Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Le septième templier de Giacometti et Ravenne

Le septième templier de Giacometti et Ravenne

Résumé Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Deux hommes qui attendent un message sur un téléphone. L’un fait face à un joueur d’échec, l’autre à un ancien professeur alcoolique.

Antoine Marcas est au mieux de sa forme. Il a été invité par un ami, franc-maçon, en République Tchèque. Suite à un coup de téléphone, il doit rentrer sur Paris.

Avis Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Tout commence par le meurtre d’un homme d’église qui appelle Antoine Marcas alors que celui-ci est invité par un de ses amis franc-maçons. Antoine revient très vite à Paris. De suite, il se trouve embarqué dans une histoire qu’il comprend peu car une femme et deux hommes l’enlèvent. A un moment, il retrouve le frère obèse qui souhaite tout connaître de cette histoire car le mort, franc-maçon également, était un ami personnel du frère obèse.

Dans cet opus, Le septième templier, j’ai l’impression qu’Antoine Marcas est beaucoup moins présent, moins présent pour mener une enquête. Les auteurs, qui ont basé leurs histoires de leur enquêteur préféré avec une partie historique et une partie actuelle, nous emmènent dans l’histoire des Templiers et ce fameux trésor qu’ils détiendraient et que tout le monde souhaiterait récupérer. Un roi, deux papes et toute une traque contre ces gens jugés hérétiques, qui vont subir le pire, qui vont tenter de s’exiler pour conserver une fortune qui aide bien les Rois de France. En ce temps là, le royaume n’a plus de finances, le roi est malade. La vengeance sera longue mais terrible contre ce roi et ce pape. De nos jours aussi, ce petit état qu’est le Vatican cherche encore et toujours à avoir encore plus d’argent, à percer des secrets, à régner sur le monde avec leurs nombreux fidèles. Et tout est bon pour y parvenir, comme embaucher des tueurs, imaginer des scénarii rocambolesques. Les chevaliers du Temple ont été trahis, assassinés. Ceux qui s’en disent héritiers ne suivent pas souvent les traces de leurs aînés.

Outre cette partie historique, la vie de nos jours avec des éléments de l’actualité, les auteurs nous font voyager dans de nombreux pays et nous dévoilent des pans architecturaux de nombreux monuments. Tout est détaillé pour nous permettre de nous plonger dans ces villes, ces rues, qui cachent des trésors. La technologie est également bien là avec ces implants insérés et enlevés dans le crâne de certaines personnes.

Je pense que ma critique est assez décousue et qu’elle ne donne pas trop envie de se plonger dans Le septième templier. Pour moi, le rythme n’était pas assez enlevé. J’ai eu du mal également avec ces nombreux personnages sur la partie historique. De plus, j’ai lu cette aventure de Marcas peu de temps après le premier tome de la nouvelle série des auteurs, Le Triomphe des ténèbres. J’avais été déstabilisée, au départ, par cette lecture. L’inverse est vrai. Quoi qu’il en soit, il faut que je finisse toutes les aventures qui me restent, 3 ou 4, il me semble car je n’abandonnerai pas Antoine comme ça.

Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Date de sortie : 14 juin 2012

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 590

ISBN : 978-2-266-22902-9

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De Sang-chaud de Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

Résumé De Sang-chaud de Kent Harrington

Eve, comme toutes les femmes, a des secrets, de nombreux secrets. Mais un ne doit pas être dévoilé. Elle possède une maison dans Love Street où elle s’adonne à des jeux érotiques, masochistes avec Jimmy.

Eve et Jimmy sont des personnalités en vue dans leur petite ville où tout le monde se connaît.

Avis De Sang-chaud de Kent Harrington

Il a plus de 30 ans et n’a pas réussi sa vie. Pourtant, il avait un avenir extrêmement prometteur. Mais il a laissé passer le coche. Fils du maire, un homme froid qui ne l’aimait pas, qui l’a toujours poussé à se dépasser. Mais voilà, il n’a pas satisfait son père. Il en a donc payé les conséquences. Un homme qui se drogue, accro au sexe, à une femme, qui le tire vers le bas. Séducteur, il a, également, de nombreuses conquêtes, jeunes comme moins jeunes.  Il rêve d’une famille, d’enfants, mais il repousse très vite cette idée. Car il ne sait pas comment faire. Cet homme n’a aucune confiance en lui. Il survit, il vivote. Beaucoup de colère qui ne demande qu’à éclater. Son enfance n’a pas été rose, il avait toujours peur de cet homme qui ne lui donnait pas confiance en lui.

