Sang maudit d’Ange

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Résumé Sang maudit d’Ange

Angie est avec son ami Matt lorsqu’elle est agressée dans le métro. Ils arrivent à repousser les assaillants mais on lui annonce qu’elle va mourir dans la semaine.

Elle porte plainte. Dès que son nom qui lui vient de sa mère est connu, la police ne veut pas faire grand chose.

Avis Sang maudit d’Ange

Je n’ai pas franchement adhéré au concept de Sang Maudit. Le roman n’est pas mauvais malgré tout. J’ai été déstabilisée dès le départ et cette impression s’est ressentie tout le long du roman. Pourtant l’idée était vraiment bonne. Un roi, Louis XXIV, 15 ans, qui va être couronné à Paris, donc un gouvernement monarchique. Mais l’histoire se passe de nos jours avec tout ce que cela implique à Paris, comme les métros et une société qui ne peut pas se passer de toute la technologie. Entre un château de Versailles dont les murs semblent sur le point de sombrer et des téléphones portables et tout le reste, cela crée un sacré décor.

Les différences sont énormes entre tous ces riches de la Cour et le peuple, même si certains veulent la République. Cela donne des situations où ceux qui ont l’argent méprisent ceux qui ont peu, même s’ils sont instruits. D’ailleurs, pour ces derniers, les accès aux écoles, aux hautes fonctions n’arrivent pas. Entre décadence, perversité, le monde de la Cour n’est pas beau à voir. Et cela nous rappelle d’autres temps. En plus, il y a un autre ingrédient, les vampires. Cela fait beaucoup pour un seul roman. Ce qui m’a déstabilisé également est de retrouver tous ces noms connus historiquement avec deux familles françaises qui ont intrigué tant et plus pour avoir le pouvoir. Mais peut-être que les auteurs ont privilégié ce type d’histoire pour un public jeune, pas trop intéressé à l’Histoire. Cela leur permet peut-être d’apprendre leurs cours.

Angélique/Angie est une jeune fille élevée par son père. Elle descend des Noailles et n’a plus aucun contact avec sa mère. Mais cette dernière lui annonce qu’elle doit être présentée à la Cour. Angie se rebelle et refuse qu’on lui donne des ordres, surtout qu’elle vient d’apprendre qu’elle est marquée. Elle a été victime d’une tentative de meurtre et doit mourir dans la semaine. A Versailles, Angélique va se faire des amis, connaître beaucoup de choses sur la royauté et surtout elle va assister à des meurtres, des effusions de sang. Angélique a la particularité de ressentir, d’entendre les émotions des autres, les pensées. Elle va avoir un lien particulier avec un homme, un d’Orléans. Et surtout elle apprendra qu’il y a des vampires. Elle est souvent accompagnée de sa meilleure amie. Quant à son meilleur ami dont elle est tombée amoureuse, leur relation va souffrir de ce beau monde rencontré.

Angélique va donc tenter de sauver le Roi, se sauver, car on le voit bien la Monarchie est en réel danger. Surtout qu’une maladie tue et pas que les gens du peuple. L’histoire est tout de même assez rocambolesque. Elle se laisse lire. Les ingrédients sont tout de même là avec de la magie, des connexions de pensées, le sang, des morts et surtout une Révolution qui n’a jamais eu lieu. A vous de découvrir pourquoi.. Mais un roman un peu trop dense auquel il manque une explication, notamment concernant Matt. Par contre, j’ai beaucoup aimé le personnage de Louis, ce jeune roi. Il parle peu mais il écoute beaucoup. Même s’il parait ne pas pouvoir tenir sa fonction, le roman démontrera que ce jeune homme a vraiment l’étoffe d’un grand homme. Pourtant…

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les Editions Castelmore.

Sang maudit d’Ange

Date de sortie : 16 août 2017

Nb pages : 414

Editeur : Castelmore

ISBN : 978-2-36231-293-9

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Piège Conjugal de Michelle Richmond

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Résumé Piège Conjugal Michelle Richmond

Alice et Jake viennent de se marier. Ils sont heureux. En cadeau de mariage, ils ont reçu, de la part d’un client d’Alice, une boîte, nommée Le Pacte.

Lorsque cette boîte est ouverte et qu’ils vont accepter ce Pacte, tout va changer pour eux.

