleurs. Cela ne semble pas leur plaire, au premier abord. Mais au fond, ils veulent laisser une trace. Une trace de leur passage au lycée. Minh Tuan décide qu’ils auront leur bac et avec mention, rien que ça. Le plan qu’il met en place n’a pas la faveur des trois autres. Mais ce sera réalisé. Cela ne va pas les empêcher de réviser et de combler pas mal de lacunes. Beau comportement de Chloé à ce sujet.

L’auteur fait quelques apartés en expliquant certains mots, juste à côté du texte, ce qui permet de ne pas aller à la fin du chapitre, l’avenir de certaines personnes qui croisent le quatuor et même il donne quelques indices sur Chloé, Gaspard, Minh Tuan et Tina. Il explique l’arrivée des réfugiés étudiants, leur avenir en France.  Il détaille les lectures de chacun, notamment les mangas. La musique tient une place réellement importante dans ce roman, tout comme le 7ème art, mais aussi le sexe. Il explique également ce que les professeurs, impliqués, peuvent ressentir pour exercer leur métier. Métier pour lequel ils ont la foi mais qui se révèle plus compliqué qu’il n’y parait. Car pas d’aide de la part de l’administration. Ils doivent également faire avec de nombreuses personnalités.

Vincent Mondiot nous offre de sacrés personnages. Le lecteur les aime, peut se reconnaître, prendre fait et cause pour eux, malgré leurs paroles et aussi leurs actes. Est-ce une forme de rébellion contre un système ? Est-ce une forme de rébellion contre les adultes et même contre leurs condisciples ? Que vont leur apprendre ces quelques mois ? Vont-ils grandir, trouver leur voie ?

Je remercie Actes Sud Junior pour l’envoi de ce roman.

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot

date de sortie : 10 juin 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Isbn : 978-2-330-13696-3

Nombre de pages : 455

Il est encore temps de Jean-Philippe Blondel

Il est encore temps de Jean-Philippe Blondel - Actes Sud Junior

Il est encore temps de Jean-Philippe Blondel – Actes Sud Junior

Il est encore temps de Jean-Philippe Blondel, présentation

15 mars 2019, elle est en tête d’une manifestation. Elle n’est ni heureuse, ni satisfaite et le fait savoir au journaliste qui l’interroge. Elle ne veut pas que son passé soit connu.

Ete 2018, c’est la fin du collège. Elle veut très vite finir le lycée pour quitter sa petite ville de province et faire des études. Mais elle sait qu’elle devra les financer car ses parents ne roulent pas sur l’or.

Avis Il est encore temps de Jean-Philippe Blondel

Lou est une adolescente qui a fini le collège et qui entre au lycée. C’est une solitaire, elle a peu d’amis, elle se fond dans la masse. Elle n’est ni dans le clan des exclus, ni dans le clan des populaires. Lou est une rêveuse, elle imagine la vie des autres. Elle fait de nombreuses crises de panique. Les vacances sont une période de transition. Juste avant son brevet, au cours d’une émission de radio, elle prend conscience que le monde va mal, que la planète en a pour peu de temps et donc forcément les humains qui la peuplent vont mourir, souffrir et n’auront plus accès à la société de consommation qu’ils connaissent. Elle n’en parle pas et souffre beaucoup. Elle se morfondait et attendait l’apocalypse. Elle ne veut surtout pas inquiéter ses parents. Ce sont des images de chaos, d’apocalypse qu’elle a devant les yeux tant et plus. Au lycée, à la faveur d’une rencontre, elle va se faire une amie, Carmen. Au lycée, elle ose enfin parler, notamment à ses professeurs. Elle trouve un écho à ses pensées ou pas. Et suite à une vidéo de Greta Thunberg, elle comprend aussi qu’elle n’est pas seule et beaucoup de jeunes deviendront des amis car ils ont les mêmes idées qu’elle. Comment sauver la planète ? Comment faire prendre conscience à tous que nous sommes en danger et que les jeunes ont peur pour l’avenir, leur avenir immédiat et celui de ceux qui les entourent. Soit le monde dans lequel on vit.

Lorsque des jeunes gens se sentent mal, très mal, ont peur pour leur avenir proche, ont peur pour ceux qu’ils aiment. C’est une grande prise de conscience. Et cette prise de conscience, cet engagement trouve son écho grâce à quelqu’un, une jeune fille Greta Thunberg. Tout le monde connaît le personnage puisque ses actions ont été énormément médiatisées. Mais au moment du roman, elles n’en étaient qu’à leurs balbutiements.

