Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage de Vincent Mondiot - Editions Actes Sud Junior

Rattrapage de Vincent Mondiot – Editions Actes Sud Junior

Résumé Rattrapage de Vincent Mondiot

Elle a des épreuves de rattrapage du bac à l’oral. Mais elle n’a rien révisé et préféré faire la fête, le samedi soir, avec tous ses amis qui avaient eu leur bac.

De toutes façons, il semblerait qu’elle n’en a plus rien à faire. Cela fait un moment qu’elle a passé un cap.

Avis Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage du bac ? Rattrapage d’une action passée lorsque l’on se trouve face à la personne qui a subi des dommages ? L’un ou l’autre ? Ou bien les deux ?

Est-ce que le harcèlement scolaire me parle ? Bien évidemment. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été harcelés par leurs camarades. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés car trop de pression de la part des équipes pédagogiques. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été victimes de harcèlement par le corps professoral. Personnellement, je n’ai jamais vécu ces situations. Je n’ai jamais été populaire, j’avais peu d’amis étant trop timide. Ma fille a vécu du harcèlement de la part d’un professeur. Mais ce n’est pas le sujet ici. Je me rappelle également College Boy, d’Indochine, qui relate le harcèlement scolaire. Paroles et clips ont provoqué un tollé mais ils racontaient la vérité. Un gros aparté sur ce roman qui s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes.

Vincent Mondiot met les mots là où cela fait mal. On ne connait pas le prénom de cette jeune fille qui passe l’oral de rattrapage et qui retrouve un garçon qui était dans sa classe et qui a dû abandonner le lycée. Pour elle, ce seront des souvenirs de leur enfance, même s’ils n’avaient rien en commun, des souvenirs de ce qui a été fait durant ces premiers mois de l’année du bac et surtout pourquoi elle doit passer cet oral car ses résultats ont été en chute libre depuis l’évènement. Elle a été la reine, elle a été populaire, elle s’est moquée des autres avec toute sa bande sur les réseaux sociaux. Entre introspection, le paraître, ironie, le harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux, elle s’insulte, se cherche des excuses, se sait et se rend coupable. Avec des titres de tableaux qui expliquent cette jeune fille et ses pensées.

Je n’ai pas éprouvé de l’empathie pour cette jeune fille, ni pour ce garçon, en définitive. Pourtant, lorsqu’ils se retrouvent et qu’ils arrivent à discuter, il a une attitude plus qu’honorable qui pourra peut-être faire réfléchir cette jeune fille. Je suis la première à prendre la défense de tous ces jeunes, sauf en ce qui concerne le harcèlement. A cet âge, on doit savoir ce qui est bien, ce qui est mal, même si à plusieurs, on est entraîné sur le chemin des bêtises. Ce livre nous montre également que les administrations pédagogiques ne font pas leur travail. Oui, elles ont pris des sanctions. Mais par rapport à ce qui s’est passé, je trouve qu’elles ne sont pas énormes. Les sanctionnés ont-ils appris de leurs erreurs ? Est-ce dû également à une différence de classe sociale ?

Avec Rattrapage, je retrouve un Vincent Mondiot comme j’aime. J’aime son style d’écriture, fin. Il analyse différents comportements et je pense que son but est de faire réfléchir et non de juger. En tous les cas, cela a pris, encore une fois, avec moi. Pas de jugements peut-être parce que je suis plus âgée. Quoi que cela ne veut rien dire. A tout âge, on juge sans connaître. On a tous des préjugés et dans ce cas-là, ce n’est pas mon cas.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Rattrapage de Vincent Mondiot

Date de sortie : avril 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 79

ISBN : 978-2-330-12100-6

Face nord de Jean-Marie Defossez

Face Nord de Jean-Marie Defossez - Editions Flammarion Jeunesse

Face Nord de Jean-Marie Defossez – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé Face nord de Jean-Marie Defossez

Stéphane, Julie et Eric escaladent la face nord des Grandes Jurasses. Ils sont pratiquement au sommet. Eric, premier de cordée, veut vaincre, surtout pour impressionner Julie, dont il est amoureux.

Mais la météo n’est pas clémente. Le temps change très rapidement.

