Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Fantômes de papier de Julia Heaberlin - Editions Presses de la Cité

Fantômes de papier de Julia Heaberlin – Editions Presses de la Cité

Résumé Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Deux soeurs qui ont sept ans d’écart. Une aînée qui est une véritable casse-cou mais qui est toujours là pour sa cadette. Mais à 19 ans, Rachel disparait. Son corps n’est jamais retrouvé.

Commence alors une très longue quête pour sa soeur qui veut retrouver le meurtrier de sa soeur. Elle passe à l’acte alors qu’elle a 24 ans car elle est prête.

Avis Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Qui est le plus atteint des deux ? Carl, ancien photographe, soupçonné de meurtres de jeunes femmes ou cette jeune femme, dont on ne connaîtra le prénom qu’à la fin et qui est à la recherche du meurtrier de sa soeur.

Ce roman aurait pu être plus noir, plus psychologique. Personnellement, je n’ai ressenti aucune tension, même si on lit toutes les étapes par lesquelles passent cette jeune femme. Entre présent, avec Carl, à qui elle veut faire avouer de nombreux meurtres, son enfance auprès de sa soeur et l’après meurtre où elle va accumuler du matériel pour remonter jusqu’à celui qu’elle soupçonne d’être le meurtrier de sa soeur. En terme de psychose, elle a énormément développé. Le meurtre de sa soeur, alors qu’elle n’était qu’une jeune enfant, a peut-être accru sa maladie. C’était une petite fille peureuse, dont la grande soeur était l’idole. Avec elle, elle a vécu une belle enfance mais n’a jamais été intrépide comme elle. Le lecteur va suivre les développements de cette quête, de cette recherche, de son enquête. Mais avait-elle tous les éléments en main ? Son but, tuer Carl mais il doit avouer, avant tout. Mais rien ne se passe comme prévu. Elle voulait de l’anonymat, elle ne l’aura pas. Elle doit se conformer aux désirs de ce vieil homme. Et pourtant, malgré tout, malgré sa peur, il arrive toujours à la surprendre, à faire monter la pression en elle. Malgré son entraînement, elle subira tous les désirs de ce vieil homme jusqu’à ce qu’elle connaisse l’entière vérité.

Carl, vieil homme, ancien photographe, est soupçonné de meurtres. Mais comme il n’a pas pu être inculpé, il finit ses jours dans une maison pour personnes âgées qui ont eu des problèmes avec la justice et qui ont des soucis psychiatriques. Il va jouer avec cette jeune femme, comme il joue avec tout le monde. Cet homme ne m’a pas fait peur. Joue-t-il avec sa sénilité ? Ces 10 jours avec cette jeune femme seront comme une bouffée d’oxygène. Il va en profiter pour faire ce qu’il veut et lui apporter, presque sur un plateau, ce qu’elle souhaite. Il a tout à fait compris ce qu’elle recherche et il va l’aider, sans qu’elle le soupçonne, dans sa quête.

L’auteur n’a pas réussi à me faire entrer dans son roman. Je l’ai lu avec plaisir néanmoins mais aucune urgence ressentie, aucun sentiment d’effroi, aucune empathie pour les personnages, peut-être un peu pour Carl car se révèle-t-il vraiment ? En tous les cas, la balade est très instructive au Texas. Ils parcourent des milliers de kilomètres avec des paysages toujours changeants. Un conseil, ne lisez surtout pas la dernière note de l’auteur. C’est ce que j’ai trouvé de très instructif dans ce roman, outre le développement de cette psychose, de cette envie de se venger contre quelqu’un qui lui a enlevé un être cher.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour cette lecture. La couverture est absolument magnifique.

Fantômes de papier de Julia Heaberlin

Date de sortie : 16 mai 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 432

ISBN : 9782258153134

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne – Editions Presses de la Cité

Résumé Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Elle aurait dû mourir dans un grave accident de voiture. Mais elle a réussi à s’en sortir, à ne pas se laisser engloutir par les eaux, en rejoignant la rive.

Depuis, elle n’a pas retrouvé la mémoire mais elle a retrouvé sa famille, en particulier sa fille Lyla et son mari Adam. Mais ce dernier est très en colère, brutal et elle sent qu’Adam lui en veut. Pourquoi ?

