La saison des feux de Celeste Ng

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Résumé La saison des feux de Celeste Ng

Shaker Heights est un quartier très riche qui existe depuis 1912. Il possède de nombreuses règles à lesquelles personne ne déroge.

Isabelle Richardson a mis le feu à la maison de ses parents. Sa mère, qui dormait, à eu juste le temps de se réveiller. Elle se rappelle le départ de sa locataire, Mia, qui était accompagnée de sa fille.

C’est donc le moment de revenir sur tout ce qui est arrivé depuis que Mia et Pearl ont emménagé.

Avis La saison des feux de Celeste Ng

Comment écrire une chronique d’un roman, aussi intense, aussi passionnant, sans trop en dévoiler ? Il est, en tous les cas, servi par une belle palette de personnages femmes. Toutes sont importantes dans ce roman, même si certaines ont juste un petit rôle. Des femmes, des jeunes filles passées au crible sans toutefois que l’auteur penche pour l’une ou pour l’autre. On en apprendra au fur et à mesure sur chacune d’entre elles. D’ailleurs, personnellement, aucune ne m’a rebuté. Chacune a son vécu, chacune a son propre caractère, chacune a sa propre expérience. Bon, mal, ce n’est pas à nous de juger. Certaines décisions ont été prises et elles doivent être assumées. Malgré tout, comme dans toute société, on se mêle de la vie des uns et des autres, on prend parti pour l’un ou pour l’autre et cela attise les colères, les ressentiments, même si, après coup, on s’interroge.

N’y aurait-il pas un fond de jalousie de la part d’Elena ? On ne s’élève pas contre cette société, cette ville parfaite même si on a envie de découvrir le reste du monde. Cette société fait le bien pour se donner bonne conscience, même si pour elle c’est naturel. Mais on attend tout de même un juste retour des choses.

Elena a toujours cherché des signes de maladie chez sa fille Isabelle. L’inquiétude a fait la place à la colère. Comme on sait que les enfants ressentent tout, Izzie lui en fait voir de toutes les couleurs. En définitive, Mia lui ouvrira les yeux. Elena prendra donc la décision qui s’impose pour sa fille, qui lui ressemble tant.

A cause de ses idéaux, de son passé, Mia, sans le savoir, va provoquer une immense colère chez cette société extrêmement policée. La colère monte inexorablement. Elle est attisée comme le feu.

L’auteur développe tous les soucis rencontrés lorsqu’une grossesse ne peut pas être menée à terme, le problème de ne pas avoir d’enfants, le parcours du combattant pour adopter ou la mère porteuse. Elle développe également le choix de l’avortement, surtout lorsque l’on est jeune, le fait de ne pas se confier et d’avoir cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et de vivre avec cet acte le restant de nos jours.

Mia est dégourdie, elle a appris toute seule. Elle a subvenu à ses besoins, elle a reproduit ce qu’elle avait appris pour s’en sortir et économiser tant et plus. Même si cela ne correspondait pas à ses parents qui avaient dû vivre de restrictions, elle a voulu réaliser ses rêves et vivre de son art. Mais ses parents, par leur comportement, lui feront prendre une décision difficile. Pearl, sa fille, quant à elle, cherche réellement à se poser. Elle est adolescente, elle a besoin d’amies, de relations amoureuses. Intelligente, elle aura l’un et l’autre. Mais les relations humaines ne sont pas si faciles que ça. Pearl a confiance en sa mère pour prendre les décisions. Cette expérience leur permettra de se rapprocher encore plus. Mia sera obligée, petit à petit, au cours de sa vie, de se confier à sa fille sur ce qui la concerne et sur ce qu’elle veut bien entendre.

Ce roman n’est pas une chronique, au vitriol, d’une société. Ce roman, pas vraiment un coup de coeur, mais presque, démontre qu’une rencontre peut avoir le pouvoir de tout changer. Elle peut provoquer de la fascination dans un cas comme dans l’autre. Elle permet, également, de connaître différents modes de vie, des personnalités aux caractères différents. Elle peut permettre, après coup, de s’interroger sur soi, son avenir et reprendre, si on le souhaite, des décisions qui correspondent à son moi profond.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique, les Editions Sonatine lesquelles avec le roman ont envoyé un carnet. Je comprends d’autant plus, avec cette lecture, pourquoi ils vont suivre cet auteur. D’ailleurs, je vais m’empresser d’acheter son premier roman.

