Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage de Vincent Mondiot - Editions Actes Sud Junior

Rattrapage de Vincent Mondiot – Editions Actes Sud Junior

Résumé Rattrapage de Vincent Mondiot

Elle a des épreuves de rattrapage du bac à l’oral. Mais elle n’a rien révisé et préféré faire la fête, le samedi soir, avec tous ses amis qui avaient eu leur bac.

De toutes façons, il semblerait qu’elle n’en a plus rien à faire. Cela fait un moment qu’elle a passé un cap.

Avis Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage du bac ? Rattrapage d’une action passée lorsque l’on se trouve face à la personne qui a subi des dommages ? L’un ou l’autre ? Ou bien les deux ?

Est-ce que le harcèlement scolaire me parle ? Bien évidemment. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été harcelés par leurs camarades. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés car trop de pression de la part des équipes pédagogiques. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été victimes de harcèlement par le corps professoral. Personnellement, je n’ai jamais vécu ces situations. Je n’ai jamais été populaire, j’avais peu d’amis étant trop timide. Ma fille a vécu du harcèlement de la part d’un professeur. Mais ce n’est pas le sujet ici. Je me rappelle également College Boy, d’Indochine, qui relate le harcèlement scolaire. Paroles et clips ont provoqué un tollé mais ils racontaient la vérité. Un gros aparté sur ce roman qui s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes.

Vincent Mondiot met les mots là où cela fait mal. On ne connait pas le prénom de cette jeune fille qui passe l’oral de rattrapage et qui retrouve un garçon qui était dans sa classe et qui a dû abandonner le lycée. Pour elle, ce seront des souvenirs de leur enfance, même s’ils n’avaient rien en commun, des souvenirs de ce qui a été fait durant ces premiers mois de l’année du bac et surtout pourquoi elle doit passer cet oral car ses résultats ont été en chute libre depuis l’évènement. Elle a été la reine, elle a été populaire, elle s’est moquée des autres avec toute sa bande sur les réseaux sociaux. Entre introspection, le paraître, ironie, le harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux, elle s’insulte, se cherche des excuses, se sait et se rend coupable. Avec des titres de tableaux qui expliquent cette jeune fille et ses pensées.

Je n’ai pas éprouvé de l’empathie pour cette jeune fille, ni pour ce garçon, en définitive. Pourtant, lorsqu’ils se retrouvent et qu’ils arrivent à discuter, il a une attitude plus qu’honorable qui pourra peut-être faire réfléchir cette jeune fille. Je suis la première à prendre la défense de tous ces jeunes, sauf en ce qui concerne le harcèlement. A cet âge, on doit savoir ce qui est bien, ce qui est mal, même si à plusieurs, on est entraîné sur le chemin des bêtises. Ce livre nous montre également que les administrations pédagogiques ne font pas leur travail. Oui, elles ont pris des sanctions. Mais par rapport à ce qui s’est passé, je trouve qu’elles ne sont pas énormes. Les sanctionnés ont-ils appris de leurs erreurs ? Est-ce dû également à une différence de classe sociale ?

Avec Rattrapage, je retrouve un Vincent Mondiot comme j’aime. J’aime son style d’écriture, fin. Il analyse différents comportements et je pense que son but est de faire réfléchir et non de juger. En tous les cas, cela a pris, encore une fois, avec moi. Pas de jugements peut-être parce que je suis plus âgée. Quoi que cela ne veut rien dire. A tout âge, on juge sans connaître. On a tous des préjugés et dans ce cas-là, ce n’est pas mon cas.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Rattrapage de Vincent Mondiot

Date de sortie : avril 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 79

ISBN : 978-2-330-12100-6

Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Alex fils d'esclave de Christel Mouchard - Editions Flammarion Jeunesse

Alex fils d’esclave de Christel Mouchard – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Alex part jouer avec sa soeur et ses amis. Sa mère le rappelle pour qu’il dise à son père de ne pas oublier un produit. Ce dernier lui lance quelques phrases qui sonnent bizarres.

Un homme se présente et affirme qu’il est là pour acheter trois esclaves.

Avis Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Une histoire d’esclavagisme, une histoire d’esclavagisme à la française. Une histoire de révolution qui se prépare. C’est la vie et le destin d’Alexandre, père et arrière grand-père des célèbres auteurs. Une partie de l’histoire de France, de l’histoire culturelle que je ne connaissais pas. Je le dis toujours, même en lisant des romans destinés aux adolescents, je parfaits toujours mon éducation et c’est une chance.

