Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes de Jessica Shattuck - Editions JC Lattès

Château de femmes de Jessica Shattuck – Editions JC Lattès

Résumé Château de femmes de Jessica Shattuck

1938, comme tous les ans, c’est la fête des moissons au château de la Comtesse Von Lingerfelds. Il pleut mais cela n’empêche pas Marianne, la femme du neveu de la comtesse de tout préparer. 

Marianne a beaucoup d’admiration pour la comtesse, une femme libre  et rebelle.

Avis Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes, c’est l’histoire de trois femmes et de leurs enfants, Benita, Ania et surtout Marianne. Marianne a une mission. S’occuper des femmes et des enfants de ceux qui ont résisté contre l’Allemagne d’Hitler. Si, au départ, elle a mal pris cette demande de son meilleur ami, Connie, au fur et à mesure, elle se rend compte que ce qui lui a été demandé permet de perpétuer le souvenir mais aussi les actes de ces Allemands qui se sont soulevés contre le pouvoir d’Hitler. Ils ont tous été fusillés ou pendus, comme son mari.

L’auteur dévoile, au fil des pages, au moment opportun, le passé, les aspirations, les rêves, mais aussi le déni, la révolte de ses personnages féminins. Plusieurs périodes sont couvertes. La montée du nazisme, la Seconde Guerre Mondiale, la reconstruction du pays, pour finir dans les années 90 lorsque le château de famille de Marianne devient un centre de conférences où elle vient présenter son livre. Marianne est une femme optimiste, confiante, exigeante, elle n’a peur de rien, elle sait qu’elle va y arriver coûte que coûte. Elle apparaît comme une personne que rien ne peut atteindre. Et ce sera comme ça toute sa vie. Elle est bourrée de principes et comme tout un chacun, elle a des réactions, sur le moment, qui vont engendrer beaucoup de souffrances. Elle tentera de se les expliquer, mais le pardon n’est pas un mot ou un geste qu’elle affectionne particulièrement. Ses relations seront difficiles avec Benita pourtant elles vivront ensemble de nombreuses années. Benita peut paraître une jeune femme frivole. Il semble y avoir de la jalousie envers elle. Mais Benita, qui ne vient pas d’un milieu aisé, a eu foi en un homme, homme qu’elle a perdu, qui n’a pas toujours été là pour la soutenir au tout début de leur mariage. Son fils, Martin, est tout pour elle. Elle ne contrecarrera jamais ses plans. Martin, un des personnages centraux de ce roman. Un enfant qui porte, sur ses épaules, un héritage difficile à appréhender. Ania est un personnage assez complexe mais personnellement, je n’ai pas pu la juger. Même si elle n’a voulu rien voir, même si elle n’a rien fait quand elle en avait la possibilité, l’avenir s’est chargé de tout ça, surtout lorsque de nombreux Allemands ont émigré en Amérique et que toute cette horreur a été dénoncée et reste un devoir de mémoire. Cela peut même être incompréhensible pour ces Allemands qui sont nés après la guerre de comprendre ce qui s’est passé dans ce pays. Ils ne pardonnent pas. Comme ne pardonnent pas ceux qui ont résisté et qui ont jugé, sans connaître réellement la vie  de ceux qui ont été obligés d’obéir.

