Météore d’Antoine Dole

Météore d'Antoine Dole - Editions Actes Sud Junior

Météore d’Antoine Dole – Editions Actes Sud Junior

Présentation Météore d’Antoine Dole

Il fait beau, le soleil est revenu. Mais ce soleil revenu, qu’elle voit dans les sourires des gens qu’elle croise, est-il revenu dans son coeur ? Elle a osé porter une robe pour aller faire quelques courses.

Mais ce soleil s’assombrit car elle est agressée, insultée par trois garçons. Pourquoi encore cette agression ?

Avis Météore d’Antoine Dole

Toujours agressée verbalement et physiquement. On pourrait penser, en lisant les premières pages, à du harcèlement scolaire. Mais c’est pire que ça. L’auteur nous en dévoile les raisons vers le milieu de ce roman écrit à la première personne. Car le lecteur se pose la question. Pourquoi autant de violences ?

Quand un enfant se sait différent dès son plus jeune âge. Qu’il ne comprend pas pourquoi on essaie de le cantonner dans une case. Quand il ne comprend pas pourquoi toutes les autorités, notamment scolaires, évoquent une déviance et que ses parents doivent le remettre dans le droit chemin.

Outre tout cela, bien écrit, bien détaillé, Antoine Dole nous démontre par la force des mots ce corps que l’on hait, que l’on cache, qui ne correspond pas à ce que l’on est réellement, à ce que l’on ressent dans son coeur. Une grande souffrance pendant de très grandes années. Une grande souffrance parce que l’on ne s’aime pas et c’est cela le plus dur. Passent encore ce que peuvent nous faire subir les autres, quand on n’a pas confiance en soi, quand on n’a pas l’estime de soi, c’est ça le plus dur. Les coups des autres sont moins violents que les coups que l’on peut s’infliger à soi-même. Quand on se sent autre, quand on se croit autre, quand on se sait autre et que le corps est complètement différent, il est impossible de s’accepter. Il suffit d’une rencontre, d’une belle rencontre avec un professionnel qui comprend, qui explique que le chemin pourra être long, surtout lorsque l’on n’est pas majeur. Et ensuite, avec soi, avec sa propre volonté, avec le fait de s’accepter et surtout en étant accompagné de la famille, de la mère, le passage ne se fera pas en douceur mais ce passage permettra de vivre la vie que l’on souhaite.

Les préjugés ont la vie dure surtout lorsque l’on est adulte et qu’on les subit. Mais les préjugés sont encore pires, lorsque l’on est enfant et que l’on grandit. Comment voir le soleil alors que tout est néant autour de soi, en soi ?

Un véritable plaidoyer pour toutes les femmes, quelles qu’elles soient. Ces femmes qui font avancer le monde, ces femmes qui endurent les plus vils sévices, les femmes qui luttent pour toutes les conditions, les femmes qui ont en définitive le pouvoir, car elles donnent la vie, elles apportent l’amour. Un véritable plaidoyer pour tous ceux qui n’ont pas le corps qu’ils souhaitent, qui se sentent mal dans ce corps. Malgré cette violence, le déni face à ce corps, les violences infligées à ce corps, il n’y a jamais eu la pensée de passer à l’acte irréversible. Une très grande force de caractère, tout de même. Mais si cela avait duré au-delà de ses 16 ans, sans trouver l’aide adéquate, n’aurait-elle pas voulu en finir ?

Un livre qui démontre tout de même que l‘espoir est toujours là, qu’il faut continuer pour pouvoir croire en soi, s’accepter, s’aimer pour ce que l’on est réellement. Car comme l’écrit l’auteur par la voix de son personnage, le corps n’est qu’une enveloppe et ne démontre pas qui l’on est réellement, quelle personne on est.

Antoine Dole sait écrire pour les adolescents, mais également pour tous ceux qui lisent ces livres. Et ce sont des sujets d’actualité qui touchent aussi bien les jeunes que les adultes.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior et aussi l’auteur pour sa belle dédicace.