La saison des feux de Celeste Ng

Date de sortie : 5 avril 2018

Nb pages : 378

Editeur : Sonatine

ISBN : 978-2-35584-6503

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Oublier nos promesses d’Elsa Roch

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Résumé Oublier nos promesses d’Elsa Roch

Marsac sort de l’Institut Médico Légal. Il est appelé pour un meurtre. Il découvre une jeune femme, sauvagement assassinée et éventrée.

La mère de la victime a subi un choc et doit être transportée à l’hôpital.

Avis Oublier nos promesses d’Elsa Roch

J’ai été sélectionnée par Babelio pour sa Masse Critique, spéciale polars. J’avais, bien entendu, sélectionné une bonne dizaine de livres. Et voilà, Babelio m’a permis de lire cet auteur français, Elsa Roch. Je n’en avais jamais entendu parler, ni eu d’informations sur ce roman. Sans cette sélection, je serais vraiment passée à côté d’un bon polar, pour moi psychologique.

Je ne me suis pas trop focalisée sur l’enquête, pourtant essentielle, mais sur les hommes et les femmes de ce roman. Emma est une jeune journaliste de 30 ans, enceinte, qui est sauvagement assassinée chez elle. Elle travaillait en free-lance et traitait de nombreux sujets sensibles, notamment la prostitution en France. Journaliste, elle était vraiment appréciée par les uns et les autres. Elle faisait très bien son travail et dérangeait de nombreuses personnes. Est-ce à cause de ça et par qui a-t-elle été assassinée ? Son compagnon, un militaire qui revenait d’Afghanistan et qui prend la fuite dès qu’il est confronté à la police ? Ou quelqu’un d’autre parmi ses anciennes connaissances ?

Le roman fera le parallèle entre Jérôme, donc, et les forces de police. Les uns et les autres vont tenter de trouver l’assassin d’Emma, au péril de leurs vies. Parallèle car ces hommes souffrent. Jérôme est atteint de stress post-traumatique, depuis son retour. Pourtant, il a passé avec succès la période avant son retour. Mais c’est une véritable bombe à retardement. Il boit pour tenter d’oublier mais ce n’est jamais assez. Il a toujours à l’esprit ce qu’il a vécu. Il est toujours sur le qui-vive. D’ailleurs, lui-même, malgré tout l’amour qu’il porte à Emma, ne sait pas s’il est responsable de sa mort. Ensuite il y a Amaury Marsac, le commissaire. Il a tout vu pratiquement au niveau de son travail. Mais il souffre depuis qu’il est enfant. Et cela en fait un homme qui n’arrive pas à avoir de belles relations amoureuses. Tout comme son collègue dont le désespoir est noyé dans l’alcool. Mais ces trois hommes sont engagés corps et âme dans leur profession. Le lecteur suit donc les aventures de Jérôme qui se cache et des efforts de la police. Les chapitres alternent entre les uns et les autres. Un parallèle vraiment car l’enquête les fait se croiser. Chaque début de chapitre met dans l’ambiance avec quelques éléments de phrases développés dans celui-ci. C’est très bien écrit, le lecteur n’éprouve aucun ennui et espère que l’assassin sera vraiment arrêté et que tous s’en sortiront. Et on découvre l’identité de cette fameuse voix du début.

Outre cette enquête, l’auteur aborde des thèmes très importants. Notamment celui du stress post-traumatique des soldats qui rentrent d’Afghanistan. J’avais déjà lu à ce sujet mais là, c’est vraiment poussé. Car le lecteur assiste vraiment à tous les désarrois de Jérôme liés à la guerre. Il a vraiment besoin de soins. Il a besoin d’être accompagné en ces temps très difficiles où il perd pied. La mort, la mort, les vivants ne survivent pas tous. Il n’est plus que l’ombre de lui-même. On s’en rend compte encore plus lorsqu’il est avec son ami, celui qui l’aide, qui a vécu lui aussi ce type de guerre mais qui a réussi à s’en sortir même s’il est cabossé. Autre thème abordé, la prostitution albanaise qui sévit à Paris. Des filles recrutées, très jeunes, qui ne sont même pas majeures. Elles sont broyées dès le départ. Elles doivent être vierges et elles sont recousues pour que les clients soient satisfaits. Violences verbales et physiques, elles ne doivent pas parler. Malgré toutes les belles paroles des gouvernements successifs, en France, les arrestations effectuées par la police, cette prostitution est une véritable manne pour l’Etat. Elle lui rapporte des millions d’Euros. Un marché juteux, un trafic intense au mépris de l’être humain. Dans un pays où normalement les Droits de l’Homme sont respectés. Bravo !

