Esperluette d’Anne Vantal

 

Esperluette d'Anne Vantal - Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal – Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal, Présentation

Elle a décidé d’écrire à Jordan. Plusieurs années ont passé, elle est revenue à cet endroit où ils ont passé un moment. Elle veut lui écrire la suite mais aussi se souvenir, sans pleurer, de ce qu’ils ont vécu avant ce qui a changé leur vie à tous les deux.

Avis Esperluette d’Anne Vantal

C’est un courrier à l’absent, un courrier qui a été très difficile à écrire et qui a pris des années. Comment des vies peuvent basculer par plusieurs mauvaises décisions prises ou parce qu’il n’y a pas eu de décisions, d’échanges constructif qui auraient permis au drame de ne pas survenir.

Est-ce une lettre d’excuses ? Pas pour moi. Une lettre de remords, de culpabilité ? Oui, on pourrait le concevoir. Une lettre qui permet de tourner la page ? Non car ce drame restera toujours ancré. Une lettre pour continuer à vivre ? Oui. Vivre enfin après avoir survécu !

Cette lettre est pour Jordan. Que lui est-il arrivé ? Elle seule est restée. Ils étaient de très jeunes enfants quand ils se sont rencontrés. A l’école, ils étaient toujours ensemble. Elle l’a aidé car elle avait plus de facilités scolaires. Ils étaient deux, rien que deux. Ils ont également fait les 400 coups ensemble. Cela aurait pu ne pas prêter à conséquence. Cela commence à changer quand ils intègrent le collège. Et ensuite ce sera le lycée. Elle continue à aller à l’école. Mais lui, que fait-il pendant ce temps-là ? Ils se voient beaucoup moins et elle n’a pas vu certains signes, elle n’a pas osé parler à son meilleur ami ? Est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Elle est entraînée, parce qu’elle l’a voulu, dans une spirale, on doit bien le dire, de délinquance. Et arrive l’évènement qui va changer leur vie. Elle n’a pas su dire non à Jordan mais c’est elle qui a pris les autres décisions avec un très grand sang-froid ou parce qu’elle était choquée par ce qu’elle a vécu. Je ne saurais le dire. En tous les cas, elle a besoin d’écrire à l’absent pour tenter de continuer sa vie, sans cette fuite en avant. Elle raconte à l’absent tout ce qui s’est passé après, surtout pour elle.

Cette collection DUne seule voix d’Actes Sud Junior, que je remercie, offre des textes très courts, qui permettent de réfléchir, de mettre des mots sur des sentiments, sur des situations. Ici, ce sont des souvenirs heureux, entachés d’un drame, de la culpabilité, de ne pas avoir su dire non, de ne pas avoir su dire ce qu’elle pensait sur le moment.

Esperluette d’Anne Vantal

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 91

ISBN : 9782330133450

Les chroniques de Kelton 0.1 L’appli vérité de Jack Heath

Les chroniques de Kelton - 01 L'appli vérité de Jack Heath - Editions Flammarion Jeunesse

Les chroniques de Kelton – 01 L’appli vérité de Jack Heath – Editions Flammarion Jeunesse

Les chroniques de Kelton 0.1 L’appli vérité de Jack Heath, Présentation

Jarli, et non Charlie, a inventé une application qui bipe à chaque fois que la vérité n’est pas dite. Mais ce jour-là, c’est la rencontre parents-professeurs et il est avec son père. Jarli est accusé d’avoir piraté l’adresse mail de son professeur. Au moment où ils rentrent chez eux, ils sont attaqués par deux fois par un véhicule. Le père de Jarli est gravement touché. Une jeune fille de son école a tout vu. Mais la police ne croit pas Jarli. Les évènements qui suivent vont démontrer que Jarli a raison d’avoir peur.

Avis Les chroniques de Kelton 0.1 L’appli vérité de Jack Heath

Pourquoi personne ne croit Jarli lorsqu’il raconte à tous et notamment à la police, à l’hôpital que l’accident dont ils ont été victimes est une tentative d’assassinat ? Est-ce lui qui est en cause à cause du succès de son application ou son père qui semble cacher beaucoup de choses ?

