Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne – Editions Presses de la Cité

Résumé Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Elle aurait dû mourir dans un grave accident de voiture. Mais elle a réussi à s’en sortir, à ne pas se laisser engloutir par les eaux, en rejoignant la rive.

Depuis, elle n’a pas retrouvé la mémoire mais elle a retrouvé sa famille, en particulier sa fille Lyla et son mari Adam. Mais ce dernier est très en colère, brutal et elle sent qu’Adam lui en veut. Pourquoi ?

Avis Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Kath semble avoir tout pour être heureuse. Un mari aimant, une petite fille adorable, un lieu de vie, certes très reculé, mais où elle se sent bien. Mais Kath a eu un accident de voiture et la mémoire lui fait encore défaut. Pour le moment, son mari Adam semble très en colère contre elle, il est plus ou moins violent dans ses paroles. Pourquoi ? Que cache Kath à Adam ? Pour retrouver sa vie, Kath va tenter, par tous les moyens, de retrouver cette mémoire. Mais un élément perturbateur va jeter le trouble sur ce qu’elle pensait. Si vous lisez la quatrième de couverture, vous saurez très vite ce que c’est. C’est pour cette raison que je ne les lis pratiquement jamais pour me laisser la surprise qui arrive, quand même assez tard.

Lyla est la fille de Kath et Adam. Cette petite fille n’est pas comme les autres. Selon sa mère, elle a le syndrome d’Asperger, mais elle n’a jamais été diagnostiquée car ses parents, et en particulier son père, ne veulent pas lui coller d’étiquettes. Avec ce syndrome, l’auteur nous décrit le comportement de cette petite fille solitaire, vive, intelligente, sensible, qui communique lorsqu’elle en a envie. Lyla se sent délaissée et surtout pas aimée. Elle a peur, en particulier, pour sa mère. Elle a peur que celle-ci ne revienne plus et elle pense qu’elle ne l’aime plus. Lyla est très attachée à ses parents mais, à un moment, sentant sa mère en danger, elle la choisira, pour tenter de la protéger. Je ne suis pas trop au fait de l’autisme, du syndrome d’Asperger qui peut se présenter sous différentes formes, mais le personnage de Lyla est vraiment très détaillé. Le lecteur, surtout parent, ressent de l’amour pour cet enfant qui subit les quolibets de ses camarades d’école, qui a une mémoire phénoménale.

Kath croit que son accident est dû à une plaque de verglas. Comme ses souvenirs sont encore diffus, elle apprendra la vérité. Mais le pourquoi du comment, ce sera à elle de le chercher. Pourquoi a-t-elle voulu abandonner sa fille ? C’est cela qui lui fait le plus peur. Sa fille, son amour. Elle va interroger celui qui a assisté, plus ou moins, à l’accident. Elle va mettre à jour certains éléments qui vont lui faire entrevoir la vérité. Elle utilisera les odeurs pour se rappeler. Au fil de son enquête, elle ira dans des endroits où le drame a eu lieu. Tout cela, aidée, plus ou moins, par les avertissements de sa fille. Adam est le coupable idéal. Mais est-ce vraiment lui, comme le suggère Lyla ? Il faut dire que cet homme et les hommes de sa famille se ressemblent énormément. Un huit-clos familial, pourrait-on dire, car le frère de Kath ne semble pas exempt de tout reproche. Juste avant de mourir relate des évènements familiaux qui peuvent arriver à tout le monde, entre mensonges et trahisons, suspicions et manques de confiance en l’autre. En filigrane, la mère de Kath, décédée, qui joue un rôle très important. Adorée par son fils et sa fille qui savaient comment elle était toutefois, elle est toutefois bien présente même si elle est morte depuis de nombreuses années.

