Esperluette d’Anne Vantal

 

Esperluette d'Anne Vantal - Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal – Editions Actes Sud Junior

Esperluette d’Anne Vantal, Présentation

Elle a décidé d’écrire à Jordan. Plusieurs années ont passé, elle est revenue à cet endroit où ils ont passé un moment. Elle veut lui écrire la suite mais aussi se souvenir, sans pleurer, de ce qu’ils ont vécu avant ce qui a changé leur vie à tous les deux.

Avis Esperluette d’Anne Vantal

C’est un courrier à l’absent, un courrier qui a été très difficile à écrire et qui a pris des années. Comment des vies peuvent basculer par plusieurs mauvaises décisions prises ou parce qu’il n’y a pas eu de décisions, d’échanges constructif qui auraient permis au drame de ne pas survenir.

Est-ce une lettre d’excuses ? Pas pour moi. Une lettre de remords, de culpabilité ? Oui, on pourrait le concevoir. Une lettre qui permet de tourner la page ? Non car ce drame restera toujours ancré. Une lettre pour continuer à vivre ? Oui. Vivre enfin après avoir survécu !

Cette lettre est pour Jordan. Que lui est-il arrivé ? Elle seule est restée. Ils étaient de très jeunes enfants quand ils se sont rencontrés. A l’école, ils étaient toujours ensemble. Elle l’a aidé car elle avait plus de facilités scolaires. Ils étaient deux, rien que deux. Ils ont également fait les 400 coups ensemble. Cela aurait pu ne pas prêter à conséquence. Cela commence à changer quand ils intègrent le collège. Et ensuite ce sera le lycée. Elle continue à aller à l’école. Mais lui, que fait-il pendant ce temps-là ? Ils se voient beaucoup moins et elle n’a pas vu certains signes, elle n’a pas osé parler à son meilleur ami ? Est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Elle est entraînée, parce qu’elle l’a voulu, dans une spirale, on doit bien le dire, de délinquance. Et arrive l’évènement qui va changer leur vie. Elle n’a pas su dire non à Jordan mais c’est elle qui a pris les autres décisions avec un très grand sang-froid ou parce qu’elle était choquée par ce qu’elle a vécu. Je ne saurais le dire. En tous les cas, elle a besoin d’écrire à l’absent pour tenter de continuer sa vie, sans cette fuite en avant. Elle raconte à l’absent tout ce qui s’est passé après, surtout pour elle.

Cette collection DUne seule voix d’Actes Sud Junior, que je remercie, offre des textes très courts, qui permettent de réfléchir, de mettre des mots sur des sentiments, sur des situations. Ici, ce sont des souvenirs heureux, entachés d’un drame, de la culpabilité, de ne pas avoir su dire non, de ne pas avoir su dire ce qu’elle pensait sur le moment.

Esperluette d’Anne Vantal

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 91

ISBN : 9782330133450

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

A tire d'elle - 1973 de Pascal Ruter - Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter – Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter, présentation

Solweig entre au lycée. La rentrée a été retardée de quinze jours. Il fait chaud, très chaud. Pour la première fois, son meilleur ami Valentin, n’est pas avec elle. Il fait un CAP. Le professeur d’histoire-géographie n’est pas encore arrivé. Les parents de Solweig ont divorcé. Donc, elle passe les week-ends chez son père.

Avis A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Solweig est une jeune adolescente, aux bons résultats même s’ils vont être en chute libre ? Pour quelle raison ? L’auteur ne l’explique pas. Sa meilleure amie est très fière de lui annoncer qu’elle est déjà passée à l’acte. Elles vont s’éloigner. A cause de ça ? Peut-être mais aussi le fait qu’elles sont carrément différentes. L’une ne pense qu’à coucher avec des garçons, à être la plus populaire du lycée. Mais un évènement va tout chambouler. Est-ce que cela va les rapprocher ?

Valentin est le meilleur ami de Solweig. Mais lui aussi s’éloigne, accaparé par son groupe et sa musique. Surtout la musique. Solweig aimerait aller plus loin avec lui, mais elle se doute que cela ne fera pas rester le garçon auprès d’elle. Pourtant, ils seront là l’un pour l’autre. Elle pour l’aider pour ses concerts ou pour le motiver pendant ses courses. Même s’ils sont amis depuis très longtemps, Valentin ne lui confie pas ce qui est douloureux pour lui.

