L’invité sans visage Tana French

L'invité sans visage Tana French
L’invité sans visage Tana French

Avis L’invité sans visage Tana French

Inspectrice à la criminelle qui doit faire face à un monde d’hommes. Personne ne lui fait de cadeaux car c’est une femme, donc un sacré sexisme, machisme mais aussi car elle a des origines différentes. De plus, son caractère entier ne joue pas pour elle. Mais pour y arriver, elle ne doit pas se laisser marcher sur les pieds. Ce roman révèlera vraiment à Antoinette ce qu’elle vaut réellement, en qui elle peut avoir confiance, si elle peut changer d’avenir.

Je peux vous dire que je me suis forcée pour lire ce roman. Je n’ai pas pour habitude de délaisser un roman qui ne me plait pas pour laisser une chance à l’auteur de me faire, un tant soit peu vibrer. Pour cause de départ de Mademoiselle, je lui ai laissé la Kobo pour qu’elle puisse l’emmener. Il me manquait donc à lire une centaine de pages. Est-ce que cet interlude a pu donner plus d’ampleur ? Il y a eu un moment, vers la page 150, où je me suis dit, ça y est, c’est parti. Sauf que c’est pratiquement vite retombé comme un soufflet. Et la reprise a été aussi dure. Ce n’est que mon avis de lectrice. Je suis une amatrice de policiers, polars et autres thrillers, certains avec des dimensions psychologiques. Là, je n’ai rien trouver outre cette enquête, vraiment trop longue où les possibilités s’éliminent au fur et à mesure. Les questionnements d’Antoinette, sa paranoïa, auraient pu vraiment être intéressants. Sauf que non, je ne me suis pas sentie concernée. La pression ne monte jamais.

Il faut dire que l’histoire ne prête pas à une montée de pression. Un appel pour cas de violence conjugale. La mort d’une jeune femme. Un petit ami très vite accusé car il ne dit pas tout. Une meilleure amie qui donne un indice dans lequel ne s’engouffrent pas Antoinette et Steeve. Entre eux deux, c’est une véritable partie de ping-pong verbal pour éliminer au fur et à mesure les indices. Font-ils fausse route ? Sont-ils vraiment aidés ? Les interrogatoires menés sont les parties les plus intéressantes du roman. Le lecteur voit que la qualité est là et quels que soientt les enquêteurs en place. Quel que soit le milieu, professionnel ou pas, les bleus sont plutôt attirés par ceux qui ont du charisme, qui répandent de fausses informations. En effet, ils ne veulent pas être laissés de côté, surtout lorsque leur héros a plus d’expérience dans la boîte qu’eux, qui a fait ses preuves. Comme dans toute enquête, le binôme est présent. Ici, c’est Antoinette et Steeve qui doit sa place car Antoinette l’a demandé. Malgré les coups et le caractère d’Antoinette, le binôme fonctionne très bien, il est complémentaire.

Je ne mets pas en cause les qualités de Tana French mais je suis vraiment passée à côté. Ce roman ne m’a pas du tout correspondu. Je ne connais Tana French que de nom, même si j’ai déjà lu beaucoup de bien en ce qui concerne cet auteur. Si ce premier essai n’est pas réussi, peut-être que les suivants le seront.

Je remercie Calmann Lévy et NetGalley pour cette sélection.

Résumé L’invité sans visage Tana French

Steeve et Antoinette se connaissent depuis l’école de police. Maintenant, ils sont à la Criminelle. Ils sont appelés pour un cas de violence conjugale. Ils découvrent une jeune femme morte.

Ils doivent faire affaire avec un autre inspecteur dont Antoinette se méfie. Ils essaient de prendre de l’avance dans leur enquête.