Avis Piège Conjugal Michelle Richmond

Intense, psychologique, ce roman ne se lâche pas. Bravo à l’auteur pour cette mise en scène de personnages qui se trouvent embrigadés dans ce qui peut s’apparenter à une secte. Secte qui prône les valeurs du mariage, pour qu’il fonctionne et qui est régi par des lois. Que le contrevenant fasse attention car les sanctions sont de plus en plus dures, selon le délit. Tortures mentales, tortures physiques, tout y passe. L’imagination est à son comble pour punir et surtout briser des personnes, pour qu’elles rentrent dans le droit chemin du mariage, de l’amour qui doivent durer. Personne ne sort du Pacte, à moins qu’il ne meure.

Ce roman dissèque le mariage sous toutes ses formes, avec le bonheur, les conflits, ceux qui y mettent du leur ou pas, ceux qui s’en sortent ou qui divorcent. Jake, psychothérapeute, notamment pour des adolescents en difficulté, va aider de nombreux couples. C’est lui, d’ailleurs, qui raconte son histoire. Le roman est donc émaillé de statistiques qui concernent le mariage. Personnellement, je trouve que cette institution, ce contrat est un lien qui peut s’avérer nocif. Combien de couples divorcent un an après leur mariage ? J’en ai connu deux. Personnellement, cela fait 30 ans que je vis avec la même personne sans être mariée. J’ai toujours pensé, et je le pense encore, que ce bout de papier, ne renforcerait rien du tout. Une vie de couple, c’est mettre de l’eau dans son vin, faire des efforts tout le temps. Alors, bien sûr, comme on ne vit pas dans un monde de Bisounours, rien n’est simple. La vie est un combat continuel.

Jake dissèque d’ailleurs, son mariage. Et on se rend compte qu’il a voulu faire sienne Alice, qu’elle lui appartienne entièrement. Son comportement est assez ambivalent. Il veut que sa femme soit libre, il la connaît pratiquement de fond en comble, mais elle arrive toujours à le surprendre. Quant à Alice, lorsqu’elle se retrouve face au Pacte, elle le dissèque. Elle a entraîné son mari dedans, à moins que cela ne soit l’inverse. Mais ils vont très vite se rendre compte que cela ne correspond pas à ce qu’ils pensaient au départ. Entre frayeur, terreur, ils sont tout de même plus ou moins attirés. Quel effet cela doit faire de voir son conjoint partir de cette façon, comme un malade mental ? En tous les cas, Jake va tout faire pour sauver sa femme Alice. Cette expérience va lui permettre de comprendre à quel point il tient à elle et surtout qu’elle ne lui appartient pas.

Alice est une jeune femme, avocate, ancienne musicienne. Elle est curieuse, elle aime ce qui est nouveau, les défis, le risque. Elle est amoureuse de son mari et est extrêmement jalouse. Lui aussi d’ailleurs.

Jusqu’au dernier moment, le lecteur se demande s’ils vont s’en sortir, lequel des deux va mourir. Arriveront-ils à leurs fins pour vivre enfin pleinement comme ils le souhaitent en gardant seulement les bon côtés de ce Pacte.

Je remercie Babelio et les Editions Presses de la Cité pour cette sélection Masse Critique.

Piège Conjugal Michelle Richmond

Date de sortie : 3 mai 2018

Nb pages : 479

Editeur : Presses de la Cité

ISBN : 978-2-258-14344-9

La saison des feux de Celeste Ng

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Résumé La saison des feux de Celeste Ng

Shaker Heights est un quartier très riche qui existe depuis 1912. Il possède de nombreuses règles à lesquelles personne ne déroge.

Isabelle Richardson a mis le feu à la maison de ses parents. Sa mère, qui dormait, à eu juste le temps de se réveiller. Elle se rappelle le départ de sa locataire, Mia, qui était accompagnée de sa fille.

C’est donc le moment de revenir sur tout ce qui est arrivé depuis que Mia et Pearl ont emménagé.

Avis La saison des feux de Celeste Ng

Comment écrire une chronique d’un roman, aussi intense, aussi passionnant, sans trop en dévoiler ? Il est, en tous les cas, servi par une belle palette de personnages femmes. Toutes sont importantes dans ce roman, même si certaines ont juste un petit rôle. Des femmes, des jeunes filles passées au crible sans toutefois que l’auteur penche pour l’une ou pour l’autre. On en apprendra au fur et à mesure sur chacune d’entre elles. D’ailleurs, personnellement, aucune ne m’a rebuté. Chacune a son vécu, chacune a son propre caractère, chacune a sa propre expérience. Bon, mal, ce n’est pas à nous de juger. Certaines décisions ont été prises et elles doivent être assumées. Malgré tout, comme dans toute société, on se mêle de la vie des uns et des autres, on prend parti pour l’un ou pour l’autre et cela attise les colères, les ressentiments, même si, après coup, on s’interroge.

