Ueno Park d’Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Résumé Ueno Park d’Antoine Dole

C’est Hanami, la fête des Cerisiers. A Ueno Park, tout le monde s’y rend de bonne heure pour pouvoir profiter de l’arrivée du printemps et de l’éclosion des fleurs. C’est le cas également de huit jeunes japonais qui ne se connaissent pas.

Avis Ueno Park d’Antoine Dole

Nouveau roman pour moi d’Antoine Dole. Un roman qui nous emmène au Japon au moment de la fête des cerisiers, Hanami. Il nous retrace une tranche de vie de huit jeunes, garçons et filles. Huit jeunes qui souffrent dans ce Japon, loin d’être idyllique comme on pourrait le croire.

  • Ayumi est une jeune fille qui a passé deux ans de sa vie enfermée sans voir personne. Elle ne pouvait plus assurer ce que l’on demandait d’elle, d’être la petite fille parfaite.
  • Sora se maquille. Garçon, fille, il veut vivre comme il l’entend sans le regard méprisant des autres qui le jugent différent.
  • Fuko est une jeune fille atteinte de leucémie. Elle va mourir mais elle veut laisser de la joie à sa soeur et des souvenirs qu’elle pourra chérir.
  • Natsuko se fait payer par des hommes. Mais attention elle ne couche pas. Elle est en butte contre la concupiscence de ces derniers.
  • Haruko a vécu un tremblement de terre et un tsunami en 2001. Avec un père disparu, on attend beaucoup de lui, qu’il fasse aussi bien.
  • Daïsuké vend des crêpes. Il ne voulait pas étudier.
  • Aïri souhaite déclarer à Makoto qu’elle l’aime. Mais elle l’attend tant et plus. Viendra-t-il ?
  • Nozomi est SDF. Il a décidé de partir de chez lui pour éviter que sa mère s’échine tant et plus pour lui et sa soeur.

Beaucoup de pression sur les épaules de ces jeunes, beaucoup trop de pression. Cela me rappelle celle de la France dès le plus jeune âge pour les enfants, à l’école. Conditionnés pour réussir sinon ils sont laissés sur le carreau. Pas étonnant qu’il y ait autant de monde en pédopsychiatrie et psychiatrie. Beaucoup ne s’amusent pas, ils intériorisent énormément, comme dans Ueno Park.

Toujours être parfait, ne pas broncher, ne pas se révolter, toujours se taire. De toutes façons, personne ne comprendrait. Ce serait une mise au ban de la société, déjà régie par de nombreux codes. Selon l’histoire familiale, il est impossible de vivre leur comme ils l’entendent. C’est être seul mais entouré de beaucoup de monde. Est-ce propre aux pays d’Asie de ne pas se parler, surtout en famille ? Certains adultes travaillent beaucoup pour que leurs enfants puissent vivre. Ces derniers ont vite compris que leur destin était déjà écrit et qu’ils ne doivent pas  se confier. Seraient-ils de toutes façons entendus ? Difficile donc de faire valoir ce que l’on est, ce que l’on ressent au plus profond. Ces jeunes démontrent qu’ils ont une vie à laquelle ils doivent se soumettre.

L’arrêt des études et un petit boulot entraîne la perte des amis, l’impossibilité de prendre son indépendance et surtout ne plus être pris en considération par tous et le gouvernement. Ils ne comptent plus. Sont-ils plus malheureux que ceux qui travaillent de nombreuses heures et ne profitent pas de leur argent ?

Est-ce que ce renouveau de la nature peut être un renouveau d’une vie, d’une situation ? Ou est-ce que c’est vraiment éphémère comme cette floraison qui dure très peu de temps ? Antoine Dole dénonce l’absurdité, le fait que l’on n’accepte pas celui qui est différent, une violence qui peut être gratuite. Si jeunes, les peurs ne doivent pas être montrées. Et il y a également les situations vécues par les jeunes filles et les femmes. Ce qui aurait pu passer pour un moment merveilleux, à partager, soit Hanami, se trouve vraiment gâché par ces histoires qui font réfléchir. Mais le roman finit sur une note positive avec une très belle lueur d’espoir. J’ai beaucoup aimé lire ces histoires, réfléchir pas mal à tout ce que j’ai lu, à trouver des parallèles aussi. Petite question pour l’auteur. Chaque chapitre est dédié à un personnage. Est-ce que les inscriptions en dessous du nom correspondent au prénom japonais ?

