Mensonge de J.P. Delaney

Mensonge de J.P. Delaney

Mensonge de J.P. Delaney

Résumé Mensonge de J.P. Delaney

Suite dans un hôtel de Manhattan. Une femme de chambre découvre un cadavre.

Cinq jours plus tôt, une jeune femme bien habillée, dans un hôtel, semble attendre quelqu’un. Se prostitue-t-elle pour gagner sa vie ?

Avis Mensonge de J.P. Delaney

Est-ce que tout est un tissu de mensonge dans ce roman ou y a-t-il une part de vérité, mais laquelle ? L’auteur m’a sérieusement baladé dans ce roman addictif car le lecteur veut absolument savoir ce qui se passe réellement, qui est le réel coupable de la mort de cette femme, trouvée assassinée dans une chambre d’hôtel. Est-ce réellement le mari ? Est-ce Claire qui est soupçonnée ? Est-ce Claire qui joue le meilleur rôle de sa vie, dans la vie réelle, anéantissant peut-être toutes ses chances d’être la comédienne qu’elle souhaite ?

Ce roman joue le chaud et le froid. Il nous entraîne avec une jeune femme qui devra faire tomber un meurtrier. Mais, dès le départ, elle ne le croit pas coupable. D’ailleurs, elle va en tomber amoureuse. Pour les besoins de l’enquête ou réellement ? Seul l’avenir le dira. Un roman très psychologique car on voit Claire passer par tous les états. Elle se rebelle face aux forces de police. Elle semble mener le jeu par moments. Elle découvre un double-jeu, elle est excessive, semble peu fiable. Est-ce pour les besoins de son rôle ou est-elle réellement comme ça ? Claire a quitté la Grande-Bretagne suite à un scandale. Aux Etats-Unis, elle n’a pas de carte verte. Pour survivre, payer son loyer et ses cours d’art dramatique, elle aide un cabinet d’avocat et un enquêteur spécialisé dans les adultères. Mais tout prend un tour nouveau lorsqu’une femme est retrouvée assassinée. Claire est bien évidemment suspectée tout comme le mari. Pour se sortir de sa situation bancale, Claire est mise à contribution. Claire qui a eu une enfance difficile, qui a toujours joué un rôle car elle était toujours seule, sans amour.

Le passage dans l’hôpital psychiatrique est assez dur. On y voit des patients de toute sorte et des traitements très durs pour tenter de les soigner. Ce roman est construit comme une pièce de théâtre avec des dialogues, les lieux des situations, les analyses de Claire. En toile de fond et élément principal les poèmes de Charles Baudelaire et l’interprétation, par l’auteur et donc ses personnages, des Fleurs du Mal. Malgré les nombreuses notes prises au cours de ma lecture, il m’est assez difficile d’écrire cette chronique car je ne veux absolument rien dévoiler quant aux tenants et aboutissants de ce roman qui joue avec nos nerfs de bout en bout. Personnellement, je n’avais aucun doute quant à l’identité du tueur de cette femme. Mais pour faire avouer ou encore pour prendre ce tueur sur le fait. Ce roman démontre également le fait d’avoir confiance en une personne, que cette confiance ne faiblisse jamais au cours d’une enquête. Car comme au cinéma, comme au théâtre, faire confiance à un partenaire est une des bases du succès.

De nombreux rebondissements, pratiquement à chaque chapitre pour un roman qui ne souffre d’aucun temps mort, que ce soit dans l’étude des personnages, comme dans les faits.

Je n’ai pas lu le roman précédent de l’auteur, mais je pense que lorsque j’aurai bien avancé dans mes lectures, j’essaierai de le trouver en format poche. En effet, cela me permettra de connaître son évolution dans l’écriture. En effet, J.P. Delaney a écrit Mensonge il y a bien longtemps mais il a retravaillé son premier écrit.

Je remercie Netgalley et les Editions Fayard pour cette lecture.

Mensonge de J.P. Delaney

Date de sortie : 18 septembre 2019

Editeur : Fayard

Nombre de pages : 363

ISBN : 978-2-863-74159-9

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski, présentation de l’éditeur

Le récit bouleversant et authentique de l’itinéraire semé de drames et d’obstacles qui a mené en France un jeune adolescent guinéen.