Fille de divorcés. Difficile pour cette jeune fille qui en veut énormément à son père, de sa nouvelle vie qu’il tente de construire. Pour elle, c’est entre amour et haine. Solweig ne parle pas beaucoup. Elle a peut-être plus d’échanges avec sa mère. Mais je trouve que c’est superficiel. Je n’ai pas trouvé de conflits de génération mais une famille qui fait son deuil d’une situation. Ensuite, il y a l’oncle de Solweig, cet homme qui a toujours cherché son amour de jeunesse et qui ne sait pas prendre soin de lui. Solweig affrontera son premier décès et ce sera toujours des souvenirs qui resurgiront de cet oncle.

Solweig se cherche. Elle apprend les évènements au fur et à mesure, à la faveur d’un film, des actualités. J’ai eu l’impression qu’elle subissait ces évènements, sans chercher à approfondir. Est-ce un mal être qu’elle ressent suite au divorce de ses parents ? Ce dont elle est sûre c’est qu’elle veut partir de cette banlieue, près de Paris, et en construction. Mais pour aller où ? Elle ne le sait pas encore car elle n’a aucune idée de son avenir. Et puis, elle se rend compte que c’est la fin de son enfance.

C’est mon premier SP Actes Sud Junior, que je remercie tout de même, qui ne m’a pas attiré. Même avec de la littérature pour adolescent, en tant qu’adulte, il est possible d’apprendre, de se sentir concerné par le personnage. Malheureusement, ici, cela n’a pas été du tout le cas. Pourtant, j’en ai lu des romans où des adolescents se cherchent, ne savent pas de quoi leur avenir sera fait. Est-ce dû à l’époque décrite ? Je ne saurais dire. Pourtant 1973, ce n’est pas loin de mon année de naissance mais aussi à dix ans près, de mon adolescence. Pourtant, je me sentais beaucoup plus concernée que Solweig par ce qui se passait autour de moi. Dix ans plus tard, la seconde Guerre Mondiale était un sujet très développé au lycée et je lisais pas mal de choses à ce sujet.

Je me retrouve en elle avec ses études littéraires mais aussi la musique, pas le groupe, que je ne connais pas. Quand on jeune ou moins jeune, également, on se construit avec la musique. On y puise du réconfort, on y puise de quoi assouvir de la colère. Cela permet de s’évader. Alors, moi aussi, j’ai connu les 45T, les 33T, mais aussi les cassettes que l’on devait rembobiner, qui, des fois, se trouvaient coincées dans le lecteur.

Le roman est bien écrit. Je n’enlève absolument pas cela à l’auteur. Le lecteur suit Solweig sur une année scolaire avec quelques informations lorsqu’elle est devenue adulte. Mais le sujet ne m’a pas passionné.

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 208

ISBN : 978-2-330-13336-8

PLS de Joanne Richoux

PLS de Joanne Richoux - Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux – Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux, Présentation

Soir de fête, Sacha et sa jumelle se préparent. Les parents s’en vont et laissent les jumeaux ensemble. Mais Sacha a peur d’affronter ses amis qu’il n’a pas vus depuis longtemps.

Afin de prendre du courage, il prend un Xanax.

Avis PLS de Joanne Richoux

C’est une partie de l’histoire de jumeaux, Sacha et Angelique-Angie. Ils ont organisé une fête chez eux. C’est Halloween. Pour Sacha, ce sera la première fois qu’il revoit tous ceux qu’il a côtoyés il y a déjà quelques temps.

Entre Sacha et sa soeur, c’est une relation très forte. L’un et l’autre se surveillent. Elle pour que son frère ne passe pas à l’acte. Lui, pour protéger sa soeur. Sacha est un jeune homme seul, aux idées noires. Pourtant, il veut échanger, mais tous ces gens lui font peur, il ne sait pas comment se comporter. Donc, il est tout de même agressif. Vivre avec les médicaments, être dans un autre état, lorsqu’ils sont pris, voir le monde pas tel qu’il est mais cela permet, plus ou moins, de l’affronter. Sacha, lors de cette fête, se rend tout de même compte que d’autres jeunes, comme lui, peuvent souffrir mais qu’ils le cachent.

