Anguilles démoniaques de Yû Takada

tous les livres sur Babelio.com

Résumé Anguilles démoniaques de Yû Takada

Masaru a décidé de s’en sortir, d’avoir de l’argent. Il ne quitte pas son patron, Chiwaki, d’une semelle car il a l’impression d’apprendre énormément à ses côtés. Masaru veut évoluer.

Masaru a 33 ans, il est grand, bien bâti. Il est marié à Tomoko qu’il a connu au collège. Elle est une ancienne stripteaseuse.

Avis Anguilles démoniaques de Yû Takada

Ce roman japonais traite de nombreux sujets. Quand un homme se retrouve au service d’un patron pour effectuer les basses besognes. En effet, Masaru est extrêmement endetté. Il ne possède plus rien. Il est jeune marié, a une forte carrure. Mais Masaru n’a pas du tout confiance en lui. Son patron a racheté ses dettes mais tant qu’il n’aura pas remboursé, il devra obéir aux ordres. Pour Masaru, son patron est comme un dieu, il l’aide à réfléchir, à connaître ce Japon, le monde, qu’il ne connait, en définitive pas. Il a pratiquement une confiance aveugle en lui. Masaru est un personnage candide, malgré sa forte stature. Il fait confiance aux autres, mais se pose énormément de questions. C’est un personnage également très émotif. Il pleure très facilement. Il accepte pratiquement toutes les missions. Il veut également aider les autres, sans arrières pensées. Pourtant, le monde n’est pas aussi beau et aussi gentil qu’il l’imagine. Il s’en rendra très vite compte ou on lui ouvrira les yeux.

Dans ce roman, plus psychologique que policier, l’auteur nous démontre la force de persuasion que peuvent avoir certaines personnes sur d’autres. Il suffit juste de quelques phrases, de développements pour qu’une personne, qui ne connaît pas grand chose à la vie, ait des préjugés. La pensée est forte, tout comme les questionnements, mais les mots sont encore plus forts lorsqu’ils mis sur ce que l’on croît. Et donc, les peurs les plus horribles surgissent, tout comme les cauchemars, surtout lorsque l’on doit accomplir une mission, sans poser de questions, transporter un caisson dans un camion frigorifique.

Un bassin d’anguilles voraces, un incinérateur dernière génération, des hommes qui ne parlent pas, un endroit glauque, il en faut peu pour que l’imagination débridée de Tomita et Masaru prenne des chemins tortueux. Ont-ils raison, ont-ils tort ?

Sur ces entrefaites arrive une jeune fille, Miki, qui caresse Masaru dans le sens du poil. Bien entendu, il pense qu’elle se moque de lui, lui qui n’est pas séduisant. Celui lui fait plaisir, bien entendu, et très vite, ils vont échanger des mails. Masaru en tombe amoureux mais comme il est marié, il n’ira pas plus loin. Il suffit d’une goutte d’eau pour qu’il comprenne et apprenne tout. Là, sa colère sera terrible et aura des conséquences graves.

Nous ne sommes pas dans le Japon des cerisiers en fleurs. Nous sommes dans le Japon avec sa prostitution, bien souvent lycéenne. L’auteur aborde également le sujet de la pédophilie, de la mort d’humains destinés à être mangés par d’autres humains, le cannibalisme mais aussi ses yakusas.

Je ne lis pas beaucoup de romans orientaux, donc japonais ou chinois, même si j’ai un auteur chinois favori. Ce n’est pas la même culture, toutefois, même si chez l’un et chez l’autre, les rites, les coutumes comptent énormément. Sans m’avoir réellement plu, j’ai eu pas mal de plaisir à lire ce roman, surtout à partir du moment où cela s’est emballé, soit vers la moitié du roman. J’ai voulu connaître le sort réservé à Masaru. Allait-il continuer avec cet homme à qui il appartient ? Allait-il évoluer ? Il regarde beaucoup, écoute, se fait également sa propre opinion et ce sera en se dépassant, en s’ouvrant aux autres sans avoir peur. Masaru est un homme sur qui on peut compter, malgré tout. Mais il devra vivre les années qui lui restent avec un poids sur la conscience qui ne sera jamais enlevé.

