Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola

Présentation de l’éditeur Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola Histoire du grand banditisme à la néo-voyoucratie

Ancien flic de la BAC de Marseille, Marc La Mola a grandi dans les quartiers Nord de la cité phocéenne, où il a vu le milieu traditionnel des voyous laisser la place à une horde de jeunes issus des cités. De la mairie aux couloirs crasseux de l’hôtel de police, une immersion dans le milieu du néo-banditisme.


Avis de l’éditeur Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola Histoire du grand banditisme à la néo-voyoucratie

Quand un Marseillais et ex-flic raconte Marseille et ses meurtres, ses trafics en tout genre et l’évolution des quartiers nord. Vraiment très intéressant à lire pour connaître cette ville unique en son genre que je n’aime absolument pas, même si j’y habite depuis plus de 10 ans. J’y vis, j’y travaille, je me suis fait agressée juste à côté de chez moi, dans un quartier dit chic, soit le 8ème arrondissement, juste à côté du commissariat. Mais les agressions, les meurtres ne se passent pas que dans les quartiers nord, ils descendent même dans les quartiers sud. Je n’aime pas Marseille à cause de sa saleté, à cause de son anarchie. Tout le monde se gare n’importe comment, gêne les autres et s’en moque. Difficile également de trouver un emploi. Déjà quand on est jeune, que l’on vient des quartiers nord, que l’on a aucune perspective d’avenir. Mais aussi quand on vient d’une autre région et que l’on ne connait personne parce que l’on préfère privilégier les gens que l’on connait même s’ils n’ont pas les bonnes compétences. Mais tous les Marseillais, les vrais Marseillais ne sont pas comme ça et heureusement.

Il a eu des témoignages de policiers, de magistrats, de ceux qui vivent dans ces quartiers délaissés, de ceux qui font des trafics et de lui-même. Il a tout vu, tout entendu. Il a constaté l’évolution de cette criminalité, au départ aux parrains corses et maintenant aux gens des cités. Les premiers ont travaillé, main dans la main, avec tout le monde et même les plus hautes instances. Ils avaient un code d’honneur, même dans leurs assassinats avec un colt. Les derniers sont en colère, ont la haine, et l’utilisation de la kalachnikov semble même très facile, même pour ceux qui ne savent pas tirer. Ils sont sûrs de leur coup à chaque coup, même s’il y a des dommages collatéraux.

Y a-t-il un avenir pour Marseille ? Pour faire baisser cette criminalité, ces réseaux ? Possible avec un changement de maire. Mais il va falloir qu’il prenne tous ces problèmes et s’y tenir, ne pas tomber dans le système des pots de vin pour plaire aux uns et aux autres. La montée du RN dans de nombreux quartiers change-t-elle quelque chose ? Les gens ont peur et le font savoir. Mais ce n’est pas avec ce parti politique que cela va changer. Car lui comme les autres n’est pas blanc comme neige.

Alors, oui, intéressant de lire comment cette criminalité a évolué, comment ils ont pu s’identifier à un seul homme pour mener à bien leur business basé sur la drogue, sur la prise de pouvoir des autres cités. Il y a également une analyse de la politique de la ville, de l’Etat envers les Marseillais, des quartiers pauvres, très pauvres, que ce soit dans le centre ville ou dans les quartiers nords. On se moque des Marseillais, rien n’est fait pour les associations, pour ceux qui peuvent aider ces populations en détresse. On s’en rend compte également avec l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne et tous les immeubles qui ont été déclarés en péril imminent. On reloge les habitants mais sous quelles conditions. La mairie ne fait pas son travail. La première mission d’un maire est de protéger ses administrés. Ce n’est pas le cas à Marseille.

Morale de ce document. L’avenir s’annonce bien sombre.

Encore un bémol, un livre émaillé de nombreuses fautes. Pas assez de relectures, notamment de l’éditeur. Vraiment dommage.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Fauves.

Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola

Date de sortie : 18 avril 2019

Editeur : Editions Fauves

Nombre de pages : 226

ISBN : 978-10-302-0285-4

Dans tes pas de Jessi Kirby

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Résumé Dans tes pas de Jessi Kirby

Ce sont deux cousines. Elles ont le même âge. Elles sont nées le même jour. Elles sont surnommées Les Etoiles jumelles. Elles fêtent leurs 13 ans.

