De Sang-chaud de Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

Résumé De Sang-chaud de Kent Harrington

Eve, comme toutes les femmes, a des secrets, de nombreux secrets. Mais un ne doit pas être dévoilé. Elle possède une maison dans Love Street où elle s’adonne à des jeux érotiques, masochistes avec Jimmy.

Eve et Jimmy sont des personnalités en vue dans leur petite ville où tout le monde se connaît.

Avis De Sang-chaud de Kent Harrington

Il a plus de 30 ans et n’a pas réussi sa vie. Pourtant, il avait un avenir extrêmement prometteur. Mais il a laissé passer le coche. Fils du maire, un homme froid qui ne l’aimait pas, qui l’a toujours poussé à se dépasser. Mais voilà, il n’a pas satisfait son père. Il en a donc payé les conséquences. Un homme qui se drogue, accro au sexe, à une femme, qui le tire vers le bas. Séducteur, il a, également, de nombreuses conquêtes, jeunes comme moins jeunes.  Il rêve d’une famille, d’enfants, mais il repousse très vite cette idée. Car il ne sait pas comment faire. Cet homme n’a aucune confiance en lui. Il survit, il vivote. Beaucoup de colère qui ne demande qu’à éclater. Son enfance n’a pas été rose, il avait toujours peur de cet homme qui ne lui donnait pas confiance en lui.

En lisant le début, j’avais pensé que ce serait une histoire de femme, l’histoire d’Eve. Même si elle est très présente, ce n’est pas elle l’héroïne du roman, mais Jimmy. C’est surtout une histoire de manipulation, de vengeance, puisque le maire n’est plus là pour protéger son fils, ce maire qui a écrasé tout un chacun au fait de sa gloire, de son pouvoir, en premier sa femme et son fils. Jimmy a servi les intérêts de tous et même avec la révélation en fin de roman, je n’ai pas éprouvé de la sympathie pour ce personnage. On dirait de cet homme que c’est un raté, il a, tout simplement, pas osé prendre une direction qui allait à l’encontre de son père, de la communauté dans laquelle il vivait. Pour tout simplement vivre et s’accomplir.

Tuer un homme mais sans être inquiété. Pour retrouver la liberté qui lui manque tant. Mais il ne réfléchit pas. Il croit qu’elle restera alors qu’elle n’attend que ça pour plier bagages. Manipulations également d’une jeune employée pour qu’il arrive à ses fins. Ce livre est le roman d’une déchéance annoncée depuis plusieurs années déjà. S’il a eu tout pendant quelque temps, il n’est pas arrivé à s’en sortir, à prendre son envol par lui-même. Il n’a pas osé taper dans la fourmilière. Malgré cette vie qui lui fait horreur, il a préféré rester dans cette petite ville où tout le monde se connaît, où les faveurs lui sont accordées car il est le fils du maire.

J’ai eu un souci avec ce roman de nombreuses fois. J’avais l’impression que certains passages étaient coupés. Le lecteur passe du coq à l’âne sans trop comprendre ce qui se passe, certaines suites ne sont pas argumentées. J’ai souvent dû revenir en arrière pour voir si je n’avais pas loupé des passages. Je ne sors pas trop ravie de ma lecture qui a été longue, fastidieuse. Je me suis ennuyée, je dois bien le dire. Pourtant ce roman est bien écrit, bien développé quant aux personnages, les relations entre les uns et les autres, la psychologie de Jimmy. Mais il me manquait quelque chose, même si le héros est un homme comme les autres, pour que je puisse tenter de le comprendre, éprouver plus ou moins de la sympathie pour lui. L’auteur a une très bonne connaissance de ces petites villes des Etats-Unis où un homme, un seul, règne en maître. Il est la loi, il est la justice. Gare à ceux qui s’opposent à lui, à cette puissance extrême. Comment a-t-il décidé que son fils n’était pas assez bien pour lui ? Pourtant, même si Jimmy est en colère, il ressent une certaine admiration envers cet homme, qui lui a appris, notamment le maniement des armes.