Juste une dernière question pour Elsa Roch. Comment une personne peut-elle mourir d’une balle dans la jambe ?

Je remercie Babelio et les Editions Calmann Lévy.

Oublier nos promesses d’Elsa Roch

Date de sortie : 7 février 2018

Nb pages : 352

Editeur : Calmann-Lévy

ISBN : 9782702161739

Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Résumé Editeur Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman. Comment les lois racistes américaines inspirèrent les nazis.

Allemagne, années 1930 : les nazis préparent leur accession au pouvoir. Dans la perspective des futures lois raciales de Nuremberg, ils s’intéressent tout particulièrement aux politiques ségrégationnistes mises en place aux États-Unis.
Ironie de l’histoire, les nazis estimeront que la politique américaine va trop loin, notamment avec la loi « une seule goutte suffit » (ou « One-Drop Rule ») qui leur permet de classer les Africains-américains en citoyens de seconde classe. Les lois raciales nazies ont-elles été inspirées par ce « modèle américain » ?
L’auteur, James Whitman, répond par l’affirmative, ayant mené une enquête détaillée sur l’impact américain lors de la mise en place des principales lois de Nuremberg, pièces maîtresses de la ségrégation antijuive du régime nazi. S’opposant à l’idée généralement défendue par les historiens que la politique de répression américaine n’aurait aucun lien significatif avec les lois raciales allemandes, l’auteur démontre dans cet essai que les nazis ont, au contraire, montré un grand intérêt, réel et soutenu, que ce modèle leur a servi de base dans l’élaboration de leur propre système de ségrégation.
Cet essai nous fait comprendre, au-delà de l’histoire du Troisième Reich, l’influence de l’Amérique sur les pratiques racistes dans le monde.

Avis Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Il est assez difficile, pour moi, de faire une critique d’un document tel que celui-ci. Pour information, la période relatée, qui concerne le nazisme et ce qui en a découlé a toujours été une période historique qui m’a intéressé. Cela me rappelle mon programme, intense, du baccalauréat et ma première année de Langues Etrangères Appliquées. Lorsque je peux lire un roman sur cette période, je suis ravie de le lire car j’apprends toujours de plus en plus de choses. Et là, ce n’est pas un roman mais une étude des lois. Et c’est encore plus enrichissant. Pourquoi ?

Le lecteur apprend tout ce qu’il y a à savoir sur les lois raciales aux Etats-Unis et ce n’est pas franchement réjouissant. En en discutant avec ma fille qui fait des études de Droit, ce sujet a été abordé en cours. Elle est donc au courant de beaucoup de choses. J’ai eu accès, avec ce livre, à des informations que je ne connaissais pas et qui me font plus comprendre l’histoire des Etats-Unis et surtout leurs lois. Si Donald Trump veut durcir encore plus l’immigration, il le peut même si les Etats-Unis sont protégés par de hautes instances. Aux Etats-Unis, il y a donc ces lois, dont les applications peuvent différer selon les Etats. Ces lois raciales font des Etats-Unis un pays profondément raciste, tout comme certains pays, à une moindre échelle, de langue anglaise. Ces lois concernaient, bien entendu les noirs, mais aussi tous ceux qui n’avaient pas du sang blanc, comme les Chinois, Japonais, ceux d’Amérique du Sud et les Mongols mais aussi les Indiens d’Amérique. Des lois vraiment draconiennes qui pouvaient remonter à plusieurs générations et qui faisaient de ces personnes des êtres non humains, qui n’avaient aucun droit.

