L’Institut de Stephen King

L'institut de Stephen King

L’institut de Stephen King

L’Institut de Stephen King, Présentation

En partance vers New-York, à bord d’un avion, un passager entre et il lui faut une place. Après une sacrée surenchère pour savoir qui va lui lancer, cet homme décide de laisser sa place.

Il va voyager pour rejoindre New-York, va s’arrêter dans de nombreux endroits où il effectuera des petits boulots. Comme à chaque fois, il agit sur une impulsion.

Avis L’Institut de Stephen King

Un ancien flic qui a décidé de rallier New-York pour devenir veilleur de nuit. Mais, comme il n’a pas d’attaches, pas de limites, pas de contraintes, il décide de laisser sa place dans l’avion et de rallier New-York par la voie terrestre en s’arrêtant dans des endroits où il exerce des petits boulots. C’est là qu’il est embauché dans une petite ville comme veilleur de nuit.

Luke est un jeune garçon très intelligent, le seul enfant d’une famille. Son père et sa mère l’aiment énormément. A 12 ans, il décide de postuler pour entrer dans deux universités. Outre son intelligence, Luke arrive à faire voler quelques objets. Après avoir été enlevé, Luke se réveille dans un institut.

Après avoir consacré de nombreuses pages à Tim et encore plus de pages à Luke, Stephen King va les faire se rencontrer et agir ensemble contre cet Institut. Même si c’est très long à se mettre en place, plus de la moitié du roman, j’ai eu plaisir à lire ces nombreuses pages. Car on le sait, avec Stephen King, il faut lire entre les lignes, entre ces nombreuses descriptions.

Le lecteur est horrifié par tout ce qui arrive à Luke et à ces nombreux enfants dans cet Institut. Violences physiques et psychologiques pour des enfants souvent très jeunes. Ceux qui arrivent sont pris en charge par ceux qui sont déjà là et qui expliquent, en faisant attention, tout ce qui se passe. Luke, à qui on a fourni un ordinateur pour des activités de récréation, arrive à contourner l’installation de l’Institut. Même s’il s’en doute, il mettra du temps à savoir ce qui est réellement arrivé à ses parents. Luke, dans l’Institut, a décidé de ne pas se rebeller, car cela ne sert à rien, juste à recevoir des coups, des décharges. Il accomplit ce qu’on lui demande mais les adultes ne sont pas forcément dupes.

Ces enfants télépathes mais aussi pouvant faire de la télékinésie sont classés par l’Institut. Ils subissent de tout avant de passer à l’Arrière, un endroit encore plus horrible. Ils servent qui, ils servent quoi ? Les abréviations m’ont un peu gêné avant qu’elles ne soient expliquées. Ces enfants s’aident, s’unissent. Est-ce que cette union va fonctionner pour tous les libérer ? En tous les cas, avec la fuite de Luke, une très longue fuite, détaillée, par Stephen King, ils ont la possibilité que tout soit révélé au grand jour. Mais l’Institut a des hommes et des femmes qui travaillent pour lui, chaque jour, même dans les régions les plus reculées des Etats-Unis. Un enfant très intelligent est devenu adulte avant l’heure. On lui a tout pris. On en a fait un cobaye comme tous les autres. Comment des adultes, médecins, peuvent entrer dans un tel processus ? Tous ceux qui ont été choisis pour travailler dans l’Institut ont un passé censé servir leur pays. Mais comme pour tout être humain, il y a ceux qui suivent les règles et les autres. Heureusement que, parmi eux, un être humain se détache. Et ce grâce à un jeune garçon.

Même si j’aime beaucoup Stephen King, même si j’ai énormément de plaisir à le lire, chaque fois, L’Institut n’est pas le meilleur de l’auteur, selon moi. Après le passage consacré à Tim, Stephen King nous laisse imaginer qu’il va se passer quelque chose dans cet endroit où il s’est arrêté, DuPray. Personnellement, sauf les 200 dernières pages, je n’ai pas eu assez de rebondissements. Cela concerne ce qui est entrepris après la rencontre entre Tim et Luke. Bien entendu, Stephen King sait critiquer la société américaine et son président actuel. Il sait démontrer ce qu’est un pouvoir totalitaire qui peut s’apparenter à ce qui s’est passé en Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale et ceux qu’ont subi des millions d’hommes et de femmes. C’est ce qui attend les jeunes enfants de l’Institut. Ils vivent dans la peur, constamment. 

