La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes

 

La cerise sur le gâteau d'Aurélie Valognes - Editions Mazarine

La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes – Editions Mazarine

Résumé La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes

Eté 2016, Brigitte accueille sa petite fille car la maman doit s’occuper des obsèques de sa mère. Brigitte, dans l’enseignement, décide de prendre sa retraite, surtout pour voir plus ses petits enfants.

Un an plus tard, c’est son mari, Bernard, qui est obligé de la prendre. Pour ce bourreau de travail, comment cela va-t-il se passer ?

Avis La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes

Brigitte a décidé de prendre sa retraite, pour notamment profiter de ses petits enfants. Un an, plus tard, c’est son mari Bernard qui est mis d’office à la retraite. Il a tout donné pour son travail, préféré s’y consacrer que de prendre soin de sa femme et de son fils. Il se sent indispensable. Personnage réellement bougon, qui ne reconnaît jamais ses torts. Brigitte pense qu’ils vont pouvoir enfin prendre du temps pour eux.

Comment un couple appréhende l’arrêt du travail ? L’un va sortir, changer, se trouver des activités et être plus épanoui. L’autre, au contraire, ne saura plus quoi faire. Il verra les minutes défiler. Il regardera la télévision, notamment les émissions de santé et se cherchera toutes les maladies qui existent. Mais un projet amené par son petit fils qui doit rendre un exposé à l’école va permettre à Bernard de s’investir dans l’écologie. Et comme pour tout, ce sera en tant que vainqueur qu’il veut être. Il fera vivre un enfer à ses proches, encore plus grand que lorsqu’il travaillait. Au fur et à mesure, toutefois, il se rend compte que ce petit pas n’est pas suivi par les autres. Pourtant, il s’accroche et réussit à mettre de l’eau dans son vin.

Les personnages de ce roman sont facilement reconnaissables. Car, il est fort possible que dans chaque famille, il y ait ce type de personnage. Celui qui n’a pas de sentiments ou qui les cache. Celle qui ferait tout pour le bonheur de sa famille mais qui prend du bon temps. Un couple, toujours par monts et par vaux et qui ne prend plus le temps de s’aimer. Il y a aussi le voisin irascible et les bons copains. Des enfants, différents par leur caractère, mais profondément adorables. Et comme on le sait, la vérité sort toujours de la bouche des enfants. Ils comprennent tout, ils réagissent à tout, au bon comme au mauvais. Des scènes de la vie quotidienne, des scènes de vacances où les parents sont heureux de voir enfants et petits-enfants pour passer du bon temps. Des scènes où les deux époux vont devoir cohabiter, réapprendre à vivre ensemble avec des scènes cocasses et des réparties plus ou moins drôles. Comment mettre de la joie, du sentiment, même avec ces petites phrases qui font tout le style et le charme d’Aurélie Valognes ? Tout comme se baser sur sa propre vie pour la transposer chez ses personnages ou tout ce qui peut arriver dans n’importe quel foyer, au moment de la retraite où certaines personnes ne peuvent pas en profiter.

C’est mon troisième Aurélie Valognes après Nos adorables belles filles et Au petit bonheur la chance !. Les autres m’attendent bien sagement dans ma PAL. J’avais ri avec le premier, j’avais été profondément émue par le second. Le troisième, qu’il me tardait de lire, me laisse sur ma faim. Pourtant, tous les ingrédients sont là pour nous faire passer un bon moment de lecture. Mais je n’ai pas eu de coup de coeur pour ce roman. Ce sera partie remise, du moins je l’espère. Que l’auteur ne prenne pas ombrage de mon sentiment car il n’engage que moi et c’est vrai que l’on ne peut pas plaire, à tous les coups même avec nos auteurs favoris. Cela m’arrive assez souvent. Aurélie Valognes traite des thèmes de la retraite, de la famille, encore et toujours et ça j’adore, et de l’écologie et de la prise de conscience de cet homme qui veut tout faire, à son échelle, pour laisser une Terre pour que ses enfants, petits-enfants puissent vivre. Un seul geste, certes, ce n’est pas beaucoup, mais si tout le monde s’y met, cela peut être énorme. Ensuite, il faut que les gouvernements suivent et ne soient pas à l’affût de l’argent des lobbys. Comment faire pour avoir moins de plastique, mieux consommer, moins acheter et aussi acheter mieux.