Jarli est un garçon qui ne supporte pas le mensonge, qui ne supporte pas qu’on lui cache des choses. Il préfère que la vérité soit dite même si cela ne plait pas à tout le monde. Pour cela, il n’a pas de très bonnes relations avec ses camarades mais il a une amie qui l’aide. Son appli va être très vite téléchargée. Gratuite, il ne fera pas d’argent avec ça. Très vite, de nombreux éléments reçus vont faire en sorte que Jarli croit qu’il est responsable de ce qui arrive à sa famille. Les médias sont très vite là et tous veulent avoir ses premières impressions. Même si Jarli a peur, que sa famille et notamment son père ne veulent pas céder à la panique, il va être obligé de mener son enquête tout seul, au début. Mais par la force des choses, il sera aidé par deux jeunes filles. A trois, ils vont tenter de démêler le faux, du vrai, mettre à jour une sombre histoire. Ils devront faire face à plus fort qu’eux. Mais trois adolescents vont-ils mener à bien cette mission ?

Jarli oscille donc entre le fait qu’il est plus qu’heureux que son application soit un succès et cette peur parce qu’il est toujours poursuivi, menacé de mort. Il sait ce dont il est capable mais il va se révéler.

Pour un jeune lecteur qui entre dans le monde du polar, Les chroniques de Kelton sont très bien construites. Le rythme pour un jeune lecteur est assez haletant avec ses chapitres très courts. Les trois personnages adolescents sont bien construits. En plus, une suite peut être très intéressante à lire car je pense que le lecteur aura plaisir à tous les retrouver. Le lieu également peut donner froid dans le dos avec ces petites phrases disséminées ici et là. Kelton, la ville où il se passe des choses, mais quoi en définitive.

J’ai, par contre constaté, une ou deux invraisemblances, mais il est vrai qu’avec l’adrénaline, l’humain peut faire beaucoup.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cet envoi.

Les chroniques de Kelton 0.1 L’appli vérité de Jack Heath

Date de sortie : 4mars 2020

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 319

ISBN : 978-2-0814-8565-4

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

A tire d'elle - 1973 de Pascal Ruter - Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter – Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter, présentation

Solweig entre au lycée. La rentrée a été retardée de quinze jours. Il fait chaud, très chaud. Pour la première fois, son meilleur ami Valentin, n’est pas avec elle. Il fait un CAP. Le professeur d’histoire-géographie n’est pas encore arrivé. Les parents de Solweig ont divorcé. Donc, elle passe les week-ends chez son père.

Avis A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Solweig est une jeune adolescente, aux bons résultats même s’ils vont être en chute libre ? Pour quelle raison ? L’auteur ne l’explique pas. Sa meilleure amie est très fière de lui annoncer qu’elle est déjà passée à l’acte. Elles vont s’éloigner. A cause de ça ? Peut-être mais aussi le fait qu’elles sont carrément différentes. L’une ne pense qu’à coucher avec des garçons, à être la plus populaire du lycée. Mais un évènement va tout chambouler. Est-ce que cela va les rapprocher ?

Valentin est le meilleur ami de Solweig. Mais lui aussi s’éloigne, accaparé par son groupe et sa musique. Surtout la musique. Solweig aimerait aller plus loin avec lui, mais elle se doute que cela ne fera pas rester le garçon auprès d’elle. Pourtant, ils seront là l’un pour l’autre. Elle pour l’aider pour ses concerts ou pour le motiver pendant ses courses. Même s’ils sont amis depuis très longtemps, Valentin ne lui confie pas ce qui est douloureux pour lui.

Fille de divorcés. Difficile pour cette jeune fille qui en veut énormément à son père, de sa nouvelle vie qu’il tente de construire. Pour elle, c’est entre amour et haine. Solweig ne parle pas beaucoup. Elle a peut-être plus d’échanges avec sa mère. Mais je trouve que c’est superficiel. Je n’ai pas trouvé de conflits de génération mais une famille qui fait son deuil d’une situation. Ensuite, il y a l’oncle de Solweig, cet homme qui a toujours cherché son amour de jeunesse et qui ne sait pas prendre soin de lui. Solweig affrontera son premier décès et ce sera toujours des souvenirs qui resurgiront de cet oncle.