Je remercie Actes Sud Junior pour cette lecture de la rentrée littéraire 2018 et surtout Antoine Dole pour la belle dédicace.

Ueno Park d’Antoine Dole

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 128

ISBN : 978-2-330-10827-4

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L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L'enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Résumé L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Ana a 17 ans. Elle vit une relation difficile avec sa mère. Elle rencontre un jeune homme, joueur de football, Nicolae, un véritable séducteur.

Ils couchent ensemble et au bout de quelques semaines, Ana est enceinte. Elle tentera d’avertir le jeune homme qui se détourne d’elle.

Avis L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

De la Roumanie, je ne connais pas grand chose, sauf le régime totalitaire mais aussi lorsque Nicolae Ceaușescu et son épouse sont, le jour de Noël 1989, condamnés à mort et exécutés. La Roumanie, c’est aussi Dracula. Mais ce n’est pas le but et le thème de ce livre.

C’est le témoignage de Marion, adoptée à l’âge de six ans, alors qu’elle a été abandonnée par sa mère dans un orphelinat de Roumanie. Je mets bien abandonnée en italique car en lisant ce document, vous vous rendrez compte que le mot abandon dans la dictature de Ceaușescu n’est pas au sens propre. Le témoignage est construit autour de Marion et des personnages principaux de sa vie, ses parents adoptifs mais aussi ses parents qu’elle n’aura de cesse de chercher pour tenter de comprendre cet abandon.

Les faits décrits dans ce livre nous renvoient à des images fortes vues à la télévision avec la mort du dictateur et la découverte de ces nombreux orphelinats où survivaient des enfants. Ceaușescu n’a rien à envier à Hitler. Il savait se montrer plus qu’affable lors de réunions internationales mais il, et sa femme, avaient organisé la terreur dans leur propre pays. Famine, misère, politique familiale pour avoir le plus d’enfants possibles qui serviraient la Roumanie et surtout de nombreux interdits pour les femmes. Mais les images ont peu à voir avec la réalité avec ce qu’ont enduré tous ses enfants et les parents de surcroît. Dans le cas de Marion, on apprend ce qui s’est passé pour sa mère biologique, les détails de son adoption et toute sa vie en France. Une vie pas facile pour une enfant qui ne se rappelle pas, qui a enfoui au plus profond de sa mémoire, les six premières années de sa vie. Six ans sous les cris avec sous les yeux des enfants non désirés, parqués dans des endroits comme des bêtes. Ce sera aussi une vie assez difficile en France, malgré l’amour et les soins dispensés par cette famille française. Car Marie a toujours peur de l’abandon, ne fait pas confiance aux femmes et sa mère adoptive en subit les conséquences. Marie est en colère, elle a de la haine, elle n’a pas confiance en elle. Cela peut se comprendre avec un tel bagage. Son corps se révolte donc car elle garde tout en elle. A force de volonté et même si elle garde beaucoup au fond d’elle, elle arrivera à s’en sortir. Elle rencontrera sur son chemin des personnes qui vont compter. Cette quête de sa famille biologique ne sera pas facile, bien entendu, car elle devra, mettre de côté ce qu’elle ressent, ses sentiments, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé pour sa mère biologique.

Est-ce que tous les enfants qui ont vécu des conditions extrêmement difficiles comme Marie réagissent de cette façon ? Coupés de leur pays, de leurs racines, de leurs parents, une vie d’adopté ne doit pas être facile à appréhender surtout lorsque cette adoption a lieu à un âge déjà avancé dans la vie d’un enfant, qui a tenté de se construire. Se rendre compte qu’ils ne vont manquer de rien mais réagissent comme si cela pouvait très vite s’arrêter, cumuler les possessions et les cacher.

