L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

L'Empire du Graal de Giacometti & Ravenne - Editions JC Lattès

L’Empire du Graal de Giacometti & Ravenne – Editions JC Lattès

L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne, présentation

Forêt de Brocéliande, Antoine Marcas est en train de mourir.

Une semaine plus tôt, au Vatican, les six grands plus cardinaux sont réunis à la demande du pape. Une présentation est fait aux cinq autres par Theobald. Il leur montre que le nombre de fidèles décroit de seconde en seconde et ce grâce à des algorithmes spécialement conçus pour le Vatican. Comment faire face à cette chute ? En donnant du merveilleux, du miracle aux croyants.

Mary est étudiante. Elle assiste au meurtre de son professeur.

Avis L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

Pour Antoine Marcas, il suffit d’une vente et de l’arrestation d’une personne pour qu’il rencontre un écrivain qui a acheté un sarcophage avec un vampire à l’intérieur. Très vite, Stanton se révèle un frère et demande à Antoine de l’aider dans sa quête du Graal. Ce dernier oscille. Il a assez consacré de temps à rechercher des trésors. Mais à force de persuasion et bien entendu, tout ce qui relève de l’inconnu plaît toujours autant à Antoine Marcas.

De l’autre côté, le Vatican, avec son pape, a commandé une étude basée sur des analyses très poussées. Le nombre de fidèles baisse de seconde en seconde, au profit d’autres religions, notamment l’Islam. Les plus grands cardinaux se réunissent et que faut-il faire pour que les fidèles reviennent ? Leur donner du rêve, du merveilleux, un miracle. Et donc, trouver le Graal.

Marcas et Stanton vs le Vatican. Qui va trouver le Graal en premier ? Et est-ce vraiment le Graal qui est trouvé ?

Le lecteur se balade, apprend avec les uns et les autres sur les différents monuments visités, les différentes légendes, les différents écrits. De ce côté-là, comme à chaque fois, les auteurs nous offrent un roman très riche. Pour Antoine, comme toujours, c’est une véritable course contre la montre. Est-ce que les relations avec son fils, maintenant étudiant, vont s’apaiser ? J’aime toujours autant ce héros qui n’est toujours pas apaisé. Tout à fait normal avec ce qu’il a vécu. Il connaît ses faiblesses, mais ne sait pas toujours comment réagir, surtout face à ceux qu’il aime.

Je suis catholique car baptisée. Mais je ne suis pas du tout croyante et me considère comme athée. Cela fait de nombreuses années que je considère l’Eglise catholique comme une secte où pouvoir et argent sont plus importants qu’autre chose. Et de plus, certaines prises de position me hérissent franchement le poil. Dans ce roman, les auteurs nous en donnent une belle tranche où la foi, en elle-même, ne vaut pratiquement plus grand chose. C’est seulement mon avis et ce qui est décrit, même romancé, valide de plus en plus cette opinion.

Big Brother, encore et toujours et maintenant Big Data. Nous sommes pistés, harcelés via nos écrans quels qu’ils soient. On nous propose tout et n’importe quoi car les algorithmes sauraient mieux que quiconque ce qui convient à chacun. Je surfe énormément, mon smartphone est tracé, google sait tout de moi et c’est amplement suffisant. C’est ce que j’ai choisi. Mais lorsque je surfe, j’ai des oeillères, je sais que tous les bandeaux publicitaires concernent mes recherches précédentes, mais ce n’est pas pour autant que je clique dessus pour acheter. Ces bandeaux sont là et point barre et je rétrécis mon champ de vision pour me consacrer à ce que je suis en train de faire.

Allez plus qu’une enquête d’Antoine Marcas à lire, avant que les auteurs reprennent le cycle, en espérant qu’ils le reprennent. J’aurai donc fini la boucle en plusieurs années depuis la découverte du Règne des Illuminati. Dans L’Empire du Graal, quand tu as l’impression que l’histoire est finie et que tu vois qu’il te reste 100 pages à lire, tu te demandes ce qui peut encore se passer. C’est sans compter l’imagination d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Car c’est une autre histoire qu’ils racontent, une sorte de conte qui devrait éclairer Antoine Marcas quant à ce qu’il a vécu. J’ai été bien surprise sur ce point. Pour tout dire, L’Empire du Graal n’est pas mon préféré. Au cours des autres tomes, j’ai été bien habituée, trop peut-être, à des histoires parallèles, entre passé et présent. Cela m’a tout de même manqué ici. Même s’il existe une bonne partie historique quant à ce fameux Graal, objet de toutes les convoitises et une recherche d’Antoine et Stanton avec Perceval, les Chevaliers de la Table Ronde et le Roi Arthur, des contes, des légendes, bien réelles ou tout simplement imaginaires.