Vers l’âge de dix ans, Mamadou a quitté la Guinée avec sa mère pour rejoindre son père qui travaillait en Libye. Ils y ont passé quelques années paisibles jusqu’à la guerre civile. Les parents de Mamadou meurent dans une explosion et il se retrouve seul, à quatorze ans. Il va survivre deux ans en travaillant pour un exploiteur libyen, avant d’être embarqué sur un Zodiac bourré de migrants en partance pour la côte italienne. Recueilli par les Italiens, il entreprend ensuite la traversée clandestine des Alpes, résolu à venir en France. L’accueil des Français est mitigé. De Chambéry à Carpentras, Mamadou va connaître les foyers, les interrogatoires interminables, la radio du squelette pour déterminer s’il est mineur, sans compter l’obstacle de la langue, de l’administration et le handicap de ne savoir ni lire ni écrire. Car le souhait le plus cher de Mamadou, c’est d’étudier. Aidé par Nadia Goralski, il apprend à lire et à écrire, fréquente le collège, s’initie à un métier. Il ressent alors le besoin de raconter son périple, d’exprimer les douleurs retenues. C’est à Nadia qu’il se confie, c’est elle qui sera sa plume. Elle s’est attachée à restituer la voix de Mamadou dans sa simplicité, sa poésie, et même sa maladresse. Car rien mieux que cette voix ne peut nous faire comprendre la dureté de ce parcours et l’énergie de vivre qui habite ce jeune homme.

Avis Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Je n’ai pas pu apprécier ce témoignage autant que j’aurais dû. En effet, jusqu’à la page 31, 2 pages sur 4 étaient imprimées. D’autres étaient blanches. Donc, j’avais peu d’éléments quant à sa vie en Guinée, son arrivée en Lybie et les affrontements qui ont eu lieu lorsqu’il a perdu ses parents.

C’est donc l’histoire vraie d’un migrant, qui a tout perdu, notamment sa famille. Comment un jeune homme qui parle très peu le français peut arriver à s’en sortir ? Ce sont ses mots, des mots que l’on pourrait penser tirés d’un enfant. Mais ce sont les mots d’un jeune homme qui apprend une langue, qui garde ses souvenirs enfouis en lui.

De Lybie, il n’a su qu’au dernier moment où il partait. Il a vu les rues jonchées de morts à cause de la guerre. Il a vu la mer jonchée de morts à cause de ces bateaux remplis plus qu’il n’en faut de migrants. Ensuite, cela a été son arrivée en Italie où il ne comprenait pas la langue, où il a subi divers examens, tout comme en France. Franchement, en lisant cela, on peut comprendre ce que vivent ces personnes qui cherchent un meilleur avenir. Il y a, certes, la barrière de la langue, mais ils peuvent tomber sur des bureaucrates qui n’ont rien à faire dans ces bureaux, qui obéissent peut-être aux ordres, mais qui n’ont rien d’humain.

D’un autre côté, heureusement qu’il y a de belles rencontres, que les Français, mais aussi les Italiens, ont un sacré sens d’aide envers leurs prochains. Ce jeune homme, Mamadou, a su s’intégrer grâce à sa forte envie d’apprendre, de faire des études. Grâce à son sourire, ses rires, Mamadou a su se faire des amis.

Une très belle leçon de courage, une très belle leçon de vie, une très belle leçon d’aide. Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Date de sortie : septembre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 90

ISBN : 978-2-330-12571-4

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy, présentation de l’éditeur

Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.

Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle. 

Avis Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Je découvre mon premier Julien Dufresne-Lamy dans un roman destiné aux adultes. J’ai déjà lu quelques uns de ses romans destinés à un jeune public. Quand un auteur ne se cantonne pas à un seul genre de public, cela permet de découvrir tous ses talents. Il est possible de faire passer de nombreux messages quand on écrit pour un jeune public. Et cela fonctionne très bien avec Julien Dufresne-Lamy. Il est également possible de faire passer de nombreux messages à un public adulte. Est-ce que cela fonctionne mieux ? Cela dépend de l’ouverture d’esprit de ce public adulte. Car le sujet développé par Julien Dufresne-Lamy concerne les drag queens, les jolis monstres, leur vie avant, pendant et après les années sida. Je mets après entre guillemets car la maladie n’est pas éradiquée, loin de là, même s’il y a des traitements et que le monde semble se protéger. Même si ces derniers temps, le recul sur la protection lors de rapports sexuels a été annoncé. D’ailleurs, l’auteur en fait état dans ce roman. Je remercie Julien Dufresne-Lamy de m’avoir contacté sur Facebook pour que son éditeur m’envoie son livre. Je le remercie également pour sa dédicace.

