La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël Dicker - Editions de Fallois

La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker – Editions de Fallois

Résumé La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Le 30 août 1975, une jeune fille disparaît. Le meurtre d’une vieille dame a lieu.

33 ans après, Marcus a écrit sur l’affaire après la découverte d’ossements dans le jardin d’Harry Quebert, son ancien professeur d’université.

Avis La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Quand un écrivain prend la place d’un autre écrivain. C’est Joël Dicker qui devient Marcus Goldman et qui applique les conseils de son mentor, Harry Quebert, dispensés au fil de leur amitié, des cours donnés par l’un à l’autre. Ce sont donc 31 conseils qui vont dans l’ordre décroissant et qui correspondent à 31 chapitres. Conseils d’un écrivain à un autre.

Coup de coeur +++ pour ce roman, pour son auteur, pour son histoire, pour son style. Cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Ce roman n’est pas réellement un polar, même s’il en a tous les ingrédients. Je ne m’attendais pas à lire ce type de sujet. En effet, ne lisant pas les 4ème de couverture, je n’étais pas trop au fait du sujet. J’étais partie dans l’idée que l’auteur avait réellement enquêté sur Harry Quebert et qu’il donnait les résultats de son enquête. Quelle surprise quand je me retrouve avec un autre auteur, dans le roman, Marcus Goldman. Passée cette surprise, je me suis lancée et avec addiction dans ce roman prêté par une collègue de travail.

J’ai adoré tous les personnages de ce roman, qu’ils soient d’Aurora et de New-York. On comprend très bien pourquoi Marcus a été ce qu’il a été lorsqu’il était plus jeune. Il avait décidé d’être le meilleur partout, d’avoir la reconnaissance de tous. Mais il n’a jamais voulu se frotter à plus fort que lui. Sa rencontre avec Harry Quebert, son professeur d’université et son mentor, va changer la donne. A force de conseils, Marcus deviendra l’écrivain qu’il souhaite être. Mais comme bon nombre d’entre eux, il n’arrivera pas à écrire ce fameux second roman. Il faudra, pour cela, cette enquête qui donnera vie à Nola et à ce qui s’est passé il y a trente ans. Ce roman est un polar car il en a tous les ingrédients avec ces menaces, cette arrestation, cette enquête qui semble piétiner et un lien entre un romancier et un enquêteur qui vont tenter de mettre en lumière toute l’affaire. Marcus, au fur et à mesure, veut écrire toute la vérité, mais il veut le faire à son rythme, sans être pressé. Sauf que le temps, c’est de l’argent. Des fuites vont mettre à mal ses nombreuses relations, des éléments du passé également mais aussi quelques phrases qu’il devra élucider et cela ne se fait pas comme ça.

Ce roman n’est pas un polar car il traite de nombreux sujets comme l’écriture d’un roman, le monde de l’édition, mais aussi l’amour entre un homme mur et une jeune fille de 15 ans. Il y a 30 ans, ils devaient se cacher et encore aujourd’hui, cela est mal perçu. Personne ne peut comprendre. Pourtant, qu’est-ce que les mots sont beaux pour décrire cet amour, comme celui entre cet homme qui a tout perdu quand il était jeune et cette jeune fille, Nola. Ce roman est un livre sur l’amour, en définitive car il concerne également celui de certains personnages secondaires. Le roman traite également des maladies psychologiques, psychiatriques. A ce moment-là, les Etats-Unis réagissaient comme la France. Il y a également l’élection de Barack Obama, les relations entre une mère, qui s’incruste, et son fils, les préjugés contre les Juifs et les homosexuels. On est prêt à encenser un génie mais lorsque les faits se liguent contre lui, il est vite descendu. Ce roman démontre encore que les Etats-Unis sont un pays bien prude avec de nombreux travers dans sa société.

L’auteur mêle avec brio passé et présent. Tout s’emboîte parfaitement, je n’ai jamais eu l’impression d’être perdue. D’ailleurs, on avance avec Marcus dans son enquête. On se dit qu’il a oublié quelque chose dans sa quête, comme il l’annonçait. Mais c’est pour mieux rebondir après. Aucun temps mort, les éléments s’emboitent parfaitement, les liens sont impeccables avec une narration parfaite.