N’y aurait-il pas un fond de jalousie de la part d’Elena ? On ne s’élève pas contre cette société, cette ville parfaite même si on a envie de découvrir le reste du monde. Cette société fait le bien pour se donner bonne conscience, même si pour elle c’est naturel. Mais on attend tout de même un juste retour des choses.

Elena a toujours cherché des signes de maladie chez sa fille Isabelle. L’inquiétude a fait la place à la colère. Comme on sait que les enfants ressentent tout, Izzie lui en fait voir de toutes les couleurs. En définitive, Mia lui ouvrira les yeux. Elena prendra donc la décision qui s’impose pour sa fille, qui lui ressemble tant.

A cause de ses idéaux, de son passé, Mia, sans le savoir, va provoquer une immense colère chez cette société extrêmement policée. La colère monte inexorablement. Elle est attisée comme le feu.

L’auteur développe tous les soucis rencontrés lorsqu’une grossesse ne peut pas être menée à terme, le problème de ne pas avoir d’enfants, le parcours du combattant pour adopter ou la mère porteuse. Elle développe également le choix de l’avortement, surtout lorsque l’on est jeune, le fait de ne pas se confier et d’avoir cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et de vivre avec cet acte le restant de nos jours.

Mia est dégourdie, elle a appris toute seule. Elle a subvenu à ses besoins, elle a reproduit ce qu’elle avait appris pour s’en sortir et économiser tant et plus. Même si cela ne correspondait pas à ses parents qui avaient dû vivre de restrictions, elle a voulu réaliser ses rêves et vivre de son art. Mais ses parents, par leur comportement, lui feront prendre une décision difficile. Pearl, sa fille, quant à elle, cherche réellement à se poser. Elle est adolescente, elle a besoin d’amies, de relations amoureuses. Intelligente, elle aura l’un et l’autre. Mais les relations humaines ne sont pas si faciles que ça. Pearl a confiance en sa mère pour prendre les décisions. Cette expérience leur permettra de se rapprocher encore plus. Mia sera obligée, petit à petit, au cours de sa vie, de se confier à sa fille sur ce qui la concerne et sur ce qu’elle veut bien entendre.

Ce roman n’est pas une chronique, au vitriol, d’une société. Ce roman, pas vraiment un coup de coeur, mais presque, démontre qu’une rencontre peut avoir le pouvoir de tout changer. Elle peut provoquer de la fascination dans un cas comme dans l’autre. Elle permet, également, de connaître différents modes de vie, des personnalités aux caractères différents. Elle peut permettre, après coup, de s’interroger sur soi, son avenir et reprendre, si on le souhaite, des décisions qui correspondent à son moi profond.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique, les Editions Sonatine lesquelles avec le roman ont envoyé un carnet. Je comprends d’autant plus, avec cette lecture, pourquoi ils vont suivre cet auteur. D’ailleurs, je vais m’empresser d’acheter son premier roman.

La saison des feux de Celeste Ng

Date de sortie : 5 avril 2018

Nb pages : 378

Editeur : Sonatine

ISBN : 978-2-35584-6503

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Oublier nos promesses d’Elsa Roch

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Résumé Oublier nos promesses d’Elsa Roch

Marsac sort de l’Institut Médico Légal. Il est appelé pour un meurtre. Il découvre une jeune femme, sauvagement assassinée et éventrée.

La mère de la victime a subi un choc et doit être transportée à l’hôpital.

Avis Oublier nos promesses d’Elsa Roch

J’ai été sélectionnée par Babelio pour sa Masse Critique, spéciale polars. J’avais, bien entendu, sélectionné une bonne dizaine de livres. Et voilà, Babelio m’a permis de lire cet auteur français, Elsa Roch. Je n’en avais jamais entendu parler, ni eu d’informations sur ce roman. Sans cette sélection, je serais vraiment passée à côté d’un bon polar, pour moi psychologique.