Bref, après ce long paragraphe, plongeons-nous dans ses Jolis, jolis monstres. Un roman qui rend hommage aux drag-queens, des hommes qui assurent le show, la nuit, et se transforment en femmes. Un roman qui leur rend hommage, qui permet de les comprendre, de savoir ce qu’elles ont vécu, bien souvent enduré, car en première ligne, lorsque la maladie est tombée. C’est un monde de fêtes, de drogues, de shows, de familles, d’amitiés également. Mais elles ont été vilipendées, chassées, tuées car elles ne correspondaient à aucun standard. Il y a également de la souffrance, mais des femmes qui se soutiennent mutuellement même si la rivalité peut être de mise, comme pour tout.

Par la voix de James-Lady Prudence et ensuite d’Hector, on assiste à un retour en arrière mais aussi ce présent où tous les deux se racontent et racontent l’autre. On peut être drag-queen mais rester un homme. Et pour cela, on assiste à la transformation de Victor. Ce n’est pas simple pour lui. Mais heureusement qu’il a trouvé celle qui va le révéler à lui-même et qui va jouer un rôle prépondérant dans sa future carrière et dans sa vie personnelle.

Pour moi, cela a été un régal de côtoyer tous ces personnages, d’entrer dans leur vie, de faire partie, grâce aux mots de Julien Dufresne-Lamy, de ces Jolis Monstres qui ne doivent pas rester enfermés. Même si en plus de 30 ans, les idées ont évolué, les gens semblent moins coincés, il restera toujours quelques personnes pour commettre des actes odieux contre ceux qui paraissent différents. Pour preuve, les différentes agressions et attentats. En quelques jours, j’ai vécu avec elles, j’ai remonté le temps au moment où j’étais une adolescente, fan de Madonna. Les mots sont percutants, sensibles. Outre cette culture drag-queen, il permet de démontrer à tout un chacun de vivre sa vie comme il l’entend et d’être soi malgré le quand dira-t-on. Une bouffée d’air frais qui fait du bien et qui permet de s’évader d’un quotidien pas toujours au top. Entrez dans cette culture drag-queen, vivez avec ces personnages aussi sensibles qu’attachants pour en sortir grandi avec des étoiles plein les yeux, un sourire aux lèvres, mais aussi en ayant appris encore quelque chose. C’est ça le pouvoir des livres.

Merci à Julien Dufresne-Lamy et aux Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : 22 août 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 416

ISBN : 9782714479853

 

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël Dicker - Editions de Fallois

La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker – Editions de Fallois

Résumé La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Le 30 août 1975, une jeune fille disparaît. Le meurtre d’une vieille dame a lieu.

33 ans après, Marcus a écrit sur l’affaire après la découverte d’ossements dans le jardin d’Harry Quebert, son ancien professeur d’université.

Avis La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Quand un écrivain prend la place d’un autre écrivain. C’est Joël Dicker qui devient Marcus Goldman et qui applique les conseils de son mentor, Harry Quebert, dispensés au fil de leur amitié, des cours donnés par l’un à l’autre. Ce sont donc 31 conseils qui vont dans l’ordre décroissant et qui correspondent à 31 chapitres. Conseils d’un écrivain à un autre.

Coup de coeur +++ pour ce roman, pour son auteur, pour son histoire, pour son style. Cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Ce roman n’est pas réellement un polar, même s’il en a tous les ingrédients. Je ne m’attendais pas à lire ce type de sujet. En effet, ne lisant pas les 4ème de couverture, je n’étais pas trop au fait du sujet. J’étais partie dans l’idée que l’auteur avait réellement enquêté sur Harry Quebert et qu’il donnait les résultats de son enquête. Quelle surprise quand je me retrouve avec un autre auteur, dans le roman, Marcus Goldman. Passée cette surprise, je me suis lancée et avec addiction dans ce roman prêté par une collègue de travail.