Outre la recherche de ses racines, ce témoignage explique tout à fait la vie en Roumanie dans les années 70 et bien plus tard, lorsque Marion y reviendra de nombreuses fois. Ce livre est également un véritable témoignage historique de ceux qui ont vécu au coeur de ce pays, de cette dictature. 

Je remercie Marion Le Roy Dagen de m’avoir envoyé un message sur Facebook pour me faire une présentation de ce livre et d’avoir accédé à ma demande pour le recevoir. On ne ressort pas indemne d’une telle lecture.

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Date de sortie : 15 février 2018

Editeur :Belfond

Nombre de pages : 222

ISBN : 9782714478313

L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

Résumé L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

C’est l’été 621, à Haute-Brune, Syffe a 8 ans. Il est orphelin et joue avec ses trois meilleurs amis, dont une fille Brindille. Il est considéré comme un sauvage. Ils apprennent la mort du roi et tout va changer pour eux.

Avis L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

La fantasy n’est pas un de mes thèmes de prédilection en matière de lectures. Toutefois, je suis déjà tombée sur de très belles pépites, notamment tous les tomes des Chevaliers d’Emeraude d’Anne Robillard. Actions, superbes personnages, tout y était. Lorsque j’ai reçu le mail de Babelio pour cette Masse Critique spéciale, j’ai été ravie d’être sélectionnée. Quand j’ai reçu le livre, j’ai eu droit à un gros pavé. Plus de 600 pages. Autant de pages méritaient donc que le roman soit au top. Comme à mon habitude, je n’ai pas lu la quatrième de couverture sauf lorsque je suis arrivée au milieu. J’avais déjà lu quelques critiques en diagonale car je ne veux pas me laisser influencer. Toutes étaient unanimes, le résumé de l’éditeur en dit trop sur ce qui arrive à ce garçon. Donc, personnellement, j’étais pour ainsi dire vierge lorsque j’ai commencé cette lecture.

Dommage pour l’auteur mais je n’ai pas adhéré à ce roman sur les 300 premières pages, soit la moitié. Trop long, vraiment trop long malgré les qualités indéniables d’écriture. On pourrait absolument aimer, adorer ce jeune garçon et les autres personnages qui gravitent autour de lui, mais malheureusement, toutes ces descriptions, indispensables ou pas, bien faites, m’ont gâché ma lecture. J’ai commencé à trouver du rythme juste vers la moitié. Et là, tout s’est déclenché. Je dois avouer toutefois que j’ai été assez perdue concernant toutes ces guerres, tous ces pays, ces habitants. La plume est toutefois très imaginative. Comment peut-on faire autant de descriptions sans se perdre dans ce monde de fantasy ? J’imagine très bien l’auteur faire des plans, peut-être des dessins. Est-ce le cas ? De quoi s’est-il inspiré ? C’est de la fantasy, certes, mais on se rend compte que même dans ces romans, ces contes, rien n’est laissé au hasard et que toujours règnent la violence, le racisme, la lutte des classes avec de nouvelles qui arrivent au pouvoir. Et puis, il y a également ces enfants orphelins qui doivent survivre avec le marché d’enfants.

C’est donc dommage que l’éditeur en ait dit beaucoup sur notre jeune héros. Syffe est donc un jeune orphelin. Il a quatre amis, dont une dont il est amoureux, Brindille. Mais tout ne se passe comme il le souhaite avec elle. Brindille sera tout le temps dans les pensées de Syffe. Ce jeune garçon est assez débrouillard, mais la vie est comme elle est et il va apprendre à ses dépens, même si à certains moments il est aidé par des adultes. Syffe va apprendre, être en colère. Il va côtoyer la mort d’un être cher, il va aussi expérimenter le manque de loyauté, la culpabilité et le chantage. Syffe n’est pas idiot. Il est en colère et ne veut  plus faire confiance. Son apprentissage sera rude, il va souffrir dans son corps, dans sa chair, dans son coeur. Mais il en sortira beaucoup plus riche car il doit grandir très vite. Car ce jeune garçon de 8 ans, quand on le rencontre, est extrêmement intelligent. Un diamant brut qui ne demande qu’à éclore.

