A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

A tire d'elle - 1973 de Pascal Ruter - Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter – Editions Actes Sud Junior

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter, présentation

Solweig entre au lycée. La rentrée a été retardée de quinze jours. Il fait chaud, très chaud. Pour la première fois, son meilleur ami Valentin, n’est pas avec elle. Il fait un CAP. Le professeur d’histoire-géographie n’est pas encore arrivé. Les parents de Solweig ont divorcé. Donc, elle passe les week-ends chez son père.

Avis A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Solweig est une jeune adolescente, aux bons résultats même s’ils vont être en chute libre ? Pour quelle raison ? L’auteur ne l’explique pas. Sa meilleure amie est très fière de lui annoncer qu’elle est déjà passée à l’acte. Elles vont s’éloigner. A cause de ça ? Peut-être mais aussi le fait qu’elles sont carrément différentes. L’une ne pense qu’à coucher avec des garçons, à être la plus populaire du lycée. Mais un évènement va tout chambouler. Est-ce que cela va les rapprocher ?

Valentin est le meilleur ami de Solweig. Mais lui aussi s’éloigne, accaparé par son groupe et sa musique. Surtout la musique. Solweig aimerait aller plus loin avec lui, mais elle se doute que cela ne fera pas rester le garçon auprès d’elle. Pourtant, ils seront là l’un pour l’autre. Elle pour l’aider pour ses concerts ou pour le motiver pendant ses courses. Même s’ils sont amis depuis très longtemps, Valentin ne lui confie pas ce qui est douloureux pour lui.

Fille de divorcés. Difficile pour cette jeune fille qui en veut énormément à son père, de sa nouvelle vie qu’il tente de construire. Pour elle, c’est entre amour et haine. Solweig ne parle pas beaucoup. Elle a peut-être plus d’échanges avec sa mère. Mais je trouve que c’est superficiel. Je n’ai pas trouvé de conflits de génération mais une famille qui fait son deuil d’une situation. Ensuite, il y a l’oncle de Solweig, cet homme qui a toujours cherché son amour de jeunesse et qui ne sait pas prendre soin de lui. Solweig affrontera son premier décès et ce sera toujours des souvenirs qui resurgiront de cet oncle.

Solweig se cherche. Elle apprend les évènements au fur et à mesure, à la faveur d’un film, des actualités. J’ai eu l’impression qu’elle subissait ces évènements, sans chercher à approfondir. Est-ce un mal être qu’elle ressent suite au divorce de ses parents ? Ce dont elle est sûre c’est qu’elle veut partir de cette banlieue, près de Paris, et en construction. Mais pour aller où ? Elle ne le sait pas encore car elle n’a aucune idée de son avenir. Et puis, elle se rend compte que c’est la fin de son enfance.

C’est mon premier SP Actes Sud Junior, que je remercie tout de même, qui ne m’a pas attiré. Même avec de la littérature pour adolescent, en tant qu’adulte, il est possible d’apprendre, de se sentir concerné par le personnage. Malheureusement, ici, cela n’a pas été du tout le cas. Pourtant, j’en ai lu des romans où des adolescents se cherchent, ne savent pas de quoi leur avenir sera fait. Est-ce dû à l’époque décrite ? Je ne saurais dire. Pourtant 1973, ce n’est pas loin de mon année de naissance mais aussi à dix ans près, de mon adolescence. Pourtant, je me sentais beaucoup plus concernée que Solweig par ce qui se passait autour de moi. Dix ans plus tard, la seconde Guerre Mondiale était un sujet très développé au lycée et je lisais pas mal de choses à ce sujet.

Je me retrouve en elle avec ses études littéraires mais aussi la musique, pas le groupe, que je ne connais pas. Quand on jeune ou moins jeune, également, on se construit avec la musique. On y puise du réconfort, on y puise de quoi assouvir de la colère. Cela permet de s’évader. Alors, moi aussi, j’ai connu les 45T, les 33T, mais aussi les cassettes que l’on devait rembobiner, qui, des fois, se trouvaient coincées dans le lecteur.