Je remercie Netgalley et Amazon Publishing pour cette lecture.

De Sang-chaud de Kent Harrington

Date de sortie : 11 septembre 2018

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 301

ISBN : 978-10-281-0636-2

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La rivière de l’oubli de Cai Jun

La rivière de l'oubli de Cai Jun

La rivière de l’oubli de Cai Junromansro

Résumé La rivière de l’oubli de Cai Jun

Shen Ming est professeur de chinois depuis trois ans. Il travaille dans le lycée où il a fait ses études. Il doit se marier et quitter cet emploi de professeur.

Il retrouve une de ses étudiantes assassinée. Des rumeurs ont couru sur eux deux. Shen est très vite suspecté. Après dix jours, il perd tout.

Avis La rivière de l’oubli de Cai Jun

Assez déstabilisant cette histoire de mort et de revenant, même si le sujet ne me déplait pas. Mais quand on s’y fait, cela passe surtout pour ce qui arrive à Shen Ming et sa réincarnation en Si Wang si j’ai bien compris. Hasard ? Destin ? Car pour ce passage, tous les souvenirs sont abolis, sauf peut-être la culture. Assez déstabilisant également ces retours en arrière et surtout ces nombreux personnages. Le problème avec une liseuse c’est que c’est difficile de revenir en arrière, au contraire des livres papiers pour se rappeler qui est qui et qui fait quoi. Pour relire ce livre j’attendrai qu’il sorte en poche et même pour le premier de l’auteur.

Une rencontre qui va révéler beaucoup de choses. Un enfant qui devient l’image de marque d’une société, le groupe d’éducation Erya. Une femme Gu Qiusha qui après avoir perdu son fiancé, auquel elle pense toujours, s’attache neuf ans plus tard à un enfant. De l’amour, beaucoup d’amour et surtout comme un sentiment de connaître Wang Er. Mais cela ne dure pas longtemps. Si Wang retourne chez sa mère et continue ses études. Enfant brillant mais qui ne se lie avec personne. Au cours de son enfance et de son adolescence il va rencontrer divers personnages qui ont jalonné la vie de Shen Ming. Rencontres fortuites ou préméditées ? Pareil pour les lieux. C’est un véritable retour en arrière, un retour en enfer, mais le présent est également très difficile. Je n’ai pas eu trop de mal à me faire à ce professeur, Shen Ming, et ensuite ce garçon qui grandit, Si Wang. La vie de Si Wang, enfant, avec sa véritable mère, He Qingying, on constate au fur et à mesure de sacrés changements. Une mère qui a essayé, toujours, de le protéger. Mais elle connaissait vraiment mal son fils.

Ce roman est le roman des secrets qui sont révélés au fur et à mesure et il y a en a beaucoup, jusqu’à la fin. C’est également le roman des trahisons, qui changent la donne pour tout le monde, de différents meurtres, d’amitiés qui se lient mais aussi de l’amour, interdit ou qui était prévisible. Les trahisons également et cela change absolument la donne pour tout le monde.

J’ai été vraiment déstabilisée par les noms chinois, qui commencent presque tous, dans ce roman, par Si et vu qu’ils sont en début de phrase, je vous laisse imaginer la suite. Il y a également le tutoiementPar contre, je dois reconnaître l’érudition de l’auteur. Je ne suis pas adepte des auteurs chinois, sauf celui de l’Inspecteur Chen, que j’adore et que je lis avec énormément de plaisir Qiu Xialong. Les deux auteurs ne sont pas comparables, sauf dans les nombreux vers de poésie, la littérature chinoise et aussi la littérature européenne ou même américaine.

Ma critique, si c’en est une, peut sembler décousue. Je le conçois mais il m’est difficile de l’écrire car je ne veux pas dévoiler ce qui se passe dans ce roman riche et très dense, qui ne se lit pas facilement et qu’il faut prendre le temps de bien lire. J’y reviendrai très certainement pour aller plus au fond des choses.