Critique de Stephen King de la société américaine et de ses entreprises qui ont permis à des millions d’Américains de s’endetter et qui se retrouvent à rembourser des sommes folles. Et ces Américains ne connaissent pas forcément les lois et ces sociétés de recouvrement qui agissent illégalement.

J’ose espérer qu’il n’existe aucun endroit dans le monde où de jeunes enfants sont utilisés, pour ensuite mourir, pour rendre le monde meilleur selon un petit pourcentage de personnes.

L’Institut de Stephen King

Date de sortie : 29 janvier 2020

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 601

ISBN : 978-2-226-44327-4

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes

Né sous une bonne étoile d'Aurélie Valognes - Editions Mazarine

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes – Editions Mazarine

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes, présentation

Gustave fait sa grande rentrée. Il entre au CP. Il ne veut pas décevoir sa mère. Très vite, il se plonge dans ses rêves, plutôt attiré par l’extérieur que par ce qui se passe en classe. Il essaie de se ressaisir mais son maître d’école a déjà cerné Gustave.

La peur au ventre s’immisce tous les jours. Malgré ses efforts, son travail acharné le soir avec sa mère, Gustave n’y arrive pas. Dans son malheur, il trouve tout de même un ami, lui qui n’en a jamais eu.

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes

Tout commence bien mal pour Gustave, Gus-Gus (comme la souris dans Cendrillon), pour ce petit garçon qui entre au CP. Gustave est un petit garçon rêveur, il n’écoute pas grand chose, il est petit, frêle, n’a pas forcément d’amis et certains sujets le passionnent. Dans cette école où sa soeur, Joséphine, qui est passée avant lui et qui a eu de très bonnes notes, Gustave va souffrir tant et plus. Va-t-il développer une phobie scolaire à avoir le noeud tous les matins ?

Le lecteur suit donc Gustave pendant une bonne partie de sa scolarité jusqu’à pratiquement la fin de sa classe de 5ème. Vu ses résultats proches de zéro, il est vite catalogué comme garçon qui ne travaille pas et qui n’ira pas bien loin puisqu’au collège on veut le réorienter vers une filière professionnelle. Gustave est un garçon très sensible. Il veut toujours faire plaisir à sa mère et la protéger. Mais il n’y arrive pas à son grand désespoir.

Mais il suffit d’une rencontre. Il suffit de faire confiance à quelqu’un et ensuite se révéler avec les clés qui sont amenées et qui sont acceptées. Le lecteur suit donc le cheminement de ce jeune garçon qui se révèle au fur et à mesure. Pourtant les embûches sur son chemin sont nombreuses et plus que nombreuses. Et une ou deux personnes ne sont pas suffisantes pour changer le regard et le jugement des autres.

C’est très bien de lire des livres mais c’est encore mieux de rencontrer des personnes qui ont été dans le cas de Gustave et qui peuvent échanger avec des enfants, des élèves dans le même cas. Cela permet de donner de l’envie, de comprendre pourquoi on peut être différent, pourquoi les résultats en classe sont mauvais.

Aurélie Valognes nous offre un roman qui porte à réfléchir. Elle nous montre ces enfants qui se trouvent mal en classe, qui peuvent subir que ce soit chez eux ou à l’extérieur des souffrances psychologiques parce qu’ils ne sont pas dans la norme. C’est facile de s’en prendre à plus faible que soi lorsque l’on représente l’autorité, lorsque l’on se venge de faits qui se sont passés. Aurélie Valognes nous montre le travail de ces enseignants toujours poussés à bout par des programmes intenses qui doivent être bouclés en peu de semaines, par une hiérarchie qui ne les écoute pas. Mais certains gardent la foi et sont récompensés au-delà de leurs espérances. Aurélie Valognes montre à son lecteur comment la confiance en soi peut basculer d’un côté ou de l’autre par rapport à un évènement, comment un enfant peut être écrasé par un frère ou sa soeur.

