Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage de Vincent Mondiot - Editions Actes Sud Junior

Rattrapage de Vincent Mondiot – Editions Actes Sud Junior

Résumé Rattrapage de Vincent Mondiot

Elle a des épreuves de rattrapage du bac à l’oral. Mais elle n’a rien révisé et préféré faire la fête, le samedi soir, avec tous ses amis qui avaient eu leur bac.

De toutes façons, il semblerait qu’elle n’en a plus rien à faire. Cela fait un moment qu’elle a passé un cap.

Avis Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage du bac ? Rattrapage d’une action passée lorsque l’on se trouve face à la personne qui a subi des dommages ? L’un ou l’autre ? Ou bien les deux ?

Est-ce que le harcèlement scolaire me parle ? Bien évidemment. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été harcelés par leurs camarades. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés car trop de pression de la part des équipes pédagogiques. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été victimes de harcèlement par le corps professoral. Personnellement, je n’ai jamais vécu ces situations. Je n’ai jamais été populaire, j’avais peu d’amis étant trop timide. Ma fille a vécu du harcèlement de la part d’un professeur. Mais ce n’est pas le sujet ici. Je me rappelle également College Boy, d’Indochine, qui relate le harcèlement scolaire. Paroles et clips ont provoqué un tollé mais ils racontaient la vérité. Un gros aparté sur ce roman qui s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes.

Vincent Mondiot met les mots là où cela fait mal. On ne connait pas le prénom de cette jeune fille qui passe l’oral de rattrapage et qui retrouve un garçon qui était dans sa classe et qui a dû abandonner le lycée. Pour elle, ce seront des souvenirs de leur enfance, même s’ils n’avaient rien en commun, des souvenirs de ce qui a été fait durant ces premiers mois de l’année du bac et surtout pourquoi elle doit passer cet oral car ses résultats ont été en chute libre depuis l’évènement. Elle a été la reine, elle a été populaire, elle s’est moquée des autres avec toute sa bande sur les réseaux sociaux. Entre introspection, le paraître, ironie, le harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux, elle s’insulte, se cherche des excuses, se sait et se rend coupable. Avec des titres de tableaux qui expliquent cette jeune fille et ses pensées.

Je n’ai pas éprouvé de l’empathie pour cette jeune fille, ni pour ce garçon, en définitive. Pourtant, lorsqu’ils se retrouvent et qu’ils arrivent à discuter, il a une attitude plus qu’honorable qui pourra peut-être faire réfléchir cette jeune fille. Je suis la première à prendre la défense de tous ces jeunes, sauf en ce qui concerne le harcèlement. A cet âge, on doit savoir ce qui est bien, ce qui est mal, même si à plusieurs, on est entraîné sur le chemin des bêtises. Ce livre nous montre également que les administrations pédagogiques ne font pas leur travail. Oui, elles ont pris des sanctions. Mais par rapport à ce qui s’est passé, je trouve qu’elles ne sont pas énormes. Les sanctionnés ont-ils appris de leurs erreurs ? Est-ce dû également à une différence de classe sociale ?

Avec Rattrapage, je retrouve un Vincent Mondiot comme j’aime. J’aime son style d’écriture, fin. Il analyse différents comportements et je pense que son but est de faire réfléchir et non de juger. En tous les cas, cela a pris, encore une fois, avec moi. Pas de jugements peut-être parce que je suis plus âgée. Quoi que cela ne veut rien dire. A tout âge, on juge sans connaître. On a tous des préjugés et dans ce cas-là, ce n’est pas mon cas.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Rattrapage de Vincent Mondiot

Date de sortie : avril 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 79

ISBN : 978-2-330-12100-6

Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Ma vie n'est pas un roman d'Alina Blonsky - Editions Actes Sud Junio

Ma vie n’est pas un roman d’Alina Blonsky – Editions Actes Sud Junior

Résumé Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Kim a 14 ans. Elle a une meilleure amie Petrovna, depuis le CP.