L’invité sans visage Tana French

date de sortie : 12 avril 2017

Editeur : Calmann Lévy

Isbn : 978-2-35953-488-7

Nombre de pages : 560

Mapuche de Caryl Férey

Mapuche de Caryl Férey
Mapuche de Caryl Férey

Avis Mapuche Caryl Férey

Je suis une amatrice des romans de Caryl Férey même si je n’en lis pas assez. Avec déjà deux ou trois à mon actif, je peux affirmer que je connais le style de l’auteur, de la violence de ses mots et des situations vécues par ses personnages. Mapuche est un roman très abouti. Il entraîne le lecteur en Argentine où l’auteur nous décrit très bien, avec énormément de documentation, ce qui a pu se passer dans ce pays, tant au niveau politique qu’au niveau humain. Et cela fait froid dans le dos, pour nous Français, qui ne sommes pas au courant de tout. Mapuche reste un roman, car il y a des personnages, ou plutôt devrais-je écrire, un véritable documentaire politique, social et humain.

Jana est une Mapuche, une tribu indienne qui a été expropriée, décimée. Jana est une jeune femme qui a énormément souffert. Elle a vu la violence, l’horreur à l’état brut. En arrivant à Buenos Aires, elle s’est prostituée, comme bon nombre de jeunes, pour survivre. Son seul véritable ami, à la vie à la mort, est Miguel-Paula, un travesti. Son seul véritable amour, elle le rencontrera dans Mapuche. Que ce soit elle ou Ruben, malgré la violence vécue, le passé, ils restent profondément humains pour ceux qui ont souffert. Ils se battent contre la corruption et les hommes et femmes qui en profitent ou la font.

Ruben, quant à lui, a été enlevé avec sa jeune soeur. Il est le fils d’un grand poète argentin, considéré comme hostile au gouvernement. Après des années de torture, il sera relâché. Mais il se taira. Il ne racontera pas ce qu’il a vécu. Cela rappelle tout ce que les Juifs ont vécu pendant la Seconde Guerre Mondiale, tous ces rescapés des camps de la mort. Que le devoir de mémoire est difficile à porter ! Sa quête, depuis, est de retrouver tous les disparus du régime, tous ceux qui sont morts. Ruben porte la violence en lui, il sent le mensonge à des kilomètres.

Corruption, dictature, trafics en tout genre, écarts entres les très riches et les pauvres, femmes qui se battent contre les gouvernements pour obtenir la vérité, Caryl Férey livre une chronique plus que détaillée des évènements. Tous les services y passent, les gouvernements, la police, l’armée, les hommes, les communautés, l’Histoire. Avec Jana et Ruben qui cherchent la vérité, les évènements s’enchaînent et ne laissent pas au lecteur le temps de souffler. Ce sont des kilomètres parcourus, de véritables chasses à l’homme subies et engagées. Ruben et Jana sont toujours en danger. Malgré ce qu’ils traversent, ce sont deux âmes torturées, violentées qui se sont trouvées. La violence, pure et dure, est certes là mais elle ne m’a pas donnée des frissons d’horreur, sauf le passage du cahier, comme les livres de Caryl Féray auparavant lus. Certains passages m’ont fait, toutefois, monter les yeux au ciel.

Mapuche de Caryl Férey mérite pour ma part la note maximale. Un roman très bien construit et superbement abouti, une véritable fresque historique. Il ne faut pas oublier les paysages superbes décrits. Caryl Férey sait valser avec les mots, entre la pauvreté et sa crasse, et les nantis qui habitent des endroits où les plus belles senteurs prédominent.

Résumé Mapuche Caryl Férey

Jana est sculptrice. Elle a 27 ans. Son ami Miguel l’appelle en urgence car un de ses amis travesti voulait le voir mais il n’est pas au rendez-vous. Lors de leur périple dans les bas-fonds de Buenos Aires, il tombe sur la police en train de repêcher un cadavre.

Ruben est le fils d’un grand poète argentin. Il vit seul et est détective. Un de ses amis journaliste l’informe que la fille d’une riche personnalité a disparu.

Mapuche de Caryl Férey

date de sortie : 17 mars 2016

Editeur : Folio

Isbn : 978-2-07-078495-0

Nombre de pages : 550

Très vite ou jamais de Rita Falk

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Il y a un an, Nils a eu un grave accident de moto. Depuis il est dans le coma.