Je ne me suis pas trop focalisée sur l’enquête, pourtant essentielle, mais sur les hommes et les femmes de ce roman. Emma est une jeune journaliste de 30 ans, enceinte, qui est sauvagement assassinée chez elle. Elle travaillait en free-lance et traitait de nombreux sujets sensibles, notamment la prostitution en France. Journaliste, elle était vraiment appréciée par les uns et les autres. Elle faisait très bien son travail et dérangeait de nombreuses personnes. Est-ce à cause de ça et par qui a-t-elle été assassinée ? Son compagnon, un militaire qui revenait d’Afghanistan et qui prend la fuite dès qu’il est confronté à la police ? Ou quelqu’un d’autre parmi ses anciennes connaissances ?

Le roman fera le parallèle entre Jérôme, donc, et les forces de police. Les uns et les autres vont tenter de trouver l’assassin d’Emma, au péril de leurs vies. Parallèle car ces hommes souffrent. Jérôme est atteint de stress post-traumatique, depuis son retour. Pourtant, il a passé avec succès la période avant son retour. Mais c’est une véritable bombe à retardement. Il boit pour tenter d’oublier mais ce n’est jamais assez. Il a toujours à l’esprit ce qu’il a vécu. Il est toujours sur le qui-vive. D’ailleurs, lui-même, malgré tout l’amour qu’il porte à Emma, ne sait pas s’il est responsable de sa mort. Ensuite il y a Amaury Marsac, le commissaire. Il a tout vu pratiquement au niveau de son travail. Mais il souffre depuis qu’il est enfant. Et cela en fait un homme qui n’arrive pas à avoir de belles relations amoureuses. Tout comme son collègue dont le désespoir est noyé dans l’alcool. Mais ces trois hommes sont engagés corps et âme dans leur profession. Le lecteur suit donc les aventures de Jérôme qui se cache et des efforts de la police. Les chapitres alternent entre les uns et les autres. Un parallèle vraiment car l’enquête les fait se croiser. Chaque début de chapitre met dans l’ambiance avec quelques éléments de phrases développés dans celui-ci. C’est très bien écrit, le lecteur n’éprouve aucun ennui et espère que l’assassin sera vraiment arrêté et que tous s’en sortiront. Et on découvre l’identité de cette fameuse voix du début.

Outre cette enquête, l’auteur aborde des thèmes très importants. Notamment celui du stress post-traumatique des soldats qui rentrent d’Afghanistan. J’avais déjà lu à ce sujet mais là, c’est vraiment poussé. Car le lecteur assiste vraiment à tous les désarrois de Jérôme liés à la guerre. Il a vraiment besoin de soins. Il a besoin d’être accompagné en ces temps très difficiles où il perd pied. La mort, la mort, les vivants ne survivent pas tous. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. On s’en rend compte encore plus lorsqu’il est avec son ami, celui qui l’aide, qui a vécu lui aussi ce type de guerre mais qui a réussi à s’en sortir même s’il est cabossé. Autre thème abordé, la prostitution albanaise qui sévit à Paris. Des filles recrutées, très jeunes, qui ne sont même pas majeures. Elles sont broyées dès le départ. Elles doivent être vierges et elles sont recousues pour que les clients soient satisfaits. Violences verbales et physiques, elles ne doivent pas parler. Malgré toutes les belles paroles des gouvernements successifs, en France, les arrestations effectuées par la police, cette prostitution est une véritable manne pour l’Etat. Elle lui rapporte des millions d’Euros. Un marché juteux, un trafic intense au mépris de l’être humain. Dans un pays où normalement les Droits de l’Homme sont respectés. Bravo !

Juste une dernière question pour Elsa Roch. Comment une personne peut-elle mourir d’une balle dans la jambe ?

Je remercie Babelio et les Editions Calmann Lévy.

Oublier nos promesses d’Elsa Roch

Date de sortie : 7 février 2018

Nb pages : 352

Editeur : Calmann-Lévy

ISBN : 9782702161739

Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Résumé Editeur Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman. Comment les lois racistes américaines inspirèrent les nazis.