En lisant le début, j’avais pensé que ce serait une histoire de femme, l’histoire d’Eve. Même si elle est très présente, ce n’est pas elle l’héroïne du roman, mais Jimmy. C’est surtout une histoire de manipulation, de vengeance, puisque le maire n’est plus là pour protéger son fils, ce maire qui a écrasé tout un chacun au fait de sa gloire, de son pouvoir, en premier sa femme et son fils. Jimmy a servi les intérêts de tous et même avec la révélation en fin de roman, je n’ai pas éprouvé de la sympathie pour ce personnage. On dirait de cet homme que c’est un raté, il a, tout simplement, pas osé prendre une direction qui allait à l’encontre de son père, de la communauté dans laquelle il vivait. Pour tout simplement vivre et s’accomplir.

Tuer un homme mais sans être inquiété. Pour retrouver la liberté qui lui manque tant. Mais il ne réfléchit pas. Il croit qu’elle restera alors qu’elle n’attend que ça pour plier bagages. Manipulations également d’une jeune employée pour qu’il arrive à ses fins. Ce livre est le roman d’une déchéance annoncée depuis plusieurs années déjà. S’il a eu tout pendant quelque temps, il n’est pas arrivé à s’en sortir, à prendre son envol par lui-même. Il n’a pas osé taper dans la fourmilière. Malgré cette vie qui lui fait horreur, il a préféré rester dans cette petite ville où tout le monde se connaît, où les faveurs lui sont accordées car il est le fils du maire.

J’ai eu un souci avec ce roman de nombreuses fois. J’avais l’impression que certains passages étaient coupés. Le lecteur passe du coq à l’âne sans trop comprendre ce qui se passe, certaines suites ne sont pas argumentées. J’ai souvent dû revenir en arrière pour voir si je n’avais pas loupé des passages. Je ne sors pas trop ravie de ma lecture qui a été longue, fastidieuse. Je me suis ennuyée, je dois bien le dire. Pourtant ce roman est bien écrit, bien développé quant aux personnages, les relations entre les uns et les autres, la psychologie de Jimmy. Mais il me manquait quelque chose, même si le héros est un homme comme les autres, pour que je puisse tenter de le comprendre, éprouver plus ou moins de la sympathie pour lui. L’auteur a une très bonne connaissance de ces petites villes des Etats-Unis où un homme, un seul, règne en maître. Il est la loi, il est la justice. Gare à ceux qui s’opposent à lui, à cette puissance extrême. Comment a-t-il décidé que son fils n’était pas assez bien pour lui ? Pourtant, même si Jimmy est en colère, il ressent une certaine admiration envers cet homme, qui lui a appris, notamment le maniement des armes.

Je remercie Netgalley et Amazon Publishing pour cette lecture.

De Sang-chaud de Kent Harrington

Date de sortie : 11 septembre 2018

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 301

ISBN : 978-10-281-0636-2

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Le supplément d'âme de Matthieu Biasotto

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Résumé Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

C’est la nuit, l’accident a eu lieu. Un homme est blessé, il est entre la vie et la mort. La conductrice du véhicule tente de stopper l’hémorragie. Elle demande à son compagnon, alcoolisé, d’appeler les secours. Elle, cela fait plus d’un an qu’elle n’a pas bu une goutte d’alcool.

Il souffre, souffre, énormément. Il commence à partir. Mais avant de mourir, Thomas veut tout connaître de lui, de ce qu’il a fait, pourquoi il en est arrivé là.