J’ai adoré tous les personnages de ce roman, qu’ils soient d’Aurora et de New-York. On comprend très bien pourquoi Marcus a été ce qu’il a été lorsqu’il était plus jeune. Il avait décidé d’être le meilleur partout, d’avoir la reconnaissance de tous. Mais il n’a jamais voulu se frotter à plus fort que lui. Sa rencontre avec Harry Quebert, son professeur d’université et son mentor, va changer la donne. A force de conseils, Marcus deviendra l’écrivain qu’il souhaite être. Mais comme bon nombre d’entre eux, il n’arrivera pas à écrire ce fameux second roman. Il faudra, pour cela, cette enquête qui donnera vie à Nola et à ce qui s’est passé il y a trente ans. Ce roman est un polar car il en a tous les ingrédients avec ces menaces, cette arrestation, cette enquête qui semble piétiner et un lien entre un romancier et un enquêteur qui vont tenter de mettre en lumière toute l’affaire. Marcus, au fur et à mesure, veut écrire toute la vérité, mais il veut le faire à son rythme, sans être pressé. Sauf que le temps, c’est de l’argent. Des fuites vont mettre à mal ses nombreuses relations, des éléments du passé également mais aussi quelques phrases qu’il devra élucider et cela ne se fait pas comme ça.

Ce roman n’est pas un polar car il traite de nombreux sujets comme l’écriture d’un roman, le monde de l’édition, mais aussi l’amour entre un homme mur et une jeune fille de 15 ans. Il y a 30 ans, ils devaient se cacher et encore aujourd’hui, cela est mal perçu. Personne ne peut comprendre. Pourtant, qu’est-ce que les mots sont beaux pour décrire cet amour, comme celui entre cet homme qui a tout perdu quand il était jeune et cette jeune fille, Nola. Ce roman est un livre sur l’amour, en définitive car il concerne également celui de certains personnages secondaires. Le roman traite également des maladies psychologiques, psychiatriques. A ce moment-là, les Etats-Unis réagissaient comme la France. Il y a également l’élection de Barack Obama, les relations entre une mère, qui s’incruste, et son fils, les préjugés contre les Juifs et les homosexuels. On est prêt à encenser un génie mais lorsque les faits se liguent contre lui, il est vite descendu. Ce roman démontre encore que les Etats-Unis sont un pays bien prude avec de nombreux travers dans sa société.

L’auteur mêle avec brio passé et présent. Tout s’emboîte parfaitement, je n’ai jamais eu l’impression d’être perdue. D’ailleurs, on avance avec Marcus dans son enquête. On se dit qu’il a oublié quelque chose dans sa quête, comme il l’annonçait. Mais c’est pour mieux rebondir après. Aucun temps mort, les éléments s’emboitent parfaitement, les liens sont impeccables avec une narration parfaite.

Marcus Goldman et donc Joël Dicker ont réussi leur mission. Ils ont appliqué les 31 conseils et permettent à ce roman d’être inoubliable pour le lecteur. J’ai fermé la dernière page, certes, de ce roman, mais je n’ai pas fermé ma porte à l’auteur que j’ai découvert et je pense, c’est même sûr, que cela ne sera pas ma dernière lecture de Joël Dicker.

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Date de sortie : 18 septembre 2012

Editeur : De Fallois

Nombre de pages : 670

ISBN : 978-2-87706-816-1

Face nord de Jean-Marie Defossez

Face Nord de Jean-Marie Defossez - Editions Flammarion Jeunesse

Face Nord de Jean-Marie Defossez – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé Face nord de Jean-Marie Defossez

Stéphane, Julie et Eric escaladent la face nord des Grandes Jurasses. Ils sont pratiquement au sommet. Eric, premier de cordée, veut vaincre, surtout pour impressionner Julie, dont il est amoureux.

Mais la météo n’est pas clémente. Le temps change très rapidement.

