Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

Le loup des cordeliers d'Henri Loevenbruck - XO Editions

Le loup des cordeliers d’Henri Loevenbruck – XO Editions

Présentation Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

Une jeune femme est agressée en rentrant chez son employeur. Mais elle est sauvée par un loup et un personnage fantôme.

Gabriel arrive à Paris. Il a 23 ans. Il fait partie de la petite bourgeoisie d’Evreux. Il a déjà écrit un livre. Il veut devenir journaliste et se rend chez son oncle, le frère de sa mère.

Avis Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

J’attendais avec grande impatience de me plonger dans le dernier Henri Loevenbruck. C’est chose faite mais j’ai eu du mal à entrer dans ce roman dû à une très grosse fatigue. Je n’arrivais à lire que quelques pages le soir. Mais dès le départ, j’ai été subjuguée, encore une fois, par le style de l’auteur dont l’écriture colle bien à l’époque de la Révolution. Un roman, dès le départ, qui explique très bien, ce qui se passe sur ces débuts de la fin du règne de Louis XVI, sans compter les notes de bas de pages qui donnent encore plus d’explications. Henri Loevenbruck a l’art de passer d’une époque actuelle, comme pour J’irai tuer pour vous, à de grandes fresques historiques, un régal comme L’Apothicaire, pour ne citer que ceux-là.

Qui sont ce loup et cette figure effrayante qui défendent les personnes dans le besoin, des personnes qui subissent des agressions ? Pourquoi exercent-ils une vengeance ? Lorsque j’ai découvert l’identité du Loup des Cordeliers, à la toute fin, cela a été comme une évidence, même si je n’avais aucune idée de son identité. Sauver, aider ceux qui sont dans le besoin, quoi de plus normal pour ce Loup des Cordeliers puisqu’il semble une quantité non négligeable et qu’on ne fait pas attention à lui, qu’il se fond dans le décor dans la vie de tous les jours.

Gabriel Joly a toujours voulu écrire. Il rêve de devenir journaliste. Il est en quête de vérité. Il arrive à Paris pour travailler dans le journal de son oncle et au grand dam de son père. Mais pour apprendre son métier, il est cantonné à la revue spectacle. Toutefois, au fil de ses rencontres, il va avoir affaire à des personnages importants, des personnes qui vont devenir ses amis. Et surtout il  a connaissance d’un horrible meurtre dont les principaux protagonistes sont un loup et une figure effrayante. Il n’aura de cesse que de découvrir la vérité. Car Gabriel oeuvre pour la vérité, pour que tout le monde sache. Il ne veut pas faire partie de ces journalistes à la solde d’un roi, d’un gouvernement… Il veut que les faits soient connus de tous. Mais il n’écrira que lorsqu’il sera sûr de lui. Il s’allie avec un policier pour cette enquête sur le loup mais aussi avec un pirate. Il a les yeux partout, il sait obtenir ce qu’il veut. Il est profondément érudit, il a beaucoup lu.

Même si Henri Loevenbruck donne une grande part à Gabriel, l’autre personnage principal est une femme et c’est Anne Josèphe Terwagne. Elle est une femme libre, libérée, qui semble avoir vécu pas mal d’aventures auparavant. Une femme qui semble avoir souffert et qui prend fait et cause pour la cause des femmes. Mais ici, juste aux prémices de la Révolution, elle sera de toutes les assemblées, elle suivra cette révolution de près. Et elle gêne beaucoup de monde. 

Au risque de blesser l’auteur, Henri Loevenbruck, je n’ai pas eu de réel coup de coeur pour ce roman, car je n’ai pas eu de réelle affinité avec les deux personnages principaux. Cela n’a pas été comme pour L’apothicaire ou encore J’irai tuer pour vous. Par contre, quel plaisir de lire toutes ces pages. J’ai visité Paris, en ce temps-là, j’ai assisté aux premiers temps de la Révolution, j’ai été au coeur du pouvoir et de ses intrigues. Car, Henri Loevenbruck sait raconter. Il a un talent indéniable pour se plonger dans cette époque et permettre à son lecteur de visualiser tout ce qui se passe. L’écriture respecte également le ton de l’époque. C’est ce que j’aime dans un roman, me faire mon film grâce aux écrits de l’auteur. Et si ce n’est pas un réel coup de coeur, Henri Loevenbruck nous fait partager de nombreuses situations humaines, politiques, sociétales. Situations que l’on peut, encore retrouver de nos jours. Car l’Histoire est un éternel recommencement, non ? Comme le journalisme, la cause des femmes et notamment des prostituées, les enfants victimes d’abus sexuels, notamment de l’Eglise, ces écarts entre les riches et les pauvres et ces derniers qui manifestent, se soulèvent. Un roman énormément riche en Histoire, en visites de Paris, à pratiquement tous les coins de rues.