Son ami Jan vient le voir chaque jour et il lui écrit des lettres.

J’avais placé la barre trop haute pour ce roman, j’ai donc été déçue. Je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus fort, de vibrant, me tirant les larmes aux yeux. Cela n’a pas été le cas. Je l’écris toujours, je ne dois pas lire les 4ème couverture. De plus, il a été lu après un véritable coup de coeur. Ne puis-je pas avoir deux coups de coeur d’affilée. Cela n’enlève toutefois rien à la qualité du livre.

Ces lettres sont une forme de thérapie. Il ressent de la culpabilité dans ce qui s’est passé, cet accident qui a plongé son meilleur ami dans le coma. Après la colère envers Nils, elle se retourne contre lui. Il lui faudra quelques jours pour revenir vers son ami, un frère pour lui. Ensuite, il le veillera, essaiera de passer tous les jours pour lui donner les résultats sportifs, les éléments de sa vie actuelle, de ce qui passe pour Nils, mais aussi des souvenirs des jours heureux et des bêtises qu’ils ont pu faire ensemble tous les deux ou avec leurs amis. Leurs échanges lui manquent. Jan ressent très fortement les malaises des uns et des autres. Rita Falk nous propose certaines révélations.

Une hospitalisation d’une telle sorte change tout le monde. Après la douleur, l’espoir arrive pour tous puis au fur des jours qui passent, la résignation prend la place. Certains restent, d’autres s’éloignent car ils voient la réalité, préférant rester sur une image positive de celui ou celle qui est dans le lit d’hôpital, d’autres tentent de retrouver le réconfort ailleurs, des familles se déchirent, des amitiés se brisent. Sans juger qui que ce soit, la vie continue. L’auteur nous le démontre fortement même si le comportement de Jan peut prouver le contraire, à certains moments. Il ne veut pas abandonner. Il a besoin de Nils. En guettant le moindre petit signe de vie de son ami, cela lui permettra, à lui, de faire le bien autour de lui, dans son travail où il s’occupe de personnes ayant des troubles psychiques. Ian n’oublie pas de vivre et heureusement ! Il va voir des matchs, il sort, il fait l’amour… Soeur Barbara l’a pris sous son aile, elle l’accompagne et sera là lorsqu’il faudra qu’il comprenne que cela ne peut pas continuer comme ça. Pourtant, il laissera ces lettres qui serviront, qui seront un témoignage du passé.

Très vite ou jamais, le titre prend vraiment tout son sens. D’un coma, on en sort très vite et il est possible de vivre, avec plus ou moins de séquelles. Jamais, l’espoir n’est plus. L’élément qui m’a le plus ému et qui souvent répété. Son ami a souvent les paupières mi-fermées. Mais Jan n’ose pas capter ce regard fixe qui ne voit plus.

Lu dans le cadre de #massecritique de Babelio.

Très vite ou jamais de Rita Falk

DATE DE SORTIE : AVRIL 2016

EDITEUR : MAGNARD JEUNESSE

ISBN : 978-2-21096273-6

NB DE PAGES : 220

Fast Girl de Suzy Favor-Hamilton

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Fast Girl Suzy Favor-Hamilton – Source Talent Sport

Présentation de l’éditeur :

Suzy avait tout, la beauté, le talent, de grands sponsors, une famille, trois participations aux Jeux Olympiques et un jeune mari aimant. Mais pour échapper à son mal de vivre et à une terrible anxiété, elle est devenue Kelly et s’est créé une double vie à Las Vegas… Je me concentrais sur ce que je pensais être le look idéal pour une escort girl de choix. J’étais maintenant la numéro 2 des hôtesses les plus demandées de Vegas. Mon ambition absolue était de devenir la numéro 1. Il fallait que mon apparence fasse la différence… Naturellement, mon ascension a été rapide. Pas assez rapide à mon goût, bien entendu.