Passons à l’Allemagne et la montée du nazisme depuis de nombreuses années. Juristes et autres, tous nazis, cherchent à promulguer de nouvelles lois qui doivent entrer en vigueur. L’Allemagne cherche à étendre son pouvoir vers l’Est. Mais au tout début, elle fait attention à l’international et aux critiques émises envers elle. Ils sont nombreux, notamment les juristes, à se tourner vers ce qui se fait ailleurs. Les transcriptions d’entretiens, de réunions, montrent très bien qu’ils ont étudié les lois raciales américaines. Certains les jugeaient même racistes. Mais ils étaient aussi critiques face à ces lois qui n’allaient pas assez loin à leur sens. En effet, elles pouvaient ne pas protéger le pays. Les nazis voulaient que leurs lois couvrent tous les actes qu’ils seraient amenés à faire. Cette démonstration est vraiment très intéressante car outre les Etats-Unis, l’Europe à une certaine période a démontré toute l’horreur dont elle était capable pour éradiquer des populations, notamment au Moyen-Age. Dans l’horreur, les Allemands ont réussi ce qu’aucun autre pays n’avait fait. Tenter d’avoir le sang pur par n’importe quel moyen puisqu’être Juif ne se voyait pas à l’oeil nu. Les nazis ont voulu être un grand pays, s’étendre. Ils ont réussi pendant un temps et comptent des millions de morts.

Ouvrage très riche, à lire, à garder, à relire morceaux par morceaux pour bien comprendre cette Histoire qui a entraîné la mort de millions de personnes, un génocide sans précédent qui ne doit pas être oublié pour que ces monstruosités ne se reproduisent plus. Pour que cette Histoire ne se répète pas. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Il ne faut pas oublier la quarantaine pages de notes qui sont autant d’explications à lire pour ce qui est développé dans le livre. L’auteur nous propose également quelques ouvrages de référence.

Merci à Babelio pour cette sélection Masse Critique et aux Editions Armand Colin.

Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Date de sortie : 14 février 2018

Nb pages : 287

Editeur : Armand Colin

ISBN : 978-2-200-62029-5

La fille du roi des marais de Karen Dionne

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Résumé La fille du roi des marais de Karen Dionne

Helena est en train de vendre ses confitures avec sa dernière fille. Elle est mariée et a deux enfants.

Elle entend à la radio qu’un prisonnier, condamné à la prison à vie, s’est évadé. C’est son père. Elle a peur car c’est elle qui l’a fait condamner.

Helena annonce qu’elle va raconter son histoire et non celle de sa mère.

Avis La fille du roi des marais de Karen Dionne

Helena et son père sont au centre de cette histoire. Un père qu’elle a fait arrêter il y a quinze ans et qui vient de s’évader. Lors de cette véritable chasse à l’homme, Helena se rappellera tout ce qu’elle a connu avec lui, dans son enfance, ce qu’il lui a appris, dans cet endroit des marais si reculé où ils vivaient sans électricité, ni eau courante. Elle ne cherche pas d’excuses à cet homme même si elle l’aime car elle sait ce qu’il a fait. Pourtant, elle peut arriver à nous le rendre plus ou moins attachant. Il a été peu aimé par ses parents, il semble avoir de graves problèmes psychologiques, il n’accepte pas d’être contredit. Mais auprès de lui, Helena a su comment survivre dans un milieu naturel hostile, malgré une bonne partie de violence. Helena ne se considère pas comme une victime car elle est née en captivité et n’a jamais su ce qui s’était passé pour sa mère. Elle le révèle, elle a plus aimé son père que sa mère car pour cette dernière, difficile d’être proche de sa fille, surtout qu’elle a été très malade juste après l’accouchement. Face à la violence de cet homme, elle ne s’est jamais interposée entre lui et Helena. En quinze ans, Helena a su faire la part entre le pour et le contre et comprendre pourquoi sa mère n’a jamais cherché à s’enfuir, s’est enlisée dans cette vie.

Malgré tout l’amour qu’elle porte à son mari et il semblerait qu’il lui ait pardonné, Helena culpabilise de ne pas avoir tout raconté dès le départ. Mais difficile quand on a été sous les feux des projecteurs pendant de nombreuses années. Pourtant, il semble qu’il aurait été un formidable soutien même si la dernière partie de l’histoire doit se jouer entre le père et la fille, face à face, sans personne autour. Qui va gagner dans cette lutte mortelle ? La fille sera-t-elle plus forte que le père ? Pour le comprendre et pour comprendre l’évolution d’Helena, le roman nous donne des éléments de l’histoire d’Andersen.

