Violence La trilogie bordelaise 1 de Philippe Charrac

Violence La trilogie bordelaise 1 de Philippe Charrac, Présentation

Marie France a 70 ans. Après un rendez-vous elle rentre chez elle, dans son château entouré de vignes. Depuis la mort de son mari, elle veut vendre son domaine mais elle souhaite un acheteur qui se conforme à ce qui s’est passé auparavant au niveau du vignoble. En entrant elle trouve son personnel de maison assassiné.

A Bordeaux, Lazare Servent se réveille avec une gueule de bois. Il est dépressif, boit beaucoup et va travailler quand il veut. Un appel va le remettre en selle.

Violence La trilogie bordelaise 1 de Philippe Charrac, Avis

Je ne regrette pas ma sélection Masse Critique Babelio Polars, que je remercie d’ailleurs pour cette sélection, avec ce premier tome d’une trilogie bordelaise. Je garderai cet auteur dans le coin de ma tête pour acheter les deux autres tomes. La maison d’édition publie des romans d’auteurs dont l’action se passe dans le Sud-Ouest, ma région natale, que je connais pas mal pour avoir visité quelques lieux. Outre les villes, le lecteur peut retrouver l‘histoire de la région, d’une ville et de hauts lieux de cette ville. Dans Violence, l’action se passe, essentiellement, à Bordeaux, ville dans laquelle j’ai vécu à peu près vingt ans, que j’ai quitté il y a 30 ans et que je retrouve de temps en temps. Je connais assez bien Bordeaux. Avec ma mère, nous avons pas mal parcouru ses rues à pied. Donc, dans Violence, j’ai retrouvé pas mal de lieux connus. Et j’ai appris l’histoire de Castéja, le 36 Quai des Orfèvres de Bordeaux. Je ne connaissais pas du tout les faits anciens de ce bâtiment bordelais. Comme quoi, on apprend à tout âge.

Après cette introduction, nous retrouvons le lieutenant Lazare Servent. Que cache cet homme ? Pourquoi vient-il travailler quand il veux ? Pourquoi boit-il autant ? Pourquoi ses collègues ont une mauvaise opinion de lui ? Pourquoi est-il en dépression ? Pourquoi le grand chef lui fait confiance, lui qui l’a amené dans ses bagages depuis la région parisienne, il y a un an ? Au fur et à mesure des pages qui se tournent, on en apprend beaucoup plus sur son passé, pourquoi il est devenu ce qu’il est, ce qui s’est passé réellement il y a un an. Une histoire familiale bien entendu d’un jeune garçon qui avait un héros, son père, et qui jeune, adolescent, voit ce héros énormément baisser dans son estime. Lazare a donc pris de nombreuses décisions par rapport à ce rejet. Mais le plus dur est de comprendre que l’on est pas aimé de sa famille. Par contre, est-ce que ce sont toutes ses expériences très dures qui lui font faire des cauchemars, qui lui procurent cette peur et ainsi il donne le meilleur de lui-même dans son métier ? Une femme va tout changer, sa nouvelle coéquipière. Et elle, est-ce qu’elle cache quelque chose ? Je suis sceptique à ce sujet. En tous les cas, la rencontre est assez explosive. Lazare ne sait pas lui parler et elle, elle hésite entre le croire ou croire ce qu’ont dit ses collègues. En tous les cas, l’attraction physique est bien là. J’ai fait un parallèle entre leurs deux débuts de carrière. Lazare, grâce à sa très bonne vision des lieux d’un crime, a eu sa chance. Quant à Sonia, il semblerait qu’elle soit dans le même cas. En plus, elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense.

Grâce aux talents de Lazare, l’enquête est très rapide. Le suspect est très vite connu mais une course contre la montre s’engage car cet homme tue effroyablement et il faut sauver sa prochaine victime. Une enquête très rapide mais je n’ai pas trouvé la dimension que je recherche dans les polars, soit des sentiments d’urgence. J’ai toutefois tourné les pages très facilement afin de faire vraiment connaissance avec tous les personnages, qui se révèleront au fur et à mesure de la série, je le pense. J’ai voulu savoir si l’enquête de Lazare tourne en sa faveur, si ce qu’il avance est vrai. Mais aussi, comment tourne sa relation avec Sonia, s’il arrivera à s’ouvrir à elle, à être moins abrupt, s’il en aura réellement le temps.