Le roman est bien écrit. Je n’enlève absolument pas cela à l’auteur. Le lecteur suit Solweig sur une année scolaire avec quelques informations lorsqu’elle est devenue adulte. Mais le sujet ne m’a pas passionné.

A tire d’elle – 1973 de Pascal Ruter

Date de sortie : mars 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 208

ISBN : 978-2-330-13336-8

Le Temple noir de Giacometti et Ravenne

Le temple noir de Giacometti et Ravenne - Editions Pocket

Le temple noir de Giacometti et Ravenne – Editions Pocket

Le Temple noir de Giacometti et Ravenne, présentation

Sacré Coeur, l’abbé ne pense pas qu’il faut autant de temps pour effectuer des travaux de réhabilitation. Il veut en avoir le coeur net. Il décide de s’introduire dans son église et ce qu’il trouve n’est pas fait pour le rassurer et surtout le conforte dans son opinion. Le Sacré Coeur est en travaux, certes, mais pas de réhabilitation.

Après avoir trouvé le trésor, Antoine est parti en vacances avec Gabrielle. Il est heureux et amoureux. Mais, voilà, il va devoir très vite rentrer à Paris.

Avis Le Temple noir de Giacometti et Ravenne

Et un nouveau Marcas de fini. J’avance, j’avance dans ma série et j’en suis bien contente. Maintenant, à savoir si je vais relire Le Règne des Illuminati ou pas. Je pense puisque je voulais connaître l’évolution des personnages. Avec ce roman, la suite du Septième Templier. Alors si je me suis bien ennuyée sur le précédent, ne l’ayant pas trouvé réellement au top, celui-là, je dois dire, relève vraiment le niveau. Toujours une mention spéciale qui donnent très explications très instructives en fin de roman. Explication au début de roman pour lire ce roman. Il y a en trois. Je n’y aurais pas pensé. Lire la partie historique, d’une traite, lire la partie actuelle d’une traite ou laisser filer les pages. Depuis les débuts d’Antoine Marcas, je privilégie celle-ci. Pour moi, tout est lié, que ce soit ce qui se passe de nos jours ou en 1232, dans ce roman.

Dans Le Temple noir, Antoine Marcas est bien revenu. Il est amoureux de Gabrielle, il est en congés et passe du bon temps en vacances. Mais on le rappelle très vite car après la découverte d’un fabuleux trésor au Sacré Coeur, un homme est encore mort, un homme d’église. Il est sommé de rentrer à Paris. Et très vite, Antoine Marcas va mener l’enquête. Il va très vite découvrir qu’il va être mis en présence, de nouveau, avec la Louve, femme qu’il hait au plus haut point. Et Antoine devra partir à Londres, car c’est là que l’enquête le mène et notamment chez les franc-maçons anglais. Si Antoine découvre des trésors, il est, comme toujours, celui à abattre, celui dont on se sert pour avoir des informations. En plus, la femme qu’il aime est enlevée. Bien entendu, ceux qui lui en veulent, tapent là où ça fait mal.

Pour la période actuelle, Le Temple noir se déroule au moment où vont s’ouvrir les JO de Londres. Et celui qui veut le pouvoir sur le monde a pratiquement trouvé comment devenir le maître du monde. Il élimine au fur et à mesure ses adversaires. Et même s’il arrive à trouver la clé des énigmes, aidé en cela par un chercheur ou par Antoine, il doit être absolument arrêté. Et pour cela, c’est le compte à rebours.

Pour la grosse partie londonienne, c’est une véritable visite de la capitale, siège de la franc-maçonnerie britannique avec ses nombreux symboles, ses personnages qui ont oeuvré pour la franc-maçonnerie et une certaine transparence qu’il n’y a pas en France. Mais la franc-maçonnerie souffre de ragots, d’informations distillées de complots… Certaines personnes s’y engouffrent sans problème. Et ce fameux trésor des Templiers, a-t-il été réellement découvert ? Lui aussi, tout comme ces Templiers, sont l’objet de spéculations, encore et toujours, même de nos jours.