Ecrire sur la souffrance psychologique, psychiatrique des jeunes afin que ces jeunes lecteurs puissent comprendre qu’ils ne sont pas seuls à souffrir, qu’ils doivent se faire soigner, en parler. Cela permet également aux parents qui peuvent lire ce genre de livres que leur enfant peut être malade. Car oui, on parle et on écrit sur les maladies psychiatriques, psychologiques. Quand je prends le bus, j’entends certains jeunes parler de leurs problèmes. Personnellement, je le vis au quotidien depuis huit ans. Avec toujours la peur au ventre de la TS. Mais certains n’ont pas de comportements à risques, ils ne mélangent pas alcool et médicaments. Et même s’ils sont suivis, le passage à l’acte peut très vite arrivé et également surprendre.

Les pages de ce livre se tournent très facilement et à un moment donné, c’est le choc, véritablement le choc. Dès les premières pages, dès que j’ai compris un peu ce qui se passait, je m’interrogeais sur le comportement d’Angélique qui semblait, à tous points de vue, une jeune fille comme les autres, même si elle surveillait son frère, même si elle était à ses côtés tout le temps.

Comment affronter la maladie d’un proche ? Comment affronter la maladie d’un jumeau alors qu’on les dit connectés entre eux ? Comment affronter l’indicible que l’on n’a pas su voir à temps ? Comment faire en sorte qu’une relation fonctionne des deux côtés. L’autre, même s’il a peur, même s’il doit affronter ses propres démons, même s’il a peur de s’écrouler, doit pouvoir accepter cet autre qui se révèle tout de même proche par bien des côtés. Alors oui, une relation n’est jamais gagnée d’avance. On peut être entraîné, on peut entraîner l’autre dans sa maladie. Mais des fois, quelque chose de beau peut sortir car il faut savoir et pouvoir échanger, se confier et tenter. Cela peut donner quelque chose de beau et permet de finir sur une note d’espoir.

Des mots crus, certes, des jeunes qui boivent beaucoup, sans mesure, qui ont des relations sexuelles sans lendemain. Mais des jeunes qui veulent vivre une belle histoire d’amour avec une personne qu’ils connaissent depuis plus ou moins longtemps. Des jeunes qui voient tout, qui s’excusent de faire subir, qui comprennent tout de même les adultes. Mais que c’est dur d’exprimer ses opinions, ses émotions, surtout après un drame, où tout le monde se renferme sur soi.

Comment affronter la maladie ? Comment affronter la mort ? Comment affronter la souffrance quotidienne ? Comment affronter cette solitude ? Le roman ne donne pas de conseils mais partage une expérience qui peut arriver à tout un chacun.

Ravie également de retrouver une référence, plusieurs fois, à une fragrance Mugler, Womanity avec sa note sucrée-salée, figue et caviar, une figue très présente pour Sacha et également les odeurs, lorsqu’il échange avec Elle. Une odeur représente une personne, une ambiance…

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette lecture.

PLS de Joanne Richoux

Date de sortie : février 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 96

ISBN : 978-2-330-13099-2

Météore d’Antoine Dole

Météore d'Antoine Dole - Editions Actes Sud Junior

Météore d’Antoine Dole – Editions Actes Sud Junior

Présentation Météore d’Antoine Dole

Il fait beau, le soleil est revenu. Mais ce soleil revenu, qu’elle voit dans les sourires des gens qu’elle croise, est-il revenu dans son coeur ? Elle a osé porter une robe pour aller faire quelques courses.

Mais ce soleil s’assombrit car elle est agressée, insultée par trois garçons. Pourquoi encore cette agression ?

Avis Météore d’Antoine Dole

Toujours agressée verbalement et physiquement. On pourrait penser, en lisant les premières pages, à du harcèlement scolaire. Mais c’est pire que ça. L’auteur nous en dévoile les raisons vers le milieu de ce roman écrit à la première personne. Car le lecteur se pose la question. Pourquoi autant de violences ?