Allemagne, années 1930 : les nazis préparent leur accession au pouvoir. Dans la perspective des futures lois raciales de Nuremberg, ils s’intéressent tout particulièrement aux politiques ségrégationnistes mises en place aux États-Unis.
Ironie de l’histoire, les nazis estimeront que la politique américaine va trop loin, notamment avec la loi « une seule goutte suffit » (ou « One-Drop Rule ») qui leur permet de classer les Africains-américains en citoyens de seconde classe. Les lois raciales nazies ont-elles été inspirées par ce « modèle américain » ?
L’auteur, James Whitman, répond par l’affirmative, ayant mené une enquête détaillée sur l’impact américain lors de la mise en place des principales lois de Nuremberg, pièces maîtresses de la ségrégation antijuive du régime nazi. S’opposant à l’idée généralement défendue par les historiens que la politique de répression américaine n’aurait aucun lien significatif avec les lois raciales allemandes, l’auteur démontre dans cet essai que les nazis ont, au contraire, montré un grand intérêt, réel et soutenu, que ce modèle leur a servi de base dans l’élaboration de leur propre système de ségrégation.
Cet essai nous fait comprendre, au-delà de l’histoire du Troisième Reich, l’influence de l’Amérique sur les pratiques racistes dans le monde.

Avis Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Il est assez difficile, pour moi, de faire une critique d’un document tel que celui-ci. Pour information, la période relatée, qui concerne le nazisme et ce qui en a découlé a toujours été une période historique qui m’a intéressé. Cela me rappelle mon programme, intense, du baccalauréat et ma première année de Langues Etrangères Appliquées. Lorsque je peux lire un roman sur cette période, je suis ravie de le lire car j’apprends toujours de plus en plus de choses. Et là, ce n’est pas un roman mais une étude des lois. Et c’est encore plus enrichissant. Pourquoi ?

Le lecteur apprend tout ce qu’il y a à savoir sur les lois raciales aux Etats-Unis et ce n’est pas franchement réjouissant. En en discutant avec ma fille qui fait des études de Droit, ce sujet a été abordé en cours. Elle est donc au courant de beaucoup de choses. J’ai eu accès, avec ce livre, à des informations que je ne connaissais pas et qui me font plus comprendre l’histoire des Etats-Unis et surtout leurs lois. Si Donald Trump veut durcir encore plus l’immigration, il le peut même si les Etats-Unis sont protégés par de hautes instances. Aux Etats-Unis, il y a donc ces lois, dont les applications peuvent différer selon les Etats. Ces lois raciales font des Etats-Unis un pays profondément raciste, tout comme certains pays, à une moindre échelle, de langue anglaise. Ces lois concernaient, bien entendu les noirs, mais aussi tous ceux qui n’avaient pas du sang blanc, comme les Chinois, Japonais, ceux d’Amérique du Sud et les Mongols mais aussi les Indiens d’Amérique. Des lois vraiment draconiennes qui pouvaient remonter à plusieurs générations et qui faisaient de ces personnes des êtres non humains, qui n’avaient aucun droit.

Passons à l’Allemagne et la montée du nazisme depuis de nombreuses années. Juristes et autres, tous nazis, cherchent à promulguer de nouvelles lois qui doivent entrer en vigueur. L’Allemagne cherche à étendre son pouvoir vers l’Est. Mais au tout début, elle fait attention à l’international et aux critiques émises envers elle. Ils sont nombreux, notamment les juristes, à se tourner vers ce qui se fait ailleurs. Les transcriptions d’entretiens, de réunions, montrent très bien qu’ils ont étudié les lois raciales américaines. Certains les jugeaient même racistes. Mais ils étaient aussi critiques face à ces lois qui n’allaient pas assez loin à leur sens. En effet, elles pouvaient ne pas protéger le pays. Les nazis voulaient que leurs lois couvrent tous les actes qu’ils seraient amenés à faire. Cette démonstration est vraiment très intéressante car outre les Etats-Unis, l’Europe à une certaine période a démontré toute l’horreur dont elle était capable pour éradiquer des populations, notamment au Moyen-Age. Dans l’horreur, les Allemands ont réussi ce qu’aucun autre pays n’avait fait. Tenter d’avoir le sang pur par n’importe quel moyen puisqu’être Juif ne se voyait pas à l’oeil nu. Les nazis ont voulu être un grand pays, s’étendre. Ils ont réussi pendant un temps et comptent des millions de morts.

Ouvrage très riche, à lire, à garder, à relire morceaux par morceaux pour bien comprendre cette Histoire qui a entraîné la mort de millions de personnes, un génocide sans précédent qui ne doit pas être oublié pour que ces monstruosités ne se reproduisent plus. Pour que cette Histoire ne se répète pas. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Il ne faut pas oublier la quarantaine pages de notes qui sont autant d’explications à lire pour ce qui est développé dans le livre. L’auteur nous propose également quelques ouvrages de référence.