Solweig se cherche. Elle apprend les évènements au fur et à mesure, à la faveur d’un film, des actualités. J’ai eu l’impression qu’elle subissait ces évènements, sans chercher à approfondir. Est-ce un mal être qu’elle ressent suite au divorce de ses parents ? Ce dont elle est sûre c’est qu’elle veut partir de cette banlieue, près de Paris, et en construction. Mais pour aller où ? Elle ne le sait pas encore car elle n’a aucune idée de son avenir. Et puis, elle se rend compte que c’est la fin de son enfance.

C’est mon premier SP Actes Sud Junior, que je remercie tout de même, qui ne m’a pas attiré. Même avec de la littérature pour adolescent, en tant qu’adulte, il est possible d’apprendre, de se sentir concerné par le personnage. Malheureusement, ici, cela n’a pas été du tout le cas. Pourtant, j’en ai lu des romans où des adolescents se cherchent, ne savent pas de quoi leur avenir sera fait. Est-ce dû à l’époque décrite ? Je ne saurais dire. Pourtant 1973, ce n’est pas loin de mon année de naissance mais aussi à dix ans près, de mon adolescence. Pourtant, je me sentais beaucoup plus concernée que Solweig par ce qui se passait autour de moi. Dix ans plus tard, la seconde Guerre Mondiale était un sujet très développé au lycée et je lisais pas mal de choses à ce sujet.

Je me retrouve en elle avec ses études littéraires mais aussi la musique, pas le groupe, que je ne connais pas. Quand on jeune ou moins jeune, également, on se construit avec la musique. On y puise du réconfort, on y puise de quoi assouvir de la colère. Cela permet de s’évader. Alors, moi aussi, j’ai connu les 45T, les 33T, mais aussi les cassettes que l’on devait rembobiner, qui, des fois, se trouvaient coincées dans le lecteur.

Le roman est bien écrit. Je n’enlève absolument pas cela à l’auteur. Le lecteur suit Solweig sur une année scolaire avec quelques informations lorsqu’elle est devenue adulte. Mais le sujet ne m’a pas passionné.

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 208

ISBN : 978-2-330-13336-8

PLS de Joanne Richoux

PLS de Joanne Richoux - Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux – Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux, Présentation

Soir de fête, Sacha et sa jumelle se préparent. Les parents s’en vont et laissent les jumeaux ensemble. Mais Sacha a peur d’affronter ses amis qu’il n’a pas vus depuis longtemps.

Afin de prendre du courage, il prend un Xanax.

Avis PLS de Joanne Richoux

C’est une partie de l’histoire de jumeaux, Sacha et Angelique-Angie. Ils ont organisé une fête chez eux. C’est Halloween. Pour Sacha, ce sera la première fois qu’il revoit tous ceux qu’il a côtoyés il y a déjà quelques temps.

Entre Sacha et sa soeur, c’est une relation très forte. L’un et l’autre se surveillent. Elle pour que son frère ne passe pas à l’acte. Lui, pour protéger sa soeur. Sacha est un jeune homme seul, aux idées noires. Pourtant, il veut échanger, mais tous ces gens lui font peur, il ne sait pas comment se comporter. Donc, il est tout de même agressif. Vivre avec les médicaments, être dans un autre état, lorsqu’ils sont pris, voir le monde pas tel qu’il est mais cela permet, plus ou moins, de l’affronter. Sacha, lors de cette fête, se rend tout de même compte que d’autres jeunes, comme lui, peuvent souffrir mais qu’ils le cachent.

Ecrire sur la souffrance psychologique, psychiatrique des jeunes afin que ces jeunes lecteurs puissent comprendre qu’ils ne sont pas seuls à souffrir, qu’ils doivent se faire soigner, en parler. Cela permet également aux parents qui peuvent lire ce genre de livres que leur enfant peut être malade. Car oui, on parle et on écrit sur les maladies psychiatriques, psychologiques. Quand je prends le bus, j’entends certains jeunes parler de leurs problèmes. Personnellement, je le vis au quotidien depuis huit ans. Avec toujours la peur au ventre de la TS. Mais certains n’ont pas de comportements à risques, ils ne mélangent pas alcool et médicaments. Et même s’ils sont suivis, le passage à l’acte peut très vite arrivé et également surprendre.

Les pages de ce livre se tournent très facilement et à un moment donné, c’est le choc, véritablement le choc. Dès les premières pages, dès que j’ai compris un peu ce qui se passait, je m’interrogeais sur le comportement d’Angélique qui semblait, à tous points de vue, une jeune fille comme les autres, même si elle surveillait son frère, même si elle était à ses côtés tout le temps.