Cinq ans plus tard, il ne reste que Mari. Mari qui met en scène sa vie sur les réseaux sociaux. Une vie parfaite pour obtenir le plus de like possible. C’est son anniversaire. Elle fête ses 18 ans. Sa mère rejoint sa soeur afin qu’elle ne passe pas ce jour funeste seule.

Avis Dans tes pas de Jessi Kirby

C’est l’histoire d’un hommage à une cousine mais c’est l’histoire, également, d’un dépassement de soi pour enfin se trouver, trouver un sens à sa vie. Bri et Mari étaient cousines très proches. Elles étaient comme deux soeurs, comme des jumelles car elles sont nées la même année, le même jour. Elles s’étaient promis d’être toujours là l’une pour l’autre, de réaliser leurs rêves, notamment à 18 ans. Bri était la plus intrépide des deux. Elle était très proche de la nature, casse-cou. Est-ce dû au fait qu’elle ne vivait pas en ville, au contraire de sa cousine ? En tous les cas, Mari s’est éloignée de sa cousine. Pour quelle raison ? L’auteur ne l’aborde jamais et c’est vraiment dommage. Mari a privilégié les réseaux sociaux et notamment Instagram pour mettre en scène sa vie, pour récolter le plus de like. Ses photos devaient être à la hauteur, donc le meilleur cliché devait être publié. Elle voulait montrer une vie de rêve. Mais ce n’était que du vent, tout comme ses relations. Alors, voilà, à quoi mènent les réseaux sociaux, tout beau, mais pas toujours tout gentil. Elle s’en rendra compte le jour de son anniversaire quand elle publiera cette fameuse vidéo qui va tout changer pour elle. En effet, sa tante lui envoie un gros colis qui correspond aux affaires de sa cousine, décédée et qui avait voulu faire une randonnée très importante. Bri décide donc de marcher dans les pas de sa cousine et de faire cette randonnée à sa place, comme un hommage.

Alors, comment une jeune fille qui n’a aucun entraînement, se lance dans cette épopée de centaines de kilomètres, même si au départ, elle est sur le point de repartir ? Un peu surréaliste, quand même. Enfin, c’est mon avis. Mais le roman est fait pour rêver, s’interroger avec le héros et vivre une belle aventure. Ce sera le cas. Bri sera seule pendant un grand moment. Elle va donc avaler des kilomètres, utiliser le sac de sa cousine pour dormir, manger, boire, se changer. Et surtout, elle va découvrir de magnifiques paysages. Au cours de son périple, elle va rencontrer toute une bande de jeunes, des garçons et une fille, qui veulent rejoindre la même destination qu’elle. Elle qui voulait être seule, aura encore besoin de moments de solitude, mais elle appréciera tant et plus leur compagnie et surtout leur entraide. Mais tout le monde a quelque chose à cacher, notamment Bri dont les secrets vont se dévoiler au fur et à mesure. Sera-t-elle jugée pour autant ? C’est ce qu’elle découvrira.

Lorsque l’on tente une telle aventure, qui va demander un dépassement de soi énorme, ce n’est pas que pour le fun. On tente de se recentrer, on tente de se connaître, on tente d’être vrai car face à la nature, face aux éléments, l’être humain est tout petit. Même si l’on est accompagné, tant mieux, cela démontre que l’on peut compter les uns sur les autres sinon on n’avance pas. En faisant cette randonnée, Mari voulait vivre l’aventure de sa cousine Bri, grâce à son carnet. C’est très dur pour elle émotionnellement et c’est tout à fait normal. Mais au fur et à mesure qu’elle va comprendre sa cousine, cette aventure, comme un hommage, révélera à la jeune fille de 18 ans, qui elle est réellement. Si elle est partie pour Bri, elle rentrera et finira son aventure pour elle-même.

J’ai aimé tous ces personnages, tous ces jeunes qui ont besoin d’être eux. Outre ces deux petites critiques du départ, les mots mis par l’auteur sur cette aventure, cette quête sont d’une sensibilité extrême. Même si Mari a toujours dans la tête sa cousine, ses affaires avec elle, son absence également, pour moi ce n’était pas l’élément principal de ce roman.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Fleurus.