Avec leur classe, elles assistent à une lecture à la bibliothèque de leur ville.

Avis Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Quand une jeune fille d’un roman, qui a de mauvais résultats scolaires, qui ne lit pas, se trouve être l’héroïne de ce roman. Elle trouve dans ce livre, qu’elle ne lâchera pas, tous les éléments de sa vie, passé et futur, détaillés et même ses expressions. Bien sûr, les personnages n’ont pas le même prénom. Outre la première surprise passée et surtout de la colère envers l’auteur, la jeune fille essaiera de faire tout le nécessaire pour que la fin de ce roman ne se réalise pas.

Dans ce roman, nous avons une jeune fille de 12 ans, Kim, dont la meilleure amie est Petrovna. Mais leur rencontre a mal débuté. Elles se connaissent depuis le CP. Les parents de Kim divorcent et elle est une des dernières à être dans ce cas. C’est tout nouveau pour elle. De plus, sa mère ne prend pas soin de sa fille. L’argent n’est pas un problème dans cette maison. J’ai trouvé Kim délaissée par ses parents. Surtout qu’un événement du côté de son père ne va pas arranger les choses. D’ailleurs, Kim n’est pas égoïste. Elle partage volontiers avec son amie, qui, elle, est beaucoup moins bien lotie à ce niveau-là. Kim se repose beaucoup sur son amie pour tout faire, tout lui faire. Elle doit être présente pratiquement à chaque moment de sa vie. Et c’est un tant soit peu réciproque. Avec ce livre qu’elle découvre, Kim a peur de se lire. Mais les pulsions sont trop fortes. Il faut qu’elle sache.

Les situations sont rocambolesques, surtout lorsqu’elles décident de contacter l’auteur et d’aller plus loin.  Quel personnage cette femme ! Elle ne donne pas franchement envie et on peut comprendre Kim à ce sujet. On assiste, bien souvent, à des dialogues de sourd. Kim a tellement peur qu’elle n’écoute pas ce qu’on lui dit. Elle est réellement centrée sur elle-même et certains indices ne lui mettent pas la puce à l’oreille. Bornée, peut-être, mais on peut aussi comprendre qu’elle s’est fixée une mission avec ce garçon.

Non, la vie n’est pas un roman. Même si on tente de l’arranger, il peut arriver toujours des impondérables. On en sort grandi d’une certaine façon, on revoit ses priorités, on peut prendre des décisions, sur le moment et le regretter. On doit faire face et tenter de comprendre l’autre. Rien n’est figé. Et, malgré son caractère, Kim en fera l’apprentissage.

Un petit roman sympathique que j’ai pris plaisir à lire mais cela a été sans plus. Je ne me suis pas trop attachée aux personnages, peut-être à l’amie de Kim Josephine, soit Petrovna. Est-ce dû aux révélations faites par ce garçon qui semble avoir mieux cerné que moi cette jeune adolescente ?

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette découverte.

Ma vie n’est pas un roman d’Alina Bronsky

Date de sortie : 6 mars 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 192

ISBN :978-2-330-11851-8

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy - Editions Actes Sud Junior

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy – Editions Actes Sud Junior

Résumé Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Benjamin a 12 ans. Il a une soeur de 16 ans, Claudine. Mais ils s’évitent. 

Benjamin est petit et depuis l’âge de 7 ans, il a un don, il est télépathe. Il suffit qu’il touche les gens pour connaître leurs pensées.

Avis Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Oui, je lis des livres pour les 9-12 ans. Et je trouve de véritables pépites réjouissantes, bien écrites. C’est le cas, encore une fois, avec Julien Dufresne-Lamy, découvert dans Boom. Peut-être que cette tranche d’âge zappera sur quelques subtilités, comme la critique de la télé-réalité ou encore notre politique migratoire et ce monde ultra-connecté dans lequel nous vivons. En tous les cas, elle découvrira un pays, le Japon, des enfants qui ont des pouvoirs, leurs réactions face à ça, leur entraide, une profonde amitié et aussi une belle fraternité.