Comment affronter la maladie d’un proche ? Comment affronter la maladie d’un jumeau alors qu’on les dit connectés entre eux ? Comment affronter l’indicible que l’on n’a pas su voir à temps ? Comment faire en sorte qu’une relation fonctionne des deux côtés. L’autre, même s’il a peur, même s’il doit affronter ses propres démons, même s’il a peur de s’écrouler, doit pouvoir accepter cet autre qui se révèle tout de même proche par bien des côtés. Alors oui, une relation n’est jamais gagnée d’avance. On peut être entraîné, on peut entraîner l’autre dans sa maladie. Mais des fois, quelque chose de beau peut sortir car il faut savoir et pouvoir échanger, se confier et tenter. Cela peut donner quelque chose de beau et permet de finir sur une note d’espoir.

Des mots crus, certes, des jeunes qui boivent beaucoup, sans mesure, qui ont des relations sexuelles sans lendemain. Mais des jeunes qui veulent vivre une belle histoire d’amour avec une personne qu’ils connaissent depuis plus ou moins longtemps. Des jeunes qui voient tout, qui s’excusent de faire subir, qui comprennent tout de même les adultes. Mais que c’est dur d’exprimer ses opinions, ses émotions, surtout après un drame, où tout le monde se renferme sur soi.

Comment affronter la maladie ? Comment affronter la mort ? Comment affronter la souffrance quotidienne ? Comment affronter cette solitude ? Le roman ne donne pas de conseils mais partage une expérience qui peut arriver à tout un chacun.

Ravie également de retrouver une référence, plusieurs fois, à une fragrance Mugler, Womanity avec sa note sucrée-salée, figue et caviar, une figue très présente pour Sacha et également les odeurs, lorsqu’il échange avec Elle. Une odeur représente une personne, une ambiance…

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette lecture.

PLS de Joanne Richoux

Date de sortie : février 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 96

ISBN : 978-2-330-13099-2

Cogito de Victor Dixen

Cogito de Victor Dixen - Editions Robert Laffont

Cogito de Victor Dixen – Editions Robert Laffont

Présentation Cogito de Victor Dixen

Malgré ses notes, son comportement, il est proposé à Roxane un stage qu’elle ne peut refuser car il lui ouvre toutes les portes pour avoir un avenir, un emploi. Roxane a 18 ans. Elle est donc majeure et n’a pas besoin de demander la permission à son père pour suivre ce stage de 7 jours.

Avis Cogito de Victor Dixen

Notre futur, proche, avec l’Intelligence Artificielle, va-t-il ressembler au roman Cogito de Victor Dixen ? Je n’ose le croire mais cela risque bien d’arriver. Les robots ont pris le pouvoir, le contrôle. Pas des humains, normalement. Mais ils accomplissent toutes les taches, tous les travaux qui étaient dévolus, avant, aux humains. Ce qui a entraîné des pertes d’emploi, des déclassements et une sacrée lutte des classes. Il y a, comme dans notre société actuelle, des très riches et ceux qui tentent de survivre. Les premiers ne se mélangent pas aux seconds et ne se côtoient pas du tout. Dans cette société, il y a de nombreuses interdictions, tout ce qui avait cours avant l’Intelligence Artificielle est proscrit, banni. Toute la vie de ces personnes est régentée par les robots. Cela plaît à certains, bien entendu. Il y a également ceux qui se révoltent ou qui ne font plus partie de cette société. Quelle est la meilleure option ? Victor Dixen y répond par la voix de ses personnages.

Cela devait être une semaine idyllique pour tous ces stagiaires. Une semaine de stage, dans un endroit paradisiaque, qui leur permet d’ingurgiter toute une année d’études afin de passer l’examen final et intégrer de grandes écoles pour avoir un travail à la fin. Mais cette semaine de stage est réservée aux nantis. Toutefois, le patron de la plus grande société d’IA a choisi trois boursiers, dont Roxane, pour suivre ce programme. Roxane qui n’utilise pas ses capacités intellectuelles à leurs pleines valeurs. Roxane qui a perdu sa mère il y a quelques années et qui en veut énormément à son père, devenu alcoolique. Roxane qui a préféré suivre la voie de la délinquance. Mais dans ces îles, Roxane et certains de ces camarades vont très vite avoir des doutes quant à ce programme. Ah oui, le matin ils se réveillent avec des facultés indéniables mais certains changements physiques leur mettent la puce à l’oreille. Ils ont à faire des choix et ces choix seront très importants pour l’histoire aux multiples rebondissements.