La partie historique leur est, en partie, consacrée. Tout commence avec Roncelin qui fait partie d’une bande de pillards qui tue et vole sans vergogne. Ils sont assez bien préparés. Et leur dernier coup d’éclat semble bien fonctionner. Mais voilà, un homme au sein de l’Eglise, le Légat du pape, va mener une action d’envergure. Se faire délivrer cette somme et Roncelin se trouve emprisonné. Si personne ne connaissait ce dont étaient capables l’Eglise, des pillards et autres en matière de tortures humaines, le lecteur sera servi, ici. Roncelin, emprisonné, torturé, veut absolument en finir. Mais son compagnon de cellule va, en quelque sorte, le révéler à lui-même. Cet homme emprisonné est Juif et il détient, grâce à ses recherches, un secret. Les Templiers vont faire, en sorte, de le libérer. Mais bien entendu, cela ne se passe pas comme prévu. Roncelin va devoir gagner la confiance des uns et des autres, et franchement je ne m’attendais pas à un tel destin pour cet homme.

Les Juifs ont toujours été les hommes à abattre et cela continue encore. Pas étonnant que le monde soit toujours en guerre, les années précédentes et il y a bien longtemps montrent que tout est un éternel recommencement pour des jeux de pouvoirs, des trésors à trouver… Les populations, quelles qu’elles soient, ont souffert, sont mortes et cela continue encore et encore. Et l’Eglise dans tout ça. Elle n’a jamais le beau rôle et cela se voit, ici, encore.

Comment travaillent Eric Giacometti et Jacques Ravenne ? Comment se partagent-ils le travail ? J’aimerais, un jour, avoir une réponse à cette question, que je me pose depuis les débuts. J’espère avoir, un jour, l’occasion de les rencontrer, ensemble, ou l’un ou l’autre afin de leur poser la question.

En tous les cas, encore une fois, grâce à eux, j’ai énormément appris sur des parties historiques, très intéressantes, mais on le sait romancées. Je pense que je continuerai à lire les 2-3 Antoine Marcas qui me restent en laissant filer les pages. J’aime bien passer d’une époque à l’autre, même si j’ai un peu perdu le fil une ou deux fois.

Le Temple noir de Giacometti et Ravenne

Date de sortie : 13 juin 2013

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 730

ISBN : 978-2-266-24150-2

PLS de Joanne Richoux

PLS de Joanne Richoux - Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux – Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux, Présentation

Soir de fête, Sacha et sa jumelle se préparent. Les parents s’en vont et laissent les jumeaux ensemble. Mais Sacha a peur d’affronter ses amis qu’il n’a pas vus depuis longtemps.

Afin de prendre du courage, il prend un Xanax.

Avis PLS de Joanne Richoux

C’est une partie de l’histoire de jumeaux, Sacha et Angelique-Angie. Ils ont organisé une fête chez eux. C’est Halloween. Pour Sacha, ce sera la première fois qu’il revoit tous ceux qu’il a côtoyés il y a déjà quelques temps.

Entre Sacha et sa soeur, c’est une relation très forte. L’un et l’autre se surveillent. Elle pour que son frère ne passe pas à l’acte. Lui, pour protéger sa soeur. Sacha est un jeune homme seul, aux idées noires. Pourtant, il veut échanger, mais tous ces gens lui font peur, il ne sait pas comment se comporter. Donc, il est tout de même agressif. Vivre avec les médicaments, être dans un autre état, lorsqu’ils sont pris, voir le monde pas tel qu’il est mais cela permet, plus ou moins, de l’affronter. Sacha, lors de cette fête, se rend tout de même compte que d’autres jeunes, comme lui, peuvent souffrir mais qu’ils le cachent.

Ecrire sur la souffrance psychologique, psychiatrique des jeunes afin que ces jeunes lecteurs puissent comprendre qu’ils ne sont pas seuls à souffrir, qu’ils doivent se faire soigner, en parler. Cela permet également aux parents qui peuvent lire ce genre de livres que leur enfant peut être malade. Car oui, on parle et on écrit sur les maladies psychiatriques, psychologiques. Quand je prends le bus, j’entends certains jeunes parler de leurs problèmes. Personnellement, je le vis au quotidien depuis huit ans. Avec toujours la peur au ventre de la TS. Mais certains n’ont pas de comportements à risques, ils ne mélangent pas alcool et médicaments. Et même s’ils sont suivis, le passage à l’acte peut très vite arrivé et également surprendre.