Juste avant de mourir, outre l’histoire, a pour cadre la lande. Et on le sait, le cadre joue énormément dans un roman. Lande plus hiver donnent des sensations oppressantes, même si la lande est un formidable terrain de jeu pour Lyla, un espace de travail pour Adam. Pour les étrangers, la lande peut être un coupe gorge. Et Kath, même si elle y vit depuis de nombreuses années, peut avoir toujours des surprises dans ce cadre. La lande est un espace où l’on peut se cacher, où les animaux, sauvages, peuvent vivre en sécurité et être des remparts pour les êtres humains. Mais, la violence peut y régner. Et elle est pratiquement humaine. Le temps peut changer très rapidement avec un brouillard très dense qui peut tomber en quelques minutes alors qu’à quelques kilomètres, le soleil brille. Dans un tel endroit, reculé, il faut vraiment avoir envie d’y vivre.

Juste avant de mourir n‘est pas un coup de coeur pour moi, malheureusement, malgré le style de l’auteur que je connais puisque je l’ai lu. Deux éléments m’ont chagriné et mis mal à l’aise. Il m’a semblé que Kath connaissait une partie de la vérité par rapport à sa mère. Mais comment aurait-elle pu l’apprendre ? Quelques pages plus loin, ce n’est plus le cas. Outre le cadre, j’ai toutefois bien aimé ces références aux légendes, aux histoires de sorcières. J’ai été moins happée par cette histoire que par le premier roman de l’auteur. Est-ce dû au fait de lire sur liseuse ?

Je remercie Netgalley et les Editions Presses de la Cité pour cette lecture.

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Date de sortie : 21 mars 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 326

ISBN : 9782258150751

La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

La fille muette d'Hjorth & Rosenfeldt

La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt – Editions Actes Sud

Résumé La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

Une famille prend son petit déjeuner. On sonne à la porte. Un coup de feu éclate.

C’est une petite fille qui fuit. Mais elle a décidé de s’enfermer en elle-même pour ne pas souffrir. Elle a décidé de se faire très petite et surtout de ne plus parler.

Avis La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

Erik, qui vient juste d’avoir sa promotion, préfère demander de l’aide car il sait, que dans cette petite ville, qu’il n’arrivera pas à résoudre, tout seul, ce crime horrible. Arrive donc la fine équipe dont Sebastian et sa fille, qui ne sait pas qu’il est son père et qu’il n’a pas appuyé ses demandes pour Quantico, et deux de leurs collègues, dont un qui s’interroge énormément sur Sebastian puisque c’est dans son appartement qu’une de leurs collègues a été abattue par une maîtresse de Sebastian.

Une famille entière est assassinée, les époux et leurs deux enfants. Pourquoi ? Ce couple a d’importantes priorités, l’écologie et cela passe pas très bien auprès des habitants de leur petite ville. Un suspect est vite trouvé. Mais la police n’a rien contre lui même si elle pense qu’il cache quelque chose. Nous avons donc avoir la fine fleur de la police criminelle qui va tenter de résoudre ces meurtres et aussi la disparition de cette fillette qui aurait tout vu du drame. Et si tout n’était qu’une question d’argent avec ces forages dans le coeur de cette Suède qui rapportent des milliards aux entreprises. Pour y arriver, elles sont prêtes à dépenser des sommes folles. Mais entre ceux qui ne veulent pas vendre et ceux qui ont besoin d’argent pour diverses raisons, on peut dire que l’argent peut engranger les pires choses.

Un roman qui se lit sans soucis par la diversité des personnages et leurs caractères. Ca, c’est le point extrêmement positif de ce roman. Toutefois, j’ai trouvé que l’enquête était un peu bâclée, que la découverte du coupable était vraiment faite trop vite après des pages et des pages de tâtonnements et d’enquête. Heureusement que le final sauve les meubles. Premier roman pour moi de ces deux auteurs avec leur personnage récurrent, Sebastian. Il va donc falloir que je lise les premiers, même si j’ai eu une bonne vue d’ensemble de ce personnage. Dans ce roman, on en sait plus sur ce qui lui est arrivé et on peut comprendre son comportement. Psychologue qui travaille pour la police, il n’est franchement pas aimé, surtout qu’une de ses collègues de travail a été blessée, gravement, chez lui, par une de ses ex-maîtresses. Sebastian couche, est accro au sexe, ment, arrange la vérité à sa façon, ne suscite pas la sympathie des uns et des autres. Mais il s’en moque. Il est un pro dans son travail. Il veut se rapprocher de Vanja. Dans ce roman, il sauvera une petite fille et elle va, elle aussi, le sauver. Il a approché une qualité de vie qu’il ne connaissait plus. On retrouvera Sebastian dans un prochain roman et surtout la décision prise qui aura énormément de conséquences.