Ce roman est un formidable message d’espoir que ce soit pour les enfants et pour certains adultes, finalement qui peuvent trouver des astuces pour aller de l’avant même si c’est difficile. Ensuite, il ne faut pas croire tout ce qui peut être dit. Si la confiance a été donnée à quelqu’un et que cette confiance est sapée, il vaut mieux s’adresser directement à cette personne pour connaître au fond la vérité.

Encore un très bon Aurélie Valognes, que je préfère amplement au précédent, sans que ce soit tout de même un coup de coeur. Je la trouve très à l’aise pour écrire et mettre en scène des enfants qui sont les héros de ses romans, comme Au petit bonheur la chance qui reste, à l’heure actuelle mon préféré. Né sous une bonne étoile porte très bien son titre. Car oui, en définitive Gustave est bien né sous une bonne étoile. J’ai également beaucoup aimé la relation entretenue avec sa soeur Joséphine et comment elle est décrite car oui elle veut se sortir de cette cité, elle veut réussir par tous les moyens et se forgeant une carapace, carapace que son frère a quand même compris.

Né sous une bonne étoile d’Aurélie Valognes

Date de sortie : 4 mars 2020

Editeur : Mazarine

Nombre de pages : 341

ISBN : 978-2-86374-482-6

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn

Maldonne au Festival de Cannes d'Alice Quinn - Editions Alliage

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn – Editions Alliage

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn, présentation

C’est samedi, Rosie vit toujours dans sa caravane avec ses filles même si la caravane a subi les dommages de l’ouragan de Cannes. Elle surfe, quand elle a un téléphone avec Internet, sur des sites de rencontre où elle est inscrite.

Rosie court toujours après l’argent. Mais ce samedi, comme tous les samedis, elle apporte les croissants au rond-point où manifestent les gilets jaunes. Arrive un acteur, ancien joueur de football.

Avis Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn

Il fallait du flamboyant pour terminer le cycle de Rosie, l’héroïne qui m’a permis de découvrir Alice Quinn. Oui, Rosie Maldonne va vivre une expérience au Festival de Cannes. Mais comme d’habitude, cela ne va pas se passer tranquillement, doucement pour Rosie. Il est vrai qu’il doit me manquer un ou deux romans de la série. Pour connaître l’évolution de Rosie, c’est vrai que c’est mieux de les lire tous à la suite, mais le lecteur n’est pas dépaysé de découvrir ce personnage sur un seul roman. J’ai accroché tout de suite avec elle. J’ai adoré ce personnage haut en couleurs, qui s’habille comme elle le souhaite, sans se soucier du regard des autres. J’ai adoré surtout ce personnage, qui malgré les aléas de la vie et ils sont nombreux pour elle – manque d’argent – surtout, est toujours là pour aider son prochain et surtout pour prendre soin de ses trois filles. Rosie a un très grand coeur. Est-ce que ça lui dessert ? Oui et non puisqu’elle se met dans des situations inextricables. Mais gare à ceux qui la croisent. Car ce tourbillon, ce moulin en paroles, en déstabilise plus d’un.

Dans les opus précédents, je ne m’étais pas attachée tant que ça sur les filles de Rosie, même si elles tiennent une grande place dans sa vie et ses aventures. Rosie protège ses filles mais elle ne vit rien sans elle. Et là, grosse surprise avec sa fille aînée, qui a bien grandi et qui tient une grande place ici. En effet, Rosie attend chaque jour le nouveau mot de sa fille. Un mot que Rosie ne connait pas, bien évidemment, elle qui mélange tout et qui fait comme si les autres se sont trompés. On sent énormément de fierté de la part de Rosie envers sa fille, qui réfléchit beaucoup, qui a des idées beaucoup moins loufoques que sa mère et qui semble la tempérer. J’ai adoré ces échanges mère-fille.

Rosie a un grand coeur et elle se bat pour toutes les causes qui lui sont chères, notamment pour ceux qui n’ont rien. Les sujets d’actualité sont donc présents dans ce roman, comme la crise des gilets jaunes et tous les derniers sujets brûlants de l’actualité, le harcèlement sexuel des producteurs du cinéma mais aussi ce côté mafia dans le milieu du football.

Sans en révéler beaucoup, avec son expérience en tant que garde du corps pour la star d’un film au festival de Cannes, Rosie va connaître de nombreux éléments de son passé. Elle, qui recherche constamment l’amour et qui ne l’a jamais trouvé, se rend compte que cet amour n’est pas si loin que ça. Et j’ai vraiment aimé découvrir cet aspect de la personnalité de Rosie, son côté midinette qui comprend enfin que cet homme semble fait pour elle.