C’est l‘histoire de Lou et de ses camarades de classe, les jeunes de sa ville et de tous les jeunes, également, qui se sont impliqués, seuls, eux seuls pour sauver la planète, notre planète et surtout leur planète. Comment organiser une manifestation conformément à la loi ? Ils cherchent, ils se renseignent, ils trouvent. Comment organiser une manifestation avec de l’impact ? Comment rallier les uns et les autres et surtout comment arriver à trouver les nombreux points communs entre tous ? Malgré les réseaux sociaux où les jeunes échangent, pas toujours à bon escient, ils ne donnent pas leurs opinions, ils ne se livrent pas sur ce qui leur fait peur. Mais une communauté existante peut être vraiment utile à tous et toutes. Comment une jeune fille a trouvé un écho mondial avec des paroles, des actes ? Elle a trouvé son but. Ils ont trouvé leur but. 

J’ai déjà eu l’occasion de lire du Jean-Philippe Blondel, mais destiné aux adultes. La plume pour les jeunes est concise, va droit au but en racontant cette histoire d’une jeune adolescente qui se trouve mal et qui arrive à mener à bien sa mission, ce en quoi elle croit. Elle sait expliquer aux uns et aux autres et notamment aux adultes qu’elle rallie à sa cause. Elle sait trouver des personnes concernées par ses peurs. Il est toujours temps d’agir pour se révolter, pour ne pas prendre pour argent comptant tout ce que l’on dit. Il est encore temps de penser par soi-même. Et ceci est valable pour tous ces jeunes que l’on tente de formater et pour les adultes qui semblent déjà formatés.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi de ce roman.

Il est encore temps de Jean-Philippe Blondel

date de sortie : 27 mai 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Isbn : 978-2-330-13415-0

Nombre de pages : 141

Esperluette d’Anne Vantal

 

Esperluette d'Anne Vantal - Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal – Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal, Présentation

Elle a décidé d’écrire à Jordan. Plusieurs années ont passé, elle est revenue à cet endroit où ils ont passé un moment. Elle veut lui écrire la suite mais aussi se souvenir, sans pleurer, de ce qu’ils ont vécu avant ce qui a changé leur vie à tous les deux.

Avis Esperluette d’Anne Vantal

C’est un courrier à l’absent, un courrier qui a été très difficile à écrire et qui a pris des années. Comment des vies peuvent basculer par plusieurs mauvaises décisions prises ou parce qu’il n’y a pas eu de décisions, d’échanges constructif qui auraient permis au drame de ne pas survenir.

Est-ce une lettre d’excuses ? Pas pour moi. Une lettre de remords, de culpabilité ? Oui, on pourrait le concevoir. Une lettre qui permet de tourner la page ? Non car ce drame restera toujours ancré. Une lettre pour continuer à vivre ? Oui. Vivre enfin après avoir survécu !

Cette lettre est pour Jordan. Que lui est-il arrivé ? Elle seule est restée. Ils étaient de très jeunes enfants quand ils se sont rencontrés. A l’école, ils étaient toujours ensemble. Elle l’a aidé car elle avait plus de facilités scolaires. Ils étaient deux, rien que deux. Ils ont également fait les 400 coups ensemble. Cela aurait pu ne pas prêter à conséquence. Cela commence à changer quand ils intègrent le collège. Et ensuite ce sera le lycée. Elle continue à aller à l’école. Mais lui, que fait-il pendant ce temps-là ? Ils se voient beaucoup moins et elle n’a pas vu certains signes, elle n’a pas osé parler à son meilleur ami ? Est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Elle est entraînée, parce qu’elle l’a voulu, dans une spirale, on doit bien le dire, de délinquance. Et arrive l’évènement qui va changer leur vie. Elle n’a pas su dire non à Jordan mais c’est elle qui a pris les autres décisions avec un très grand sang-froid ou parce qu’elle était choquée par ce qu’elle a vécu. Je ne saurais le dire. En tous les cas, elle a besoin d’écrire à l’absent pour tenter de continuer sa vie, sans cette fuite en avant. Elle raconte à l’absent tout ce qui s’est passé après, surtout pour elle.

Cette collection DUne seule voix d’Actes Sud Junior, que je remercie, offre des textes très courts, qui permettent de réfléchir, de mettre des mots sur des sentiments, sur des situations. Ici, ce sont des souvenirs heureux, entachés d’un drame, de la culpabilité, de ne pas avoir su dire non, de ne pas avoir su dire ce qu’elle pensait sur le moment.