Ce roman est très riche et le style de Julien Dufresne-Lamy nous entraîne dans du merveilleux, avec le sujet de la télépathie, le Japon, un peu de sorcellerie et une société qui s’occupe de ces enfants, car les certaines situations peuvent être rocambolesques mais se prêtent à ce pays. Même si Benjamin Berlin, BB, est son héros principal, tous tiennent une grande place dans ce roman. Les parents de Benjamin, sa soeur, son oncle et sa tante et aussi ces deux amis japonais. En effet, le père de Benjamin, diplomate, est muté au Japon. Chacun réagit différemment à l’arrivée dans ce pays. Benjamin a décidé de s’intégrer en apprenant, en premier la langue, en allant dans une école et ensuite un collège japonais. L’auteur alterne cette vie japonaise à des chapitres où Benjamin, dont la caractéristique est d’être petit, où il découvre son don, comment il en fait usage, ses angoisses, les évènements qui en découlent, les réactions de sa famille. Benjamin se sent à part et seul.

De plus, un homme va provoquer la peur chez Benjamin. Il le voit partout jusqu’à ce que l’un et l’autre communiquent et que Benjamin comprend qu’un destin l’attend. Mais il doit travailler son don pour passer, avec succès, les épreuves.

La société japonaise est différente de la nôtre. Les gens doivent réussir, sinon ils sont mal vus. Cela commence dès le plus jeune âge. Certains peuvent être mis à l’écart car ils ne correspondent pas aux standards de la société japonaise. Cette société, également, est très policée. On découvre ses us et coutumes qui diffèrent des nôtres, par rapport à l’expression des sentiments que l’on peut éprouver. Une société ultra-connectée qui ne communique qu’avec les réseaux sociaux. Et les rapports humains dans tout ça ?Heureusement que Benjamin est là et que même s’il respecte cette société, il va permettre à ses deux amis de s’ouvrir, surtout lorsque l’un deux et de nombreux camarades de classe sont victimes de harcèlement.

Donc, voilà, outre l’histoire palpitante de Benjamin, de nombreux thèmes sont abordés et permettent à des enfants, des pré-adolescents de s’ouvrir au monde, de s’ouvrir l’esprit et de ne pas rester cantonnés à ce qui se dit chez soi, à la télévision. Le monde existe, est vaste. L’amitié et l’amour d’une famille sont de très belles choses que l’on doit préserver même s’il peut toujours arriver des disputes.

Je remercie Julien Dufresne-Lamy pour cette très belle dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : janvier 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 261

ISBN : 978-2-330-11134-2

La Sublime Communauté, Les six mondes d’Emmanuelle Han

La Sublime Communauté Les Six Mondes d'Emmanuelle Han

La Sublime Communauté Les Six Mondes d’Emmanuelle Han

Résumé La Sublime Communauté, Les six mondes d’Emmanuelle Han

Tupàet Ekian ont passé ensemble une porte, mais ils vont se révéler l’un à l’autre petit à petit. Ils sont masqués. Ekian ne doit pas être reconnue. Tupà la protège donc.

Ekian, quant à lui, après avoir rencontré le chef des Etincelants, décide de retourner en Inde.

Avis La Sublime Communauté, Les six mondes d’Emmanuelle Han

La Sublime Communauté va-t-elle pouvoir se former ? La Sublime Communauté sert-elle à quelque chose  pour ce mondequi est en train de sombrer, où tout est bouleversé, que ce soit les humains ou la nature ? En tous les cas, même unis, il reste toutefois des personnes qui veulent contrôler le monde à n’importe quel moment. Emmanuelle Han répond à ces questions.