Après avoir encensé Rosie, attachons-nous à ce roman qui se passe pendant le Festival de Cannes, avec la présentation de ses films, ses fêtes et surtout ce harcèlement subi par les jeunes femmes par des producteurs. Rosie est choisie par l’acteur d’un film pour être son garde du corps. Donc, elle est embauchée. Elle va faire le job mais lorsqu’elle le quitte, elle a comme un mauvais pressentiment. Très vite, Rosie est agressée. Des morts sont découverts mais toujours aucune trace de l’acteur du film qui a fait un flop à la présentation. Ce milieu se révèle très vite tel qu’il est surtout lorsqu’il y a de mauvaises associations. Rosie ne va pas lâcher même si tout le monde est contre elle. Elle va profiter des relations qu’elle a avec les uns et les autres pour tenter de faire éclater la vérité.

Alors oui, encore, Rosie se met dans des situations impossibles. Mais comme elle n’abandonne rien, c’est normal. Rosie n’a qu’une parole et elle s’y tient.

Merci encore une fois, Alice Quinn, de m’avoir permis de lire un de vos romans. Comme vous, je suis un peu triste de laisser Rosie, mais laissons là vivre sa vie, maintenant et penser aux lecteurs qui ont pris part à ses aventures et qui lui souhaitent d’être vraiment heureuse avec tous les siens, qu’elle continue à faire le bien autour d’elle, qu’elle reste toujours aussi attachante.

Maldonne au Festival de Cannes d’Alice Quinn

Date de sortie : 28 février 2020

Editeur : Alliage

Nombre de pages : 243

ISBN : 9782369100409

Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez

Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez, présentation

Sa mère est française, son père anglais. Jesse est révérend d’une église anglicane en France. Il vient de Brighton. Il a choisi les ordres pour expier mais aussi pour mener à bien une mission.

Maria emménage. Au cours d’une fête, elle rencontre Jesse. Très vite, ils sont attirés l’un par l’autre.

Avis Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez

D’habitude ce genre de romans ne me dérange absolument pas. Beaucoup de sexe, de l’action, une histoire, des personnages sympathiques, beaux. Des fois, le personnage féminin est un peu niais. Mais là, comment dire, j’ai lu et cela a été sans grande conviction.

Le personnage masculin est pasteur pour la communauté anglophone dans une ville du sud. Il a choisi d’entrer dans les ordres et aussi il a une mission. Mais quand va-t-on voir quelque chose de cette mission ? A part se flageller car il est accro au sexe, s’en référer toujours à son Dieu, avoir des érections continuellement surtout la nuit, au bout d’un moment, j’en ai eu marre de ces situations qui n’évoluent absolument pas. Jesse est quand même très respectueux envers Maria. Il ne la force pas. Il sait qu’il ne va rien lui apporter de bon. Mais la voir avec d’autres hommes le met carrément hors de lui. Elle va le pousser dans ses retranchements. En tous les cas, Jesse est un homme qui veut faire du bien, dans cette communauté. Outre ces deux missions, dont l’une cachée, il souhaite que ces jeunes, qui n’ont rien, qui sont malmenés par la vie, puissent se construire, se reconstruire.

Maria n’est pas un personnage nunuche, malgré ses 21 ans. On apprend dans ce roman ce qu’elle a vécu. On comprend pourquoi elle se cache, elle n’a pas confiance en elle, pourquoi elle ne fait pas le premier pas avec Jesse. Elle pourrait accepter de nombreuses choses de sa part, mais elle veut vivre une relation d’égal à égal et ne pas être celle qui passe en second.

Cette mission, trouver celui qui s’en prend à des enfants sexuellement et qui doit être mis hors circuit, est très peu évoquée. Le thème aurait pu donner plus de dimension à ce roman, même s’il bascule dans l’érotique, mais aucune tension qui aurait permis d’avoir un roman agréable à lire.