Nous sommes à Saint-Domingue. Alex, jeune adolescent, vit avec sa soeur, sa mère et son père. Mais son père part. A ce moment-là, un homme se présente et annonce qu’ils ont été vendus. Il faut savoir que le père d’Alex est tombé amoureux d’une femme de couleur, esclave. Il a affranchi cette femme. Elle et ses enfants ne sont pas esclaves. Pourtant, la réalité va vite les rattraper. Ils devront travailler dans une autre plantation et deviendront esclaves. Mais le père d’Alex a d’autres projets pour son fils qu’il adore. Ce sera Paris et la Cour. Il tentera de se faire à ce monde pour devenir un gentilhomme. Alex se révélera très bon au sabre.

Passons aux personnages, selon l’époque et ce que l’auteur a pu connaître d’eux. Ceci est un roman mais les personnages ont existé. Bien sûr, leur vie est un tant soit peu romancée pour les besoins de ce livre. Je pense que cet homme, le père d’Alex, ne plaira pas à grand monde. Comte puis ensuite marquis, il a toujours voulu vivre selon ses désirs, dépenser de l’argent et ne pas faire face à ses responsabilités. Comment un homme, qui se dit amoureux, peut laisser tomber femme et enfants de cette façon. Il pense peut-être se racheter en faisant venir son fils en France et en lui promettant de l’éducation. Mais la femme avec qui il a vécu, même si elle a eu deux enfants de lui, connaît cet homme. Quant à Rose, on peut dire qu’elle hait son père et cela se confirme de jour en jour, dans les actes de ce dernier et la volonté de la jeune fille de s’affranchir de sa condition d’esclave, alors qu’elle a vécu libre pendant de nombreuses années.

Alex a toujours été le préféré de son père. Acheté, il va, lui aussi, connaître la condition d’esclave jusqu’à se retrouver à Paris, aux côtés de cet homme qui va tenter de lui apporter de l’éducation, qui veut en faire son héritier, s’il reste de l’argent. Alex a toujours voulu être libre. Fort grâce à sa carrure, il va trouver le sport qui lui permettra de briller. Il va côtoyer la noblesse, tout comme ceux qui veulent que la Royauté soit abolie. Une belle leçon de vie pour le jeune homme. Il se fera des amis, certes, il arrivera à se faire respecter mais l’esclavage, même en France, n’est pas loin. Il suffit d’une rencontre, de retrouvailles pour que le jeune homme prenne sa vie à bras le corps.

L’auteur nous offre des tranches de vie de trois ans qui nous permettent de comprendre l’évolution de l’adolescent, son envie constante de fuir, ses premiers émois, sa volonté de briller. Quand on connait la suite, expliquée notamment dans le livre, on peut seulement se dire qu’heureusement, des personnes ont existé pour faire bouger le monde, les préjugés, la condition des hommes et des femmes que ce soit en France ou dans ses colonies. Il faut également compter sur le célèbre auteur qui a également dénoncer l’esclavage, Jean-Jacques Rousseau. Rousseau, également, le cacatoès, qui suit Alex de bout en bout de l’histoire. L’auteur nous donne également l’origine du nom d’Alex.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette lecture.

Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Date de sortie : 3 avril 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 239

ISBN : 9782081419971

Le Droit des Contrats en 60 questions de Yann Mottura

Le Droit des Contrats en 60 questions de Yann Mottura

Le Droit des Contrats en 60 questions de Yann Mottura

Le Droit des Contrats en 60 questions Tout comprendre sur l’élaboration, l’application et la cessation d’un contrat de Yann Mottura.

Présentation de l’Editeur Gereso que je remercie :

Acheter une maison, recourir aux services d’un entrepreneur ou louer un appartement pour les vacances… des opérations souvent effectuées sans l’aide d’un professionnel du droit. Pourtant, quelques petits conseils pourraient parfois éviter de grands désagréments !

Aussi, de nombreuses difficultés rencontrées par les personnes qui se retrouvent aujourd’hui devant les tribunaux auraient pu être évitées si elles avaient eu l’occasion de comprendre le sens véritable et la portée de leur engagement.