L’auteur ne nous présente pas le Japon des cartes postales, des grands centres commerciaux, des mangas, mais celui des bas-fonds où les gens vivent en retrait, sans argent dans une société prompte à éliminer ceux qui sont étrangers, qui sont en marge de la société. Un Japon que j’ai déjà eu l’occasion d’aborder en littérature. Déjà, ce pays ne m’attire pas particulièrement. Je dois dire qu’avec ce roman, il m’attire encore moins.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique Polars et les Editions de Saxus.

Anguilles démoniaques de Yû Takada

Date de sortie : 7 juin 2018

Editeur : De Saxus

Nombre de pages : 348

ISBN : 978-2-37876-002-1

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

tous les livres sur Babelio.com

Résumé Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Le monde subit la canicule. Il fait très chaud. Les mers ont disparu mais elles se soulèvent et c’est à chaque fois la peur de mourir.

Oural est un exorciste. Il est devenu le maître. Tous ceux qui vivent avec lui ont confiance. Une vague arrive et il se prépare pour protéger les siens.

Avis Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Est-ce que la nature reprendra le dessus sur ce qui reste d’humains ? Ce roman peut-il être considéré comme ce qui pourrait arriver d’ici quelques années, pas si lointaines ? Comme l’auteur, je ne l’espère pas.

Le monde est un véritable désert. C’est la canicule. Il n’y a plus d’eau. Il reste quelques humains qui attendent, avec angoisse, ces mers mortes, ces vagues déferlantes chargées d’âmes qui veulent se venger de ce que les humains lui ont fait subir. Mais il reste Oural et le capitaine d’un bateau, Bengale. Oural est un exorciste. Il a un pouvoir pour protéger ceux qui sont avec lui contre ces mers mortes. Bengale en fait son prisonnier car il a un dessein. Trouver l’animal à la tête de tout ça et tenter de sauver le monde qui reste.

Oural est allié à une dauphine fantôme. Les deux hommes vont apprendre à se connaître, s’apprécier. Pour Oural, rencontrer d’autres humains, d’autres vies, c’est une ouverture sur un monde en déclin. Il n’est pas seul. L’un avec l’autre vont-ils sauver, en définitive le monde ou ce qu’il en reste ? Oural passe par différentes phases dans sa relation avec Bengale. Ce sera le déni, l’envie d’être accepté parmi ce monde de pirates, retrouver les siens, s’enfuir, revenir. De plus, il apprendra vraiment qui est réellement Bengale et ce sera encore plus difficile pour lui. Malgré tous ces questionnements, cette aide qu’il peut apporter aux pirates, il prendra des décisions, souvent difficiles, qui leur permettront d’avancer. Oural n’est l’esclave de personne, il veut être un homme libre même si contre son gré, il a pu tuer pour permettre aux autres de rester en vie et cela va, bien entendu, à l’encontre de ses idées. Cette relation entre les deux hommes est très bien évoquée, détaillée. Sans être fan de tous les personnages, je les ai tous très bien appréciés avec leur histoire personnelle.

L’auteur nous donne des sensations, des images très fortes. Avec elle, on s’interroge sur ce que nous faisons de mal envers la nature, sur cette pêche intensive, sur ces eaux polluées continuellement, sur ces marées noires qui dévastent tout. Cela permet une énorme prise de conscience. Tout le monde devrait lire ce roman et peut-être que les êtres humains réfléchiraient un tant soit peu. Roman écologique où le rythme ne faiblit aucunement. Les conséquences désastreuses pour tous. Car sans eau, sans animaux que peut-on faire ? Les gens meurent, leurs pires instincts se dévoilent. C’est une question de vie, de survie, que d’avoir de l’eau, des animaux pour vivre ensemble en toute quiétude. Les descriptions sont très réalistes quant à ce monde perdu qui se rebiffe, qui veut vaincre, qui sème la terreur comme lui l’a connu. Les humains, également, ont souffert, parqués dans des endroits inadmissibles avec sa pauvreté, sa violence, ses maladie.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Scrineo.