Le roi des marais sait se sortir pratiquement de tout. Il connait ces marais comme sa poche. Quelle peut être sa faiblesse ? Sa fille ? Une relation amour-haine pour la fille car cet homme l’a rendue très malheureuse lorsqu’éprise de liberté, elle s’est enfuie avec sa mère. Elle a dû apprendre ce que c’était de vivre au milieu de personnes civilisées avec des us et des coutumes. Et au fil des pages, à des moments inattendus, Helena fait des découvertes, des présents, matériels et humains, si l’on peut dire, laissés par son père. Cela permet à la tension de monter petit à petit. Tout le long de ce récit d’Helena où elle se rappelle sa vie dans les marais, c’est la traque entre entre elle et son père. Ces rappels, ce présent vont lui permettre de se rendre compte de la personnalité de cet homme. Helena, pratiquement heureuse maintenant, va vouloir tout faire pour sauver sa famille, surtout ses filles. Elle ne veut absolument pas qu’elles vivent ce qu’elle a vécu. Elle souhaite qu’elles soient libres et que plus tard, elles comprennent d’où elles viennent.

Le roman est servi par de magnifiques paysages, sublimés par la plume de l’auteur, qui a vraiment l’art du détail. Le lecteur peut parfaitement les imaginer. Ces endroits sont vierges mais ne me donnent franchement pas trop envie d’y passer la journée. Un roman très psychologique où le décor joue un très grand rôle. Personnellement, malgré toutes ces qualités, ce n’est pas un coup de coeur. J’ai eu quelquefois du mal à m’y plonger. J’ai eu un soubresaut à un moment donné suite à un acte, j’espérais ce dénouement, mais la tension n’a pas été assez forte pour moi.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique, Netgalley et les Editions JC Lattès

La fille du roi des marais de Karen Dionne

Date de sortie : 7 mars 2018

Nb pages : 400

Editeur : JC Lattès

ISBN : 9782709658782

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L’attrape-souci de Catherine Faye

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Résumé L’attrape-souci de Catherine Faye

En 2001, Lucien a 11 ans. Il est en Argentine avec sa mère. Dans une librairie, elle lui dit de regarder des petites boîtes, appelées attrape-soucis. Toujours sur le qui-vive, Lucien ne voit toutefois pas sa mère partir.

Lucien se retrouve seul. Il est pris en charge par un SDF.

Avis L’attrape-souci de Catherine Faye

Beaucoup de plaisir à lire ce roman même si c’est pas un coup de coeur, finalement. Quel destin que celui de Lucien/Lucio abandonné, délibérément, par sa mère en Argentine. Parce que c’est ce que l’on comprend dès le départ. Les réflexions de Lucio tout le long du roman le démontrent, notamment, dans ses relations avec sa mère. Son métier, d’ailleurs, ne laisse aucun doute à ce qu’elle est réellement. Pourtant, même s’ils ne sont pas proches, il veut la retrouver, pour lui dire qu’elle lui a manqué et qu’il l’aime. Car Lucio a peu le droit de parler avec elle. La mère est distante, on sent qu’elle ne l’aime pas.

Lucio apprendra, donc très jeune, à 11 ans, la vie. Il apprendra le rejet, même si pendant 11 ans, cela a été le cas, comment se débrouiller seul pour manger, vivre et survivre. Il apprendra à ne pas faire confiance mais aussi à la donner à ceux qui lui veulent du bien. Car toutes les rencontres qu’il fera seront importantes pour lui, pendant ces neuf mois. Ce sera un SDF qui le prendra sous son aile juste après son abandon. Ce seront ces femmes qui sont des prostituées qui vivent dans une maison sous la coupelle d’une autre femme. Et ce sera cette belle rencontre avec cet homme qui vend des plantes et une femme qui vient en acheter. Lucio, avec toutes ces rencontres, apprend qu’il ne doit pas créer de problèmes, comme cela a toujours été le cas. Malade, on s’occupera de lui. Il passera également par des phases où il voudra en finir avec la vie. Mais il est tenu par le projet de retrouver sa mère et surtout de devenir un homme, d’apprendre un métier qui lui plait, en lien avec la terre. Il se révèlera également par le dessin.

Lucio apprendra donc qu’il ne doit pas compter sur elle, cette mère qui n’en est pas une, en définitive. Il fera son deuil et trouvera ceux qui l’aimeront, qui l’accompagneront, ceux qui seront ses véritables amis et pourquoi pas ses parents. Car, à un moment donné, il sera obligé de dire la vérité. Sa plus grande peur est de retourner à Paris, et plus précisément en France, chez cet oncle qui abuse de lui. Lucio permettra à deux mondes de se rencontrer, de devenir amis. Le lecteur apprendra la vie difficile des Argentins aux prises avec un pouvoir où règne la corruption, où la misère est impressionnante et à tous les coins de rue. Pourtant, comme partout, il existe de belles maisons, cachées derrière de grandes palissades.