Dans tes pas de Jessi Kirby

Date de sortie : 21 février 2019

Editeur : Fleurus

Nombre de pages : 298

ISBN : 978-2-2151-6755-6

Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

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Résumé Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Juin 2014, Irlande, Comté de Meath, un homme de 84 ans se trouve dans un hôtel. Son fils, Kevin, est aux Etats-Unis. C’est à lui qu’il s’adresse pour raconter son histoire. Sa femme est morte il y a deux ans. Il a mis toutes ses affaires en ordre, sans en parler à son fils. Il va faire quelque chose lors de cette soirée.

Avis Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Toute une vie et un soir raconte la vie de Maurice qui prend la parole. Il a réservé une nuit dans le seul hôtel de sa petite ville et il a réservé la plus grande suite. Sauf que personne ne sait que c’est lui qui a réservé. En plus se tient une très grande soirée dans cet hôtel. Il va rester un grand moment à boire, Stout et whisky car Maurice est un amateur de très bons whiskys, surtout que son fils lui en envoie régulièrement. Maurice va se rappeler sa vie dans ce petit coin d’Irlande au sein de sa famille avec son frère aîné, son héros. Un héros qui ne restera pas très longtemps auprès de lui suite à la tuberculose. Un frère aîné qui l’a toujours aidé de son vivant car Maurice n’y arrivait pas à l’école. Il excellait en sport mais le reste, il ne pouvait pas suivre. Il comprendra pourquoi à la fin de sa vie. Donc, il est placé dans la grande maison de cette petite ville. Il subira la violence du maître de maison et de son fils. Jusqu’au jour où une pièce tombe et que Maurice ramassera et gardera pendant de nombreuses années. Cette pièce est un peu le fil rouge de ce roman, tout comme cette maison qui va devenir un hôtel. Au fur et à mesure de sa vie, Maurice va agrandir la ferme familiale. Il a pratiquement tout appris de son père et il va réussir, il va gagner beaucoup d’argent et se venger, au fur et à mesure, de cette famille qui lui a fait tant de mal lorsqu’il était plus jeune. Jusqu’à ce qu’il rencontre Emily.

Un autre chapitre est consacré à Molly, cet enfant mort-né. Est-ce la faute de Maurice s’il n’a pas écouté sa femme, pour l’emmener plus tôt à l’hôpital ? Il va se maudire, culpabiliser. Et comme pour son frère, Molly restera toujours à ses côtés. Il la verra grandir. Elle lui donnera des conseils ou lui démontrera qu’il a tort dans ses attitudes. Troisième gros chapitre consacré à la soeur de sa femme, Noreen. Cette dernière est placée dans une institution. Malgré la maladie de Noreen, ce sont pratiquement les seuls passages où l‘humour est bien là. Car de nombreuses situations rocambolesques arrivent à cause de Noreen, qui a accepté Maurice dès qu’elle l’a vu. Ensuite viennent Kevin et sa femme, son seul amour, sans qui il ne peut pas vivre et qui est décédée il y a deux ans. Alors, oui, il s’en veut de ce qu’il a pu faire subir à son fils et sa femme, de ne pas avoir été là quand il le fallait, de ne pas avoir compris ce fils qui voulait être journaliste, qui préférait les mots aux travaux de la ferme. Et puis ce chapitre consacré à sa femme est d’une beauté. On sent l’amour qu’il ressent pour elle, qui l’unit à elle, même si cela n’a pas toujours été facile.

Pratiquement dès le départ, j’ai su ce qui allait arriver. Il a suffi d’une phrase. Phrase qui s’est plus ou moins répétée. Pourquoi un tel ordre ? Pour son fils et sa femme qui arrivent avant-dernier et dernier, je peux le comprendre. Est-ce dû à l’arrivée du décès des trois premiers ? C’est tendre, drôle, introspectif, mais surtout le lecteur suit cette vie de Maurice qui accepte tout et fait le point sur ce qu’il a bien ou mal fait. Et ce comme tout être humain qui se respecte, qui ne veut pas trop montrer ses sentiments, ses douleurs. Un très grand respect est ressenti envers ses parents, notamment sa mère, qui a souffert de la mort de son aîné. Les mots sont pudiques pour décrire cette douleur lorsque l’on perd un enfant, l’amour d’une vie et que l’on ne peut pas vivre sans cette personne, être un poids mort pour ceux qui restent, même si la maison de retraite pourrait être la solution. 

Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains, notamment les candidats à ceux qui veulent partir sans souffrir et réussir leur coup. Cela peut réellement donner des idées.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Delcourt.

Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Date de sortie : 3 avril 2019

Editeur : Delcourt

Nombre de pages : 266

ISBN : 978-2-413-01750-8

Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

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Résumé Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

Il est tard, un jeune garçon est chez lui avec d’autres enfants. Il va réveiller sa mère. Elle descend et se met en colère pour faire partir ces enfants. Mais la peur s’installe car ils ont un dessein. Très vite, elle comprend ce qui va lui arriver.

L’enfant disparaît.

Avis Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

Je ne suis pas une lectrice de BD, à proprement parlé. Je dois en lire un maximum de cinq par an. Et toutes sont des SP ou de Masses Critiques Babelio. Pour ces dernières, je fais mon choix comme d’habitude, selon le titre. Et pour cette Masse Critique, j’ai reçu un exemplaire de Dylan Dog. Un magnifique livre. Oui, en BD, les livres peuvent être magnifiques et sont à garder. Cela sera le cas pour celui-là. Mon homme a lu Dylan Dog, en premier. Il a beaucoup aimé. Il devait en faire une critique mais il a n’a pas eu le temps. Donc, un dimanche soir, je me suis plongée dans l’histoire et dans les dessins.

Les dessins sont en noir et blanc. Les traits sont magnifiques, souvent durs et collent à l’histoire. Les traits des enfants les font paraître plus adultes qu’ils ne sont. Outre l’histoire racontée, le lecteur sent, dans ces dessins, l’urgence de la situation, l’atmosphère oppressante installée, la peur des uns et des autres. Dans ce monde dur, l’histoire du marionnettiste n’est pas décalée mais apporte un peu de douceur avec l’amour d’un père et d’une mère pour leur enfant et ce qui découle après leur disparition.

Dans cette BD, outre la nuit qui peut être peuplée de cauchemars, chez les uns et et les autres, un des thèmes abordés est la solitude engendrée car on est considéré comme différent. Les paroles font mal, même celle des enfants envers un autre enfant. Il y a aussi ces enfants, poussés par leurs parents, notamment la mère, à faire carrière et qui se trouvent aux prises d’hommes qui abusent d’eux. Pour moi, le thème principal est l’histoire, celle racontée aux enfants, celle que l’on transmet de générations en générations. Une histoire qui fait un peuple, une vie, qui permet d’appréhender le futur, qui est une transmission, qui construit un être humain. Sans histoires, les enfants ne sont plus des enfants. Ils deviennent adultes avant l’âge. Ils perdent, très vite, leur âme d’enfant, leur univers qui ne doit pas connaître la souffrance, la violence. L’imaginaire des enfants est friand d’histoires. Ils peuvent très vite tomber dans l’ami imaginaire, à cause de la solitude ou parce que ce qu’ils vivent ne correspond pas à ce qu’ils veulent. Il faut savoir raconter les histoires pour que les nuits soient belles.

Lorsque la nuit est racontée dans cette BD, à chaque page, à chaque situation, un petit texte d’introduction qui fait monter la pression. Un duo d’écrivain, dessinateur qui fonctionne à merveille.

Je remercie Masse Critique de Babelio et les Editions Mosquito.

Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

Date de sortie : 5 avril 2019

Editeur : Mosquito 

Nombre de pages : 100

ISBN : 978-2-335283-517-2

Anguilles démoniaques de Yû Takada

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Résumé Anguilles démoniaques de Yû Takada

Masaru a décidé de s’en sortir, d’avoir de l’argent. Il ne quitte pas son patron, Chiwaki, d’une semelle car il a l’impression d’apprendre énormément à ses côtés. Masaru veut évoluer.

Masaru a 33 ans, il est grand, bien bâti. Il est marié à Tomoko qu’il a connu au collège. Elle est une ancienne stripteaseuse.