Je remercie Netgalley et XO Editions pour cette sélection, en avant première, de la rentrée littéraire.

La rivière de l’oubli de Cai Jun

Date de sortie : 13 septembre 2018

Editeur : XO Editions

Nombre de pages : 445

ISBN : 9782845639485

Je t'aime Barbara Abel

Bilan de lectures en août 2018

Qu’ai-je lu en ce mois d’août ?

Au cours de ce mois d’août, j’ai lu pas mal. Un livre qui ne me laissera pas de souvenirs impérissables. Un qui a été lu au mois de juillet mais rentrée littéraire oblige, j’ai publié ma chronique ce mois-ci. Il y a également des nouveautés de la rentrée littéraire, une BD de ma chère Charlotte Bousquet,  une nouvelle qui m’a été proposée sur Facebook et également un document proposé également sur Facebook. Mon nombre de livres lus au mois d’août est donc de 9, sans celui de juillet. Mieux que pendant mes vacances, c’est dire.

Je vous les rappelle :

Hiver indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Je t’aime de Barbara Abel

Loin des vivants de Steve Robinson

A ce point de folie de Franzobel

Ueno Park d’Antoine Dole

Dancers de Jean-Philippe Blondel

Janet de Michèle Fitoussi

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Salut à toi ô mon frère de Marin Ledun

Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Résumé Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Manon appréhende de passer les fêtes de Noël avec sa famille qui ne la comprend pas, qui la rejette.

Toute la famille est réunie. Mais ils attendent l’arrivée de Nadia qui semble être en retard. L’impatience et la colère commencent à poindre.

Avis Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

C’est Noël. Manon est une jeune fille de 16 ans qui va passer les fêtes dans la famille de son père qui l’élève seul. Mais Manon n’est pas franchement heureuse. Elle est délaissée, voire rejetée par les membres de son clan, notamment ses cousins avec lesquels elle aimerait pouvoir discuter. Arrive, Nadia, une tante. Elle est une pianiste mondialement reconnue. Pratiquement tout le monde, dans la famille, veut se l’accaparer, qu’elle passe toutes les fêtes, Noël et Jour de l’An, avec la famille. Mais Nadia est fâchée avec son frère.  Et elle souhaite passer du temps avec son neveu et Manon. Parce qu’elle a compris que Manon a besoin d’elle et elle souhaite la voir réaliser ses rêves.

Je ne suis pas, à proprement parlé, une lectrice de BD, même si j’en ai lu quelques unes. Lorsque l’éditeur de Charlotte Bousquet m’a contacté, à la demande de l’auteur, j’ai été absolument ravie. J’ai déjà lu quelques romans de Charlotte Bousquet. Et je dois dire que Charlotte Bousquet est à suivre. En plus, elle est très proche de ses lecteurs avec lesquels elle partage pas mal de choses sur Facebook. Donc, quand j’ai reçu cette bande dessinée, j’ai attendu d’avoir fini mon roman avant de me lancer.

Je ne connaissais pas les dessins de Stéphanie Rubini. Quelle maîtrise, quel art. Moi qui rêve de savoir dessiner et ce depuis des années, j’ai été absolument enchantée de les regarder, de les détailler. Je pense d’ailleurs que je reviendrai dessus car j’ai dû passer à côté de certains éléments. Le trait est absolument parfait, les scènes très réalistes. Avec ses dessins, Stéphanie Rubini sait donner au lecteur des scènes vivantes, comme si on y était. Elle sait retranscrire toutes les émotions ressenties par les personnages, comme l’ennui, la colère, la joie, les rires. Mais également le rejet ressenti par Manon et cette connivence qu’elle a avec Nadia, tout comme les confidences qu’elles échangent. Les regards échangés sont également bien vivants.