Avis Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Kath semble avoir tout pour être heureuse. Un mari aimant, une petite fille adorable, un lieu de vie, certes très reculé, mais où elle se sent bien. Mais Kath a eu un accident de voiture et la mémoire lui fait encore défaut. Pour le moment, son mari Adam semble très en colère contre elle, il est plus ou moins violent dans ses paroles. Pourquoi ? Que cache Kath à Adam ? Pour retrouver sa vie, Kath va tenter, par tous les moyens, de retrouver cette mémoire. Mais un élément perturbateur va jeter le trouble sur ce qu’elle pensait. Si vous lisez la quatrième de couverture, vous saurez très vite ce que c’est. C’est pour cette raison que je ne les lis pratiquement jamais pour me laisser la surprise qui arrive, quand même assez tard.

Lyla est la fille de Kath et Adam. Cette petite fille n’est pas comme les autres. Selon sa mère, elle a le syndrome d’Asperger, mais elle n’a jamais été diagnostiquée car ses parents, et en particulier son père, ne veulent pas lui coller d’étiquettes. Avec ce syndrome, l’auteur nous décrit le comportement de cette petite fille solitaire, vive, intelligente, sensible, qui communique lorsqu’elle en a envie. Lyla se sent délaissée et surtout pas aimée. Elle a peur, en particulier, pour sa mère. Elle a peur que celle-ci ne revienne plus et elle pense qu’elle ne l’aime plus. Lyla est très attachée à ses parents mais, à un moment, sentant sa mère en danger, elle la choisira, pour tenter de la protéger. Je ne suis pas trop au fait de l’autisme, du syndrome d’Asperger qui peut se présenter sous différentes formes, mais le personnage de Lyla est vraiment très détaillé. Le lecteur, surtout parent, ressent de l’amour pour cet enfant qui subit les quolibets de ses camarades d’école, qui a une mémoire phénoménale.

Kath croit que son accident est dû à une plaque de verglas. Comme ses souvenirs sont encore diffus, elle apprendra la vérité. Mais le pourquoi du comment, ce sera à elle de le chercher. Pourquoi a-t-elle voulu abandonner sa fille ? C’est cela qui lui fait le plus peur. Sa fille, son amour. Elle va interroger celui qui a assisté, plus ou moins, à l’accident. Elle va mettre à jour certains éléments qui vont lui faire entrevoir la vérité. Elle utilisera les odeurs pour se rappeler. Au fil de son enquête, elle ira dans des endroits où le drame a eu lieu. Tout cela, aidée, plus ou moins, par les avertissements de sa fille. Adam est le coupable idéal. Mais est-ce vraiment lui, comme le suggère Lyla ? Il faut dire que cet homme et les hommes de sa famille se ressemblent énormément. Un huit-clos familial, pourrait-on dire, car le frère de Kath ne semble pas exempt de tout reproche. Juste avant de mourir relate des évènements familiaux qui peuvent arriver à tout le monde, entre mensonges et trahisons, suspicions et manques de confiance en l’autre. En filigrane, la mère de Kath, décédée, qui joue un rôle très important. Adorée par son fils et sa fille qui savaient comment elle était toutefois, elle est toutefois bien présente même si elle est morte depuis de nombreuses années.

Juste avant de mourir, outre l’histoire, a pour cadre la lande. Et on le sait, le cadre joue énormément dans un roman. Lande plus hiver donnent des sensations oppressantes, même si la lande est un formidable terrain de jeu pour Lyla, un espace de travail pour Adam. Pour les étrangers, la lande peut être un coupe gorge. Et Kath, même si elle y vit depuis de nombreuses années, peut avoir toujours des surprises dans ce cadre. La lande est un espace où l’on peut se cacher, où les animaux, sauvages, peuvent vivre en sécurité et être des remparts pour les êtres humains. Mais, la violence peut y régner. Et elle est pratiquement humaine. Le temps peut changer très rapidement avec un brouillard très dense qui peut tomber en quelques minutes alors qu’à quelques kilomètres, le soleil brille. Dans un tel endroit, reculé, il faut vraiment avoir envie d’y vivre.