Je conseillerai également L’Attrape-Souci aux adolescents qui pourront être sensibles à cette histoire. Malgré les aléas de la vie, tous les parents ne détestent pas leurs enfants et ne les abandonnent pas. L’attrape-souci n’est pas un crève-coeur. Ces petites boites censées les attraper sont belles, elles peuvent produire leur effet. Mais, c’est en expérimentant, en bougeant, que les soucis peuvent s’envoler. Il faut quand même beaucoup de courage.

Je remercie Babelio pour cette masse critique, les Editions Mazarine et Catherine Faye

L’attrape-souci de Catherine Faye

Date de sortie : 17 janvier 2018

Nb pages : 299

Editeur : Mazarine

ISBN : 978286344758

Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

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Avis Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Il n’est jamais trop tard pour apprendre. C’est un de mes crédo. Chaque jour qui passe, j’apprends et j’adore ça. Les événements décrits dans ce roman, j’en avais déjà lu un petit peu mais rien appris au lycée puisque la période avant la Seconde Guerre Mondiale correspondait à mon programme de terminale. En tous les cas, les adolescents qui liront Des lendemains qui chantent, même si ce programme est de plus en plus restreint maintenant, verront cette montée de l’extrême droite en France, cette haine contre tout ce qui n’est pas français et tous les événements politiques dans la deuxième partie des années 1930.

C’est l’histoire de jeunes gens. Jean a 20 ans, il travaille dans un kiosque à journaux. Il est d’un milieu populaire et très vite, il se sent engagé pour la liberté, pour les ouvriers. Il va rencontrer une jeune russe de 18 ans, Dora. Très vite, l’amour, entre eux, sera au rendez-vous. Mais Dora doit prendre des décisions pour sa famille. Elle est arrivée à Paris à l’âge de deux ans, son père est décédé et sa famille n’a plus d’argent. Quand Dimitri, son cousin plus riche, lui propose le mariage, elle accepte, même si Dimitri est atteint par la tuberculose. Dora sera déchirée entre ces deux hommes. Dimitri lui laisse toute liberté. Il est profondément amoureux d’elle. Il espère que ce sera le cas de Dora. J’ai eu un peu de mal avec ces deux histoires d’amour, pas assez approfondies. Le style, pour les décrire, pour un adulte, n’est pas assez enlevé, mais convient très bien aux adolescents. Dora est libre, impétueuse mais elle doit se conformer à ce que l’on attend d’elle, à la société qui n’accepte pas l’émancipation des femmes. Elle passe par toutes les émotions que ce soit en amour ou pour son travail.

Autour d’eux gravitent Lily, la meilleure amie de Dora, Julien, ami de Jean mais aussi la maman de Dora et son petit frère, Sacha, qui souhaite devenir pianiste. Entre ces haines des Juifs, des étrangers, la France ne montre pas un beau visage. Et, en définitive, je comprends maintenant très bien ce qui a pu se passer après, pendant la Guerre.

L’auteur aurait donc dû conserver le même style pour décrire les amours entre ces trois jeunes gens, tous leurs questionnements, leurs colères, que celui qu’elle utilise pour nous décrire cette période de l’histoire, les engagements de Dora et de Jean. Elle décrit très bien l’évolution de photographe de Dora, comment elle apprend, les personnalités qu’elle rencontre et comment elle veut réussir à vendre ses photos lorsqu’elles seront mieux élaborées. Tous les événements décrits sont véridiques et le lecteur les suit avec intérêt. J’ai eu l’impression d’y être. J’ai eu l’impression d’être au coeur des manifestations, de ces coups et aussi de cette liesse populaire. On assiste à cette montée de l’extrême droite qui fait peur, de cette crise financière qui a provoqué la faillite, de la mobilisation des écrivains, de la montée en puissance du communisme, des nombreuses manifestations. Ce roman est donc très bien documenté, accessible à tous, même aux plus jeunes.

Je suis restée sur ma faim avec ce roman mais faites comme moi, allez à la toute dernière page et vous comprendrez car Des lendemains qui chantent est avant tout une histoire d’amour. Donc, après avoir lu cette page, je peux mettre une note pratiquement maximale à ce roman dont j’aurais jugé la fin bâclée.