Avis Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

200 pages addictives, qui se lisent d’une traite. Pratiquement, puisque j’ai dû aller me coucher entre et vaquer à d’autres occupations. Mais ce roman a duré deux jours pour moi. J’ai été profondément émue par Thomas. Pourtant, on pourrait énormément lui en vouloir, se dire qu’il a mérité ce qui lui arrive sans souhaiter la mort de son prochain. Mais non Thomas est un être humain qui a fait les mauvais choix de vie. Et le lecteur peut comprendre cet homme, entre la vie et la mort, qui a tout oublié, mais qu’un petit garçon tente de ramener à la raison, de lui démontrer qui il a été tout le long de sa vie d’adulte, jusqu’à ce fameux accident.

Même s’il raconte la vie de Thomas, l’auteur possède un style très efficace. Le lecteur ne juge pas. Il ne prend pas fait et cause pour cet homme entre la vie et la mort, mais il éprouve des sentiments pour lui. Cela a été le cas pour moi tout le long du roman. Et la révélation vers la fin peut faire changer d’avis ceux qui ont jugé Thomas. Certes, Thomas n’est pas un homme qu’on aimerait forcément côtoyer ou avec qui travailler et encore moins vivre avec lui. Il vit sa vie à 200 à l’heure pour toujours aller plus loin, plus haut, quitte à laisser les autres sur le carreau, notamment sa femme et surtout son fils, ce petit garçon qui a maintenant 8 ans et qui ne rêve que d’une chose, passer du temps avec son père, être aimé de son père. Car lui, il l’aime profondément. Thomas est un esclave, un esclave du travail, un esclave de l’argent, de cette société matérialiste. Il s’est forgé une carapace pour ne plus souffrir. Mais la chute est dure. Plus de vingt ans à piétiner tout le monde et donc lui-même. Il a abandonné ses rêves et c’est ce que tente de lui démontrer cet enfant, Tomato Ketchup. Alors, oui, c’est dur pour Thomas de voir tout ça, de l’accepter mais aussi de comprendre.

Concernant la fin du roman, j’aurais voulu que Thomas vive, surtout pour son fils, ce petit garçon qui n’attendait que son père s’occupe de lui, passer de bons moments avec lui. Est-ce le cas ? Mais d’un autre côté, en lisant ce roman, on peut penser que la fin est inéluctable, qu’il est trop atteint pour survivre et vivre. On sait que le cerveau peut faire des prouesses. Est-ce le cas ici ? Aura-t-il cette seconde chance ? Après avoir tant souffert, fait souffrir les autres, pourra-t-il réparer ses torts ?  J’ai lu pas mal de bouquins qui concerne cet entre deux, entre la vie et la mort. Ici, c’est romancé mais l’auteur a tellement bien travaillé qu’il semblerait qu’il ait vécu cet état de mort imminente.

Style absolument efficace, le lecteur voit ce qui se passe à travers les yeux de Thomas, de Tomato Ketchup mais aussi de Maël, ce petit garçon qui souhaite que son père ne meure pas.

Je remercie Netgalley et les Editions Bragelonne pour cette lecture.

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Date de sortie : 16 août 2018

Editeur : Bragelonne

Nombre de pages : 202

ISBN : 978-10-281-0636-2

Je t’aime de Barbara Abel

Je t'aime de Barbara Abel

Je t’aime de Barbara Abel

Résumé Je t’aime de Barbara Abel

Quatre prénoms féminins, Maude, Solange, Nicole et Alice. Elles ont toutes vécu une première fois, un premier amour.

Maude rentre chez elle. Elle est victime d’une migraine et elle découvre sa belle-fille, Alice, en train de fumer un joint.

Avis Je t’aime de Barbara Abel

Trois femmes et une jeune fille qui vont être liées, plus ou moins, après un drame fatal, pour lequel Barbara Abel nous offre des paragraphes très courts pour faire monter la pression. L’une d’entre elles s’en sortira plus ou moins bien, en tous les cas mieux que les trois autres. Deux femmes qui vont perdre chacune leur enfant unique. Une jeune fille qui va perdre son premier amour et la dernière qui devra faire face à une fin de relation.