Avis Face nord de Jean-Marie Defossez

Une histoire magnifique entre trois adolescents et une montagne qu’ils tentent de gravir pour être parmi les premiers à franchir son sommet. Ce sont trois jeunes qui se connaissent depuis l’enfance, soit 7 ans, lorsqu’ils se rencontrent au club d’escalade et au collège. Nous avons le premier de cordée, celui qui doit protéger les deux autres et, en définitive, le chef de l’équipe, Eric. Ce jeune garçon est solaire, tout semble lui réussir, tant dans ses contacts avec les autres qu’en escalade. Pourtant, il souffre d’un élément fondamental qui peut le faire échouer, le vertige. C’est dû à un élément de son passé. Ensuite, il y a Stéphane, le plus grand du groupe, le plus endurant mais pas le plus à l’aise avec les autres car il a peur de faire mal. Et la seule fille du groupe, Julie, qui n’a pas confiance en elle, qui subit constamment les quolibets des autres à cause de ses taches de rousseur. Une profonde histoire d’amitié entre ces trois-là. Ils se sont trouvés et ne vont plus se quitter. Ils affronteront leurs éventuels soucis en escalade, soudés les uns les autres, s’encourageant quant ils en ont besoin. Mais bien entendu, certains voudront avancer plus vite que les autres. Est-ce que leur amitié en pâtira ? Peut-être pas.

Entre eux trois, il y a cet amour pour la montagne. Et qui dit montagne, dit forcément nature qui peut être plus forte que les êtres humains. C’est ce qu’ils découvriront lors de leur escalade des Grandes Jurasses. Pratiquement arrivés au sommet, le temps change et ils devront faire face aux pires conditions surtout lorsque l’un des trois est gravement blessé. Lorsque le froid se fait de plus en plus mordant, avec un blessé, il faut tenter avant tout de survivre pour ne pas s’endormir. Sinon, c’est la mort. C’est ce que l’auteur nous détaille, l’expérience de ces trois jeunes gens, par la voix de Julie. Qui est le plus téméraire des trois ? Malgré leur profonde amitié, seront-ils réellement soudés pour s’en sortir ? Une amitié si intense qu’il faut vraiment se connaître à fond, fusionnelle pour que l’on sache ce que l’autre va faire, comment il va appréhender les problèmes.

Il y a l’amour de cette montagne, mais il peut y avoir également l’amour entre cette fille et ces deux garçons. Qui tombera amoureux de l’autre? Cet amour sera-t-il payé de retour ? L’auteur nous décrit très bien les affres des uns et des autres, comment l’amour peut grandir et de quelle façon. Une amitié amoureuse qui pourrait souffrir de l’arrivée d’une nouvelle personne dans leur trio, de la jalousie, de vouloir démontrer à l’autre qu’on est le meilleur.

Un roman très beau, très sensible qui démontre bien que l’amitié est très importante, que le sport peut être vecteur d’entraide, d’endurance mais aussi de conditions difficiles. L’auteur a mélangé les évènements du jour et la rencontre entre eux trois, l’évolution de leur amitié. Au fur et à mesure des années, ils ont grandi les uns avec les autres. Il y a également cette peur du survivant qui pense ne plus être le héros, qui pense avoir mis en danger et être responsable. Mais là, une rencontre va tout changer.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette très belle lecture.

Face nord de Jean-Marie Defossez

Date de sortie : 27 mars 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 157

ISBN : 978-2-0814-4946-6

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

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Résumé Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Emily Brontë meurt à l’âge de 30 ans, quelques semaines après son frère.

Elle n’a pas voulu se soigner. Elle est entourée de ses deux soeurs et son père.

Avis Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Dans la famille Brontë, on demande l’auteur d’un seul roman qui aura du succès après sa mort, Les Hauts de Hurlevent. Cet auteur est Emily Brontë, morte à 30 ans des suites de maladie. Elle est la soeur d’Anne, Charlotte et Branwell Brontë. Ses frères et soeurs sont également morts très jeunes. Seules Anne et Charlotte ont connu du succès du temps de leur vivant. Deux siècles plus tard, les livres de ces femmes s’achètent toujours autant, se lisent toujours autant et sont toujours étudiés.