Juste avant de mourir n‘est pas un coup de coeur pour moi, malheureusement, malgré le style de l’auteur que je connais puisque je l’ai lu. Deux éléments m’ont chagriné et mis mal à l’aise. Il m’a semblé que Kath connaissait une partie de la vérité par rapport à sa mère. Mais comment aurait-elle pu l’apprendre ? Quelques pages plus loin, ce n’est plus le cas. Outre le cadre, j’ai toutefois bien aimé ces références aux légendes, aux histoires de sorcières. J’ai été moins happée par cette histoire que par le premier roman de l’auteur. Est-ce dû au fait de lire sur liseuse ?

Je remercie Netgalley et les Editions Presses de la Cité pour cette lecture.

Juste avant de mourir de S.K. Tremayne

Date de sortie : 21 mars 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 326

ISBN : 9782258150751

La punition qu’elle mérite d’Elizabeth George

La punition qu'elle mérite d'Elizabeth George - Editions Presses de la Cité

La punition qu’elle mérite d’Elizabeth George – Editions Presses de la Cité

Résumé La punition qu’elle mérite d’Elizabeth George

C’est la fin des examens. Ding pousse son amie Missa, jeune fille aux notes irréprochables, à sortir. La grand-mère de Missa est tout à fait d’accord. Elles se retrouvent dans un bar avec les colocs de Ding. Tout le monde boit.

Gaz Ruddock, îlotier, vit avec un vieil homme pour l’aider dans son quotidien. Il fait tout ce qui est possible afin que l‘ordre règne dans cette petite ville de Ludlow.

Avis La punition qu’elle mérite d’Elizabeth George

Plus de 550 pages à lire, un énorme pavé pour cette vingtième enquête de Linley et Havers. J’ai cru que jamais je n’allais en voir le bout. C’est ça le problème de la liseuse. Mais même si j’ai cru ne jamais en voir la fin, ces 550 pages sont un régal, un pur bonheur. Je n’ai pas lu toutes les enquêtes de ce duo, même si je sais à peu près ce qui est arrivé à chacun d’entre eux. Barbara est toujours sous le coup d’une mutation car elle n’obéit pas aux ordres. Mais depuis quelque temps, elle tente de se conformer et elle y sera encore plus obligée car elle devra travailler avec la commissaire, Isabelle, qui ne la porte pas dans son coeur et qui veut, absolument, s’en débarrasser. Toutefois, le naturel revient vite au galop mais Barbara fait attention. Elle enquête, un tant soit peu de son côté mais en fait part à Isabelle et surtout elle obéit. Mais ce sera sans compter sur Linley qui mettra les pieds dans le plat et qui permettra au duo de travailler ensemble pour tenter de démêler cette histoire de suicide.

La première partie est donc consacrée à Isabelle et Havers qui doivent enquêter et tenter de démontrer qu’il n’y a eu aucune erreur lorsqu’un détenu est mort en détention. La deuxième partie est consacrée à Havers et Linley car Barbara avait découvert un élément qui pouvait donner un autre tour à l’enquête mais elle allait plus loin que ce qui lui était demandé. Tout ne sera pas mis à plat, mais même s’ils sont pressés par le temps, ils pourront interroger les uns et les autres, se faire leurs idées, échanger et comme ce sont des pointures dans leur métier, ils y arriveront. Mais c’est un travail d’équipe entre Londres et eux.

Outre l’enquête, ce roman est consacré aux relations humaines. Les relations de travail, les relations amoureuses, le respect envers les uns et les autres. Les relations humaines ne sont pas faciles. Une mère et femme peut prendre le dessus sur son couple, sur ses enfants, imposer ses choix, surveiller. Mais la vie se charge de remettre les choses à leur place. Est-ce que cela sera trop tard pour faire machine arrière ? L’auteur s’est énormément renseigné sur la police britannique, sur ses fameuses coupes budgétaires qui empêchent d’avoir du personnel sur place pour pouvoir enquêter comme il le faut. Avec Isabelle, c’est l’alcoolisme qui est en ligne de mire. Mais il n’y a aucun jugement. L‘alcoolisme peut être dû à de nombreuses choses. Mais il est dévastateur pour ceux qui en sont atteints et ceux qui sont autour. Il anéantit une vie de famille, il peut anéantir un travail, des responsabilités. Il faut juste que le malade prenne conscience qu’il faut qu’il soit aidé. Elizabeth George s’attache également à ces jeunes, qui veulent prendre leur envol, qui continuent leurs études et qui boivent tant et plus, qui privilégient les relations sexuelles même si leur partenaire n’est pas d’accord. Mais s’ils peuvent être très vite soupçonnés, d’un autre côté, ce ne sont pas eux qui sont les principaux responsables.