Météore d’Antoine Dole

Date de sortie : janvier 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 65

ISBN : 978-2-330-13036-7

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Kill Screen de Joel A. Sutherland - Actes Sud Junior

Kill Screen de Joel A. Sutherland – Actes Sud Junior

Résumé Kill Screen de Joel A. Sutherland

Elle entre dans une cabane et ce n’est pas la première fois. Que va-t-elle trouver cette fois-ci ? Va-t-elle encore mourir face à cet esprit ancien ? Elle veut le tuer ou l’exiler car auparavant elle est déjà venue à bout de toues les autres esprits.

Sauf qu’elle meurt pour la 109ème fois.

Avis Kill Screen de Joel A. Sutherland

Eve, surnommée V, voit des fantômes et fait des rêves prémonitoires. La jeune adolescente culpabilise énormément car elle n’a pas pu empêcher la mort de ses parents dans un accident de voiture, il y a deux ans. Elle vit avec sa grand-mère et a laissé tomber le sport à l’école pour se consacrer aux jeux vidéos dont elle est addict, notamment ce dernier jeu Kill Screen, qu’elle recommence inlassablement jusqu’à vaincre La Fumerolle. Et lorsqu’elle y arrive, après avoir lu les mots sur l’écran, le monde bascule. Selon un fantôme, elle a permis à La Fumerolle, d’être libérée. Le but de cette dernière est d’anéantir le monde des vivants.

Après des menaces, certains fantômes se transformeront en alliés, notamment la conceptrice du jeu. Mais cela ne sera pas sans dégâts. Eve et son ami vont utiliser les moyens à leur disposition, sel et objets en métal pour tenter de détruire ceux qui veulent faire du mal. Pour Eve, ce n’est qu’un jeu qu’elle transpose dans le réel. Mais elle voit ceux qu’elle aime souffrir et tentera, par tous les moyens, de les sauver. Une belle entente, réciprocité pour vaincre le mal. Mais l’ont-ils réellement vaincu. La fin semble promettre une suite. Est-ce que je me trompe ?

On plonge dans l’histoire dès les premières pages. On s’interroge sur ce qui arrive car quand l’auteur aborde la mort et plusieurs essais pour vaincre, le lecteur ne s’imagine pas ce qui l’attend, surtout s’il n’a pas lu la 4ème de couverture comme moi. Suspense entier.

Un bon petit roman pour jeunes adolescents avec tous les ingrédients nécessaires, les jeux vidéos, deux ados très différents, mais amis depuis de nombreuses années. Mais aussi un ado qui a vécu un drame dans sa vie et qui ressent cette culpabilité qu’elle cache aux autres via une attitude un peu bravade. Ils n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Rester ensemble côte à côte leur suffit. Ils vont unir leurs forces, leurs connaissances pour que leur monde ne soit pas anéanti. En plus, il y a un fond d’un monde caché, irréaliste pour nous. Forces obscures, esprits, fantômes sont toujours des sujets qui peuvent avoir du succès auprès des lecteurs et aussi pour certaines personnes. Une course contre la montre contre les méchants en espérant que ceux qui veulent le bien vont réussir. Ils oscillent tout de même entre doute et euphorie après certaines victoires. Mais ils repartent de plus belle et n’abandonnent pas.

C’est mon deuxième roman de cet auteur. J’ai réellement préféré le premier lequel je pense s’adressait à un public un peu plus âgé que pour Kill Screen. En tous les cas, j’ai passé un bon petit moment de lecture.

Je remercie Actes Sud Junior.

Kill Screen de Joel A. Sutherland

Date de sortie : 2 octobre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 166

ISBN : 978-2-330-12794-7

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Aigre Doux de Wilfried N'Sondé

Aigre Doux de Wilfried N’Sondé

Résumé Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Des amis se retrouvent, mais comme toujours reste un peu à l’écart. Lui suffit d’être avec son ami.

Une question sur son origine, réponse colérique et s’enfuit.

Avis Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Pas besoin d’un grand nombre de pages pour dénoncer le racisme, la stigmatisation, les questions qui font mal parce que l’on est différent. C’est ce qui arrive à cette jeune fille qui accompagne un ou une amie, je pencherai pour le premier, même si elle reste en retrait. Une seule question sur ses origines et elle se met vivement en colère et part.