Une fois n’est pas coutume, un roman qui concerne la Seconde Guerre Mondiale se place du côté allemand, du côté de ces Allemands qui ont résisté, qui ont tenté de renverser Hitler. Ils avaient très vite compris que cet homme apporterait le chaos, sans imaginer toutefois jusqu’où cela pourrait aller. Ces personnes se sont informées, se sont tenues au courant, mais voir la vérité telle qu’elle était avec ses déportés a été plus qu’un choc pour eux. De plus, ils ont dû subir l’invasion des soldats russes qui ont tout anéanti sur leur passage, bien après tout ce qu’a pu faire l’armée et la police d’Hitler. L’Allemagne a également dû vivre avec les Américains qui se sont installés dans le pays pour emprisonner, juger ceux qui ont été des SS. Tout comme de nombreux pays, dont la France, l’Allemagne a dû faire face à la pénurie, au rationnement mais aussi tenter de se reconstruire. Même si ces résistants n’ont pas pu renverser le régime, il faut aussi louer leur courage. Souvent, la famille était impliquée, elle a aidé ceux qui avaient besoin d’aide. Un roman pour rendre hommage à ces hommes, ces femmes. Un roman qui tente d’expliquer également ceux qui ont approuvé, ceux qui se sont voilés la face. Les récits sont glaçants mais ils n’ont pas pris conscience ou n’ont pas voulu prendre conscience. Car malgré tout, Hitler a vraiment été très fort. Il a promis un pays qui allait retrouver le plein emploi mais seulement pour les Allemands. Que dire également des enfants ? Ils devaient être éduqués dans le sens que voulait Hitler. Ils ont été placés dans des foyers, on leur a donné des noms allemands, on les a volés à leurs parents. Ils devaient plus tard protéger leur pays, mourir pour leur patrie. Certaines femmes ont même dû subir des viols. Ces trois femmes, Ania, Benita et Marianne, quoi qu’elles aient fait, pensé, ne sont jamais allées dans ce sens. Même si elles aimaient leurs enfants, j’ai senti Ania et Marianne assez détachées par rapport à eux. Oui, elles les ont élevés, aimés, mais en étaient-elles proches ? Pas forcément. A lire et nous pourrons échanger à ce sujet car j’aimerais avoir votre avis.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Château de femmes de Jessica Shattuck

Date de sortie : 31 octobre 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 370

ISBN : 978-2-7096-5770-9

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La rose et le bourreau de Patrick Pesnot

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Résumé La rose et le bourreau de Patrick Pesnot

Julienne a décidé de quitter la maison familiale à cause de sa belle-mère.

Elle se déguise en homme et part pour la France. En chemin, elle est accueillie par un prêtre.

Avis La rose et le bourreau de Patrick Pesnot

C’est le destin d’une jeune fille qui va devenir une jeune femme. Son père est remarié et elle ne s’entend absolument pas avec sa belle-mère qui veut régner en maître. Julienne décide de partir mais elle laisse son frère. Elle se déguise en homme et elle gardera ce travestissement pratiquement tout le long du livre. Un déguisement qui lui permet de ne pas être importunée, même si certains hommes sont prompts à vouloir aimer ou encore abuser de ce beau jeune homme. Elle va rejoindre la France et sur son chemin, elle fera la connaissance d’un prêtre qui va l’aider. Elle intégrera les rangs de l’armée et au gré de ses envies, de ses rencontres, elle fuira, tombera amoureuse, d’hommes, de femmes, laissera tomber ses habits d’hommes et occupera plusieurs emplois, dont celui de bourreau.

Julienne est une jeune femme vivante, fraîche, qui n’hésite pas à bousculer les conventions. Elle me fait penser à l’histoire de Mulan, cette héroïne de Disney. Il en faut beaucoup de courage, d’opiniâtreté pour rejoindre les rangs de l’armée, pour cacher sa condition de femme, dans ce milieu d’hommes. Les talents de Julienne sont nombreux. Elle pourra compter sur un véritable ami au sein de ce groupe qui partira faire la guerre en Autriche avec l’armée de Louis XV. Des morts vont émailler sa route, qu’elle en soit responsable ou pas. Mais Julienne a bon coeur, trop bon coeur. En sauvant une jeune fille qui la suivra et vivra avec elle, elle ne pourra jamais s’en défaire. Pourtant elle connait à fond ce caractère. Et ce qui devait arriver sera une trahison à cause de la jalousie. Même si Julienne vivra quelques moments très difficiles, ce sera la dernière partie de son escapade. Car devenue beaucoup plus forte, elle prendra la décision qui s’impose pour enfin vivre sa vie de femme et faire la paix avec elle-même et sa famille. Mais toujours avec cette quête de liberté qui ne lui fera jamais défaut. Julienne est audacieuse, combative, curieuse. Une jeune femme qui doit toujours feindre, mais qui vivra des expériences sexuelles avec des hommes, avec des femmes.

L’auteur nous détaille parfaitement la vie en ce temps-là, avec des jeunes gens qui sont enrôlés pratiquement de force dans l’armée. Ils devront améliorer leur quotidien en volant. Les combats sont rudes et par tous les temps. Les blessures peuvent être mortelles et les conditions de soins pas idéales. Paris, Marseille, les routes de France, tout est voyage dans cette France où il est facile de se faire arrêter, de se faire violenter. Il a imaginé une femme forte qui ne s’en laisse pas compter. Forte mais aussi sensible quant au destin de certaines personnes qu’elle rencontre. Cela donne un livre très agréable à lire, autant par sa partie historique que par ce destin de femme qui n’a pas choisi la facilité et qui a pris son destin en main, tout en sachant ce qu’elle risquait si tout était dévoilé.