Et toujours ce ton humoristique quand il le faut. Et cela passe par Barbara qui fait des claquettes et qui a été prise en charge par la secrétaire du département. Cette dernière ne s’en laisse pas compter et refuse toutes les excuses de Barbara. Surtout qu’il y a un spectacle, et bien entendu, Linley va s’en mêler. Je m’imagine ces personnages tout ce qu’il y a de plus british, surtout Linley. Ils sont toujours autant humains et cela fait du bien.

Je suis toujours autant surprise par Elizabeth George. Qu’une américaine, qui vit aux Etats-Unis, transpose ses histoires en Grande-Bretagne, dans des lieux autant reculés, cela me sidère toujours autant. Ce n’est pas la même culture même si les êtres humains, sur n’importe quel lieu de la planète, ont pratiquement tous les mêmes aspirations.

Je remercie Netgalley et les Editions Presses de la Cité pour m’avoir permis de lire cette vingtième enquête.

La punition qu’elle mérite d’Elizabeth George

Date de sortie : 7 mars 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 553

ISBN : 9782258117761

Les âmes englouties de Susanne Jansson

 

Les âmes englouties de Susanne Jansson - Editions Presses de la Cité

Les âmes englouties de Susanne Jansson – Editions Presses de la Cité

Résumé Les âmes englouties de Susanne Jansson

Nathalie est installée dans le nord de la Suède. Elle a passé du temps avec Johannes mais elle ne reste jamais.

Celui-ci passe devant chez elle avec son vélo. Mais il est agressé. On remonte ensuite à trois semaines plus tôt.

Avis Les âmes englouties de Susanne Jansson

Nathalie est biologiste. Elle prépare une thèse sur le réchauffement climatique et notamment l’action des tourbières sur celui-ci. Elle décide donc de quitter Göteborg pour le nord de la Suède et surtout un endroit qu’elle connaît bien. Elle y a vécu jusqu’à l’âge de 12 ans. Avec cette étude, Nathalie décide d’affronter son passé. Elle rencontre un étudiant en art avec qui elle vit une relation. Elle le sauvera de la mort.

Au fur et à mesure de ce livre, des questionnements de Nathalie, de son retour vers le passé, vers son enfance, jusqu’à ses douze ans, il est question de tourbières. Le livre se situe au début de l’automne. Les jours sont courts, la luminosité peu intense. Le brouillard tombe vite et les éléments peuvent se déchaîner et disparaître tout d’un coup. Les tourbières sont des pièges. Elles peuvent engloutir quelqu’un en très peu de temps, surtout s’il ne fait pas attention. Piège, certes, mais les tourbières révèlent également des cadavres, anciens comme récents. Une région de légendes qu’un homme essaie depuis des années d’étudier. Les tourbières ont été le cadre de rituels, de sacrifices, d’offrandes. Est-ce pour cela que les cadavres sont transpercés d’un pieu ?

Nathalie va affronter son passé, la réalité. Elle va retrouver un de ses anciens voisins. Avec l’agression de Johannes et la découverte d’un cadavre, la police va devoir enquêter, notamment avec la photographe de renommée internationale, Maya, qui travaille de temps en temps pour la police. Maya, aussi, est fascinée par ce monde. Ses photos vont révéler des indices qui feront avancer le travail des enquêteurs. Elle prendra également quelques risques en interrogeant ceux qui vivent près des tourbières. Mais l’assassin est-il celui que l’on croit.

Avec ce voyage dans le passé, Nathalie fera-t-elle réellement la paix avec ce qui la taraude, avec ceux qu’elle a perdus ? En tous les cas, en rendant visite, à l’hôpital, à Johannes, elle va s’ouvrir, elle va lui raconter son passé, son amitié avec Julia, jusqu’à ce jour fatal qui reviendra avec force.