L’auteur reprend quelques informations du premier tome pour que le lecteur se rappelle bien de ce qui s’est passé. Toutefois, se rappeler est également facile vu les voyages des enfants et qui ils recontrent. A la lecture de ce second tome, je ne sais pas s’il sera poursuivi, j’aimerais bien savoir ce qu’il va vraiment advenir de ces trois jeunes, qui se sont trouvés et retrouvés. Ils ont chacun leur propre pouvoir. Mis en commun, cela leur permet de se protéger, de protéger.  Tous les trois vont également connaître des éléments de leur passé.

Le lecteur retrouve donc Tupà et Ekian qui ont passé une porte ensemble. Ils se retrouvent dans un endroit enneigé avec des Guetteurs. Mais ils veulent trouver l’Observateur et le père d’Ekian. Quant à Ashoka, il revient en Inde. Ils ne doivent pas également montrer que leurs pouvoirs ont évolué. Au fur et à mesure de leurs périples, ils vont en passer des portes et en repasser. Ils feront un véritable travail sur eux-mêmes car, au fur et à mesure, ils comprendront ce qui se passe au plus profond d’eux. Emmanuelle Han détaille parfaitement les caractères de ces enfants qui ont évolué, leurs colères, leurs peurs, la tristesse qu’ils ressentent mais aussi leurs forces. C’est également la possibilité de faire la paix avec ceux qui n’ont pas compris ce qui pouvait les motiver. Ce sont des rencontres importantes qui vont déterminer leurs actes.

Le lecteur souhaite qu’ils réussissent à vraiment trouver ces 6 mondes. Et ce sera une réelle surprise, qu’elle soit pour eux ou pour le lecteur. Monde imaginaire, certes, mais un tel contrôle de la planète, de l’humanité n’arrivera-t-il pas un jour ? Heureusement qu’il existe encore quelques personnes qui tentent de résister. Le but est cette Sublime Communauté avec le ralliement de tous et retrouver des us et coutumes ancestraux.

Le roman commence à se décanter au bout de 100 pages. Emmanuelle Han a, je pense, eu besoin de poser ses bases, de faire évoluer ses personnages, avec le développement de leurs pouvoirs, suite aux rencontres effectuées, aux évènements survenus. Le lecteur passe de porte en porte avec les trois personnages principaux. Ceux présents dans le premier tome sont également là. Leur participation à ce tome est tout aussi importante.

Je remercie Actes Sud Junior pour m’avoir permis de lire ce second tome et Emmanuelle Han pour la dédicace.

La Sublime Communauté, Les six mondes d’Emmanuelle Han

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-330-09603-8

 

Mon âme frère de Gaël Aymon

Mon âme frère de Gaël Aymon - Actes Sud Junior

Mon âme frère de Gaël Aymon – Actes Sud Junior

Résumé Mon âme frère de Gaël Aymon

Camille est au lycée. Depuis quelque temps, ses notes ne sont pas bonnes.

Elle est amoureuse de Yanis. Ils ne sont pas dans le même lycée.

Avis Mon âme frère de Gaël Aymon

Ce roman est le troisième mais il peut se lire indépendamment des deux autres. Toutefois, avec la qualité littéraire de ce roman, je vais tout de même m’empresser de lire Ma réputation et Oublier Camille.

Dans ce roman, on retrouve Camille, jeune lycéenne de seconde dans un lycée très recherché. Son avenir est tout tracé par ses parents. Un bac littéraire, une prépa et de grandes études. Mais est-ce que cela convient réellement à Camille , Ses résultats sont en chute libre. Pourtant, elle a les capacités pour réussir. Mais voilà, Camille est amoureuse et elle tente de passer autant de temps que possible avec Yanis. Camille et Yanis ne sont pas dans le même lycée, ils disposent donc de peu de temps pour se retrouver. Les parents de Camille ont décidé de sévir. La jeune fille est privée de portable et de sorties avec son petit ami. Elle commence donc à lui écrire.