Vanja en veut à ses parents qui lui ont appris la vérité sur sa naissance même s’ils n’ont pas tout dit. La jeune femme, qui travaille dans la police, se sent trahie par eux et il lui est difficile de pardonner car elle sait qu’elle en apprendra encore plus. Et ce n’est pas la maladie de son père adoptif, qui l’aime toujours, qui va la changer. Vanja a voulu mettre sa confiance en Sebastian. Elle est pratiquement la seule à lui dire ce qu’elle pense. Mais elle risque d’avoir des surprises. Très bonne dans son boulot, elle veut aller à Quantico se former encore plus.

Les relations peuvent être tendues entre les membres de l’équipe, entre ceux qui sont amoureux et dont l’amour n’est pas payé en retour. Chacun essaie d’être honnête et quelque fois, cela peut payer. Et que dire de Billy, ce policier qui a déjà tuer deux fois mais qui a été lavé de tout soupçon. C’est le personnage qui m’a le plus impressionné par son caractère et ses actes.

Nicole est une petite fille qui a tout vu. Au début, quelques chapitres lui sont consacrés jusqu’à ce qu’elle soit retrouvée. Elle a tout vu et pour éviter d’avoir à parler, elle s’enfuit, elle se ferme en elle-même car elle sait qu’elle ne souffrira pas ou beaucoup moins.Elle arrivera à faire confiance à Sebastian et la thérapie ne passe pas par des mots. Nicole ne veut que ses proches souffrent comme sa famille. Ce personnage et ses affres sont extrêmement bien décrits et détaillés.

 La fille muette d’Hjorth & Rosenfeldt

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Actes Sud Actes Noirs

Nombre de pages : 478

ISBN :  978-2-330-10961-5

Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Castelletto - Chiara - Emma Mars - Editions Charleston

Castelletto – Chiara – Emma Mars – Editions Charleston

Résumé Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Chiara a passé la nuit avec son protecteur, un homme très âgé qui prend soin d’elle. Elle se réveille et elle est en retard, attendue par sa matrone.

Chiara a 20 ans, vit à Venise et est prostituée. Son rêve, partir.

Avis Résumé Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Chiara a  20 ans. Elle est prostituée. Elle a perdu sa mère, elle-même prostituée, de la peste à l’âge de 13 ans. Mais Chiara veut fuir Venise pour vivre ailleurs, abandonner son passé. Mais c’est sans compter sans sa matrone, une femme qui tient son monde de main de fer, et ses sbires. Tous sont prompts à être violents et surtout à gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Car Chiara a toujours été protégée par les amies de sa mère. Sa beauté est indéniable par rapport aux autres filles.

Dans ce roman, Chiara, surnommée La Princesse, affrontera son passé et elle arrivera à savoir qui est son père. D’ailleurs, cet élément va changer tout son avenir. Chiara est franche, sensible envers ceux qui souffrent. Elle veut protéger ses compagnes, les plus faibles. Car malgré les disputes, les jalousies, les prostituées sont soudées. Surtout que les prostituées vont être enfermées et déjà que leur statut n’est pas enviable, cela le sera encore moins. Elles n’ont aucune liberté de mouvement, des codes couleurs existent. Et ce confinement dans un quartier, le Castelletto, pour soit-disant réguler les maladies, ne leur apportera rien de bon. Sauf de l’argent, encore plus d’argent à la famille qui gère la ville, à l’Eglise. L’idée est que Venise et donc ce lieu soient repris dans le monde entier.

Outre les nombreux personnages de ce roman, que l’on suit parfaitement bien, il y a Nicola le prêtre qui va tomber amoureux fou de Chiara. Mais lui doit obéir à l’Eglise, à l’Etat. Et ce qu’il a pu promettre à Chiara ne pourra pas se réaliser. Alors, même si elle est en colère, fortement, puisqu’il ne pourra pas écouter ses revendications et celles de ses amies, l’appel de la chair, du corps est plus fort. Et ce malgré les menaces, ils tentent de se cacher. Il me tarde de retrouver Nicola dans le second opus qui lui semble être dédié.