Si ce guide pratique ne peut se substituer aux conseils avisés d’un avocat ou d’un notaire, il a pour objectif d’apporter les clés pour déchiffrer des termes juridiques qui nous dépassent, mais aussi de développer notre aptitude à avoir le bon réflexe au bon moment.

Véritable mode d’emploi construit sous forme de questions-réponses, cet ouvrage, 100 % à jour de la réforme du droit des contrats (loi de ratification du 20 avril 2018), vous permettra de comprendre les implications de vos engagements, pour aborder plus sereinement les différentes étapes d’une relation contractuelle.

Yann Mottura

L’auteur est avocat. Il travaille notamment sur les thématiques du droit des affaires, du droit civil et du droit social, auprès d’une clientèle de PME et de particuliers. Enseignant en droit des affaires au CNAM, il est aussi consultant-formateur dans le domaine du droit des contrats.

Le Droit des Contrats en 60 questions de Yann Mottura

Date de sortie : 17 janvier 2019

Editeur : Gereso

Nombre de pages : 183

ISBN : 978-2-37890-063-2

La mère parfaite d’Aimee Molloy

La mère parfaite d'Aimee Molloy - Editions Les Escales
La mère parfaite d’Aimee Molloy – Editions Les Escales

Résumé La mère parfaite d’Aimee Molloy

Elle est prête à accoucher. Elle est séparée de l’homme avec qui elle avait une liaison.

14 mois plus tard, les Mères de mai se retrouvent pour devenir amies, pour échanger, pour passer du temps ensemble.

Avis La mère parfaite d’Aimee Molloy

Que signifie être une mère parfaite ? Est-ce que toutes les mères sont parfaites ? A New-York, elles se sont regroupées toutes ces mères qui ont donné naissance au mois de mai. Elles se rencontrent, échangent. Chaque jour, elles reçoivent par mail le dernier conseil du jour. Conseil vraiment difficile à suivre et surtout qui démontre que malgré tout, avoir un bébé est extrêmement difficile. Certaines ne peuvent pas allaiter comme elles le souhaiteraient, le manque de sommeil est là, elles ne sont pas disponibles pour le conjoint. Tout est fait pour le bébé. Sauf qu’elles décident, un soir, de prendre du bon temps et de sortir dans un bar. Mais voilà, un des bébés, confié à une nounou disparaît. Qui l’a enlevé ? Est-ce la mère, une personne autre ? Elles vont être trois, Colette, Nell et Francie à tenter de percer la vérité, même si cela les entraîne très loin. Elles ne font pas confiance à la police qui, en retour, face à ce harcèlement, les suspecte plus ou moins.

On sait dès le départ qu’une mère est en prison. Mais qui ? Tout le long du roman, le lecteur se pose des questions sur la mère de l’enfant enlevé. De plus, l’auteur fait tout pour que ce soit elle qui soit l’auteur de cet enlèvement. Est-ce vraiment elle ? Comment une naissance peut tout changer dans la vie d’une femme ? Soit, elle y arrive, accepte. Mais très vite, cela peut vite tourner au baby blues ou encore la dépression. Surtout si un élément inattendu se produit. Qui est instable psychologiquement ?

En commençant ce roman, je ne pensais pas tomber sur un tel thriller psychologique et une telle analyse de la société américaine dans toute sa splendeur. Une société qui juge, notamment ces mamans. Car en définitive, les personnages principaux ont toutes quelque chose de leur passé à cacher, quelque chose qui est arrivé lorsqu’elles étaient jeunes. Et l’enlèvement médiatisé va mettre à jour tout ça. De plus, les médias vont s’en donner à coeur joie avec ces révélations et surtout ces jugements, repris par le commun des mortels, concernant ces mères qui ont tenté de prendre du bon temps le temps d’une soirée.

Est-ce que la mère parfaite existe ? Oui, si on se base sur tout ce que l’on peut lire, les conseils donnés. Cela donne encore plus de stress aux jeunes mamans qui tentent de bien faire, qui ne savent pas comment faire avec un nouveau-né. Surtout qu’aux Etats-Unis le congé maternité n’existe pas. L’auteur nous démontre par A plus B que certaines mères sont obnubilées par les conseils donnés, qu’elles culpabilisent. Mais nos héroïnes ne laissent pas leur bébé tout autant en menant leur enquête. Les arcanes du pouvoir sont également représentés, tout comme les stéréotypes familiaux.