L’auteur joue également avec nos nerfs avec cette fin qui ne nous laisse pas sur notre faim et qui laisse présager d’autres aventures pour Syffe. Je serais partante pour lire la suite mais il faudra que l’on entre vite dans le vif du sujet. Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les éditions. Personnellement, je ne conseillerai pas ce roman à de jeunes adolescents car ils pourraient très vite le lâcher.

L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

Date de sortie : 17 mai 2018

Editeur : Au Diable Vauvert

Nombre de pages : 620

ISBN : 979-10-307-0121-0

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Le tableau de Frédérique de Keyser

Le tableau de Frédérique de Keyser

Le tableau de Frédérique de Keyser

Résumé Le tableau de Frédérique de Keyser

Séraphine est en train de montrer son tableau à son amant du moment. Mais l’un et l’autre se rendent compte qu’ils vont se séparer. Après un gros coup d’éclat dans ce restaurant, Séraphine part.

Dans le hall, Gabriel, qui a tout entendu, fait exprès de la bousculer alors qu’elle est plongée dans ses pensées.

Avis Le tableau de Frédérique de Keyser

Pas de déplaisir, ni de réel plaisir à la lecture de cette histoire. Peut-être que le moment ne s’y prêtait tout simplement pas. Je n’ai pas eu de mal à entrer dans l’histoire, à suivre son déroulement, mais pour une fois, je ne me suis prise d’affection pour aucun des personnages principaux, que ce soit Séraphine ou encore Gabriel. Arthur a pu trouver quelques grâces à mes yeux.

Gabriel rencontre Séraphine dans le hall d’un grand hôtel après qu’elle ait rompu avec son amant du moment. Séraphine est accompagnée d’un magnifique grand chien. Cette rencontre va les bouleverser l’un et l’autre. L’alchimie, notamment sexuelle, est bel et bien là. Mais ils vont être pris à leur propre piège, notamment Gabriel.

Séraphine est peintre, jeune, belle, rousse, aux formes affriolantes. Elle est libre, a des idées bien arrêtées sur la condition des hommes et des femmes. Elle veut que ces dernières ne restent pas sous le joug des hommes. Séraphine vit sa sexualité comme elle l’entend, même si cela ne plait pas aux communs des mortels. Elle vit à Montmartre, le quartier des artistes. Lorsque Gabriel lui commande ce tableau, elle hésite mais ce tableau de Gabriel, qui doit faire ressortir tout ce qu’ils vont vivre ensemble, passionnément, sera-t-il achevé ?

Gabriel est le fils d’un banquier. Il aime tous les plaisirs, notamment ceux de la chair. Il ne veut pas se laisser embarquer dans une histoire d’amour. Il veut vivre comme bon lui semble. Mais la personnalité de Séraphine, sa vie vont tout bouleverser. Je dois avouer que les sentiments de l’un et de l’autre sont vraiment bien décrits. Ce sont deux personnalités très fortes qui devront mettre de côté certains éléments de leurs caractères pour se comprendre ou alors se les expliquer. Heureusement qu’il y a Arthur, le meilleur ami de Séraphine, et occasionnellement amant, qui va étudier Gabriel et un tant soit peu l’aider à faire la lumière en lui. Personnage haut en couleur mais adorable qui veut protéger, avant tout, sa meilleure amie, pour qu’elle ne souffre pas. Car Séraphine, mais aussi Gabriel, vont souffrir face à cette nouveauté qui bouleverse le marché qu’ils ont passé.