Ce roman est basé sur des faits et des personnages qui ont existé. L’auteur démontre très bien toutes les informations apprises et transcrites dans ce roman, dans cette histoire de cette femme libre mais aussi prisonnière. On imagine très bien cette Venise débauchée, mais une Venise qui souffre. Une prostitution que tout le monde cherche, même les touristes. Car la prostitution est autorisée mais fortement taxée et régie par de nombreuses règles. Les hommes, au plus haut sommet de l’Etat, combattent le vice mais même chez eux, les orgies sont légion. Ils vont également changer les règles de Venise en imposant, par exemple, le principe de la courtisane. Une femme qui reste au bon vouloir de l’homme qui l’a payée mais qui vit dans les coins réservés aux domestiques. J’ai particulièrement aimé ces explications concernant cette procession des douze Marie qui s’effectue avant le Carnaval. Tous les ans, les quartiers changent. Cela permet de faire la fête mais aussi de prier. Tout le monde est concerné.

Chiara m’a fait découvrir un pan de l’histoire de Venise que je ne connaissais pas, une période également.  En tous les cas, je n’aurais pas aimé vivre à cette période. Venise est une ville qui ne m’attire pas particulièrement. C’est sûrement dû au fait qu’elle est entourée d’eau et mon vertige qui me donne l’impression d’être attirée au fond. Emma Mars m’a permis de découvrir un autre de ses talents. Raconter une histoire mais dans une époque qui n’est pas du tout contemporaine.

Le second tome était prévu pour fin septembre 2018. Il semble qu’il soit édité. Je pense que je vais me précipiter pour l’acheter.

Castelletto 1 Chiara d’Emma Mars

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Charleston

Nombre de pages : 315

ISBN : 978-2-36812-3072

Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Le septième templier de Giacometti et Ravenne

Le septième templier de Giacometti et Ravenne

Résumé Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Deux hommes qui attendent un message sur un téléphone. L’un fait face à un joueur d’échec, l’autre à un ancien professeur alcoolique.

Antoine Marcas est au mieux de sa forme. Il a été invité par un ami, franc-maçon, en République Tchèque. Suite à un coup de téléphone, il doit rentrer sur Paris.

Avis Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Tout commence par le meurtre d’un homme d’église qui appelle Antoine Marcas alors que celui-ci est invité par un de ses amis franc-maçons. Antoine revient très vite à Paris. De suite, il se trouve embarqué dans une histoire qu’il comprend peu car une femme et deux hommes l’enlèvent. A un moment, il retrouve le frère obèse qui souhaite tout connaître de cette histoire car le mort, franc-maçon également, était un ami personnel du frère obèse.

Dans cet opus, Le septième templier, j’ai l’impression qu’Antoine Marcas est beaucoup moins présent, moins présent pour mener une enquête. Les auteurs, qui ont basé leurs histoires de leur enquêteur préféré avec une partie historique et une partie actuelle, nous emmènent dans l’histoire des Templiers et ce fameux trésor qu’ils détiendraient et que tout le monde souhaiterait récupérer. Un roi, deux papes et toute une traque contre ces gens jugés hérétiques, qui vont subir le pire, qui vont tenter de s’exiler pour conserver une fortune qui aide bien les Rois de France. En ce temps là, le royaume n’a plus de finances, le roi est malade. La vengeance sera longue mais terrible contre ce roi et ce pape. De nos jours aussi, ce petit état qu’est le Vatican cherche encore et toujours à avoir encore plus d’argent, à percer des secrets, à régner sur le monde avec leurs nombreux fidèles. Et tout est bon pour y parvenir, comme embaucher des tueurs, imaginer des scénarii rocambolesques. Les chevaliers du Temple ont été trahis, assassinés. Ceux qui s’en disent héritiers ne suivent pas souvent les traces de leurs aînés.

