Cogito de Victor Dixen

Cogito de Victor Dixen - Editions Robert Laffont

Cogito de Victor Dixen – Editions Robert Laffont

Présentation Cogito de Victor Dixen

Malgré ses notes, son comportement, il est proposé à Roxane un stage qu’elle ne peut refuser car il lui ouvre toutes les portes pour avoir un avenir, un emploi. Roxane a 18 ans. Elle est donc majeure et n’a pas besoin de demander la permission à son père pour suivre ce stage de 7 jours.

Avis Cogito de Victor Dixen

Notre futur, proche, avec l’Intelligence Artificielle, va-t-il ressembler au roman Cogito de Victor Dixen ? Je n’ose le croire mais cela risque bien d’arriver. Les robots ont pris le pouvoir, le contrôle. Pas des humains, normalement. Mais ils accomplissent toutes les taches, tous les travaux qui étaient dévolus, avant, aux humains. Ce qui a entraîné des pertes d’emploi, des déclassements et une sacrée lutte des classes. Il y a, comme dans notre société actuelle, des très riches et ceux qui tentent de survivre. Les premiers ne se mélangent pas aux seconds et ne se côtoient pas du tout. Dans cette société, il y a de nombreuses interdictions, tout ce qui avait cours avant l’Intelligence Artificielle est proscrit, banni. Toute la vie de ces personnes est régentée par les robots. Cela plaît à certains, bien entendu. Il y a également ceux qui se révoltent ou qui ne font plus partie de cette société. Quelle est la meilleure option ? Victor Dixen y répond par la voix de ses personnages.

Cela devait être une semaine idyllique pour tous ces stagiaires. Une semaine de stage, dans un endroit paradisiaque, qui leur permet d’ingurgiter toute une année d’études afin de passer l’examen final et intégrer de grandes écoles pour avoir un travail à la fin. Mais cette semaine de stage est réservée aux nantis. Toutefois, le patron de la plus grande société d’IA a choisi trois boursiers, dont Roxane, pour suivre ce programme. Roxane qui n’utilise pas ses capacités intellectuelles à leurs pleines valeurs. Roxane qui a perdu sa mère il y a quelques années et qui en veut énormément à son père, devenu alcoolique. Roxane qui a préféré suivre la voie de la délinquance. Mais dans ces îles, Roxane et certains de ces camarades vont très vite avoir des doutes quant à ce programme. Ah oui, le matin ils se réveillent avec des facultés indéniables mais certains changements physiques leur mettent la puce à l’oreille. Ils ont à faire des choix et ces choix seront très importants pour l’histoire aux multiples rebondissements.

Trois boursiers et beaucoup d’adolescents très riches dont les relations ne vont vraiment pas être faciles, on s’en doute. Les derniers pensent avoir le pouvoir. Les autres, en particulier Roxane, préfèrent se cacher derrière la violence des mots. Cela peut marcher ou pas. De toutes façons, à un moment donné, ils seront obligés de s’entraider pour survivre, pour vivre, face à cette IA qui a pris le pouvoir, sans le consentement de son créateur. Et comment cela a-t-il pu se réaliser ? Tout est expliqué avec la plume de Victor Dixen. Un roman qui permet à tous ces adolescents d’évoluer, de donner le meilleur d’eux-mêmes, de croire en eux et dans les autres, qui leur permet de changer de trajectoire, car l’avenir est aux mains des jeunes, de ce qu’ils vont en faire.

Victor Dixen développe ce cerveau, ce fameux cerveau qui est toujours l’objet d’études car pas encore sondé entièrement. Ce cerveau qui permet de réfléchir, d’éprouver des sentiments et que personne n’a encore pu transposer dans une machine. Et on va dire, heureusement qu’il nous reste notre cerveau pour prendre le pas sur ce qui peut se révéler extrêmement dangereux.Victor Dixen écrit sur l’écologie, la lutte des classes, le changement climatique et toutes les adaptations qui en ont découlé.