Marcus Goldman et donc Joël Dicker ont réussi leur mission. Ils ont appliqué les 31 conseils et permettent à ce roman d’être inoubliable pour le lecteur. J’ai fermé la dernière page, certes, de ce roman, mais je n’ai pas fermé ma porte à l’auteur que j’ai découvert et je pense, c’est même sûr, que cela ne sera pas ma dernière lecture de Joël Dicker.

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Date de sortie : 18 septembre 2012

Editeur : De Fallois

Nombre de pages : 670

ISBN : 978-2-87706-816-1

Face nord de Jean-Marie Defossez

Face Nord de Jean-Marie Defossez - Editions Flammarion Jeunesse

Face Nord de Jean-Marie Defossez – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé Face nord de Jean-Marie Defossez

Stéphane, Julie et Eric escaladent la face nord des Grandes Jurasses. Ils sont pratiquement au sommet. Eric, premier de cordée, veut vaincre, surtout pour impressionner Julie, dont il est amoureux.

Mais la météo n’est pas clémente. Le temps change très rapidement.

Avis Face nord de Jean-Marie Defossez

Une histoire magnifique entre trois adolescents et une montagne qu’ils tentent de gravir pour être parmi les premiers à franchir son sommet. Ce sont trois jeunes qui se connaissent depuis l’enfance, soit 7 ans, lorsqu’ils se rencontrent au club d’escalade et au collège. Nous avons le premier de cordée, celui qui doit protéger les deux autres et, en définitive, le chef de l’équipe, Eric. Ce jeune garçon est solaire, tout semble lui réussir, tant dans ses contacts avec les autres qu’en escalade. Pourtant, il souffre d’un élément fondamental qui peut le faire échouer, le vertige. C’est dû à un élément de son passé. Ensuite, il y a Stéphane, le plus grand du groupe, le plus endurant mais pas le plus à l’aise avec les autres car il a peur de faire mal. Et la seule fille du groupe, Julie, qui n’a pas confiance en elle, qui subit constamment les quolibets des autres à cause de ses taches de rousseur. Une profonde histoire d’amitié entre ces trois-là. Ils se sont trouvés et ne vont plus se quitter. Ils affronteront leurs éventuels soucis en escalade, soudés les uns les autres, s’encourageant quant ils en ont besoin. Mais bien entendu, certains voudront avancer plus vite que les autres. Est-ce que leur amitié en pâtira ? Peut-être pas.

Entre eux trois, il y a cet amour pour la montagne. Et qui dit montagne, dit forcément nature qui peut être plus forte que les êtres humains. C’est ce qu’ils découvriront lors de leur escalade des Grandes Jurasses. Pratiquement arrivés au sommet, le temps change et ils devront faire face aux pires conditions surtout lorsque l’un des trois est gravement blessé. Lorsque le froid se fait de plus en plus mordant, avec un blessé, il faut tenter avant tout de survivre pour ne pas s’endormir. Sinon, c’est la mort. C’est ce que l’auteur nous détaille, l’expérience de ces trois jeunes gens, par la voix de Julie. Qui est le plus téméraire des trois ? Malgré leur profonde amitié, seront-ils réellement soudés pour s’en sortir ? Une amitié si intense qu’il faut vraiment se connaître à fond, fusionnelle pour que l’on sache ce que l’autre va faire, comment il va appréhender les problèmes.

Il y a l’amour de cette montagne, mais il peut y avoir également l’amour entre cette fille et ces deux garçons. Qui tombera amoureux de l’autre? Cet amour sera-t-il payé de retour ? L’auteur nous décrit très bien les affres des uns et des autres, comment l’amour peut grandir et de quelle façon. Une amitié amoureuse qui pourrait souffrir de l’arrivée d’une nouvelle personne dans leur trio, de la jalousie, de vouloir démontrer à l’autre qu’on est le meilleur.

Un roman très beau, très sensible qui démontre bien que l’amitié est très importante, que le sport peut être vecteur d’entraide, d’endurance mais aussi de conditions difficiles. L’auteur a mélangé les évènements du jour et la rencontre entre eux trois, l’évolution de leur amitié. Au fur et à mesure des années, ils ont grandi les uns avec les autres. Il y a également cette peur du survivant qui pense ne plus être le héros, qui pense avoir mis en danger et être responsable. Mais là, une rencontre va tout changer.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette très belle lecture.