Avis Face nord de Jean-Marie Defossez

Une histoire magnifique entre trois adolescents et une montagne qu’ils tentent de gravir pour être parmi les premiers à franchir son sommet. Ce sont trois jeunes qui se connaissent depuis l’enfance, soit 7 ans, lorsqu’ils se rencontrent au club d’escalade et au collège. Nous avons le premier de cordée, celui qui doit protéger les deux autres et, en définitive, le chef de l’équipe, Eric. Ce jeune garçon est solaire, tout semble lui réussir, tant dans ses contacts avec les autres qu’en escalade. Pourtant, il souffre d’un élément fondamental qui peut le faire échouer, le vertige. C’est dû à un élément de son passé. Ensuite, il y a Stéphane, le plus grand du groupe, le plus endurant mais pas le plus à l’aise avec les autres car il a peur de faire mal. Et la seule fille du groupe, Julie, qui n’a pas confiance en elle, qui subit constamment les quolibets des autres à cause de ses taches de rousseur. Une profonde histoire d’amitié entre ces trois-là. Ils se sont trouvés et ne vont plus se quitter. Ils affronteront leurs éventuels soucis en escalade, soudés les uns les autres, s’encourageant quant ils en ont besoin. Mais bien entendu, certains voudront avancer plus vite que les autres. Est-ce que leur amitié en pâtira ? Peut-être pas.

Entre eux trois, il y a cet amour pour la montagne. Et qui dit montagne, dit forcément nature qui peut être plus forte que les êtres humains. C’est ce qu’ils découvriront lors de leur escalade des Grandes Jurasses. Pratiquement arrivés au sommet, le temps change et ils devront faire face aux pires conditions surtout lorsque l’un des trois est gravement blessé. Lorsque le froid se fait de plus en plus mordant, avec un blessé, il faut tenter avant tout de survivre pour ne pas s’endormir. Sinon, c’est la mort. C’est ce que l’auteur nous détaille, l’expérience de ces trois jeunes gens, par la voix de Julie. Qui est le plus téméraire des trois ? Malgré leur profonde amitié, seront-ils réellement soudés pour s’en sortir ? Une amitié si intense qu’il faut vraiment se connaître à fond, fusionnelle pour que l’on sache ce que l’autre va faire, comment il va appréhender les problèmes.

Il y a l’amour de cette montagne, mais il peut y avoir également l’amour entre cette fille et ces deux garçons. Qui tombera amoureux de l’autre? Cet amour sera-t-il payé de retour ? L’auteur nous décrit très bien les affres des uns et des autres, comment l’amour peut grandir et de quelle façon. Une amitié amoureuse qui pourrait souffrir de l’arrivée d’une nouvelle personne dans leur trio, de la jalousie, de vouloir démontrer à l’autre qu’on est le meilleur.

Un roman très beau, très sensible qui démontre bien que l’amitié est très importante, que le sport peut être vecteur d’entraide, d’endurance mais aussi de conditions difficiles. L’auteur a mélangé les évènements du jour et la rencontre entre eux trois, l’évolution de leur amitié. Au fur et à mesure des années, ils ont grandi les uns avec les autres. Il y a également cette peur du survivant qui pense ne plus être le héros, qui pense avoir mis en danger et être responsable. Mais là, une rencontre va tout changer.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette très belle lecture.

Face nord de Jean-Marie Defossez

Date de sortie : 27 mars 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 157

ISBN : 978-2-0814-4946-6

Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Alex fils d'esclave de Christel Mouchard - Editions Flammarion Jeunesse

Alex fils d’esclave de Christel Mouchard – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Alex part jouer avec sa soeur et ses amis. Sa mère le rappelle pour qu’il dise à son père de ne pas oublier un produit. Ce dernier lui lance quelques phrases qui sonnent bizarres.

Un homme se présente et affirme qu’il est là pour acheter trois esclaves.

Avis Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Une histoire d’esclavagisme, une histoire d’esclavagisme à la française. Une histoire de révolution qui se prépare. C’est la vie et le destin d’Alexandre, père et arrière grand-père des célèbres auteurs. Une partie de l’histoire de France, de l’histoire culturelle que je ne connaissais pas. Je le dis toujours, même en lisant des romans destinés aux adolescents, je parfaits toujours mon éducation et c’est une chance.