Le langage véritablement adolescent pour ces personnages de 21 et 26 ans, on repassera. Marre de ces auteurs et Sylvie Lopez n’est pas la seule dans ce cas à utiliser ce genre de termes pour tenter d’accrocher le lecteur. Mais cela fait passer les personnages pour plus bêtes qu’ils ne le sont. Pour information, tous les adolescents ne s’expriment pas de cette façon et encore moins les jeunes adultes. Et que dire aussi des quelques fautes trouvées dans ce roman.

Tout n’est pas à jeter. Mais ces quelques éléments dévoilés du passé de l’un et de l’autre ne sont pas assez développés à mon goût. Les chapitres alternent entre Jesse et Maria donc le lecteur a le point de vue des deux personnages.

Alors, si c’est comme ça pour les deux autres tomes, ce sera sans moi, franchement. Normalement, lorsqu’il y a une série, je commande les tomes suivants pour les lire quand j’en ai envie mais je passe carrément mon chemin.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et Evidence Editions.

Ainsi soit-il tome 1 Expiation de Sylvie Lopez

Date de sortie : 30 mai 2018

Editeur : Evidences Editions

Nombre de pages : 273

ISBN : 979-10-348-1358-2

La frontière de Don Winslow

La frontière de Don Winslow - Harper Collins Noir

La frontière de Don Winslow – Harper Collins Noir

Présentation La frontière de Don Winslow

2017, Art Keller est aux Etats-Unis. Il est en butte contre toutes les autorités. Qui veut l’anéantir. Il est avec Mari, mais une fusillade éclate. Il tente de sauver un grand nombre de personnes.

Retour cinq ans en arrière au Guatemala, Art Keller traque son ennemi juré, Barrera, qui était devenu son allié dans le trafic de drogue pour éliminer une grand partie des narcos.

Avis La frontière de Don Winslow

Comment écrire une critique sur ce monstre, sur cet ovni de près de 850 pages ? Je n’en sais absolument rien tellement il y aurait à dire, mais ce serait dévoiler tant de choses et l’ultime. J’ai eu énormément de mal à lire La frontière dû à un énorme état de fatigue. Je ne lisais que quelques pages par jour, à mon grand désespoir. Je n’avançais pas, ce qui fait que je n’ai pas réellement apprécié ce roman, cette fin, à sa juste valeur. Mais je l’ai déjà dit, il va falloir que je lise le premier roman de la trilogie, avant tout, pour bien comprendre Art Keller, même si La frontière détaille à nouveau tout ce qu’il faut. Donc, quand je serai dans un état, sans stress, soit peut-être pendant trois semaines de vacances, je lirai la trilogie de bout en bout. Après ce petit aparté, place à, si je puis l’écrire, mon avis.

Art Keller a décidé que c’était sa dernière mission contre les cartels de la drogue. Il semble avoir eu ce qu’il voulait. Mais on lui propose le poste de directeur de la DEA. Il hésite à accepter. Il se marie à Marisol et ensemble ils vont partir à Washington. A la DEA, Art Keller se rend très vite compte qu’il n’a pas que des amis. Sa réputation sulfureuse fait qu’il doit bien choisir ceux en qui il peut avoir confiance. Lors de son travail, il se rend compte que la drogue fait encore plus de ravages au sein de la population américaine. L’héroïne est arrivée et elle tue. Il va essayer de s’entourer de personnes qui veulent combattre ce fléau. Entre missions d’infiltration, enquêtes au plus haut niveau, révélations à certaines personnes, il faut faire tomber ce cartel mexicain. Car le chef du cartel est semble-t-il mort. Et tous ceux qui veulent prendre sa place s’entretuent, aidés ou pas par les autorités américaines et mexicaines. Mais certains sont en prison et aussi en prison, ils ont du pouvoir. Mais, malheureusement pour Art Keller, les élections américaines sont proches et qui dit changement de président, dit changement au sein des nombreuses institutions américaines. Gardera-t-il son poste ou comme d’habitude, est-ce qu’il gêne ? Il va amasser tout ce qu’il lui faut pour démontrer que tout est une question de pouvoir et de politique. Mais face à ces pouvoirs, va-t-il dire la vérité sur tout ce qui s’est passé au cours de sa carrière, sur ces derniers mois passés au sein de la DEA et donc risquer la prison, ou va-t-il laisser filer ?

On assiste, encore et toujours, à des guerres de pouvoir, des guerres où la population paie énormément au niveau des meurtres, mais aussi les gens qui ont du pouvoir dans les cartels mexicains. Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de faire mourir les gens, leurs ennemis ou leurs anciens amis.