J’ai rencontré Victor Dixen au Festival du Livre de Marseille, début décembre. Je ne connaissais pas l’auteur, ni son univers. Je lui ai demandé quel livre il me conseillait pour le découvrir, moi amatrice de policiers-polars. Il me conseillait une série ou un simple histoire. Vu tout ce que j’ai dans ma PAL et comme je ne voulais pas trop m’engager dans une série, j’en ai tellement à lire et finir, j’ai acheté Cogito, conseillée par Victor Dixen. Livre dédicacé par l’auteur et donc à conserver précieusement. Après la lecture de Cogito et cette rencontre, avec un homme très proche de ses lecteurs, je comprends pourquoi il a autant de succès parmi les adolescents et les moins jeunes. Victor Dixen offre un roman très riche et documenté et accessible à tous, que ce soit d’un point de vue scientifique et autre. Il permet au lecteur de s’interroger sur son futur, mais aussi avec de nombreuses références littéraires, cinématographiques et surtout ceux qui ont, au fil des siècles, participé à ce bouleversement de la société, à son évolution technologique.

J’ai tourné les pages de Cogito avec avidité. Je n’ai pas pu me détacher de ce roman avant de l’avoir fini. J’ai très bien imaginé ce qui se passait car tout était extrêmement vivant. Les rebondissements sont multiples et nombreux. Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. En plus, Victor Dixen termine son roman avec une véritable conclusion. Il ne laisse pas le lecteur sur sa faim. Ce roman, outre sa dédicace, est à garder précieusement car véritable objet de collection avec ses dessins, ses pages noires qui en font un objet d’art. Je finis 2019 avec cette chronique mais pas avec ce roman puisque j’en ai déjà un en cours.

Cogito de Victor Dixen

Date de sortie : 29 mai 2019

Editeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 357

ISBN : 978-2-221-24172-1

Météore d’Antoine Dole

Météore d'Antoine Dole - Editions Actes Sud Junior

Météore d’Antoine Dole – Editions Actes Sud Junior

Présentation Météore d’Antoine Dole

Il fait beau, le soleil est revenu. Mais ce soleil revenu, qu’elle voit dans les sourires des gens qu’elle croise, est-il revenu dans son coeur ? Elle a osé porter une robe pour aller faire quelques courses.

Mais ce soleil s’assombrit car elle est agressée, insultée par trois garçons. Pourquoi encore cette agression ?

Avis Météore d’Antoine Dole

Toujours agressée verbalement et physiquement. On pourrait penser, en lisant les premières pages, à du harcèlement scolaire. Mais c’est pire que ça. L’auteur nous en dévoile les raisons vers le milieu de ce roman écrit à la première personne. Car le lecteur se pose la question. Pourquoi autant de violences ?

Quand un enfant se sait différent dès son plus jeune âge. Qu’il ne comprend pas pourquoi on essaie de le cantonner dans une case. Quand il ne comprend pas pourquoi toutes les autorités, notamment scolaires, évoquent une déviance et que ses parents doivent le remettre dans le droit chemin.

Outre tout cela, bien écrit, bien détaillé, Antoine Dole nous démontre par la force des mots ce corps que l’on hait, que l’on cache, qui ne correspond pas à ce que l’on est réellement, à ce que l’on ressent dans son coeur. Une grande souffrance pendant de très grandes années. Une grande souffrance parce que l’on ne s’aime pas et c’est cela le plus dur. Passent encore ce que peuvent nous faire subir les autres, quand on n’a pas confiance en soi, quand on n’a pas l’estime de soi, c’est ça le plus dur. Les coups des autres sont moins violents que les coups que l’on peut s’infliger à soi-même. Quand on se sent autre, quand on se croit autre, quand on se sait autre et que le corps est complètement différent, il est impossible de s’accepter. Il suffit d’une rencontre, d’une belle rencontre avec un professionnel qui comprend, qui explique que le chemin pourra être long, surtout lorsque l’on n’est pas majeur. Et ensuite, avec soi, avec sa propre volonté, avec le fait de s’accepter et surtout en étant accompagné de la famille, de la mère, le passage ne se fera pas en douceur mais ce passage permettra de vivre la vie que l’on souhaite.

