Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

 

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio – Editions Flammarion jeunesse

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

Sam est au collège. Il passe son temps à dessiner. Dessiner le futur et ses dessins sont prémonitoires.

Un jour, dans une ruelle, il se fait agresser par des camarades qui veulent un dessin pour les servir. Ce qu’il dessine, deux jeunes adolescents qui se transforment et c’est ce qui arrive dans cette ruelle.

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

En tant qu’adulte, passer un bon petit moment de lecture avec les personnages, les héros de ce premier tome, de ce roman. En tant qu’adulte, je me suis attachée, forcément, à ces personnages. Forcément puisque, dans la vie réelle, ils sont rejetés. En tant que jeune ado, à qui ce roman est destiné, ils aimeront le contexte, les personnages également, les situations auxquelles ils doivent faire face.

Je donne mon point de vue d’adulte. Je n’aime pas que les enfants soient privés de liberté. C’est le cas au Repaire, tenu par une femme, dont le but est de donner à ces jeunes, un endroit où ils ne seront plus mis à l’écart, par la société, à cause de leurs dons. Mais mise à l’écart dans le monde réel ou obéir aux ordres d’une sorte d’école, c’est un petit peu la même chose pour moi. Elle souhaite qu’ils apprennent à contrôler leurs dons et surtout leurs émotions. Un programme futuriste leur est consacré. Ils sont également soumis à des sortes de compétitions où ils doivent gagner s’ils veulent participer à des missions. Tout comme Sam, le dernier arrivé au Repaire, tout le monde doit pouvoir participer et ne pas être mis de côté. Il en donne la preuve.

Etant donné que l’on a affaire à de jeunes adolescents, l’attrait de l’extérieur est évidemment grand. Et obéir tout le temps aux règles, ils ne veulent pas. Donc, ils vont essayer d’en profiter. Mais c’est le drame. Une jeune fille est enlevée. Ils vont tout faire pour la libérer et à ce moment-là, ils vont décider de former leur famille où ils n’obéiront pas forcément aux adultes. Dans toute famille, il y a tous les caractères, celui qui réfléchit, celui qui se croit supérieur aux autres, celui qui est un peu fou, celui qui n’accepte pas ses dons. Jeunes, certains ont vu leur don évoluer mais pas dans le bon sens. Cela leur crée donc des angoisses. Surtout que nombreux, à l’extérieur, souhaitent en profiter pour faire le mal.

Un roman bien écrit qui ne souffre d’aucun temps mort. Entraide, amitié, amour naissant sont évidemment bien présents. Un petit peu de science fiction, des compétitions, des missions, du suspense donnent de l’adrénaline. Et puis, pourquoi pas de la rivalité et de la désobéissance pour corser aussi le tout. Car même jeunes, ce ne sont pas des moutons. Ils réfléchissent et unis, ils seront bien évidemment plus forts que les adultes.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette découverte.

Super-Héros tome 1 Origines de Maxime Gillio

Date de sortie : 18 septembre 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 224

ISBN : 9782081423893

La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

La nuit du mal de Giacometti & Ravenne - Editions JC Lattes

La nuit du mal de Giacometti & Ravenne – Editions JC Lattes

Résumé La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Octobre 1941, en Crète, des fouilles sont entreprises. Mais il y a des morts parmi les Allemands, car Fylaques, les gardiens, tuent.

Au même moment, en Angleterre, un bateau doit partir pour les Etats-Unis. A son bord, un passager qui n’est pas au goût du capitaine. Mais Malorley explique tout à Killdare.

Avis La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Deuxième cycle, deuxième tome du duo Giacometti-Ravenne, bien connu pour ses enquêtes d’Antoine Marcas. La nuit du mal met en scène les personnages du précédent opus, mais avec plus de densité à mon avis. Personnellement, j’ai beaucoup plus apprécié ce deuxième roman avec toutes ses dimensions historiques, bien entendu romancées.