Les décisions sont dures à prendre, surtout lorsque l’on a de nombreuses choses à se reprocher, que l’on a tenté de lutter contre le crime organisé, contre des instances très importantes. Ce roman est une charge contre une politique américaine qui a duré de nombreuses années et qui dure encore. Les alliances se sont créées. Des millions sont en jeu, tout comme des alliances. Et ce au mépris des êtres humains. Un roman très fort qui détaille encore et toujours ce qui se fait ou ce qui peut se faire. Un roman qui démontre très bien qu’il reste encore beaucoup à faire contre la drogue, qu’il faut prendre des décisions pour aider et non enfermer, puisque les trafics peuvent se réaliser, même en prison. De nombreux américains se droguent. Pourquoi ? La réponse est donnée et on peut la comprendre. Enfin, cela a été mon cas.

Quand un écrivain donne des pistes. Peuvent-elles être suivies d’effets ? Pas forcément, mais Don Winslow fait l’éducation de ses lecteurs, il les pousse à s’interroger, à appréhender d’une autre façon la drogue, les instances politiques, les cartels et tout cet argent qui transite. Quand ce sont des millions, voire des milliards qui sont en jeu et qui font vivre de nombreux gouvernements, bien entendu, malgré les beaux discours politiques, ils ne veulent pas que cette manne soit rompue. Et les gens souffrent, ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas de quoi vivre décemment, on annonce que les pays sont endettés, qu’il faut travailler plus et plus longtemps – pour la France. Alors qu’il y a de l’argent et beaucoup d’argent qui permettrait aux citoyens de vivre décemment.

Dans son roman, il donne également une place à tous ceux qui fuient le Mexique, ces pays d’Amérique latine, pour trouver l’Eldorado aux Etats-Unis. Et comment cela se passe-t-il ? Cela fait froid dans le dos ce long voyage où nombreux sont ceux à mourir ou à être expulsés chez eux, s’ils arrivent à entrer. 

Je regrette les quelques coquilles, soit de la traduction, soit de l’impression, car je me suis aperçue, à certains moments, qu’il manquait des mots. Cela ne gêne pas la lecture. Mais bon,

Merci à Don Winslow d’avoir mis autant de temps à écrire cette trilogie, qui a demandé énormément de travail, de nombreuses références. 20 ans, c’est long pour écrire des livres, mais ce sont 20 ans qui permettent de voir l’évolution du monde, l’évolution de cette Amérique qui peut faire rêver mais qui est franchement contradictoire.

Je pense que Don Winslow va faire partie de mes auteurs favoris, suite à ses trois derniers romans lus. Et comme il est assez prolifique, cela donne un grand nombre de romans.

La frontière de Don Winslow

Date de sortie : 16 octobre 2019

Editeur : Harper Collins

Nombre de pages : 848

ISBN : 9791033903697

Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

 

Le journal de Claire Cassidy d'Elly Griffiths

Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Présentation Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Voyage dans un train, une histoire vraie est racontée. Ils semblent être seuls dans ce wagon. 

Claire est professeur, elle écrit la biographie d’un auteur, Holland. On lui apprend l’assassinat de son amie, collègue, Ella.

Avis Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Dans ce roman, très long, trop long à se mettre en place, est-ce dû au fait que ce soit un journal et qu’il soit raconté comme un journal ?, les trois personnages principaux féminins alternent. En premier, Claire, qui tient un journal. En second, Harbinder, qui s’occupe de l’enquête de police. Et pour finir, Georgie-Georgia, la fille de Claire. Pourquoi un e ou un a qui alternent selon les moments ? Fautes de traduction, d’impression ?

Claire est professeur d’anglais. Elle est divorcée et a une fille adolescente. Elle travaille dans une école où a vécu un écrivain qu’elle adore. D’ailleurs, elle a le projet d’écrire un livre sur lui.

Harbinder travaille dans la police. Elle a 35 ans, vit toujours chez ses parents. Elle est sikh et homosexuelle. Lorsqu’elle sera appelée sur les lieux du crime, ce sera à son ancienne école, où plane toujours l’aura de l’ancien maître des lieux et des histoires de fantômes qui ont perduré à cause de morts violentes.

