Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Castelletto - Chiara - Emma Mars - Editions Charleston

Castelletto – Chiara – Emma Mars – Editions Charleston

Résumé Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Chiara a passé la nuit avec son protecteur, un homme très âgé qui prend soin d’elle. Elle se réveille et elle est en retard, attendue par sa matrone.

Chiara a 20 ans, vit à Venise et est prostituée. Son rêve, partir.

Avis Résumé Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Chiara a  20 ans. Elle est prostituée. Elle a perdu sa mère, elle-même prostituée, de la peste à l’âge de 13 ans. Mais Chiara veut fuir Venise pour vivre ailleurs, abandonner son passé. Mais c’est sans compter sans sa matrone, une femme qui tient son monde de main de fer, et ses sbires. Tous sont prompts à être violents et surtout à gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Car Chiara a toujours été protégée par les amies de sa mère. Sa beauté est indéniable par rapport aux autres filles.

Dans ce roman, Chiara, surnommée La Princesse, affrontera son passé et elle arrivera à savoir qui est son père. D’ailleurs, cet élément va changer tout son avenir. Chiara est franche, sensible envers ceux qui souffrent. Elle veut protéger ses compagnes, les plus faibles. Car malgré les disputes, les jalousies, les prostituées sont soudées. Surtout que les prostituées vont être enfermées et déjà que leur statut n’est pas enviable, cela le sera encore moins. Elles n’ont aucune liberté de mouvement, des codes couleurs existent. Et ce confinement dans un quartier, le Castelletto, pour soit-disant réguler les maladies, ne leur apportera rien de bon. Sauf de l’argent, encore plus d’argent à la famille qui gère la ville, à l’Eglise. L’idée est que Venise et donc ce lieu soient repris dans le monde entier.

Outre les nombreux personnages de ce roman, que l’on suit parfaitement bien, il y a Nicola le prêtre qui va tomber amoureux fou de Chiara. Mais lui doit obéir à l’Eglise, à l’Etat. Et ce qu’il a pu promettre à Chiara ne pourra pas se réaliser. Alors, même si elle est en colère, fortement, puisqu’il ne pourra pas écouter ses revendications et celles de ses amies, l’appel de la chair, du corps est plus fort. Et ce malgré les menaces, ils tentent de se cacher. Il me tarde de retrouver Nicola dans le second opus qui lui semble être dédié.

Ce roman est basé sur des faits et des personnages qui ont existé. L’auteur démontre très bien toutes les informations apprises et transcrites dans ce roman, dans cette histoire de cette femme libre mais aussi prisonnière. On imagine très bien cette Venise débauchée, mais une Venise qui souffre. Une prostitution que tout le monde cherche, même les touristes. Car la prostitution est autorisée mais fortement taxée et régie par de nombreuses règles. Les hommes, au plus haut sommet de l’Etat, combattent le vice mais même chez eux, les orgies sont légion. Ils vont également changer les règles de Venise en imposant, par exemple, le principe de la courtisane. Une femme qui reste au bon vouloir de l’homme qui l’a payée mais qui vit dans les coins réservés aux domestiques. J’ai particulièrement aimé ces explications concernant cette procession des douze Marie qui s’effectue avant le Carnaval. Tous les ans, les quartiers changent. Cela permet de faire la fête mais aussi de prier. Tout le monde est concerné.

Chiara m’a fait découvrir un pan de l’histoire de Venise que je ne connaissais pas, une période également.  En tous les cas, je n’aurais pas aimé vivre à cette période. Venise est une ville qui ne m’attire pas particulièrement. C’est sûrement dû au fait qu’elle est entourée d’eau et mon vertige qui me donne l’impression d’être attirée au fond. Emma Mars m’a permis de découvrir un autre de ses talents. Raconter une histoire mais dans une époque qui n’est pas du tout contemporaine.

Le second tome était prévu pour fin septembre 2018. Il semble qu’il soit édité. Je pense que je vais me précipiter pour l’acheter.

Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Charleston

Nombre de pages : 315

ISBN : 978-2-36812-3072

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Cross de Marc S. Masse

Cross de Marc S. Masse - Editions Flamant Noir

Cross de Marc S. Masse – Editions Flamant Noir

Résumé Cross de Marc S. Masse

Il vient tout juste d’avoir son permis. Il a reçu une très belle voiture de la part de son père. Il roule précautionneusement. Mais un chauffard, à bord d’un bolide, double un camion. Le jeune homme fait un écart et s’encastre autour d’un arbre.

Eric reçoit la visite d’un client qui lui propose de retrouver l’assassin de son fils et de le tuer.

Avis Cross de Marc S.Masse

Ex-flic, maintenant détective privé, séparé de sa femme, il n’arrive pas à boucler ses fins de mois. Un client se présente et lui propose, contre une sacrée somme d’argent, de retrouver l’assassin de son fils, tué lors d’un accident de voiture, et de tuer cette personne. Il a peu d’informations à fournir, seulement participer à une course extrême qui dure huit jours. Il a neuf mois pour se préparer. Cette course dure plusieurs jours, par tous le temps. Il y aura 2 500 concurrents. Il sera le seul qui ne dépend de personne, que de lui-même. Il accepte le contrat, même s’il doit tuer, car il a besoin d’argent.

Est-ce ce mental énorme qui lui permet d’aller jusqu’au bout ? Sont-ce ces neuf mois d’entraînement ? Est-ce le fait qu’il n’a plus d’obstacles humains et donc il peut se consacrer sur sa course, sur lui-même, profiter de ce qui l’entoure malgré la douleur physique ? Ou est-ce ce coeur qui bat lentement, que ce soit au repos ou en plein effort ? Mais ces huit jours de course sont réellement inhumains, même pour les plus aguerris. A vous de vous plonger dans Cross pour tout connaître.

Le but est d’avoir de nouveau confiance en lui, lui qui a dû quitter la police, qui est en instance de divorce. Avoir confiance en lui pour faire face à ce qui lui arrive, ce qui lui est arrivé. Mais la partie ne sera pas facile, encore moins facile que cette course de l’extrême. Car la tension monte pour Eric, face aux agressions, aux meurtres. Il ne peut pas se reposer, tout est une menace. Existe-t-il une manipulation contre Eric ?

Un roman bien construit avec un bon scénario. Je me doutais qu’il y avait anguille sous roche par rapport à son client, mais je ne m’attendais pas à ça. On fait corps avec le personnage qui parle au lecteur. Il instaure un véritable dialogue. On le suit, on le croit. On peut également souffrir avec lui. Pourquoi est-il agressé, lui que personne ne connaît ? L’auteur sait mettre les révélations au bon moment pour nous signifier que tout est à recommencer. En tous les cas, même si ce n’est pas un réel coup de coeur, je me suis fait balader entre ce qui parait incroyable, avoir l’impression de passer du coq à l’âne, désolée pour l’expression. Toutefois, concernant cette dernière phrase, il faut lire le roman en entier pour connaître le fin mot de l’histoire, ce rêve qui le maintient en vie. Que va-t-il réellement lui arriver ? Qui est cette personne à qui sont consacrés quelques chapitres ? On arrive à le savoir. Sans véritable addiction, les pages se tournent facilement car en tant que lectrice, j’ai voulu tout savoir sur la course, le destin d’Eric.

Je remercie Netgalley et les Editions Flamant Noir pour cette lecture.

Cross de Marc S. Masse

Date de sortie : 8 octobre 2018

Editeur : Flamant Noir

Nombre de pages : 310

ISBN : 979-10-933-63-50-9

Qui je suis de Mindy Mejia

Qui je suis de Mindy Mejia

Qui je suis de Mindy Mejia

Résumé Qui je suis de Mindy Mejia

Hattie veut partir à New York. Elle se rend à l’aéroport mais quand le personnel est pris de suspicion, elle ne s’envole pas.

Quelques jours plus tard, elle est retrouvée morte après sa participation à une pièce de théâtre. Qui a pu la tuer ? Son petit ami ?

