Tue-moi si tu veux d’Adam Croft

Tue-moi si tu veux d'Adam Croft - Editions Harper Collins

Tue-moi si tu veux d’Adam Croft – Editions Harper Collins

Résumé Tue-moi si tu veux d’Adam Croft

Tasha fait lever Nick et sa fille Ellie à 5 heures du matin. Elle doit partir au travail parce qu’elle a une réunion importante.

Nick s’endort, il est un peu en retard pour emmener Ellie à l’école. Il retourne dans la maison, à la demande de sa fille, car elle a oublié un dessin. De retour à la voiture, sa fille a disparu.

Avis Tue-moi si tu veux d’Adam Croft

Ecrire un livre demande énormément de temps et de recherches. Par respect, j’ai pratiquement toujours fini un livre. Cela m’est arrivé deux fois d’en abandonner un en cours de route. J’ai toujours voulu laisser la chance à l’écrivain de me surprendre. Je ne suis que lectrice qui partage ses avis sur les romans lus. Les critiques peuvent être bonnes, très bonnes ou encore moins bonnes. Mais c’est comme pour tout le reste, ces avis n’engagent que moi et c’est le cas ici.

Le titre m’avait plu, le début de l’histoire également. Mais j’ai, très vite, été submergée par les nombreuses répétitions de l’auteur. Une fois, encore deux, passent, mais là ce sont pratiquement les mêmes mots pour décrire l’état d’esprit de cet homme, ce qu’il pense du travail de la police, pourquoi il ne leur dit rien par rapport à ce mail. Alors, sur un livre de 300 pages, toutes ces répétitions gâchent l’esprit de ce roman qui aurait pu être beaucoup plus psychologique. Je pense que l’auteur a voulu faire monter la tension par rapport à Nick. Mais pour moi, cela n’a pas pris. Alors, oui, toutes ces interrogations, à chaque fois les mêmes, pourraient arriver à n’importe qui. Mais là, nous sommes dans un roman. Et même si un roman peut s’inspirer de faits réels, il relate une histoire et j’ai besoin de m’évader, de faire corps avec l’histoire et les personnages. Bref, d’être transportée.

Pour moi, Tue-moi si tu veux est la première déception de 2019, même si les 50 dernières pages sont assez bonnes. L’auteur de cet enlèvement a été facilement trouvé. Je n’ai pas trouvé les personnages transcendants. Je n’ai pas aimé cet homme qui n’arrête pas de se plaindre, qui en a toujours après sa femme, au fait qu’elle travaille tant et plus. De toutes façons, dans ce couple qui ne se parle pas, l’incompréhension est sûre d’être de mise. Nick s’apitoie tout le temps sur lui, il sait qu’il est responsable de tout. Il s’interroge énormément et sur tout, ce qu’il doit faire ou pas. Il tente de prendre les bonnes décisions même s’il sait qu’il y a une marge d’erreur. Ce qui joue contre lui est le fait que la police ne croit pas en lui et surveille ses agissements. Le lecteur pourrait se sentir concerné par le fait que ce couple a eu extrêmement de mal à avoir un enfant. Ils s’accusent mutuellement mais sans prononcer les mots. Tasha est une femme forte, en apparence. Elle veut tout contrôler. Elle veut offrir le meilleur à sa fille.

L’auteur consacrE énormément de chapitres à Nick, quelques uns à Tasha et deux ou trois en italique qui annoncent un dénouement. L’enlèvement d’Ellie est au centre de tout. L’un et l’autre veulent la retrouver. Va-t-elle sauver leur couple, comme au moment de sa naissance ? Le passé peut revenir très vite au galop puisqu’ils avaient fait le choix de ne rien se dire. Il suffit d’un événement pour que tout refasse surface.

Je remercie Negalley et les Editions Harper Collins pour cette lecture.