Outre cette histoire, l’auteur s’attache à nous décrire Paris, ses habitants et surtout Montmartre, ce fameux quartier des artistes. Des peintres, oui. Mais s’ils sont comme Séraphine, leur art les rend d’autant plus sensibles et ils peuvent être incompris par le commun des mortels. Paris change entre le jour et la nuit. Si la société est policée le jour, qu’elle fait face à ses us et coutumes, juge, bien-pensante et très conservatrice, la nuit tous se libèrent et font face à leurs désirs. Entre sociétés secrètes, maisons closes, bars et restaurants, le beau monde s’encanaille à l’extérieur avec ceux qu’ils ne côtoient pas la journée. De nombreux rappels historiques sont également présents, comme la Commune. Et surtout n’oublions pas que les chapitres sont tous nommés, via un tableau et un peintre.

Je remercie Netgalley et les Editions Erato pour cette lecture.

Le tableau de Frédérique de Keyser

Date de sortie : 4 avril 2018

Nb pages : 335 pages

Editeur : Erato

ISBN : 978-2-37447-377-2

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Résumé Boom de Julien Dufresne-Lamy

Etienne est un lycéen qui s’adresse à son meilleur ami, Timothée, disparu.

Il retrace le début leur amitié, son évolution, ce qui est arrivé et comment il tente de survivre.

Avis Boom de Julien Dufresne-Lamy

Roman sur la perte d’un être cher, d’un ami, lorsque l’on est adolescent, que l’on se constuit. Livre sur la culpabilité. Ce roman est d’une très grande sensibilité servi par un écrivain qui met les mots justes sur ce que peut éprouver un adolescent et forcément tout être humain. Même moi, adulte, j’ai eu, certaines fois, les larmes aux yeux.

C’est donc l’histoire d’une amitié forte de trois ans entre deux lycéens. Etienne et Timothée ont deux caractères très différents. Mais il se complètent. Le premier aime faire la fête, les filles et ses résultats ne sont pas au top. Le deuxième, par contre, est une tête en classe. Il a des idées bien arrêtées. Leur amitié souffrira, à un moment donné, de ces deux forts caractères. Mais ce sera pour mieux repartir. L’un entraîne l’autre dans son sillage, et inversement. Timothée va tout faire pour pouvoir réaliser ce voyage scolaire à Londres, notamment avec son ami.

L’auteur, avec Etienne, qui écrit à son ami disparu, nous entraîne dans cette amitié, entrecoupée de ce qui se passe pour celui qui reste, qui vit dans la culpabilité de cet attentat de Londres où son ami a disparu. Il lui est impossible de faire son travail de deuil. Il ne veut pas abandonner son ami. Suivi par un psy, il s’est toutefois renfermé en lui-même. Stress post-traumatique du survivant, dépression, il lui est impossible d’effectuer un retour à la normale. Tout lui rappelle Timothé et ce qu’ils ont vécu, notamment au lycée. Etienne comprend, sans le comprendre, les louanges faits par le lycée, les élèves à son ami disparu. En tant qu’adulte et lectrice, pour moi, rendre hommage à quelqu’un de décédé de cette façon est également un moyen de se prouver que l’on est bien vivant et que la vie, malgré tout, doit continuer. Mais pour la famille, les amis les plus proches, ce n’est pas pareil. L’auteur aborde également le thème de la chasse aux scoops, monnayée également.

Il est difficile de vivre avec un sentiment de culpabilité, avec des questions auxquelles il est difficile d’avoir les réponses. Même si ce roman est destiné, avant tout, aux adolescents, je le conseille à tous car il est magnifique et bouleversant. Je remercie Julien Dufresne-Lamy pour la dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour cette découverte.

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : avril 2018

Nb pages : 111

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-09685-4

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La fille du roi des marais de Karen Dionne

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Résumé La fille du roi des marais de Karen Dionne

Helena est en train de vendre ses confitures avec sa dernière fille. Elle est mariée et a deux enfants.

Elle entend à la radio qu’un prisonnier, condamné à la prison à vie, s’est évadé. C’est son père. Elle a peur car c’est elle qui l’a fait condamner.

Helena annonce qu’elle va raconter son histoire et non celle de sa mère.