Avis Qui je suis de Mindy Mejia

Je sors plus que mitigée de ma lecture. L’auteur ne donne aucun beau rôle à ses personnages, sauf peut-être à Del, le shérif et les parents d’Hattie. Il aurait mérité qu’on en sache un peu plus sur lui. Les autres ne m’ont fait ni chaud, ni froid. J’aurais pu me prendre d’affection pour Hattie, mais l’auteur ne répond à aucune de mes questions. Je sais bien que les adolescents se cherchent, jouent un rôle. Malgré des parents aimants, présents, qui la laissent libres car ils ont confiance en elle, elle joue même un rôle avec eux. A cause de son frère qui est parti faire la guerre ? Pourtant, cela remonte à beaucoup plus loin, le fait de vouloir être acceptée par tous. Voilà, je ne sais pas pourquoi elle est comme ça et cela me dérange fortement car cela n’est pas assez expliqué. Est-elle une manipulatrice ou est-elle réellement amoureuse ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle veut partir par tous les moyens. Ensuite, nous avons Peter, le prof marié qui a suivi sa femme pour qu’elle s’occupe de sa mère dans ce coin perdu. Au fur et à mesure, l’un et l’autre se sont éloignés. Il a tenté de faire des efforts pour se rapprocher d’elle, sauf qu’il n’a eu aucun retour. Alors, la maxime que l’homme est faible se vérifie ici. Au détour de conservations sur le Net, il tombe amoureux. Et cela s’amplifiera lorsqu’il rencontrera cette personne même s’il fait tout, tout ?, pour ne pas succomber. Il en va de son honneur, de son travail. Prend-il le beau rôle en s’effaçant de cette façon ? Non. Même s’il n’est pas accepté dans cette famille et bien plus tard dans cette petite ville, il pourrait refaire sa vie ailleurs. Quant à Del, l’auteur donne quelques informations sur ce shérif qui veut trouver le meurtrier de la fille de ses meilleurs amis. Malgré le peu de moyens à sa disposition, il se trouve obligé de  mentir pour trouver la vérité. Est-ce que cette amitié en souffrira ? En tous les cas, il ne permettra pas que son ami se fasse justice lui-même. Il le protègera de la meilleure façon qu’il soit.

J’ai été assez surprise par le dénouement, notamment en ce qui concerne le meurtre de Hattie, mais en définitive, les évènements qui en découlent sont, plus ou moins, prévisibles dès qu’ils arrivent. Je n’ai trouvé aucun suspense. Je n’ai trouvé aucune dimension psychologique dans ce roman. Hattie et Peter racontent l’histoire jusqu’à la fin, de leur point de vue. Tandis que du côté de Del, c’est plutôt son enquête, son amitié avec le père de Hattie. Pour les deux premiers, cela permet d’avoir le point de vue de l’un et de l’autre. Cette construction à trois est pas mal. Elle ne donne pas de défauts au livre. Elle est censée permettre de comprendre Hattie mais comme je l’écrivais plus haut, cela n’a pas été mon cas. Pour Peter, c’est beaucoup plus simple pour le lecteur. Et comme je l’écrivais aussi plus haut, il manque quelques éléments pour Del. Pour sa vie privée, c’est annoncé. Quant à la guerre, je n’en ai pas su assez. Sauf qu’il est revenu, pas démoli, mais profondément changé. Mais comment ? L’auteur a voulu fouiller le caractère de ses personnages. Soit elle a voulu trop en faire mais elle ne s’est pas concentrée sur l’essentiel, soit les explications.

Le seul élément qui a trouvé grâce à mes yeux est cette malédiction en ce qui concerne la pièce de Shakespeare, Macbeth. Serait-elle maudite ? Elle donne une des raisons au roman puisque les lycéens l’interprètent pour leur spectacle de fin d’année. Malédiction, légende, c’est un des seuls points qui m’a intéressé car je ne connaissais pas ce qui est arrivé à tous ces acteurs au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Je remercie Netgalley et les Editions Mazarine de m’avoir permis de lire ce roman même si je m’attendait à mieux.