Camille est une jeune fille qui se cherche. Elle ne sait pas encore ce qu’elle veut faire. Elle ne comprend pas ses parents et surtout son père qui semble être assez violent. Elle possède une analyse très fine des oeuvres littéraires et notamment de la condition des femmes en amour. D’ailleurs, elle déroute sa prof de français. Camille ne veut pas se conformer à ce que l’on attend d’elle. Elle veut être elle-même, elle ne veut pas étouffer. Elle ne veut pas que prendre mais aussi donner. Elle ne veut pas changer de caractère. Une jeune fille très forte qui a pris ses décisions seule même si cela fait mal. Une jeune fille honnête envers elle-même et envers les autres.

L’auteur, dans ce roman et avec Camille, nous montre que les adolescents vivent pour et par les réseaux sociaux. S’ils n’y sont pas, ils ont raté leur vie. Mais il suffit d’une prise de conscience que Camille aura en discutant, en échangeant, mais pas avec ses amis. Un roman qui montre que les femmes doivent être respectées, que ces jeunes filles qui deviennent des femmes ne doivent pas se cacher sous des tas de vêtements. Elles ont, quand même, bien le droit, de séduire et de se sentir belle et à l’aise dans leurs corps. D’ailleurs, Camille subira une situation qui la forcera à s’interroger sur elle, sur ce qu’elle a pu encourager ou pas et surtout ce que les garçons, les hommes ne doivent pas faire. Cela rejoint la condition des femmes dans les oeuvres littéraires écrites par certains hommes, certaines femmes. Les femmes restent passives face aux hommes violents. L’homme est pratiquement toujours présenté comme un Dieu ou avec des problèmes. Et il y a ce thème de la pornographie qui rabaisse les femmes, qui montre les hommes tout puissants, violents envers elles. Et les hommes sont friands du porno. Cela rejoint un reportage vu à la télévision le samedi avant ma lecture. L’auteur aborde également le thème des études imposées par les parents. Il faut que leurs enfants réussissent, prennent la voie royale, sans tenir compte de ce qu’ils veulent réellement. Il est vrai qu’à cet âge, certains enfants ne savent pas trop quel sera leur avenir. Mais les études, quelles qu’elles soient, peuvent mener à l’épanouissement d’un être. Et il y a toujours la possibilité de s’enrichir autrement.

J’arrive pratiquement toujours à trouver mon compte dans des livres destinés aux adolescents et c’est le cas avec celui-ci. J’ai beaucoup aimé cette jeune fille qui se cherche, qui va, enfin, pouvoir imposer ses choix à ses proches. Elle vit sous la plume de l’auteur. J’avais l’impression qu’il racontait la vie d’une jeune fille qu’il connaissait. Pour connaître les états d’âme, les questionnements, les envies des adolescents, il faut un tant soit peu l’avoir vécu. Si ce n’est pas le cas, bravo car tout est vraiment bien raconté et bon nombre de jeunes filles pourront se retrouver en Camille.

Je remercie Actes Sud Junior pour l’envoi et Gaël Aymon pour la dédicace.

Mon âme frère de Gaël Aymon

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 168

ISBN : 978-2-330-11142-7

Ueno Park d’Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Résumé Ueno Park d’Antoine Dole

C’est Hanami, la fête des Cerisiers. A Ueno Park, tout le monde s’y rend de bonne heure pour pouvoir profiter de l’arrivée du printemps et de l’éclosion des fleurs. C’est le cas également de huit jeunes japonais qui ne se connaissent pas.

Avis Ueno Park d’Antoine Dole

Nouveau roman pour moi d’Antoine Dole. Un roman qui nous emmène au Japon au moment de la fête des cerisiers, Hanami. Il nous retrace une tranche de vie de huit jeunes, garçons et filles. Huit jeunes qui souffrent dans ce Japon, loin d’être idyllique comme on pourrait le croire.