Partir, oui et regretter et attendre. S’interroger sur soi, sur sa vie, sur cette absence qui fait mal. Ce roman parle de la couleur de peau, certes, mais il ne se cantonne pas qu’à ça. Il parle de ces jeunes qui sont différents, de ces jeunes qui se cherchent. Un comportement, des vêtements qui ne révèlent pas leur moi profond. Originalité vestimentaire, comportement qui se remarque et qui engendre de nombreuses réflexions. Réflexions, stigmatisation, violences verbales qui font mal, très mal. Est-ce que tout cela est dû à sa couleur de peau. Personnellement, je ne le pense pas. Quand on ne correspond pas à la norme, on subit de nombreux rejets. Ces jeunes doivent toujours se justifier, ils ne sont jamais écoutés. Mais si on gratte un peu, on peut voir le manque de confiance en soi, les nombreux complexes, on peut accepter certaines choses des gens proches, mais pas de la famille. En effet, avec une mère trop présente, qui donne trop de conseils, les conflits sont continuels et cette jeune fille en devient méchante. Elle se venge sur sa mère de cette absence qu’elle subit, de cet absent à qui elle ne peut pas dire ce qu’elle pense. Elle essaie de se protéger de tout et de tous.

Lorsque l’on est jeune et que l’on subit tout ça, la pensée du suicide n’est pas loin. Mais on peut également rêver de son avenir. Pourtant le conditionnement pour réussir à l’école est continuel. Quand on veut sortir de tout cela, il suffit de prendre une décision, mais seulement pour soi.

Racisme, relations, réactions démesurées, manque de confiance en soi, stigmatisation, exclusion, cataloguer, manque de confiance en soi, normalité, la jeunesse passe, très souvent, un cap difficile.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Aigre-Doux de Wilfried N’Sondé

Date de sortie : août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 416

ISBN : 9782330124311

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski, présentation de l’éditeur

Le récit bouleversant et authentique de l’itinéraire semé de drames et d’obstacles qui a mené en France un jeune adolescent guinéen.

Vers l’âge de dix ans, Mamadou a quitté la Guinée avec sa mère pour rejoindre son père qui travaillait en Libye. Ils y ont passé quelques années paisibles jusqu’à la guerre civile. Les parents de Mamadou meurent dans une explosion et il se retrouve seul, à quatorze ans. Il va survivre deux ans en travaillant pour un exploiteur libyen, avant d’être embarqué sur un Zodiac bourré de migrants en partance pour la côte italienne. Recueilli par les Italiens, il entreprend ensuite la traversée clandestine des Alpes, résolu à venir en France. L’accueil des Français est mitigé. De Chambéry à Carpentras, Mamadou va connaître les foyers, les interrogatoires interminables, la radio du squelette pour déterminer s’il est mineur, sans compter l’obstacle de la langue, de l’administration et le handicap de ne savoir ni lire ni écrire. Car le souhait le plus cher de Mamadou, c’est d’étudier. Aidé par Nadia Goralski, il apprend à lire et à écrire, fréquente le collège, s’initie à un métier. Il ressent alors le besoin de raconter son périple, d’exprimer les douleurs retenues. C’est à Nadia qu’il se confie, c’est elle qui sera sa plume. Elle s’est attachée à restituer la voix de Mamadou dans sa simplicité, sa poésie, et même sa maladresse. Car rien mieux que cette voix ne peut nous faire comprendre la dureté de ce parcours et l’énergie de vivre qui habite ce jeune homme.

Avis Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Je n’ai pas pu apprécier ce témoignage autant que j’aurais dû. En effet, jusqu’à la page 31, 2 pages sur 4 étaient imprimées. D’autres étaient blanches. Donc, j’avais peu d’éléments quant à sa vie en Guinée, son arrivée en Lybie et les affrontements qui ont eu lieu lorsqu’il a perdu ses parents.

C’est donc l’histoire vraie d’un migrant, qui a tout perdu, notamment sa famille. Comment un jeune homme qui parle très peu le français peut arriver à s’en sortir ? Ce sont ses mots, des mots que l’on pourrait penser tirés d’un enfant. Mais ce sont les mots d’un jeune homme qui apprend une langue, qui garde ses souvenirs enfouis en lui.