Qui je suis de Mindy Mejia

Date de sortie : 21 mars 2018

Nb pages : 400

Editeur : Mazarine

ISBN : 9782863744024

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Nos héros mythiques de vrais coachs de vie de Chantal Motto

Nos héros mythiques de vrais coachs de vie de Chantal Motto

Nos héros mythiques de vrais coachs de vie de Chantal Motto

Nos héros mythiques de vrais coachs de vie de Chantal Motto

Dans la catégorie Economie Business à paraître chez Eyrolles.

Nos héros mythiques de vrais coachs de vie de Chantal Motto

Présentation de l’éditeur :

Le livre est construit sur l’histoire de 12 épopées, de leur représentation symbolique, de leur enseignement dans notre vie courante, de leurs « bons conseils », avec au gré des chapitres des encadrés pour des incursions de type « pour en savoir plus ».

L’auteur :

Chantal Motto est psychanaliste jungienne, coach systémicienne, elle est aussi formatrice et superviseur.

Nos héros mythiques de vrais coachs de vie de Chantal Motto

Date de sortie : 8 février 2018

Editeur : Eyrolles

ISBN : 978-2212567694

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Argent sale, A qui profite le crime ? de Carole Gomez et Sylvie Matelly

Argent sale, à qui profite le Crime de Sylvie Matelly et Carole Gomez

Argent sale, à qui profite le Crime de Sylvie Matelly et Carole Gomez

Nouveauté à paraître, chez Eyrolles, Argent sale, A qui profite le crime ? de Carole Gomez et Sylvie Matelly.

Economie, Droit, tout est bon pour s’instruire et échanger en famille.

Argent sale, A qui profite le crime ? de Carole Gomez et Sylvie Matelly

Présentation éditeur :

De quoi l’argent sale est-il le nom ? Pourquoi l’argent sale est-il un enjeu si important ? Comment peut-on lutter ? Pourquoi la question de l’argent sale n’est pas réglée ? Didactique et vivant, cet essai s’appuie sur des exemples historiques et actuels pour éclairer ce sujet tabou pourtant omniprésent et de plus en plus pesant dans nos sociétés européennes. Il en décrypte les mécanismes tout en révélant ce qui en fait une dimension incontournable de l’économie mondiale.

Les auteurs :

Sylvie Matelly est économiste, directrice adjointe de l’Iris.

Carole Gomez est juriste de formation, chercheuse à l’Iris, chargée des questions liées à la géopolitique du sport.

Argent sale, A qui profite le crime ? de Carole Gomez et Sylvie Matelly

Date de sortie : 15 février 2018

Editeur : Eyrolles

ISBN : 978-2212568417

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Mato Grosso de Ian Manook

Mato Grosso de Ian Manook

Mato Grosso de Ian Manook

Résumé Mato Grosso de Ian Manook

Jacques Haret, écrivain, retourne au Brésil, 30 ans après pour faire la promotion de son roman.

Il est accueilli par un jeune homme qui l’emmène dans la maison où a vécu et mort Stefan Zweig.

Passé le premier choc de cette découverte, Jacques Haret en aura une autre.

Avis Mato Grosso de Ian Manook

Exit la Mongolie, ses coutumes, ses paysages, ses mets et la trilogie consacrée à Yerulbdegger. Place au Brésil. Cela fait un petit moment que ce roman est paru. Mais voilà, j’y suis. En plus, je le lis après un navet, donc je suis sûre que Ian Manook saura réellement me transporter.

Dès le départ, l’auteur annonce la couleur. Retour au Brésil de Jacques Haret, 30 ans après, mais il ne sait pas qu’il va mourir. Jacques est auteur.

Hommage à Stefan Zweig, dès le début avec la citation, mais aussi avec la ville Petrópolis où il s’est donné la mort avec sa femme. Et cela va prendre tout son sens pour Jacques Haret quand il apprendra où il va loger. En annonçant dès le départ la mort de son personnage, le lecteur fait de suite le parallèle entre les deux auteurs. Ambiance. Egalement ambiance avec la découverte d’un personnage, ex-policier, qu’a connu Haret.