La partie très détaillée concerne également le métier de bourreau. Là, il est présenté comme une personne au service de la Justice, qui doit faire son travail. Et comme partout, il y a ceux qui le font bien et les autres. Les bourreaux ne sont pas exempts de sentiments. Certains essaient de faire souffrir le moins possible.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique mais aussi les Editions L’Archipel pour le petit carnet contenu dans l’envoi

La rose et le bourreau de Patrick Pesnot

Date de sortie : 5 septembre 2018

Editeur : L’Archipel

Nombre de pages : 332

ISBN : 978-2-8098-2486-5

 

Trois coeurs d’Eric Jourdan

Trois coeur d'Eric Jourdan - Editions La Musardine

Trois coeur d’Eric Jourdan – Editions La Musardine

Résumé Trois coeurs d’Eric Jourdan

William est un jeune garçon qui ne sait pas qui il est. Il vit chez le vicaire au Pays Basque. Il ne manque de rien mais les signes d’affection sont peu nombreux.

Il veut être libre, connaître l’amitié éternelle.

Avis Trois coeurs d’Eric Jourdan

Trois coeurs, celui de William, celui de Marie-Antonia et celui de Johann. Trois coeurs indissociables l’un de l’autre. Dans ce roman mais également une partie autobiographie, Eric Jourdan se livre énormément avec des parts d’ombre et romancées. Il raconte l’histoire de son père William, enfant abandonné par sa mère et recueilli par son oncle, vicaire. Il raconte également l’histoire de sa mère Antonia, leur rencontre, leur amour exclusif, l’arrivée de leur petit garçon tant désiré. Eric Jourdan raconte également l’histoire de Johann, un petit garçon choyé par ceux qui l’entouraient, profondément gâté, qui se trouve en décalage avec tout ce qui l’entoure et qui annoncera, à son père, son homosexualité.

C’est l’histoire d’amours malheureux pour la mère de William, pour Marie Antonia et surtout pour Johann. Ce sont des histoires de secrets familiaux. S’ils avaient été révélés aux principaux intéressés, est-ce que cela aurait changé quelque chose pour eux ? Mais ces secrets ont engendré des pertes énormes, un amour malheureux car il aurait été incestueux. On peut également dire que le monde est petit. Du Pays Basque à l’Espagne, en passant par le Pays de Galles et Paris, certains se sont rencontrés, ont créé des liens, les ont distendus, ont été renoués. Ce roman est également l’histoire d’amitiés entre garçons. Ces amitiés sont restées malgré le nombre des années. Elles sont fortes mais elles peuvent être détruites à cause de la mort. William et Johann ont trouvé de véritables amis. Un seul pour William mais il l’accompagnera tout le long de sa vie. Plusieurs pour Johann qui fait ce que bon lui semble. Il les retrouve toujours avec autant de bonheur. Pourtant leurs amis ne sont pas du même monde. Ils ont des facilités pécuniaires indéniables mais ils n’ont jamais fait ressentir William et Johann ces écarts de rang.

C’est également une histoire d’incompréhension entre un père et son fils. William attendait énormément de Johann. Il l’aimait énormément car il a toujours voulu avoir sa propre famille et surtout un fils parfait. Il est exigeant et a peur de le perdre. Les coups pleuvent car Johann s’ennuie à l’école bien qu’il soit très intelligent. Il n’est pas fait pour entrer dans le moule de cette société où la différence n’est pas acceptée, où il veut être libre, sans contraintes, sans avoir à obéir. Johann est un garçon tendre, qui aime les siens. C’est un garçon séduisant qui attire mais il se sent toujours en décalage. Mais c’est également un être qui souffre par la bêtise des autres. Il souffre et pense qu’il n’est rien et garde tout pour lui. William n’a pas compris Johann. Ce dernier, malgré tout, n’a jamais ressenti de haine envers son père. Il s’est tourné vers son parrain, l’ami de William. Johann a, tout de même, rencontré de belles personnes, même si elles ont été dans sa vie qu’un temps. Il a peur de souffrir donc il évite de s’engager. Johann a su la vérité. Au départ, il l’a devinée. Il a voulu protéger son père et son amant.