Les pages de ce livre se tournent très facilement et à un moment donné, c’est le choc, véritablement le choc. Dès les premières pages, dès que j’ai compris un peu ce qui se passait, je m’interrogeais sur le comportement d’Angélique qui semblait, à tous points de vue, une jeune fille comme les autres, même si elle surveillait son frère, même si elle était à ses côtés tout le temps.

Comment affronter la maladie d’un proche ? Comment affronter la maladie d’un jumeau alors qu’on les dit connectés entre eux ? Comment affronter l’indicible que l’on n’a pas su voir à temps ? Comment faire en sorte qu’une relation fonctionne des deux côtés. L’autre, même s’il a peur, même s’il doit affronter ses propres démons, même s’il a peur de s’écrouler, doit pouvoir accepter cet autre qui se révèle tout de même proche par bien des côtés. Alors oui, une relation n’est jamais gagnée d’avance. On peut être entraîné, on peut entraîner l’autre dans sa maladie. Mais des fois, quelque chose de beau peut sortir car il faut savoir et pouvoir échanger, se confier et tenter. Cela peut donner quelque chose de beau et permet de finir sur une note d’espoir.

Des mots crus, certes, des jeunes qui boivent beaucoup, sans mesure, qui ont des relations sexuelles sans lendemain. Mais des jeunes qui veulent vivre une belle histoire d’amour avec une personne qu’ils connaissent depuis plus ou moins longtemps. Des jeunes qui voient tout, qui s’excusent de faire subir, qui comprennent tout de même les adultes. Mais que c’est dur d’exprimer ses opinions, ses émotions, surtout après un drame, où tout le monde se renferme sur soi.

Comment affronter la maladie ? Comment affronter la mort ? Comment affronter la souffrance quotidienne ? Comment affronter cette solitude ? Le roman ne donne pas de conseils mais partage une expérience qui peut arriver à tout un chacun.

Ravie également de retrouver une référence, plusieurs fois, à une fragrance Mugler, Womanity avec sa note sucrée-salée, figue et caviar, une figue très présente pour Sacha et également les odeurs, lorsqu’il échange avec Elle. Une odeur représente une personne, une ambiance…

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette lecture.

PLS de Joanne Richoux

Date de sortie : février 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 96

ISBN : 978-2-330-13099-2

La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

La nuit du mal de Giacometti & Ravenne - Editions JC Lattes

La nuit du mal de Giacometti & Ravenne – Editions JC Lattes

Résumé La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Octobre 1941, en Crète, des fouilles sont entreprises. Mais il y a des morts parmi les Allemands, car Fylaques, les gardiens, tuent.

Au même moment, en Angleterre, un bateau doit partir pour les Etats-Unis. A son bord, un passager qui n’est pas au goût du capitaine. Mais Malorley explique tout à Killdare.

Avis La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Deuxième cycle, deuxième tome du duo Giacometti-Ravenne, bien connu pour ses enquêtes d’Antoine Marcas. La nuit du mal met en scène les personnages du précédent opus, mais avec plus de densité à mon avis. Personnellement, j’ai beaucoup plus apprécié ce deuxième roman avec toutes ses dimensions historiques, bien entendu romancées.

Crète, Angleterre, Autriche, Allemagne et Venise sont les destinations de ces personnages. On retrouve Laure, Erika et aussi Tristan. Ils sont entourés de personnages hauts en couleur, comme Crowley. Mais entourés également de personnages qui font froid dans le dos et que tout le monde connaît car ce sont eux qui ont tué des millions de gens. Le lecteur évolue dans le monde des agents des services secrets, des agents doubles qui tentent, par tous les moyens, d’inverser le cours des évènements de cette seconde Guerre Mondiale. L’action se situe en 1941. L’Europe est en guerre. L’Allemagne étend de plus en plus ses territoires vers le Nord et l’Est mais aussi vers le Sud avec l’Italie à qui elle prête main forte. Même si ce roman est sorti bien avant Sous un ciel écarlate, lu il y a peu, il démontre que les Italiens ont, eux aussi, résisté contre le fascisme, le nazisme. Heureusement qu’ils étaient là et bien souvent au péril de leur vie.