Avis La fille du roi des marais de Karen Dionne

Helena et son père sont au centre de cette histoire. Un père qu’elle a fait arrêter il y a quinze ans et qui vient de s’évader. Lors de cette véritable chasse à l’homme, Helena se rappellera tout ce qu’elle a connu avec lui, dans son enfance, ce qu’il lui a appris, dans cet endroit des marais si reculé où ils vivaient sans électricité, ni eau courante. Elle ne cherche pas d’excuses à cet homme même si elle l’aime car elle sait ce qu’il a fait. Pourtant, elle peut arriver à nous le rendre plus ou moins attachant. Il a été peu aimé par ses parents, il semble avoir de graves problèmes psychologiques, il n’accepte pas d’être contredit. Mais auprès de lui, Helena a su comment survivre dans un milieu naturel hostile, malgré une bonne partie de violence. Helena ne se considère pas comme une victime car elle est née en captivité et n’a jamais su ce qui s’était passé pour sa mère. Elle le révèle, elle a plus aimé son père que sa mère car pour cette dernière, difficile d’être proche de sa fille, surtout qu’elle a été très malade juste après l’accouchement. Face à la violence de cet homme, elle ne s’est jamais interposée entre lui et Helena. En quinze ans, Helena a su faire la part entre le pour et le contre et comprendre pourquoi sa mère n’a jamais cherché à s’enfuir, s’est enlisée dans cette vie.

Malgré tout l’amour qu’elle porte à son mari et il semblerait qu’il lui ait pardonné, Helena culpabilise de ne pas avoir tout raconté dès le départ. Mais difficile quand on a été sous les feux des projecteurs pendant de nombreuses années. Pourtant, il semble qu’il aurait été un formidable soutien même si la dernière partie de l’histoire doit se jouer entre le père et la fille, face à face, sans personne autour. Qui va gagner dans cette lutte mortelle ? La fille sera-t-elle plus forte que le père ? Pour le comprendre et pour comprendre l’évolution d’Helena, le roman nous donne des éléments de l’histoire d’Andersen.

Le roi des marais sait se sortir pratiquement de tout. Il connait ces marais comme sa poche. Quelle peut être sa faiblesse ? Sa fille ? Une relation amour-haine pour la fille car cet homme l’a rendue très malheureuse lorsqu’éprise de liberté, elle s’est enfuie avec sa mère. Elle a dû apprendre ce que c’était de vivre au milieu de personnes civilisées avec des us et des coutumes. Et au fil des pages, à des moments inattendus, Helena fait des découvertes, des présents, matériels et humains, si l’on peut dire, laissés par son père. Cela permet à la tension de monter petit à petit. Tout le long de ce récit d’Helena où elle se rappelle sa vie dans les marais, c’est la traque entre entre elle et son père. Ces rappels, ce présent vont lui permettre de se rendre compte de la personnalité de cet homme. Helena, pratiquement heureuse maintenant, va vouloir tout faire pour sauver sa famille, surtout ses filles. Elle ne veut absolument pas qu’elles vivent ce qu’elle a vécu. Elle souhaite qu’elles soient libres et que plus tard, elles comprennent d’où elles viennent.

Le roman est servi par de magnifiques paysages, sublimés par la plume de l’auteur, qui a vraiment l’art du détail. Le lecteur peut parfaitement les imaginer. Ces endroits sont vierges mais ne me donnent franchement pas trop envie d’y passer la journée. Un roman très psychologique où le décor joue un très grand rôle. Personnellement, malgré toutes ces qualités, ce n’est pas un coup de coeur. J’ai eu quelquefois du mal à m’y plonger. J’ai eu un soubresaut à un moment donné suite à un acte, j’espérais ce dénouement, mais la tension n’a pas été assez forte pour moi.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique, Netgalley et les Editions JC Lattès

La fille du roi des marais de Karen Dionne

Date de sortie : 7 mars 2018

Nb pages : 400

Editeur : JC Lattès

ISBN : 9782709658782

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Naissance des coeurs de pierre d’Antoine Dole

Naissance des coeurs de pierre d'Antoine Dole

Naissance des coeurs de pierre d’Antoine Dole

Avis Naissance des coeurs de pierre d’Antoine Dole

Un bon petit roman que Naissance des coeurs de pierre. J’écris petit car il contient peu de pages mais qui sont très efficaces pour les adolescents à qui ce roman est destiné, mais aussi pour les adultes. Et ce jusqu’au dénouement final. La 4ème de couverture que j’ai survolé vers la fin en dit peut-être un peu trop à mon goût.