Merci à Babelio pour cette sélection Masse Critique et aux Editions Armand Colin.

Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Date de sortie : 14 février 2018

Nb pages : 287

Editeur : Armand Colin

ISBN : 978-2-200-62029-5

La fille du roi des marais de Karen Dionne

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Résumé La fille du roi des marais de Karen Dionne

Helena est en train de vendre ses confitures avec sa dernière fille. Elle est mariée et a deux enfants.

Elle entend à la radio qu’un prisonnier, condamné à la prison à vie, s’est évadé. C’est son père. Elle a peur car c’est elle qui l’a fait condamner.

Helena annonce qu’elle va raconter son histoire et non celle de sa mère.

Avis La fille du roi des marais de Karen Dionne

Helena et son père sont au centre de cette histoire. Un père qu’elle a fait arrêter il y a quinze ans et qui vient de s’évader. Lors de cette véritable chasse à l’homme, Helena se rappellera tout ce qu’elle a connu avec lui, dans son enfance, ce qu’il lui a appris, dans cet endroit des marais si reculé où ils vivaient sans électricité, ni eau courante. Elle ne cherche pas d’excuses à cet homme même si elle l’aime car elle sait ce qu’il a fait. Pourtant, elle peut arriver à nous le rendre plus ou moins attachant. Il a été peu aimé par ses parents, il semble avoir de graves problèmes psychologiques, il n’accepte pas d’être contredit. Mais auprès de lui, Helena a su comment survivre dans un milieu naturel hostile, malgré une bonne partie de violence. Helena ne se considère pas comme une victime car elle est née en captivité et n’a jamais su ce qui s’était passé pour sa mère. Elle le révèle, elle a plus aimé son père que sa mère car pour cette dernière, difficile d’être proche de sa fille, surtout qu’elle a été très malade juste après l’accouchement. Face à la violence de cet homme, elle ne s’est jamais interposée entre lui et Helena. En quinze ans, Helena a su faire la part entre le pour et le contre et comprendre pourquoi sa mère n’a jamais cherché à s’enfuir, s’est enlisée dans cette vie.

Malgré tout l’amour qu’elle porte à son mari et il semblerait qu’il lui ait pardonné, Helena culpabilise de ne pas avoir tout raconté dès le départ. Mais difficile quand on a été sous les feux des projecteurs pendant de nombreuses années. Pourtant, il semble qu’il aurait été un formidable soutien même si la dernière partie de l’histoire doit se jouer entre le père et la fille, face à face, sans personne autour. Qui va gagner dans cette lutte mortelle ? La fille sera-t-elle plus forte que le père ? Pour le comprendre et pour comprendre l’évolution d’Helena, le roman nous donne des éléments de l’histoire d’Andersen.

Le roi des marais sait se sortir pratiquement de tout. Il connait ces marais comme sa poche. Quelle peut être sa faiblesse ? Sa fille ? Une relation amour-haine pour la fille car cet homme l’a rendue très malheureuse lorsqu’éprise de liberté, elle s’est enfuie avec sa mère. Elle a dû apprendre ce que c’était de vivre au milieu de personnes civilisées avec des us et des coutumes. Et au fil des pages, à des moments inattendus, Helena fait des découvertes, des présents, matériels et humains, si l’on peut dire, laissés par son père. Cela permet à la tension de monter petit à petit. Tout le long de ce récit d’Helena où elle se rappelle sa vie dans les marais, c’est la traque entre entre elle et son père. Ces rappels, ce présent vont lui permettre de se rendre compte de la personnalité de cet homme. Helena, pratiquement heureuse maintenant, va vouloir tout faire pour sauver sa famille, surtout ses filles. Elle ne veut absolument pas qu’elles vivent ce qu’elle a vécu. Elle souhaite qu’elles soient libres et que plus tard, elles comprennent d’où elles viennent.