Le but est de trouver les swastika. Elles sont quatre. Elles peuvent changer le cours de la guerre. Pour le moment, une est aux mains des américains, une autre aux mains des Allemands. Tristan, agent double, fait tout pour trouver les autres. Il essaie de donner les renseignements aux forces alliées et d’induire en erreur les Allemands, notamment Erika, archéologue. Amoureux d’elle ? A vous de juger. En tous les cas, son personnage est bien pensé. Et pour les fans d’Antoine Marcas, le lecteur trouvera des traits de caractère d’Antoine dans Tristan. Quant à Erika, elle s’interroge beaucoup sur Tristan. Il lui avouera la vérité, mais quelle option choisira-t-elle même si elle est amoureuse. Laure, elle, veut absolument venger la mort de son père, tué par les Allemands. Elle a accepté d’être formée pour être agent secret. Elle sait qu’elle joue sa vie, mais elle est animée par une profonde humanité envers ceux qui souffrent.

Les auteurs, Eric Giacometti et Jacques Ravenne, offrent, une nouvelle fois, un roman magistral. J’ai trouvé qu’il était beaucoup plus riche en dialogues, beaucoup plus rythmé, toujours autant documenté. Certaines fois, on n’arrive pas à démêler la part de vrai et de faux. Heureusement qu’ils nous donnent quelques explications en fin de livres. Entre ésotérisme, magie noire, des histoires de malédiction, d’occultisme, de sorcellerie, la seconde Guerre Mondiale n’est pas encore finie pour nos héros. Références cinématographiques avec Fleming et le fameux 007 qui ne sont pas encore créés, ou encore la Mostra de Venise qui a déjà vu passer quelques célèbres acteurs. Comment travaillent-ils tous les deux pour ne jamais se tromper, pour que cette histoire ne subisse aucune césure, que les faits rapportés s’unissent parfaitement entre eux ? Je lirai avec énormément de plaisir le troisième tome, avant de retrouver leur personnage fétiche. Je ne m’attendais pas à trouver Crowley, comme personnage, aussi sympathique. On peut connaître l’homme si l’on s’intéresse un tant soit peu à l’occultisme. Le personnage n’est pas du tout sympathique, en général. Mais ici, il est vraiment très intéressant. Il semble incontrôlable mais il aura quand même fort à faire.

Je dis bravo pour cette construction, pour cette étude bien approfondie des évènements, cette imagination et cette belle palette de personnages.

La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Date de sortie : 15 mai 2019

Editeur : JC Lattes

Nombre de pages : 427

ISBN : 978-2-7096-5609-2

Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

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Résumé Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

Il est tard, un jeune garçon est chez lui avec d’autres enfants. Il va réveiller sa mère. Elle descend et se met en colère pour faire partir ces enfants. Mais la peur s’installe car ils ont un dessein. Très vite, elle comprend ce qui va lui arriver.

L’enfant disparaît.

Avis Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

Je ne suis pas une lectrice de BD, à proprement parlé. Je dois en lire un maximum de cinq par an. Et toutes sont des SP ou de Masses Critiques Babelio. Pour ces dernières, je fais mon choix comme d’habitude, selon le titre. Et pour cette Masse Critique, j’ai reçu un exemplaire de Dylan Dog. Un magnifique livre. Oui, en BD, les livres peuvent être magnifiques et sont à garder. Cela sera le cas pour celui-là. Mon homme a lu Dylan Dog, en premier. Il a beaucoup aimé. Il devait en faire une critique mais il a n’a pas eu le temps. Donc, un dimanche soir, je me suis plongée dans l’histoire et dans les dessins.