De Lybie, il n’a su qu’au dernier moment où il partait. Il a vu les rues jonchées de morts à cause de la guerre. Il a vu la mer jonchée de morts à cause de ces bateaux remplis plus qu’il n’en faut de migrants. Ensuite, cela a été son arrivée en Italie où il ne comprenait pas la langue, où il a subi divers examens, tout comme en France. Franchement, en lisant cela, on peut comprendre ce que vivent ces personnes qui cherchent un meilleur avenir. Il y a, certes, la barrière de la langue, mais ils peuvent tomber sur des bureaucrates qui n’ont rien à faire dans ces bureaux, qui obéissent peut-être aux ordres, mais qui n’ont rien d’humain.

D’un autre côté, heureusement qu’il y a de belles rencontres, que les Français, mais aussi les Italiens, ont un sacré sens d’aide envers leurs prochains. Ce jeune homme, Mamadou, a su s’intégrer grâce à sa forte envie d’apprendre, de faire des études. Grâce à son sourire, ses rires, Mamadou a su se faire des amis.

Une très belle leçon de courage, une très belle leçon de vie, une très belle leçon d’aide. Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Date de sortie : septembre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 90

ISBN : 978-2-330-12571-4

J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

J'ai tué un homme de Charlotte Erlih - Actes Sud Junior

J’ai tué un homme de Charlotte Erlih – Actes Sud Junior

Résumé J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

Elle est enfermée dans un hôpital psychiatrique où elle raconte comment elle a tué un homme. Se dit anarchiste, combat le nationalisme, le fascisme.

Arthur est élève à Henri IV, il a 14 ans. Il est solitaire, travailleur, il est hospitalisé.

Avis J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

Un livre est-il conditionné à notre vie personnelle ? Oui, je répondrai oui. J’ai vraiment eu du mal à entrer dans ce roman, surtout la partie de ce jeune adolescent qui se prend pour une femme qui a tué. J’ai eu du mal à m’accrocher au début. Je ne comprenais pas trop. Le reste a été lu très rapidement, car il traite de la santé mentale chez les jeunes gens. Je suis impliquée car je le vis au quotidien. Ce n’est pas la même maladie qu’Arthur. Je ne dirai pas qu’elle est moins grave. Car toutes les maladies psychiatriques le sont, même si elles sont en prises en charge par d’éminents spécialistes. Mais lorsque l’on n’arrive pas à trouver le traitement adéquat, cela engendre énormément de soucis. J’ai fini ce livre au moment où je me sentais très mal, où je me posais beaucoup de questions suite à une décision prise. Bref, j’étais dans un état émotionnel assez compliqué.

Arthur est un jeune garçon de 14 ans, brillant, qui a intégré le célèbre collège Henri IV à Paris. Arthur est un garçon seul, il n’a aucun ami, il a la tête plongée dans ses livres, poussé en cela par sa mère. Tiens, cela me rappelle quelqu’un. Mais Arthur, féru d’histoire, ne reconnait plus le nom de ceux qui vivent avec lui. Il est hospitalisé dans une unité psychiatrique. Il se prend pour une femme, anarchiste, qui a tué un homme.

L’auteur traite de la maladie mentale chez les jeunes. Ils sont plus nombreux qu’on le croit. Outre, mon expérience personnelle, j’entends pas mal de conversations dans les transports en commun. Et j’entends que nombreux sont ces jeunes à souffrir. La psychiatrie, malgré les avancées, est toujours aussi mal perçue. C’est un monde qui fait peur. Très vite, les malades sont traités de fous. Le regard doit vite changer à ce sujet. C’est un monde qui fait peur. Et comme pour tout le reste, elle peut toucher n’importe qui, des gens qui, en apparence, n’ont personne dans leur famille, atteints de troubles psychiatriques. Elle touche également quand on a quelqu’un de malade dans sa famille. Ces maladies sont tyranniques pour ceux qui en sont atteints et ceux qui vivent avec quelqu’un de malade. L’auteur nous relate l’histoire de la mère qui a beaucoup souffert également car elle a fui son pays ravagé par la guerre. Culpabilité, colère et bien plus. Elle a reporté sur son fils tous ses espoirs de réussite. Est abordé également le thème de l’hôpital avec le manque de lits, de personnel, d’argent et le fait que les malades sont renvoyés chez eux, pas forcément guéris. Un personnel qui a perdu la foi face à tout ça. Comment peut-on travailler dans de bonnes conditions ? Il y a également ces jeunes qui n’ont pas encore l’esprit de compétition, même dans un collège prestigieux. Ils ont un vécu difficile et ce vécu leur permet d’aider leur prochain. Belle image d’entraide.