Descriptions qui mêlent comme toujours les odeurs, les lieux grandioses ou pas avec un sens du détail qui permet au lecteur de voyager, d’être dans ces lieux visités. Cette structure du roman est originale. Après une sorte d’introduction, faire lire à un écrivain son roman. Oui, il a tué un homme, il l’avoue de suite. Mais prendra-t-il toutes ses responsabilités ? Au lecteur de le découvrir au fil des pages. Mais comme tout écrivain, la vérité est un tant soit peu travestie. En tous les cas, c’est un formidable voyage qui s’offre au lecteur. Un voyage pas qu’idyllique même si cela y ressemble un peu. Haret a énormément voyagé. Il a pratiquement toujours été par monts et par vaux. Ian Manook offre de véritables cartes postales, des atmosphères oppressantes, humides, selon les lieux visités, sans oublier la pauvreté, la difficulté des habitants mais aussi ces sourires qui peuvent trôner sur les visages. Pays où il est difficile de vivre lorsqu’on est étranger. La corruption règne. Jacques semble envoûté par ce pays, cette femme. Mais on lui reproche de travestir la vérité. Peut être en tous les cas, le lecteur le suit dans toutes ses aventures, ses rencontres. Personnellement, j’ai eu tendance à le croire grâce à Ian Manook. Est-il si mauvais que ça ? Le roman nous le dira.

Si vous vous attendez à retrouver le Ian Manook de Yeruldegger, vous serez forcément déçus. Faites comme moi, balayez (mais pas trop), la Mongolie et découvrez un tout autre univers avec le talent de conteur de l’auteur. Ian Manook, avec ce roman, peut surprendre. Et il réussit. Toutefois, même si j’ai passé un bon moment avec Mato Grosso, ce roman n’est pas un coup de coeur, malgré ses qualités indéniables. Ce roman se révèle, en définitive, très psychologique, par rapport aux personnages mis en scène. Il démontre tout ce qui fait un être humain avec ses nombreuses faiblesses, ses prises de position mais aussi par rapport à l’endroit où il vit.

Je remercie énormément la femme de Ian Manook, Françoise. Elle nous fait partager le quotidien de son mari, ses voyages, quelques séances d’écriture (en photos). J’ai l’impression de connaître un peu l’auteur, de cette façon. J’espère que j’aurai l’occasion de le rencontrer cette année si la séance de dédicaces se fait sur Marseille.

Mato Grosso de Ian Manook

Date de sortie : 4 octobre 2017

Nb pages : 313

Editeur : Albin Michel

ISBN : 978-2-226-40025-3

Nightwork de Vincent Mondiot

Nightwork de Vincent Mondiot

Nightwork de Vincent Mondiot

Avis Nightwork de Vincent Mondiot

A 14 ans, Patrick a pris la décision la plus difficile qu’il soit, on pourrait dire une décision d’adulte mais certains adolescents se comportent en adultes, même s’ils ont besoin d’aide, d’être écoutés et guidés. Pour Patrick, il n’a eu aucun des trois. Maintenant qu’il a 21 ans, il pourra peut-être, enfin, vivre sa vie et ne plus dépendre de qui que ce soit, même si en dépendant de quelqu’un qu’on aime, on peut être seul. C’est ce que Patrick développe dans ce roman. Tout ce qui est arrivé jusqu’à la prise de décision. Je ne dévoilerai rien car je vous laisse lire ce magnifique roman, destiné aux adolescents. Mais les adultes y trouveront leur compte. Cela a été mon cas. Je lis pas mal de livres destinés à un jeune public. Il y a de très bonnes choses comme de moins bonnes. Mais je dois avouer que je me suis laissée prendre par cette histoire. L’auteur arrive à faire passer de nombreux messages. Je me suis également interrogée sur un passage également mais tout a été su à la fin.