Trois boursiers et beaucoup d’adolescents très riches dont les relations ne vont vraiment pas être faciles, on s’en doute. Les derniers pensent avoir le pouvoir. Les autres, en particulier Roxane, préfèrent se cacher derrière la violence des mots. Cela peut marcher ou pas. De toutes façons, à un moment donné, ils seront obligés de s’entraider pour survivre, pour vivre, face à cette IA qui a pris le pouvoir, sans le consentement de son créateur. Et comment cela a-t-il pu se réaliser ? Tout est expliqué avec la plume de Victor Dixen. Un roman qui permet à tous ces adolescents d’évoluer, de donner le meilleur d’eux-mêmes, de croire en eux et dans les autres, qui leur permet de changer de trajectoire, car l’avenir est aux mains des jeunes, de ce qu’ils vont en faire.

Victor Dixen développe ce cerveau, ce fameux cerveau qui est toujours l’objet d’études car pas encore sondé entièrement. Ce cerveau qui permet de réfléchir, d’éprouver des sentiments et que personne n’a encore pu transposer dans une machine. Et on va dire, heureusement qu’il nous reste notre cerveau pour prendre le pas sur ce qui peut se révéler extrêmement dangereux.Victor Dixen écrit sur l’écologie, la lutte des classes, le changement climatique et toutes les adaptations qui en ont découlé.

J’ai rencontré Victor Dixen au Festival du Livre de Marseille, début décembre. Je ne connaissais pas l’auteur, ni son univers. Je lui ai demandé quel livre il me conseillait pour le découvrir, moi amatrice de policiers-polars. Il me conseillait une série ou un simple histoire. Vu tout ce que j’ai dans ma PAL et comme je ne voulais pas trop m’engager dans une série, j’en ai tellement à lire et finir, j’ai acheté Cogito, conseillée par Victor Dixen. Livre dédicacé par l’auteur et donc à conserver précieusement. Après la lecture de Cogito et cette rencontre, avec un homme très proche de ses lecteurs, je comprends pourquoi il a autant de succès parmi les adolescents et les moins jeunes. Victor Dixen offre un roman très riche et documenté et accessible à tous, que ce soit d’un point de vue scientifique et autre. Il permet au lecteur de s’interroger sur son futur, mais aussi avec de nombreuses références littéraires, cinématographiques et surtout ceux qui ont, au fil des siècles, participé à ce bouleversement de la société, à son évolution technologique.

J’ai tourné les pages de Cogito avec avidité. Je n’ai pas pu me détacher de ce roman avant de l’avoir fini. J’ai très bien imaginé ce qui se passait car tout était extrêmement vivant. Les rebondissements sont multiples et nombreux. Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. En plus, Victor Dixen termine son roman avec une véritable conclusion. Il ne laisse pas le lecteur sur sa faim. Ce roman, outre sa dédicace, est à garder précieusement car véritable objet de collection avec ses dessins, ses pages noires qui en font un objet d’art. Je finis 2019 avec cette chronique mais pas avec ce roman puisque j’en ai déjà un en cours.

Cogito de Victor Dixen

Date de sortie : 29 mai 2019

Editeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 357

ISBN : 978-2-221-24172-1

Météore d’Antoine Dole

Météore d'Antoine Dole - Editions Actes Sud Junior

Météore d’Antoine Dole – Editions Actes Sud Junior

Présentation Météore d’Antoine Dole

Il fait beau, le soleil est revenu. Mais ce soleil revenu, qu’elle voit dans les sourires des gens qu’elle croise, est-il revenu dans son coeur ? Elle a osé porter une robe pour aller faire quelques courses.

Mais ce soleil s’assombrit car elle est agressée, insultée par trois garçons. Pourquoi encore cette agression ?

Avis Météore d’Antoine Dole

Toujours agressée verbalement et physiquement. On pourrait penser, en lisant les premières pages, à du harcèlement scolaire. Mais c’est pire que ça. L’auteur nous en dévoile les raisons vers le milieu de ce roman écrit à la première personne. Car le lecteur se pose la question. Pourquoi autant de violences ?