Face nord de Jean-Marie Defossez

Date de sortie : 27 mars 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 157

ISBN : 978-2-0814-4946-6

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

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Résumé Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Emily Brontë meurt à l’âge de 30 ans, quelques semaines après son frère.

Elle n’a pas voulu se soigner. Elle est entourée de ses deux soeurs et son père.

Avis Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Dans la famille Brontë, on demande l’auteur d’un seul roman qui aura du succès après sa mort, Les Hauts de Hurlevent. Cet auteur est Emily Brontë, morte à 30 ans des suites de maladie. Elle est la soeur d’Anne, Charlotte et Branwell Brontë. Ses frères et soeurs sont également morts très jeunes. Seules Anne et Charlotte ont connu du succès du temps de leur vivant. Deux siècles plus tard, les livres de ces femmes s’achètent toujours autant, se lisent toujours autant et sont toujours étudiés.

Emily Brontë ne laisse que ses écrits pour parler d’elle, et encore ils n’ont pas tous été retrouvés. Le reste n’est qu’interprétations, études de la vie de la famille, témoignages de ceux qui lui ont survécu ou encore la passion d’un auteur qui, adolescente, découvre les Hauts de Hurlevent. Il a fallu des années pour tenter d’écrire sur un tel personnage, amasser quantité d’informations pour écrire cette biographie qui comporte de nombreux vers de l’auteur pour coller à l’époque de la vie d’Emily Brontë.

Le père d’Emily Brontë a pris en charge l’éducation de son unique fils. Ce dernier présente, déjà, des soucis psychologiques. Il doit donc être protégé. Le manque d’argent est présent. Les filles, après la mort de leur mère, prendront en charge l’entretien de la maison avec leur tante qui les éduquera. Mais tous ont du temps libre pour parcourir les landes, lire encore et toujours, que ce soit des journaux, des livres, et surtout écrire à plusieurs mains. Raconter des histoires issues de leur imagination mais aussi de tout ce qu’ils peuvent lire. En ce temps-là, le père va tenter de faire instruire leurs filles. Mais cela se passe mal. Deux tombent malades et meurent. Les suivantes, Charlotte et surtout Emily, n’auront de cesse que de revenir chez elles. Charlotte, qui devient l’aînée de la famille, a toujours eu à coeur de parcourir l’Europe. Elle y parviendra en travaillant et en s’instruisant. Emily s’est rapprochée de sa jeune soeur, Anne. Une relation qui unira pendant de nombreuses années les petites filles, devenues grandes. Emily, avec son caractère entier, prompt à la colère, aide les plus faibles. Elle sera la seule à tenter d’adoucir les derniers mois de vie de son frère.
 
Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la vie des Brontë, et en particulier, celle d’Emily, on fait connaissance avec une enfant très intelligente, qui très vite connaît la nature humaine, elle qui ne se lie à personne, et donc ses faiblesses. Emily se caractérise par sa beauté, comme tous les enfants Brontë, par des attitudes très emportées, mais aussi par une propension à la solitude. Solitude due aux décès de sa mère, en premier, et de proches. Elle n’a pas pu recevoir de l’amour et donc ne sait pas comment le donner. Elle a voulu être aimée et aimer. Très vite, l’endroit où elle vit est son refuge, sa maison et en particulier la lande, source d’inspiration qui ne se tarit pas. Faune et flore, Emily a tout compris. La solitude d’Emily est due à cet abandon. Le père n’est pas extrêmement proche de ses enfants. Emily ne veut aucune contrainte, elle veut être libre, même si elle réalise les nombreuses tâches ménagères qui lui incombent. Dans cette biographie, émaillée des nombreux vers d’Emily Brontë, qui permettent de comprendre son état d’esprit, on assiste à la culpabilité énormément présente chez Emily, à son évolution en tant que poétesse, écrivain, aux problèmes qu’elle a pour assumer sa féminité, à ses nombreux cauchemars. La lande, écrire lui servent de refuge. Ses différents séjours à l’extérieur ont été profitables dans une certaine mesure. Emily, tout comme ses frère et soeurs, ont pratiquement vécu en autarcie. Est-ce que cela leur a suffi ? A Charlotte, non, qui a toujours voulu partir. A Emily ? Cela ne l’a pas aidé. Mais aurait-elle, pour autant, donné toute sa plénitude à ses écrits  ?
 