Je remercie Babelio et masse critique mais aussi les Editions Fleurus.

Résumé Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Dora est partie se faire couper les cheveux pour pouvoir s’acheter un appareil photo.

Mais un jeune homme entre dans le salon et refuse qu’elle coupe sa magnifique chevelure.

Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Date de sortie : 13 octobre 2017

Nb pages : 262

Editeur : Fleurus Edition

ISBN : 978-2-2151-3458-9

Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Avis Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Je n’ai pas lu toutes les enquêtes de l’inspecteur Chen pourtant j’adore ce personnage récurrent et surtout l’auteur. Lorsque j’ai été sélectionnée pour cette masse critique avec babelio et que j’ai reçu ce poche paru chez Points j’ai été plus que ravie de connaître les débuts de ce cher inspecteur. Et je ne le regrette pas. La plume de Qiu Xialong est toujours aussi percutante, plein de saveur et de poésie.

S’il y a bien un pays que je ne souhaite absolument pas visiter c’est bien la Chine. Mais son histoire m’intéresse et toute son Histoire et ses habitants. Avec l’auteur c’est la Chine de Mao surtout dans ce roman. Pour certains Chinois cela a changé beaucoup de choses puisqu’ils sont devenus des parias. Les enfants en ont subi les conséquences. Cela a été le cas pour Chen mais aussi pour l’auteur car il commence son roman par des informations sur lui même et le finit avec sa propre histoire. Cela permet de se rendre compte que de nombreux auteurs s’inspirent de leurs propres histoires pour leurs romans. Mais ça, on le savait déjà. J’ai encore appris sur cette Révolution Culturelle de Mao et la place donnée aux livres, comment se débrouillaient ceux qui ne voulaient pas que lire ce qui était autorisé. Les Chinois sont, comme tous ceux qui sont oppressés, un peuple plein de ressources. Il y a également tous ces enfants qui ont souffert et n’ont pas compris la déchéance imposée de leurs parents. Ils sont des enfants de riches et ils n’ont pas les mêmes privilèges que les autres enfants.

J’ai voyagé culinairement et j’ai adoré ça. Tous ces plats, toutes ces saveurs décrites, cela en donne l’eau à la bouche et de sacrées rêveries. J’avais l’impression d’avoir les plats devant moi de les déguster avec les héros. Avec des ingrédients qui peuvent être très chers les plats le sont tout autant mais la débrouille existe. Mais d’autres tout aussi bons sont moins excessifs. Il faut toutefois faire attention à ne pas y laisser sa paie. Outre la cuisine, le roman est parsemé de vers, de poésie, beaucoup moins que les plats, mais c’est vraiment très agréable.

Nous le savions déjà mais Chen est un homme érudit. Il a fait des études. Il écrit des poèmes. Mais à la fin de ses études, l’Etat le place à un endroit où il devra accomplir un travail. Et ce sera un commissariat de police. Il n’est au fait de rien. Il ne sait pas mener une enquête. Une tâche lui est assignée qu’il tentera de mener à bien. Il a aussi du temps pour lire, surtout des romans policiers. Mais il s’immiscera dans une enquête. Il fera part de toutes ses découvertes à son supérieur, surtout en ne se mettant jamais en avant et en faisant en sorte de flatter l’inspecteur. Ce que l’on retrouve, ici, c’est le caractère déjà connu de Chen. Un homme qui écoute, note tout. Les gens et les éléments ont toute leur importance. Il ne se met pas en avant. Même s’il n’est pas à l’aise avec le pouvoir en place, s’il subit, il n’émettra jamais aucune critique. Et tout cela fera de Chen un très bon inspecteur pour toutes ses enquêtes futures.

Je pense que je vais noter tous les livres de Qiu Xialong et les noter dans une de mes bibliothèques pour les recevoir dans mes box. En effet, à la maison, l’homme et moi sommes fans de l’auteur.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les Editions Points. Ce roman fait partie de la sélection du Prix du Meilleur Polar 2017.

Résumé Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Chen Cao est un petit garçon dont les parents sont des ennemis de classe dans la Chine de Mao. Le petit garçon en souffre.

Plus tard, il fait ses études à Pékin. Il revient très peu chez lui, à Shanghai. Il rencontre une jeune fille bibliothécaire.

Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Date de sortie : 12 octobre 2017

Nb pages : 230

Editeur : Points

ISBN : 978-2-7578-6907

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