Les préjugés ont la vie dure surtout lorsque l’on est adulte et qu’on les subit. Mais les préjugés sont encore pires, lorsque l’on est enfant et que l’on grandit. Comment voir le soleil alors que tout est néant autour de soi, en soi ?

Un véritable plaidoyer pour toutes les femmes, quelles qu’elles soient. Ces femmes qui font avancer le monde, ces femmes qui endurent les plus vils sévices, les femmes qui luttent pour toutes les conditions, les femmes qui ont en définitive le pouvoir, car elles donnent la vie, elles apportent l’amour. Un véritable plaidoyer pour tous ceux qui n’ont pas le corps qu’ils souhaitent, qui se sentent mal dans ce corps. Malgré cette violence, le déni face à ce corps, les violences infligées à ce corps, il n’y a jamais eu la pensée de passer à l’acte irréversible. Une très grande force de caractère, tout de même. Mais si cela avait duré au-delà de ses 16 ans, sans trouver l’aide adéquate, n’aurait-elle pas voulu en finir ?

Un livre qui démontre tout de même que l‘espoir est toujours là, qu’il faut continuer pour pouvoir croire en soi, s’accepter, s’aimer pour ce que l’on est réellement. Car comme l’écrit l’auteur par la voix de son personnage, le corps n’est qu’une enveloppe et ne démontre pas qui l’on est réellement, quelle personne on est.

Antoine Dole sait écrire pour les adolescents, mais également pour tous ceux qui lisent ces livres. Et ce sont des sujets d’actualité qui touchent aussi bien les jeunes que les adultes.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior et aussi l’auteur pour sa belle dédicace.

Météore d’Antoine Dole

Date de sortie : janvier 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 65

ISBN : 978-2-330-13036-7

Ecorché d’Isabelle Boisvert

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Présentation Ecorché d’Isabelle Boisvert

Antoine et sa femme Lydia ont accepté d’accueillir le fils adoptif de Pierre. En effet, celui-ci doit partir aux Etats-Unis. C’est en toute connaissance de cause car Félix est un jeune homme qui a eu de nombreux problèmes dû à son passé. Il est en rébellion constante.

L’arrivée de Félix, majeur dans quelques mois, ne sera pas de tout repos. Frédérique, la fille d’Antoine et Lydia, ne sait pas comment se comporter avec lui. Mais elle est subjuguée par le charme du jeune homme.

Avis Ecorché d’Isabelle Boisvert

Comment un enfant, devenu un adolescent, peut-il survivre, vivre lorsqu’il a vécu l’indicible, soit les violences envers sa mère, la mort de celle-ci et les violences perpétrées par son père à son encontre ? Ce garçon avait un voisin chez qui il se réfugiait. Il s’y réfugie toujours, seule personne à ne pas le juger. Ce garçon, Félix, à la mort de sa mère, a été adopté par le frère de sa mère. Mais vu la souffrance vécue, il n’a jamais su montrer tout l’amour qu’il pouvait ressentir, le fait qu’il soit enfin en sécurité. Car un enfant qui vit tout ce que Félix a vécu ne veut pas s’engager pour ne pas tout perdre. Donc, Félix s’est drogué, a eu des problèmes avec la police, s’est rebellé face à toutes les institutions, les ordres donnés. Ce que veut Félix ? Avoir 18 ans et son indépendance financière pour pouvoir vivre enfin pour lui, sans personne. Mais son oncle a dû partir aux Etats-Unis, il a demandé à son meilleur ami d’accueillir Félix au sein de sa famille. Une famille composée d’un père, d’une mère et d’une jeune fille du même âge que Félix, Frédérique.