Quand un enfant se sait différent dès son plus jeune âge. Qu’il ne comprend pas pourquoi on essaie de le cantonner dans une case. Quand il ne comprend pas pourquoi toutes les autorités, notamment scolaires, évoquent une déviance et que ses parents doivent le remettre dans le droit chemin.

Outre tout cela, bien écrit, bien détaillé, Antoine Dole nous démontre par la force des mots ce corps que l’on hait, que l’on cache, qui ne correspond pas à ce que l’on est réellement, à ce que l’on ressent dans son coeur. Une grande souffrance pendant de très grandes années. Une grande souffrance parce que l’on ne s’aime pas et c’est cela le plus dur. Passent encore ce que peuvent nous faire subir les autres, quand on n’a pas confiance en soi, quand on n’a pas l’estime de soi, c’est ça le plus dur. Les coups des autres sont moins violents que les coups que l’on peut s’infliger à soi-même. Quand on se sent autre, quand on se croit autre, quand on se sait autre et que le corps est complètement différent, il est impossible de s’accepter. Il suffit d’une rencontre, d’une belle rencontre avec un professionnel qui comprend, qui explique que le chemin pourra être long, surtout lorsque l’on n’est pas majeur. Et ensuite, avec soi, avec sa propre volonté, avec le fait de s’accepter et surtout en étant accompagné de la famille, de la mère, le passage ne se fera pas en douceur mais ce passage permettra de vivre la vie que l’on souhaite.

Les préjugés ont la vie dure surtout lorsque l’on est adulte et qu’on les subit. Mais les préjugés sont encore pires, lorsque l’on est enfant et que l’on grandit. Comment voir le soleil alors que tout est néant autour de soi, en soi ?

Un véritable plaidoyer pour toutes les femmes, quelles qu’elles soient. Ces femmes qui font avancer le monde, ces femmes qui endurent les plus vils sévices, les femmes qui luttent pour toutes les conditions, les femmes qui ont en définitive le pouvoir, car elles donnent la vie, elles apportent l’amour. Un véritable plaidoyer pour tous ceux qui n’ont pas le corps qu’ils souhaitent, qui se sentent mal dans ce corps. Malgré cette violence, le déni face à ce corps, les violences infligées à ce corps, il n’y a jamais eu la pensée de passer à l’acte irréversible. Une très grande force de caractère, tout de même. Mais si cela avait duré au-delà de ses 16 ans, sans trouver l’aide adéquate, n’aurait-elle pas voulu en finir ?

Un livre qui démontre tout de même que l‘espoir est toujours là, qu’il faut continuer pour pouvoir croire en soi, s’accepter, s’aimer pour ce que l’on est réellement. Car comme l’écrit l’auteur par la voix de son personnage, le corps n’est qu’une enveloppe et ne démontre pas qui l’on est réellement, quelle personne on est.

Antoine Dole sait écrire pour les adolescents, mais également pour tous ceux qui lisent ces livres. Et ce sont des sujets d’actualité qui touchent aussi bien les jeunes que les adultes.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior et aussi l’auteur pour sa belle dédicace.

Météore d’Antoine Dole

Date de sortie : janvier 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 65

ISBN : 978-2-330-13036-7

Ecorché d’Isabelle Boisvert

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Présentation Ecorché d’Isabelle Boisvert

Antoine et sa femme Lydia ont accepté d’accueillir le fils adoptif de Pierre. En effet, celui-ci doit partir aux Etats-Unis. C’est en toute connaissance de cause car Félix est un jeune homme qui a eu de nombreux problèmes dû à son passé. Il est en rébellion constante.

L’arrivée de Félix, majeur dans quelques mois, ne sera pas de tout repos. Frédérique, la fille d’Antoine et Lydia, ne sait pas comment se comporter avec lui. Mais elle est subjuguée par le charme du jeune homme.