Tue-moi si tu veux d’Adam Croft

Date de sortie : 8 janvier 2019

Editeur : Harper Collins

Nombre de pages : 314

ISBN : 9781542046251

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Prends ma main de Megan Abbott

Prends ma main de Megan Abbott - Editions JC Lattes

Prends ma main de Megan Abbott – Editions JC Lattes

Résumé Prends ma main de Megan Abbott

Kit a une trentaine d’années. Elle travaille dans un laboratoire au milieu d’hommes. Elle a toujours su qu’elle retrouverait Diane, une jeune fille qu’elle a connu pendant sa dernière année de lycée.

Avis Prends ma main de Megan Abbott

Une chronique qui va être un peu compliquée à écrire. Jusqu’à la fin, je me suis demandée si on ne s’était pas trompée de personne, où l’auteur voulait nous emmener. L’auteur alterne les passages avant et maintenant. Avant quand Kit et Diane étaient adolescentes, lorsque Diane est arrivée dans cette classe de terminale et qu’elle et Diane ont travaillé ensemble. Diane a poussé Kit à continuer ses études, à être une des meilleures à la course, mais aussi en science. Kit doit-elle lui dire merci pour tout cela ? Sans Diana, y serait-elle arrivée, aurait-elle vu sa vie professionnelle évoluer de cette façon ? Diane a confié un lourd secret à Kit. Cette dernière n’a jamais dévoilé ce secret jusqu’à maintenant ou n’a pas mentionné la personne, même si les deux personnes au courant savaient qui était concernée.

L’auteur tente de faire monter cette pression d’une personne qui vit avec un lourd secret, dont la vie est somme toute chamboulée par ce secret. Kit, de tout temps, a été une personne seule, qui se lie très peu avec les autres. Maintenant, elle travaille dans un laboratoire, dans un environnement masculin, mais leur directeur de recherches est une femme, le Dr Severin qui va pouvoir enfin concrétiser un de ses rêves, soit avoir des subventions pour mener jusqu’au bout une recherche. Mais seules deux places sont disponibles. Qui sera choisi ? L’arrivée de Diane au labo, après un passage dans un labo prestigieux, change la donne.

Qui manipule ou qui est manipulé ? Roman psychologique qui détaille très bien les affres de l’une et de l’autre. Celle qui vit avec le secret confié et celle qui a confié le secret. Diane est une personne qui souffre et ce depuis de nombreuses années, depuis son enfance. Ses actes parlent pour elle-même, avec cette soif d’être la meilleure en tout, d’avoir un modèle et même de le surpasser, d’avoir également une amie avec qui échanger. Au fil des pages, le lecteur assiste à son évolution, à ses rapports avec les autres, à ce qu’elle a accompli en bien ou en mal. Mais est-ce que tout cela est vrai ? Il y a également l’évolution de Kit, cette jeune fille qui ne croyait pas en elle et qui a réussi.

Personnellement, je m’attendais à mieux avec ce roman. Je ne l’ai pas lu avec déplaisir mais il ne restera pas franchement dans ma mémoire. Même si l’auteur maîtrise son sujet, qu’il soit au niveau des recherches sur les femmes qui changent radicalement, qui souffrent dans leur chair et dans leur âme lorsqu’elles sont indisposées. L’auteur nous démontre également que le cerveau est un grand méconnu, que les actes de certaines personnes ne peuvent pas être compris.  L’auteur laisse également planer sur la fin de ce roman. Personnellement, je me demande si c’est bien l’histoire de Kit qui est racontée.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Prends ma main de Megan Abbott

Date de sortie : 9 janvier 2019

Editeur : JC Lattès Le Masque

Nombre de pages : 312

ISBN : 978-2-7024-4862-8

J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

J'ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt - Editions Le Masque
J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt – Editions Le Masque

Résumé J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Jimmy Hoffa, leader syndicaliste, a été assassiné. Son corps n’a jamais été retrouvé. Sa famille n’a jamais pu faire son deuil car sur une liste de suspects, personne n’a jamais avoué.