Les dessins sont en noir et blanc. Les traits sont magnifiques, souvent durs et collent à l’histoire. Les traits des enfants les font paraître plus adultes qu’ils ne sont. Outre l’histoire racontée, le lecteur sent, dans ces dessins, l’urgence de la situation, l’atmosphère oppressante installée, la peur des uns et des autres. Dans ce monde dur, l’histoire du marionnettiste n’est pas décalée mais apporte un peu de douceur avec l’amour d’un père et d’une mère pour leur enfant et ce qui découle après leur disparition.

Dans cette BD, outre la nuit qui peut être peuplée de cauchemars, chez les uns et et les autres, un des thèmes abordés est la solitude engendrée car on est considéré comme différent. Les paroles font mal, même celle des enfants envers un autre enfant. Il y a aussi ces enfants, poussés par leurs parents, notamment la mère, à faire carrière et qui se trouvent aux prises d’hommes qui abusent d’eux. Pour moi, le thème principal est l’histoire, celle racontée aux enfants, celle que l’on transmet de générations en générations. Une histoire qui fait un peuple, une vie, qui permet d’appréhender le futur, qui est une transmission, qui construit un être humain. Sans histoires, les enfants ne sont plus des enfants. Ils deviennent adultes avant l’âge. Ils perdent, très vite, leur âme d’enfant, leur univers qui ne doit pas connaître la souffrance, la violence. L’imaginaire des enfants est friand d’histoires. Ils peuvent très vite tomber dans l’ami imaginaire, à cause de la solitude ou parce que ce qu’ils vivent ne correspond pas à ce qu’ils veulent. Il faut savoir raconter les histoires pour que les nuits soient belles.

Lorsque la nuit est racontée dans cette BD, à chaque page, à chaque situation, un petit texte d’introduction qui fait monter la pression. Un duo d’écrivain, dessinateur qui fonctionne à merveille.

Je remercie Masse Critique de Babelio et les Editions Mosquito.

Dylan Dog, Berceuse macabre de Roi et Baraldi

Date de sortie : 5 avril 2019

Editeur : Mosquito 

Nombre de pages : 100

ISBN : 978-2-335283-517-2

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne – Editions Presses de la Cité

Résumé Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Elle aurait dû mourir dans un grave accident de voiture. Mais elle a réussi à s’en sortir, à ne pas se laisser engloutir par les eaux, en rejoignant la rive.

Depuis, elle n’a pas retrouvé la mémoire mais elle a retrouvé sa famille, en particulier sa fille Lyla et son mari Adam. Mais ce dernier est très en colère, brutal et elle sent qu’Adam lui en veut. Pourquoi ?

Avis Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Kath semble avoir tout pour être heureuse. Un mari aimant, une petite fille adorable, un lieu de vie, certes très reculé, mais où elle se sent bien. Mais Kath a eu un accident de voiture et la mémoire lui fait encore défaut. Pour le moment, son mari Adam semble très en colère contre elle, il est plus ou moins violent dans ses paroles. Pourquoi ? Que cache Kath à Adam ? Pour retrouver sa vie, Kath va tenter, par tous les moyens, de retrouver cette mémoire. Mais un élément perturbateur va jeter le trouble sur ce qu’elle pensait. Si vous lisez la quatrième de couverture, vous saurez très vite ce que c’est. C’est pour cette raison que je ne les lis pratiquement jamais pour me laisser la surprise qui arrive, quand même assez tard.

Lyla est la fille de Kath et Adam. Cette petite fille n’est pas comme les autres. Selon sa mère, elle a le syndrome d’Asperger, mais elle n’a jamais été diagnostiquée car ses parents, et en particulier son père, ne veulent pas lui coller d’étiquettes. Avec ce syndrome, l’auteur nous décrit le comportement de cette petite fille solitaire, vive, intelligente, sensible, qui communique lorsqu’elle en a envie. Lyla se sent délaissée et surtout pas aimée. Elle a peur, en particulier, pour sa mère. Elle a peur que celle-ci ne revienne plus et elle pense qu’elle ne l’aime plus. Lyla est très attachée à ses parents mais, à un moment, sentant sa mère en danger, elle la choisira, pour tenter de la protéger. Je ne suis pas trop au fait de l’autisme, du syndrome d’Asperger qui peut se présenter sous différentes formes, mais le personnage de Lyla est vraiment très détaillé. Le lecteur, surtout parent, ressent de l’amour pour cet enfant qui subit les quolibets de ses camarades d’école, qui a une mémoire phénoménale.