Crète, Angleterre, Autriche, Allemagne et Venise sont les destinations de ces personnages. On retrouve Laure, Erika et aussi Tristan. Ils sont entourés de personnages hauts en couleur, comme Crowley. Mais entourés également de personnages qui font froid dans le dos et que tout le monde connaît car ce sont eux qui ont tué des millions de gens. Le lecteur évolue dans le monde des agents des services secrets, des agents doubles qui tentent, par tous les moyens, d’inverser le cours des évènements de cette seconde Guerre Mondiale. L’action se situe en 1941. L’Europe est en guerre. L’Allemagne étend de plus en plus ses territoires vers le Nord et l’Est mais aussi vers le Sud avec l’Italie à qui elle prête main forte. Même si ce roman est sorti bien avant Sous un ciel écarlate, lu il y a peu, il démontre que les Italiens ont, eux aussi, résisté contre le fascisme, le nazisme. Heureusement qu’ils étaient là et bien souvent au péril de leur vie.

Le but est de trouver les swastika. Elles sont quatre. Elles peuvent changer le cours de la guerre. Pour le moment, une est aux mains des américains, une autre aux mains des Allemands. Tristan, agent double, fait tout pour trouver les autres. Il essaie de donner les renseignements aux forces alliées et d’induire en erreur les Allemands, notamment Erika, archéologue. Amoureux d’elle ? A vous de juger. En tous les cas, son personnage est bien pensé. Et pour les fans d’Antoine Marcas, le lecteur trouvera des traits de caractère d’Antoine dans Tristan. Quant à Erika, elle s’interroge beaucoup sur Tristan. Il lui avouera la vérité, mais quelle option choisira-t-elle même si elle est amoureuse. Laure, elle, veut absolument venger la mort de son père, tué par les Allemands. Elle a accepté d’être formée pour être agent secret. Elle sait qu’elle joue sa vie, mais elle est animée par une profonde humanité envers ceux qui souffrent.

Les auteurs, Eric Giacometti et Jacques Ravenne, offrent, une nouvelle fois, un roman magistral. J’ai trouvé qu’il était beaucoup plus riche en dialogues, beaucoup plus rythmé, toujours autant documenté. Certaines fois, on n’arrive pas à démêler la part de vrai et de faux. Heureusement qu’ils nous donnent quelques explications en fin de livres. Entre ésotérisme, magie noire, des histoires de malédiction, d’occultisme, de sorcellerie, la seconde Guerre Mondiale n’est pas encore finie pour nos héros. Références cinématographiques avec Fleming et le fameux 007 qui ne sont pas encore créés, ou encore la Mostra de Venise qui a déjà vu passer quelques célèbres acteurs. Comment travaillent-ils tous les deux pour ne jamais se tromper, pour que cette histoire ne subisse aucune césure, que les faits rapportés s’unissent parfaitement entre eux ? Je lirai avec énormément de plaisir le troisième tome, avant de retrouver leur personnage fétiche. Je ne m’attendais pas à trouver Crowley, comme personnage, aussi sympathique. On peut connaître l’homme si l’on s’intéresse un tant soit peu à l’occultisme. Le personnage n’est pas du tout sympathique, en général. Mais ici, il est vraiment très intéressant. Il semble incontrôlable mais il aura quand même fort à faire.

Je dis bravo pour cette construction, pour cette étude bien approfondie des évènements, cette imagination et cette belle palette de personnages.

La nuit du mal d’Eric Giacometti & Jacques Ravenne

Date de sortie : 15 mai 2019

Editeur : JC Lattes

Nombre de pages : 427

ISBN : 978-2-7096-5609-2

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski, présentation de l’éditeur

Le récit bouleversant et authentique de l’itinéraire semé de drames et d’obstacles qui a mené en France un jeune adolescent guinéen.

Vers l’âge de dix ans, Mamadou a quitté la Guinée avec sa mère pour rejoindre son père qui travaillait en Libye. Ils y ont passé quelques années paisibles jusqu’à la guerre civile. Les parents de Mamadou meurent dans une explosion et il se retrouve seul, à quatorze ans. Il va survivre deux ans en travaillant pour un exploiteur libyen, avant d’être embarqué sur un Zodiac bourré de migrants en partance pour la côte italienne. Recueilli par les Italiens, il entreprend ensuite la traversée clandestine des Alpes, résolu à venir en France. L’accueil des Français est mitigé. De Chambéry à Carpentras, Mamadou va connaître les foyers, les interrogatoires interminables, la radio du squelette pour déterminer s’il est mineur, sans compter l’obstacle de la langue, de l’administration et le handicap de ne savoir ni lire ni écrire. Car le souhait le plus cher de Mamadou, c’est d’étudier. Aidé par Nadia Goralski, il apprend à lire et à écrire, fréquente le collège, s’initie à un métier. Il ressent alors le besoin de raconter son périple, d’exprimer les douleurs retenues. C’est à Nadia qu’il se confie, c’est elle qui sera sa plume. Elle s’est attachée à restituer la voix de Mamadou dans sa simplicité, sa poésie, et même sa maladresse. Car rien mieux que cette voix ne peut nous faire comprendre la dureté de ce parcours et l’énergie de vivre qui habite ce jeune homme.