Même s’il ne veut plus résoudre d’énigmes historiques, le challenge plaît toujours à Antoine Marcas car cela lui permet de s’interroger, de mettre à l’oeuvre ses nombreuses connaissances, même si là, il en apprend beaucoup de la part de cet écrivain. En plus, il ne peut pas abandonner car ce qu’il a de plus cher au monde peut être assassiné. Personnellement, je me suis toujours interrogée sur un des personnages du roman. Et pour une fois, je ne me suis pas trompée.

Comme d’habitude, je ne sais pas qui a écrit quoi. Dois-je conserver ce mystère ? J’aimerais bien le savoir quand même. Oserais-je interroger les auteurs lorsque je l’enverrai lors d’une séance de dédicaces ?

Un conseil, il vaut mieux conserver son âme d’enfant et croire dans le merveilleux.

L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

Date de sortie : 18 mai 2016

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 587

ISBN : 978-2-7096-5606-1

17° suspect de James Patterson et Maxine Paetro

17° suspect de James Patterson et Maxine Paetro

17° suspect de James Patterson et Maxine Paetro

Présentation 17° suspect de James Patterson et Maxine Paetro

San Francisco, un homme armé traverse un parc. Il cherche quelqu’un, une femme, notamment. Il fredonne un air, que lui seul connaît. Michael tue un sans-abri.

Yuki Castellano est assistante du procureur. Elle doit présenter au grand jury une de ses affaires, le viol d’un homme par une femme. Mais rien n’est acquis pour elle, même si elle a  la confiance de ses supérieurs.

Avis 17° suspect de James Patterson et Maxine Paetro

Ce sont quatre jeunes femmes, quatre amies, qui font partie du Women’s Murder Club. Yuki est assistante du procureur. Lindsay est officier de police. Claire est médecin légiste et Cindy journaliste. Ce roman, le 17ème, de James Patterson met plus en scène Yuki et Lindsay. Elles peuvent être mariées avec des enfants.

Yuki est chargée, pour l’accusation, de démontrer qu’un homme a bien été victime d’un viol par une femme. Personnellement, Yuki s’interroge sur son mari qui s’éloigne d’elle. Pour quelle raison ? La trompe-t-il ? Lindsay est appelée par une femme, SDF, qui l’informe que de nombreux SDF ont été assassinés. Mais cela ne correspond pas au quartier d’intervention de Lindsay. Toutefois, avec cet indic, elle arrivera par deux fois avant les officiers en charge de ce secteur.

Enormément de références à la loi pour expliquer le travail de Yuki, si son procès va avoir lieu, comment le juge et les avocats ont travaillé, présenté leurs arguments. Malgré son talent, Yuki n’a pas que des succès et ce procès pourrait asseoir sa renommée, sa confiance en elle. Mais très vite, lors du procès, elle a des doutes quant à l’homme qu’elle représente. Dit-il réellement la vérité ? En plus, l’accusée semble sincère. Mais cette femme joue-t-elle un jeu ? Argent, pouvoir, sexe, tous les ingrédients sont là et peuvent détruire une personne. Mais laquelle ?

Qui tue tous ces SDF, en particulier des femmes ? On sait que c’est un homme qui est à la recherche d’une femme, mais qu’est-ce qu’elle représente pour lui ? Cette enquête va mettre à mal Lindsay qui, forte de son jugement, estime que rien n’est fait pour trouver le coupable. Les affaires internes vont également s’en mêler. Mais qu’est-ce que cela apporte à Lindsay ? Surtout que la jeune femme ne se sent pas bien. Elle a de nombreux vertiges, s’évanouit et le lecteur apprendra ce qui lui arrive réellement et ce qu’elle sera obligée de faire pour sa santé.