Si les dessins retranscrivent à merveille l’histoire, le talent de Charlotte Bousquet n’est plus à démontrer. Connue pour ses romans, donc pour des textes plus longs, les phrases courtes de la bande dessinée, ces bulles, doivent être précises, concises, pour faire passer au maximum le message du dessin. Et Charlotte Bousquet excelle dans cet art. Phrases concises, explicites, qui détaillent très bien cette famille, qui se mêle de tout, notamment de la vie de Manon et de son père. D’ailleurs, on comprend très bien la jeune fille à ce sujet. Histoire familiale, secrets, culpabilité, jalousies, rien n’est rose pour quelqu’un qui souhaite réussir par son art. Avec les textes de Charlotte Bousquet, on se rend bien compte que Manon manque de confiance en elle, qu’elle est prête à tout abandonner, que le trac lui fait perdre tous ses moyens. Mais la musique est son univers. Et grâce à Nadia, cette tante avec qui elle passe quelques moments, qui vont rester gravés dans sa mémoire, Manon va pouvoir se révéler. Grâce à ce petit coup de pouce du destin, une compréhension d’un adulte envers un enfant, le message est clair. Il faut réaliser ses rêves quels qu’ils soient. Cela permet d’être heureux et de rester en vie. Et la musique est la base de tout. On ne peut pas vivre sans amour, mais on ne peut pas vivre, non plus, sans musique.

Je remercie Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini pour les charmantes dédicaces, les petits mots que je vais conserver précieusement. Heureusement que cette BD n’est pas restée au fond d’un tiroir et qu’un éditeur l’a publiée. Une petite question pour Charlotte Bousquet. Est-il plus difficile de passer de l’écriture d’un roman à celle d’une BD, ou inversement ? 

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Marabulles

Nombre de pages : 415

ISBN : 9781542045261

Loin des vivants de Steve Robinson

Loin des vivants de Steve Robinson

Loin des vivants de Steve Robinson

Résumé Loin des vivants de Steve Robinson

Tayte pense qu’il va mourir sans vraiment connaître ses véritables parents. Pourtant, sa cliente, une femme, saura la vérité sur sa naissance.

Cinq jours plus tôt, Eliza reçoit une valise et un mot concernant son adoption. Elle a maintenant 60 ans et charge Jefferson Tayte de retrouver sa mère.

Avis Loin des vivants de Steve Robinson

Je croyais que le genre des secrets de familles, la recherche de son identité suite à une adoption révélée des années plus tard, n’était pas pour moi. Pourtant, j’ai lu de très beaux romans à ce sujet et d’autres beaucoup moins. Ces derniers avaient comme héroïnes des jeunes femmes niaises. Ce n’est pas le cas ici. On joue dans la cour des grands avec un auteur qui a donné à son héros principal le rôle de généalogiste. Il recherche, enquête sur des parents qui ont laissé leur enfant être adopté. C’est donc son véritable métier. En plus, lui aussi, il ne connait pratiquement rien de son passé. Et sa quête, pour lui même, reste infructueuse. Ce roman mêle toutefois du policier car il y a quelques meurtres, dont le premier peut passer inaperçu. Mais l’auteur nous le rappelle à notre bon souvenir. Car quelqu’un d’autre cherche également Mena mais pour une toute autre raison.