Nous sommes à Saint-Domingue. Alex, jeune adolescent, vit avec sa soeur, sa mère et son père. Mais son père part. A ce moment-là, un homme se présente et annonce qu’ils ont été vendus. Il faut savoir que le père d’Alex est tombé amoureux d’une femme de couleur, esclave. Il a affranchi cette femme. Elle et ses enfants ne sont pas esclaves. Pourtant, la réalité va vite les rattraper. Ils devront travailler dans une autre plantation et deviendront esclaves. Mais le père d’Alex a d’autres projets pour son fils qu’il adore. Ce sera Paris et la Cour. Il tentera de se faire à ce monde pour devenir un gentilhomme. Alex se révélera très bon au sabre.

Passons aux personnages, selon l’époque et ce que l’auteur a pu connaître d’eux. Ceci est un roman mais les personnages ont existé. Bien sûr, leur vie est un tant soit peu romancée pour les besoins de ce livre. Je pense que cet homme, le père d’Alex, ne plaira pas à grand monde. Comte puis ensuite marquis, il a toujours voulu vivre selon ses désirs, dépenser de l’argent et ne pas faire face à ses responsabilités. Comment un homme, qui se dit amoureux, peut laisser tomber femme et enfants de cette façon. Il pense peut-être se racheter en faisant venir son fils en France et en lui promettant de l’éducation. Mais la femme avec qui il a vécu, même si elle a eu deux enfants de lui, connaît cet homme. Quant à Rose, on peut dire qu’elle hait son père et cela se confirme de jour en jour, dans les actes de ce dernier et la volonté de la jeune fille de s’affranchir de sa condition d’esclave, alors qu’elle a vécu libre pendant de nombreuses années.

Alex a toujours été le préféré de son père. Acheté, il va, lui aussi, connaître la condition d’esclave jusqu’à se retrouver à Paris, aux côtés de cet homme qui va tenter de lui apporter de l’éducation, qui veut en faire son héritier, s’il reste de l’argent. Alex a toujours voulu être libre. Fort grâce à sa carrure, il va trouver le sport qui lui permettra de briller. Il va côtoyer la noblesse, tout comme ceux qui veulent que la Royauté soit abolie. Une belle leçon de vie pour le jeune homme. Il se fera des amis, certes, il arrivera à se faire respecter mais l’esclavage, même en France, n’est pas loin. Il suffit d’une rencontre, de retrouvailles pour que le jeune homme prenne sa vie à bras le corps.

L’auteur nous offre des tranches de vie de trois ans qui nous permettent de comprendre l’évolution de l’adolescent, son envie constante de fuir, ses premiers émois, sa volonté de briller. Quand on connait la suite, expliquée notamment dans le livre, on peut seulement se dire qu’heureusement, des personnes ont existé pour faire bouger le monde, les préjugés, la condition des hommes et des femmes que ce soit en France ou dans ses colonies. Il faut également compter sur le célèbre auteur qui a également dénoncer l’esclavage, Jean-Jacques Rousseau. Rousseau, également, le cacatoès, qui suit Alex de bout en bout de l’histoire. L’auteur nous donne également l’origine du nom d’Alex.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette lecture.

Alex fils d’esclave de Christel Mouchard

Date de sortie : 3 avril 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 239

ISBN : 9782081419971

Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Ma vie n'est pas un roman d'Alina Blonsky - Editions Actes Sud Junio

Ma vie n’est pas un roman d’Alina Blonsky – Editions Actes Sud Junior

Résumé Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Kim a 14 ans. Elle a une meilleure amie Petrovna, depuis le CP.

Avec leur classe, elles assistent à une lecture à la bibliothèque de leur ville.

Avis Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Quand une jeune fille d’un roman, qui a de mauvais résultats scolaires, qui ne lit pas, se trouve être l’héroïne de ce roman. Elle trouve dans ce livre, qu’elle ne lâchera pas, tous les éléments de sa vie, passé et futur, détaillés et même ses expressions. Bien sûr, les personnages n’ont pas le même prénom. Outre la première surprise passée et surtout de la colère envers l’auteur, la jeune fille essaiera de faire tout le nécessaire pour que la fin de ce roman ne se réalise pas.