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Date de sortie : 14 mars 2019

Editeur : Scrineo

Nombre de pages : 363

ISBN : 978-2-3674-0660-2

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

tous les livres sur Babelio.com

Résumé Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Emily Brontë meurt à l’âge de 30 ans, quelques semaines après son frère.

Elle n’a pas voulu se soigner. Elle est entourée de ses deux soeurs et son père.

Avis Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Dans la famille Brontë, on demande l’auteur d’un seul roman qui aura du succès après sa mort, Les Hauts de Hurlevent. Cet auteur est Emily Brontë, morte à 30 ans des suites de maladie. Elle est la soeur d’Anne, Charlotte et Branwell Brontë. Ses frères et soeurs sont également morts très jeunes. Seules Anne et Charlotte ont connu du succès du temps de leur vivant. Deux siècles plus tard, les livres de ces femmes s’achètent toujours autant, se lisent toujours autant et sont toujours étudiés.

Emily Brontë ne laisse que ses écrits pour parler d’elle, et encore ils n’ont pas tous été retrouvés. Le reste n’est qu’interprétations, études de la vie de la famille, témoignages de ceux qui lui ont survécu ou encore la passion d’un auteur qui, adolescente, découvre les Hauts de Hurlevent. Il a fallu des années pour tenter d’écrire sur un tel personnage, amasser quantité d’informations pour écrire cette biographie qui comporte de nombreux vers de l’auteur pour coller à l’époque de la vie d’Emily Brontë.

Le père d’Emily Brontë a pris en charge l’éducation de son unique fils. Ce dernier présente, déjà, des soucis psychologiques. Il doit donc être protégé. Le manque d’argent est présent. Les filles, après la mort de leur mère, prendront en charge l’entretien de la maison avec leur tante qui les éduquera. Mais tous ont du temps libre pour parcourir les landes, lire encore et toujours, que ce soit des journaux, des livres, et surtout écrire à plusieurs mains. Raconter des histoires issues de leur imagination mais aussi de tout ce qu’ils peuvent lire. En ce temps-là, le père va tenter de faire instruire leurs filles. Mais cela se passe mal. Deux tombent malades et meurent. Les suivantes, Charlotte et surtout Emily, n’auront de cesse que de revenir chez elles. Charlotte, qui devient l’aînée de la famille, a toujours eu à coeur de parcourir l’Europe. Elle y parviendra en travaillant et en s’instruisant. Emily s’est rapprochée de sa jeune soeur, Anne. Une relation qui unira pendant de nombreuses années les petites filles, devenues grandes. Emily, avec son caractère entier, prompt à la colère, aide les plus faibles. Elle sera la seule à tenter d’adoucir les derniers mois de vie de son frère.
 
Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la vie des Brontë, et en particulier, celle d’Emily, on fait connaissance avec une enfant très intelligente, qui très vite connaît la nature humaine, elle qui ne se lie à personne, et donc ses faiblesses. Emily se caractérise par sa beauté, comme tous les enfants Brontë, par des attitudes très emportées, mais aussi par une propension à la solitude. Solitude due aux décès de sa mère, en premier, et de proches. Elle n’a pas pu recevoir de l’amour et donc ne sait pas comment le donner. Elle a voulu être aimée et aimer. Très vite, l’endroit où elle vit est son refuge, sa maison et en particulier la lande, source d’inspiration qui ne se tarit pas. Faune et flore, Emily a tout compris. La solitude d’Emily est due à cet abandon. Le père n’est pas extrêmement proche de ses enfants. Emily ne veut aucune contrainte, elle veut être libre, même si elle réalise les nombreuses tâches ménagères qui lui incombent. Dans cette biographie, émaillée des nombreux vers d’Emily Brontë, qui permettent de comprendre son état d’esprit, on assiste à la culpabilité énormément présente chez Emily, à son évolution en tant que poétesse, écrivain, aux problèmes qu’elle a pour assumer sa féminité, à ses nombreux cauchemars. La lande, écrire lui servent de refuge. Ses différents séjours à l’extérieur ont été profitables dans une certaine mesure. Emily, tout comme ses frère et soeurs, ont pratiquement vécu en autarcie. Est-ce que cela leur a suffi ? A Charlotte, non, qui a toujours voulu partir. A Emily ? Cela ne l’a pas aidé. Mais aurait-elle, pour autant, donné toute sa plénitude à ses écrits  ?
 