Quand un enfant se sait différent dès son plus jeune âge. Qu’il ne comprend pas pourquoi on essaie de le cantonner dans une case. Quand il ne comprend pas pourquoi toutes les autorités, notamment scolaires, évoquent une déviance et que ses parents doivent le remettre dans le droit chemin.

Outre tout cela, bien écrit, bien détaillé, Antoine Dole nous démontre par la force des mots ce corps que l’on hait, que l’on cache, qui ne correspond pas à ce que l’on est réellement, à ce que l’on ressent dans son coeur. Une grande souffrance pendant de très grandes années. Une grande souffrance parce que l’on ne s’aime pas et c’est cela le plus dur. Passent encore ce que peuvent nous faire subir les autres, quand on n’a pas confiance en soi, quand on n’a pas l’estime de soi, c’est ça le plus dur. Les coups des autres sont moins violents que les coups que l’on peut s’infliger à soi-même. Quand on se sent autre, quand on se croit autre, quand on se sait autre et que le corps est complètement différent, il est impossible de s’accepter. Il suffit d’une rencontre, d’une belle rencontre avec un professionnel qui comprend, qui explique que le chemin pourra être long, surtout lorsque l’on n’est pas majeur. Et ensuite, avec soi, avec sa propre volonté, avec le fait de s’accepter et surtout en étant accompagné de la famille, de la mère, le passage ne se fera pas en douceur mais ce passage permettra de vivre la vie que l’on souhaite.

Les préjugés ont la vie dure surtout lorsque l’on est adulte et qu’on les subit. Mais les préjugés sont encore pires, lorsque l’on est enfant et que l’on grandit. Comment voir le soleil alors que tout est néant autour de soi, en soi ?

Un véritable plaidoyer pour toutes les femmes, quelles qu’elles soient. Ces femmes qui font avancer le monde, ces femmes qui endurent les plus vils sévices, les femmes qui luttent pour toutes les conditions, les femmes qui ont en définitive le pouvoir, car elles donnent la vie, elles apportent l’amour. Un véritable plaidoyer pour tous ceux qui n’ont pas le corps qu’ils souhaitent, qui se sentent mal dans ce corps. Malgré cette violence, le déni face à ce corps, les violences infligées à ce corps, il n’y a jamais eu la pensée de passer à l’acte irréversible. Une très grande force de caractère, tout de même. Mais si cela avait duré au-delà de ses 16 ans, sans trouver l’aide adéquate, n’aurait-elle pas voulu en finir ?

Un livre qui démontre tout de même que l‘espoir est toujours là, qu’il faut continuer pour pouvoir croire en soi, s’accepter, s’aimer pour ce que l’on est réellement. Car comme l’écrit l’auteur par la voix de son personnage, le corps n’est qu’une enveloppe et ne démontre pas qui l’on est réellement, quelle personne on est.

Antoine Dole sait écrire pour les adolescents, mais également pour tous ceux qui lisent ces livres. Et ce sont des sujets d’actualité qui touchent aussi bien les jeunes que les adultes.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior et aussi l’auteur pour sa belle dédicace.

Météore d’Antoine Dole

Date de sortie : janvier 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 65

ISBN : 978-2-330-13036-7

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Kill Screen de Joel A. Sutherland - Actes Sud Junior

Kill Screen de Joel A. Sutherland – Actes Sud Junior

Résumé Kill Screen de Joel A. Sutherland

Elle entre dans une cabane et ce n’est pas la première fois. Que va-t-elle trouver cette fois-ci ? Va-t-elle encore mourir face à cet esprit ancien ? Elle veut le tuer ou l’exiler car auparavant elle est déjà venue à bout de toues les autres esprits.

Sauf qu’elle meurt pour la 109ème fois.

Avis Kill Screen de Joel A. Sutherland

Eve, surnommée V, voit des fantômes et fait des rêves prémonitoires. La jeune adolescente culpabilise énormément car elle n’a pas pu empêcher la mort de ses parents dans un accident de voiture, il y a deux ans. Elle vit avec sa grand-mère et a laissé tomber le sport à l’école pour se consacrer aux jeux vidéos dont elle est addict, notamment ce dernier jeu Kill Screen, qu’elle recommence inlassablement jusqu’à vaincre La Fumerolle. Et lorsqu’elle y arrive, après avoir lu les mots sur l’écran, le monde bascule. Selon un fantôme, elle a permis à La Fumerolle, d’être libérée. Le but de cette dernière est d’anéantir le monde des vivants.