Les relations ne sont pas faciles surtout avec une mère, Lydia, qui mène tout son monde à la baguette. Elle ne supporte pas le comportement de Félix, ses paroles et malgré les règles imposées, ce dernier n’en fait qu’à sa tête. Lydia a le même comportement avec sa fille. Mais avec elle, elle n’a jamais eu de problèmes. Frédérique s’est toujours conformée aux désirs de sa mère et ne s’est jamais soulevée. D’ailleurs, elle préfère se confier à son père qu’à sa mère. L’arrivée de Félix va tout chambouler. Frédérique va prendre des décisions qui ne plaisent pas à sa famille. Mais cette dernière est unie, le père joue un rôle de médiateur pour faire accepter à Lydia que sa fille grandit et qu’elle n’a pas les mêmes aspirations que sa mère. D’ailleurs, cette dernière devrait se rappeler sa jeunesse.

Félix est très sensible sous ses dehors de dur. Il ne sait pas comment exprimer sa souffrance, il préfère foncer dans le tas. Il ne veut pas s’ouvrir, il ne veut pas montrer ses faiblesses, sa douleur. Il a peur d’être déçu par les autres, il ne veut plus souffrir.

Avec Félix, Frédérique va trouver une sensation de liberté. Elle va côtoyer un jeune homme qui ne pense pas qu’à lui. Elle va tenter de connaître son passé afin de l’aider. Mais les barrières paraissent infranchissables avec un garçon qui ne veut pas s’engager, qui a peur de faire mal, malgré tout l’amour qu’il peut éprouver. Cela créera des tensions entre eux. Mais Frédérique devra faire preuve de patience et Félix comprendre qu’il peut s’ouvrir. Frédérique, même si elle éprouve beaucoup d’amour, est comme une éponge. Elle absorbe tout le mal-être de ce jeune homme, elle n’est plus la jeune fille qui semblait heureuse. Elle devra faire des choix quant à cette relation, son avenir. Elle se trouve impuissante face à ce jeune homme qui souffre. En cela, elle est aidée par sa meilleure amie, ses parents, notamment son père qui ne lui impose aucun choix mais qui a un rôle de conseil. Des décisions difficiles à prendre, à faire comprendre à l’autre. Mais cela permet à Félix et Frédérique de grandir. Lui à faire des choix pour surtout aller mieux et elle, à vivre sa vie.

Ce que j’ai aimé dans ce roman, ce sont les passages en italique où Félix raconte sa vie. J’ai également aimé l’échange entre Antoine et Félix. J’ai beaucoup moins aimé les dialogues, surtout ceux de Félix. Car oui, c’est un jeune homme rebelle mais ses paroles quand il souhaite montrer son point de vue, tout comme certains de ses actes face à cette famille, surtout Lydia, ne sont pas assez explicites. J’ai également été extrêmement déroutée, et je pense que des lecteurs adolescents français pourraient l’être, par tournures de phrases, mots de cette ville de Montréal. J’ai essayé de les transcrire en français mais avec plus ou moins de succès. Autrement, toute personne qui souffre, notamment les adolescents, tous les adultes qui peuvent être au fait de ces souffrances, trouveront matière avec ce roman.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique.

Ecorché d’Isabelle Boisvert

Date de sortie : 4 septembre 2013

Editeur : Editions de Mortagne

Nombre de pages : 312

ISBN : 978-2-89662-275-7

La cité lagune le pouvoir des soeurs d’Anne Kalicky

La cité lagune le pouvoir des soeurs d'Anne Kalicky - Editions Flammarion Jeunesse

La cité lagune le pouvoir des soeurs d’Anne Kalicky – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé La cité lagune le pouvoir des soeurs d’Anne Kalicky

Cadacise, peste noire. Les portes sont verrouillées, les façades marquées. Les plus riches sont partis ailleurs. Cadacise est un grand port et même le commerce subit de plein fouet la peste noire. Nombreuses denrées sont brûlées et décontaminées tout comme les bateaux.