J’aime découvrir la vie des gens, que ce soit dans les romans ou dans les biographies. Cela permet de s’approprier un peu le personnage, de le comprendre surtout. Quand on ne le connait pas, on le découvre. Pour moi, cela a été le cas ici. J’avais peur de m’ennuyer, de ne pas tout comprendre. Cela a été un peu le cas concernant les vers, la poésie d’Emily Brontë. Je n’ai pas eu le temps de m’y pencher trop dessus. Je pense que, pour cela, il faut être vraiment en condition. 
 
Je remer19cie Babelio pour cette édition Masse Critique ainsi que les Editions Ecriture.
 

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Date de sortie : 11 avril 2018

Editeur : Ecriture

Nombre de pages : 305

ISBN : 978-2-3590-5278-7

Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

tous les livres sur Babelio.com

Résumé Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

Sela a été violée par plusieurs hommes et droguée. Elle tente de se suicider avec un cutter.

Dix ans plus tard, étudiante en Master, elle voit à la télé le reportage d’un homme. Son tatouage la remplit d’effroi.

Avis Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

Le sujet n’est pas nouveau. Un homme rencontre une femme. De suite, ils établissent les bases de leur rencontre et future relation. Elle ne doit déboucher sur rien et durer qu’un temps. L’un et l’autre s’utilisent. L’homme, ici, Beck, est fortuné, très fortuné. Ils vont tomber amoureux, avoir une super alchimie sexuelle mais ne s’avoueront rien, sauf avec quelques petits gestes qui démontrent qu’ils tiennent l’un à l’autre. Ensemble pour un temps, ils vivront une belle histoire, mais un élément du passé viendra tout anéantir. Sauront-ils pardonner pour vivre une histoire d’amour ?

Ce qui change par rapport à d’autres romans. Sela a été violée, droguée, alors qu’elle n’avait que 16 ans. Elle a des flashs de cet évènement traumatisant, de nombreux tatouages, et le nom d’un de ses agresseurs, JT. Elle a tenté de se suicider après ça et a essayé de reconstruire sa vie. Pour être comme toutes les femmes, elle a eu des relations sexuelles mais n’y a pas pris goût. On peut comprendre pourquoi. 10 ans après, elle voit à la télévision JT et reconnait surtout son tatouage. Elle décide de le tuer et pour cela de devenir une Sugar Baby, sauf que Beck, le patron de la société, tombe sous le charme de Sela qui a mis six mois à devenir ce qu’elle physiquement. Sela, malgré les années et les thérapies, souffre encore de ce viol commis il y a dix ans. Elle tente de vivre mais ces rappels incessants la plongent toujours dans l’horreur, une rage froide, que l’on peut comprendre. Elle sait que JT n’a pas changé et qu’il ne changera jamais. Elle veut éradiquer cet homme qui l’a fait souffrir et qui fait souffrir des jeunes femmes sans défense.

Sela et Beck vont vivre une très belle relation. Ils vont s’ouvrir l’un à l’autre avec de réels moments très érotiques. Beck révèle la femme. Sela n’y croyait plus par rapport à son passé. Il lui est de plus en plus difficile d’utiliser Beck pour arriver à ses fins, mais elle n’ose pas lui dire toute la vérité ou alors il sera trop tard. Beck se sent protecteur envers Sela. Il sait que la jeune femme lui cache quelque chose. Mais quoi. Tant qu’elle ne lui ment pas, tout va bien. Même si le jeune homme a de l’argent, grâce à sa famille et sa société, fondée en commun avec JT, il est animé de belles intentions. Il n’aime pas voir les gens souffrir et il tente de les protéger au maximum. C’est le cas avec les Sugar Babies, surtout lorsqu’elles ont affaire à JT. Sela et Beck m’ont beaucoup plu. Beaucoup de scènes de sexe torrides mais elles ne me dérangent pas. J’ai bien aimé voir leur évolution face à leur rencontre, leur engagement l’un envers l’autre. L’attrait physique est indéniable. L’auteur consacre alternativement un chapitre à l’un et ensuite à l’autre. Il peut donc y avoir des répétitions, quant aux situations, mais leur ressenti est détaillé.