On dit souvent qu’entre amour et haine, il n’y a qu’un pas. Est-ce de cette vie de petit truand qu’il veut ? Patrick aspire à autre chose. Pourtant, il adore son frère aîné, Abdel. Patrick et Abdel sont demi-frères car ils n’ont pas le même père. Ils vivent avec leur mère, une ancienne infirmière, devenue alcoolique. Abdel sera pratiquement toujours là pour son petit frère, pour l’aider, même s’il a passé six mois en prison. Car Abdel fait du trafic dans sa cité. De petit délinquant, il semble être passé à truand. Seul Patrick a tenu sa promesse de garder le silence, après ce qui est arrivé. Il ne s’en est pas ouvert à sa meilleure amie. Mégane. Est-ce pour cela qu’il a sauté le pas ? Patrick est un jeune adolescent vraiment seul. Les deux garçons ont-ils aimé leur mère ? Je ne le pense pas. C’est pour cela que j’ai été surprise par la réaction d’Abdel, à la fin.

C’est donc Patrick qui prend la parole, qui écrit. Il tente de se rappeler ses cours de français pour écrire une dissertation. Soit, commencer par une introduction pour arriver à l’élément perturbateur. Mais Patrick a tellement à écrire qu’il s’autorise quelques digressions. Le lecteur sent que ce n’est pas facile pour lui. Il a peur du jugement des autres. Dans les faits tels qu’en eux-mêmes, il ne se donne pas d’excuses, il a suivi le mouvement. Il n’a pas tenté de donner son propre avis. Mais il a expérimenté lui-même, en très peu de jours, que cela ne pourrait pas se dérouler comme il faut car ils étaient trop jeunes. Alors oui, il y a eu la peur d’être abandonné mais il est seul depuis tellement de temps avec une mère dont la présence est quasi inexistante. J’ai eu l’impression que Patrick ne cherchait pas l’apitoiement sur lui-même, sur ce qui s’est passé.  Comme il le dit si bien d’autres que lui ont vécu des rejets à l’école, des coups, mais il est le seul à avoir vécu ce qui s’est passé ensuite. J’ai beaucoup aimé cette construction, ces tâtonnements d’adolescent lorsqu’il raconte. Il l’explique bien. Il ne sait pas si des faits se sont réellement passés ou pas, si c’était la bonne époque. Patrick l’explique bien. Chacun a sa propre interprétation, ses propres souvenirs. Alors, oui, il avoue cette solitude, mais au moment de son récit, sa solitude est encore plus grande car il ne peut rien partager. Cet écrit est peut-être un exécutoire, une façon d’en finir, une sorte de thérapie, même s’il n’oubliera jamais. Cela peut lui permettre de se reconstruire et d’aller de l’avant.

Dans ce roman,  il y a toujours son jeu en filigrane, celui qu’il rêve de commercialiser. Il lui donne des scénarii, des atmophères. Mais il y a aussi tous les jeux sur consoles auxquels jouent pratiquement tous les adolescents. En parlant d’atmosphère, l’automne et le froid glacial qui arrivent se prêtent vraiment bien à ce roman, aux émotions ressenties par tous les protagonistes. Ce roman se lit très facilement, très rapidement pour un adulte. Le lecteur veut savoir vraiment ce qui est arrivé à Patrick, son cheminement de pensée. Il a maintenant 21 ans. Pourquoi le lecteur le jugera-t-il et en mal ? Personnellement, Vincent Mondiot a rendu Patrick très attachant, comme tous les personnages du roman, avec leurs forces et surtout leurs faiblesses.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour cette belle découverte.

Résumé Nightwork de Vincent Mondiot

Patrick était en CM2 lorsqu’il ramène chez lui un oiseau que lui et son frère, Abdel, plus âgé, vont tenter de sauver, sans que leur mère le sache.

Patrick est un garçon seul, qui pleure souvent et qui est victime des autres enfants.

Quelques années plus tard, il est en 3ème, sa mère boit et n’a plus de travail. Sa seule amie est Mégane.

Nightwork de Vincent Mondiot

Date de sortie : octobre 2017

Nb pages : 275

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-08668-8