Les personnages féminins sont sympathiques notamment Lindsay et Yuki puisqu’elles en sont les personnages principaux. Toutes les quatre n’hésitent pas à se confier l’une à l’autre. On les sent très unies. Elles doivent faire face à un passé pas facile, notamment pour Lindsay avec maladie et père flic violent. Elles doivent faire face également à ce qu’il semble des problèmes de couple, envie d’un enfant de la part du conjoint, secrets qui mettent à mal la confiance, prises de décision pas faciles à prendre. Des personnages féminins qui assument un travail prenant et une vie de famille également. Des femmes de notre temps, qui travaillent mais qui ne font pas tout à la maison.

Lors d’un précédent roman, j’avais bien aimé la plume de James Patterson qui m’avait permis de passer un bon moment de lecture, avec une enquête, de l’humour également et un rythme assez enlevé. C’est pour cette raison que j’avais posé ma candidature pour ce roman. Malheureusement, je dois avouer que je n’ai pas du tout été emballée. Heureusement, que les chapitres sont très courts et permettent aux pages de se tourner facilement. Est-ce dû au fait que je n’ai pas les 16 enquêtes précédentes ? Je n’en sais rien. J’ai trouvé les dialogues vraiment trop creux, avec trop de clichés. Par exemple, ceux de la fin quand Yuki converse avec cette femme mais cela a été tout le long du roman. Les répétitions sont vraiment trop nombreuses, également, et nuisent à la qualité de ce roman. Par contre, le thème abordé est vraiment très intéressant en ces temps où la violence faite aux femmes est partout. Je ne m’étendrai pas sur ce sujet en donnant mon avis car ce n’est pas le thème du roman. Mais il ne faut pas oublier que des hommes sont violés par des femmes. Le terme du viol est expliqué dans ce roman. Et donc, oui cela arrive que des hommes subissent des violences dont les femmes sont les instigatrices.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

17° suspect de James Patterson et Maxine Paetro

Date de sortie : 30 octobre 2019

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-89662-275-7

La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

La nuit du mal de Giacometti & Ravenne - Editions JC Lattes

La nuit du mal de Giacometti & Ravenne – Editions JC Lattes

Résumé La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Octobre 1941, en Crète, des fouilles sont entreprises. Mais il y a des morts parmi les Allemands, car Fylaques, les gardiens, tuent.

Au même moment, en Angleterre, un bateau doit partir pour les Etats-Unis. A son bord, un passager qui n’est pas au goût du capitaine. Mais Malorley explique tout à Killdare.

Avis La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Deuxième cycle, deuxième tome du duo Giacometti-Ravenne, bien connu pour ses enquêtes d’Antoine Marcas. La nuit du mal met en scène les personnages du précédent opus, mais avec plus de densité à mon avis. Personnellement, j’ai beaucoup plus apprécié ce deuxième roman avec toutes ses dimensions historiques, bien entendu romancées.

Crète, Angleterre, Autriche, Allemagne et Venise sont les destinations de ces personnages. On retrouve Laure, Erika et aussi Tristan. Ils sont entourés de personnages hauts en couleur, comme Crowley. Mais entourés également de personnages qui font froid dans le dos et que tout le monde connaît car ce sont eux qui ont tué des millions de gens. Le lecteur évolue dans le monde des agents des services secrets, des agents doubles qui tentent, par tous les moyens, d’inverser le cours des évènements de cette seconde Guerre Mondiale. L’action se situe en 1941. L’Europe est en guerre. L’Allemagne étend de plus en plus ses territoires vers le Nord et l’Est mais aussi vers le Sud avec l’Italie à qui elle prête main forte. Même si ce roman est sorti bien avant Sous un ciel écarlate, lu il y a peu, il démontre que les Italiens ont, eux aussi, résisté contre le fascisme, le nazisme. Heureusement qu’ils étaient là et bien souvent au péril de leur vie.