Avis Ecorché d’Isabelle Boisvert

Comment un enfant, devenu un adolescent, peut-il survivre, vivre lorsqu’il a vécu l’indicible, soit les violences envers sa mère, la mort de celle-ci et les violences perpétrées par son père à son encontre ? Ce garçon avait un voisin chez qui il se réfugiait. Il s’y réfugie toujours, seule personne à ne pas le juger. Ce garçon, Félix, à la mort de sa mère, a été adopté par le frère de sa mère. Mais vu la souffrance vécue, il n’a jamais su montrer tout l’amour qu’il pouvait ressentir, le fait qu’il soit enfin en sécurité. Car un enfant qui vit tout ce que Félix a vécu ne veut pas s’engager pour ne pas tout perdre. Donc, Félix s’est drogué, a eu des problèmes avec la police, s’est rebellé face à toutes les institutions, les ordres donnés. Ce que veut Félix ? Avoir 18 ans et son indépendance financière pour pouvoir vivre enfin pour lui, sans personne. Mais son oncle a dû partir aux Etats-Unis, il a demandé à son meilleur ami d’accueillir Félix au sein de sa famille. Une famille composée d’un père, d’une mère et d’une jeune fille du même âge que Félix, Frédérique.

Les relations ne sont pas faciles surtout avec une mère, Lydia, qui mène tout son monde à la baguette. Elle ne supporte pas le comportement de Félix, ses paroles et malgré les règles imposées, ce dernier n’en fait qu’à sa tête. Lydia a le même comportement avec sa fille. Mais avec elle, elle n’a jamais eu de problèmes. Frédérique s’est toujours conformée aux désirs de sa mère et ne s’est jamais soulevée. D’ailleurs, elle préfère se confier à son père qu’à sa mère. L’arrivée de Félix va tout chambouler. Frédérique va prendre des décisions qui ne plaisent pas à sa famille. Mais cette dernière est unie, le père joue un rôle de médiateur pour faire accepter à Lydia que sa fille grandit et qu’elle n’a pas les mêmes aspirations que sa mère. D’ailleurs, cette dernière devrait se rappeler sa jeunesse.

Félix est très sensible sous ses dehors de dur. Il ne sait pas comment exprimer sa souffrance, il préfère foncer dans le tas. Il ne veut pas s’ouvrir, il ne veut pas montrer ses faiblesses, sa douleur. Il a peur d’être déçu par les autres, il ne veut plus souffrir.

Avec Félix, Frédérique va trouver une sensation de liberté. Elle va côtoyer un jeune homme qui ne pense pas qu’à lui. Elle va tenter de connaître son passé afin de l’aider. Mais les barrières paraissent infranchissables avec un garçon qui ne veut pas s’engager, qui a peur de faire mal, malgré tout l’amour qu’il peut éprouver. Cela créera des tensions entre eux. Mais Frédérique devra faire preuve de patience et Félix comprendre qu’il peut s’ouvrir. Frédérique, même si elle éprouve beaucoup d’amour, est comme une éponge. Elle absorbe tout le mal-être de ce jeune homme, elle n’est plus la jeune fille qui semblait heureuse. Elle devra faire des choix quant à cette relation, son avenir. Elle se trouve impuissante face à ce jeune homme qui souffre. En cela, elle est aidée par sa meilleure amie, ses parents, notamment son père qui ne lui impose aucun choix mais qui a un rôle de conseil. Des décisions difficiles à prendre, à faire comprendre à l’autre. Mais cela permet à Félix et Frédérique de grandir. Lui à faire des choix pour surtout aller mieux et elle, à vivre sa vie.

Ce que j’ai aimé dans ce roman, ce sont les passages en italique où Félix raconte sa vie. J’ai également aimé l’échange entre Antoine et Félix. J’ai beaucoup moins aimé les dialogues, surtout ceux de Félix. Car oui, c’est un jeune homme rebelle mais ses paroles quand il souhaite montrer son point de vue, tout comme certains de ses actes face à cette famille, surtout Lydia, ne sont pas assez explicites. J’ai également été extrêmement déroutée, et je pense que des lecteurs adolescents français pourraient l’être, par tournures de phrases, mots de cette ville de Montréal. J’ai essayé de les transcrire en français mais avec plus ou moins de succès. Autrement, toute personne qui souffre, notamment les adolescents, tous les adultes qui peuvent être au fait de ces souffrances, trouveront matière avec ce roman.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique.

Ecorché d’Isabelle Boisvert

Date de sortie : 4 septembre 2013

Editeur : Editions de Mortagne

Nombre de pages : 312

ISBN : 978-2-89662-275-7