Avis Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Je n’ai pas pu apprécier ce témoignage autant que j’aurais dû. En effet, jusqu’à la page 31, 2 pages sur 4 étaient imprimées. D’autres étaient blanches. Donc, j’avais peu d’éléments quant à sa vie en Guinée, son arrivée en Lybie et les affrontements qui ont eu lieu lorsqu’il a perdu ses parents.

C’est donc l’histoire vraie d’un migrant, qui a tout perdu, notamment sa famille. Comment un jeune homme qui parle très peu le français peut arriver à s’en sortir ? Ce sont ses mots, des mots que l’on pourrait penser tirés d’un enfant. Mais ce sont les mots d’un jeune homme qui apprend une langue, qui garde ses souvenirs enfouis en lui.

De Lybie, il n’a su qu’au dernier moment où il partait. Il a vu les rues jonchées de morts à cause de la guerre. Il a vu la mer jonchée de morts à cause de ces bateaux remplis plus qu’il n’en faut de migrants. Ensuite, cela a été son arrivée en Italie où il ne comprenait pas la langue, où il a subi divers examens, tout comme en France. Franchement, en lisant cela, on peut comprendre ce que vivent ces personnes qui cherchent un meilleur avenir. Il y a, certes, la barrière de la langue, mais ils peuvent tomber sur des bureaucrates qui n’ont rien à faire dans ces bureaux, qui obéissent peut-être aux ordres, mais qui n’ont rien d’humain.

D’un autre côté, heureusement qu’il y a de belles rencontres, que les Français, mais aussi les Italiens, ont un sacré sens d’aide envers leurs prochains. Ce jeune homme, Mamadou, a su s’intégrer grâce à sa forte envie d’apprendre, de faire des études. Grâce à son sourire, ses rires, Mamadou a su se faire des amis.

Une très belle leçon de courage, une très belle leçon de vie, une très belle leçon d’aide. Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi.

Maintenant je vais raconter de Mamadou Alio Diallo et Nadia Goralski

Date de sortie : septembre 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 90

ISBN : 978-2-330-12571-4

De si bonnes amies d’Amy Gentry

De si bonnes amies d'Amy Gentry

De si bonnes amies d’Amy Gentry

Résumé De si bonnes amies d’Amy Gentry

Dana est humoriste. Elle est à Austin. Elle se produit dans un bar et remet à sa place un des spectateurs. Une prestation qui plaît énormément à une jeune femme, Amanda.

L’une et l’autre vont passer un moment à échanger. Amanda demande le numéro de téléphone de Dana.

Avis De si bonnes amies d’Amy Gentry

Ceci peut être considéré comme un polar mais ce n’est pratiquement pas un polar. Les faits toutefois le laissent penser ainsi que les conséquences. Mais ce roman est un plaidoyer contre tous ces hommes qui abusent des femmes, n’importe quels homme qui essaient d’asseoir leur domination, surtout dans le monde des arts. Weinstein, vous connaissez ? Et bien, voilà, c’est l’histoire de vengeances féminines. Et pour cela, il faut un personnage féminin, Amanda, on le sait dès le départ, qui va rencontrer Dana et qui va devenir sa meilleure amie jusqu’à ce que cette dernière accepte de participer aux vengeances de Dana. Dès le départ, on sait qui manipule qui, mais jusqu’à un certain point, c’est pour cela que c’est tout de même un polar.