Le personnage qui fait froid dans le dos est JT. On sait qu’il sème la zizanie, qu’il se moque des relations humaines, qu’il agit pour son seul plaisir. Et le revirement de situation va amener, on s’en doute, des problèmes dans les autres tomes. Beck qui connaît à fond JT lui laisse une seconde chance, au nom de leur passé et de leur amitié.

Pas mal le principe de cette société qui contourne les règles juridiques pour ne pas avoir de procès.

Lecture plaisante, sans aucune prise de tête, addictive, qui fait passer un très bon moment. Les prochains romans sortent en mars et avril et, bien entendu, je veux connaître la fin de l’histoire, même si je me doute un peu de ce qui va se passer.

Je remercie Babelio et Hugo Romans pour cette Masse Critique.

Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

Date de sortie : 14 février 2019

Editeur : Hugo Romans

Nombre de pages : 304

ISBN : 9782755638554

November Road de Lou Berney

tous les livres sur Babelio.com

Résumé November Road de Lou Berney

Nouvelle-Orléans, Frank doit parler à Carlos d’affaires transmises par un de ses contacts. Il voit une belle femme mais, auparavant, un de ses amis veut se confier.

Dans une autre partie des Etats-Unis, Charlotte vit dans une petite ville auprès d’un mari qui boit et de ses deux filles.

Avis November Road de Lou Berney

J’aime ces romans qui deviennent addictifs sans que je m’en rende compte. Je ne fais pas un avec les personnages ou encore avec l’histoire. Mais je lis les pages au fur et à mesure et je ne le lâche pas. Ces romans ne sont toutefois pas des coups de coeur, à proprement parler. Mais il y a un je ne sais quoi, dans l’histoire, dans le style, que le roman me laissera un agréable souvenir.

L’auteur situe son histoire aux Etats-Unis, plus précisément à La Nouvelle-Orléans et l’Oklahoma, au tout début. Ensuite, ce seront des états traversés, jusqu’à Las Vegas et la Californie. L’auteur a choisi comme toile de fond, le meurtre de JFK. Il a pris le parti de rester sur la piste d’un tueur de la mafia. En effet, Oswald ne pouvait pas faire cela tout seul. Entre en scène Frank qui travaille pour Carlos. Il a dû véhiculer une voiture pour Dallas, quelques jours avant le meurtre. Dès qu’il l’apprend, il va énormément se questionner. Est-ce que cette voiture a servi à la fuite du tueur du Président des Etats-Unis ? Est-ce que sa vie est en danger parce qu’il le sait. Malgré des années de bons et loyaux services, on peut décider de la mort de quelqu’un sans regret, surtout avec ce type d’hommes. S’ensuit une fuite et tout tenter pour sauver sa peau.

D’un autre côté, il y a Charlotte qui vit dans une petite ville où tout le monde se connait. Mariée avec un alcoolique, deux filles, du jour au lendemain, elle décide de tout plaquer pour aller enfin vivre sa vie comme elle l’entend. Mais elle ne part pas sans ses filles. Au départ, elle éprouvera quelques regrets, elle culpabilisera. Mais Charlotte est une femme forte et lorsqu’elle a décidé quelque chose, elle s’y tient.