Avis Anguilles démoniaques de Yû Takada

Ce roman japonais traite de nombreux sujets. Quand un homme se retrouve au service d’un patron pour effectuer les basses besognes. En effet, Masaru est extrêmement endetté. Il ne possède plus rien. Il est jeune marié, a une forte carrure. Mais Masaru n’a pas du tout confiance en lui. Son patron a racheté ses dettes mais tant qu’il n’aura pas remboursé, il devra obéir aux ordres. Pour Masaru, son patron est comme un dieu, il l’aide à réfléchir, à connaître ce Japon, le monde, qu’il ne connait, en définitive pas. Il a pratiquement une confiance aveugle en lui. Masaru est un personnage candide, malgré sa forte stature. Il fait confiance aux autres, mais se pose énormément de questions. C’est un personnage également très émotif. Il pleure très facilement. Il accepte pratiquement toutes les missions. Il veut également aider les autres, sans arrières pensées. Pourtant, le monde n’est pas aussi beau et aussi gentil qu’il l’imagine. Il s’en rendra très vite compte ou on lui ouvrira les yeux.

Dans ce roman, plus psychologique que policier, l’auteur nous démontre la force de persuasion que peuvent avoir certaines personnes sur d’autres. Il suffit juste de quelques phrases, de développements pour qu’une personne, qui ne connaît pas grand chose à la vie, ait des préjugés. La pensée est forte, tout comme les questionnements, mais les mots sont encore plus forts lorsqu’ils mis sur ce que l’on croît. Et donc, les peurs les plus horribles surgissent, tout comme les cauchemars, surtout lorsque l’on doit accomplir une mission, sans poser de questions, transporter un caisson dans un camion frigorifique.

Un bassin d’anguilles voraces, un incinérateur dernière génération, des hommes qui ne parlent pas, un endroit glauque, il en faut peu pour que l’imagination débridée de Tomita et Masaru prenne des chemins tortueux. Ont-ils raison, ont-ils tort ?

Sur ces entrefaites arrive une jeune fille, Miki, qui caresse Masaru dans le sens du poil. Bien entendu, il pense qu’elle se moque de lui, lui qui n’est pas séduisant. Celui lui fait plaisir, bien entendu, et très vite, ils vont échanger des mails. Masaru en tombe amoureux mais comme il est marié, il n’ira pas plus loin. Il suffit d’une goutte d’eau pour qu’il comprenne et apprenne tout. Là, sa colère sera terrible et aura des conséquences graves.

Nous ne sommes pas dans le Japon des cerisiers en fleurs. Nous sommes dans le Japon avec sa prostitution, bien souvent lycéenne. L’auteur aborde également le sujet de la pédophilie, de la mort d’humains destinés à être mangés par d’autres humains, le cannibalisme mais aussi ses yakusas.

Je ne lis pas beaucoup de romans orientaux, donc japonais ou chinois, même si j’ai un auteur chinois favori. Ce n’est pas la même culture, toutefois, même si chez l’un et chez l’autre, les rites, les coutumes comptent énormément. Sans m’avoir réellement plu, j’ai eu pas mal de plaisir à lire ce roman, surtout à partir du moment où cela s’est emballé, soit vers la moitié du roman. J’ai voulu connaître le sort réservé à Masaru. Allait-il continuer avec cet homme à qui il appartient ? Allait-il évoluer ? Il regarde beaucoup, écoute, se fait également sa propre opinion et ce sera en se dépassant, en s’ouvrant aux autres sans avoir peur. Masaru est un homme sur qui on peut compter, malgré tout. Mais il devra vivre les années qui lui restent avec un poids sur la conscience qui ne sera jamais enlevé.

L’auteur ne nous présente pas le Japon des cartes postales, des grands centres commerciaux, des mangas, mais celui des bas-fonds où les gens vivent en retrait, sans argent dans une société prompte à éliminer ceux qui sont étrangers, qui sont en marge de la société. Un Japon que j’ai déjà eu l’occasion d’aborder en littérature. Déjà, ce pays ne m’attire pas particulièrement. Je dois dire qu’avec ce roman, il m’attire encore moins.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique Polars et les Editions de Saxus.