C’est magnifiquement écrit, c’est tendre et bouleversant à la fois. J’ai été extrêmement touchée par ces histoires, racontées avec finesse, qui semblent vraies, très proches de nous. L’histoire peut sembler dure. Elle traduit également un mal toujours présent, ce que peuvent ressentir ces garçons qui annoncent leur homosexualité à leurs parents, qui ne sont pas compris et que la société bafoue. Comment vivre son homosexualité en restant libre, malgré la souffrance et la perte d’êtres chers.

Je ne m’attendais pas à un tel roman. Un véritable coup de coeur pour moi. Les explications en fin de roman sont également très importantes. Mais ne les lisez surtout pas avant d’avoir lu Trois coeurs. Je remercie les Editions La Musardine pour cet envoi.

Trois coeurs d’Eric Jourdan

Date de sortie : 27 septembre 2018

Editeur : La Musardine

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-36490-507-8

Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Le septième templier de Giacometti et Ravenne

Le septième templier de Giacometti et Ravenne

Résumé Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Deux hommes qui attendent un message sur un téléphone. L’un fait face à un joueur d’échec, l’autre à un ancien professeur alcoolique.

Antoine Marcas est au mieux de sa forme. Il a été invité par un ami, franc-maçon, en République Tchèque. Suite à un coup de téléphone, il doit rentrer sur Paris.

Avis Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Tout commence par le meurtre d’un homme d’église qui appelle Antoine Marcas alors que celui-ci est invité par un de ses amis franc-maçons. Antoine revient très vite à Paris. De suite, il se trouve embarqué dans une histoire qu’il comprend peu car une femme et deux hommes l’enlèvent. A un moment, il retrouve le frère obèse qui souhaite tout connaître de cette histoire car le mort, franc-maçon également, était un ami personnel du frère obèse.

Dans cet opus, Le septième templier, j’ai l’impression qu’Antoine Marcas est beaucoup moins présent, moins présent pour mener une enquête. Les auteurs, qui ont basé leurs histoires de leur enquêteur préféré avec une partie historique et une partie actuelle, nous emmènent dans l’histoire des Templiers et ce fameux trésor qu’ils détiendraient et que tout le monde souhaiterait récupérer. Un roi, deux papes et toute une traque contre ces gens jugés hérétiques, qui vont subir le pire, qui vont tenter de s’exiler pour conserver une fortune qui aide bien les Rois de France. En ce temps là, le royaume n’a plus de finances, le roi est malade. La vengeance sera longue mais terrible contre ce roi et ce pape. De nos jours aussi, ce petit état qu’est le Vatican cherche encore et toujours à avoir encore plus d’argent, à percer des secrets, à régner sur le monde avec leurs nombreux fidèles. Et tout est bon pour y parvenir, comme embaucher des tueurs, imaginer des scénarii rocambolesques. Les chevaliers du Temple ont été trahis, assassinés. Ceux qui s’en disent héritiers ne suivent pas souvent les traces de leurs aînés.

Outre cette partie historique, la vie de nos jours avec des éléments de l’actualité, les auteurs nous font voyager dans de nombreux pays et nous dévoilent des pans architecturaux de nombreux monuments. Tout est détaillé pour nous permettre de nous plonger dans ces villes, ces rues, qui cachent des trésors. La technologie est également bien là avec ces implants insérés et enlevés dans le crâne de certaines personnes.

Je pense que ma critique est assez décousue et qu’elle ne donne pas trop envie de se plonger dans Le septième templier. Pour moi, le rythme n’était pas assez enlevé. J’ai eu du mal également avec ces nombreux personnages sur la partie historique. De plus, j’ai lu cette aventure de Marcas peu de temps après le premier tome de la nouvelle série des auteurs, Le Triomphe des ténèbres. J’avais été déstabilisée, au départ, par cette lecture. L’inverse est vrai. Quoi qu’il en soit, il faut que je finisse toutes les aventures qui me restent, 3 ou 4, il me semble car je n’abandonnerai pas Antoine comme ça.

Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Date de sortie : 14 juin 2012

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 590

ISBN : 978-2-266-22902-9

De Sang-chaud de Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

Résumé De Sang-chaud de Kent Harrington

Eve, comme toutes les femmes, a des secrets, de nombreux secrets. Mais un ne doit pas être dévoilé. Elle possède une maison dans Love Street où elle s’adonne à des jeux érotiques, masochistes avec Jimmy.