La cerise sur le gâteau d’Aurélie Valognes

Date de sortie : 6 mars 2019

Editeur : Mazarine

Nombre de pages : 413

ISBN : 978-2-863-74481-9

Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

tous les livres sur Babelio.com

Résumé Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Juin 2014, Irlande, Comté de Meath, un homme de 84 ans se trouve dans un hôtel. Son fils, Kevin, est aux Etats-Unis. C’est à lui qu’il s’adresse pour raconter son histoire. Sa femme est morte il y a deux ans. Il a mis toutes ses affaires en ordre, sans en parler à son fils. Il va faire quelque chose lors de cette soirée.

Avis Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Toute une vie et un soir raconte la vie de Maurice qui prend la parole. Il a réservé une nuit dans le seul hôtel de sa petite ville et il a réservé la plus grande suite. Sauf que personne ne sait que c’est lui qui a réservé. En plus se tient une très grande soirée dans cet hôtel. Il va rester un grand moment à boire, Stout et whisky car Maurice est un amateur de très bons whiskys, surtout que son fils lui en envoie régulièrement. Maurice va se rappeler sa vie dans ce petit coin d’Irlande au sein de sa famille avec son frère aîné, son héros. Un héros qui ne restera pas très longtemps auprès de lui suite à la tuberculose. Un frère aîné qui l’a toujours aidé de son vivant car Maurice n’y arrivait pas à l’école. Il excellait en sport mais le reste, il ne pouvait pas suivre. Il comprendra pourquoi à la fin de sa vie. Donc, il est placé dans la grande maison de cette petite ville. Il subira la violence du maître de maison et de son fils. Jusqu’au jour où une pièce tombe et que Maurice ramassera et gardera pendant de nombreuses années. Cette pièce est un peu le fil rouge de ce roman, tout comme cette maison qui va devenir un hôtel. Au fur et à mesure de sa vie, Maurice va agrandir la ferme familiale. Il a pratiquement tout appris de son père et il va réussir, il va gagner beaucoup d’argent et se venger, au fur et à mesure, de cette famille qui lui a fait tant de mal lorsqu’il était plus jeune. Jusqu’à ce qu’il rencontre Emily.

Un autre chapitre est consacré à Molly, cet enfant mort-né. Est-ce la faute de Maurice s’il n’a pas écouté sa femme, pour l’emmener plus tôt à l’hôpital ? Il va se maudire, culpabiliser. Et comme pour son frère, Molly restera toujours à ses côtés. Il la verra grandir. Elle lui donnera des conseils ou lui démontrera qu’il a tort dans ses attitudes. Troisième gros chapitre consacré à la soeur de sa femme, Noreen. Cette dernière est placée dans une institution. Malgré la maladie de Noreen, ce sont pratiquement les seuls passages où l‘humour est bien là. Car de nombreuses situations rocambolesques arrivent à cause de Noreen, qui a accepté Maurice dès qu’elle l’a vu. Ensuite viennent Kevin et sa femme, son seul amour, sans qui il ne peut pas vivre et qui est décédée il y a deux ans. Alors, oui, il s’en veut de ce qu’il a pu faire subir à son fils et sa femme, de ne pas avoir été là quand il le fallait, de ne pas avoir compris ce fils qui voulait être journaliste, qui préférait les mots aux travaux de la ferme. Et puis ce chapitre consacré à sa femme est d’une beauté. On sent l’amour qu’il ressent pour elle, qui l’unit à elle, même si cela n’a pas toujours été facile.

Pratiquement dès le départ, j’ai su ce qui allait arriver. Il a suffi d’une phrase. Phrase qui s’est plus ou moins répétée. Pourquoi un tel ordre ? Pour son fils et sa femme qui arrivent avant-dernier et dernier, je peux le comprendre. Est-ce dû à l’arrivée du décès des trois premiers ? C’est tendre, drôle, introspectif, mais surtout le lecteur suit cette vie de Maurice qui accepte tout et fait le point sur ce qu’il a bien ou mal fait. Et ce comme tout être humain qui se respecte, qui ne veut pas trop montrer ses sentiments, ses douleurs. Un très grand respect est ressenti envers ses parents, notamment sa mère, qui a souffert de la mort de son aîné. Les mots sont pudiques pour décrire cette douleur lorsque l’on perd un enfant, l’amour d’une vie et que l’on ne peut pas vivre sans cette personne, être un poids mort pour ceux qui restent, même si la maison de retraite pourrait être la solution. 

Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains, notamment les candidats à ceux qui veulent partir sans souffrir et réussir leur coup. Cela peut réellement donner des idées.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Delcourt.

Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Date de sortie : 3 avril 2019

Editeur : Delcourt

Nombre de pages : 266

ISBN : 978-2-413-01750-8

Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Fantômes de papier de Julia Heaberlin - Editions Presses de la Cité

Fantômes de papier de Julia Heaberlin – Editions Presses de la Cité

Résumé Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Deux soeurs qui ont sept ans d’écart. Une aînée qui est une véritable casse-cou mais qui est toujours là pour sa cadette. Mais à 19 ans, Rachel disparait. Son corps n’est jamais retrouvé.

Commence alors une très longue quête pour sa soeur qui veut retrouver le meurtrier de sa soeur. Elle passe à l’acte alors qu’elle a 24 ans car elle est prête.

Avis Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Qui est le plus atteint des deux ? Carl, ancien photographe, soupçonné de meurtres de jeunes femmes ou cette jeune femme, dont on ne connaîtra le prénom qu’à la fin et qui est à la recherche du meurtrier de sa soeur.

Ce roman aurait pu être plus noir, plus psychologique. Personnellement, je n’ai ressenti aucune tension, même si on lit toutes les étapes par lesquelles passent cette jeune femme. Entre présent, avec Carl, à qui elle veut faire avouer de nombreux meurtres, son enfance auprès de sa soeur et l’après meurtre où elle va accumuler du matériel pour remonter jusqu’à celui qu’elle soupçonne d’être le meurtrier de sa soeur. En terme de psychose, elle a énormément développé. Le meurtre de sa soeur, alors qu’elle n’était qu’une jeune enfant, a peut-être accru sa maladie. C’était une petite fille peureuse, dont la grande soeur était l’idole. Avec elle, elle a vécu une belle enfance mais n’a jamais été intrépide comme elle. Le lecteur va suivre les développements de cette quête, de cette recherche, de son enquête. Mais avait-elle tous les éléments en main ? Son but, tuer Carl mais il doit avouer, avant tout. Mais rien ne se passe comme prévu. Elle voulait de l’anonymat, elle ne l’aura pas. Elle doit se conformer aux désirs de ce vieil homme. Et pourtant, malgré tout, malgré sa peur, il arrive toujours à la surprendre, à faire monter la pression en elle. Malgré son entraînement, elle subira tous les désirs de ce vieil homme jusqu’à ce qu’elle connaisse l’entière vérité.

Carl, vieil homme, ancien photographe, est soupçonné de meurtres. Mais comme il n’a pas pu être inculpé, il finit ses jours dans une maison pour personnes âgées qui ont eu des problèmes avec la justice et qui ont des soucis psychiatriques. Il va jouer avec cette jeune femme, comme il joue avec tout le monde. Cet homme ne m’a pas fait peur. Joue-t-il avec sa sénilité ? Ces 10 jours avec cette jeune femme seront comme une bouffée d’oxygène. Il va en profiter pour faire ce qu’il veut et lui apporter, presque sur un plateau, ce qu’elle souhaite. Il a tout à fait compris ce qu’elle recherche et il va l’aider, sans qu’elle le soupçonne, dans sa quête.

L’auteur n’a pas réussi à me faire entrer dans son roman. Je l’ai lu avec plaisir néanmoins mais aucune urgence ressentie, aucun sentiment d’effroi, aucune empathie pour les personnages, peut-être un peu pour Carl car se révèle-t-il vraiment ? En tous les cas, la balade est très instructive au Texas. Ils parcourent des milliers de kilomètres avec des paysages toujours changeants. Un conseil, ne lisez surtout pas la dernière note de l’auteur. C’est ce que j’ai trouvé de très instructif dans ce roman, outre le développement de cette psychose, de cette envie de se venger contre quelqu’un qui lui a enlevé un être cher.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour cette lecture. La couverture est absolument magnifique.

Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Date de sortie : 16 mai 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 432

ISBN : 9782258153134

Sugar Free Sugar Bowl Tome 3 de Sawyer Bennett

Sugar Free Sugar Bawl Tome 3 de Sawyer Bennett

Sugar Free Sugar Bawl Tome 3 de Sawyer Bennett

Résumé Sugar Free Sugar Bowl Tome 3 de Sawyer Bennett

Sela rentre chez elle et retrouve Beck et Caroline. Elle est couverte de sang et en état de choc.