Georgie est la fille de Claire. Elle vit chez sa mère et va, un week-end sur deux, chez son père à Londres, remarié et avec deux enfants en bas âge. Elle trompe bien son monde en laissant voir, sans détromper les adultes, qu’elle est comme tous les adolescents de son âge, accro à son portable, les réseaux sociaux… En plus, elle a un petit ami qui ne plait pas à ses parents, car il est déjà adulte. Les parents ont de mauvaises relations. Le père veut s’immiscer dans la vie de sa fille et la coupable, toute trouvée, est bien entendu Claire car elle ne sait pas élever leur fille.

Tout va changer lorsque la meilleure amie de Claire, Ella, professeur d’anglais, comme elle, est assassinée. Très vite, Claire sera interrogée par la police puisqu’elle avait des liens très forts avec Ella. Et comme bien souvent, le meurtrier fait partie de l’entourage, immédiat de la victime. Qui peut-il être ? Un ancien amant ? Interrogée, Claire ne dira pas tout. Car dans cette petite communauté de professeurs, il s’en passe des choses, des jalousies, des liaisons, du harcèlement. Lors de son premier interrogatoire, Claire ne fait pas bonne impression à Harbinder, car trop propre sur elle et franchement différente. Mais qu’est-ce qui va les rapprocher ? Un deuxième meurtre ou autre chose de plus personnel et qui concerne Claire ? En filigrane, les écrits de cet auteur, très peu lu, qui a habité cette école et qui sont rapportés tout le long du roman. Surtout que certaines de ses phrases se retrouvent dans des endroits qui devraient être cachés, près des corps des victimes.

Au final, j’ai lu ce roman sans réel plaisir, ni déplaisir, je suis entrée dans l’histoire mais elle ne me laissera pas de souvenirs impérissables. Je n’ai trouvé aucun rebondissement notoire, même si l’auteur nous présente, au fil des pages, tous les protagonistes du roman comme des suspects, face à ces trois meurtres. Même le dénouement n’est pas forcément haletant. Oui, cela se passe comme ça, le coupable est trouvé. Et alors ? Rien de plus à se mettre sous la dent. Des clichés, trop de clichés qui ne rendent pas les personnages antipathiques, ni très sympathiques non plus. Je ne me suis identifiée à aucun des trois personnages, ni pris fait et cause pour elles. Réellement dommage. La fin, une répétition de ce qui se passe au cours du roman lorsque un auteur raconte son histoire, dans un train, clôt ce livre avec bien entendu un dénouement, mais qui sert à quoi ? Deux histoires en une ? Bien entendu, il y a un élément qui pourrait faire froid dans le dos. Mais pour moi, cela n’a pas été le cas. Malgré tout, il n’y a aucun temps mort qui permettrait de laisser tomber le livre. Je n’ai trouvé aucune dimension psychologique également.

Par contre, j’ai beaucoup aimé le rôle d’Herbert, le chien, un animal aimé par Claire, Georgie et par ricochet, Hardibert.

Je remercie Netgalley et les Editions Hugo Thriller pour cette lecture.

Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Date de sortie : 2 janvier 2020

Editeur : Hugo Thriller

Nombre de pages : 370

ISBN : 9782755649543

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel - Editions Belfond

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel – Editions Belfond

Présentation Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

C’est l’effervescence dans ce commissariat. Tout le monde est aux aguets, tout le monde est aux abois. Un drame a eu lieu, mais quoi, que s’est-il passé ?

Le commandant a été arrêté ainsi qu’un lieutenant. Ils doivent être interrogés, séparément, sur ce drame qui s’est produit. Leur histoire va-t-elle concorder ? Y aura-t-il des failles ? Une longue nuit s’annonce où ils vont se mettre à nu.

Avis Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Karine Giebel a gagné son tour de force. Ne pas me faire détester Richard. Pourtant, ce n’était pas gagné, au départ. Mais au fur et à mesure des pages, je me suis retrouvée comme celui qui l’interrogeait, gagnée par le dégoût de ce qu’il a fait subir à Laëtitia mais aussi par l’envie de comprendre cet homme, comment cet amour l’a fait basculer. En ces temps où les hommes qui abusent de leurs forces, de leur autorité pour obtenir ce qu’ils veulent sexuellement, Karine Giebel nous démontre, par la force des mots, lors de cet interrogatoire de Richard et Laëtitia, que l’amour recouvre différentes formes. Richard sait dès le départ, de cet interrogatoire, qu’il a tout perdu.