Après des années d’interviews, entrecoupées de longs silences, Charles Brandt a pu reconstituer toute l’histoire avec un des personnages principaux de l’histoire, l’ami de Jimmy Hoffa, Frank Sheeran, l’Irlandais.

Avis J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Ce livre est une biographie, des années d’enquête de la part de l’auteur qui connait son travail d’enquêteur, de meneur d’interrogatoires pour amener un suspect à tout dévoiler. Il a été procureur spécialisé en droit criminel. Pour l’auteur, Frank Sheeran n’était pas suspect. Au tout départ, il était un client. Mais il a vite senti que Sheeran avait des choses à dévoiler, mais sans balancer qui que ce soit, car Sheeran avait son propre code d’honneur. Mais il était rongé par la culpabilité. Ce livre ne s’est pas fait en un jour. L’auteur a avancé seul et repris, lorsque l’opportunité s’est présentée, ses entretiens, ses enregistrements avec Sheeran. Sheeran devait lui faire confiance et c’est ce qui s’est passé tout de même. L’auteur a eu de la matière, énormément de matière, pour dévoiler toute la vérité à deux familles, celle de Jimmy Hoffa et celle de Sheeran. Mais attention, on navigue dans le milieu de la pègre américaine et là, c’est une toute autre histoire. Puisque les familles existent toujours et ceux qui étaient nommés, ceux pour qui Frank avait travaillé, ne devaient pas être inquiétés, ni leur famille.

Un Irlandais qui devient un parfait Italien. Protégé mais aussi protecteur. Il est le messager entre Russell et Jimmy. On sait pratiquement tout de la vie de Frank Sheeran, de son enfance, de son passage dans l’armée où il a dû tuer pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il a été conditionné par ça. Il est un parfait tueur. Il est peut-être un personnage de l’ombre mais il a su avoir la confiance de deux grands personnages. Frank Sheeran s’est engagé auprès de Jimmy Hoffa pour le syndicalisme.

Dans cette biographie, il est donc question de Frank Sheeran, certes, de ses aveux. Mais il nous permet de comprendre un pan de l’histoire américaine que je ne connaissais pas. La montée du syndicalisme, la défense des travailleurs américains. Un syndicalisme pas toujours propre qui a brassé des millions. Un syndicalisme uni à la mafia. Des luttes de pouvoirs importantes qui ont forcément dérangé, aux plus hautes instances. Ce livre est également un monument historique qui nous permet de connaître les Kennedy, notamment le frère de JFK qui a lutté contre la mafia italienne bien implantée aux Etats-Unis. Il s’est démené au péril de sa vie, tout comme son frère. Je ne pensais que cette mafia était aussi implantée, aussi structurée. Ce sont de nombreuses années réellement traversées. Ce livre est donc important pour tous ceux qui veulent connaître une bonne partie de l’histoire américaine, de la guerre, de la mafia, de sa lutte et du travail des enquêteurs, à n’importe quel niveau.

Je suis tout de même assez déçue. Il me manque une quinzaine de pages à lire car sur la liseuse, le roman n’était pas complet. J’ai donc utilisé un autre support. Et ces pages étaient indispensables tout de même. Déjà que j’ai eu énormément de mal pendant les 200 premières pages à me faire à cette biographie que je trouvais assez longue à se mettre en place. Le reste de la lecture s’était parfaitement déroulé jusqu’à ce souci.

Je remercie Netgalley et les Editions Le Masque pour cette lecture en avant première.

J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Date de sortie : 2 janvier 2019

Editeur : JC Lattès Le Masque

Nombre de pages : 414

ISBN : 978-2-7024-4703-1

N’oublie pas Irma d’Hélène Honnorat

N'oublie pas Irma d'Hélène Honnorat - Editions Yovana

N’oublie pas Irma d’Hélène Honnorat – Editions Yovana

Résumé N’oublie pas Irma d’Hélène Honnorat

Il y a le feu. Irma demande à Léo de quitter de suite le quartier où il est.