Après avoir expliqué ce qui s’est passé, Beck prend des décisions même si elles ne plaisent pas aux deux femmes.

Avis Sugar Free Sugar Bowl Tome 3 de Sawyer Bennett

Un, deux, trois et la boucle est bouclée. Trois tomes consacrés à Beck et Sela. Il me tardait de lire celui-ci qui clôture l’histoire. Un peu moins addictif que les autres. Peut-être dû au fait que c’était la fin de l’aventure. Et ouf, cela se termine comme je le souhaite et pas comme ce que l’auteur évoquait à un moment donné. Je n’aurais vraiment pas été contente.

Ce roman ne se lit pas indépendamment des trois autres. Donc, pour ceux qui ne les ont pas lus, ne lisez pas la suite puisque certains éléments écrits dans cette critique pourraient vous donner trop d’indices. A vous de voir, toutefois !

Sela a répondu à l’appel de JT. Le rendez-vous s’est très mal déroulé. Elle a appris divers faits de cet homme qu’elle hait par dessus tout. Mais agressée, elle a été obligée de se défendre. En rentrant chez Beck, celui-ci prend les choses en main. Vu que les relations entre Beck et JT, associés, n’étaient pas franchement au top, il va endosser ce qu’a fait Sela. Bien entendu, dès le début de l’enquête, il est le suspect idéal. Mais, Sela, même si elle abonde dans le sens de Beck et de sa soeur Caroline, éprouve énormément de remords. Elle culpabilise et prendra une décision qui les rendra encore plus suspects. Cela sera dur pour eux deux de faire face à tout ça, surtout lorsque Beck apprendra, de la bouche, de Sela, ce qui s’est réellement pas et ce qu’a avoué JT lorsqu’il était face à elle. 

Beck éprouve énormément de colère contre JT, contre sa famille. Quand dans les hautes sphères, on cache les plus sombres secrets et quand les enfants en pâtissent. Bravo à eux ! Ils détruisent des jeunes gens qui font face à des situations désespérées. Mais heureusement que frère et soeur sont soudés. Mais tout sera déballé en public et les uns et les autres apprendront, de la bouche d’inconnus, les secrets de famille.

Comme d’habitude, l’auteur a construit son roman par des chapitres où les deux héros, Sela et Beck, racontent ce qui se passe. Le lecteur devrait également savoir pour Sela et sa quête, depuis des années, contre ses violeurs.  La jeune femme, qui voulait tant tuer, ne pouvait pas s’imaginer ce que ce serait de prendre, ainsi la vie, à quelqu’un. Comment vont-ils réellement s’en sortir ?

Un final de toute beauté qui donne envie de clore ces trois tomes et de replonger dans l’univers de Sawyer Bennett.

Je remercie Hugo Romans d’avoir accédé à ma demande en m’envoyant ce dernier tome.

Sugar Free Sugar Bowl Tome 3 de Sawyer Bennett

Date de sortie : 11 avril 2019

Editeur : Hugo Romans

Nombre de pages : 312

ISBN : 978275564051

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers - Editions les Escales

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers – Editions les Escales

Résumé Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Incendie dans une maison où tout le monde dort. Seuls le frère et la soeur en réchappent.

Leon a 25 ans. Il quitte la maison familiale. Il va travailler dans le sud de la Tasmanie comme garde forestier.

Avis Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Combien peut-on avoir de coups de coeur en un mois ? Ce mois de mai est vraiment extra en matière de lectures. La dernière ne déroge pas à cette règle. C’est mon premier Karen Viggers et ce ne sera pas mon dernier. Je suis tombée amoureuse. Déjà, avec le pays, il en fallait peu. L’Australie, un de mes pays favoris en matière de littérature. Mais là, l’action se situe dans un endroit que je ne connaissais pas, la Tasmanie. Superbe avec ces forêts immenses où ça grimpe, où ça descend. D’ailleurs, un des sujets abordés dans ce roman est l’écologie et le travail des bûcherons, des gardes forestiers. Les premiers sont de moins en moins nombreux et ils doivent aller là où ils sont demandés. De plus, il y a de moins en moins de scieries. Donc beaucoup moins de travail. Les gardes forestiers, ici Leon, tentent de laisser cette nature propre car la forêt est le poumon de notre humanité. Mais elle est trop dévastée. Cela ne repousse pas. Et ensuite, il y a ces arbres centenaires qui sont détruits mais qui sont le refuge de la faune et la flore.