Le roman est vraiment très bien construit. Il ne m’a happé, toutefois, comme pourraient le faire les tourbières. Je ne suis pas tombée, à fond, dedans. Je me suis sentie déconnectée par rapport à cette histoire, vraiment très riche et fortement documentée, que ce soit d’un point de vue scientifique, écologique mais aussi de ces légendes, si je puis l’écrire. Susanne Jansson tranche également avec les autres auteurs nordiques que j’ai pu lire auparavant.

je remercie les Editions Presses de la Cité pour la découverte de cet auteur.

Les âmes englouties de Susanne Jansson

Date de sortie : 21 février 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 314

ISBN : 978-2-258-14819-2

L’étranger dans la maison de Shari Lapena

L'étranger dans la maison de Shari Lapena

L’étranger dans la maison de Shari Lapena

Résumé L’étranger dans la maison de Shari Lapena

Tom Krupp rentre chez lui. Mais il trouve la maison ouverte sans sa femme à l’intérieur. Cela le surprend surtout qu’elle a tout laissé. Il commence à paniquer.

Une femme roule à vive allure, pour fuir quelque chose.

Avis L’étranger dans la maison de Shari Lapena

Pour moi, cela a été une histoire qui commence mal. En effet, le début m’a immédiatement fait penser à un livre lu il y a quelques années. Un mari rentre chez lui, cherche sa femme. Il apprend plus tard qu’elle a eu un accident de voiture. Ensuite, j’ai lu le premier roman de l’auteur. Au fil des premières pages, je me suis dit, encore une histoire de voisinage où il sera facile de démêler le vrai du faux. Les apparences sont trompeuses. Et cela a été le cas ici. Quel talent ! Car même si nous avons une histoire de voisinage, l’auteur a su m’embarquer dans son histoire et ce jusqu’à la fin car je n’ai absolument pas lâché ce roman, lu très rapidement, en trois jours, tellement je souhaitais connaître le dénouement.

Nous avons un couple marié depuis deux ans, Tom Krupp et sa femme Karen. Ils vivent dans une banlieue résidentielle et ont tout pour être heureux. L’accident de voiture de Karen va provoquer de nombreux questionnements. Que faisait-elle dans ce quartier mal famé ? Pourquoi conduisait-elle aussi vite ? Avec un choc à la tête, elle a perdu la mémoire immédiate. Cela peut revenir mais il faut attendre. Elle sera vite questionnée par la police car elle risque tout de même cher même si personne n’a été blessé. Malgré son amour pour sa femme, Tom a des soupçons, des doutes sur ce qui s’est réellement passé ce soir-là. Et lui, est-il blanc comme neige ? Un élément important, près des lieux de l’accident, va entraîner une enquête de police plus poussée. Qui est coupable dans cette histoire ?

Tom et sa femme sont terrifiés par ce qui se passe. Au fil de l’histoire, Tom va découvrir le passé de sa femme qui ne s’est jamais confié. D’ailleurs, lui non plus. Ils ont aboli leur passé car cela ne concernait pas leur couple. Tom va se rendre compte que sa femme Karen est tout de même forte malgré tout ce qui lui arrive. Ils vont se protéger l’un et l’autre face à la police, face à cette voisine, Brigid qui n’arrête pas de les épier. Elle est la meilleure amie de Karen. Tom, quant à lui, reste éloigné de Brigid.

Le lien est vite fait entre le prologue, l’accident et le cadavre. Shari Lapena dissèque les caractères des uns et des autres, leurs angoisses, leurs faiblesses, la suspicion qui s’installe. Car que cache Karen ? De quoi a-t-elle peur ? Est-elle réellement amnésique ? En tous les cas, la police et même son avocat ont des doutes. Le lecteur arrive même à douter du mari. Moins de Brigid, même si cette femme, en mal d’enfant, est instable et espionne continuellement ses voisins. Karen a peur, est terrifiée car elle ne se rappelle pas. Et on arrive à comprendre pourquoi lorsque l’on arrive à la fin du livre. De belles histoires de manipulation des uns et des autres. Une personne peut arriver à ses fins à moins qu’un élément ne se mette en travers de son chemin pour tout chambouler. En tous les cas, le couple n’est pas au bout de ses peines.