L’auteur consacre, alternativement, des chapitres à Jeb, jeune garçon de 12 ans, et à Aude, qui a 16 ans. Le lecteur sait qu’à un moment ou un autre ils vont être liés. Mais comment ? Jeb est donc ce jeune garçon qui vit avec sa mère dans une communauté. Il doit subir une intervention car à son âge il doit absolument entrer dans le Programme. Toutes les personnes qui vivent dans cette communauté n’éprouvent plus aucun sentiment, c’est contraire à la Loi. Pourtant Jeb en éprouve et c’est difficile pour lui de ne pas les montrer. Sa mère est froide avec lui et elle n’a aucun geste tendre envers lui. Elle se conforme aux lois et pour Jeb, cela doit être pareil. Pourtant, au moment de l’intervention, un événement va se produire qui va conforter Jeb dans ce qu’il sent et ressent. Aude est une jeune fille de 16 ans. Elle entre au lycée et a de lourdes responsabilités sur ses frêles épaules. Elle subit moqueries, harcèlement de la part des autres élèves. Elle a décidé de s’isoler et rencontre un surveillant de son lycée. Ce sera sa bouffée d’oxygène, sa bouée de sauvetage. Cela lui permet de survivre, un temps, à tout ce harcèlement.

Le lecteur suit le cheminement de Jeb, d’Aude jusqu’à la révélation finale. Jeb s’est donné comme mission de sauver sa mère. Ce qui m’a le plus frappé, c’est le manque d’amour qu’ils rencontrent. Je trouve Aude peu aimée par ses parents.  Outre la pression mise, ils pourraient être plus bienveillants envers elle. Aude s’isole de plus en plus, ne raconte rien de ses souffrances car cette jeune fille souffre énormément. Elle croit rencontrer l’amour mais ce ne sera pas le cas. Quant à Jeb, il veut tenter de faire réagir sa mère. Mais dans cette communauté, aucun geste tendre n’est permis. Ils sont abrutis par les cachets, ils ne doivent pas être un danger. J’ai perçu de nombreuses émotions mais aussi de la terreur car ils ne savent pas comment faire taire leurs pensées, l’un et l’autre. Ils ne doivent absolument rien montrer. L’auteur nous décrit très bien les affres par lesquels ils passent, leurs douleurs.

L’auteur dénonce les dérives que peuvent rencontrer les enfants, les adolescents qui ne sont pas protégés. Harcèlement moral, harcèlement scolaire de la part de leurs condisciples mais aussi ces prédateurs sexuels qui sont à l’affût de la moindre faiblesse. L’adolescence est un cap difficile si l’enfant n’est pas entouré. Il ne doit pourtant pas être étouffé pour se faire son propre avis, ses propres armes. Mais le danger est partout dans cette société arriviste, nombriliste où c’est chacun pour soi. Malgré tout, même si ce roman permet aux jeunes lecteurs de s’interroger, d’échanger, il reste de l’espoir car même une toute petite dose d’amour peut faire la différence.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour ce roman.

Résumé Naissance des coeurs de pierre d’Antoine Dole

Jeb doit avoir un entretien avec le Préparateur. Cela va décider de son avenir. Il tente de communiquer avec sa mère mais rien ne sort. Elle ne semble pas avoir de sentiments pour lui.

Pour Aude, c’est la fin des vacances. Elle entre en seconde dans un lycée où elle ne connait personne. Elle n’a toujours pas préparé ses affaires, au grand dam de sa mère.

Naissance des coeurs de pierre d’Antoine Dole

Date de sortie : 17 janvier 2018

Nb pages : 147

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-08141-6