Le but est de trouver les swastika. Elles sont quatre. Elles peuvent changer le cours de la guerre. Pour le moment, une est aux mains des américains, une autre aux mains des Allemands. Tristan, agent double, fait tout pour trouver les autres. Il essaie de donner les renseignements aux forces alliées et d’induire en erreur les Allemands, notamment Erika, archéologue. Amoureux d’elle ? A vous de juger. En tous les cas, son personnage est bien pensé. Et pour les fans d’Antoine Marcas, le lecteur trouvera des traits de caractère d’Antoine dans Tristan. Quant à Erika, elle s’interroge beaucoup sur Tristan. Il lui avouera la vérité, mais quelle option choisira-t-elle même si elle est amoureuse. Laure, elle, veut absolument venger la mort de son père, tué par les Allemands. Elle a accepté d’être formée pour être agent secret. Elle sait qu’elle joue sa vie, mais elle est animée par une profonde humanité envers ceux qui souffrent.

Les auteurs, Eric Giacometti et Jacques Ravenne, offrent, une nouvelle fois, un roman magistral. J’ai trouvé qu’il était beaucoup plus riche en dialogues, beaucoup plus rythmé, toujours autant documenté. Certaines fois, on n’arrive pas à démêler la part de vrai et de faux. Heureusement qu’ils nous donnent quelques explications en fin de livres. Entre ésotérisme, magie noire, des histoires de malédiction, d’occultisme, de sorcellerie, la seconde Guerre Mondiale n’est pas encore finie pour nos héros. Références cinématographiques avec Fleming et le fameux 007 qui ne sont pas encore créés, ou encore la Mostra de Venise qui a déjà vu passer quelques célèbres acteurs. Comment travaillent-ils tous les deux pour ne jamais se tromper, pour que cette histoire ne subisse aucune césure, que les faits rapportés s’unissent parfaitement entre eux ? Je lirai avec énormément de plaisir le troisième tome, avant de retrouver leur personnage fétiche. Je ne m’attendais pas à trouver Crowley, comme personnage, aussi sympathique. On peut connaître l’homme si l’on s’intéresse un tant soit peu à l’occultisme. Le personnage n’est pas du tout sympathique, en général. Mais ici, il est vraiment très intéressant. Il semble incontrôlable mais il aura quand même fort à faire.

Je dis bravo pour cette construction, pour cette étude bien approfondie des évènements, cette imagination et cette belle palette de personnages.

La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Date de sortie : 15 mai 2019

Editeur : JC Lattes

Nombre de pages : 427

ISBN : 978-2-7096-5609-2

Prends ma main de Megan Abbott

Prends ma main de Megan Abbott - Editions JC Lattes

Prends ma main de Megan Abbott – Editions JC Lattes

Résumé Prends ma main de Megan Abbott

Kit a une trentaine d’années. Elle travaille dans un laboratoire au milieu d’hommes. Elle a toujours su qu’elle retrouverait Diane, une jeune fille qu’elle a connu pendant sa dernière année de lycée.

Avis Prends ma main de Megan Abbott

Une chronique qui va être un peu compliquée à écrire. Jusqu’à la fin, je me suis demandée si on ne s’était pas trompée de personne, où l’auteur voulait nous emmener. L’auteur alterne les passages avant et maintenant. Avant quand Kit et Diane étaient adolescentes, lorsque Diane est arrivée dans cette classe de terminale et qu’elle et Diane ont travaillé ensemble. Diane a poussé Kit à continuer ses études, à être une des meilleures à la course, mais aussi en science. Kit doit-elle lui dire merci pour tout cela ? Sans Diana, y serait-elle arrivée, aurait-elle vu sa vie professionnelle évoluer de cette façon ? Diane a confié un lourd secret à Kit. Cette dernière n’a jamais dévoilé ce secret jusqu’à maintenant ou n’a pas mentionné la personne, même si les deux personnes au courant savaient qui était concernée.

L’auteur tente de faire monter cette pression d’une personne qui vit avec un lourd secret, dont la vie est somme toute chamboulée par ce secret. Kit, de tout temps, a été une personne seule, qui se lie très peu avec les autres. Maintenant, elle travaille dans un laboratoire, dans un environnement masculin, mais leur directeur de recherches est une femme, le Dr Severin qui va pouvoir enfin concrétiser un de ses rêves, soit avoir des subventions pour mener jusqu’au bout une recherche. Mais seules deux places sont disponibles. Qui sera choisi ? L’arrivée de Diane au labo, après un passage dans un labo prestigieux, change la donne.