Il rejoint sa voiture. Il n’est pas très heureux car il a accepté de recevoir un couple de Français le temps qu’ils trouvent un appartement pour vivre.

Avis N’oublie pas Irma d’Hélène Honnorat

Léo est en place en Indonésie depuis quelque temps déjà. Il travaille dans un institut qui dispense des cours de français et il est tombé amoureux d’Irma. Mais son séjour ne risque pas de durer car l’ambassadeur est tombé malade et son remplaçant risque de ne pas renouveler le contrat de Léo. Toutefois, puisqu’il dispose d’une grande maison, Léo doit accueillir un couple de Français, dont le mari est muté à l’ambassade. Ils vont bouleverser son quotidien. Un autre événement, le feu dans un magasin va également causer énormément de soucis à Léo.

Léo n’est pas heureux de l’arrivée de ce couple qui va s’incruster dans son quotidien et sa grande maison. Les piques sont légion envers eux. En plus, ils doivent apprendre tout ce qui concerne ce pays, l’Indonésie. Mais heureusement qu’ils sont là pour arriver à démêler le faux du vrai dans cette histoire d’assassinat de son ami Cheng. Cheng est un artisan qui fabrique des replicas, des objets votifs, et Léo a trouvé matière à assouvir sa passion. De fil en aiguille, ils sont devenus amis. C’est pour cela que Léo se sent concerné par sa mort et un décès très violent.

Nous sommes en 1995 et le pays fête les 50 ans de son indépendance. Tous doivent être au diapason. Ce livre décrit toute la politique de ce pays, depuis de nombreuses années, les relations entre tous les habitants, ceux qui sont bannis ou ceux qui sont considérés comme inférieurs. Le racisme est bien présent avec cette haine des Chinois. Il existe également une dimension religieuse avec également diverses religions qui tentent de coexister, toutefois une seule est acceptée. Ce pays est également pétri de traditions, notamment pour le respect dû aux morts. 

Qui est Irma ? Est-ce la belle-soeur de Chen ? A-t-elle entretenu une relation coupable avec lui ? Irma veut fuir son pays et aller à l’étranger pour ne plus être surveillée et dépendre de sa famille. Mais est-ce vraiment la soeur de Cheng qui est mentionnée sur ce bout de papier ? On n’oublie jamais Irma avec Hélène Honnorat.

Hélène Honnorat mêle la dimension de cette enquête effectuée par Léo, Quentin et Estelle à la partie historique de ce pays. En peu de moins de 200 pages, le lecteur apprend énormément sur Jakarta, l’Indonésie, les troubles qui ont émaillé cette île. Ces troubles et ce qui en a résulté sont toujours bien présents dans l’esprit de nombreux habitants.

Je remercie Netgalley et les Editions Yovana pour cette lecture.

N’oublie pas Irma d’Hélène Honnorat

Date de sortie : 23 novembre 2018

Editeur : Yovana

Nombre de pages : 182

ISBN : 9792095115175

La mère parfaite d’Aimee Molloy

La mère parfaite d'Aimee Molloy - Editions Les Escales
La mère parfaite d’Aimee Molloy – Editions Les Escales

Résumé La mère parfaite d’Aimee Molloy

Elle est prête à accoucher. Elle est séparée de l’homme avec qui elle avait une liaison.

14 mois plus tard, les Mères de mai se retrouvent pour devenir amies, pour échanger, pour passer du temps ensemble.