J’ai aimé les personnages de ce roman sans, toutefois, avoir de réels atomes crochus avec eux même s’ils sont bien décrits, que ce soit physiquement ou psychologiquement.

Le dénouement est très rapide, juste quelques pages. Je ne m’y attendais pas du tout, certainement pas de cette manière. En tous les cas, Lazare n’a pas fini de souffrir.

Violence La trilogie bordelaise 1 de Philippe Charrac

Date de sortie : 9 mars 2020

Editeur : Cairn

Nombre de pages : 245

ISBN : 9782350688633

L’Institut de Stephen King

L'institut de Stephen King

L’institut de Stephen King

L’Institut de Stephen King, Présentation

En partance vers New-York, à bord d’un avion, un passager entre et il lui faut une place. Après une sacrée surenchère pour savoir qui va lui lancer, cet homme décide de laisser sa place.

Il va voyager pour rejoindre New-York, va s’arrêter dans de nombreux endroits où il effectuera des petits boulots. Comme à chaque fois, il agit sur une impulsion.

Avis L’Institut de Stephen King

Un ancien flic qui a décidé de rallier New-York pour devenir veilleur de nuit. Mais, comme il n’a pas d’attaches, pas de limites, pas de contraintes, il décide de laisser sa place dans l’avion et de rallier New-York par la voie terrestre en s’arrêtant dans des endroits où il exerce des petits boulots. C’est là qu’il est embauché dans une petite ville comme veilleur de nuit.

Luke est un jeune garçon très intelligent, le seul enfant d’une famille. Son père et sa mère l’aiment énormément. A 12 ans, il décide de postuler pour entrer dans deux universités. Outre son intelligence, Luke arrive à faire voler quelques objets. Après avoir été enlevé, Luke se réveille dans un institut.

Après avoir consacré de nombreuses pages à Tim et encore plus de pages à Luke, Stephen King va les faire se rencontrer et agir ensemble contre cet Institut. Même si c’est très long à se mettre en place, plus de la moitié du roman, j’ai eu plaisir à lire ces nombreuses pages. Car on le sait, avec Stephen King, il faut lire entre les lignes, entre ces nombreuses descriptions.

Le lecteur est horrifié par tout ce qui arrive à Luke et à ces nombreux enfants dans cet Institut. Violences physiques et psychologiques pour des enfants souvent très jeunes. Ceux qui arrivent sont pris en charge par ceux qui sont déjà là et qui expliquent, en faisant attention, tout ce qui se passe. Luke, à qui on a fourni un ordinateur pour des activités de récréation, arrive à contourner l’installation de l’Institut. Même s’il s’en doute, il mettra du temps à savoir ce qui est réellement arrivé à ses parents. Luke, dans l’Institut, a décidé de ne pas se rebeller, car cela ne sert à rien, juste à recevoir des coups, des décharges. Il accomplit ce qu’on lui demande mais les adultes ne sont pas forcément dupes.

Ces enfants télépathes mais aussi pouvant faire de la télékinésie sont classés par l’Institut. Ils subissent de tout avant de passer à l’Arrière, un endroit encore plus horrible. Ils servent qui, ils servent quoi ? Les abréviations m’ont un peu gêné avant qu’elles ne soient expliquées. Ces enfants s’aident, s’unissent. Est-ce que cette union va fonctionner pour tous les libérer ? En tous les cas, avec la fuite de Luke, une très longue fuite, détaillée, par Stephen King, ils ont la possibilité que tout soit révélé au grand jour. Mais l’Institut a des hommes et des femmes qui travaillent pour lui, chaque jour, même dans les régions les plus reculées des Etats-Unis. Un enfant très intelligent est devenu adulte avant l’heure. On lui a tout pris. On en a fait un cobaye comme tous les autres. Comment des adultes, médecins, peuvent entrer dans un tel processus ? Tous ceux qui ont été choisis pour travailler dans l’Institut ont un passé censé servir leur pays. Mais comme pour tout être humain, il y a ceux qui suivent les règles et les autres. Heureusement que, parmi eux, un être humain se détache. Et ce grâce à un jeune garçon.