J’aime découvrir la vie des gens, que ce soit dans les romans ou dans les biographies. Cela permet de s’approprier un peu le personnage, de le comprendre surtout. Quand on ne le connait pas, on le découvre. Pour moi, cela a été le cas ici. J’avais peur de m’ennuyer, de ne pas tout comprendre. Cela a été un peu le cas concernant les vers, la poésie d’Emily Brontë. Je n’ai pas eu le temps de m’y pencher trop dessus. Je pense que, pour cela, il faut être vraiment en condition. 
 
Je remer19cie Babelio pour cette édition Masse Critique ainsi que les Editions Ecriture.
 

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Date de sortie : 11 avril 2018

Editeur : Ecriture

Nombre de pages : 305

ISBN : 978-2-3590-5278-7

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Punir d'aimer d'Octavie Delvaux

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux – Editions La Musardine

Présentation de l’éditeur Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Vingt-deux histoires érotiques de la virtuose Octavie Delvaux, qui font la part belle aux jeux BDSM et à la transgression.

Ce qui caractérise les nouvelles d’Octavie Delvaux, c’est leur mécanique implacable, associée à la variété des situations. Quand son imagination se met en marche, il en résulte des histoires aussi débridées que surprenantes. Sa plume est tour à tour cynique lorsque la narratrice se fait dominatrice, tendre lorsqu’elle évoque le passé de personnages chers à son cœur, enflammée lorsqu’elle traduit la passion et les coups de foudre sexuels.

Dans ce recueil, le lecteur voyagera dans le temps et l’espace, il croisera une dominatrice en attente de ses « cadeaux de noël », un vampire soumis, un robot sexuel, des vagabonds en route pour le grand Ouest américain, une comtesse rattrapée par ses frustrations sexuelles et bien d’autres personnages hauts en couleurs…

Novelliste confirmée, Octavie Delvaux déploie ici toute l’étendue de son talent, et livre vingt-deux textes uniques en leur genre, où l’insolence du ton, la perversité des situations et le style ciselé entrent en parfaite harmonie avec l’originalité des thèmes abordés.

Octavie Delvaux est l’une des figures majeures de la littérature érotique contemporaine. La parution de son premier roman, Sex in the kitchen, une comédie romantique débridée, l’a révélée au grand public en 2013. Elle est également l’auteure de Osez dresser votre mari,Osez 50 scénarios SM et d’un recueil de nouvelles, À cœur pervers. Depuis 2017, elle dirige la collection « Point G. », consacrée à la littérature érotique féminine.

Avis Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Voici les dernières nouvelles d’Octavie Delvaux. Je tiens à m’excuser de les lire si en retard par rapport à l’envoi de l’éditeur, que je remercie. Mais quel bonheur de lire ces nouvelles.

Voici mes préférées, sans ordre précis, sauf celui de la lecture. Je ne veux pas dire que les autres sont bonnes à jeter, loin de là.

  • Thirst, qui est une histoire vécue par Octavie Delvaux ;
  • Don Juan ;
  • Blue Velvet ;
  • Voyage en avion ;
  • Esprit de Noël ;
  • Ca chauffe en cuisine ;
  • La fille du tailleur et les 3 mendiants ;
  • Activités de plein air ;
  • Le chien ;
  • Souffre douleur.

Octavie Delvaux met en scène divers personnages. Ses héros peuvent être masculins, féminins, animaux, vivre de nos jours, avoir expérimenté il y a quelques années ou remonter beaucoup plus loin à la Cour de Versailles. Avec son réel talent de conteuse, les nouvelles sont courtes mais amplement suffisantes. Elle va à l’essentiel tout en s’attardant, avec succès et talent, sur des paysages, grandeur nature et réellement représentatifs, des tranches de vie quotidienne et ce qui peut se passer dans des appartements, lors de rencontres fortuites.

Ce sont des doutes, des angoisses, des désirs, des rêves érotiques qui se réalisent ou pas. Nous avons également cette société bridée, prête à la délation et ce pour n’importe quel sujet. Alors, quand ça touche au sexe, n’en parlons pas. Elle extrapole, je pense, avec succès, sur ce monde virtuel avec des personnes, qui ressemblent parfaitement à des personnes de chair et de sang, dont les relations seront tarifées et qui sauront se plier aux désirs de tout un chacun. Pas de violences sexuelles dans ces nouvelles, juste le consentement entre un homme et une femme, deux femmes… Ce sont aussi des problèmes de couples, des ruptures, des rencontres qui ne dureront que le temps d’une relation.