  • Ayumi est une jeune fille qui a passé deux ans de sa vie enfermée sans voir personne. Elle ne pouvait plus assurer ce que l’on demandait d’elle, d’être la petite fille parfaite.
  • Sora se maquille. Garçon, fille, il veut vivre comme il l’entend sans le regard méprisant des autres qui le jugent différent.
  • Fuko est une jeune fille atteinte de leucémie. Elle va mourir mais elle veut laisser de la joie à sa soeur et des souvenirs qu’elle pourra chérir.
  • Natsuko se fait payer par des hommes. Mais attention elle ne couche pas. Elle est en butte contre la concupiscence de ces derniers.
  • Haruko a vécu un tremblement de terre et un tsunami en 2001. Avec un père disparu, on attend beaucoup de lui, qu’il fasse aussi bien.
  • Daïsuké vend des crêpes. Il ne voulait pas étudier.
  • Aïri souhaite déclarer à Makoto qu’elle l’aime. Mais elle l’attend tant et plus. Viendra-t-il ?
  • Nozomi est SDF. Il a décidé de partir de chez lui pour éviter que sa mère s’échine tant et plus pour lui et sa soeur.

Beaucoup de pression sur les épaules de ces jeunes, beaucoup trop de pression. Cela me rappelle celle de la France dès le plus jeune âge pour les enfants, à l’école. Conditionnés pour réussir sinon ils sont laissés sur le carreau. Pas étonnant qu’il y ait autant de monde en pédopsychiatrie et psychiatrie. Beaucoup ne s’amusent pas, ils intériorisent énormément, comme dans Ueno Park.

Toujours être parfait, ne pas broncher, ne pas se révolter, toujours se taire. De toutes façons, personne ne comprendrait. Ce serait une mise au ban de la société, déjà régie par de nombreux codes. Selon l’histoire familiale, il est impossible de vivre leur comme ils l’entendent. C’est être seul mais entouré de beaucoup de monde. Est-ce propre aux pays d’Asie de ne pas se parler, surtout en famille ? Certains adultes travaillent beaucoup pour que leurs enfants puissent vivre. Ces derniers ont vite compris que leur destin était déjà écrit et qu’ils ne doivent pas  se confier. Seraient-ils de toutes façons entendus ? Difficile donc de faire valoir ce que l’on est, ce que l’on ressent au plus profond. Ces jeunes démontrent qu’ils ont une vie à laquelle ils doivent se soumettre.

L’arrêt des études et un petit boulot entraîne la perte des amis, l’impossibilité de prendre son indépendance et surtout ne plus être pris en considération par tous et le gouvernement. Ils ne comptent plus. Sont-ils plus malheureux que ceux qui travaillent de nombreuses heures et ne profitent pas de leur argent ?

Est-ce que ce renouveau de la nature peut être un renouveau d’une vie, d’une situation ? Ou est-ce que c’est vraiment éphémère comme cette floraison qui dure très peu de temps ? Antoine Dole dénonce l’absurdité, le fait que l’on n’accepte pas celui qui est différent, une violence qui peut être gratuite. Si jeunes, les peurs ne doivent pas être montrées. Et il y a également les situations vécues par les jeunes filles et les femmes. Ce qui aurait pu passer pour un moment merveilleux, à partager, soit Hanami, se trouve vraiment gâché par ces histoires qui font réfléchir. Mais le roman finit sur une note positive avec une très belle lueur d’espoir. J’ai beaucoup aimé lire ces histoires, réfléchir pas mal à tout ce que j’ai lu, à trouver des parallèles aussi. Petite question pour l’auteur. Chaque chapitre est dédié à un personnage. Est-ce que les inscriptions en dessous du nom correspondent au prénom japonais ?

Je remercie Actes Sud Junior pour cette lecture de la rentrée littéraire 2018 et surtout Antoine Dole pour la belle dédicace.

Ueno Park d’Antoine Dole

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 128

ISBN : 978-2-330-10827-4

Dancers de Jean-Philippe Blondel

Dancers de Jean-Philippe Blondel

Dancers de Jean-Philippe Blondel

Résumé Dancers de Jean-Philippe Blondel

Adrien danse, c’est sa vie. Il a 17 ans et cela fait des années qu’il danse, notamment chez lui où il a installé tout ce qu’il lui faut.