Mes séances d’UV donnaient l’impression que mon corps avait baigné dans la lumière du désert. Les robes moulantes que je portais continuaient de décroître en taille, à cause de mon manque d’appétit. Dans un jour comme celui-là, je voulais juste me nourrir de mon exaltation. Ce jour-là, je portais une robe moulante rouge vif conçue par mon créateur préféré, Hervé Léger. Elle m’allait comme une seconde peau.

Je n’avais pas envie de retourner à mon ancienne vie. Ni aujourd’hui, ni jamais. Révélée par les médias, l’histoire de Suzy Favor Hamilton a stupéfié l’Amérique.

Ce n’est pas qu’une simple autobiographie d’une championne, d’une coureuse américaine. C’est l’histoire d’une enfant, d’une adolescente, d’une femme, atteinte d’une maladie mentale diagnostiquée très tard, bien après ses 40 ans.

Suzy Favor-Hamilton nous détaille donc son enfance, dans une famille où l’on parlait peu. Elle a deux soeurs, un frère. C’est la petite dernière. Son père est son héros. Elle découvre qu’elle aime courir et encore courir et ce très vite. Elle veut être la meilleure. Elle n’a pas confiance en elle. Elle ne veut décevoir personne.

Suzy Favor-Hamilton décrit les troubles qui ont jalonné une partie de sa vie, comme la boulimie, n’être jamais satisfaite, aller toujours plus loin, ne pas être là lorsque les échéances des JO se profilent, être une mère étouffante pour sa fille, trouver des exécutoires pour être heureuse, comme devenir call-girl à Las Vegas, jusqu’à ce que sa vie double soit dévoilée. Elle nous apprend la maladie de son frère et de sa mort. Suzy n’a jamais pu se poser. Elle ne supportait pas de ne rien faire. Il est vrai qu’elle n’a jamais été très bonne à l’école, mais elle avait trouvé dans l’art, dans la course ce qui lui permettait de réussir. Elle a, également signé de très beaux contrats publicitaires. Elle a refusé de se doper lorsqu’elle était athlète. Elle a et continue encore de donner des conférences. Ces dernières sont beaucoup plus parlantes puisqu’elle est atteinte de troubles bipolaires.

Outre cette vie d’athlète, cette autobiographie démontre qu’il est difficile de diagnostiquer cette maladie. De un, il y a quelques années, la médecine psychiatrique n’était pas aussi développée et les tabous étaient présents. La bipolarité est une maladie qui peut aller jusqu’à la mort. Suzy nous décrit tous les symptômes de la bipolarité qu’elle a subis. Maintenant, elle se soigne. Alors oui, la maladie est une excuse. Elle s’est détournée et a fait à sa famille, à ses amis. Mais outre ce témoignage, il faut rendre hommage, comme elle le fait, à son mari qui a toujours été là depuis les débuts. Il l’a toujours soutenue envers et contre tous. Il a prodigué des conseils mais elle ne les a pas écoutés. Par contre, on ne sait pas comment sa fille a pu vivre tous ces instants, même si elle a toujours été protégée par son père. Cette autobiographie permet d’en connaître plus sur cette maladie mentale. Comme quoi, il ne faut juger personne. Ceux qui en sont atteints souffrent énormément. La famille également. Un témoignage bouleversant et nécessaire.

Je remercie Talent Sport d’avoir accédé à ma demande pour cette belle découverte poignante.

FAST GIRL DE SUZY FAVOR-HAMILTON

DATE DE SORTIE : 30 MARS 2016

EDITEUR : TALENT SPORT

ISBN : 978-2-93463-36-0

NB DE PAGES : 247

Enaël L’appât d’Helen Falconer

Enaël L’appât d’Helen Falcone – Source Flammarion

Enaël dont le nom de naissance est Eva est invitée à un anniversaire. Elle retrouve sa meilleure amie Carla. Elle a trouvé un médaillon la représentant elle et ses parents. Elle se questionne car sa mère lui a dit que toutes les photos avaient disparu lors d’un déménagement.

Lors d’un trajet en bus, elle voit une petite fille. Elle constate également diverses choses qui transforment sa vie.