Même si j’aime beaucoup Stephen King, même si j’ai énormément de plaisir à le lire, chaque fois, L’Institut n’est pas le meilleur de l’auteur, selon moi. Après le passage consacré à Tim, Stephen King nous laisse imaginer qu’il va se passer quelque chose dans cet endroit où il s’est arrêté, DuPray. Personnellement, sauf les 200 dernières pages, je n’ai pas eu assez de rebondissements. Cela concerne ce qui est entrepris après la rencontre entre Tim et Luke. Bien entendu, Stephen King sait critiquer la société américaine et son président actuel. Il sait démontrer ce qu’est un pouvoir totalitaire qui peut s’apparenter à ce qui s’est passé en Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale et ceux qu’ont subi des millions d’hommes et de femmes. C’est ce qui attend les jeunes enfants de l’Institut. Ils vivent dans la peur, constamment. 

Critique de Stephen King de la société américaine et de ses entreprises qui ont permis à des millions d’Américains de s’endetter et qui se retrouvent à rembourser des sommes folles. Et ces Américains ne connaissent pas forcément les lois et ces sociétés de recouvrement qui agissent illégalement.

J’ose espérer qu’il n’existe aucun endroit dans le monde où de jeunes enfants sont utilisés, pour ensuite mourir, pour rendre le monde meilleur selon un petit pourcentage de personnes.

L’Institut de Stephen King

Date de sortie : 29 janvier 2020

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 601

ISBN : 978-2-226-44327-4

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes

Né sous une bonne étoile d'Aurélie Valognes - Editions Mazarine

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes – Editions Mazarine

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes, présentation

Gustave fait sa grande rentrée. Il entre au CP. Il ne veut pas décevoir sa mère. Très vite, il se plonge dans ses rêves, plutôt attiré par l’extérieur que par ce qui se passe en classe. Il essaie de se ressaisir mais son maître d’école a déjà cerné Gustave.

La peur au ventre s’immisce tous les jours. Malgré ses efforts, son travail acharné le soir avec sa mère, Gustave n’y arrive pas. Dans son malheur, il trouve tout de même un ami, lui qui n’en a jamais eu.

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes

Tout commence bien mal pour Gustave, Gus-Gus (comme la souris dans Cendrillon), pour ce petit garçon qui entre au CP. Gustave est un petit garçon rêveur, il n’écoute pas grand chose, il est petit, frêle, n’a pas forcément d’amis et certains sujets le passionnent. Dans cette école où sa soeur, Joséphine, qui est passée avant lui et qui a eu de très bonnes notes, Gustave va souffrir tant et plus. Va-t-il développer une phobie scolaire à avoir le noeud tous les matins ?

Le lecteur suit donc Gustave pendant une bonne partie de sa scolarité jusqu’à pratiquement la fin de sa classe de 5ème. Vu ses résultats proches de zéro, il est vite catalogué comme garçon qui ne travaille pas et qui n’ira pas bien loin puisqu’au collège on veut le réorienter vers une filière professionnelle. Gustave est un garçon très sensible. Il veut toujours faire plaisir à sa mère et la protéger. Mais il n’y arrive pas à son grand désespoir.

Mais il suffit d’une rencontre. Il suffit de faire confiance à quelqu’un et ensuite se révéler avec les clés qui sont amenées et qui sont acceptées. Le lecteur suit donc le cheminement de ce jeune garçon qui se révèle au fur et à mesure. Pourtant les embûches sur son chemin sont nombreuses et plus que nombreuses. Et une ou deux personnes ne sont pas suffisantes pour changer le regard et le jugement des autres.

C’est très bien de lire des livres mais c’est encore mieux de rencontrer des personnes qui ont été dans le cas de Gustave et qui peuvent échanger avec des enfants, des élèves dans le même cas. Cela permet de donner de l’envie, de comprendre pourquoi on peut être différent, pourquoi les résultats en classe sont mauvais.