Dans ces nouvelles, une belle part est donnée aux relations BDSM avec des femmes dominantes qui ont les hommes à leurs pieds. Ce sont des Maîtresses, elles leur font faire ce que bon leur semble. Mais attention, elles doivent toujours être au top et ne jamais montrer la moindre faiblesse sous peine de perdre la suprématie.

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Date de sortie : 14 février 2019

Editeur : La Musardine

Nombre de pages : 364

ISBN :  978-2-36490-518-4

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy - Editions Actes Sud Junior

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy – Editions Actes Sud Junior

Résumé Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Benjamin a 12 ans. Il a une soeur de 16 ans, Claudine. Mais ils s’évitent. 

Benjamin est petit et depuis l’âge de 7 ans, il a un don, il est télépathe. Il suffit qu’il touche les gens pour connaître leurs pensées.

Avis Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Oui, je lis des livres pour les 9-12 ans. Et je trouve de véritables pépites réjouissantes, bien écrites. C’est le cas, encore une fois, avec Julien Dufresne-Lamy, découvert dans Boom. Peut-être que cette tranche d’âge zappera sur quelques subtilités, comme la critique de la télé-réalité ou encore notre politique migratoire et ce monde ultra-connecté dans lequel nous vivons. En tous les cas, elle découvrira un pays, le Japon, des enfants qui ont des pouvoirs, leurs réactions face à ça, leur entraide, une profonde amitié et aussi une belle fraternité.

Ce roman est très riche et le style de Julien Dufresne-Lamy nous entraîne dans du merveilleux, avec le sujet de la télépathie, le Japon, un peu de sorcellerie et une société qui s’occupe de ces enfants, car les certaines situations peuvent être rocambolesques mais se prêtent à ce pays. Même si Benjamin Berlin, BB, est son héros principal, tous tiennent une grande place dans ce roman. Les parents de Benjamin, sa soeur, son oncle et sa tante et aussi ces deux amis japonais. En effet, le père de Benjamin, diplomate, est muté au Japon. Chacun réagit différemment à l’arrivée dans ce pays. Benjamin a décidé de s’intégrer en apprenant, en premier la langue, en allant dans une école et ensuite un collège japonais. L’auteur alterne cette vie japonaise à des chapitres où Benjamin, dont la caractéristique est d’être petit, où il découvre son don, comment il en fait usage, ses angoisses, les évènements qui en découlent, les réactions de sa famille. Benjamin se sent à part et seul.

De plus, un homme va provoquer la peur chez Benjamin. Il le voit partout jusqu’à ce que l’un et l’autre communiquent et que Benjamin comprend qu’un destin l’attend. Mais il doit travailler son don pour passer, avec succès, les épreuves.

La société japonaise est différente de la nôtre. Les gens doivent réussir, sinon ils sont mal vus. Cela commence dès le plus jeune âge. Certains peuvent être mis à l’écart car ils ne correspondent pas aux standards de la société japonaise. Cette société, également, est très policée. On découvre ses us et coutumes qui diffèrent des nôtres, par rapport à l’expression des sentiments que l’on peut éprouver. Une société ultra-connectée qui ne communique qu’avec les réseaux sociaux. Et les rapports humains dans tout ça ?Heureusement que Benjamin est là et que même s’il respecte cette société, il va permettre à ses deux amis de s’ouvrir, surtout lorsque l’un deux et de nombreux camarades de classe sont victimes de harcèlement.

Donc, voilà, outre l’histoire palpitante de Benjamin, de nombreux thèmes sont abordés et permettent à des enfants, des pré-adolescents de s’ouvrir au monde, de s’ouvrir l’esprit et de ne pas rester cantonnés à ce qui se dit chez soi, à la télévision. Le monde existe, est vaste. L’amitié et l’amour d’une famille sont de très belles choses que l’on doit préserver même s’il peut toujours arriver des disputes.

Je remercie Julien Dufresne-Lamy pour cette très belle dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : janvier 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 261

ISBN : 978-2-330-11134-2

Ueno Park d’Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Résumé Ueno Park d’Antoine Dole

C’est Hanami, la fête des Cerisiers. A Ueno Park, tout le monde s’y rend de bonne heure pour pouvoir profiter de l’arrivée du printemps et de l’éclosion des fleurs. C’est le cas également de huit jeunes japonais qui ne se connaissent pas.