Personnellement, je n’a jamais su, jusqu’à la fin ce qui allait réellement se passer. Je n’ai pas pris fait et cause pour aucun des personnages, malgré les histoires des uns et des autres.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour l’envoi de ce deuxième roman.

L’étranger dans la maison de Shari Lapena

Date de sortie : 17 janvier 2019

Editeur : Presses de la Cité

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-258-137666-0

L’île des absents de Caroline Eriksson

L'Ile des absents de Caroline Eriksson

L’Ile des absents de Caroline Eriksson

Résumé L’île des absents de Caroline Eriksson

Greta accompagne Alex et Smilla lors d’une promenade. Mais elle préfère rester près de la barque. Alex et Smilla partent, la petite fille heureuse près de son père.

Greta attend et ils ne reviennent pas. Elle se lance à leur recherche.

Avis L’île des absents de Caroline Eriksson

Comment un mot, une simple phrase peut entraîner de graves conséquences et avilir une femme, mais aussi un homme, ici ce n’est pas le sujet, fort ? Mais, malgré tout, il faudrait pouvoir agir avec recul et penser à ceux qui restent ou les protéger d’une autre façon. Mais dans le feu de l’action, la personne qui subit en a marre tout simplement. Un détail, une révélation et c’est ce qui fait tout exploser. C’est ce qui arrive dans ce roman même si certaines révélations sont prévisibles.

Greta est partie avec Alex et la petite Smilla faire le tour d’une petite île sur un lac. Mais elle préfère rester près de l’embarcation. Toutefois, ils ne reviennent pas et elle les cherche. Cela va durer quelques jours jusqu’à ce qu’elle aille à la police avertir de la disparition de son mari et de sa fille. Greta oscille entre le désespoir, des souvenirs de son enfance et de sa relation avec Alex. Elle ne sait pas démêler du faux, du vrai. Elle est prête à plonger dans la folie. Son comportement est erratique. On peut comprendre pourquoi avec le drame qu’elle a vécu lorsqu’elle était jeune. Un drame qu’elle essaie d’occulter mais il remonte de plus en plus à la surface car elle a érigé des barrières pour se protéger. Dans la construction de son roman, l’auteur fait en sorte de rendre Greta coupable, d’insinuer le doute dans l’esprit du lecteur. Qu’a-t-elle fait ? Est-elle responsable de leur disparition ? Es-elle responsable de ce qui s’est passé dans son enfance ? Tout le laisse penser même les quelques rencontres qu’elle va faire dans sa quête de la vérité sur cette disparition et d’elle-même. Personnellement, je ne l’ai jamais jugée coupable de quoi que ce soit. Greta a été une enfant qui a vécu un drame, elle n’a pas reçu de soutien à ce moment-là, qu’il soit psychologique et familial. Elle a été heureuse quand elle a rencontré cet homme, Alex. Mais très vite, leur relation est devenue dure à cause de son emprise violente sur elle. Greta venait de prendre une décision. Mais arrive-t-on à partir lorsqu’un homme est manipulateur, dominateur ? Donc, Greta en est à un point où elle se sent épiée ? Est-ce que tout est réel ? Est-ce que tout se passe dans sa tête ? La frontière est bien mince lorsqu’un a un problème psychologique, une souffrance enterrée au plus profond de soi. Comment la vérité peut-elle émerger lorsque les évènements ont été enfouis au plus profond de soi.

L’auteur a choisi comme construction d’alterner le passé et le présent. Le passé de Greta enfant mais aussi avec sa relation avec Alex. D’ailleurs, ses deux passés, lointain et proche, sont également alternés. Des chapitres sont également en italique. A quoi et qui correspondent-ils ? La lumière sera faite vers la fin. Et ce sera comme une révélation pour cette personne, elle aussi manipulée.

L’auteur présente la mère de Greta comme une personnalité très forte, qui a également une forte emprise sur sa fille. C’est pour cela que cette dernière a plus ou moins coupé les ponts. Mais aussi parce que Greta n’a pas reçu le soutien qu’elle attendait d’elle, ni l’amour qui les liait avant le drame. D’ailleurs, je trouve que la partie de la révélation est un peu trop téléphonée. Greta semble pardonner trop facilement à sa mère.

J’ai passé un bon moment avec ce premier roman que j’ai lu très facilement et très rapidement car il ne se lâche pas.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour ce beau moment de lecture.