Anguilles démoniaques de Yû Takada

Date de sortie : 7 juin 2018

Editeur : De Saxus

Nombre de pages : 348

ISBN : 978-2-37876-002-1

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

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Résumé Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Le monde subit la canicule. Il fait très chaud. Les mers ont disparu mais elles se soulèvent et c’est à chaque fois la peur de mourir.

Oural est un exorciste. Il est devenu le maître. Tous ceux qui vivent avec lui ont confiance. Une vague arrive et il se prépare pour protéger les siens.

Avis Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Est-ce que la nature reprendra le dessus sur ce qui reste d’humains ? Ce roman peut-il être considéré comme ce qui pourrait arriver d’ici quelques années, pas si lointaines ? Comme l’auteur, je ne l’espère pas.

Le monde est un véritable désert. C’est la canicule. Il n’y a plus d’eau. Il reste quelques humains qui attendent, avec angoisse, ces mers mortes, ces vagues déferlantes chargées d’âmes qui veulent se venger de ce que les humains lui ont fait subir. Mais il reste Oural et le capitaine d’un bateau, Bengale. Oural est un exorciste. Il a un pouvoir pour protéger ceux qui sont avec lui contre ces mers mortes. Bengale en fait son prisonnier car il a un dessein. Trouver l’animal à la tête de tout ça et tenter de sauver le monde qui reste.

Oural est allié à une dauphine fantôme. Les deux hommes vont apprendre à se connaître, s’apprécier. Pour Oural, rencontrer d’autres humains, d’autres vies, c’est une ouverture sur un monde en déclin. Il n’est pas seul. L’un avec l’autre vont-ils sauver, en définitive le monde ou ce qu’il en reste ? Oural passe par différentes phases dans sa relation avec Bengale. Ce sera le déni, l’envie d’être accepté parmi ce monde de pirates, retrouver les siens, s’enfuir, revenir. De plus, il apprendra vraiment qui est réellement Bengale et ce sera encore plus difficile pour lui. Malgré tous ces questionnements, cette aide qu’il peut apporter aux pirates, il prendra des décisions, souvent difficiles, qui leur permettront d’avancer. Oural n’est l’esclave de personne, il veut être un homme libre même si contre son gré, il a pu tuer pour permettre aux autres de rester en vie et cela va, bien entendu, à l’encontre de ses idées. Cette relation entre les deux hommes est très bien évoquée, détaillée. Sans être fan de tous les personnages, je les ai tous très bien appréciés avec leur histoire personnelle.

L’auteur nous donne des sensations, des images très fortes. Avec elle, on s’interroge sur ce que nous faisons de mal envers la nature, sur cette pêche intensive, sur ces eaux polluées continuellement, sur ces marées noires qui dévastent tout. Cela permet une énorme prise de conscience. Tout le monde devrait lire ce roman et peut-être que les êtres humains réfléchiraient un tant soit peu. Roman écologique où le rythme ne faiblit aucunement. Les conséquences désastreuses pour tous. Car sans eau, sans animaux que peut-on faire ? Les gens meurent, leurs pires instincts se dévoilent. C’est une question de vie, de survie, que d’avoir de l’eau, des animaux pour vivre ensemble en toute quiétude. Les descriptions sont très réalistes quant à ce monde perdu qui se rebiffe, qui veut vaincre, qui sème la terreur comme lui l’a connu. Les humains, également, ont souffert, parqués dans des endroits inadmissibles avec sa pauvreté, sa violence, ses maladie.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Scrineo.

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Date de sortie : 14 mars 2019

Editeur : Scrineo

Nombre de pages : 363

ISBN : 978-2-3674-0660-2

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

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Résumé Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Emily Brontë meurt à l’âge de 30 ans, quelques semaines après son frère.

Elle n’a pas voulu se soigner. Elle est entourée de ses deux soeurs et son père.

Avis Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Dans la famille Brontë, on demande l’auteur d’un seul roman qui aura du succès après sa mort, Les Hauts de Hurlevent. Cet auteur est Emily Brontë, morte à 30 ans des suites de maladie. Elle est la soeur d’Anne, Charlotte et Branwell Brontë. Ses frères et soeurs sont également morts très jeunes. Seules Anne et Charlotte ont connu du succès du temps de leur vivant. Deux siècles plus tard, les livres de ces femmes s’achètent toujours autant, se lisent toujours autant et sont toujours étudiés.