J’ai adoré les personnages. Le premier est Leon, garde-forestier. Les hommes de la famille sont tous bûcherons mais lui n’a pas suivi la tradition. Il a vécu quelques années avec ses parents pour aider sa mère à affronter l’alcoolisme et la violence de son père envers sa femme. En arrivant dans cette petite ville, il devra s’acclimater surtout à ses voisins, aux gens qu’il va côtoyer. Cela ne sera pas facile car il sera facilement rejeté, même s’il intègre l’équipe de footy. Heureusement, cela lui permet de se rapprocher de son grand-père mais aussi d’un petit garçon Max à qui il va apprendre le footy. D’ailleurs, il va aider Max de nombreuses fois, lorsque sa chienne aura des petits, aura un accident où quand le jeune garçon subira la violence et le harcèlement d’un de ses camarades.

Ensuite, il y a Mikki, cette jeune fille de près de 18 ans, qui a perdu ses parents dans l’incendie de leur ferme. Là, elle vit avec son frère et l’aide dans le restaurant qu’ils ont ouvert. Si elle a vécu auparavant, coupée des autres, sans aller à l’école, c’est encore le cas avec son frère. Il la séquestre et il lui interdit de sortir. Seules leurs randonnées dans la forêt, une fois par semaine, sont une bouffée d’oxygène pour elle. Mais Mikki a une passion pour les livres. Elle en possède trois. Elle les a énormément lus et s’est identifiée à leurs héroïnes, tout en analysant leurs caractères, ce qu’elles ont fait de leur vie. Mikki veut être libre, expérimenter pour faire ses propres erreurs. Elle va enfin trouver comment, à l’insu de son frère. Elle devra toujours faire attention. A elle, la liberté, les rencontres. Mais le prix à payer sera-t-il énorme ? 

Un roman très intense quant à la qualité des personnages, des situations vécues. Car outre le harcèlement scolaire subi par Max, les difficultés pour vivre pour les ouvriers ou encore celles de Leon pour se faire accepter, Karen Viggers développe le thème des violences familiales, des femmes battues, ou encore ces endroits où tout le monde sait mais où on se tait. Car tout se voit, tout est compris, comme pour le cas de Mikki enfermée par son frère. J’étais extrêmement bien dans cette forêt à certains moments, j’étais bien avec ces personnages, j’étais extrêmement bien avec Karen Viggers qui m’a fait voyager, qui m’a démontrer que, malgré tout, nous ne sommes pas franchement libres, que les mêmes problèmes existent partout, qu’avec de la volonté, on y arrive. Mais il est difficile de pardonner. Personnellement, je ne peux pas pardonner à ceux qui m’ont fait du mal ou qui en ont fait à mes proches. Et puis, outre la flore, Karen Viggers s’est attachée à nous décrire le diable de Tasmanie et ses différents problèmes pour survivre.

Je remercie Anne & Arnaud ainsi que les Editions Les Escales pour ce fabuleux roman.

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Date de sortie : 11 avril 2019

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 427

ISBN : 978-2-36569-433-9

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël Dicker - Editions de Fallois

La vérité sur l’affaire Harry Quebert – Joël Dicker – Editions de Fallois

Résumé La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Le 30 août 1975, une jeune fille disparaît. Le meurtre d’une vieille dame a lieu.

33 ans après, Marcus a écrit sur l’affaire après la découverte d’ossements dans le jardin d’Harry Quebert, son ancien professeur d’université.

Avis La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Quand un écrivain prend la place d’un autre écrivain. C’est Joël Dicker qui devient Marcus Goldman et qui applique les conseils de son mentor, Harry Quebert, dispensés au fil de leur amitié, des cours donnés par l’un à l’autre. Ce sont donc 31 conseils qui vont dans l’ordre décroissant et qui correspondent à 31 chapitres. Conseils d’un écrivain à un autre.