Les personnages sont vivants, que ce soit par leurs actions, leurs paroles. Et qu’ils soient connus ou pas, j’avais l’impression de bien les connaître, de comprendre leurs états d’âme. Comme pour Louis XVI et Marie-Antoinette. Car les livres consacrés à la Révolution, comme les romans, ne les rendent pas aussi proches du lecteur.

Au fil des pages et à mesure que j’arrivais à la fin, je me disais cela ne va pas finir. Même si on arrive pratiquement au dénouement d’une histoire, l’auteur ne peut pas nous laisser comme ça. J’ai du flair car l’histoire est à suivre même si le lecteur connait l’identité du Loup des Cordeliers, identité, franchement que je n’ai pas vu venir. Je n’ai pas le flair, ni l’étude des détails de notre cher journaliste. Je devrais donc être obligée d’acheter et lire la suite. Et j’espère avoir l’occasion de rencontrer Henri Loevenbruck et de faire dédicacer un de ses romans en ma possession.

Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

Date de sortie : 24 octobre 2019

Editeur : XO Editions

Nombre de pages : 554

ISBN : 978-2-84563-875-4

Erectus de Xavier Müller

Erectus de Xavier Müller - XO Editions

Erectus de Xavier Müller – XO Editions

Résumé Erectus de Xavier Müller

En Afrique du Sud, l’alarme d’un laboratoire résonne. Tout le monde évacue. Seul le gardien ne part pas de suite. Il vole un animal.

Cathy, biologiste, doit partir en vacances. Mais des analyses arrivent. Elle ne s’attend pas à ce qu’elle voit.

Avis Erectus de Xavier Müller

Erectus, quand l’humanité régresse à cause d’un virus inconnu. L’homme infesté redevient ce qu’il a été des millions d’années. Il a tout perdu. Et comme dans toute société, il faut combattre les plus faibles, ceux qui sont différents. Il est impossible de vivre avec eux car ce que l’on ne connait pas fait peur. Les chercheurs n’ont pas le temps de mettre au point un vaccin pour tenter d’enrayer cette pandémie, pire que le virus de la grippe aviaire. De toutes façons, nombreux sont ceux aux plus hautes instances à considérer ces Erectus autres que des hommes même s’ils font partie d’une famille, qu’ils ont connu des sentiments. Cela se joue au niveau international. Certaines voix scientifiques, malgré les analyses, ne sont pas entendues. Cette pandémie est une véritable course contre la montre. Au départ, elle ne devait pas s’étendre, mais il fallait trouver le foyer de la pandémie et comment il a pu traverser les mers, les océans et créer le chaos sur tous les continents. Cette régression des espèces, même si elle est étudiée, va à l’encontre de la science, tournée vers l’avenir.

Au départ, je n’ai pas été très enthousiaste. Mais il a suffi de quelques pages pour que je sois plongée dans ce fabuleux roman, très addictif, pour lequel je frôle le coup de coeur. La plume est belle, réellement documentée car le fond de l’histoire est vraie. On se prend d’affection pour les personnages principaux et secondaires. Anna est paléontologue. Elle est en butte avec sa hiérarchie car ses idées hérissent tout le milieu scientifique. Elle vit une relation avec un homme dont elle est profondément amoureuse. Mais ils sont souvent éloignés et leur relation devient chaotique. Anna est mandatée par Stephen, qui travaille à l’OMS, pour se rendre en Afrique du Sud pour étudier cet éléphant qui a muté. Elle doit travailler avec un collègue de Stephen. La confiance règne entre ces êtres. Ils s’écoutent, ils avancent ensemble. Les rencontres faites vont donner naissance à de l’amitié réelle et sincère. Toutefois, au niveau international, ce n’est pas la même chose. On n’écoute pas. Il est difficile de se faire entendre, se faire comprendre. Tout le monde veut éviter la psychose, le confinement. Mais quand la nature change, il est impossible de se taire.

Outre les gouvernements, les grandes instances, en ces temps modernes, les réseaux sociaux et les médias font très vite monter la température. Entre ce qui est raconté, vrai ou faux, les gens vont monter au créneau. La peur joue beaucoup. Ce seront de véritables scènes de guérilla. Quant aux journaux, si on ne leur donne pas ce que l’on souhaite, si les engagements ne sont honorés, ils courent après le scoop. Lorsque cela concerne des revues scientifiques, les articles sont tout de même étayés d’enquêtes approfondies.