Emily Brontë ne laisse que ses écrits pour parler d’elle, et encore ils n’ont pas tous été retrouvés. Le reste n’est qu’interprétations, études de la vie de la famille, témoignages de ceux qui lui ont survécu ou encore la passion d’un auteur qui, adolescente, découvre les Hauts de Hurlevent. Il a fallu des années pour tenter d’écrire sur un tel personnage, amasser quantité d’informations pour écrire cette biographie qui comporte de nombreux vers de l’auteur pour coller à l’époque de la vie d’Emily Brontë.

Le père d’Emily Brontë a pris en charge l’éducation de son unique fils. Ce dernier présente, déjà, des soucis psychologiques. Il doit donc être protégé. Le manque d’argent est présent. Les filles, après la mort de leur mère, prendront en charge l’entretien de la maison avec leur tante qui les éduquera. Mais tous ont du temps libre pour parcourir les landes, lire encore et toujours, que ce soit des journaux, des livres, et surtout écrire à plusieurs mains. Raconter des histoires issues de leur imagination mais aussi de tout ce qu’ils peuvent lire. En ce temps-là, le père va tenter de faire instruire leurs filles. Mais cela se passe mal. Deux tombent malades et meurent. Les suivantes, Charlotte et surtout Emily, n’auront de cesse que de revenir chez elles. Charlotte, qui devient l’aînée de la famille, a toujours eu à coeur de parcourir l’Europe. Elle y parviendra en travaillant et en s’instruisant. Emily s’est rapprochée de sa jeune soeur, Anne. Une relation qui unira pendant de nombreuses années les petites filles, devenues grandes. Emily, avec son caractère entier, prompt à la colère, aide les plus faibles. Elle sera la seule à tenter d’adoucir les derniers mois de vie de son frère.
 
Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la vie des Brontë, et en particulier, celle d’Emily, on fait connaissance avec une enfant très intelligente, qui très vite connaît la nature humaine, elle qui ne se lie à personne, et donc ses faiblesses. Emily se caractérise par sa beauté, comme tous les enfants Brontë, par des attitudes très emportées, mais aussi par une propension à la solitude. Solitude due aux décès de sa mère, en premier, et de proches. Elle n’a pas pu recevoir de l’amour et donc ne sait pas comment le donner. Elle a voulu être aimée et aimer. Très vite, l’endroit où elle vit est son refuge, sa maison et en particulier la lande, source d’inspiration qui ne se tarit pas. Faune et flore, Emily a tout compris. La solitude d’Emily est due à cet abandon. Le père n’est pas extrêmement proche de ses enfants. Emily ne veut aucune contrainte, elle veut être libre, même si elle réalise les nombreuses tâches ménagères qui lui incombent. Dans cette biographie, émaillée des nombreux vers d’Emily Brontë, qui permettent de comprendre son état d’esprit, on assiste à la culpabilité énormément présente chez Emily, à son évolution en tant que poétesse, écrivain, aux problèmes qu’elle a pour assumer sa féminité, à ses nombreux cauchemars. La lande, écrire lui servent de refuge. Ses différents séjours à l’extérieur ont été profitables dans une certaine mesure. Emily, tout comme ses frère et soeurs, ont pratiquement vécu en autarcie. Est-ce que cela leur a suffi ? A Charlotte, non, qui a toujours voulu partir. A Emily ? Cela ne l’a pas aidé. Mais aurait-elle, pour autant, donné toute sa plénitude à ses écrits  ?
 
J’aime découvrir la vie des gens, que ce soit dans les romans ou dans les biographies. Cela permet de s’approprier un peu le personnage, de le comprendre surtout. Quand on ne le connait pas, on le découvre. Pour moi, cela a été le cas ici. J’avais peur de m’ennuyer, de ne pas tout comprendre. Cela a été un peu le cas concernant les vers, la poésie d’Emily Brontë. Je n’ai pas eu le temps de m’y pencher trop dessus. Je pense que, pour cela, il faut être vraiment en condition. 
 
Je remer19cie Babelio pour cette édition Masse Critique ainsi que les Editions Ecriture.
 

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Date de sortie : 11 avril 2018

Editeur : Ecriture

Nombre de pages : 305

ISBN : 978-2-3590-5278-7