Avis Ueno Park d’Antoine Dole

Nouveau roman pour moi d’Antoine Dole. Un roman qui nous emmène au Japon au moment de la fête des cerisiers, Hanami. Il nous retrace une tranche de vie de huit jeunes, garçons et filles. Huit jeunes qui souffrent dans ce Japon, loin d’être idyllique comme on pourrait le croire.

  • Ayumi est une jeune fille qui a passé deux ans de sa vie enfermée sans voir personne. Elle ne pouvait plus assurer ce que l’on demandait d’elle, d’être la petite fille parfaite.
  • Sora se maquille. Garçon, fille, il veut vivre comme il l’entend sans le regard méprisant des autres qui le jugent différent.
  • Fuko est une jeune fille atteinte de leucémie. Elle va mourir mais elle veut laisser de la joie à sa soeur et des souvenirs qu’elle pourra chérir.
  • Natsuko se fait payer par des hommes. Mais attention elle ne couche pas. Elle est en butte contre la concupiscence de ces derniers.
  • Haruko a vécu un tremblement de terre et un tsunami en 2001. Avec un père disparu, on attend beaucoup de lui, qu’il fasse aussi bien.
  • Daïsuké vend des crêpes. Il ne voulait pas étudier.
  • Aïri souhaite déclarer à Makoto qu’elle l’aime. Mais elle l’attend tant et plus. Viendra-t-il ?
  • Nozomi est SDF. Il a décidé de partir de chez lui pour éviter que sa mère s’échine tant et plus pour lui et sa soeur.

Beaucoup de pression sur les épaules de ces jeunes, beaucoup trop de pression. Cela me rappelle celle de la France dès le plus jeune âge pour les enfants, à l’école. Conditionnés pour réussir sinon ils sont laissés sur le carreau. Pas étonnant qu’il y ait autant de monde en pédopsychiatrie et psychiatrie. Beaucoup ne s’amusent pas, ils intériorisent énormément, comme dans Ueno Park.

Toujours être parfait, ne pas broncher, ne pas se révolter, toujours se taire. De toutes façons, personne ne comprendrait. Ce serait une mise au ban de la société, déjà régie par de nombreux codes. Selon l’histoire familiale, il est impossible de vivre leur comme ils l’entendent. C’est être seul mais entouré de beaucoup de monde. Est-ce propre aux pays d’Asie de ne pas se parler, surtout en famille ? Certains adultes travaillent beaucoup pour que leurs enfants puissent vivre. Ces derniers ont vite compris que leur destin était déjà écrit et qu’ils ne doivent pas  se confier. Seraient-ils de toutes façons entendus ? Difficile donc de faire valoir ce que l’on est, ce que l’on ressent au plus profond. Ces jeunes démontrent qu’ils ont une vie à laquelle ils doivent se soumettre.

L’arrêt des études et un petit boulot entraîne la perte des amis, l’impossibilité de prendre son indépendance et surtout ne plus être pris en considération par tous et le gouvernement. Ils ne comptent plus. Sont-ils plus malheureux que ceux qui travaillent de nombreuses heures et ne profitent pas de leur argent ?

Est-ce que ce renouveau de la nature peut être un renouveau d’une vie, d’une situation ? Ou est-ce que c’est vraiment éphémère comme cette floraison qui dure très peu de temps ? Antoine Dole dénonce l’absurdité, le fait que l’on n’accepte pas celui qui est différent, une violence qui peut être gratuite. Si jeunes, les peurs ne doivent pas être montrées. Et il y a également les situations vécues par les jeunes filles et les femmes. Ce qui aurait pu passer pour un moment merveilleux, à partager, soit Hanami, se trouve vraiment gâché par ces histoires qui font réfléchir. Mais le roman finit sur une note positive avec une très belle lueur d’espoir. J’ai beaucoup aimé lire ces histoires, réfléchir pas mal à tout ce que j’ai lu, à trouver des parallèles aussi. Petite question pour l’auteur. Chaque chapitre est dédié à un personnage. Est-ce que les inscriptions en dessous du nom correspondent au prénom japonais ?