Dana est humoriste. Elle est revenue à Austin après quelques années à Los Angeles. Elle ne peut pas vivre de son métier. Mais elle a décidé de participer au concours du meilleur humoriste de l’année d’Austin. A la fin d’un spectacle, elle rencontre Amanda. Elles échangent très vite, se font des confidences même si Dana ne révèle pas tout. Seule, sans amis, sans amants, Amanda est comme une bouffée d’oxygène pour Dana. Mais très vite, Amanda va demander à Dana de se venger. Donnant, donnant. Amanda venge Dana d’hommes qui l’ont fait souffrir et inversement. Dana ressent de la culpabilité face à ces actes, mais aussi de la jouissance. Ne joue-t-telle pas un rôle face à cette violence qui se déchaîne ? Elle va tenter de prendre ses distances avec Amanda, surtout lorsqu’elle est appelée à Los Angeles pour tenter de lancer sa carrière.

Et c’est là qu’elle retrouve Jason, son meilleur ami depuis le lycée, celui avec qui elle a passé tant de temps, celui avec qui elle a travaillé. Mais les liens entre Jason et Dana se sont distendus. Pourquoi ?

Tout ce roman va se jouer sur la personnalité des uns et des autres, ceux qui souffrent, ceux qui cachent, ceux qui se vengent. Dans l’ensemble, assez bien construit. Les quelques 50 dernières pages ont été vraiment intéressantes à lire, mais franchement je me suis assez ennuyée. Ce n’est pas que je ne me sente pas concernée par ce qui est arrivé à toutes ces femmes qui ont subi la violence des hommes, qui voulaient asseoir leur pouvoir sur elle. Mais actuellement, trop, c’est trop. Weinstein, #balancetonporc, #metoo, j’en ai franchement soupé. Et cela va continuer lorsque le premier sera jugé. Des affaires vont encore éclater.

Histoire de vengeances, de révélations, de secrets bien enfouis qui refont surface, de personnages qui se révèlent plus sombres que ce que l’on peut croire. Alors, oui, si on sait, dès le départ, qu’Amanda va jouer le rôle de celle qui va harceler Dana, quelle est la part de vérité dans son histoire ? Qui va profiter de l’une, de l’autre ? Est-ce que Dana va changer ?

De si bonnes amies d’Amy Gentry

Date de sortie : 18 avril 2019

Editeur : Robert Laffont

Nombre de pages : 290

ISBN : 9782221242414

Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

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Résumé Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Juin 2014, Irlande, Comté de Meath, un homme de 84 ans se trouve dans un hôtel. Son fils, Kevin, est aux Etats-Unis. C’est à lui qu’il s’adresse pour raconter son histoire. Sa femme est morte il y a deux ans. Il a mis toutes ses affaires en ordre, sans en parler à son fils. Il va faire quelque chose lors de cette soirée.

Avis Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Toute une vie et un soir raconte la vie de Maurice qui prend la parole. Il a réservé une nuit dans le seul hôtel de sa petite ville et il a réservé la plus grande suite. Sauf que personne ne sait que c’est lui qui a réservé. En plus se tient une très grande soirée dans cet hôtel. Il va rester un grand moment à boire, Stout et whisky car Maurice est un amateur de très bons whiskys, surtout que son fils lui en envoie régulièrement. Maurice va se rappeler sa vie dans ce petit coin d’Irlande au sein de sa famille avec son frère aîné, son héros. Un héros qui ne restera pas très longtemps auprès de lui suite à la tuberculose. Un frère aîné qui l’a toujours aidé de son vivant car Maurice n’y arrivait pas à l’école. Il excellait en sport mais le reste, il ne pouvait pas suivre. Il comprendra pourquoi à la fin de sa vie. Donc, il est placé dans la grande maison de cette petite ville. Il subira la violence du maître de maison et de son fils. Jusqu’au jour où une pièce tombe et que Maurice ramassera et gardera pendant de nombreuses années. Cette pièce est un peu le fil rouge de ce roman, tout comme cette maison qui va devenir un hôtel. Au fur et à mesure de sa vie, Maurice va agrandir la ferme familiale. Il a pratiquement tout appris de son père et il va réussir, il va gagner beaucoup d’argent et se venger, au fur et à mesure, de cette famille qui lui a fait tant de mal lorsqu’il était plus jeune. Jusqu’à ce qu’il rencontre Emily.