Le roman est servi par de magnifiques paysages, sublimés par la plume de l’auteur, qui a vraiment l’art du détail. Le lecteur peut parfaitement les imaginer. Ces endroits sont vierges mais ne me donnent franchement pas trop envie d’y passer la journée. Un roman très psychologique où le décor joue un très grand rôle. Personnellement, malgré toutes ces qualités, ce n’est pas un coup de coeur. J’ai eu quelquefois du mal à m’y plonger. J’ai eu un soubresaut à un moment donné suite à un acte, j’espérais ce dénouement, mais la tension n’a pas été assez forte pour moi.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique, Netgalley et les Editions JC Lattès

La fille du roi des marais de Karen Dionne

Date de sortie : 7 mars 2018

Nb pages : 400

Editeur : JC Lattès

ISBN : 9782709658782

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Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

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Avis Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Il n’est jamais trop tard pour apprendre. C’est un de mes crédo. Chaque jour qui passe, j’apprends et j’adore ça. Les événements décrits dans ce roman, j’en avais déjà lu un petit peu mais rien appris au lycée puisque la période avant la Seconde Guerre Mondiale correspondait à mon programme de terminale. En tous les cas, les adolescents qui liront Des lendemains qui chantent, même si ce programme est de plus en plus restreint maintenant, verront cette montée de l’extrême droite en France, cette haine contre tout ce qui n’est pas français et tous les événements politiques dans la deuxième partie des années 1930.

C’est l’histoire de jeunes gens. Jean a 20 ans, il travaille dans un kiosque à journaux. Il est d’un milieu populaire et très vite, il se sent engagé pour la liberté, pour les ouvriers. Il va rencontrer une jeune russe de 18 ans, Dora. Très vite, l’amour, entre eux, sera au rendez-vous. Mais Dora doit prendre des décisions pour sa famille. Elle est arrivée à Paris à l’âge de deux ans, son père est décédé et sa famille n’a plus d’argent. Quand Dimitri, son cousin plus riche, lui propose le mariage, elle accepte, même si Dimitri est atteint par la tuberculose. Dora sera déchirée entre ces deux hommes. Dimitri lui laisse toute liberté. Il est profondément amoureux d’elle. Il espère que ce sera le cas de Dora. J’ai eu un peu de mal avec ces deux histoires d’amour, pas assez approfondies. Le style, pour les décrire, pour un adulte, n’est pas assez enlevé, mais convient très bien aux adolescents. Dora est libre, impétueuse mais elle doit se conformer à ce que l’on attend d’elle, à la société qui n’accepte pas l’émancipation des femmes. Elle passe par toutes les émotions que ce soit en amour ou pour son travail.

Autour d’eux gravitent Lily, la meilleure amie de Dora, Julien, ami de Jean mais aussi la maman de Dora et son petit frère, Sacha, qui souhaite devenir pianiste. Entre ces haines des Juifs, des étrangers, la France ne montre pas un beau visage. Et, en définitive, je comprends maintenant très bien ce qui a pu se passer après, pendant la Guerre.

L’auteur aurait donc dû conserver le même style pour décrire les amours entre ces trois jeunes gens, tous leurs questionnements, leurs colères, que celui qu’elle utilise pour nous décrire cette période de l’histoire, les engagements de Dora et de Jean. Elle décrit très bien l’évolution de photographe de Dora, comment elle apprend, les personnalités qu’elle rencontre et comment elle veut réussir à vendre ses photos lorsqu’elles seront mieux élaborées. Tous les événements décrits sont véridiques et le lecteur les suit avec intérêt. J’ai eu l’impression d’y être. J’ai eu l’impression d’être au coeur des manifestations, de ces coups et aussi de cette liesse populaire. On assiste à cette montée de l’extrême droite qui fait peur, de cette crise financière qui a provoqué la faillite, de la mobilisation des écrivains, de la montée en puissance du communisme, des nombreuses manifestations. Ce roman est donc très bien documenté, accessible à tous, même aux plus jeunes.

Je suis restée sur ma faim avec ce roman mais faites comme moi, allez à la toute dernière page et vous comprendrez car Des lendemains qui chantent est avant tout une histoire d’amour. Donc, après avoir lu cette page, je peux mettre une note pratiquement maximale à ce roman dont j’aurais jugé la fin bâclée.

Je remercie Babelio et masse critique mais aussi les Editions Fleurus.

Résumé Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Dora est partie se faire couper les cheveux pour pouvoir s’acheter un appareil photo.

Mais un jeune homme entre dans le salon et refuse qu’elle coupe sa magnifique chevelure.

Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Date de sortie : 13 octobre 2017

Nb pages : 262

Editeur : Fleurus Edition

ISBN : 978-2-2151-3458-9