Mais il ne veut pas penser à Anaïs.

Avis Dancers de Jean-Philippe Blondel

Quand l’univers de la danse va unir au lieu de détruire. C’est mon deuxième roman, lu en peu de temps, qui a pour thème cet univers. Si certains éléments se recoupent, l’histoire est amplement différente. Ici, elle est servie par un magnifique trio de trois jeunes, une fille, Anaïs, et deux garçons, Adrien et Sanjeewa. Servie également par un auteur formidable qui sait manier les mots avec justesse, que ce soit pour raconter une tranche de vie, une passion mais aussi pour lancer quelques pavés dans la mare. Vous l’aurez compris, ce roman pour adolescents, publié pour la rentrée littéraire et lu en avant-première, est un coup de coeur pour moi. Je n’ai rien à redire quant à l’histoire et au style.

Ce sont donc trois adolescents qui ont chacun leur style en matière de danse. Adrien est le plus sauvage. Il a appris la danse grâce aux vidéos. Il dans à l’instinct et il fait passer de nombreux sentiments lorsqu’il danse. Cela lui permet de s’évader de cette vie pas facile pour lui. Adrien est en perpétuelle révolte et on comprend pourquoi. C’est un feu follet, il a une grosse colère prête à exploser. Et ce sera le cas, envers une des personnes qui a su l’apprivoiser. Anaïs est plutôt classique en matière de danse. Elle doit conserver le contrôle, elle doit tout régenter. L’improvisation n’a pas lieu d’être avec elle même si elle aime et sait reconnaître le talent. Sa vocation a été mise à mal pendant quelques mois donc Anaïs danse, pour son propre plaisir. Et le dernier est Sanjeewa. Ses parents ont immigré en France. Il est érudit et a appris le français grâce à son père, professeur, et donc il est un peu un ovni lorsqu’il utilise des mots que les autres ne connaissent pas. Lui, il appréhende la danse d’une autre façon que les deux premiers. Mais pour tous les trois, la danse est une véritable passion.

Adrien et Anaïs ont été amoureux. Anaïs a rencontré Sanjeewa et elle tente d’oublier Adrien. Ce ne sera pas Adrien qui révélera l’histoire mais Anaïs. Mais ce n’est pas facile. Un évènement malheureux va permettre aux deux garçons de se rencontrer. Ils vont imaginer une danse, rien que pour leur amie. Une danse qui fera passer de nombreux messages. Mais tous les messages ne passent pas par la danse. Adrien, en écoutant, Sanjeewa, s’en rendra compte. Cela permettra également à Anaïs de tenter de comprendre les faits qui se sont déroulés entre elle et Adrien. Deux garçons, une fille, un trio qui se retrouvera pour la plus belle des amitiés.

L’auteur détaille très bien cette compétition très importante, même dans le sport étude où il n’y a aucune entraide. Cela me rappelle une certaine faculté à ce sujet. Quant aux préjugés concernant les immigrés, ils sont bien là puisque Sanjeewa est Sri-Lankais. Ils prennent l’argent des Français, ils sont mal intégrés. Pourtant ils souffrent surtout lorsqu’ils quittent un pays où ils peuvent mourir. Les explications sont importantes sur toutes les coutumes. L’auteur nous offre quelques belles a sur notre société d’aujourd’hui qui exclut tous ceux qui ne sont pas dans la norme, la situation des jeunes et moins jeunes, la pauvreté. Mais aussi, la danse n’est pas réservée qu’aux filles.

Je remercie Actes Sud Junior pour cette avant-première. Je croyais déjà avoir lu cet auteur mais ce n’étais pas le cas. Là, au moins, c’est réparé.

Dancers de Jean-Philippe Blondel

Date de sortie : 22 août 2018

Nb pages : 163

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-10849-6