Nicole est greffière. Son métier lui prend énormément de temps mais elle a élevé seule son fils, Bruno, un jeune homme bien sous tous rapports. Mais Bruno fume des joints de temps en temps. Et Bruno est amoureux d’une jeune fille. Sa mère les surprend tous les deux. Et cette jeune fille ne lui plait pas. Lorsque Bruno ramène Alice, il lui déclare son amour mais Alice ne répond pas comme il le souhaite. Pas dans son état normal, il provoque un grave accident. Nicole perd son fils et Alice son premier amour. La première veut que la mémoire de son enfant ne soit pas ternie par le fait qu’il ait fumé. Pour elle, il n’y a qu’une seule responsable, c’est Alice. Et si la justice ne fait pas son travail, elle s’en chargera. En plus, Alice, par son comportement, sa tenue, ne possèdent pas les bons atouts pour être une bonne petite amie. Elle vient d’un milieu aisé et a donc tout ce qu’elle souhaite. Nicole décide donc qu’elle est comme tous ces délinquants qu’elle côtoie tous les jours. Il n’y a rien à tirer d’Alice.

Jusqu’où peut aller un père, une mère pour protéger son enfant, son honneur ? Très loin, semble-t-il. Simon, malgré la colère envers sa fille, Alice et ses soupçons, tentera de la sauver. Pour cela, il mettra plus que son couple, formé avec Maude, en danger. Il changera du tout au tout. Il révèlera ses plus mauvais côtés. Mais il n’y a que sa fille qui compte, une enfant qui est orpheline de mère. Déjà, avec son ex-femme, ils ont protégé cette petite fille du désastre de la fin d’un mariage mais pas de la mort. Maude, quant à elle, avec cette famille recomposée, a tenté de se rapprocher d’Alice. C’est pour cela qu’elle n’a pas confié à Simon qu’elle avait vu Alice en train de fumer un joint. Un mensonge par omission, un secret qui la torturera énormément. Surtout lorsque la famille sera la cible de l’enquête sur le trafic d’herbe. Mais Maude, après un divorce difficile, veut sauver son couple car elle a enfin trouvé l’amour, l’homme avec qui elle semble tout partager. Toutefois, pour elle aussi, elle fera tout pour protéger ses deux enfants, son fils et sa fille.

Quant à Alice, c’est son premier amour. La jeune fille qui a du mal à avouer ses sentiments, se trouve anéantie par la mort de Bruno. Elle plonge dans le désespoir le plus complet. Et la garde à vue, le fait qu’elle soit accusée, ne vont rien arranger du tout pour cette jeune fille. La garde à vue d’Alice est relatée. Est-elle responsable de ce dont on l’accuse, elle qui proclame son innocence ? En tous les cas, la police n’y va pas avec le dos de la cuillère. Même si la jeune fille est déjà au plus mal, elle affronte le début sûre de son fait. Mais la douleur, la fatigue la font basculer.

Des destins qui se croisent. Une façon de raconter indéniable. On ne juge personne ici. Tous les personnages basculent, à des degrés divers, et le lecteur avec eux. La souffrance est là indéniable. Quand l’amour vire donc à la haine car l’un et l’autre ne sont jamais bien loin. On aime, on n’aime plus pour aimer à nouveau après avoir apaisé des souffrances. Mais certains amours restent profondément ancrés en soi car ils sont le vecteur du développement, de la vie future. On est tous à la recherche de l’amour. On ne peut pas vivre sans. Et quand il s’en va, on se trouve démuni et chacun réagit à sa façon. Chacun veut préserver l’amour ressenti même si on cache certains faits. De là, la culpabilité et le manque de confiance peuvent naître car on sait que l’autre se sentira trahi. Même en amour, les mots prononcés à un moment de colère peuvent faire mal, très mal. Les phrases qui blessent peuvent être irrémédiables. Peut-être est-ce parce que Solange n’a pas une grande part dans ce roman par rapport aux autres qu’elle clôture ce roman. Pourtant, elle a attendu tellement d’années pour avoir cet enfant qu’elle n’espérait plus. Je ne m’attendais pas à ce développement que l’on trouve vers la fin du livre. En tous les cas, un roman profondément addictif.

Je t’aime de Barbara Abel

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 462

ISBN : 978-2_7144-7633-3

A ce point de folie de Franzobel

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Résumé A ce point de folie de Franzobel

18 juillet 1816, L’Argus récupère des naufragés de La Méduse qui s’est échouée deux semaines plus tôt. Les hommes sont décharnés, fous. Ils ont vécu l’enfer.