Dans ce roman, nous avons une jeune fille de 12 ans, Kim, dont la meilleure amie est Petrovna. Mais leur rencontre a mal débuté. Elles se connaissent depuis le CP. Les parents de Kim divorcent et elle est une des dernières à être dans ce cas. C’est tout nouveau pour elle. De plus, sa mère ne prend pas soin de sa fille. L’argent n’est pas un problème dans cette maison. J’ai trouvé Kim délaissée par ses parents. Surtout qu’un événement du côté de son père ne va pas arranger les choses. D’ailleurs, Kim n’est pas égoïste. Elle partage volontiers avec son amie, qui, elle, est beaucoup moins bien lotie à ce niveau-là. Kim se repose beaucoup sur son amie pour tout faire, tout lui faire. Elle doit être présente pratiquement à chaque moment de sa vie. Et c’est un tant soit peu réciproque. Avec ce livre qu’elle découvre, Kim a peur de se lire. Mais les pulsions sont trop fortes. Il faut qu’elle sache.

Les situations sont rocambolesques, surtout lorsqu’elles décident de contacter l’auteur et d’aller plus loin.  Quel personnage cette femme ! Elle ne donne pas franchement envie et on peut comprendre Kim à ce sujet. On assiste, bien souvent, à des dialogues de sourd. Kim a tellement peur qu’elle n’écoute pas ce qu’on lui dit. Elle est réellement centrée sur elle-même et certains indices ne lui mettent pas la puce à l’oreille. Bornée, peut-être, mais on peut aussi comprendre qu’elle s’est fixée une mission avec ce garçon.

Non, la vie n’est pas un roman. Même si on tente de l’arranger, il peut arriver toujours des impondérables. On en sort grandi d’une certaine façon, on revoit ses priorités, on peut prendre des décisions, sur le moment et le regretter. On doit faire face et tenter de comprendre l’autre. Rien n’est figé. Et, malgré son caractère, Kim en fera l’apprentissage.

Un petit roman sympathique que j’ai pris plaisir à lire mais cela a été sans plus. Je ne me suis pas trop attachée aux personnages, peut-être à l’amie de Kim Josephine, soit Petrovna. Est-ce dû aux révélations faites par ce garçon qui semble avoir mieux cerné que moi cette jeune adolescente ?

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette découverte.

Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Date de sortie : 6 mars 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 192

ISBN :978-2-330-11851-8

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy - Editions Actes Sud Junior

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy – Editions Actes Sud Junior

Résumé Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Benjamin a 12 ans. Il a une soeur de 16 ans, Claudine. Mais ils s’évitent. 

Benjamin est petit et depuis l’âge de 7 ans, il a un don, il est télépathe. Il suffit qu’il touche les gens pour connaître leurs pensées.

Avis Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Oui, je lis des livres pour les 9-12 ans. Et je trouve de véritables pépites réjouissantes, bien écrites. C’est le cas, encore une fois, avec Julien Dufresne-Lamy, découvert dans Boom. Peut-être que cette tranche d’âge zappera sur quelques subtilités, comme la critique de la télé-réalité ou encore notre politique migratoire et ce monde ultra-connecté dans lequel nous vivons. En tous les cas, elle découvrira un pays, le Japon, des enfants qui ont des pouvoirs, leurs réactions face à ça, leur entraide, une profonde amitié et aussi une belle fraternité.

Ce roman est très riche et le style de Julien Dufresne-Lamy nous entraîne dans du merveilleux, avec le sujet de la télépathie, le Japon, un peu de sorcellerie et une société qui s’occupe de ces enfants, car les certaines situations peuvent être rocambolesques mais se prêtent à ce pays. Même si Benjamin Berlin, BB, est son héros principal, tous tiennent une grande place dans ce roman. Les parents de Benjamin, sa soeur, son oncle et sa tante et aussi ces deux amis japonais. En effet, le père de Benjamin, diplomate, est muté au Japon. Chacun réagit différemment à l’arrivée dans ce pays. Benjamin a décidé de s’intégrer en apprenant, en premier la langue, en allant dans une école et ensuite un collège japonais. L’auteur alterne cette vie japonaise à des chapitres où Benjamin, dont la caractéristique est d’être petit, où il découvre son don, comment il en fait usage, ses angoisses, les évènements qui en découlent, les réactions de sa famille. Benjamin se sent à part et seul.