Un autre chapitre est consacré à Molly, cet enfant mort-né. Est-ce la faute de Maurice s’il n’a pas écouté sa femme, pour l’emmener plus tôt à l’hôpital ? Il va se maudire, culpabiliser. Et comme pour son frère, Molly restera toujours à ses côtés. Il la verra grandir. Elle lui donnera des conseils ou lui démontrera qu’il a tort dans ses attitudes. Troisième gros chapitre consacré à la soeur de sa femme, Noreen. Cette dernière est placée dans une institution. Malgré la maladie de Noreen, ce sont pratiquement les seuls passages où l‘humour est bien là. Car de nombreuses situations rocambolesques arrivent à cause de Noreen, qui a accepté Maurice dès qu’elle l’a vu. Ensuite viennent Kevin et sa femme, son seul amour, sans qui il ne peut pas vivre et qui est décédée il y a deux ans. Alors, oui, il s’en veut de ce qu’il a pu faire subir à son fils et sa femme, de ne pas avoir été là quand il le fallait, de ne pas avoir compris ce fils qui voulait être journaliste, qui préférait les mots aux travaux de la ferme. Et puis ce chapitre consacré à sa femme est d’une beauté. On sent l’amour qu’il ressent pour elle, qui l’unit à elle, même si cela n’a pas toujours été facile.

Pratiquement dès le départ, j’ai su ce qui allait arriver. Il a suffi d’une phrase. Phrase qui s’est plus ou moins répétée. Pourquoi un tel ordre ? Pour son fils et sa femme qui arrivent avant-dernier et dernier, je peux le comprendre. Est-ce dû à l’arrivée du décès des trois premiers ? C’est tendre, drôle, introspectif, mais surtout le lecteur suit cette vie de Maurice qui accepte tout et fait le point sur ce qu’il a bien ou mal fait. Et ce comme tout être humain qui se respecte, qui ne veut pas trop montrer ses sentiments, ses douleurs. Un très grand respect est ressenti envers ses parents, notamment sa mère, qui a souffert de la mort de son aîné. Les mots sont pudiques pour décrire cette douleur lorsque l’on perd un enfant, l’amour d’une vie et que l’on ne peut pas vivre sans cette personne, être un poids mort pour ceux qui restent, même si la maison de retraite pourrait être la solution. 

Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains, notamment les candidats à ceux qui veulent partir sans souffrir et réussir leur coup. Cela peut réellement donner des idées.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Delcourt.

Toute une vie et un soir d’Anne Griffin

Date de sortie : 3 avril 2019

Editeur : Delcourt

Nombre de pages : 266

ISBN : 978-2-413-01750-8

Le saut de l’ange de Lisa Gardner

Le saut de l'ange de Lisa Gardner - Editions Le Livre de Poche

Le saut de l’ange de Lisa Gardner – Editions Le Livre de Poche

Résumé Le saut de l’ange de Lisa Gardner

Se produit un accident de voiture. Pour elle, c’est une deuxième mort car elle a déjà survécu à un tragique accident. Mais elle ne veut pas mourir. Elle doit sauver une petite fille, Vero.

Blessée, elle fait tout pour s’en sortir, pour sortir de cette voiture, de remonter une pente abrupte.

Avis Le saut de l’ange de Lisa Gardner

Et hop, un de plus en ce mois de mai que je n’ai pas pu lâcher. Réellement addictif. Il m’arrive de temps en temps de lire des romans de Lisa Gardner et je suis ravie, à chaque fois, de la retrouver, même si ses personnages récurrents se retrouvent dans tous ses livres. Il faudrait donc les suivre. Selon les critiques lues, ce n’est pas le meilleur de Lisa Gardner. Qu’importe, j’ai adoré. Même s’il y a des répétitions pour les besoins de l’enquête, pour tenter de comprendre ce qui arrive, cela ne m’a pas gêné du tout. Pourtant, je suis une des premières à les noter. Mais là, pour moi, cela passait comme une lettre à la poste puisque le lecteur suit le cheminement de Nicky qui tente de recouvrer la mémoire sur des faits présents mais aussi vieux de plus de 30 ans.