De retour à Paris, le médecin Savigny écrit l’histoire qui est publiée. Mais on lui demande un démenti.

Avis A ce point de folie de Franzobel

Ce roman se base sur l’histoire véridique du naufrage de La Méduse qui s’est produit en 1816 et de ce qu’il est advenu aux naufragés qui ont pu embarquer sur des canots de sauvetage et surtout ceux qui étaient sur un radeau. A l’époque, les survivants du radeau étaient peu nombreux. Un seul a voulu relater ce qui s’était réellement passé. Mais il s’est heurté à plus haut, au Ministère de la Marine qui ne voulait absolument pas que ce soit portée à la connaissance du public cette barbarie contre nature à savoir le cannibalisme.

Nous avons affaire à de nombreux personnages dont les caractères, les vies sont amplement détaillés. Le capitaine de La Méduse a eu ce poste suite à la renommée d’un de ses aïeux. Mais est-il capable de naviguer, de mener à bon port ce bateau qui part de La Rochelle pour aller au Sénégal. Ce capitaine est accompagné de son meilleur ami qui a tout vu, tout entendu et tout fait. Ce sera lui qui prendra le contrôle de La Méduse. Pourtant les officiers à bord se sont vite aperçus que rien n’irait comme cela devrait être. Un médecin est alerté pour que l’incompétence du capitaine soit prononcée mais il ne le fera absolument pas. Ensuite, nous avons une famille qui a choisi ce bateau, enfin la femme, pour aller sur leur plantation. Le futur gouverneur est également présent avec sa fille et sa femme. Outre ces passagers, il y a Victor-Hector qui a quitté sa famille, nantie, car il voulait vivre l’aventure. Mais aussi un marin, Osée Thomas, qui veut s’instruire et qui sera le protecteur de Victor.

La vie à bord n’est pas facile entre tous. L’auteur nous la détaille tant et plus avec ceux qui sont partis avec toutes leurs affaires, leur fortune et ceux qui n’ont pratiquement rien, qui doivent obéir aux ordres. Alors attention à ceux qui osent faire le contraire. Les punitions sont terribles. La vie à bord c’est également de la boisson et des marins qui pensent bien évidemment aux femmes, surtout qu’il y en a quelques unes à bord. Quant à Victor, il entend des voix. Les prémonitions vont-elles se réaliser ? Par la faute du capitaine, le bateau fera naufrage. Les canots de sauvetage ne sont pas assez nombreux. Il y a aura donc un radeau qui prendra le plus gros des passagers. L’auteur explique très bien tout ce qui s’est passé, comment ils ont tous tenté de survivre avec la folie qui guette, la soif et la faim. Ils n’ont aucune chance de s’en sortir à moins de croiser un autre navire. Pour des humains où la religion tient une grande place, boire son urine, manger de l’humain mort, tuer pour survivre ne sera pas de tout repos. Quant aux autres naufragés qui sont dans les canots de sauvetage, la partie ne sera pas de tout repos non plus. Si on se sort d’un naufrage, même au bout de plusieurs jours, comment devient-on ?

Personnellement, je trouve que l’auteur a fait un énorme travail de recherches. Ecrire un tel roman, un tel document doit demander énormément de temps. Mais le livre est long, trop long. Je me suis réellement ennuyée et je n’ai pas réellement aimé l’histoire. Plus de 500 pages, et juste les 100 dernières qui expliquent la vie sur ce radeau, comment le cannibalisme s’est mis en place. Je m’attendais à beaucoup plus par rapport à ce que j’ai lu du résumé. Je m’attendais à ressentir énormément de dégoût par rapport à ce qui était raconté, sauf que ce n’était pas le cas. Point à noter sont les nombreuses références à notre monde d’aujourd’hui, un parallèle qui est donc fait et  qui est tout de même assez intéressant, qui donne un peu de croustillant au roman. Par contre, j’ai bien aimé la fin de ce roman qui ne me laisse pas un goût amer.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique.