On sait, dès le départ, que la route de Frank et de Charlotte vont se croiser. Mais Frank ne dira pas la vérité à la jeune femme. Elle lui sert d’alibi, de famille. Mais, il sera pris à son propre piège. Car en définitive, même si c’est un homme à femmes, qui les jette quand il a eu ce qu’il a voulu, Charlotte le charme car elle est entière et ne joue aucun jeu. Que ce soit elle ou ses filles, ce sont des personnalités hors du commun. Et la fin du roman le démontrera sans contexte.

Autre personnage important du roman, l’homme chargé de tuer Frank, Barone. Il va éliminer, au fur et mesure, ceux qui le gênent. Mais un élément important va mettre à mal cette course poursuite et cette mort.

L’auteur nous entraîne dans cette course poursuite où chacun tente de berner l’autre, d’arriver avant, de prendre les contacts nécessaires. Mais dans ce milieu, il faut faire très attention. Même les proches peuvent en subir les conséquences. Tout est magnifiquement orchestré, même si j’ai eu du mal, aut tout début, avec tous les personnages qui gravitent autour de Charlotte. J’ai adoré ces deux petites filles, dont la cadette a pris le pas sur l’aînée. Elles ne font rien l’une sans l’autre. Et la fin de ce roman est magnifique. Elle nous apprend surtout si Charlotte a réussi à mener sa vie comme elle l’entendait, si elle a permis à ses filles de réaliser ses rêves. Si la dimension du meurtre de JFK est bien là, même si le roman ne tourne pas autour de ça, l’auteur fait quelques parenthèses quant à la condition des personnes de couleur dans les années 60 mais aussi la condition des femmes qui ne doivent pas s’émanciper.

Je remercie Babelio et les Editions Harper Collins pour cette lecture.

November Road de Lou Berneyr

Date de sortie : 6 février 2019

Editeur : Harper Collins Noir

Nombre de pages : 384

ISBN : 979-1-0339-0288-1

Personal Tattoo de Sophie Le Berre

tous les livres sur Babelio.com

Résumé de Personal Tattoo de Sophie Le Berre

Photographies de personnes tatouées, de tatoueurs, leur histoire à chacun, pour finir par le tatouage comme outil médical.

Avis de Personal Tattoo de Sophie Le Berre

Petite histoire en ce qui concerne la réception de cette monographie. Personal Tattoo fait partie de la dernière sélection Masse Critique Babelio consacrée aux beaux livres. Dans cette sélection, je m’étais positionnée pour recevoir des beaux livres sur les chats. Mais j’avais également demandé Personal Tattoo car je voulais me plonger dans cet univers, moi qui souhaite me faire faire un tatouage, mais qui n’ose pas passer le cap, tout simplement à cause de la douleur. De plus, j’ai une vague idée sur ce que je voudrais avoir comme tatouage. Voilà pour la petite histoire.

Personal Tattoo est absolument magnifique, quant aux photos prises par Sophie Le Berre mais aussi ses textes. A savoir, ce beau livre est écrit en français mais également en anglais. Il se destine donc à un large public, mais pas seulement aux tatoués. Cette mention m’a un peu chagriné. Sophie Le Berre s’est attachée à photographier des personnes tatouées, des tatoueurs. Une mention spéciale qui fait du bien et qui concerne l’art du tatouage comme une reconstruction après une maladie et ce pour les femmes. Avec ces personnes rencontrées, au fil des ans, qu’elle revoit quelques années plus tard, un lien s’est noué. Plus ou moins fort selon la personne rencontrée et ce qu’elle a pu raconter pour expliquer le pourquoi du tatouage. Sophie Le Berre a mis plus de sept ans pour proposer ce magnifique ouvrage.

Dans ce que j’ai pu lire, comprendre, le tatouage, outre l’art, est un hommage à une personne, à un lieu. On ne se fait pas tatouer la première fois forcément jeune. Quant on commence le tatouage, malgré la douleur (la plus forte dans le dos), on continue pour raconter une histoire, sa propre histoire, affronter ses démons, sa douleur, se libérer d’une certaine façon.

Les photos sont belles, bien mises en scène, les textes également. Tous ont une histoire avec elle, on sent une véritable communion mais aussi une véritable reconnaissance envers tous ceux qui sont dans ce livre, qui se sont livrés, par le dessin, mais aussi par la citation.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les Editions Intervalles.