Outre cette partie historique, la vie de nos jours avec des éléments de l’actualité, les auteurs nous font voyager dans de nombreux pays et nous dévoilent des pans architecturaux de nombreux monuments. Tout est détaillé pour nous permettre de nous plonger dans ces villes, ces rues, qui cachent des trésors. La technologie est également bien là avec ces implants insérés et enlevés dans le crâne de certaines personnes.

Je pense que ma critique est assez décousue et qu’elle ne donne pas trop envie de se plonger dans Le septième templier. Pour moi, le rythme n’était pas assez enlevé. J’ai eu du mal également avec ces nombreux personnages sur la partie historique. De plus, j’ai lu cette aventure de Marcas peu de temps après le premier tome de la nouvelle série des auteurs, Le Triomphe des ténèbres. J’avais été déstabilisée, au départ, par cette lecture. L’inverse est vrai. Quoi qu’il en soit, il faut que je finisse toutes les aventures qui me restent, 3 ou 4, il me semble car je n’abandonnerai pas Antoine comme ça.

Le septième templier d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne

Date de sortie : 14 juin 2012

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 590

ISBN : 978-2-266-22902-9

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Résumé Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Manon appréhende de passer les fêtes de Noël avec sa famille qui ne la comprend pas, qui la rejette.

Toute la famille est réunie. Mais ils attendent l’arrivée de Nadia qui semble être en retard. L’impatience et la colère commencent à poindre.

Avis Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

C’est Noël. Manon est une jeune fille de 16 ans qui va passer les fêtes dans la famille de son père qui l’élève seul. Mais Manon n’est pas franchement heureuse. Elle est délaissée, voire rejetée par les membres de son clan, notamment ses cousins avec lesquels elle aimerait pouvoir discuter. Arrive, Nadia, une tante. Elle est une pianiste mondialement reconnue. Pratiquement tout le monde, dans la famille, veut se l’accaparer, qu’elle passe toutes les fêtes, Noël et Jour de l’An, avec la famille. Mais Nadia est fâchée avec son frère.  Et elle souhaite passer du temps avec son neveu et Manon. Parce qu’elle a compris que Manon a besoin d’elle et elle souhaite la voir réaliser ses rêves.

Je ne suis pas, à proprement parlé, une lectrice de BD, même si j’en ai lu quelques unes. Lorsque l’éditeur de Charlotte Bousquet m’a contacté, à la demande de l’auteur, j’ai été absolument ravie. J’ai déjà lu quelques romans de Charlotte Bousquet. Et je dois dire que Charlotte Bousquet est à suivre. En plus, elle est très proche de ses lecteurs avec lesquels elle partage pas mal de choses sur Facebook. Donc, quand j’ai reçu cette bande dessinée, j’ai attendu d’avoir fini mon roman avant de me lancer.

Je ne connaissais pas les dessins de Stéphanie Rubini. Quelle maîtrise, quel art. Moi qui rêve de savoir dessiner et ce depuis des années, j’ai été absolument enchantée de les regarder, de les détailler. Je pense d’ailleurs que je reviendrai dessus car j’ai dû passer à côté de certains éléments. Le trait est absolument parfait, les scènes très réalistes. Avec ses dessins, Stéphanie Rubini sait donner au lecteur des scènes vivantes, comme si on y était. Elle sait retranscrire toutes les émotions ressenties par les personnages, comme l’ennui, la colère, la joie, les rires. Mais également le rejet ressenti par Manon et cette connivence qu’elle a avec Nadia, tout comme les confidences qu’elles échangent. Les regards échangés sont également bien vivants.