Qui manipule ou qui est manipulé ? Roman psychologique qui détaille très bien les affres de l’une et de l’autre. Celle qui vit avec le secret confié et celle qui a confié le secret. Diane est une personne qui souffre et ce depuis de nombreuses années, depuis son enfance. Ses actes parlent pour elle-même, avec cette soif d’être la meilleure en tout, d’avoir un modèle et même de le surpasser, d’avoir également une amie avec qui échanger. Au fil des pages, le lecteur assiste à son évolution, à ses rapports avec les autres, à ce qu’elle a accompli en bien ou en mal. Mais est-ce que tout cela est vrai ? Il y a également l’évolution de Kit, cette jeune fille qui ne croyait pas en elle et qui a réussi.

Personnellement, je m’attendais à mieux avec ce roman. Je ne l’ai pas lu avec déplaisir mais il ne restera pas franchement dans ma mémoire. Même si l’auteur maîtrise son sujet, qu’il soit au niveau des recherches sur les femmes qui changent radicalement, qui souffrent dans leur chair et dans leur âme lorsqu’elles sont indisposées. L’auteur nous démontre également que le cerveau est un grand méconnu, que les actes de certaines personnes ne peuvent pas être compris.  L’auteur laisse également planer sur la fin de ce roman. Personnellement, je me demande si c’est bien l’histoire de Kit qui est racontée.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Prends ma main de Megan Abbott

Date de sortie : 9 janvier 2019

Editeur : JC Lattès Le Masque

Nombre de pages : 312

ISBN : 978-2-7024-4862-8

J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

J'ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt - Editions Le Masque
J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt – Editions Le Masque

Résumé J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Jimmy Hoffa, leader syndicaliste, a été assassiné. Son corps n’a jamais été retrouvé. Sa famille n’a jamais pu faire son deuil car sur une liste de suspects, personne n’a jamais avoué.

Après des années d’interviews, entrecoupées de longs silences, Charles Brandt a pu reconstituer toute l’histoire avec un des personnages principaux de l’histoire, l’ami de Jimmy Hoffa, Frank Sheeran, l’Irlandais.

Avis J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Ce livre est une biographie, des années d’enquête de la part de l’auteur qui connait son travail d’enquêteur, de meneur d’interrogatoires pour amener un suspect à tout dévoiler. Il a été procureur spécialisé en droit criminel. Pour l’auteur, Frank Sheeran n’était pas suspect. Au tout départ, il était un client. Mais il a vite senti que Sheeran avait des choses à dévoiler, mais sans balancer qui que ce soit, car Sheeran avait son propre code d’honneur. Mais il était rongé par la culpabilité. Ce livre ne s’est pas fait en un jour. L’auteur a avancé seul et repris, lorsque l’opportunité s’est présentée, ses entretiens, ses enregistrements avec Sheeran. Sheeran devait lui faire confiance et c’est ce qui s’est passé tout de même. L’auteur a eu de la matière, énormément de matière, pour dévoiler toute la vérité à deux familles, celle de Jimmy Hoffa et celle de Sheeran. Mais attention, on navigue dans le milieu de la pègre américaine et là, c’est une toute autre histoire. Puisque les familles existent toujours et ceux qui étaient nommés, ceux pour qui Frank avait travaillé, ne devaient pas être inquiétés, ni leur famille.

Un Irlandais qui devient un parfait Italien. Protégé mais aussi protecteur. Il est le messager entre Russell et Jimmy. On sait pratiquement tout de la vie de Frank Sheeran, de son enfance, de son passage dans l’armée où il a dû tuer pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il a été conditionné par ça. Il est un parfait tueur. Il est peut-être un personnage de l’ombre mais il a su avoir la confiance de deux grands personnages. Frank Sheeran s’est engagé auprès de Jimmy Hoffa pour le syndicalisme.