A ce point de folie de Franzobel

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Flammarion

Nombre de pages : 520

ISBN : 978-2-0814-2940-6

Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun

Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun

Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun

Résumé Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun

C’est le matin, toute la famille est en train de se préparer pour aller en cours, au travail. Rose se réveille car sa jeune soeur lui demande un T-shirt. Adélaïde, la mère, rentre du travail.

Lorsque tout le monde est parti, Rose cherche son frère Gus mais il n’est pas à la maison.

Avis Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun

Se plonger dans un Marin Ledun, c’est à chaque fois avoir quelque chose de différent mais toujours une analyse de la société. Mon premier a été Dans le ventre des mères, mon dernier a été La guerre des vanités. Avec celui-là, cela fait un total de cinq. Je suis loin du compte de tout ce qu’a pu écrire l’auteur.

Ici, nous avons une famille de huit personnes plus un chien et deux chats. Les animaux sont très importants. La famille est atypique. Les parents ne sont pas mariés, la mère n’a jamais voulu. Ils ont trois enfants naturels et trois enfants adoptés, soit quatre garçons et deux filles. Adelaïde, la mère, est un personnage haut en couleur, en butte contre tout et tous. Le père subit plus ou moins le caractère de sa femme. Mais ils sont profondément amoureux. D’ailleurs, cette famille est vraiment soudée. Le lecteur s’en rend compte à la lecture du roman dont l’histoire est racontée par Rose, l’aînée des filles de la famille. Jeune fille très instruite, très littéraire, douce, aimante mais qui détonne par son comportement, très frondeur, qui se révolte, son habillement et sa musique. Elle me fait penser un petit peu à moi. Tous les membres de cette famille sont donc différents mais ce qui les caractérise c’est l’unité, l’amour. Ils se serrent les coudes. Et ils se serreront encore plus les coudes lorsque Gus, jeune adolescent qui a été adopté, sera accusé de vol avec violence. Il n’y a que lui qui a été vu sur les caméras de vidéosurveillance.

Par la voix de Rose, Marin Ledun dénonce le racisme, sous toutes ses formes. Il dénonce ces personnes qui font sentir à des enfants leurs différences et qui ne comprennent pas que l’on peut adopter par pur amour. Racisme également de ceux qui profitent de femmes étrangères pour avoir des relations sexuelles. Il dénonce également les violences conjugales subies par les femmes mais qui restent car on leur fait croire qu’elles sont aimées. Roman qui semble écrit au moment de la Présidentielle. Marin Ledun possède vraiment un humour caractéristique. On s’en rend compte à chaque tournure de phrases ou presque. Il est très facile de reconnaître à qui il peut faire allusion. Les scènes avec la police sont dantesques, surtout que la mère connaît ses droits, défend ses enfants comme une mère poule, quitte à se faire arrêter. Ces phrases sont propices à faire des parallèles avec le cinéma, la littérature et la poésie, mais aussi la musique ou les actualités. On assiste également à un véritable ping-pong verbal.

Avec l’accusation contre Gustave, la famille doit faire face à une petite ville où tout le monde se connait et qui décidé, parce que Gus a été adopté et qu’il est Colombien, qu’il ne peut qu’être que coupable. Les apparences sont trompeuses. Les gens ne vont jamais chercher bien loin. Surtout lorsque la colère est là et qu’un homme est entre la vie et la mort. La presse fait le boulot d’accusation. Et en plus, avec les réseaux sociaux, tout se filme, les gens aiment les drames, le sang, les larmes mais ils sont haineux, même envers un adolescent. Car bien entendu, ce qui est différent est vite catalogué. Les amalgames sont également vite faits. Chez Marin Ledun, les femmes ont énormément d’importance. C’est le cas d’Adélaïde et de Rose, une mère et une fille qui réagissent différemment pour leurs fils et frère et qui vont se trouver, à un moment donné, en colère l’une contre l’autre. Si les femmes sont importantes, les hommes également. Aucun n’est laissé pour compte dans cette histoire.

Le titre du roman fait référence à celui chanté par Bérurier Noir. Marin Ledun possède énormément de références qu’il partage avec nous, nous entraînant dans ce qu’il peut aimer ou détester. Auteur donc à suivre indubitablement. IL va falloir que je répertorie tous les livres que je veux lire de cet auteur.

Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun

Date de sortie : 3 mai 2018

Editeur : Gallimard Série Noire

Nombre de pages : 277

ISBN : 978-2-07-277664-9

Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Les Fantômes de Manhattan de RJ Ellory

Les Fantômes de Manhattan de RJ Ellory

Résumé Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Annie O’Neill a 30 ans. Elle vit à New York et tient une librairie. Elle vit seule mais elle souhaite connaître le grand amour.

Un vieil homme entre dans sa librairie. Il lui annonce qu’il a connu son père et qu’il souhaite lui remettre un manuscrit et des lettres.

Avis Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Comme à son habitude, R J Ellory nous offre une belle palette de personnages. Annie, Sullivan, Forrester et ces deux hommes qui entrent, grâce à une ébauche de livre, dans la vie d’Annie. On sent bien qu’il y a quelque chose qui va changer la vie de cette femme. Mais comment ? Je n’ai réussi, que vers la fin du roman, en lisant le dernière chapitre de ce livre pas encore fini, à savoir qui est qui. Annie n’a plus aucun souvenir de son père. Pour elle, c’est un devoir de mémoire. Elle veut savoir qui c’est. Il lui a juste laissé une montre et une libraibrie. Mais de lui, elle ne sait rien, elle n’a pas de souvenirs. Sa mère n’a jamais rien dit. Qu’avait-elle à cacher ? Qu’avait-il à cacher ? Est-ce par rapport à cela qu’Annie s’est repliée sur elle-même, qu’elle a décidé de vivre seule, même si elle a eu quelques amants, que Sullivan est son meilleur ami ? Avec l’arrivée, dans sa vie, de ces deux hommes, Annie va s’ouvrir au monde. Elle va vouloir vivre sa vie. Elle en sortira grandie, en cela aidée par Sullivan, mais cela ne se fera pas sans douleur.

RJ Ellory sait développer les sentiments humains, les expliquer, notamment l’amour entre un homme et une femme, entre un parent et un enfant. Sentiments mais aussi pensées qui entraînent la haine et la vengeance. Quand quelqu’un pense qu’une autre personne lui doit quelque chose, on entre dans ce cycle infernal. Roman psychologique puisque les méandres de la pensée humaine sont décortiqués. Mais ce n’est pas que cela. RJ Ellory est très à l’aise avec les Etats-Unis. Même s’il détaille l’horreur des camps de concentration qui change tout être humain qui y a vécu, il y a également l’horreur des guerres menées par les Etats-Unis qui changent également ceux qui y ont participé. Politique, évolution de la société américaine des années 40 jusqu’à nos jours, personnes qui ont compté, il y a de l’Histoire dans les histoires.

La solitude, le mal du siècle ! Même dans une grande ville comme New York. On se coupe de tout et de tous. Que ce soit par les réseaux sociaux ou dans une librairie qui n’amène pas beaucoup de monde. Cela peut être le roman de la solitude, de ce que l’on en fait. On y reste ou on décide de ne plus réfléchir et d’avancer. Mais est-ce que la solitude est mauvaise ? Je pense que chaque être humain en a besoin pour se ressourcer, surtout lorsqu’il côtoie du monde la journée. Ça c’est mon côté loup solitaire qui ressort. Doit-on également oublier le passé qui nous a forgé ? Il peut changer un être humain, comme l’anéantir. Une relation nous forge. Elle nous dévoile à nous-même et elle nous dévoile les autres, ceux avec qui on a envie de faire un bout de chemin.

RJ Ellory est un maestro des mots, des histoires. Cela faisait un moment que j’attendais ce roman et je n’ai pas été déçue. Toutefois, Les fantômes de Manhattan n’est pas mon favori de l’auteur. Peut-être car c’est le deuxième roman écrit de l’auteur, même s’il est sorti beaucoup plus tard en France. Bien souvent, je trouve que les seconds romans sont comme une transition entre un très bon premier et les troisième et suivants qui se révèlent excellents. J’avais lu le premier qui donnait déjà le style d’Ellory et ce style s’est affirmé au fil des ans. 

Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Date de sortie : 1er juin 2018

Editeur : Sonatine

Nombre de pages : 457

ISBN : 978-2-35584-296-2