De plus, un homme va provoquer la peur chez Benjamin. Il le voit partout jusqu’à ce que l’un et l’autre communiquent et que Benjamin comprend qu’un destin l’attend. Mais il doit travailler son don pour passer, avec succès, les épreuves.

La société japonaise est différente de la nôtre. Les gens doivent réussir, sinon ils sont mal vus. Cela commence dès le plus jeune âge. Certains peuvent être mis à l’écart car ils ne correspondent pas aux standards de la société japonaise. Cette société, également, est très policée. On découvre ses us et coutumes qui diffèrent des nôtres, par rapport à l’expression des sentiments que l’on peut éprouver. Une société ultra-connectée qui ne communique qu’avec les réseaux sociaux. Et les rapports humains dans tout ça ?Heureusement que Benjamin est là et que même s’il respecte cette société, il va permettre à ses deux amis de s’ouvrir, surtout lorsque l’un deux et de nombreux camarades de classe sont victimes de harcèlement.

Donc, voilà, outre l’histoire palpitante de Benjamin, de nombreux thèmes sont abordés et permettent à des enfants, des pré-adolescents de s’ouvrir au monde, de s’ouvrir l’esprit et de ne pas rester cantonnés à ce qui se dit chez soi, à la télévision. Le monde existe, est vaste. L’amitié et l’amour d’une famille sont de très belles choses que l’on doit préserver même s’il peut toujours arriver des disputes.

Je remercie Julien Dufresne-Lamy pour cette très belle dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : janvier 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 261

ISBN : 978-2-330-11134-2

Miss Crampon de Claire Castillon

Tue-moi si tu veux de Claire Castillon

Tue-moi si tu veux de Claire Castillon

Résumé Miss Crampon de Claire Castillon

Elle ne dit rien de ce qu’elle pense. Depuis l’âge de 5 ans, elle se tait, se chut. Camelia est sa belle-mère et  a tenté par tous les moyens de se faire accepter par cette petite fille.

Neuf ans plus tard, pour ne pas avoir de problèmes, elle se comporte comme les autres le souhaitent.

Avis Miss Crampon de Claire Castillon

Suzine, Suz, est une jeune adolescente qui est au collège. Ses parents ont divorcé mais ils ont l’air de s’entendre bien. Suzine ne dit jamais rien, elle se chut et ce depuis l’âge de cinq ans. Elle préfère ça à donner ses opinions car Suz est tout de même timide. On apprendra au fil des pages quel est ce petit problème qui a causé de grands dommages pour l’enfant, qui l’a recroquevillée sur elle-même. Pour avoir le moins de problèmes possible, elle se comporte comme les autres le souhaitent.

Suz a deux amies, toutes les deux amoureuses de Tom. Mais comme elle n’a pas su, pas voulu, donner sa propre opinion, ses amies n’ont plus confiance en elle. Suz est en vacances avec son père et sa belle-mère. Elle retrouve Tom au ski, ils partagent quelques moments qui ne plaisent pas forcément à la jeune fille. Entre une mère qui écrit des vers, un père qui ne la juge pas assez intelligente, Suz a fort à faire. Elle ne déteste pas sa belle-mère, elle trouvera tout de même une alliée en elle.

L’auteur développe le sujet de la non confiance en soi qui peut frapper de nombreux adolescents. Ils ne sont pas capables de s’affirmer face aux adultes, face aux amis. Ils se replient sur eux-mêmes, se retrouvent seuls et ne savent pas gérer les relations conflictuelles. Il y a également l’évasion par le mensonge, on s’invite un ami, un personnage. Ces mensonges peuvent résoudre les problèmes sur le court terme mais ils se retournent, à un moment, forcément contre celui qui raconte des histoires.

Suz va donc expérimenter les relations amicales qui se font, qui se défont, les premiers garçons qui tournent autour d’elle. Mais elle n’est pas prête. Ce qu’elle veut, c’est retrouver ses amies. Pourtant, les moqueries sont légion, à cause de son petit problème. Un garçon va la faire sortir de sa coquille, en l’inscrivant à Miss Crampon, la jeune fille qui représente le club de foot de la ville. Elle sera forcément entourée par tous les siens qui feront bloc pour elle et contre les autres. Cette expérience fera grandir Suz de bien des façons. Elle va apprendre à s’affirmer par rapport aux autres, à démontrer qu’elle ne restera plus en retrait et que les garçons, ce n’est pas pour le moment.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour ce petit roman vraiment très sympathique à lire et qui s’adresse à un jeune public.