Je suis un peu sceptique quant à ce premier tome bien qu il soit un tome de découverte des aventures d’Enaël et de Shay. Tout comme elle, nous apprenons une partie de son passé de sa naissance à ce jour.

Enaël et Shay deviennent amis voire plus mais ce ne sont que des adolescents. Au fil des tomes leur futur amour sera mis à rude épreuve, c’est mon humble avis. Quant à leur amitié je ne le pense pas. Ils ont besoin l’un de l’autre et se complètent.  Car oui Enaël se rend compte qu elle a des pouvoirs et pas qu’un seul par rapport à ceux qu’elle rencontre. Nous sommes dans un roman qui mêle fantastique et vie d’aujourd’hui avec un passage, secret, à découvrir pour aller d’un endroit à un autre. Shay semble lui aussi avoir des pouvoirs mais différents de ceux d’Enaël. Les deux héros m’ont bien plu. Ils veulent aider leurs prochains, ils sont très sensibles, ont un sacré caractère qui se développera au fur et à mesure des aventures qu’ils vivront.

Les cadres sont fabuleux. Outre l’autre royaume nous sommes en Irlande et j’adore ça. Je préfère d’ailleurs l’Irlande à l’autre royaume. L’Autre Monde est beau mais bizarre avec des personnages, animaux peu recommandables et d’autres attachants. D’autres personnages gravitent dans ce tome. On se rendra compte que Le Bien Aîmé peut être une personne peu recommandable. Mais pourquoi ? Le lecteur le découvrira. La notion du temps, là-bas, est amplement différente. Nous sommes en Irlande. Nous sommes dans un pays aux fortes croyances et superstitions. Bien entendu, les éléments surnaturels sont bien présents, tout comme les sortilèges. L’auteur mêle donc tous cela avec brio pour un tenir en haleine un public jeune. Un lecteur plus averti attendra, néanmoins, la suite, pour se faire réellement une idée sur cette histoire qui reprend les codes de ce type de roman, mais sans plagiat.

Je remercie les Editions Flammarion pour cette belle découverte. J’attends la suite pour me faire une idée plus précise.

Enaël L’appât d’Helen Falconer

DATE DE SORTIE : 2 mars 2016

EDITEUR : FLAMMARION

ISBN : 978-2-0813-5400-5

NB DE PAGES : 388

Et je renaîtrai de mes cendres de Laurence Finet

Laurence Finet a 45 ans. Elle est mariée, a quatre enfants et occupe un poste à très haute responsabilité. Elle part en vacances en Italie.

A son retour, une opération du genou est prévue. Mais depuis quelque temps, elle ne mange plus et le peu qu’elle peut avaler, elle le vomit. Rencontre avec un gastroentérologue qui lui annonce qu’il ne peut rien faire pour elle, que c’est avant tout du stress. Mais tout commence.

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Le Palais des Ombres de Maxence Fermine

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Le Palais des Ombres de Maxence Fermine – Source Michel Lafon

Nous sommes au début des années 60. Nathan reçoit un courrier de son père, avec qui il a peu de contacts. Son père lui fait part de son décès et de la date de son enterrement, mais aussi de la date à laquelle il a rendez-vous chez le notaire.

Lors de l’enterrement, il rencontre la dernière compagne de son père qui lui transmet une clé.

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L’empreinte du soupçon de Brian Freeman

L’empreinte du soupçon Brian Freeman – Source Presses de la Cité

Glory Fischer attend que tout le monde soit endormi pour aller retrouver un chaton. Mais un incendie criminel ravage la maison et la grange. Elle arrive à s’en sortir. Six ans plus tard, on la retrouve dans un hôtel où a lieu un concours de danse auquel sa soeur participe. Glory, saoule, retrouve un homme. Le lendemain, elle est retrouvée assassinée sur la plage.

Commence l’enquête de police. Sur les lieux, au moment du drame, Mark Bradley et sa femme Hilary. Mark Bradley est automatiquement soupçonné car il connaît Glory. En effet, il a été soupçonné de détournement de mineure lorsque Tresa, la soeur de Glory, est tombée amoureuse de lui.