L’île des absents de Caroline Eriksson

Date de sortie : 7 juin 2018

Nb pages : 239 pages

Editeur : Presses de la Cité

ISBN : 978-2-258-13691-5

7 ans de silence de JoAnn Chaney

Sept ans de silence de JoAnn Chaney

Sept ans de silence de JoAnn Chaney

Résumé 7 ans de silence de JoAnn Chaney

Hoskins et Loren ont décidé de suivre un homme. Ils estiment qu’il a quelque chose à cacher. Ils obtiennent un mandat de perquisition et découvrent un véritable charnier.

Sammie, journaliste, est très vite sur les lieux et assiste à tout.

Avis 7 ans de silence de JoAnn Chaney

Durant les cinquante premières pages, l’auteur pose les fondations de son roman. Elle explique le caractère des trois héros qui se retrouveront sept ans plus tard. Elle développe la découverte de ces nombreux corps et un tueur en série qui n’avoue pas. Des pages qui ne sont pas de trop car elles permettent d’entrer dans le vif du sujet et donnent déjà un bel avant-goût de ce qui va suivre.

L’auteur, dans ce roman psychologique, s’évertue à expliquer, avec brio, les caractères et la vie de Sammie, Hoskins, Loren, Gloria mais aussi Jackie avant et après. Cette histoire les a profondément changés et on s’en rend compte sept ans plus tard.

Hoskins et Loren sont inspecteurs. Ils travaillent ensemble et font du très bon travail. Ils se complètent mais n’ont rien en commun et ne sont pas du tout amis. Hoskins est violent, peu apprécié, il n’a pas d’humour. Loren, quant à lui, est plus posé. Mais n’est-ce pas l’arbre qui cache la tempête ? Hoskins a une relation avec Sammie, qui est mariée. Journaliste, elle veut tout faire pour arriver à ses fins et elle n’hésite pas à utiliser les uns et les autres. Ils devront faire face à Seever, ce fameux tueur en série qu’ils vont arrêter et qui va les manipuler. Sept ans plus tard, alors que Seever est dans le couloir de la mort, les meurtres reprennent et concernent les proches de Seever, tous ceux qu’il a côtoyés. La vie n’a pas épargné Hoskins, Loren, Sammie et encore moins Gloria, la femme de Seever. Hoskins et Loren ne sont plus coéquipiers depuis ans. Sammie n’est plus journaliste. Gloria est restée dans l’ombre de cet époux, charismatique. Elle l’a aimé et l’aime toujours. Elle a perdu toute la fortune dont elle disposait. Elle est la victime d’insultes car tout le monde pense qu’elle savait ce qui se passait, vu que cela se passait chez elle. A-t-elle fait l’autruche ? L’auteur va tenter d’y répondre dans ce roman. Car tout tournait autour de son mari. Tous les personnages sont beaucoup moins humains. On ne sort pas indemne d’une telle histoire. Les quelques personnages, que l’on pourrait juger secondaires, tiennent une place importante. J’ai bien apprécié celui de Carrie qui avait survécu en s’échappant. Cette histoire lui a laissé des traces. Elle a tenté d’avancer, elle a évolué certes mais ce passé reste toujours présent. Elle vit un stress post-traumatique permanent.

Les chapitres sont consacrés à ces personnages principaux où on suit leur évolution et ce qu’ils subissent. Ils font tenir le roman de bout en bout et le sauvent en définitive. Je passe pas loin du coup de coeur mais je trouve la fin pas assez travaillée. J’aurais dû me douter de l’identité du second tueur. Personnellement, je trouve qu’il n’est pas assez développé, surtout vers la fin. Comme tout bon auteur, JoAnn Chaney fait bien monter la tension. Vers les cinquante dernières pages, les chapitres sont de plus en plus courts. Ce premier roman est quand tout même très réussi. Le suivant risque d’être encore mieux car ici, il n’y a aucune lenteur, le rythme est très bien soutenu.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour cette lecture car je lirai avec plaisir un prochain roman.

7 ans de silence de JoAnn Chaney

Date de sortie : 16 mai 2018

Nb pages : 410

Editeur : Presses de la Cité

ISBN : 978-2-25-14237-4