Esperluette d’Anne Vantal

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 91

ISBN : 9782330133450

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

A tire d'elle - 1973 de Pascal Ruter - Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter – Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter, présentation

Solweig entre au lycée. La rentrée a été retardée de quinze jours. Il fait chaud, très chaud. Pour la première fois, son meilleur ami Valentin, n’est pas avec elle. Il fait un CAP. Le professeur d’histoire-géographie n’est pas encore arrivé. Les parents de Solweig ont divorcé. Donc, elle passe les week-ends chez son père.

Avis A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Solweig est une jeune adolescente, aux bons résultats même s’ils vont être en chute libre ? Pour quelle raison ? L’auteur ne l’explique pas. Sa meilleure amie est très fière de lui annoncer qu’elle est déjà passée à l’acte. Elles vont s’éloigner. A cause de ça ? Peut-être mais aussi le fait qu’elles sont carrément différentes. L’une ne pense qu’à coucher avec des garçons, à être la plus populaire du lycée. Mais un évènement va tout chambouler. Est-ce que cela va les rapprocher ?

Valentin est le meilleur ami de Solweig. Mais lui aussi s’éloigne, accaparé par son groupe et sa musique. Surtout la musique. Solweig aimerait aller plus loin avec lui, mais elle se doute que cela ne fera pas rester le garçon auprès d’elle. Pourtant, ils seront là l’un pour l’autre. Elle pour l’aider pour ses concerts ou pour le motiver pendant ses courses. Même s’ils sont amis depuis très longtemps, Valentin ne lui confie pas ce qui est douloureux pour lui.

Fille de divorcés. Difficile pour cette jeune fille qui en veut énormément à son père, de sa nouvelle vie qu’il tente de construire. Pour elle, c’est entre amour et haine. Solweig ne parle pas beaucoup. Elle a peut-être plus d’échanges avec sa mère. Mais je trouve que c’est superficiel. Je n’ai pas trouvé de conflits de génération mais une famille qui fait son deuil d’une situation. Ensuite, il y a l’oncle de Solweig, cet homme qui a toujours cherché son amour de jeunesse et qui ne sait pas prendre soin de lui. Solweig affrontera son premier décès et ce sera toujours des souvenirs qui resurgiront de cet oncle.

Solweig se cherche. Elle apprend les évènements au fur et à mesure, à la faveur d’un film, des actualités. J’ai eu l’impression qu’elle subissait ces évènements, sans chercher à approfondir. Est-ce un mal être qu’elle ressent suite au divorce de ses parents ? Ce dont elle est sûre c’est qu’elle veut partir de cette banlieue, près de Paris, et en construction. Mais pour aller où ? Elle ne le sait pas encore car elle n’a aucune idée de son avenir. Et puis, elle se rend compte que c’est la fin de son enfance.

C’est mon premier SP Actes Sud Junior, que je remercie tout de même, qui ne m’a pas attiré. Même avec de la littérature pour adolescent, en tant qu’adulte, il est possible d’apprendre, de se sentir concerné par le personnage. Malheureusement, ici, cela n’a pas été du tout le cas. Pourtant, j’en ai lu des romans où des adolescents se cherchent, ne savent pas de quoi leur avenir sera fait. Est-ce dû à l’époque décrite ? Je ne saurais dire. Pourtant 1973, ce n’est pas loin de mon année de naissance mais aussi à dix ans près, de mon adolescence. Pourtant, je me sentais beaucoup plus concernée que Solweig par ce qui se passait autour de moi. Dix ans plus tard, la seconde Guerre Mondiale était un sujet très développé au lycée et je lisais pas mal de choses à ce sujet.

Je me retrouve en elle avec ses études littéraires mais aussi la musique, pas le groupe, que je ne connais pas. Quand on jeune ou moins jeune, également, on se construit avec la musique. On y puise du réconfort, on y puise de quoi assouvir de la colère. Cela permet de s’évader. Alors, moi aussi, j’ai connu les 45T, les 33T, mais aussi les cassettes que l’on devait rembobiner, qui, des fois, se trouvaient coincées dans le lecteur.

Le roman est bien écrit. Je n’enlève absolument pas cela à l’auteur. Le lecteur suit Solweig sur une année scolaire avec quelques informations lorsqu’elle est devenue adulte. Mais le sujet ne m’a pas passionné.