Mena est une jeune fille qui va avoir 17 ans. Elle veut s’enrôler. Mais sa mère tient les rênes de sa famille d’une main de maître et elle interdit énormément de choses à Mena, qui, bien entendu, s’empresse de désobéir, même si elle sait que la sentence sera rude. Toutefois, elle arrive à mentir à sa mère. Pendant cette Seconde Guerre Mondiale, Mena rencontrera des soldats américains, dont un qui est l’ami d’Eddie, un jeune homme dont elle va tomber amoureuse. Mais cantonné à sa base, ils ne peuvent pratiquement pas se voir. Mena ose braver les interdits pour le rencontrer mais un événement va jouer un rôle crucial dans la suite de l’histoire. Amoureux, ils le sont. Toutefois, Mena devra encore faire face à la cruauté de sa mère et bien entendu à cette opprobre jetée sur ces jeunes filles. L’auteur nous relation très bien, dans plusieurs chapitres, qui viennent en parallèle avec l’enquête de Jefferson Tayte cette partie historique. Certes, la construction n’est pas nouvelle mais elle est réellement bien agencée. Je me suis prise d’affection pour Mena car on ne sait jamais, à l’avance, ce qui lui est arrivé. Tout comme le héros, le lecteur s’interroge. Qu’est-il arrivé à Mena ? A-t-elle réussi à fuir ? A-t-elle retrouvé son amoureux ? Ont-ils vécu ensemble ? Mais les secrets de famille sont lourds, surtout lorsqu’un écrit vient jeter le trouble sur une relation. Mena a été une victime. Victime surtout de sa mère. Alors, si l’auteur fait en sorte que cette femme ne soit pas détestée, que les circonstances, la période et surtout la position sociale peuvent jouer un grand rôle, pour ma part, je n’ai pas du tout aimé cette femme. Pour une raison qui peut être compréhensible, elle a fait en sorte que ses filles ne soient pas heureuses. Mais une personne veille au grain pour Mena, une personne qui a quelque chose à se reprocher.

Deuxième Guerre Mondiale avec ces personnes qui se sont engagées pour la paix et la liberté. L’arrivée des GI’s en Europe sera suivie de liaisons avec les jeunes filles du coin. Des bébés seront conçus et vite abandonnés par les pères. Mais que faire pour toutes ces jeunes filles dont opprobre sera jetée sur elles ? Cacher les grossesses, les placer dans des institutions jusqu’à l’arrivée de l’enfant pour l’adoption ou encore les placer pour qu’elles apprennent à obéir. L’église catholique et ses membres ont agi comme de véritables bourreaux envers ces jeunes filles qui n’avaient rien demandé. Si certaines ont vécu leur mal en patience, d’autres ont plongé dans la folie. Qui dit folie, dit hôpital psychiatrique.

Alors si vous aimez les secrets, les secrets de famille, savoir pourquoi un enfant a été abandonné, pourquoi sa véritable mère est partie sans laisser de traces, vous pouvez vous plonger dans ce très beau roman qui se passe pendant la deuxième Guerre Mondiale pour l’histoire de Mena et de nos jours pour les recherches. Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai compris le titre. Car, l’auteur nous emmène loin pour retrouver Mena et son héros aura affaire à différentes personnes de la famille, certaines désireuses de connaître leur ancêtre et d’autres qui feront tout pour cacher. Car dans les familles, il y a toujours des secrets inavouables.

Je remercie Netgalley, Amazon Publishing pour cette lecture en avant-première de la rentrée littéraire. J’aurai grand plaisir à retrouver Jefferson Tayte dans un prochain roman et surtout le premier écrit par Steve Robinson.

Loin des vivants de Steve Robinson

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 415

ISBN : 9781542045261

A ce point de folie de Franzobel

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Résumé A ce point de folie de Franzobel

18 juillet 1816, L’Argus récupère des naufragés de La Méduse qui s’est échouée deux semaines plus tôt. Les hommes sont décharnés, fous. Ils ont vécu l’enfer.

De retour à Paris, le médecin Savigny écrit l’histoire qui est publiée. Mais on lui demande un démenti.

Avis A ce point de folie de Franzobel

Ce roman se base sur l’histoire véridique du naufrage de La Méduse qui s’est produit en 1816 et de ce qu’il est advenu aux naufragés qui ont pu embarquer sur des canots de sauvetage et surtout ceux qui étaient sur un radeau. A l’époque, les survivants du radeau étaient peu nombreux. Un seul a voulu relater ce qui s’était réellement passé. Mais il s’est heurté à plus haut, au Ministère de la Marine qui ne voulait absolument pas que ce soit portée à la connaissance du public cette barbarie contre nature à savoir le cannibalisme.