Après des menaces, certains fantômes se transformeront en alliés, notamment la conceptrice du jeu. Mais cela ne sera pas sans dégâts. Eve et son ami vont utiliser les moyens à leur disposition, sel et objets en métal pour tenter de détruire ceux qui veulent faire du mal. Pour Eve, ce n’est qu’un jeu qu’elle transpose dans le réel. Mais elle voit ceux qu’elle aime souffrir et tentera, par tous les moyens, de les sauver. Une belle entente, réciprocité pour vaincre le mal. Mais l’ont-ils réellement vaincu. La fin semble promettre une suite. Est-ce que je me trompe ?

On plonge dans l’histoire dès les premières pages. On s’interroge sur ce qui arrive car quand l’auteur aborde la mort et plusieurs essais pour vaincre, le lecteur ne s’imagine pas ce qui l’attend, surtout s’il n’a pas lu la 4ème de couverture comme moi. Suspense entier.

Un bon petit roman pour jeunes adolescents avec tous les ingrédients nécessaires, les jeux vidéos, deux ados très différents, mais amis depuis de nombreuses années. Mais aussi un ado qui a vécu un drame dans sa vie et qui ressent cette culpabilité qu’elle cache aux autres via une attitude un peu bravade. Ils n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Rester ensemble côte à côte leur suffit. Ils vont unir leurs forces, leurs connaissances pour que leur monde ne soit pas anéanti. En plus, il y a un fond d’un monde caché, irréaliste pour nous. Forces obscures, esprits, fantômes sont toujours des sujets qui peuvent avoir du succès auprès des lecteurs et aussi pour certaines personnes. Une course contre la montre contre les méchants en espérant que ceux qui veulent le bien vont réussir. Ils oscillent tout de même entre doute et euphorie après certaines victoires. Mais ils repartent de plus belle et n’abandonnent pas.

C’est mon deuxième roman de cet auteur. J’ai réellement préféré le premier lequel je pense s’adressait à un public un peu plus âgé que pour Kill Screen. En tous les cas, j’ai passé un bon petit moment de lecture.

Je remercie Actes Sud Junior.

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Date de sortie : 2 octobre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 166

ISBN : 978-2-330-12794-7

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Aigre Doux de Wilfried N'Sondé

Aigre Doux de Wilfried N’Sondé

Résumé Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Des amis se retrouvent, mais comme toujours reste un peu à l’écart. Lui suffit d’être avec son ami.

Une question sur son origine, réponse colérique et s’enfuit.

Avis Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Pas besoin d’un grand nombre de pages pour dénoncer le racisme, la stigmatisation, les questions qui font mal parce que l’on est différent. C’est ce qui arrive à cette jeune fille qui accompagne un ou une amie, je pencherai pour le premier, même si elle reste en retrait. Une seule question sur ses origines et elle se met vivement en colère et part.

Partir, oui et regretter et attendre. S’interroger sur soi, sur sa vie, sur cette absence qui fait mal. Ce roman parle de la couleur de peau, certes, mais il ne se cantonne pas qu’à ça. Il parle de ces jeunes qui sont différents, de ces jeunes qui se cherchent. Un comportement, des vêtements qui ne révèlent pas leur moi profond. Originalité vestimentaire, comportement qui se remarque et qui engendre de nombreuses réflexions. Réflexions, stigmatisation, violences verbales qui font mal, très mal. Est-ce que tout cela est dû à sa couleur de peau. Personnellement, je ne le pense pas. Quand on ne correspond pas à la norme, on subit de nombreux rejets. Ces jeunes doivent toujours se justifier, ils ne sont jamais écoutés. Mais si on gratte un peu, on peut voir le manque de confiance en soi, les nombreux complexes, on peut accepter certaines choses des gens proches, mais pas de la famille. En effet, avec une mère trop présente, qui donne trop de conseils, les conflits sont continuels et cette jeune fille en devient méchante. Elle se venge sur sa mère de cette absence qu’elle subit, de cet absent à qui elle ne peut pas dire ce qu’elle pense. Elle essaie de se protéger de tout et de tous.