Je remercie Actes Sud Junior pour cette lecture de la rentrée littéraire 2018 et surtout Antoine Dole pour la belle dédicace.

Ueno Park d’Antoine Dole

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 128

ISBN : 978-2-330-10827-4

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L'enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Résumé L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Ana a 17 ans. Elle vit une relation difficile avec sa mère. Elle rencontre un jeune homme, joueur de football, Nicolae, un véritable séducteur.

Ils couchent ensemble et au bout de quelques semaines, Ana est enceinte. Elle tentera d’avertir le jeune homme qui se détourne d’elle.

Avis L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

De la Roumanie, je ne connais pas grand chose, sauf le régime totalitaire mais aussi lorsque Nicolae Ceaușescu et son épouse sont, le jour de Noël 1989, condamnés à mort et exécutés. La Roumanie, c’est aussi Dracula. Mais ce n’est pas le but et le thème de ce livre.

C’est le témoignage de Marion, adoptée à l’âge de six ans, alors qu’elle a été abandonnée par sa mère dans un orphelinat de Roumanie. Je mets bien abandonnée en italique car en lisant ce document, vous vous rendrez compte que le mot abandon dans la dictature de Ceaușescu n’est pas au sens propre. Le témoignage est construit autour de Marion et des personnages principaux de sa vie, ses parents adoptifs mais aussi ses parents qu’elle n’aura de cesse de chercher pour tenter de comprendre cet abandon.

Les faits décrits dans ce livre nous renvoient à des images fortes vues à la télévision avec la mort du dictateur et la découverte de ces nombreux orphelinats où survivaient des enfants. Ceaușescu n’a rien à envier à Hitler. Il savait se montrer plus qu’affable lors de réunions internationales mais il, et sa femme, avaient organisé la terreur dans leur propre pays. Famine, misère, politique familiale pour avoir le plus d’enfants possibles qui serviraient la Roumanie et surtout de nombreux interdits pour les femmes. Mais les images ont peu à voir avec la réalité avec ce qu’ont enduré tous ses enfants et les parents de surcroît. Dans le cas de Marion, on apprend ce qui s’est passé pour sa mère biologique, les détails de son adoption et toute sa vie en France. Une vie pas facile pour une enfant qui ne se rappelle pas, qui a enfoui au plus profond de sa mémoire, les six premières années de sa vie. Six ans sous les cris avec sous les yeux des enfants non désirés, parqués dans des endroits comme des bêtes. Ce sera aussi une vie assez difficile en France, malgré l’amour et les soins dispensés par cette famille française. Car Marie a toujours peur de l’abandon, ne fait pas confiance aux femmes et sa mère adoptive en subit les conséquences. Marie est en colère, elle a de la haine, elle n’a pas confiance en elle. Cela peut se comprendre avec un tel bagage. Son corps se révolte donc car elle garde tout en elle. A force de volonté et même si elle garde beaucoup au fond d’elle, elle arrivera à s’en sortir. Elle rencontrera sur son chemin des personnes qui vont compter. Cette quête de sa famille biologique ne sera pas facile, bien entendu, car elle devra, mettre de côté ce qu’elle ressent, ses sentiments, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé pour sa mère biologique.

Est-ce que tous les enfants qui ont vécu des conditions extrêmement difficiles comme Marie réagissent de cette façon ? Coupés de leur pays, de leurs racines, de leurs parents, une vie d’adopté ne doit pas être facile à appréhender surtout lorsque cette adoption a lieu à un âge déjà avancé dans la vie d’un enfant, qui a tenté de se construire. Se rendre compte qu’ils ne vont manquer de rien mais réagissent comme si cela pouvait très vite s’arrêter, cumuler les possessions et les cacher.

Outre la recherche de ses racines, ce témoignage explique tout à fait la vie en Roumanie dans les années 70 et bien plus tard, lorsque Marion y reviendra de nombreuses fois. Ce livre est également un véritable témoignage historique de ceux qui ont vécu au coeur de ce pays, de cette dictature. 

Je remercie Marion Le Roy Dagen de m’avoir envoyé un message sur Facebook pour me faire une présentation de ce livre et d’avoir accédé à ma demande pour le recevoir. On ne ressort pas indemne d’une telle lecture.

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Date de sortie : 15 février 2018

Editeur :Belfond

Nombre de pages : 222

ISBN : 9782714478313