L’enquête entraînera Cab Colton sur les lieux de vie de Glory et Mark. Il rencontrera divers personnages qui veulent que Mark Bradley paient pour le passé et le présent. Se laissera-t-il prendre au piège ?

Je ne m’attendais pas à une telle chute. Soit, je suis vraiment naïve, soit je suis tellement plongée dans l’enquête que je dévore les pages sans trop me poser de questions, laissant le suspense agir sur moi pour me donner un bon final.

Personnellement, L’empreinte du soupçon n’est pas véritablement un coup de coeur même si le roman est très bien construit. Je pense que j’évolue dans mes lectures. J’ai besoin de plus de tensions dans les thrillers, les policiers. Comme si je n’avais pas assez de tensions dans ma vie actuellement. Mais cette tension dans les lectures me permet de m’évader.

L’empreinte du soupçon continuera bel et bien à la fin du roman. Car Hilary ne sais pas si elle doit toujours faire confiance à son mari. Elle ne sais pas s’il lui a dit la vérité. Alors même si elle enfouit ses doutes au plus profond d’elle-même pour continuer à avancer, le soupçon pourra toujours resurgir.

Le roman est riche en personnages. Certains sont des héros qui ne font confiance à personne. A un moment ou un autre, ils sont liés par l’histoire. L’auteur s’attache à revenir sur des moments du passé pour tenter de nous dévoiler ce qui a pu bien passer cette fameuse nuit de l’incendie. Mais tout se décantera dans la quatrième partie, car tout va s’enchaîner. Comme dans tout roman, il y a les bons et les mauvais. Mais je ne me suis attachée à pratiquement aucun des personnages. Peut-être Cab, l’enquêteur et celle qui l’aide dans son enquête. J’ai aimé comment cela se finit pour eux. Il met son passé de côté pour tenter de vivre enfin sa vie amoureuse. Car bien sûr, il sait ce qu’est la mort. Il en a été le témoin et bien plus. Cab n’est pas si torturé que ça. Il s’est fait avoir par une femme, celle qu’il considérait comme sa fiancée. Il semble vouloir faire payer les autres, mais grâce à l’amour qu’il porte à sa mère, il n’est pas obtus, ni si macho que ça.

La vengeance est la trame de ce roman. Le coupable est idéal. Une mère veut venger sa fille, sans avoir toutes les données en main. D’autres ont trop de choses à cacher pour être tout à fait honnêtes. Mais entre des personnes bien installées dans la communauté et des « étrangers », vers qui peut-on se tourner ? Brian Freeman arrive à nous démontrer ce que l’on peut trouver dans n’importe quelle petite ville, n’importe quel village, n’importe quelle enclave que ce soit aux Etats-Unis ou ailleurs. Difficile de se faire une place dans une communauté. On  veut s’intégrer et on accepte des amis sans penser à mal. Quand on est professeur, cela peut très vite mal tourné. On est vite soupçonné. La méfiance et les accusations tournent vite au désavantage de l' »étranger ».  Les gens prennent le parti de ceux qui sont là depuis longtemps. Et bien entendu, il y a tellement de choses à cacher.

Mark est un homme en colère depuis plus d’un an. Il a rencontré la femme idéale. Il l’aime mais est-il vraiment au-dessus de tout soupçon ? Hilary, sa femme, a des soupçons, qu’elle balaie très vite. Elle est forte, ne se laisse pas marcher sur les pieds et elle se moque de ce que l’on peut penser d’elle. Elle s’est engagée à aimer cet homme qui la vénère, qui n’a pas peur d’elle, qui n’a pas peur qu’elle lui soit supérieure.

Le lieu de l’intrigue est absolument magnifique. Grâce aux mots de l’auteur, nous avons les images qui se forment dans notre esprit. Un espace sauvage entouré d’eau où le temps n’est pas clément. Avec la Floride, cela crée un formidable contraste.