Et Arthur dans tout ça ? Arthur est malade, il le sait. Il devra vivre avec sa maladie et surtout apprendre à vivre avec elle.

En peu de pages, l’auteur traite un sujet qui peut être difficile à appréhender. Mais chacun peut s’y retrouver. Les mots sont nets, réalistes J’espère qu’ils permettront aux gens, aux jeunes surtout de changer leur regard sur les autres. Ces jeunes qui sont en construction mais qui sont capables de réfléchir.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior et Charlotte Erlih, que je retrouve ici, pour sa dédicace.

J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

Date de sortie : 28 août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 127

ISBN : 978-2-330-12436-6

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Premier arrêt avant l'avenir de Jo Witek - Editions Actes Sud Junior

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek – Editions Actes Sud Junior

Résumé Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Pierre est à la gare, entouré de sa mère et ses deux frères. Il doit partir pour Paris. Au dernier moment, son grand frère lui donne de l’argent.

Il monte dans le train, ne sait pas s’il a fait le bon choix de partir, mais il doit intégrer la classe prépa d’Henri IV. C’est un véritable honneur suite à son bac obtenu avec mention et deux prix prestigieux. 

Dans le train, Pierre fait la rencontre d’une jeune fille qui n’a pas payé son billet de train.

Avis Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Quand on a 18 ans, sait-on ce que l’on veut faire ? Pour Pierre, l’avenir est tout tracé. Un bac avec mention, des prix prestigieux, les félicitations des plus hautes instances, la fierté de ses parents, de son ancienne institutrice. C’est bientôt la rentrée et il doit intégrer la prépa Henri IV. Toutefois, avant, il est attendu pour une semaine de préparation. Mais une rencontre, dans un train allant à Paris, va changer le jeune homme.

Pierre est natif du sud, d’une petite ville de l’Hérault qui a élu un maire de l’Extrême Droite. Depuis son plus jeune âge, il est différent des autres garçons. Il travaille tant et plus, il bûche pour s’en sortir. Il est issu d’une famille d’ouvriers portugais qui a peu d’argent. Immigration, manque d’argent, ville du sud, tout est fait pour ce genre de garçon ne s’en sorte jamais dans la vie. En plus, il est extrêmement solitaire, a subi divers quolibets de la part des uns et des autres. Face à tous, Pierre est un ovni. L’avenir est tout tracé pour lui ? L’a-t-il réellement choisi ? Lors de cette rencontre avec Olympe et une panne de train, Pierre va prendre une grande décision. Il va suivre cette jeune fille et découvrir des jeunes gens avec de la suite dans les idées, profondément érudits, très intelligents qui ont décidé de mettre en suspens leur études pour un long voyage humanitaire.

Pendant quelques jours, on va suivre ce jeune homme, profondément gentil, profondément humain et qui, par le hasard de cette rencontre, va se révéler à lui-même, grandir, prendre des décisions, se questionner sur son avenir. Il va également échanger et se rendre compte que tout peut être lié, au niveau études. Il va rencontrer des jeunes gens avec qui il peut échanger, dont les dialogues vont les enrichir les uns, les autres. Cette rencontre est-elle un hasard dans la vie de Pierre ? Pour une fois, Pierre ne sera pas jugé par ses pairs. Il est leur égal. Il avait très certainement besoin de ça pour comprendre sa famille, ses frères et les autres êtres humains. Il va également s’ouvrir aux conditions sociales des autres, à la politique car ce qu’il apprend, ce qu’il aime recèle également des études sur le genre humain.

Roman scientifique, certes, mais pas que. Lorsqu’une rencontre change un être humain. Cela peut être à tout âge, mais à 18 ans, on se construit, on peut évoluer et en faire profiter les uns et les autres. L’auteur nous détaille également un amour naissant pour un jeune homme qui n’a fait qu’étudier, qui n’a jamais pu s’ouvrir aux autres, qui n’a pas raté, toutefois, son adolescence. Nous avons également ces jeunes gens, issus de familles socialement défavorisées, à qui l’on fait ressentir les faveurs qui leur sont accordées lorsque l’on se destine aux grandes études. Nous avons également des jeunes gens, souvent incompris par leurs familles, qui veulent faire le bien autour d’eux, qui ont eu très grande conscience humaine. Avec eux, l’avenir n’est pas sombre même si les gouvernants obéissent à de nombreux lobbys. La jeunesse est l’avenir d’un pays, elle a de très grandes idées qui peuvent être mises à profit.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi et l’auteur pour sa dédicace.