Miss Crampon de Claire Castillon

Date de sortie : 9 janvier 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 203

ISBN : 978-2-0814-3657-2

Mentine on divorce ! de Jo Witek

Mentine On divorce de Jo Witek

Mentine On divorce de Jo Witek – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé Mentine on divorce ! de Jo Witek

Mentine rentre du lycée. Elle est surprise de trouver sa mère à la maison. En pleurs. De suite, Mentine pense au plus grave, l’accident.

Mais sa mère lui annonce qu’elle divorce et que c’est la faute du père de Mentine.

Avis Mentine on divorce ! de Jo Witek

C’est agréable de retrouver Mentine même si l’histoire n’est pas agréable pour la jeune fille de 15 ans, qui est en classe de seconde. Ses parents divorcent. Elle va expérimenter divers états, être confrontées à diverses situations. En sortira-t-elle grandie ?

Pour ceux qui n’ont pas les tomes précédents, ne lisez pas la suite qui contient quelques références à Mentine, que l’on a vu grandir. Mentine a été diagnostiquée précoce, elle est suivie par un psy depuis l’âge de cinq ans. Elle a conservé sa meilleure amie Johanna. Mais Mentine a dû subir le harcèlement de la part de ses camarades de classe et surtout des personnes qui n’ont pas compris cette jeune fille, en avance intellectuellement. Ses parents sont son garde-fou. C’est une famille qui s’aime, qui s’adore. Mentine est leur rayon de soleil, elle est tout pour eux et ils ont déjà beaucoup traversé avec elle. Il ne faut pas oublier la grand-mère de Mentine.

Quand sa mère lui annonce le divorce, Mentine, caractère fort et entier, tombe des nues. Elle qui essaie de tout prévoir se sent démunie face à cette situation et surtout en colère contre le fautif, son père, celui qui était son héros. Mentine va endosser un rôle d’adulte, de nounou pour sa mère. Cela ne durera qu’un temps. Avec ce coup du sort, l’amitié est bel et bien là, surtout là où on ne l’attend pas. Mentine pourra compter sur ses amies, même si à un moment donné, elle se réfugiera dans le silence. Que c’est beau une telle amitié entre quatre jeunes filles. Ensuite, il va falloir prévoir comment et où vivre, car avec un divorce, le manque d’argent se fait sentir. L’auteur aborde le thème de la colocation entre adultes, pour faire face, un temps donné, à une situation bouleversante. Je ne savais pas que cela pouvait exister. Si c’est le cas, c’est un bel exemple d’entraide entre humains en difficulté.

Mentine veut toujours être parfaite, elle veut toujours tout prévoir, mais cette réalité inconnue lui fait peur. Durant cette courte période, Mentine va beaucoup grandir car elle va apprendre à ne plus être le centre de l’attention de sa famille. Elle va s’ouvrir aux autres, elle va les comprendre. Elle va avoir affaire à diverses personnalités, différents caractères et différentes situations. Avec des mots simples, que tout le monde, et notamment les adolescents pourraient prononcer, l’auteur est bienveillant et forme ses jeunes lecteurs avec des prises de position, notamment sur cette différence qui est mal perçue, vite jugée. On juge parce qu’on ne connaît pas et ces jugements font mal. Encore maintenant, trop de monde ne s’ouvre pas, mais les autres sont riches et peuvent nous apprendre beaucoup, notamment les réfugiés syriens qui, seuls, doivent tout recommencer et notamment apprendre une nouvelle langue. A tout âge, tout est un sacré apprentissage. Tous, adultes comme adolescents, peuvent ressortir grandis de cette lecture. Pour les premiers, c’est comme un rappel et pour les seconds, une tranche de vie qu’ils peuvent connaître.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette lecture. On note également sur cet opus, comme pour les précédents, les illustrations de Margaux Mottin.

Mentine on divorce ! de Jo Witek

Date de sortie : 9 janvier 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 224

ISBN : 978-2-0814-4939-8