Je me suis rendue compte que le rythme était assez enlevé, surtout après avoir fini le livre. Je ne m’attendais pas à un tel dénouement et surtout au fait qu’une mère est traumatisée à vie lorsque son enfant est enlevé.

Ce qui m’a dérangé et l’édition sur liseuse qui ne m’a pas permis d’augmenter la taille de caractères. Autrement, c’est le seul bémol. Je remercie Netgalley et les Editions Les Escales pour cette sélection. Je suis également ravie que Billy ait accepté gracieusement que sa chanson Rebel Yell soit utilisée.

La mère parfaite d’Aimee Molloy

Date de sortie : 11 octobre 2018

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 384

ISBN : 978-2-36569-360-8

Erectus de Xavier Müller

Erectus de Xavier Müller - XO Editions

Erectus de Xavier Müller – XO Editions

Résumé Erectus de Xavier Müller

En Afrique du Sud, l’alarme d’un laboratoire résonne. Tout le monde évacue. Seul le gardien ne part pas de suite. Il vole un animal.

Cathy, biologiste, doit partir en vacances. Mais des analyses arrivent. Elle ne s’attend pas à ce qu’elle voit.

Avis Erectus de Xavier Müller

Erectus, quand l’humanité régresse à cause d’un virus inconnu. L’homme infesté redevient ce qu’il a été des millions d’années. Il a tout perdu. Et comme dans toute société, il faut combattre les plus faibles, ceux qui sont différents. Il est impossible de vivre avec eux car ce que l’on ne connait pas fait peur. Les chercheurs n’ont pas le temps de mettre au point un vaccin pour tenter d’enrayer cette pandémie, pire que le virus de la grippe aviaire. De toutes façons, nombreux sont ceux aux plus hautes instances à considérer ces Erectus autres que des hommes même s’ils font partie d’une famille, qu’ils ont connu des sentiments. Cela se joue au niveau international. Certaines voix scientifiques, malgré les analyses, ne sont pas entendues. Cette pandémie est une véritable course contre la montre. Au départ, elle ne devait pas s’étendre, mais il fallait trouver le foyer de la pandémie et comment il a pu traverser les mers, les océans et créer le chaos sur tous les continents. Cette régression des espèces, même si elle est étudiée, va à l’encontre de la science, tournée vers l’avenir.

Au départ, je n’ai pas été très enthousiaste. Mais il a suffi de quelques pages pour que je sois plongée dans ce fabuleux roman, très addictif, pour lequel je frôle le coup de coeur. La plume est belle, réellement documentée car le fond de l’histoire est vraie. On se prend d’affection pour les personnages principaux et secondaires. Anna est paléontologue. Elle est en butte avec sa hiérarchie car ses idées hérissent tout le milieu scientifique. Elle vit une relation avec un homme dont elle est profondément amoureuse. Mais ils sont souvent éloignés et leur relation devient chaotique. Anna est mandatée par Stephen, qui travaille à l’OMS, pour se rendre en Afrique du Sud pour étudier cet éléphant qui a muté. Elle doit travailler avec un collègue de Stephen. La confiance règne entre ces êtres. Ils s’écoutent, ils avancent ensemble. Les rencontres faites vont donner naissance à de l’amitié réelle et sincère. Toutefois, au niveau international, ce n’est pas la même chose. On n’écoute pas. Il est difficile de se faire entendre, se faire comprendre. Tout le monde veut éviter la psychose, le confinement. Mais quand la nature change, il est impossible de se taire.

Outre les gouvernements, les grandes instances, en ces temps modernes, les réseaux sociaux et les médias font très vite monter la température. Entre ce qui est raconté, vrai ou faux, les gens vont monter au créneau. La peur joue beaucoup. Ce seront de véritables scènes de guérilla. Quant aux journaux, si on ne leur donne pas ce que l’on souhaite, si les engagements ne sont honorés, ils courent après le scoop. Lorsque cela concerne des revues scientifiques, les articles sont tout de même étayés d’enquêtes approfondies.

Dans ce roman, très bien fouillé, j’ai vraiment aimé que l’auteur consacre une part à la vie des Erectus, que ce soit eux qui montrent comment ils réagissent face aux humains, quelle peut être leur vie.  Sont-ils des humains ou ont-ils tout simplement régressé ? Ils sont deux, Anna et un jeune garçon en Afrique du Sud, profondément attaché à son grand-père, qui tentent de les comprendre, de communiquer avec eux.