Emily Brontë ne laisse que ses écrits pour parler d’elle, et encore ils n’ont pas tous été retrouvés. Le reste n’est qu’interprétations, études de la vie de la famille, témoignages de ceux qui lui ont survécu ou encore la passion d’un auteur qui, adolescente, découvre les Hauts de Hurlevent. Il a fallu des années pour tenter d’écrire sur un tel personnage, amasser quantité d’informations pour écrire cette biographie qui comporte de nombreux vers de l’auteur pour coller à l’époque de la vie d’Emily Brontë.

Le père d’Emily Brontë a pris en charge l’éducation de son unique fils. Ce dernier présente, déjà, des soucis psychologiques. Il doit donc être protégé. Le manque d’argent est présent. Les filles, après la mort de leur mère, prendront en charge l’entretien de la maison avec leur tante qui les éduquera. Mais tous ont du temps libre pour parcourir les landes, lire encore et toujours, que ce soit des journaux, des livres, et surtout écrire à plusieurs mains. Raconter des histoires issues de leur imagination mais aussi de tout ce qu’ils peuvent lire. En ce temps-là, le père va tenter de faire instruire leurs filles. Mais cela se passe mal. Deux tombent malades et meurent. Les suivantes, Charlotte et surtout Emily, n’auront de cesse que de revenir chez elles. Charlotte, qui devient l’aînée de la famille, a toujours eu à coeur de parcourir l’Europe. Elle y parviendra en travaillant et en s’instruisant. Emily s’est rapprochée de sa jeune soeur, Anne. Une relation qui unira pendant de nombreuses années les petites filles, devenues grandes. Emily, avec son caractère entier, prompt à la colère, aide les plus faibles. Elle sera la seule à tenter d’adoucir les derniers mois de vie de son frère.
 
Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la vie des Brontë, et en particulier, celle d’Emily, on fait connaissance avec une enfant très intelligente, qui très vite connaît la nature humaine, elle qui ne se lie à personne, et donc ses faiblesses. Emily se caractérise par sa beauté, comme tous les enfants Brontë, par des attitudes très emportées, mais aussi par une propension à la solitude. Solitude due aux décès de sa mère, en premier, et de proches. Elle n’a pas pu recevoir de l’amour et donc ne sait pas comment le donner. Elle a voulu être aimée et aimer. Très vite, l’endroit où elle vit est son refuge, sa maison et en particulier la lande, source d’inspiration qui ne se tarit pas. Faune et flore, Emily a tout compris. La solitude d’Emily est due à cet abandon. Le père n’est pas extrêmement proche de ses enfants. Emily ne veut aucune contrainte, elle veut être libre, même si elle réalise les nombreuses tâches ménagères qui lui incombent. Dans cette biographie, émaillée des nombreux vers d’Emily Brontë, qui permettent de comprendre son état d’esprit, on assiste à la culpabilité énormément présente chez Emily, à son évolution en tant que poétesse, écrivain, aux problèmes qu’elle a pour assumer sa féminité, à ses nombreux cauchemars. La lande, écrire lui servent de refuge. Ses différents séjours à l’extérieur ont été profitables dans une certaine mesure. Emily, tout comme ses frère et soeurs, ont pratiquement vécu en autarcie. Est-ce que cela leur a suffi ? A Charlotte, non, qui a toujours voulu partir. A Emily ? Cela ne l’a pas aidé. Mais aurait-elle, pour autant, donné toute sa plénitude à ses écrits  ?
 
J’aime découvrir la vie des gens, que ce soit dans les romans ou dans les biographies. Cela permet de s’approprier un peu le personnage, de le comprendre surtout. Quand on ne le connait pas, on le découvre. Pour moi, cela a été le cas ici. J’avais peur de m’ennuyer, de ne pas tout comprendre. Cela a été un peu le cas concernant les vers, la poésie d’Emily Brontë. Je n’ai pas eu le temps de m’y pencher trop dessus. Je pense que, pour cela, il faut être vraiment en condition. 
 
Je remer19cie Babelio pour cette édition Masse Critique ainsi que les Editions Ecriture.
 