Nous avons affaire à de nombreux personnages dont les caractères, les vies sont amplement détaillés. Le capitaine de La Méduse a eu ce poste suite à la renommée d’un de ses aïeux. Mais est-il capable de naviguer, de mener à bon port ce bateau qui part de La Rochelle pour aller au Sénégal. Ce capitaine est accompagné de son meilleur ami qui a tout vu, tout entendu et tout fait. Ce sera lui qui prendra le contrôle de La Méduse. Pourtant les officiers à bord se sont vite aperçus que rien n’irait comme cela devrait être. Un médecin est alerté pour que l’incompétence du capitaine soit prononcée mais il ne le fera absolument pas. Ensuite, nous avons une famille qui a choisi ce bateau, enfin la femme, pour aller sur leur plantation. Le futur gouverneur est également présent avec sa fille et sa femme. Outre ces passagers, il y a Victor-Hector qui a quitté sa famille, nantie, car il voulait vivre l’aventure. Mais aussi un marin, Osée Thomas, qui veut s’instruire et qui sera le protecteur de Victor.

La vie à bord n’est pas facile entre tous. L’auteur nous la détaille tant et plus avec ceux qui sont partis avec toutes leurs affaires, leur fortune et ceux qui n’ont pratiquement rien, qui doivent obéir aux ordres. Alors attention à ceux qui osent faire le contraire. Les punitions sont terribles. La vie à bord c’est également de la boisson et des marins qui pensent bien évidemment aux femmes, surtout qu’il y en a quelques unes à bord. Quant à Victor, il entend des voix. Les prémonitions vont-elles se réaliser ? Par la faute du capitaine, le bateau fera naufrage. Les canots de sauvetage ne sont pas assez nombreux. Il y a aura donc un radeau qui prendra le plus gros des passagers. L’auteur explique très bien tout ce qui s’est passé, comment ils ont tous tenté de survivre avec la folie qui guette, la soif et la faim. Ils n’ont aucune chance de s’en sortir à moins de croiser un autre navire. Pour des humains où la religion tient une grande place, boire son urine, manger de l’humain mort, tuer pour survivre ne sera pas de tout repos. Quant aux autres naufragés qui sont dans les canots de sauvetage, la partie ne sera pas de tout repos non plus. Si on se sort d’un naufrage, même au bout de plusieurs jours, comment devient-on ?

Personnellement, je trouve que l’auteur a fait un énorme travail de recherches. Ecrire un tel roman, un tel document doit demander énormément de temps. Mais le livre est long, trop long. Je me suis réellement ennuyée et je n’ai pas réellement aimé l’histoire. Plus de 500 pages, et juste les 100 dernières qui expliquent la vie sur ce radeau, comment le cannibalisme s’est mis en place. Je m’attendais à beaucoup plus par rapport à ce que j’ai lu du résumé. Je m’attendais à ressentir énormément de dégoût par rapport à ce qui était raconté, sauf que ce n’était pas le cas. Point à noter sont les nombreuses références à notre monde d’aujourd’hui, un parallèle qui est donc fait et  qui est tout de même assez intéressant, qui donne un peu de croustillant au roman. Par contre, j’ai bien aimé la fin de ce roman qui ne me laisse pas un goût amer.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique.

A ce point de folie de Franzobel

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Flammarion

Nombre de pages : 520

ISBN : 978-2-0814-2940-6

Ueno Park d’Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Résumé Ueno Park d’Antoine Dole

C’est Hanami, la fête des Cerisiers. A Ueno Park, tout le monde s’y rend de bonne heure pour pouvoir profiter de l’arrivée du printemps et de l’éclosion des fleurs. C’est le cas également de huit jeunes japonais qui ne se connaissent pas.

Avis Ueno Park d’Antoine Dole

Nouveau roman pour moi d’Antoine Dole. Un roman qui nous emmène au Japon au moment de la fête des cerisiers, Hanami. Il nous retrace une tranche de vie de huit jeunes, garçons et filles. Huit jeunes qui souffrent dans ce Japon, loin d’être idyllique comme on pourrait le croire.