Lorsque l’on est jeune et que l’on subit tout ça, la pensée du suicide n’est pas loin. Mais on peut également rêver de son avenir. Pourtant le conditionnement pour réussir à l’école est continuel. Quand on veut sortir de tout cela, il suffit de prendre une décision, mais seulement pour soi.

Racisme, relations, réactions démesurées, manque de confiance en soi, stigmatisation, exclusion, cataloguer, manque de confiance en soi, normalité, la jeunesse passe, très souvent, un cap difficile.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Date de sortie : août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 416

ISBN : 9782330124311

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski, présentation de l’éditeur

Le récit bouleversant et authentique de l’itinéraire semé de drames et d’obstacles qui a mené en France un jeune adolescent guinéen.

Vers l’âge de dix ans, Mamadou a quitté la Guinée avec sa mère pour rejoindre son père qui travaillait en Libye. Ils y ont passé quelques années paisibles jusqu’à la guerre civile. Les parents de Mamadou meurent dans une explosion et il se retrouve seul, à quatorze ans. Il va survivre deux ans en travaillant pour un exploiteur libyen, avant d’être embarqué sur un Zodiac bourré de migrants en partance pour la côte italienne. Recueilli par les Italiens, il entreprend ensuite la traversée clandestine des Alpes, résolu à venir en France. L’accueil des Français est mitigé. De Chambéry à Carpentras, Mamadou va connaître les foyers, les interrogatoires interminables, la radio du squelette pour déterminer s’il est mineur, sans compter l’obstacle de la langue, de l’administration et le handicap de ne savoir ni lire ni écrire. Car le souhait le plus cher de Mamadou, c’est d’étudier. Aidé par Nadia Goralski, il apprend à lire et à écrire, fréquente le collège, s’initie à un métier. Il ressent alors le besoin de raconter son périple, d’exprimer les douleurs retenues. C’est à Nadia qu’il se confie, c’est elle qui sera sa plume. Elle s’est attachée à restituer la voix de Mamadou dans sa simplicité, sa poésie, et même sa maladresse. Car rien mieux que cette voix ne peut nous faire comprendre la dureté de ce parcours et l’énergie de vivre qui habite ce jeune homme.

Avis Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Je n’ai pas pu apprécier ce témoignage autant que j’aurais dû. En effet, jusqu’à la page 31, 2 pages sur 4 étaient imprimées. D’autres étaient blanches. Donc, j’avais peu d’éléments quant à sa vie en Guinée, son arrivée en Lybie et les affrontements qui ont eu lieu lorsqu’il a perdu ses parents.

C’est donc l’histoire vraie d’un migrant, qui a tout perdu, notamment sa famille. Comment un jeune homme qui parle très peu le français peut arriver à s’en sortir ? Ce sont ses mots, des mots que l’on pourrait penser tirés d’un enfant. Mais ce sont les mots d’un jeune homme qui apprend une langue, qui garde ses souvenirs enfouis en lui.

De Lybie, il n’a su qu’au dernier moment où il partait. Il a vu les rues jonchées de morts à cause de la guerre. Il a vu la mer jonchée de morts à cause de ces bateaux remplis plus qu’il n’en faut de migrants. Ensuite, cela a été son arrivée en Italie où il ne comprenait pas la langue, où il a subi divers examens, tout comme en France. Franchement, en lisant cela, on peut comprendre ce que vivent ces personnes qui cherchent un meilleur avenir. Il y a, certes, la barrière de la langue, mais ils peuvent tomber sur des bureaucrates qui n’ont rien à faire dans ces bureaux, qui obéissent peut-être aux ordres, mais qui n’ont rien d’humain.

D’un autre côté, heureusement qu’il y a de belles rencontres, que les Français, mais aussi les Italiens, ont un sacré sens d’aide envers leurs prochains. Ce jeune homme, Mamadou, a su s’intégrer grâce à sa forte envie d’apprendre, de faire des études. Grâce à son sourire, ses rires, Mamadou a su se faire des amis.

Une très belle leçon de courage, une très belle leçon de vie, une très belle leçon d’aide. Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Date de sortie : septembre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 90

ISBN : 978-2-330-12571-4