Eve et Jimmy sont des personnalités en vue dans leur petite ville où tout le monde se connaît.

Avis De Sang-chaud de Kent Harrington

Il a plus de 30 ans et n’a pas réussi sa vie. Pourtant, il avait un avenir extrêmement prometteur. Mais il a laissé passer le coche. Fils du maire, un homme froid qui ne l’aimait pas, qui l’a toujours poussé à se dépasser. Mais voilà, il n’a pas satisfait son père. Il en a donc payé les conséquences. Un homme qui se drogue, accro au sexe, à une femme, qui le tire vers le bas. Séducteur, il a, également, de nombreuses conquêtes, jeunes comme moins jeunes.  Il rêve d’une famille, d’enfants, mais il repousse très vite cette idée. Car il ne sait pas comment faire. Cet homme n’a aucune confiance en lui. Il survit, il vivote. Beaucoup de colère qui ne demande qu’à éclater. Son enfance n’a pas été rose, il avait toujours peur de cet homme qui ne lui donnait pas confiance en lui.

En lisant le début, j’avais pensé que ce serait une histoire de femme, l’histoire d’Eve. Même si elle est très présente, ce n’est pas elle l’héroïne du roman, mais Jimmy. C’est surtout une histoire de manipulation, de vengeance, puisque le maire n’est plus là pour protéger son fils, ce maire qui a écrasé tout un chacun au fait de sa gloire, de son pouvoir, en premier sa femme et son fils. Jimmy a servi les intérêts de tous et même avec la révélation en fin de roman, je n’ai pas éprouvé de la sympathie pour ce personnage. On dirait de cet homme que c’est un raté, il a, tout simplement, pas osé prendre une direction qui allait à l’encontre de son père, de la communauté dans laquelle il vivait. Pour tout simplement vivre et s’accomplir.

Tuer un homme mais sans être inquiété. Pour retrouver la liberté qui lui manque tant. Mais il ne réfléchit pas. Il croit qu’elle restera alors qu’elle n’attend que ça pour plier bagages. Manipulations également d’une jeune employée pour qu’il arrive à ses fins. Ce livre est le roman d’une déchéance annoncée depuis plusieurs années déjà. S’il a eu tout pendant quelque temps, il n’est pas arrivé à s’en sortir, à prendre son envol par lui-même. Il n’a pas osé taper dans la fourmilière. Malgré cette vie qui lui fait horreur, il a préféré rester dans cette petite ville où tout le monde se connaît, où les faveurs lui sont accordées car il est le fils du maire.

J’ai eu un souci avec ce roman de nombreuses fois. J’avais l’impression que certains passages étaient coupés. Le lecteur passe du coq à l’âne sans trop comprendre ce qui se passe, certaines suites ne sont pas argumentées. J’ai souvent dû revenir en arrière pour voir si je n’avais pas loupé des passages. Je ne sors pas trop ravie de ma lecture qui a été longue, fastidieuse. Je me suis ennuyée, je dois bien le dire. Pourtant ce roman est bien écrit, bien développé quant aux personnages, les relations entre les uns et les autres, la psychologie de Jimmy. Mais il me manquait quelque chose, même si le héros est un homme comme les autres, pour que je puisse tenter de le comprendre, éprouver plus ou moins de la sympathie pour lui. L’auteur a une très bonne connaissance de ces petites villes des Etats-Unis où un homme, un seul, règne en maître. Il est la loi, il est la justice. Gare à ceux qui s’opposent à lui, à cette puissance extrême. Comment a-t-il décidé que son fils n’était pas assez bien pour lui ? Pourtant, même si Jimmy est en colère, il ressent une certaine admiration envers cet homme, qui lui a appris, notamment le maniement des armes.

Je remercie Netgalley et Amazon Publishing pour cette lecture.

De Sang-chaud de Kent Harrington

Date de sortie : 11 septembre 2018

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 301

ISBN : 978-10-281-0636-2

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Le supplément d'âme de Matthieu Biasotto

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Résumé Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

C’est la nuit, l’accident a eu lieu. Un homme est blessé, il est entre la vie et la mort. La conductrice du véhicule tente de stopper l’hémorragie. Elle demande à son compagnon, alcoolisé, d’appeler les secours. Elle, cela fait plus d’un an qu’elle n’a pas bu une goutte d’alcool.