Aurélie Valognes nous offre un roman qui porte à réfléchir. Elle nous montre ces enfants qui se trouvent mal en classe, qui peuvent subir que ce soit chez eux ou à l’extérieur des souffrances psychologiques parce qu’ils ne sont pas dans la norme. C’est facile de s’en prendre à plus faible que soi lorsque l’on représente l’autorité, lorsque l’on se venge de faits qui se sont passés. Aurélie Valognes nous montre le travail de ces enseignants toujours poussés à bout par des programmes intenses qui doivent être bouclés en peu de semaines, par une hiérarchie qui ne les écoute pas. Mais certains gardent la foi et sont récompensés au-delà de leurs espérances. Aurélie Valognes montre à son lecteur comment la confiance en soi peut basculer d’un côté ou de l’autre par rapport à un évènement, comment un enfant peut être écrasé par un frère ou sa soeur.

Ce roman est un formidable message d’espoir que ce soit pour les enfants et pour certains adultes, finalement qui peuvent trouver des astuces pour aller de l’avant même si c’est difficile. Ensuite, il ne faut pas croire tout ce qui peut être dit. Si la confiance a été donnée à quelqu’un et que cette confiance est sapée, il vaut mieux s’adresser directement à cette personne pour connaître au fond la vérité.

Encore un très bon Aurélie Valognes, que je préfère amplement au précédent, sans que ce soit tout de même un coup de coeur. Je la trouve très à l’aise pour écrire et mettre en scène des enfants qui sont les héros de ses romans, comme Au petit bonheur la chance qui reste, à l’heure actuelle mon préféré. Né sous une bonne étoile porte très bien son titre. Car oui, en définitive Gustave est bien né sous une bonne étoile. J’ai également beaucoup aimé la relation entretenue avec sa soeur Joséphine et comment elle est décrite car oui elle veut se sortir de cette cité, elle veut réussir par tous les moyens et se forgeant une carapace, carapace que son frère a quand même compris.

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes

Date de sortie : 4 mars 2020

Editeur : Mazarine

Nombre de pages : 341

ISBN : 978-2-86374-482-6

Esperluette d’Anne Vantal

 

Esperluette d'Anne Vantal - Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal – Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal, Présentation

Elle a décidé d’écrire à Jordan. Plusieurs années ont passé, elle est revenue à cet endroit où ils ont passé un moment. Elle veut lui écrire la suite mais aussi se souvenir, sans pleurer, de ce qu’ils ont vécu avant ce qui a changé leur vie à tous les deux.

Avis Esperluette d’Anne Vantal

C’est un courrier à l’absent, un courrier qui a été très difficile à écrire et qui a pris des années. Comment des vies peuvent basculer par plusieurs mauvaises décisions prises ou parce qu’il n’y a pas eu de décisions, d’échanges constructif qui auraient permis au drame de ne pas survenir.

Est-ce une lettre d’excuses ? Pas pour moi. Une lettre de remords, de culpabilité ? Oui, on pourrait le concevoir. Une lettre qui permet de tourner la page ? Non car ce drame restera toujours ancré. Une lettre pour continuer à vivre ? Oui. Vivre enfin après avoir survécu !

Cette lettre est pour Jordan. Que lui est-il arrivé ? Elle seule est restée. Ils étaient de très jeunes enfants quand ils se sont rencontrés. A l’école, ils étaient toujours ensemble. Elle l’a aidé car elle avait plus de facilités scolaires. Ils étaient deux, rien que deux. Ils ont également fait les 400 coups ensemble. Cela aurait pu ne pas prêter à conséquence. Cela commence à changer quand ils intègrent le collège. Et ensuite ce sera le lycée. Elle continue à aller à l’école. Mais lui, que fait-il pendant ce temps-là ? Ils se voient beaucoup moins et elle n’a pas vu certains signes, elle n’a pas osé parler à son meilleur ami ? Est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Elle est entraînée, parce qu’elle l’a voulu, dans une spirale, on doit bien le dire, de délinquance. Et arrive l’évènement qui va changer leur vie. Elle n’a pas su dire non à Jordan mais c’est elle qui a pris les autres décisions avec un très grand sang-froid ou parce qu’elle était choquée par ce qu’elle a vécu. Je ne saurais le dire. En tous les cas, elle a besoin d’écrire à l’absent pour tenter de continuer sa vie, sans cette fuite en avant. Elle raconte à l’absent tout ce qui s’est passé après, surtout pour elle.

Cette collection DUne seule voix d’Actes Sud Junior, que je remercie, offre des textes très courts, qui permettent de réfléchir, de mettre des mots sur des sentiments, sur des situations. Ici, ce sont des souvenirs heureux, entachés d’un drame, de la culpabilité, de ne pas avoir su dire non, de ne pas avoir su dire ce qu’elle pensait sur le moment.