Avis La cité lagune le pouvoir des soeurs d’Anne Kalicky

La peste noire a décimé une grande partie de la population de cet endroit qui ressemble à Venise. Dès qu’elle peut sortir, Simonetta décide d’aller se ravitailler. Ses pas la conduisent près du fleuve. Elle entend pleurer et découvre deux bébés qui se révèlent être des filles, des jumelles. Elles portent chacune à leur poignet un lien avec leur prénom mais aussi de la cendre s’échappe. Simonetta les cache mais très vite le peintre pour qui elle travaille et plus les découvre. Après un instant de colère, il décide de garder les enfants.

Dix ans plus tard, les jumelles ont grandi, heureuses. Elles vont bientôt fêter leur anniversaire. Une grande fête doit avoir lieu ce jour-là. C’est le carnaval. Toute la famille est invitée au palais. Simonetta remet aux jumelles le lien avec le prénom. Si le début de la journée commence sous les meilleurs auspices, il n’en sera rien de la suite.

Un très bon premier tome pour de jeunes lecteurs qui assisteront à une partie de la vie de la jumelle, entre leur découverte, les liens créés par leur famille d’adoption, leur ami et aussi leur préparation au bal dans les plus belles robes et surtout le masque créé pour chacune des jumelles. Est-ce que le lien remis par Simonetta le jour de leur anniversaire va déclencher ces bouleversements ? Il semblerait car seule une des jumelles se souvient de tout. Tous ceux qui vivent dans la ville ont repris leur vie comme avant, même s’ils ont le sentiment d’avoir comme un blanc.

Même en ce temps-là, malgré les avis des gens, ils se plient tout de même à une évolution de la société. Qu’une servante devienne la maîtresse de son employeur, c’est monnaie courante, mais ils s’y plient sans problèmes, sauf les nantis et les commerçants. L’auteur nous fait découvrir Cadacise qui ressemble à Venise. Bien entendu, elle a pris des libertés dans son roman, ce qui est normal pour essayer de faire découvrir un endroit à ses lecteurs. Une part de fantastique avec ces jumelles, aux cheveux roses dont l’une a des yeux vairons. Bien entendu, Mahaut et Nella ont des caractères différents, mais elles se complètent et sont là l’une pour l’autre. Elles ont des liens indéfectibles et le roman nous le prouvera. Deux jolies petites filles à la joie de vivre, aimées et aimantes. Carlo, le peintre, leur passe tout. Mais elles n’en profitent pas tant que ça.

Une très belle part d’explications quant à la peste noire, comment elle a affecté toute une population. Une part de fête avec la préparation au grand carnaval et toutes les préparations qui en découlent. Une part d’irréel avec ce qui se passe pendant ce carnaval et le lien des jumelles sur le moment et après.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour ce premier avant-goût.

La cité lagune le pouvoir des soeurs d’Anne Kalicky

Date de sortie : 9 octobre 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 144

ISBN : 9782081451131

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Kill Screen de Joel A. Sutherland - Actes Sud Junior

Kill Screen de Joel A. Sutherland – Actes Sud Junior

Résumé Kill Screen de Joel A. Sutherland

Elle entre dans une cabane et ce n’est pas la première fois. Que va-t-elle trouver cette fois-ci ? Va-t-elle encore mourir face à cet esprit ancien ? Elle veut le tuer ou l’exiler car auparavant elle est déjà venue à bout de toues les autres esprits.

Sauf qu’elle meurt pour la 109ème fois.

Avis Kill Screen de Joel A. Sutherland

Eve, surnommée V, voit des fantômes et fait des rêves prémonitoires. La jeune adolescente culpabilise énormément car elle n’a pas pu empêcher la mort de ses parents dans un accident de voiture, il y a deux ans. Elle vit avec sa grand-mère et a laissé tomber le sport à l’école pour se consacrer aux jeux vidéos dont elle est addict, notamment ce dernier jeu Kill Screen, qu’elle recommence inlassablement jusqu’à vaincre La Fumerolle. Et lorsqu’elle y arrive, après avoir lu les mots sur l’écran, le monde bascule. Selon un fantôme, elle a permis à La Fumerolle, d’être libérée. Le but de cette dernière est d’anéantir le monde des vivants.