Malheureusement, la victime est bel et bien Glory. Elle a assisté à un incendie, elle a vu le criminel. Pendant six ans, elle a mal tourné. Et au détour d’une rencontre, elle meurt assassinée. Car la vérité n’a jamais été dite sur ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. Que peut-on demander à des enfants, à des amies, qui connaissent le bien et le mal, certes, mais qui ne semblent pas avoir conscience de la portée de leurs actes.

Je remercie Les Presses de la Cité  pour leur confiance.

Lady Hunt d’Hélène Frappat

Lady Hunt Hélène Frappat

Un manoir, une rue, une lettre, K, un rêve, un inconnu.

C’est ce que voit toutes les nuits Laura. Et ce rêve devient de plus en plus gênant et prenant. Elle craint pour sa vie.

Laura travaille dans une agence immobilière haut de gamme à Paris. Lors d’une visite d’un appartement, un enfant disparait pendant des heures. Il semble avoir été happé par l’appartement.

Laura se pose beaucoup de questions sur ce don, sur la maladie héréditaire de son père. Elle veut protéger également sa soeur qui attend un bébé.

Ces rêves sont apparus dès son entrée dans l’agence.

Pour réellement apprécier ce roman, il faut tout de même être sensible à tout ce surnaturel. Ce qui est mon cas. Je suis, pas à pas, la quête de Laura, par rapport à ces maisons qui ont une âme, un secret par rapport à sa volonté de leur rendre leur fonction, à savoir accueillir une famille, une personne, malgré le passé de la maison, les gens qui y ont vécu. Avec cette maison dans son rêve, la notion de danger est toujours présente. Laura ne connait pas cette maison, elle la visitera et beaucoup plus tard sa mère lui en dira plus, jusqu’au dénouement final où cette maison ne pourra plus faire de mal.

Pour tout ça, l’auteur joue parfaitement avec les mots. Elle oscille entre le passé de Laura, son enfance avec son père adoré, la maladie de celui-ci, son départ et son suicide. Et toujours les questionnements de Laura quant à cette maladie héréditaire, dont elle semble être passée au travers, mais qui affecte sa soeur, et éventuellement l’enfant que celle-ci attend. Une soeur dont elle est très proche, qui a toujours été plus ou moins malade et qu’elle a toujours tenté de protéger.

Entre le surnaturel des maisons visitées, des personnes sensibles à ces atmosphères et la maladie du père (Huntington, d’où le titre du roman), Lady Hunt ne nous permet pas de nous ennuyer une seconde. La maladie est décrite au fil des pages par le commencement, les tremblements qui font paraître la personne ivre. En vivant dans un petit village, la réputation est vite faite. Rien ne permet de soigner cette maladie qui est une véritable déchéance pour celui qui la vit et surtout pour ceux qui restent, car ils peuvent être porteurs du gêne. La seule chose est de vouloir savoir si on veut vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête, à savoir mourir. Il est normal, comme Laura, de tergiverser car l’avenir est en jeu. Mais vaut-il mieux s’inquiéter tout le long et guetter les signes avant-coureur ?

La question des miroirs est sans cesse présente. Ils nous accompagnent pendant tout le roman au travers de vers de The Lady of Shalott, qui sont traduits à la fin du roman. Cela rappelle au lecteur la Légende du Roi Arthur, avec cette lady enfermée dans un sortilège, amoureuse de Lancelot.

En faisant la paix avec son père qu’elle a abandonné, en étant plus forte que cette maison, Laura pourra vivre sa vie et s’occuper de sa soeur et son neveu, et éventuellement trouver l’amour.

Ce roman a été dans le cadre du Prix Littéraire Price Minister que je remercie ainsi que l’éditeur #MRL2013 car personnellement, je ne regrette pas d’avoir choisi ce roman en voyant le titre. Je suis conquise par l’auteur, par son écriture. Rien n’est laissé au hasard et s’il semble qu’il y ait des répétitions, ce n’est pas le cas, car tout suit son cours. Ma note 17/20 !