Il souffre, souffre, énormément. Il commence à partir. Mais avant de mourir, Thomas veut tout connaître de lui, de ce qu’il a fait, pourquoi il en est arrivé là.

Avis Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

200 pages addictives, qui se lisent d’une traite. Pratiquement, puisque j’ai dû aller me coucher entre et vaquer à d’autres occupations. Mais ce roman a duré deux jours pour moi. J’ai été profondément émue par Thomas. Pourtant, on pourrait énormément lui en vouloir, se dire qu’il a mérité ce qui lui arrive sans souhaiter la mort de son prochain. Mais non Thomas est un être humain qui a fait les mauvais choix de vie. Et le lecteur peut comprendre cet homme, entre la vie et la mort, qui a tout oublié, mais qu’un petit garçon tente de ramener à la raison, de lui démontrer qui il a été tout le long de sa vie d’adulte, jusqu’à ce fameux accident.

Même s’il raconte la vie de Thomas, l’auteur possède un style très efficace. Le lecteur ne juge pas. Il ne prend pas fait et cause pour cet homme entre la vie et la mort, mais il éprouve des sentiments pour lui. Cela a été le cas pour moi tout le long du roman. Et la révélation vers la fin peut faire changer d’avis ceux qui ont jugé Thomas. Certes, Thomas n’est pas un homme qu’on aimerait forcément côtoyer ou avec qui travailler et encore moins vivre avec lui. Il vit sa vie à 200 à l’heure pour toujours aller plus loin, plus haut, quitte à laisser les autres sur le carreau, notamment sa femme et surtout son fils, ce petit garçon qui a maintenant 8 ans et qui ne rêve que d’une chose, passer du temps avec son père, être aimé de son père. Car lui, il l’aime profondément. Thomas est un esclave, un esclave du travail, un esclave de l’argent, de cette société matérialiste. Il s’est forgé une carapace pour ne plus souffrir. Mais la chute est dure. Plus de vingt ans à piétiner tout le monde et donc lui-même. Il a abandonné ses rêves et c’est ce que tente de lui démontrer cet enfant, Tomato Ketchup. Alors, oui, c’est dur pour Thomas de voir tout ça, de l’accepter mais aussi de comprendre.

Concernant la fin du roman, j’aurais voulu que Thomas vive, surtout pour son fils, ce petit garçon qui n’attendait que son père s’occupe de lui, passer de bons moments avec lui. Est-ce le cas ? Mais d’un autre côté, en lisant ce roman, on peut penser que la fin est inéluctable, qu’il est trop atteint pour survivre et vivre. On sait que le cerveau peut faire des prouesses. Est-ce le cas ici ? Aura-t-il cette seconde chance ? Après avoir tant souffert, fait souffrir les autres, pourra-t-il réparer ses torts ?  J’ai lu pas mal de bouquins qui concerne cet entre deux, entre la vie et la mort. Ici, c’est romancé mais l’auteur a tellement bien travaillé qu’il semblerait qu’il ait vécu cet état de mort imminente.

Style absolument efficace, le lecteur voit ce qui se passe à travers les yeux de Thomas, de Tomato Ketchup mais aussi de Maël, ce petit garçon qui souhaite que son père ne meure pas.

Je remercie Netgalley et les Editions Bragelonne pour cette lecture.

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Date de sortie : 16 août 2018

Editeur : Bragelonne

Nombre de pages : 202

ISBN : 978-10-281-0636-2

Je t’aime de Barbara Abel

Je t'aime de Barbara Abel

Je t’aime de Barbara Abel

Résumé Je t’aime de Barbara Abel

Quatre prénoms féminins, Maude, Solange, Nicole et Alice. Elles ont toutes vécu une première fois, un premier amour.

Maude rentre chez elle. Elle est victime d’une migraine et elle découvre sa belle-fille, Alice, en train de fumer un joint.

Avis Je t’aime de Barbara Abel

Trois femmes et une jeune fille qui vont être liées, plus ou moins, après un drame fatal, pour lequel Barbara Abel nous offre des paragraphes très courts pour faire monter la pression. L’une d’entre elles s’en sortira plus ou moins bien, en tous les cas mieux que les trois autres. Deux femmes qui vont perdre chacune leur enfant unique. Une jeune fille qui va perdre son premier amour et la dernière qui devra faire face à une fin de relation.