Dans ce roman, très bien fouillé, j’ai vraiment aimé que l’auteur consacre une part à la vie des Erectus, que ce soit eux qui montrent comment ils réagissent face aux humains, quelle peut être leur vie.  Sont-ils des humains ou ont-ils tout simplement régressé ? Ils sont deux, Anna et un jeune garçon en Afrique du Sud, profondément attaché à son grand-père, qui tentent de les comprendre, de communiquer avec eux.

Je remercie Net Galley et les Editions XO pour cette lecture. L’espèce humaine va-t-elle vraiment régressé ? Telle est la question. Et si elle régresse, se suffira-t-elle à elle-même ? Est-elle vouée à l’extinction ? Le roman apporte une belle réponse qui nécessite une suite.

Erectus de Xavier Müller

Date de sortie : 8 novembre 2018

Editeur : XO

Nombre de pages : 369

ISBN : 9782845636170

La rivière de l’oubli de Cai Jun

La rivière de l'oubli de Cai Jun

La rivière de l’oubli de Cai Junromansro

Résumé La rivière de l’oubli de Cai Jun

Shen Ming est professeur de chinois depuis trois ans. Il travaille dans le lycée où il a fait ses études. Il doit se marier et quitter cet emploi de professeur.

Il retrouve une de ses étudiantes assassinée. Des rumeurs ont couru sur eux deux. Shen est très vite suspecté. Après dix jours, il perd tout.

Avis La rivière de l’oubli de Cai Jun

Assez déstabilisant cette histoire de mort et de revenant, même si le sujet ne me déplait pas. Mais quand on s’y fait, cela passe surtout pour ce qui arrive à Shen Ming et sa réincarnation en Si Wang si j’ai bien compris. Hasard ? Destin ? Car pour ce passage, tous les souvenirs sont abolis, sauf peut-être la culture. Assez déstabilisant également ces retours en arrière et surtout ces nombreux personnages. Le problème avec une liseuse c’est que c’est difficile de revenir en arrière, au contraire des livres papiers pour se rappeler qui est qui et qui fait quoi. Pour relire ce livre j’attendrai qu’il sorte en poche et même pour le premier de l’auteur.

Une rencontre qui va révéler beaucoup de choses. Un enfant qui devient l’image de marque d’une société, le groupe d’éducation Erya. Une femme Gu Qiusha qui après avoir perdu son fiancé, auquel elle pense toujours, s’attache neuf ans plus tard à un enfant. De l’amour, beaucoup d’amour et surtout comme un sentiment de connaître Wang Er. Mais cela ne dure pas longtemps. Si Wang retourne chez sa mère et continue ses études. Enfant brillant mais qui ne se lie avec personne. Au cours de son enfance et de son adolescence il va rencontrer divers personnages qui ont jalonné la vie de Shen Ming. Rencontres fortuites ou préméditées ? Pareil pour les lieux. C’est un véritable retour en arrière, un retour en enfer, mais le présent est également très difficile. Je n’ai pas eu trop de mal à me faire à ce professeur, Shen Ming, et ensuite ce garçon qui grandit, Si Wang. La vie de Si Wang, enfant, avec sa véritable mère, He Qingying, on constate au fur et à mesure de sacrés changements. Une mère qui a essayé, toujours, de le protéger. Mais elle connaissait vraiment mal son fils.

Ce roman est le roman des secrets qui sont révélés au fur et à mesure et il y a en a beaucoup, jusqu’à la fin. C’est également le roman des trahisons, qui changent la donne pour tout le monde, de différents meurtres, d’amitiés qui se lient mais aussi de l’amour, interdit ou qui était prévisible. Les trahisons également et cela change absolument la donne pour tout le monde.

J’ai été vraiment déstabilisée par les noms chinois, qui commencent presque tous, dans ce roman, par Si et vu qu’ils sont en début de phrase, je vous laisse imaginer la suite. Il y a également le tutoiementPar contre, je dois reconnaître l’érudition de l’auteur. Je ne suis pas adepte des auteurs chinois, sauf celui de l’Inspecteur Chen, que j’adore et que je lis avec énormément de plaisir Qiu Xialong. Les deux auteurs ne sont pas comparables, sauf dans les nombreux vers de poésie, la littérature chinoise et aussi la littérature européenne ou même américaine.

Ma critique, si c’en est une, peut sembler décousue. Je le conçois mais il m’est difficile de l’écrire car je ne veux pas dévoiler ce qui se passe dans ce roman riche et très dense, qui ne se lit pas facilement et qu’il faut prendre le temps de bien lire. J’y reviendrai très certainement pour aller plus au fond des choses.

Je remercie Netgalley et XO Editions pour cette sélection, en avant première, de la rentrée littéraire.

La rivière de l’oubli de Cai Jun

Date de sortie : 13 septembre 2018

Editeur : XO Editions

Nombre de pages : 445

ISBN : 9782845639485