Dans cette biographie, il est donc question de Frank Sheeran, certes, de ses aveux. Mais il nous permet de comprendre un pan de l’histoire américaine que je ne connaissais pas. La montée du syndicalisme, la défense des travailleurs américains. Un syndicalisme pas toujours propre qui a brassé des millions. Un syndicalisme uni à la mafia. Des luttes de pouvoirs importantes qui ont forcément dérangé, aux plus hautes instances. Ce livre est également un monument historique qui nous permet de connaître les Kennedy, notamment le frère de JFK qui a lutté contre la mafia italienne bien implantée aux Etats-Unis. Il s’est démené au péril de sa vie, tout comme son frère. Je ne pensais que cette mafia était aussi implantée, aussi structurée. Ce sont de nombreuses années réellement traversées. Ce livre est donc important pour tous ceux qui veulent connaître une bonne partie de l’histoire américaine, de la guerre, de la mafia, de sa lutte et du travail des enquêteurs, à n’importe quel niveau.

Je suis tout de même assez déçue. Il me manque une quinzaine de pages à lire car sur la liseuse, le roman n’était pas complet. J’ai donc utilisé un autre support. Et ces pages étaient indispensables tout de même. Déjà que j’ai eu énormément de mal pendant les 200 premières pages à me faire à cette biographie que je trouvais assez longue à se mettre en place. Le reste de la lecture s’était parfaitement déroulé jusqu’à ce souci.

Je remercie Netgalley et les Editions Le Masque pour cette lecture en avant première.

J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Date de sortie : 2 janvier 2019

Editeur : JC Lattès Le Masque

Nombre de pages : 414

ISBN : 978-2-7024-4703-1

Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes de Jessica Shattuck - Editions JC Lattès

Château de femmes de Jessica Shattuck – Editions JC Lattès

Résumé Château de femmes de Jessica Shattuck

1938, comme tous les ans, c’est la fête des moissons au château de la Comtesse Von Lingerfelds. Il pleut mais cela n’empêche pas Marianne, la femme du neveu de la comtesse de tout préparer. 

Marianne a beaucoup d’admiration pour la comtesse, une femme libre  et rebelle.

Avis Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes, c’est l’histoire de trois femmes et de leurs enfants, Benita, Ania et surtout Marianne. Marianne a une mission. S’occuper des femmes et des enfants de ceux qui ont résisté contre l’Allemagne d’Hitler. Si, au départ, elle a mal pris cette demande de son meilleur ami, Connie, au fur et à mesure, elle se rend compte que ce qui lui a été demandé permet de perpétuer le souvenir mais aussi les actes de ces Allemands qui se sont soulevés contre le pouvoir d’Hitler. Ils ont tous été fusillés ou pendus, comme son mari.

L’auteur dévoile, au fil des pages, au moment opportun, le passé, les aspirations, les rêves, mais aussi le déni, la révolte de ses personnages féminins. Plusieurs périodes sont couvertes. La montée du nazisme, la Seconde Guerre Mondiale, la reconstruction du pays, pour finir dans les années 90 lorsque le château de famille de Marianne devient un centre de conférences où elle vient présenter son livre. Marianne est une femme optimiste, confiante, exigeante, elle n’a peur de rien, elle sait qu’elle va y arriver coûte que coûte. Elle apparaît comme une personne que rien ne peut atteindre. Et ce sera comme ça toute sa vie. Elle est bourrée de principes et comme tout un chacun, elle a des réactions, sur le moment, qui vont engendrer beaucoup de souffrances. Elle tentera de se les expliquer, mais le pardon n’est pas un mot ou un geste qu’elle affectionne particulièrement. Ses relations seront difficiles avec Benita pourtant elles vivront ensemble de nombreuses années. Benita peut paraître une jeune femme frivole. Il semble y avoir de la jalousie envers elle. Mais Benita, qui ne vient pas d’un milieu aisé, a eu foi en un homme, homme qu’elle a perdu, qui n’a pas toujours été là pour la soutenir au tout début de leur mariage. Son fils, Martin, est tout pour elle. Elle ne contrecarrera jamais ses plans. Martin, un des personnages centraux de ce roman. Un enfant qui porte, sur ses épaules, un héritage difficile à appréhender. Ania est un personnage assez complexe mais personnellement, je n’ai pas pu la juger. Même si elle n’a voulu rien voir, même si elle n’a rien fait quand elle en avait la possibilité, l’avenir s’est chargé de tout ça, surtout lorsque de nombreux Allemands ont émigré en Amérique et que toute cette horreur a été dénoncée et reste un devoir de mémoire. Cela peut même être incompréhensible pour ces Allemands qui sont nés après la guerre de comprendre ce qui s’est passé dans ce pays. Ils ne pardonnent pas. Comme ne pardonnent pas ceux qui ont résisté et qui ont jugé, sans connaître réellement la vie  de ceux qui ont été obligés d’obéir.