Coup de coeur +++ pour ce roman, pour son auteur, pour son histoire, pour son style. Cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivé. Ce roman n’est pas réellement un polar, même s’il en a tous les ingrédients. Je ne m’attendais pas à lire ce type de sujet. En effet, ne lisant pas les 4ème de couverture, je n’étais pas trop au fait du sujet. J’étais partie dans l’idée que l’auteur avait réellement enquêté sur Harry Quebert et qu’il donnait les résultats de son enquête. Quelle surprise quand je me retrouve avec un autre auteur, dans le roman, Marcus Goldman. Passée cette surprise, je me suis lancée et avec addiction dans ce roman prêté par une collègue de travail.

J’ai adoré tous les personnages de ce roman, qu’ils soient d’Aurora et de New-York. On comprend très bien pourquoi Marcus a été ce qu’il a été lorsqu’il était plus jeune. Il avait décidé d’être le meilleur partout, d’avoir la reconnaissance de tous. Mais il n’a jamais voulu se frotter à plus fort que lui. Sa rencontre avec Harry Quebert, son professeur d’université et son mentor, va changer la donne. A force de conseils, Marcus deviendra l’écrivain qu’il souhaite être. Mais comme bon nombre d’entre eux, il n’arrivera pas à écrire ce fameux second roman. Il faudra, pour cela, cette enquête qui donnera vie à Nola et à ce qui s’est passé il y a trente ans. Ce roman est un polar car il en a tous les ingrédients avec ces menaces, cette arrestation, cette enquête qui semble piétiner et un lien entre un romancier et un enquêteur qui vont tenter de mettre en lumière toute l’affaire. Marcus, au fur et à mesure, veut écrire toute la vérité, mais il veut le faire à son rythme, sans être pressé. Sauf que le temps, c’est de l’argent. Des fuites vont mettre à mal ses nombreuses relations, des éléments du passé également mais aussi quelques phrases qu’il devra élucider et cela ne se fait pas comme ça.

Ce roman n’est pas un polar car il traite de nombreux sujets comme l’écriture d’un roman, le monde de l’édition, mais aussi l’amour entre un homme mur et une jeune fille de 15 ans. Il y a 30 ans, ils devaient se cacher et encore aujourd’hui, cela est mal perçu. Personne ne peut comprendre. Pourtant, qu’est-ce que les mots sont beaux pour décrire cet amour, comme celui entre cet homme qui a tout perdu quand il était jeune et cette jeune fille, Nola. Ce roman est un livre sur l’amour, en définitive car il concerne également celui de certains personnages secondaires. Le roman traite également des maladies psychologiques, psychiatriques. A ce moment-là, les Etats-Unis réagissaient comme la France. Il y a également l’élection de Barack Obama, les relations entre une mère, qui s’incruste, et son fils, les préjugés contre les Juifs et les homosexuels. On est prêt à encenser un génie mais lorsque les faits se liguent contre lui, il est vite descendu. Ce roman démontre encore que les Etats-Unis sont un pays bien prude avec de nombreux travers dans sa société.

L’auteur mêle avec brio passé et présent. Tout s’emboîte parfaitement, je n’ai jamais eu l’impression d’être perdue. D’ailleurs, on avance avec Marcus dans son enquête. On se dit qu’il a oublié quelque chose dans sa quête, comme il l’annonçait. Mais c’est pour mieux rebondir après. Aucun temps mort, les éléments s’emboitent parfaitement, les liens sont impeccables avec une narration parfaite.

Marcus Goldman et donc Joël Dicker ont réussi leur mission. Ils ont appliqué les 31 conseils et permettent à ce roman d’être inoubliable pour le lecteur. J’ai fermé la dernière page, certes, de ce roman, mais je n’ai pas fermé ma porte à l’auteur que j’ai découvert et je pense, c’est même sûr, que cela ne sera pas ma dernière lecture de Joël Dicker.

La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker

Date de sortie : 18 septembre 2012

Editeur : De Fallois

Nombre de pages : 670

ISBN : 978-2-87706-816-1

Anguilles démoniaques de Yû Takada

tous les livres sur Babelio.com

Résumé Anguilles démoniaques de Yû Takada

Masaru a décidé de s’en sortir, d’avoir de l’argent. Il ne quitte pas son patron, Chiwaki, d’une semelle car il a l’impression d’apprendre énormément à ses côtés. Masaru veut évoluer.

Masaru a 33 ans, il est grand, bien bâti. Il est marié à Tomoko qu’il a connu au collège. Elle est une ancienne stripteaseuse.