Nicole est greffière. Son métier lui prend énormément de temps mais elle a élevé seule son fils, Bruno, un jeune homme bien sous tous rapports. Mais Bruno fume des joints de temps en temps. Et Bruno est amoureux d’une jeune fille. Sa mère les surprend tous les deux. Et cette jeune fille ne lui plait pas. Lorsque Bruno ramène Alice, il lui déclare son amour mais Alice ne répond pas comme il le souhaite. Pas dans son état normal, il provoque un grave accident. Nicole perd son fils et Alice son premier amour. La première veut que la mémoire de son enfant ne soit pas ternie par le fait qu’il ait fumé. Pour elle, il n’y a qu’une seule responsable, c’est Alice. Et si la justice ne fait pas son travail, elle s’en chargera. En plus, Alice, par son comportement, sa tenue, ne possèdent pas les bons atouts pour être une bonne petite amie. Elle vient d’un milieu aisé et a donc tout ce qu’elle souhaite. Nicole décide donc qu’elle est comme tous ces délinquants qu’elle côtoie tous les jours. Il n’y a rien à tirer d’Alice.

Jusqu’où peut aller un père, une mère pour protéger son enfant, son honneur ? Très loin, semble-t-il. Simon, malgré la colère envers sa fille, Alice et ses soupçons, tentera de la sauver. Pour cela, il mettra plus que son couple, formé avec Maude, en danger. Il changera du tout au tout. Il révèlera ses plus mauvais côtés. Mais il n’y a que sa fille qui compte, une enfant qui est orpheline de mère. Déjà, avec son ex-femme, ils ont protégé cette petite fille du désastre de la fin d’un mariage mais pas de la mort. Maude, quant à elle, avec cette famille recomposée, a tenté de se rapprocher d’Alice. C’est pour cela qu’elle n’a pas confié à Simon qu’elle avait vu Alice en train de fumer un joint. Un mensonge par omission, un secret qui la torturera énormément. Surtout lorsque la famille sera la cible de l’enquête sur le trafic d’herbe. Mais Maude, après un divorce difficile, veut sauver son couple car elle a enfin trouvé l’amour, l’homme avec qui elle semble tout partager. Toutefois, pour elle aussi, elle fera tout pour protéger ses deux enfants, son fils et sa fille.

Quant à Alice, c’est son premier amour. La jeune fille qui a du mal à avouer ses sentiments, se trouve anéantie par la mort de Bruno. Elle plonge dans le désespoir le plus complet. Et la garde à vue, le fait qu’elle soit accusée, ne vont rien arranger du tout pour cette jeune fille. La garde à vue d’Alice est relatée. Est-elle responsable de ce dont on l’accuse, elle qui proclame son innocence ? En tous les cas, la police n’y va pas avec le dos de la cuillère. Même si la jeune fille est déjà au plus mal, elle affronte le début sûre de son fait. Mais la douleur, la fatigue la font basculer.

Des destins qui se croisent. Une façon de raconter indéniable. On ne juge personne ici. Tous les personnages basculent, à des degrés divers, et le lecteur avec eux. La souffrance est là indéniable. Quand l’amour vire donc à la haine car l’un et l’autre ne sont jamais bien loin. On aime, on n’aime plus pour aimer à nouveau après avoir apaisé des souffrances. Mais certains amours restent profondément ancrés en soi car ils sont le vecteur du développement, de la vie future. On est tous à la recherche de l’amour. On ne peut pas vivre sans. Et quand il s’en va, on se trouve démuni et chacun réagit à sa façon. Chacun veut préserver l’amour ressenti même si on cache certains faits. De là, la culpabilité et le manque de confiance peuvent naître car on sait que l’autre se sentira trahi. Même en amour, les mots prononcés à un moment de colère peuvent faire mal, très mal. Les phrases qui blessent peuvent être irrémédiables. Peut-être est-ce parce que Solange n’a pas une grande part dans ce roman par rapport aux autres qu’elle clôture ce roman. Pourtant, elle a attendu tellement d’années pour avoir cet enfant qu’elle n’espérait plus. Je ne m’attendais pas à ce développement que l’on trouve vers la fin du livre. En tous les cas, un roman profondément addictif.

Je t’aime de Barbara Abel

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 462

ISBN : 978-2_7144-7633-3