Une fois n’est pas coutume, un roman qui concerne la Seconde Guerre Mondiale se place du côté allemand, du côté de ces Allemands qui ont résisté, qui ont tenté de renverser Hitler. Ils avaient très vite compris que cet homme apporterait le chaos, sans imaginer toutefois jusqu’où cela pourrait aller. Ces personnes se sont informées, se sont tenues au courant, mais voir la vérité telle qu’elle était avec ses déportés a été plus qu’un choc pour eux. De plus, ils ont dû subir l’invasion des soldats russes qui ont tout anéanti sur leur passage, bien après tout ce qu’a pu faire l’armée et la police d’Hitler. L’Allemagne a également dû vivre avec les Américains qui se sont installés dans le pays pour emprisonner, juger ceux qui ont été des SS. Tout comme de nombreux pays, dont la France, l’Allemagne a dû faire face à la pénurie, au rationnement mais aussi tenter de se reconstruire. Même si ces résistants n’ont pas pu renverser le régime, il faut aussi louer leur courage. Souvent, la famille était impliquée, elle a aidé ceux qui avaient besoin d’aide. Un roman pour rendre hommage à ces hommes, ces femmes. Un roman qui tente d’expliquer également ceux qui ont approuvé, ceux qui se sont voilés la face. Les récits sont glaçants mais ils n’ont pas pris conscience ou n’ont pas voulu prendre conscience. Car malgré tout, Hitler a vraiment été très fort. Il a promis un pays qui allait retrouver le plein emploi mais seulement pour les Allemands. Que dire également des enfants ? Ils devaient être éduqués dans le sens que voulait Hitler. Ils ont été placés dans des foyers, on leur a donné des noms allemands, on les a volés à leurs parents. Ils devaient plus tard protéger leur pays, mourir pour leur patrie. Certaines femmes ont même dû subir des viols. Ces trois femmes, Ania, Benita et Marianne, quoi qu’elles aient fait, pensé, ne sont jamais allées dans ce sens. Même si elles aimaient leurs enfants, j’ai senti Ania et Marianne assez détachées par rapport à eux. Oui, elles les ont élevés, aimés, mais en étaient-elles proches ? Pas forcément. A lire et nous pourrons échanger à ce sujet car j’aimerais avoir votre avis.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Château de femmes de Jessica Shattuck

Date de sortie : 31 octobre 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 370

ISBN : 978-2-7096-5770-9

Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Résumé Janet de Michèle Fitoussi

Janet est à Orgeval. Elle est à la fin de sa vie. Elle a été malade et doit partir aux Etats-Unis.

Elle n’arrive pas à écrire. La page blanche a toujours été sa hantise.

Avis Janet de Michèle Fitoussi

Magnifique portrait d’une femme qui se rêvait écrivain pour que sa mère soit fière d’elle mais qui a été journaliste littéraire à succès. Pourtant Janet Flanner mettait énormément de temps à écrire. Peu de confiance en elle mais lorsqu’elle rendait ses papiers, souvent coupés à son grand désarroi, elle n’avait que des louanges. Elle a vécu de nombreuses années à Paris. Elle a beaucoup voyagé en Europe. Elle a su retranscrire à merveille la vie de ceux qu’elle côtoyait au quotidien. Elle a eu un style inimitable. Au fur et à mesure de sa carrière, de ses papiers, de ses portraits bien brossés, elle a su envisager le pire de ce qui pourrait arriver en matière de politique. Elle compte de nombreux amis, des amantes. Janet était une femme fidèle à tous, comme à ses idéaux. Cette biographie de Michèle Fitoussi se lit comme un roman. Les pages se tournent avec délectation. Chaque page est riche en histoire avec un petit et un grand h. Une femme libre qui a eu une relation assez difficile avec cette mère qu’elle admirait tant et plus. 