Si les dessins retranscrivent à merveille l’histoire, le talent de Charlotte Bousquet n’est plus à démontrer. Connue pour ses romans, donc pour des textes plus longs, les phrases courtes de la bande dessinée, ces bulles, doivent être précises, concises, pour faire passer au maximum le message du dessin. Et Charlotte Bousquet excelle dans cet art. Phrases concises, explicites, qui détaillent très bien cette famille, qui se mêle de tout, notamment de la vie de Manon et de son père. D’ailleurs, on comprend très bien la jeune fille à ce sujet. Histoire familiale, secrets, culpabilité, jalousies, rien n’est rose pour quelqu’un qui souhaite réussir par son art. Avec les textes de Charlotte Bousquet, on se rend bien compte que Manon manque de confiance en elle, qu’elle est prête à tout abandonner, que le trac lui fait perdre tous ses moyens. Mais la musique est son univers. Et grâce à Nadia, cette tante avec qui elle passe quelques moments, qui vont rester gravés dans sa mémoire, Manon va pouvoir se révéler. Grâce à ce petit coup de pouce du destin, une compréhension d’un adulte envers un enfant, le message est clair. Il faut réaliser ses rêves quels qu’ils soient. Cela permet d’être heureux et de rester en vie. Et la musique est la base de tout. On ne peut pas vivre sans amour, mais on ne peut pas vivre, non plus, sans musique.

Je remercie Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini pour les charmantes dédicaces, les petits mots que je vais conserver précieusement. Heureusement que cette BD n’est pas restée au fond d’un tiroir et qu’un éditeur l’a publiée. Une petite question pour Charlotte Bousquet. Est-il plus difficile de passer de l’écriture d’un roman à celle d’une BD, ou inversement ? 

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Marabulles

Nombre de pages : 415

ISBN : 9781542045261

Loin des vivants de Steve Robinson

Loin des vivants de Steve Robinson

Loin des vivants de Steve Robinson

Résumé Loin des vivants de Steve Robinson

Tayte pense qu’il va mourir sans vraiment connaître ses véritables parents. Pourtant, sa cliente, une femme, saura la vérité sur sa naissance.

Cinq jours plus tôt, Eliza reçoit une valise et un mot concernant son adoption. Elle a maintenant 60 ans et charge Jefferson Tayte de retrouver sa mère.

Avis Loin des vivants de Steve Robinson

Je croyais que le genre des secrets de familles, la recherche de son identité suite à une adoption révélée des années plus tard, n’était pas pour moi. Pourtant, j’ai lu de très beaux romans à ce sujet et d’autres beaucoup moins. Ces derniers avaient comme héroïnes des jeunes femmes niaises. Ce n’est pas le cas ici. On joue dans la cour des grands avec un auteur qui a donné à son héros principal le rôle de généalogiste. Il recherche, enquête sur des parents qui ont laissé leur enfant être adopté. C’est donc son véritable métier. En plus, lui aussi, il ne connait pratiquement rien de son passé. Et sa quête, pour lui même, reste infructueuse. Ce roman mêle toutefois du policier car il y a quelques meurtres, dont le premier peut passer inaperçu. Mais l’auteur nous le rappelle à notre bon souvenir. Car quelqu’un d’autre cherche également Mena mais pour une toute autre raison.

Mena est une jeune fille qui va avoir 17 ans. Elle veut s’enrôler. Mais sa mère tient les rênes de sa famille d’une main de maître et elle interdit énormément de choses à Mena, qui, bien entendu, s’empresse de désobéir, même si elle sait que la sentence sera rude. Toutefois, elle arrive à mentir à sa mère. Pendant cette Seconde Guerre Mondiale, Mena rencontrera des soldats américains, dont un qui est l’ami d’Eddie, un jeune homme dont elle va tomber amoureuse. Mais cantonné à sa base, ils ne peuvent pratiquement pas se voir. Mena ose braver les interdits pour le rencontrer mais un événement va jouer un rôle crucial dans la suite de l’histoire. Amoureux, ils le sont. Toutefois, Mena devra encore faire face à la cruauté de sa mère et bien entendu à cette opprobre jetée sur ces jeunes filles. L’auteur nous relation très bien, dans plusieurs chapitres, qui viennent en parallèle avec l’enquête de Jefferson Tayte cette partie historique. Certes, la construction n’est pas nouvelle mais elle est réellement bien agencée. Je me suis prise d’affection pour Mena car on ne sait jamais, à l’avance, ce qui lui est arrivé. Tout comme le héros, le lecteur s’interroge. Qu’est-il arrivé à Mena ? A-t-elle réussi à fuir ? A-t-elle retrouvé son amoureux ? Ont-ils vécu ensemble ? Mais les secrets de famille sont lourds, surtout lorsqu’un écrit vient jeter le trouble sur une relation. Mena a été une victime. Victime surtout de sa mère. Alors, si l’auteur fait en sorte que cette femme ne soit pas détestée, que les circonstances, la période et surtout la position sociale peuvent jouer un grand rôle, pour ma part, je n’ai pas du tout aimé cette femme. Pour une raison qui peut être compréhensible, elle a fait en sorte que ses filles ne soient pas heureuses. Mais une personne veille au grain pour Mena, une personne qui a quelque chose à se reprocher.