Kath croit que son accident est dû à une plaque de verglas. Comme ses souvenirs sont encore diffus, elle apprendra la vérité. Mais le pourquoi du comment, ce sera à elle de le chercher. Pourquoi a-t-elle voulu abandonner sa fille ? C’est cela qui lui fait le plus peur. Sa fille, son amour. Elle va interroger celui qui a assisté, plus ou moins, à l’accident. Elle va mettre à jour certains éléments qui vont lui faire entrevoir la vérité. Elle utilisera les odeurs pour se rappeler. Au fil de son enquête, elle ira dans des endroits où le drame a eu lieu. Tout cela, aidée, plus ou moins, par les avertissements de sa fille. Adam est le coupable idéal. Mais est-ce vraiment lui, comme le suggère Lyla ? Il faut dire que cet homme et les hommes de sa famille se ressemblent énormément. Un huit-clos familial, pourrait-on dire, car le frère de Kath ne semble pas exempt de tout reproche. Juste avant de mourir relate des évènements familiaux qui peuvent arriver à tout le monde, entre mensonges et trahisons, suspicions et manques de confiance en l’autre. En filigrane, la mère de Kath, décédée, qui joue un rôle très important. Adorée par son fils et sa fille qui savaient comment elle était toutefois, elle est toutefois bien présente même si elle est morte depuis de nombreuses années.

Juste avant de mourir, outre l’histoire, a pour cadre la lande. Et on le sait, le cadre joue énormément dans un roman. Lande plus hiver donnent des sensations oppressantes, même si la lande est un formidable terrain de jeu pour Lyla, un espace de travail pour Adam. Pour les étrangers, la lande peut être un coupe gorge. Et Kath, même si elle y vit depuis de nombreuses années, peut avoir toujours des surprises dans ce cadre. La lande est un espace où l’on peut se cacher, où les animaux, sauvages, peuvent vivre en sécurité et être des remparts pour les êtres humains. Mais, la violence peut y régner. Et elle est pratiquement humaine. Le temps peut changer très rapidement avec un brouillard très dense qui peut tomber en quelques minutes alors qu’à quelques kilomètres, le soleil brille. Dans un tel endroit, reculé, il faut vraiment avoir envie d’y vivre.

Juste avant de mourir n‘est pas un coup de coeur pour moi, malheureusement, malgré le style de l’auteur que je connais puisque je l’ai lu. Deux éléments m’ont chagriné et mis mal à l’aise. Il m’a semblé que Kath connaissait une partie de la vérité par rapport à sa mère. Mais comment aurait-elle pu l’apprendre ? Quelques pages plus loin, ce n’est plus le cas. Outre le cadre, j’ai toutefois bien aimé ces références aux légendes, aux histoires de sorcières. J’ai été moins happée par cette histoire que par le premier roman de l’auteur. Est-ce dû au fait de lire sur liseuse ?

Je remercie Netgalley et les Editions Presses de la Cité pour cette lecture.

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Date de sortie : 21 mars 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 326

ISBN : 9782258150751

La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

La fille muette d'Hjorth & Rosenfeldt

La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt – Editions Actes Sud

Résumé La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

Une famille prend son petit déjeuner. On sonne à la porte. Un coup de feu éclate.

C’est une petite fille qui fuit. Mais elle a décidé de s’enfermer en elle-même pour ne pas souffrir. Elle a décidé de se faire très petite et surtout de ne plus parler.