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 208

ISBN : 978-2-330-13336-8

PLS de Joanne Richoux

PLS de Joanne Richoux - Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux – Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux, Présentation

Soir de fête, Sacha et sa jumelle se préparent. Les parents s’en vont et laissent les jumeaux ensemble. Mais Sacha a peur d’affronter ses amis qu’il n’a pas vus depuis longtemps.

Afin de prendre du courage, il prend un Xanax.

Avis PLS de Joanne Richoux

C’est une partie de l’histoire de jumeaux, Sacha et Angelique-Angie. Ils ont organisé une fête chez eux. C’est Halloween. Pour Sacha, ce sera la première fois qu’il revoit tous ceux qu’il a côtoyés il y a déjà quelques temps.

Entre Sacha et sa soeur, c’est une relation très forte. L’un et l’autre se surveillent. Elle pour que son frère ne passe pas à l’acte. Lui, pour protéger sa soeur. Sacha est un jeune homme seul, aux idées noires. Pourtant, il veut échanger, mais tous ces gens lui font peur, il ne sait pas comment se comporter. Donc, il est tout de même agressif. Vivre avec les médicaments, être dans un autre état, lorsqu’ils sont pris, voir le monde pas tel qu’il est mais cela permet, plus ou moins, de l’affronter. Sacha, lors de cette fête, se rend tout de même compte que d’autres jeunes, comme lui, peuvent souffrir mais qu’ils le cachent.

Ecrire sur la souffrance psychologique, psychiatrique des jeunes afin que ces jeunes lecteurs puissent comprendre qu’ils ne sont pas seuls à souffrir, qu’ils doivent se faire soigner, en parler. Cela permet également aux parents qui peuvent lire ce genre de livres que leur enfant peut être malade. Car oui, on parle et on écrit sur les maladies psychiatriques, psychologiques. Quand je prends le bus, j’entends certains jeunes parler de leurs problèmes. Personnellement, je le vis au quotidien depuis huit ans. Avec toujours la peur au ventre de la TS. Mais certains n’ont pas de comportements à risques, ils ne mélangent pas alcool et médicaments. Et même s’ils sont suivis, le passage à l’acte peut très vite arrivé et également surprendre.

Les pages de ce livre se tournent très facilement et à un moment donné, c’est le choc, véritablement le choc. Dès les premières pages, dès que j’ai compris un peu ce qui se passait, je m’interrogeais sur le comportement d’Angélique qui semblait, à tous points de vue, une jeune fille comme les autres, même si elle surveillait son frère, même si elle était à ses côtés tout le temps.

Comment affronter la maladie d’un proche ? Comment affronter la maladie d’un jumeau alors qu’on les dit connectés entre eux ? Comment affronter l’indicible que l’on n’a pas su voir à temps ? Comment faire en sorte qu’une relation fonctionne des deux côtés. L’autre, même s’il a peur, même s’il doit affronter ses propres démons, même s’il a peur de s’écrouler, doit pouvoir accepter cet autre qui se révèle tout de même proche par bien des côtés. Alors oui, une relation n’est jamais gagnée d’avance. On peut être entraîné, on peut entraîner l’autre dans sa maladie. Mais des fois, quelque chose de beau peut sortir car il faut savoir et pouvoir échanger, se confier et tenter. Cela peut donner quelque chose de beau et permet de finir sur une note d’espoir.

Des mots crus, certes, des jeunes qui boivent beaucoup, sans mesure, qui ont des relations sexuelles sans lendemain. Mais des jeunes qui veulent vivre une belle histoire d’amour avec une personne qu’ils connaissent depuis plus ou moins longtemps. Des jeunes qui voient tout, qui s’excusent de faire subir, qui comprennent tout de même les adultes. Mais que c’est dur d’exprimer ses opinions, ses émotions, surtout après un drame, où tout le monde se renferme sur soi.

Comment affronter la maladie ? Comment affronter la mort ? Comment affronter la souffrance quotidienne ? Comment affronter cette solitude ? Le roman ne donne pas de conseils mais partage une expérience qui peut arriver à tout un chacun.

Ravie également de retrouver une référence, plusieurs fois, à une fragrance Mugler, Womanity avec sa note sucrée-salée, figue et caviar, une figue très présente pour Sacha et également les odeurs, lorsqu’il échange avec Elle. Une odeur représente une personne, une ambiance…

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette lecture.

PLS de Joanne Richoux

Date de sortie : février 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 96

ISBN : 978-2-330-13099-2