Je remercie Net Galley et les Editions XO pour cette lecture. L’espèce humaine va-t-elle vraiment régressé ? Telle est la question. Et si elle régresse, se suffira-t-elle à elle-même ? Est-elle vouée à l’extinction ? Le roman apporte une belle réponse qui nécessite une suite.

Erectus de Xavier Müller

Date de sortie : 8 novembre 2018

Editeur : XO

Nombre de pages : 369

ISBN : 9782845636170

Heimaey de Ian Manook

Heimaey de Ian Manook

Heimaey de Ian Manook

Résumé Heimaey de Ian Manook

Aux Etats-Unis, deux amis se retrouvent après s’être perdus de vue pendant 40 ans. L’un des deux décède.

Soulniz entreprend un voyage en Islande avec sa fille Beckie pour tenter de se rapprocher d’elle.

Avis Heimaey de Ian Manook

Vous aimez les voyages, vous aimez découvrir diverses contrées, les us et coutumes des pays. Et surtout vous aimez lire un bon polar. C’est Ian Manook qu’il vous faut. J’ai lu et adoré son dernier roman qui nous emmène en Islande. Et je dois avouer que j’ai été bluffée par mon voyage dans ce pays que je ne connais pas du tout, sauf pour ces éruptions volcaniques. Ian Manook entreprend un sacré voyage. Il met en scène Soulniz et sa fille, Beckie. L’un et l’autre ne se parlent plus. Ce voyage en Islande, avec toutes ces étapes bien préparées, pourraient leur permettre de se parler à nouveau, de faire connaissance et surtout qu’un père retrouve l’amour de sa fille. Voyage initiatique ou retour aux origines pour Soulniz ? En effet, il y a quarante ans, il avait entrepris le même voyage. Il était jeune alors. Sur les traces de sa jeunesse dans un pays qui a forcément changé mais dont il retrouve la magie, la beauté et sa dureté.

Des éléments extérieurs vont contrecarrer les plans de Soulniz, des petits riens qui vont s’accumuler jusqu’à ce qu’il doive affronter une sacrée perte. Sur leur route, divers personnages qui donnent une très belle matière au roman. Des personnages tous différents qui représentent diverses couches de la société islandaise, sachant qu’ils sont nombreux à avoir tout perdu lors de la crise. Des Islandais qui sont profondément endettés. Avec Ian Manook, il faut s’attendre à tout et, même si on tente de mener l’enquête, on ne trouvera pas forcément le coupable. Cela a été mon cas. L’enquête et la tension montent crescendo. Mais je n’ai senti, toutefois, aucune urgence dans cette quête. Arriver toujours au point de chute sans savoir ce que l’on va trouver. Il nous offre également une belle référence cinématographique. Imagination avec un flic islandais qui n’en fait pas qu’à sa tête, qui fait tout en solo sans en référer à quiconque. Mais malgré tout, c’est un très bon flic qui arrivera à faire éclore la vérité. Pris dans l’engrenage de ses dettes, il va accepter une mission. Mais il semblerait que tout se recoupe vu les relations nouées par les uns et les autres. Dès le départ, on sait qu’il y a une histoire de vengeance qui est en route. Vengeance contre qui et pourquoi ? Les êtres humains sont tous différents et malgré leur talent, pour certains, des éléments du passé sont très durs à oublier. Les êtres humains cachent tous des fêlures et une rencontre permet de se confier sans jugement aucun.

Ian Manook m’a donné envie de visiter l’Islande, comme il m’avait donné envie d’aller dans le pays de Yeruldegger, la Mongolie. Cette magie de description est réellement profonde. On a l’impression de faire entièrement le voyage, de voir un pays qui peut être très beau mais aussi difficile, un pays où le paysage change selon le point où l’on se trouve. Il m’a donné envie de voir ces cascades, de me baigner dans ces sources chaudes alors qu’il fait un froid épouvantable et qu’on est pas à l’abri qu’un volcan se réveille. Ian Manook est un maître des mots, des situations qui deviennent rocambolesques, mais qui pourraient arriver à tout un chacun lorsqu’un élément du passé refait surface. Allez, maintenant dans l’attente du prochain roman qui saura, j’espère, me séduire, tout autant, même si ce n’est pas tout à fait un coup de coeur.