Deuxième Guerre Mondiale avec ces personnes qui se sont engagées pour la paix et la liberté. L’arrivée des GI’s en Europe sera suivie de liaisons avec les jeunes filles du coin. Des bébés seront conçus et vite abandonnés par les pères. Mais que faire pour toutes ces jeunes filles dont opprobre sera jetée sur elles ? Cacher les grossesses, les placer dans des institutions jusqu’à l’arrivée de l’enfant pour l’adoption ou encore les placer pour qu’elles apprennent à obéir. L’église catholique et ses membres ont agi comme de véritables bourreaux envers ces jeunes filles qui n’avaient rien demandé. Si certaines ont vécu leur mal en patience, d’autres ont plongé dans la folie. Qui dit folie, dit hôpital psychiatrique.

Alors si vous aimez les secrets, les secrets de famille, savoir pourquoi un enfant a été abandonné, pourquoi sa véritable mère est partie sans laisser de traces, vous pouvez vous plonger dans ce très beau roman qui se passe pendant la deuxième Guerre Mondiale pour l’histoire de Mena et de nos jours pour les recherches. Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai compris le titre. Car, l’auteur nous emmène loin pour retrouver Mena et son héros aura affaire à différentes personnes de la famille, certaines désireuses de connaître leur ancêtre et d’autres qui feront tout pour cacher. Car dans les familles, il y a toujours des secrets inavouables.

Je remercie Netgalley, Amazon Publishing pour cette lecture en avant-première de la rentrée littéraire. J’aurai grand plaisir à retrouver Jefferson Tayte dans un prochain roman et surtout le premier écrit par Steve Robinson.

Loin des vivants de Steve Robinson

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 415

ISBN : 9781542045261

Le triomphe des ténèbres de Giacometti et Ravenne

Le triomphe des ténèbres Giacometti et Ravenne

Le triomphe des ténèbres Giacometti et Ravenne

Résumé Le triomphe de ténèbres de Giacometti et Ravenne

En 1938, Neuman est prêt à partir rejoindre sa femme en Angleterre. Il attend un visiteur. Mais ce sont les Allemands qui arrivent. Allemands qui cherchent un livre du Moyen-Age.

Quelques mois plus tard, au Tibet, Weistort est à la recherche de la Swastika.

Avis Le triomphe de ténèbres de Giacometti et Ravenne

Quant Eric Giacometti et Jacques Ravenne te bousculent, cela donne le premier tome de la trilogie, Le cycle du Soleil Noir, soit Le Triomphe des Ténèbres. Bousculée, je l’ai été. J’ai eu du mal à me plonger dans ce roman. Pourquoi ? Parce que j’ai été habituée aux enquêtes d’Antoine Marcas, le personnage récurrent, dont il me reste quelques enquêtes à lire. Bousculée parce que j’ai eu l’habitude que les deux auteurs mêlent passé et présent. Mais dans Le Triomphe des Ténèbres, ce n’est qu’un passé proche. La guerre menée par les Allemands, les SS. Je croyais ne rien avoir à apprendre à ce sujet, suite à deux documents lus il y a peu. Mais là, les auteurs se sont appuyés sur des documents trouvés et qui démontrent que certains dirigeants Allemands étaient obnubilés par l’ésotérisme, le pouvoir que cela pouvait leur amener au niveau mondial. Donc, après avoir été bousculée, avoir mis du temps à me plonger dans ce roman, j’ai été, encore une fois, scotchée par l’histoire avec un petit h et un grand H, racontée par les auteurs. Entre vérités et imagination, le lecteur ne sait pas trop où il se trouve. Cela va être dur d’attendre un peu plus de six mois pour lire le second opus.