Comment un banal accident de voiture, une voiture au fond d’un ravin et une conductrice qui remonte une sacrée pente, peut tourner de la sorte ? Elle aurait été condamnée pour conduite en état d’ivresse, voire aurait fait de la prison. Mais voilà, Nicky affirme à tout le monde qu’il faut sauver Vero, une petite fille. Après l’arrivée des enquêteurs et malgré l’arrivée d’un chien, impossible de trouver cet enfant. La voiture, quant à elle, va révéler plus qu’il n’en faut pour que cet accident oblige la police à procéder à une enquête poussée surtout avec la présence d’un enfant qui s’est volatilisé. Et de plus, Nicky ne se souvient de rien et a été victime de trois accidents, très violents, en l’espace de six mois. Donc, pertes de mémoire, migraines, alcoolisme, violences, énorme fatigue, il faut prendre des pincettes avec elle avant de l’interroger et pendant.

Que cache Nicky ? Est-elle Vero ? Vero est-elle un personnage imaginaire ? Nicky a-t-elle fait une tentative de suicide ? Pourtant, ce que la jeune femme avoue ne peut pas sortir de son imagination, surtout que les faits peuvent être vérifiables. Mais qu’est-ce qui a provoqué cet accident de voiture ? Pourquoi son mari est-il comme cela ? Il fait le suspect idéal. Alors, oui, Nicky peut sembler dans son monde, mais ses réactions sont à étudier car elles peuvent révéler énormément. Et la police a décidé de ne pas prendre de gants avec elle et pour la faire parler, pour que ses souvenirs bien enfouis reviennent, utilisation des odeurs. Son mari essaie-t-il de la protéger ? Pourtant, elle éprouve des sentiments ambivalents envers lui, entre amour et haine, même si elle sait qu’il la protège depuis très très longtemps. Un mariage de 22 ans qui tient, c’est bien dû à quelque chose.

Lisa Gardner sait maîtriser le suspense. Elle nous offre des coupables, des situations qui rebondissent inexorablement, des personnages qui souffrent énormément au niveau psychologique et toujours ses questionnements des uns et des autres. De plus, avec Tessa et Wyatt, c’est assez difficile. Tessa a un passé et une fille qui a énormément souffert. Donc, elle se méfie des hommes pour ne plus souffrir. Mère et fille tentent d’affronter ce passé. Mais un élément peut risquer de tout chambouler. Sûrement qu’on le saura au prochain opus. Wyatt essaie d’apprivoiser cette petite fille.

L’auteur consacre, alternativement, un chapitre à Nicky et un autre à Wyatt. Donc, oui, il y a des répétitions puisque ce que l’on peut trouver dans l’un, on le trouve dans l’autre mais pas avec les mêmes réactions. Lisa Gardner traite de la prostitution enfantine, de ses parents qui n’hésitent pas à vendre leur enfant parce qu’ils ont été leurrés, parce qu’ils pensent qu’ils auront une vie meilleure, sans alcool, sans violence. Que ces enfants souffrent tant et plus, cela n’a pas d’importance pour ces prédateurs, qu’ils soient hommes ou femmes. A coup de cadeaux, de sévices, d’enfermement, de drogues, on leur fait faire ce que l’on veut et s’ils basculent dans la folie, ce n’est pas grave. Après, quand ils ne sont plus de la chair fraîche, on s’en débarrasse. Sont détaillés également tout ce que l’on peut tirer d’une voiture, même lors d’un accident.

Le saut de l’ange de Lisa Gardner

Date de sortie : 2 janvier 2019

Editeur : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 525

ISBN : 978-2-253-25836-0

L’ombre de la baleine de Camilla Grebe

L'ombre de la baleine de Camilla Grebe - Editions Calmann Levy

L’ombre de la baleine de Camilla Grebe – Editions Calmann Levy

Résumé L’ombre de la baleine de Camilla Grebe

Manfred a la cinquantaine. Divorcé, il s’est remarié et a quatre enfants, dont une petite fille avec sa nouvelle femme. Il travaille comme policier à Stockholm. Lors d’un appel, il laisse sa petite fille seule. Ensuite, il la cherche et il n’a pas le temps de la récupérer. Elle tombe sur l’asphalte.

Avis L’ombre de la baleine de Camilla Grebe

Ils sont trois et tous les personnages qui gravitent autour. Manfred, Samuel et Pernilla détaillent leur vie, ce qui leur arrive à un instant T. Bien entendu, à un moment ou un autre, ils seront liés par une enquête.