Heimaey de Ian Manook

Date de sortie : 26 septembre 2018

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 461

ISBN : 9782226438409

Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Castelletto - Chiara - Emma Mars - Editions Charleston

Castelletto – Chiara – Emma Mars – Editions Charleston

Résumé Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Chiara a passé la nuit avec son protecteur, un homme très âgé qui prend soin d’elle. Elle se réveille et elle est en retard, attendue par sa matrone.

Chiara a 20 ans, vit à Venise et est prostituée. Son rêve, partir.

Avis Résumé Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Chiara a  20 ans. Elle est prostituée. Elle a perdu sa mère, elle-même prostituée, de la peste à l’âge de 13 ans. Mais Chiara veut fuir Venise pour vivre ailleurs, abandonner son passé. Mais c’est sans compter sans sa matrone, une femme qui tient son monde de main de fer, et ses sbires. Tous sont prompts à être violents et surtout à gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Car Chiara a toujours été protégée par les amies de sa mère. Sa beauté est indéniable par rapport aux autres filles.

Dans ce roman, Chiara, surnommée La Princesse, affrontera son passé et elle arrivera à savoir qui est son père. D’ailleurs, cet élément va changer tout son avenir. Chiara est franche, sensible envers ceux qui souffrent. Elle veut protéger ses compagnes, les plus faibles. Car malgré les disputes, les jalousies, les prostituées sont soudées. Surtout que les prostituées vont être enfermées et déjà que leur statut n’est pas enviable, cela le sera encore moins. Elles n’ont aucune liberté de mouvement, des codes couleurs existent. Et ce confinement dans un quartier, le Castelletto, pour soit-disant réguler les maladies, ne leur apportera rien de bon. Sauf de l’argent, encore plus d’argent à la famille qui gère la ville, à l’Eglise. L’idée est que Venise et donc ce lieu soient repris dans le monde entier.

Outre les nombreux personnages de ce roman, que l’on suit parfaitement bien, il y a Nicola le prêtre qui va tomber amoureux fou de Chiara. Mais lui doit obéir à l’Eglise, à l’Etat. Et ce qu’il a pu promettre à Chiara ne pourra pas se réaliser. Alors, même si elle est en colère, fortement, puisqu’il ne pourra pas écouter ses revendications et celles de ses amies, l’appel de la chair, du corps est plus fort. Et ce malgré les menaces, ils tentent de se cacher. Il me tarde de retrouver Nicola dans le second opus qui lui semble être dédié.

Ce roman est basé sur des faits et des personnages qui ont existé. L’auteur démontre très bien toutes les informations apprises et transcrites dans ce roman, dans cette histoire de cette femme libre mais aussi prisonnière. On imagine très bien cette Venise débauchée, mais une Venise qui souffre. Une prostitution que tout le monde cherche, même les touristes. Car la prostitution est autorisée mais fortement taxée et régie par de nombreuses règles. Les hommes, au plus haut sommet de l’Etat, combattent le vice mais même chez eux, les orgies sont légion. Ils vont également changer les règles de Venise en imposant, par exemple, le principe de la courtisane. Une femme qui reste au bon vouloir de l’homme qui l’a payée mais qui vit dans les coins réservés aux domestiques. J’ai particulièrement aimé ces explications concernant cette procession des douze Marie qui s’effectue avant le Carnaval. Tous les ans, les quartiers changent. Cela permet de faire la fête mais aussi de prier. Tout le monde est concerné.

Chiara m’a fait découvrir un pan de l’histoire de Venise que je ne connaissais pas, une période également.  En tous les cas, je n’aurais pas aimé vivre à cette période. Venise est une ville qui ne m’attire pas particulièrement. C’est sûrement dû au fait qu’elle est entourée d’eau et mon vertige qui me donne l’impression d’être attirée au fond. Emma Mars m’a permis de découvrir un autre de ses talents. Raconter une histoire mais dans une époque qui n’est pas du tout contemporaine.

Le second tome était prévu pour fin septembre 2018. Il semble qu’il soit édité. Je pense que je vais me précipiter pour l’acheter.

Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Charleston

Nombre de pages : 315

ISBN : 978-2-36812-3072