Après des menaces, certains fantômes se transformeront en alliés, notamment la conceptrice du jeu. Mais cela ne sera pas sans dégâts. Eve et son ami vont utiliser les moyens à leur disposition, sel et objets en métal pour tenter de détruire ceux qui veulent faire du mal. Pour Eve, ce n’est qu’un jeu qu’elle transpose dans le réel. Mais elle voit ceux qu’elle aime souffrir et tentera, par tous les moyens, de les sauver. Une belle entente, réciprocité pour vaincre le mal. Mais l’ont-ils réellement vaincu. La fin semble promettre une suite. Est-ce que je me trompe ?

On plonge dans l’histoire dès les premières pages. On s’interroge sur ce qui arrive car quand l’auteur aborde la mort et plusieurs essais pour vaincre, le lecteur ne s’imagine pas ce qui l’attend, surtout s’il n’a pas lu la 4ème de couverture comme moi. Suspense entier.

Un bon petit roman pour jeunes adolescents avec tous les ingrédients nécessaires, les jeux vidéos, deux ados très différents, mais amis depuis de nombreuses années. Mais aussi un ado qui a vécu un drame dans sa vie et qui ressent cette culpabilité qu’elle cache aux autres via une attitude un peu bravade. Ils n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Rester ensemble côte à côte leur suffit. Ils vont unir leurs forces, leurs connaissances pour que leur monde ne soit pas anéanti. En plus, il y a un fond d’un monde caché, irréaliste pour nous. Forces obscures, esprits, fantômes sont toujours des sujets qui peuvent avoir du succès auprès des lecteurs et aussi pour certaines personnes. Une course contre la montre contre les méchants en espérant que ceux qui veulent le bien vont réussir. Ils oscillent tout de même entre doute et euphorie après certaines victoires. Mais ils repartent de plus belle et n’abandonnent pas.

C’est mon deuxième roman de cet auteur. J’ai réellement préféré le premier lequel je pense s’adressait à un public un peu plus âgé que pour Kill Screen. En tous les cas, j’ai passé un bon petit moment de lecture.

Je remercie Actes Sud Junior.

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Date de sortie : 2 octobre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 166

ISBN : 978-2-330-12794-7

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

 

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio – Editions Flammarion jeunesse

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

Sam est au collège. Il passe son temps à dessiner. Dessiner le futur et ses dessins sont prémonitoires.

Un jour, dans une ruelle, il se fait agresser par des camarades qui veulent un dessin pour les servir. Ce qu’il dessine, deux jeunes adolescents qui se transforment et c’est ce qui arrive dans cette ruelle.

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

En tant qu’adulte, passer un bon petit moment de lecture avec les personnages, les héros de ce premier tome, de ce roman. En tant qu’adulte, je me suis attachée, forcément, à ces personnages. Forcément puisque, dans la vie réelle, ils sont rejetés. En tant que jeune ado, à qui ce roman est destiné, ils aimeront le contexte, les personnages également, les situations auxquelles ils doivent faire face.

Je donne mon point de vue d’adulte. Je n’aime pas que les enfants soient privés de liberté. C’est le cas au Repaire, tenu par une femme, dont le but est de donner à ces jeunes, un endroit où ils ne seront plus mis à l’écart, par la société, à cause de leurs dons. Mais mise à l’écart dans le monde réel ou obéir aux ordres d’une sorte d’école, c’est un petit peu la même chose pour moi. Elle souhaite qu’ils apprennent à contrôler leurs dons et surtout leurs émotions. Un programme futuriste leur est consacré. Ils sont également soumis à des sortes de compétitions où ils doivent gagner s’ils veulent participer à des missions. Tout comme Sam, le dernier arrivé au Repaire, tout le monde doit pouvoir participer et ne pas être mis de côté. Il en donne la preuve.