J’ai été plus éloignée de Laëtitia au départ. Mais pareil au fil des pages, j’ai été plus que touchée par sa souffrance, par toute la perte qu’elle subit à cause d’un homme même si c’était entre dégoût mais aussi plaisir. Je comprends cette haine farouche, qu’elle veuille le faire payer.

Les deux officiers qui interrogent Richard et Laëtitia vont, avec cette histoire, en apprendre beaucoup sur eux-mêmes car la vie de leurs suspects est mise à nu, ils racontent tout. Ils vont laisser dérouler l’histoire, sans poser trop de questions. Ils seront assez proches des suspects, n’hésitant pas, toutefois, à les remettre dans le droit chemin quand cela est nécessaire. Ils ne sont pas là pour juger mais savoir si Richard et Laëtitia racontent la même histoire.

Ce que j’ai fait de toi est profondément addictif. J’ai avalé les pages pour connaître tout ce que Richard et Laëtitia avaient à raconter, pour savoir pour quelle raison ils se sont retrouvés à être interrogés. Et encore une fois, même si je savais que les héros de Karine Giebel ne s’en sortent pratiquement jamais, j’ai été scotchée par la fin, encore une fois très bien trouvée et par ce qu’elle nous apporte comme réponse. Car est-ce qu’il y a bien une réponse ? L’amour que Richard a éprouvé pour Laëtitia lui a tout fait perdre. Il a perdu son sang-froid, sa faculté de réflexion, sa famille. Il a été violent, surtout envers elle, il n’a pas voulu l’écouter, ni écouter qui que ce soit. Quant à Laëtitia, a-t-elle joué un double jeu ? Dans toutes ces pages, on a pu ressentir, sa souffrance, sa peur extrême, son envie de se venger, de le voir mort. Mais le lecteur a pu ressentir l’amour qu’elle pouvait porter à cet homme. Un amour teinté, en premier de grande admiration, un amour teinté de haine farouche. Et tout cela avec une grande lucidité quand même. Jamais ils ne pourront pas être heureux. Richard voulait lui faire de mal si elle n’était pas à lui. Il a abusé d’elle, de son pouvoir, de la confiance que les autres éprouvaient pour lui. Il voulait lui faire du mal lorsqu’elle l’a repoussé. Laëtitia voulait lui faire du mal car à cause de lui, elle a perdu ce qui comptait le plus pour elle. Auraient-ils pu être heureux ? Un tel amour est comme une drogue. Richard avait besoin d’elle à chaque instant. Il avait besoin qu’elle l’aime comme lui l’aimait. Mais cet amour a fait peur à Laëtitia. Le geste ultime de Richard envers Laetitia, lorsqu’ils se retrouvent face à face, est une dernière preuve d’amour. Mais amène-t-elle quelque chose de bon pour l’un et l’autre?

Ce roman est fort, grandiose. Il ferait un très bon film, même si je pense que je ne le regarderai pas car j’étais avec eux, j’étais eux également. Je me suis fait mes images, j’ai leurs voix, j’ai leurs corps face à moi, dans ma tête. Je les ai imaginés. J’ai également visualisé toutes les images de ce roman choc, hautement psychologique. Karine Giebel ne s’embarrasse pas de fioritures, elle raconte les faits bruts. Il y a de la magie dans ces mots, il y a de la poésie également. Je ne veux pas trop en dévoiler, je ne sais pas trop comment présenter ce roman. Des fois, quand on aime trop, on ne sait pas en parler, écrire. Mais je sors bousculée, littéralement accro, encore une fois, de Karine Giebel. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà expérimenté le genre d’amour éprouvé par Richard envers Laëtitia, mais ce que je sais, c’est qu’un rien peut faire basculer une personne. J’ai fait un parallèle entre ce roman et une histoire qui a défrayé l’actualité, il y a quelques années et qui défraye encore l’actualité. Je ne nommerai pas les personnes, mais peut-être que certains lecteurs y penseront.

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Date de sortie : 21 novembre 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 551

ISBN : 978-2-7144-8196-2