Avis La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

Erik, qui vient juste d’avoir sa promotion, préfère demander de l’aide car il sait, que dans cette petite ville, qu’il n’arrivera pas à résoudre, tout seul, ce crime horrible. Arrive donc la fine équipe dont Sebastian et sa fille, qui ne sait pas qu’il est son père et qu’il n’a pas appuyé ses demandes pour Quantico, et deux de leurs collègues, dont un qui s’interroge énormément sur Sebastian puisque c’est dans son appartement qu’une de leurs collègues a été abattue par une maîtresse de Sebastian.

Une famille entière est assassinée, les époux et leurs deux enfants. Pourquoi ? Ce couple a d’importantes priorités, l’écologie et cela passe pas très bien auprès des habitants de leur petite ville. Un suspect est vite trouvé. Mais la police n’a rien contre lui même si elle pense qu’il cache quelque chose. Nous avons donc avoir la fine fleur de la police criminelle qui va tenter de résoudre ces meurtres et aussi la disparition de cette fillette qui aurait tout vu du drame. Et si tout n’était qu’une question d’argent avec ces forages dans le coeur de cette Suède qui rapportent des milliards aux entreprises. Pour y arriver, elles sont prêtes à dépenser des sommes folles. Mais entre ceux qui ne veulent pas vendre et ceux qui ont besoin d’argent pour diverses raisons, on peut dire que l’argent peut engranger les pires choses.

Un roman qui se lit sans soucis par la diversité des personnages et leurs caractères. Ca, c’est le point extrêmement positif de ce roman. Toutefois, j’ai trouvé que l’enquête était un peu bâclée, que la découverte du coupable était vraiment faite trop vite après des pages et des pages de tâtonnements et d’enquête. Heureusement que le final sauve les meubles. Premier roman pour moi de ces deux auteurs avec leur personnage récurrent, Sebastian. Il va donc falloir que je lise les premiers, même si j’ai eu une bonne vue d’ensemble de ce personnage. Dans ce roman, on en sait plus sur ce qui lui est arrivé et on peut comprendre son comportement. Psychologue qui travaille pour la police, il n’est franchement pas aimé, surtout qu’une de ses collègues de travail a été blessée, gravement, chez lui, par une de ses ex-maîtresses. Sebastian couche, est accro au sexe, ment, arrange la vérité à sa façon, ne suscite pas la sympathie des uns et des autres. Mais il s’en moque. Il est un pro dans son travail. Il veut se rapprocher de Vanja. Dans ce roman, il sauvera une petite fille et elle va, elle aussi, le sauver. Il a approché une qualité de vie qu’il ne connaissait plus. On retrouvera Sebastian dans un prochain roman et surtout la décision prise qui aura énormément de conséquences.

Vanja en veut à ses parents qui lui ont appris la vérité sur sa naissance même s’ils n’ont pas tout dit. La jeune femme, qui travaille dans la police, se sent trahie par eux et il lui est difficile de pardonner car elle sait qu’elle en apprendra encore plus. Et ce n’est pas la maladie de son père adoptif, qui l’aime toujours, qui va la changer. Vanja a voulu mettre sa confiance en Sebastian. Elle est pratiquement la seule à lui dire ce qu’elle pense. Mais elle risque d’avoir des surprises. Très bonne dans son boulot, elle veut aller à Quantico se former encore plus.

Les relations peuvent être tendues entre les membres de l’équipe, entre ceux qui sont amoureux et dont l’amour n’est pas payé en retour. Chacun essaie d’être honnête et quelque fois, cela peut payer. Et que dire de Billy, ce policier qui a déjà tuer deux fois mais qui a été lavé de tout soupçon. C’est le personnage qui m’a le plus impressionné par son caractère et ses actes.

Nicole est une petite fille qui a tout vu. Au début, quelques chapitres lui sont consacrés jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée. Elle a tout vu et pour éviter d’avoir à parler, elle s’enfuit, elle se ferme en elle-même car elle sait qu’elle ne souffrira pas ou beaucoup moins.Elle arrivera à faire confiance à Sebastian et la thérapie ne passe pas par des mots. Nicole ne veut que ses proches souffrent comme sa famille. Ce personnage et ses affres sont extrêmement bien décrits et détaillés.

 La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Actes Sud Actes Noirs

Nombre de pages : 478

ISBN :  978-2-330-10961-5