Esperluette d’Anne Vantal

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 91

ISBN : 9782330133450

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn

Maldonne au Festival de Cannes d'Alice Quinn - Editions Alliage

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn – Editions Alliage

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn, présentation

C’est samedi, Rosie vit toujours dans sa caravane avec ses filles même si la caravane a subi les dommages de l’ouragan de Cannes. Elle surfe, quand elle a un téléphone avec Internet, sur des sites de rencontre où elle est inscrite.

Rosie court toujours après l’argent. Mais ce samedi, comme tous les samedis, elle apporte les croissants au rond-point où manifestent les gilets jaunes. Arrive un acteur, ancien joueur de football.

Avis Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn

Il fallait du flamboyant pour terminer le cycle de Rosie, l’héroïne qui m’a permis de découvrir Alice Quinn. Oui, Rosie Maldonne va vivre une expérience au Festival de Cannes. Mais comme d’habitude, cela ne va pas se passer tranquillement, doucement pour Rosie. Il est vrai qu’il doit me manquer un ou deux romans de la série. Pour connaître l’évolution de Rosie, c’est vrai que c’est mieux de les lire tous à la suite, mais le lecteur n’est pas dépaysé de découvrir ce personnage sur un seul roman. J’ai accroché tout de suite avec elle. J’ai adoré ce personnage haut en couleurs, qui s’habille comme elle le souhaite, sans se soucier du regard des autres. J’ai adoré surtout ce personnage, qui malgré les aléas de la vie et ils sont nombreux pour elle – manque d’argent – surtout, est toujours là pour aider son prochain et surtout pour prendre soin de ses trois filles. Rosie a un très grand coeur. Est-ce que ça lui dessert ? Oui et non puisqu’elle se met dans des situations inextricables. Mais gare à ceux qui la croisent. Car ce tourbillon, ce moulin en paroles, en déstabilise plus d’un.

Dans les opus précédents, je ne m’étais pas attachée tant que ça sur les filles de Rosie, même si elles tiennent une grande place dans sa vie et ses aventures. Rosie protège ses filles mais elle ne vit rien sans elle. Et là, grosse surprise avec sa fille aînée, qui a bien grandi et qui tient une grande place ici. En effet, Rosie attend chaque jour le nouveau mot de sa fille. Un mot que Rosie ne connait pas, bien évidemment, elle qui mélange tout et qui fait comme si les autres se sont trompés. On sent énormément de fierté de la part de Rosie envers sa fille, qui réfléchit beaucoup, qui a des idées beaucoup moins loufoques que sa mère et qui semble la tempérer. J’ai adoré ces échanges mère-fille.

Rosie a un grand coeur et elle se bat pour toutes les causes qui lui sont chères, notamment pour ceux qui n’ont rien. Les sujets d’actualité sont donc présents dans ce roman, comme la crise des gilets jaunes et tous les derniers sujets brûlants de l’actualité, le harcèlement sexuel des producteurs du cinéma mais aussi ce côté mafia dans le milieu du football.

Sans en révéler beaucoup, avec son expérience en tant que garde du corps pour la star d’un film au festival de Cannes, Rosie va connaître de nombreux éléments de son passé. Elle, qui recherche constamment l’amour et qui ne l’a jamais trouvé, se rend compte que cet amour n’est pas si loin que ça. Et j’ai vraiment aimé découvrir cet aspect de la personnalité de Rosie, son côté midinette qui comprend enfin que cet homme semble fait pour elle.

Après avoir encensé Rosie, attachons-nous à ce roman qui se passe pendant le Festival de Cannes, avec la présentation de ses films, ses fêtes et surtout ce harcèlement subi par les jeunes femmes par des producteurs. Rosie est choisie par l’acteur d’un film pour être son garde du corps. Donc, elle est embauchée. Elle va faire le job mais lorsqu’elle le quitte, elle a comme un mauvais pressentiment. Très vite, Rosie est agressée. Des morts sont découverts mais toujours aucune trace de l’acteur du film qui a fait un flop à la présentation. Ce milieu se révèle très vite tel qu’il est surtout lorsqu’il y a de mauvaises associations. Rosie ne va pas lâcher même si tout le monde est contre elle. Elle va profiter des relations qu’elle a avec les uns et les autres pour tenter de faire éclater la vérité.