Personal Tattoo de Sophie Le Berre

Date de sortie : 3 octobre 2018

Editeur : Calmann Levy

Nombre de pages : 331

ISBN : 978-2-7021-5738-1

A un cheveu de Lise Syven

tous les livres sur Babelio.com

Résumé A un cheveu de Lise Syven

Matthéo est au lycée. Il a 17 ans. Il souhaite ardemment commencer sa nouvelle vie loin de tout le monde. Il porte constamment une casquette.

Arrive sa cousine de trois ans son aînée. Va-t-elle s’installer chez lui ?

Avis A un cheveu de Lise Syven

Matthéo est un jeune garçon de 17 ans en pleine construction. Il est au lycée et il a dû subir du harcèlement de la part d’un élève de son lycée. Mais depuis peu, Matthéo est atteint d’alopécie. Son crâne se dégarnit. C’est héréditaire. Le jeune homme vit très mal cette situation. Il porte toujours une casquette sur la tête. Après avoir été aidé par ses camarades, il est rejeté. Matthéo est toujours tout seul. Il est amoureux en secret. Il rase les murs pour ne pas être victime de quolibets, de coups. Mais sa cousine, plus âgée, arrive chez lui. Même s’il la rejette un peu au départ, il retrouve très vite la complicité qu’ils avaient. Surtout qu’Andréa a une très belle idée, mise en commun avec la mère de Matthéo. Cela va tout changer dans la vie du jeune homme qui devra faire des efforts, énormément pour s’accepter et se faire accepter tel qu’il est.

Ce roman a été lu dans le cadre d’une Masse Critique Jeunesse de Babelio. Quand je fais mes choix, je survole le résumé car bien souvent, il en dit trop, donc je me base sur le titre, éventuellement l’auteur. Ici, il y a eu un peu des trois, mais surtout la couverture m’a attiré. Et je ne regrette pas d’avoir été sélectionnée car l’auteur aborde de nombreux sujets, pas forcément propres aux adolescents car tout le monde peut expérimenter le harcèlement, l’homophobie, la misogynie. Les personnages de ce roman sont vraiment sympathiques, en ce qui concerne cette famille qui vit ensemble et qui accueille la cousine. Comme dans toute famille, il peut y avoir des heurts mais on sent tout de même que ces quatre là sont soudés. Par contre, comment peut-on renier un enfant car ses aspirations sexuelles n’entrent pas dans la norme de la société ? Quelle souffrance vécue. Andréa et Matthéo se trouvent et s’aident. Ils vont se donner des conseils, passer de bons moments ensemble. 

Matthéo va expérimenter le grand premier amour mais cela ne sera pas en tant que Matthéo car il faut qu’il s’accepte avec son postiche. Il faut qu’il reprenne confiance en lui, qu’il s’aime, même s’il veut avouer la vérité. Comment se tirer de mensonges inventés pour ne pas subir plus de harcèlement ? Vérité vs Mensonge, mais cela lui permet également de réellement connaître son monde et à qui il peut faire confiance. Il veut oser pour ne pas regretter plus tard. Il a raison, en définitive.

Même avec des sujets sensibles, d’actualité, l’auteur fait preuve d’humour dans certaines parties de son roman avec des situations familiales assez comiques. Les sujets traités permettent de faire comprendre aux adolescents que certains peuvent souffrir dans leur corps et leur âme, qu’il faut être entouré pour affronter certaines situations, que l’on peut trouver de l’amitié là où on ne l’attend pas forcément. Que l’on soit jeune ou vieux, on peut rire de quelqu’un mais on ne se rend pas compte que cela peut faire extrêmement mal, que cela peut être mal ressenti. Je remercie Babelio et les Editions Castelmore pour cette lecture

A un cheveu de Lise Syven

Date de sortie : 19 septembre 2018

Editeur : Castelmore

Nombre de pages : 409

ISBN : 2978-2362313042