  • Ayumi est une jeune fille qui a passé deux ans de sa vie enfermée sans voir personne. Elle ne pouvait plus assurer ce que l’on demandait d’elle, d’être la petite fille parfaite.
  • Sora se maquille. Garçon, fille, il veut vivre comme il l’entend sans le regard méprisant des autres qui le jugent différent.
  • Fuko est une jeune fille atteinte de leucémie. Elle va mourir mais elle veut laisser de la joie à sa soeur et des souvenirs qu’elle pourra chérir.
  • Natsuko se fait payer par des hommes. Mais attention elle ne couche pas. Elle est en butte contre la concupiscence de ces derniers.
  • Haruko a vécu un tremblement de terre et un tsunami en 2001. Avec un père disparu, on attend beaucoup de lui, qu’il fasse aussi bien.
  • Daïsuké vend des crêpes. Il ne voulait pas étudier.
  • Aïri souhaite déclarer à Makoto qu’elle l’aime. Mais elle l’attend tant et plus. Viendra-t-il ?
  • Nozomi est SDF. Il a décidé de partir de chez lui pour éviter que sa mère s’échine tant et plus pour lui et sa soeur.

Beaucoup de pression sur les épaules de ces jeunes, beaucoup trop de pression. Cela me rappelle celle de la France dès le plus jeune âge pour les enfants, à l’école. Conditionnés pour réussir sinon ils sont laissés sur le carreau. Pas étonnant qu’il y ait autant de monde en pédopsychiatrie et psychiatrie. Beaucoup ne s’amusent pas, ils intériorisent énormément, comme dans Ueno Park.

Toujours être parfait, ne pas broncher, ne pas se révolter, toujours se taire. De toutes façons, personne ne comprendrait. Ce serait une mise au ban de la société, déjà régie par de nombreux codes. Selon l’histoire familiale, il est impossible de vivre leur comme ils l’entendent. C’est être seul mais entouré de beaucoup de monde. Est-ce propre aux pays d’Asie de ne pas se parler, surtout en famille ? Certains adultes travaillent beaucoup pour que leurs enfants puissent vivre. Ces derniers ont vite compris que leur destin était déjà écrit et qu’ils ne doivent pas  se confier. Seraient-ils de toutes façons entendus ? Difficile donc de faire valoir ce que l’on est, ce que l’on ressent au plus profond. Ces jeunes démontrent qu’ils ont une vie à laquelle ils doivent se soumettre.

L’arrêt des études et un petit boulot entraîne la perte des amis, l’impossibilité de prendre son indépendance et surtout ne plus être pris en considération par tous et le gouvernement. Ils ne comptent plus. Sont-ils plus malheureux que ceux qui travaillent de nombreuses heures et ne profitent pas de leur argent ?

Est-ce que ce renouveau de la nature peut être un renouveau d’une vie, d’une situation ? Ou est-ce que c’est vraiment éphémère comme cette floraison qui dure très peu de temps ? Antoine Dole dénonce l’absurdité, le fait que l’on n’accepte pas celui qui est différent, une violence qui peut être gratuite. Si jeunes, les peurs ne doivent pas être montrées. Et il y a également les situations vécues par les jeunes filles et les femmes. Ce qui aurait pu passer pour un moment merveilleux, à partager, soit Hanami, se trouve vraiment gâché par ces histoires qui font réfléchir. Mais le roman finit sur une note positive avec une très belle lueur d’espoir. J’ai beaucoup aimé lire ces histoires, réfléchir pas mal à tout ce que j’ai lu, à trouver des parallèles aussi. Petite question pour l’auteur. Chaque chapitre est dédié à un personnage. Est-ce que les inscriptions en dessous du nom correspondent au prénom japonais ?

Je remercie Actes Sud Junior pour cette lecture de la rentrée littéraire 2018 et surtout Antoine Dole pour la belle dédicace.

Ueno Park d’Antoine Dole

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 128

ISBN : 978-2-330-10827-4