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Date de sortie : 11 avril 2018

Editeur : Ecriture

Nombre de pages : 305

ISBN : 978-2-3590-5278-7

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Punir d'aimer d'Octavie Delvaux

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux – Editions La Musardine

Présentation de l’éditeur Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Vingt-deux histoires érotiques de la virtuose Octavie Delvaux, qui font la part belle aux jeux BDSM et à la transgression.

Ce qui caractérise les nouvelles d’Octavie Delvaux, c’est leur mécanique implacable, associée à la variété des situations. Quand son imagination se met en marche, il en résulte des histoires aussi débridées que surprenantes. Sa plume est tour à tour cynique lorsque la narratrice se fait dominatrice, tendre lorsqu’elle évoque le passé de personnages chers à son cœur, enflammée lorsqu’elle traduit la passion et les coups de foudre sexuels.

Dans ce recueil, le lecteur voyagera dans le temps et l’espace, il croisera une dominatrice en attente de ses « cadeaux de noël », un vampire soumis, un robot sexuel, des vagabonds en route pour le grand Ouest américain, une comtesse rattrapée par ses frustrations sexuelles et bien d’autres personnages hauts en couleurs…

Novelliste confirmée, Octavie Delvaux déploie ici toute l’étendue de son talent, et livre vingt-deux textes uniques en leur genre, où l’insolence du ton, la perversité des situations et le style ciselé entrent en parfaite harmonie avec l’originalité des thèmes abordés.

Octavie Delvaux est l’une des figures majeures de la littérature érotique contemporaine. La parution de son premier roman, Sex in the kitchen, une comédie romantique débridée, l’a révélée au grand public en 2013. Elle est également l’auteure de Osez dresser votre mari,Osez 50 scénarios SM et d’un recueil de nouvelles, À cœur pervers. Depuis 2017, elle dirige la collection « Point G. », consacrée à la littérature érotique féminine.

Avis Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Voici les dernières nouvelles d’Octavie Delvaux. Je tiens à m’excuser de les lire si en retard par rapport à l’envoi de l’éditeur, que je remercie. Mais quel bonheur de lire ces nouvelles.

Voici mes préférées, sans ordre précis, sauf celui de la lecture. Je ne veux pas dire que les autres sont bonnes à jeter, loin de là.

  • Thirst, qui est une histoire vécue par Octavie Delvaux ;
  • Don Juan ;
  • Blue Velvet ;
  • Voyage en avion ;
  • Esprit de Noël ;
  • Ca chauffe en cuisine ;
  • La fille du tailleur et les 3 mendiants ;
  • Activités de plein air ;
  • Le chien ;
  • Souffre douleur.

Octavie Delvaux met en scène divers personnages. Ses héros peuvent être masculins, féminins, animaux, vivre de nos jours, avoir expérimenté il y a quelques années ou remonter beaucoup plus loin à la Cour de Versailles. Avec son réel talent de conteuse, les nouvelles sont courtes mais amplement suffisantes. Elle va à l’essentiel tout en s’attardant, avec succès et talent, sur des paysages, grandeur nature et réellement représentatifs, des tranches de vie quotidienne et ce qui peut se passer dans des appartements, lors de rencontres fortuites.

Ce sont des doutes, des angoisses, des désirs, des rêves érotiques qui se réalisent ou pas. Nous avons également cette société bridée, prête à la délation et ce pour n’importe quel sujet. Alors, quand ça touche au sexe, n’en parlons pas. Elle extrapole, je pense, avec succès, sur ce monde virtuel avec des personnes, qui ressemblent parfaitement à des personnes de chair et de sang, dont les relations seront tarifées et qui sauront se plier aux désirs de tout un chacun. Pas de violences sexuelles dans ces nouvelles, juste le consentement entre un homme et une femme, deux femmes… Ce sont aussi des problèmes de couples, des ruptures, des rencontres qui ne dureront que le temps d’une relation.

Dans ces nouvelles, une belle part est donnée aux relations BDSM avec des femmes dominantes qui ont les hommes à leurs pieds. Ce sont des Maîtresses, elles leur font faire ce que bon leur semble. Mais attention, elles doivent toujours être au top et ne jamais montrer la moindre faiblesse sous peine de perdre la suprématie.

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Date de sortie : 14 février 2019

Editeur : La Musardine

Nombre de pages : 364

ISBN :  978-2-36490-518-4