Roman ou biographie ? Biographie qui se lit comme un roman. On dirait que c’est réellement Janet Flanner qui raconte sa vie puisque nous avons des lettres écrites, des échanges. Mais non, c’est le talent incomparable de Michèle Fitoussi qui a donné vie à ce beau personnage féminin, qui a réellement existé. Cette biographie est tellement bien écrite que les pages se tournent pour tenter de tout connaître de la vie de Janet. Est-ce que tout a été dit ? Est-ce que des éléments ont été passés sous silence ? Qu’importe ! Janet a eu un tel parcours qui nous permet de nous rendre compte que, malgré tout, rien n’est impossible.

On suit donc la vie de Janet, de petite fille jusqu’à la fin de sa vie. Une petite fille qui cherchait toujours l’approbation et l’amour de sa mère, femme pas très présente dans la vie de ses filles sauf pour tenter de réaliser ses rêves à elle. D’ailleurs, lorsqu’elles seront face à face, la mère de Janet l’énervera toujours mais l’amour pour elle est vraiment très fort. Janet doit faire face également à un drame personnel mais elle réagira avec de la haine jugeant qu’elle a été abandonnée. Ce voyage en Europe alors qu’elle a 17 ans va lui donner l’envie de vivre là-bas. Janet se destine à l’écriture, elle veut être romancière. Mais cette jeune fille a peu de confiance en elle et ce sera le cas tout le long de sa vie. Le syndrome de la page blanche est toujours là et l’empêche d’avancer. Perfectionniste, elle ne rendra ses papiers pour le New Yorker qu’après les avoir lus et relus, jetés et réécrits. Elle a un goût très sûr et un style bien à elle. Quant à sa vie privée, même si elle a été mariée, elle sait très jeune qu’elle aime les femmes, qu’elles la font vibrer. Elle aura une très belle relation avec Solita et d’autres femmes, comme Natalia, mais même si tout le monde le sait, elle ne le dévoilera pas. Une relation libre, franche qui leur permet d’aller voir ailleurs si elles le souhaitent mais elles reviennent toujours l’une vers l’autre et ce jusqu’à la fin.

Dans ce roman, Michèle Fitoussi nous raconte également l’histoire de ces Américains, célèbres surtout ou pas, qui ont vécu à Paris dès le début des années 1900. Ils ont établi une communauté qui se retrouvait pour faire la fête, discuter, échanger, vivre leur vie avec peu ou beaucoup de moyens. Janet fera des rencontres qui l’aideront à progresser dans sa vie professionnelle et privée. Des personnes qui ont compté et qui resteront ses amis. Des Américains qui vont apprécier Paris, leur vie parisienne et auront du succès. L’époque est riche en rencontres de tout genre. Mais ces Américains retourneront également chez eux. Janet est Américaine mais aussi Parisienne car Paris lui a offert la liberté qu’elle n’aurait pas eu aux Etats-Unis. Quel beau Paris décrit à une certaine période. La France et les Parisiens sont vraiment à part par rapport à d’autres pays.

Michèle Fitoussi nous dresse le portrait d’une femme libre, comme de nombreuses femmes à son époque, mais surtout timide. Une femme qui tente de percer dans un monde d’hommes. Une femme qui sait réfléchir, qui sait analyser le monde dans lequel elle vit et c’est le cas pour la Seconde Guerre Mondiale, où elle a toujours su que ce serait extrêmement grave. Une femme qui aura du succès et qui donnera le ton suivi par d’autres journalistes, qui eux, seront encensés beaucoup plus qu’elle. On se rend compte en lisant cette biographie que les femmes, en ce temps-là, auront du mal à percer et ouvriront la voie aux hommes. Janet a tout connu, s’est intéressé à tout. Elle ne s’est pas focalisée sur un seul sujet.

Je remercie Netgalley, les Editions JC Lattès pour cette lecture en avant-première de la rentrée littéraire 2018.

Janet de Michèle Fitoussi

Date de sortie : 3 mai 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 295

ISBN : 978-2-7096-5768-6