Alors oui, encore, Rosie se met dans des situations impossibles. Mais comme elle n’abandonne rien, c’est normal. Rosie n’a qu’une parole et elle s’y tient.

Merci encore une fois, Alice Quinn, de m’avoir permis de lire un de vos romans. Comme vous, je suis un peu triste de laisser Rosie, mais laissons là vivre sa vie, maintenant et penser aux lecteurs qui ont pris part à ses aventures et qui lui souhaitent d’être vraiment heureuse avec tous les siens, qu’elle continue à faire le bien autour d’elle, qu’elle reste toujours aussi attachante.

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn

Date de sortie : 28 février 2020

Editeur : Alliage

Nombre de pages : 243

ISBN : 9782369100409

Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez

Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez, présentation

Sa mère est française, son père anglais. Jesse est révérend d’une église anglicane en France. Il vient de Brighton. Il a choisi les ordres pour expier mais aussi pour mener à bien une mission.

Maria emménage. Au cours d’une fête, elle rencontre Jesse. Très vite, ils sont attirés l’un par l’autre.

Avis Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez

D’habitude ce genre de romans ne me dérange absolument pas. Beaucoup de sexe, de l’action, une histoire, des personnages sympathiques, beaux. Des fois, le personnage féminin est un peu niais. Mais là, comment dire, j’ai lu et cela a été sans grande conviction.

Le personnage masculin est pasteur pour la communauté anglophone dans une ville du sud. Il a choisi d’entrer dans les ordres et aussi il a une mission. Mais quand va-t-on voir quelque chose de cette mission ? A part se flageller car il est accro au sexe, s’en référer toujours à son Dieu, avoir des érections continuellement surtout la nuit, au bout d’un moment, j’en ai eu marre de ces situations qui n’évoluent absolument pas. Jesse est quand même très respectueux envers Maria. Il ne la force pas. Il sait qu’il ne va rien lui apporter de bon. Mais la voir avec d’autres hommes le met carrément hors de lui. Elle va le pousser dans ses retranchements. En tous les cas, Jesse est un homme qui veut faire du bien, dans cette communauté. Outre ces deux missions, dont l’une cachée, il souhaite que ces jeunes, qui n’ont rien, qui sont malmenés par la vie, puissent se construire, se reconstruire.

Maria n’est pas un personnage nunuche, malgré ses 21 ans. On apprend dans ce roman ce qu’elle a vécu. On comprend pourquoi elle se cache, elle n’a pas confiance en elle, pourquoi elle ne fait pas le premier pas avec Jesse. Elle pourrait accepter de nombreuses choses de sa part, mais elle veut vivre une relation d’égal à égal et ne pas être celle qui passe en second.

Cette mission, trouver celui qui s’en prend à des enfants sexuellement et qui doit être mis hors circuit, est très peu évoquée. Le thème aurait pu donner plus de dimension à ce roman, même s’il bascule dans l’érotique, mais aucune tension qui aurait permis d’avoir un roman agréable à lire.

Le langage véritablement adolescent pour ces personnages de 21 et 26 ans, on repassera. Marre de ces auteurs et Sylvie Lopez n’est pas la seule dans ce cas à utiliser ce genre de termes pour tenter d’accrocher le lecteur. Mais cela fait passer les personnages pour plus bêtes qu’ils ne le sont. Pour information, tous les adolescents ne s’expriment pas de cette façon et encore moins les jeunes adultes. Et que dire aussi des quelques fautes trouvées dans ce roman.

Tout n’est pas à jeter. Mais ces quelques éléments dévoilés du passé de l’un et de l’autre ne sont pas assez développés à mon goût. Les chapitres alternent entre Jesse et Maria donc le lecteur a le point de vue des deux personnages.

Alors, si c’est comme ça pour les deux autres tomes, ce sera sans moi, franchement. Normalement, lorsqu’il y a une série, je commande les tomes suivants pour les lire quand j’en ai envie mais je passe carrément mon chemin.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et Evidence Editions.

Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez

Date de sortie : 30 mai 2018

Editeur : Evidences Editions

Nombre de pages : 273

ISBN : 979-10-348-1358-2