Manfred est policier. Il est divorcé et remarié à une femme plus jeune avec laquelle il a une petite fille. Mais un matin, alors qu’il est chez lui avec sa fille et qu’il répond au téléphone, la petite fille passe par la fenêtre et il n’a pas le temps de la récupérer. Nadja tombe sur la chaussée. Elle est dans le coma. Passés les premiers jours, Manfred doit reprendre le travail et surtout faire face à des noyés et semble-t-il un gros trafic de drogue.

Samuel est un jeune homme qui vit chez sa mère. Il ne va plus au lycée, ne travaille pas. Il n’arrive pas à se concentrer et subit continuellement les reproches de sa mère. Mais, il a trouvé la facilité en volant, en faisant des trafics jusqu’à ce que cela soit trop gros pour lui et que sa mère le mette à la porte. Il devra se cacher pour ne pas mourir. Il trouve un travail, s’occuper d’un enfant handicapé. Mais dans quel piège est-il tombé ? Est-ce que cela sera le cas, ici ? Il semblerait que Samuel ne prenne jamais les bonnes décisions. Mais il subit certains événements. Pendant toute la durée de ce roman, outre le fait qu’il culpabilise beaucoup pour ses actions, ses décisions prises, qu’il se répète inlassablement qu’il n’est qu’un bon à rien, il tient en pensant à sa mère.

Pernilla est la mère de Samuel. Profondément bigote, immensément bavarde, ses actions doivent être en rapport avec Dieu. Elle est très impliquée au sein de sa congrégation. On apprend que sa mère est partie lorsqu’elle était jeune, que Pernilla est mère célibataire. Ah, oui, elle a toujours été là pour son fils, l’espionnant, toujours sur son dos. Mais lorsqu’elle prend la décision de le mettre dehors, elle va vite se mordre les doigts. Toutefois, Pernilla va évoluer. Elle va devoir prendre des décisions pour son fils qu’elle tente de retrouver envers et contre tout. Cela ne sera plus la femme qui accepte tout sans rien dire, qui respecte les lois.

Alors, oui, l’auteur nous emmène dans une histoire de trafic de drogue, d’argent avec des gros pontes qui font assassiner ceux qui n’obéissent plus. Est-ce que ces cadavres sont liés ? Mais l’auteur nous amène un élément, des personnages qui vont changer la donne de ce roman. Un événement auquel je ne m’attendais absolument pas. Roman addictif, certes, mais pas un coup de coeur pour moi, malheureusement, même si j’ai aimé la construction et là où nous a emmené l’auteur. Je croyais avoir lu son premier roman mais ce n’est pas le cas. Je l’ai toutefois dans ma PAL. Un roman nordique, suédois, comme je les affectionne. On passe de la ville, Stockholm, même si elle n’est pas très évoquée, à des paysages de bords de mer, des îles où il semble faire bon vivre. Le temps est également un élément important dans ce roman. Début de l’été avec ses pluies, ses averses et aussi le soleil ainsi que la fête préférée des Suédois, la Saint-Jean.

Des sujets sont traités dans ce roman. La perte d’un enfant et ce que cela change pour un être humain, pour une famille. Chacun réagit différemment à ce drame. Lorsque la personne a déjà des problèmes psychologiques, c’est encore pire. Autre sujet très important et qui prend toute son importance dans notre vie d’aujourd’hui. Les réseaux sociaux, les blogs. Montrer que tout va bien dans sa vie, faire des photos pour avoir des like, de plus en plus de like. Faire cette course pour être le meilleur. Les gens sont narcissiques et cela entretient ce narcissisme. Mais si on montre que tout va mal pour obtenir de la compassion, il faut l’entretenir également. Perversité de l’être humain pour tout ce qui touche les autres dans leur malheur. Se focaliser sur les gens qui souffrent et donc en rajouter. 

Ne pas avoir lu Sous la glace ne gêne pas franchement la lecture de ce roman, même si cela aurait été mieux pour connaître Manfred et Malin.

Je remercie Netgalley et les Editions Calmann Lévy pour cette lecture.

L’ombre de la baleine de Camilla Grebe

Date de sortie : 27 février 2019

Editeur : Calmann Lévy

Nombre de pages : 369

ISBN : 9782702165744