Entre roman et document, surtout pour le début, tout se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale. L’Allemagne est déjà bien installée en Europe. Elle a commencé ses exterminations. Les débuts du nazisme sont relatés tout comme sur quoi se sont appuyés les dirigeants nazis et notamment Hitler. Cela fait froid dans le dos. Mais rien ne peut nous étonner de ces personnes là qui vont détourner, à leur profit, ce qui est, au départ, censé faire le bien. Eric Giacometti et Jacques Ravenne ont posé les fondations de leur trilogie. Entre ésotérisme, magie, astrologie, certains dirigeants nazis vont piller des trésors et des trésors, que ce soit des livres, des tableaux, … et tout cela pour devenir les maîtres du monde. Bien entendu, nous avons les relations internationales entre l’Allemagne et d’autres pays, notamment l’Espagne et l’Angleterre. La fuite de nombreux Espagnols face à Franco. Ils n’ont pas trouvé mieux en France mais ont rejoint le maquis. Le personnage de Churchill est fidèle à lui-même. Pragmatique, dans ce roman, il devra tout de même réviser un tant soit peu ses croyances face aux éléments qui lui seront présentés.

Ce roman est riche d’une belle palette de personnages. Outre les noms récurrents de l’histoire du nazisme que tout un chacun connait, avec leurs caractères bien trempés, leurs luttes intestines pour être bien vus d’Hitler, dans ce roman, nous avons quatre personnages principaux. En effet, Laure Destillac arrive assez loin dans le roman. Ce qui est normal puisque le château de Montségur appartient à ses ancêtres et qu’il est le théâtre de recherches de la part des nazis. Weistort, le nazi à la tête d’un département allemand, débute ce roman. Profondément inhumain, il a des idées bien ancrées, il n’hésite pas à recourir à cette violence qui fait froid dans le dos pour retrouver ces fameuses Swastika, au nombre de quatre, qui vont asseoir le pouvoir nazi. Enfin, c’est ce qu’ils pensent tous. Ensuite, il y a Tristan, un Français, que l’on découvre en Espagne. Lui ne saura jamais s’il va être tué ou sauvé par les Espagnols, les nazis. Fort, certes, on apprendra bien évidemment son rôle dans cette fameuse quête. Mais Tristan est un homme, un homme qui a besoin d’une femme, qui peut tomber amoureux. Ce sera Laure ou peut-être Erika, cette archéologue allemande. Cette dernière semble ne pas accepter tout ce qui se passe dans son pays. Elle a déjà connu la violence avec son père. Elle a appris à ne pas montrer ses émotions. Femme instruite dans un pays où la femme est cantonnée à un rôle de mère, de femme au foyer, elle doit tout de même faire face à ces hommes au pouvoir immense.

Bien entendu, tous les fans de Marcas ont attendu de savoir si leurs deux auteurs favoris vont oublier ou pas Marcas. A vous de lire ce roman. Pour ma part, ils m’ont pris par surprise, je dois bien le dire.

J’ai un petit regret en ce qui concerne ce roman. Et ce regret arrive de plus en plus souvent. Fautes d’impression ou de relectures, j’ai trouvé trois ou quatre coquilles situées vers la fin du roman, comme s’il fallait se dépêcher à clôturer un roman. Cela me donne un sentiment de travail bâclé. Je suis désolée de l’écrire mais cela arrive pratiquement à chaque fois maintenant dans les romans que je peux lire. Bref, malgré cela, j’ai aussi envie d’écrire merci à Jacques Ravenne et Eric Giacometti pour nous avoir fait partager un moment intime, le mariage de Jacques Ravenne. C’était vraiment sympa de voir de si belles photos et autant de bonheur. Sur ce, il me tarde de lire la suite car là je ne suis pas en retard et je me plonge dès que possible dans une aventure d’Antoine car, là, franchement, j’ai du retard à combler.

Le triomphe des ténèbres de Giacometti et Ravenne

Date de sortie : 4 avril 2018

Nb pages : 476 pages

Editeur : JC Lattes

ISBN : 978-2-7096-5608-5

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