Avis Anguilles démoniaques de Yû Takada

Ce roman japonais traite de nombreux sujets. Quand un homme se retrouve au service d’un patron pour effectuer les basses besognes. En effet, Masaru est extrêmement endetté. Il ne possède plus rien. Il est jeune marié, a une forte carrure. Mais Masaru n’a pas du tout confiance en lui. Son patron a racheté ses dettes mais tant qu’il n’aura pas remboursé, il devra obéir aux ordres. Pour Masaru, son patron est comme un dieu, il l’aide à réfléchir, à connaître ce Japon, le monde, qu’il ne connait, en définitive pas. Il a pratiquement une confiance aveugle en lui. Masaru est un personnage candide, malgré sa forte stature. Il fait confiance aux autres, mais se pose énormément de questions. C’est un personnage également très émotif. Il pleure très facilement. Il accepte pratiquement toutes les missions. Il veut également aider les autres, sans arrières pensées. Pourtant, le monde n’est pas aussi beau et aussi gentil qu’il l’imagine. Il s’en rendra très vite compte ou on lui ouvrira les yeux.

Dans ce roman, plus psychologique que policier, l’auteur nous démontre la force de persuasion que peuvent avoir certaines personnes sur d’autres. Il suffit juste de quelques phrases, de développements pour qu’une personne, qui ne connaît pas grand chose à la vie, ait des préjugés. La pensée est forte, tout comme les questionnements, mais les mots sont encore plus forts lorsqu’ils mis sur ce que l’on croît. Et donc, les peurs les plus horribles surgissent, tout comme les cauchemars, surtout lorsque l’on doit accomplir une mission, sans poser de questions, transporter un caisson dans un camion frigorifique.

Un bassin d’anguilles voraces, un incinérateur dernière génération, des hommes qui ne parlent pas, un endroit glauque, il en faut peu pour que l’imagination débridée de Tomita et Masaru prenne des chemins tortueux. Ont-ils raison, ont-ils tort ?

Sur ces entrefaites arrive une jeune fille, Miki, qui caresse Masaru dans le sens du poil. Bien entendu, il pense qu’elle se moque de lui, lui qui n’est pas séduisant. Celui lui fait plaisir, bien entendu, et très vite, ils vont échanger des mails. Masaru en tombe amoureux mais comme il est marié, il n’ira pas plus loin. Il suffit d’une goutte d’eau pour qu’il comprenne et apprenne tout. Là, sa colère sera terrible et aura des conséquences graves.

Nous ne sommes pas dans le Japon des cerisiers en fleurs. Nous sommes dans le Japon avec sa prostitution, bien souvent lycéenne. L’auteur aborde également le sujet de la pédophilie, de la mort d’humains destinés à être mangés par d’autres humains, le cannibalisme mais aussi ses yakusas.

Je ne lis pas beaucoup de romans orientaux, donc japonais ou chinois, même si j’ai un auteur chinois favori. Ce n’est pas la même culture, toutefois, même si chez l’un et chez l’autre, les rites, les coutumes comptent énormément. Sans m’avoir réellement plu, j’ai eu pas mal de plaisir à lire ce roman, surtout à partir du moment où cela s’est emballé, soit vers la moitié du roman. J’ai voulu connaître le sort réservé à Masaru. Allait-il continuer avec cet homme à qui il appartient ? Allait-il évoluer ? Il regarde beaucoup, écoute, se fait également sa propre opinion et ce sera en se dépassant, en s’ouvrant aux autres sans avoir peur. Masaru est un homme sur qui on peut compter, malgré tout. Mais il devra vivre les années qui lui restent avec un poids sur la conscience qui ne sera jamais enlevé.

L’auteur ne nous présente pas le Japon des cartes postales, des grands centres commerciaux, des mangas, mais celui des bas-fonds où les gens vivent en retrait, sans argent dans une société prompte à éliminer ceux qui sont étrangers, qui sont en marge de la société. Un Japon que j’ai déjà eu l’occasion d’aborder en littérature. Déjà, ce pays ne m’attire pas particulièrement. Je dois dire qu’avec ce roman, il m’attire encore moins.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique Polars et les Editions de Saxus.

Anguilles démoniaques de Yû Takada

Date de sortie : 7 juin 2018

Editeur : De Saxus

Nombre de pages : 348

ISBN : 978-2-37876-002-1