Etant donné que l’on a affaire à de jeunes adolescents, l’attrait de l’extérieur est évidemment grand. Et obéir tout le temps aux règles, ils ne veulent pas. Donc, ils vont essayer d’en profiter. Mais c’est le drame. Une jeune fille est enlevée. Ils vont tout faire pour la libérer et à ce moment-là, ils vont décider de former leur famille où ils n’obéiront pas forcément aux adultes. Dans toute famille, il y a tous les caractères, celui qui réfléchit, celui qui se croit supérieur aux autres, celui qui est un peu fou, celui qui n’accepte pas ses dons. Jeunes, certains ont vu leur don évoluer mais pas dans le bon sens. Cela leur crée donc des angoisses. Surtout que nombreux, à l’extérieur, souhaitent en profiter pour faire le mal.

Un roman bien écrit qui ne souffre d’aucun temps mort. Entraide, amitié, amour naissant sont évidemment bien présents. Un petit peu de science fiction, des compétitions, des missions, du suspense donnent de l’adrénaline. Et puis, pourquoi pas de la rivalité et de la désobéissance pour corser aussi le tout. Car même jeunes, ce ne sont pas des moutons. Ils réfléchissent et unis, ils seront bien évidemment plus forts que les adultes.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette découverte.

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

Date de sortie : 18 septembre 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 224

ISBN : 9782081423893

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Aigre Doux de Wilfried N'Sondé

Aigre Doux de Wilfried N’Sondé

Résumé Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Des amis se retrouvent, mais comme toujours reste un peu à l’écart. Lui suffit d’être avec son ami.

Une question sur son origine, réponse colérique et s’enfuit.

Avis Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Pas besoin d’un grand nombre de pages pour dénoncer le racisme, la stigmatisation, les questions qui font mal parce que l’on est différent. C’est ce qui arrive à cette jeune fille qui accompagne un ou une amie, je pencherai pour le premier, même si elle reste en retrait. Une seule question sur ses origines et elle se met vivement en colère et part.

Partir, oui et regretter et attendre. S’interroger sur soi, sur sa vie, sur cette absence qui fait mal. Ce roman parle de la couleur de peau, certes, mais il ne se cantonne pas qu’à ça. Il parle de ces jeunes qui sont différents, de ces jeunes qui se cherchent. Un comportement, des vêtements qui ne révèlent pas leur moi profond. Originalité vestimentaire, comportement qui se remarque et qui engendre de nombreuses réflexions. Réflexions, stigmatisation, violences verbales qui font mal, très mal. Est-ce que tout cela est dû à sa couleur de peau. Personnellement, je ne le pense pas. Quand on ne correspond pas à la norme, on subit de nombreux rejets. Ces jeunes doivent toujours se justifier, ils ne sont jamais écoutés. Mais si on gratte un peu, on peut voir le manque de confiance en soi, les nombreux complexes, on peut accepter certaines choses des gens proches, mais pas de la famille. En effet, avec une mère trop présente, qui donne trop de conseils, les conflits sont continuels et cette jeune fille en devient méchante. Elle se venge sur sa mère de cette absence qu’elle subit, de cet absent à qui elle ne peut pas dire ce qu’elle pense. Elle essaie de se protéger de tout et de tous.

Lorsque l’on est jeune et que l’on subit tout ça, la pensée du suicide n’est pas loin. Mais on peut également rêver de son avenir. Pourtant le conditionnement pour réussir à l’école est continuel. Quand on veut sortir de tout cela, il suffit de prendre une décision, mais seulement pour soi.

Racisme, relations, réactions démesurées, manque de confiance en soi, stigmatisation, exclusion, cataloguer, manque de confiance en soi, normalité, la jeunesse passe, très souvent, un cap difficile.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Date de sortie : août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 416

ISBN : 9782330124311