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Date de sortie : 28 août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 224

ISBN : 978-2-330-12441-0

Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage de Vincent Mondiot - Editions Actes Sud Junior

Rattrapage de Vincent Mondiot – Editions Actes Sud Junior

Résumé Rattrapage de Vincent Mondiot

Elle a des épreuves de rattrapage du bac à l’oral. Mais elle n’a rien révisé et préféré faire la fête, le samedi soir, avec tous ses amis qui avaient eu leur bac.

De toutes façons, il semblerait qu’elle n’en a plus rien à faire. Cela fait un moment qu’elle a passé un cap.

Avis Rattrapage de Vincent Mondiot

Rattrapage du bac ? Rattrapage d’une action passée lorsque l’on se trouve face à la personne qui a subi des dommages ? L’un ou l’autre ? Ou bien les deux ?

Est-ce que le harcèlement scolaire me parle ? Bien évidemment. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été harcelés par leurs camarades. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés car trop de pression de la part des équipes pédagogiques. Je pense à tous ces jeunes qui sont passés à l’acte, se sont suicidés parce qu’ils ont été victimes de harcèlement par le corps professoral. Personnellement, je n’ai jamais vécu ces situations. Je n’ai jamais été populaire, j’avais peu d’amis étant trop timide. Ma fille a vécu du harcèlement de la part d’un professeur. Mais ce n’est pas le sujet ici. Je me rappelle également College Boy, d’Indochine, qui relate le harcèlement scolaire. Paroles et clips ont provoqué un tollé mais ils racontaient la vérité. Un gros aparté sur ce roman qui s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes.

Vincent Mondiot met les mots là où cela fait mal. On ne connait pas le prénom de cette jeune fille qui passe l’oral de rattrapage et qui retrouve un garçon qui était dans sa classe et qui a dû abandonner le lycée. Pour elle, ce seront des souvenirs de leur enfance, même s’ils n’avaient rien en commun, des souvenirs de ce qui a été fait durant ces premiers mois de l’année du bac et surtout pourquoi elle doit passer cet oral car ses résultats ont été en chute libre depuis l’évènement. Elle a été la reine, elle a été populaire, elle s’est moquée des autres avec toute sa bande sur les réseaux sociaux. Entre introspection, le paraître, ironie, le harcèlement scolaire sur les réseaux sociaux, elle s’insulte, se cherche des excuses, se sait et se rend coupable. Avec des titres de tableaux qui expliquent cette jeune fille et ses pensées.

Je n’ai pas éprouvé de l’empathie pour cette jeune fille, ni pour ce garçon, en définitive. Pourtant, lorsqu’ils se retrouvent et qu’ils arrivent à discuter, il a une attitude plus qu’honorable qui pourra peut-être faire réfléchir cette jeune fille. Je suis la première à prendre la défense de tous ces jeunes, sauf en ce qui concerne le harcèlement. A cet âge, on doit savoir ce qui est bien, ce qui est mal, même si à plusieurs, on est entraîné sur le chemin des bêtises. Ce livre nous montre également que les administrations pédagogiques ne font pas leur travail. Oui, elles ont pris des sanctions. Mais par rapport à ce qui s’est passé, je trouve qu’elles ne sont pas énormes. Les sanctionnés ont-ils appris de leurs erreurs ? Est-ce dû également à une différence de classe sociale ?

Avec Rattrapage, je retrouve un Vincent Mondiot comme j’aime. J’aime son style d’écriture, fin. Il analyse différents comportements et je pense que son but est de faire réfléchir et non de juger. En tous les cas, cela a pris, encore une fois, avec moi. Pas de jugements peut-être parce que je suis plus âgée. Quoi que cela ne veut rien dire. A tout âge, on juge sans connaître. On a tous des préjugés et dans ce cas-là, ce n’est pas mon cas.

Je remercie l’auteur pour sa dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Rattrapage de Vincent Mondiot

Date de sortie : avril 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 79

ISBN : 978-2-330-12100-6