Avis La mère parfaite d’Aimee Molloy

Que signifie être une mère parfaite ? Est-ce que toutes les mères sont parfaites ? A New-York, elles se sont regroupées toutes ces mères qui ont donné naissance au mois de mai. Elles se rencontrent, échangent. Chaque jour, elles reçoivent par mail le dernier conseil du jour. Conseil vraiment difficile à suivre et surtout qui démontre que malgré tout, avoir un bébé est extrêmement difficile. Certaines ne peuvent pas allaiter comme elles le souhaiteraient, le manque de sommeil est là, elles ne sont pas disponibles pour le conjoint. Tout est fait pour le bébé. Sauf qu’elles décident, un soir, de prendre du bon temps et de sortir dans un bar. Mais voilà, un des bébés, confié à une nounou disparaît. Qui l’a enlevé ? Est-ce la mère, une personne autre ? Elles vont être trois, Colette, Nell et Francie à tenter de percer la vérité, même si cela les entraîne très loin. Elles ne font pas confiance à la police qui, en retour, face à ce harcèlement, les suspecte plus ou moins.

On sait dès le départ qu’une mère est en prison. Mais qui ? Tout le long du roman, le lecteur se pose des questions sur la mère de l’enfant enlevé. De plus, l’auteur fait tout pour que ce soit elle qui soit l’auteur de cet enlèvement. Est-ce vraiment elle ? Comment une naissance peut tout changer dans la vie d’une femme ? Soit, elle y arrive, accepte. Mais très vite, cela peut vite tourner au baby blues ou encore la dépression. Surtout si un élément inattendu se produit. Qui est instable psychologiquement ?

En commençant ce roman, je ne pensais pas tomber sur un tel thriller psychologique et une telle analyse de la société américaine dans toute sa splendeur. Une société qui juge, notamment ces mamans. Car en définitive, les personnages principaux ont toutes quelque chose de leur passé à cacher, quelque chose qui est arrivé lorsqu’elles étaient jeunes. Et l’enlèvement médiatisé va mettre à jour tout ça. De plus, les médias vont s’en donner à coeur joie avec ces révélations et surtout ces jugements, repris par le commun des mortels, concernant ces mères qui ont tenté de prendre du bon temps le temps d’une soirée.

Est-ce que la mère parfaite existe ? Oui, si on se base sur tout ce que l’on peut lire, les conseils donnés. Cela donne encore plus de stress aux jeunes mamans qui tentent de bien faire, qui ne savent pas comment faire avec un nouveau-né. Surtout qu’aux Etats-Unis le congé maternité n’existe pas. L’auteur nous démontre par A plus B que certaines mères sont obnubilées par les conseils donnés, qu’elles culpabilisent. Mais nos héroïnes ne laissent pas leur bébé tout autant en menant leur enquête. Les arcanes du pouvoir sont également représentés, tout comme les stéréotypes familiaux.

Je me suis rendue compte que le rythme était assez enlevé, surtout après avoir fini le livre. Je ne m’attendais pas à un tel dénouement et surtout au fait qu’une mère est traumatisée à vie lorsque son enfant est enlevé.

Ce qui m’a dérangé et l’édition sur liseuse qui ne m’a pas permis d’augmenter la taille de caractères. Autrement, c’est le seul bémol. Je remercie Netgalley et les Editions Les Escales pour cette sélection. Je suis également ravie que Billy ait accepté gracieusement que sa chanson Rebel Yell soit utilisée.

La mère parfaite d’Aimee Molloy

Date de sortie : 11 octobre 2018

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 384

ISBN : 978-2-36569-360-8

Erectus de Xavier Müller

Erectus de Xavier Müller - XO Editions

Erectus de Xavier Müller – XO Editions

Résumé Erectus de Xavier Müller

En Afrique du Sud, l’alarme d’un laboratoire résonne. Tout le monde évacue. Seul le gardien ne part pas de suite. Il vole un animal.

Cathy, biologiste, doit partir en vacances. Mais des analyses arrivent. Elle ne s’attend pas à ce qu’elle voit.

Avis Erectus de Xavier Müller

Erectus, quand l’humanité régresse à cause d’un virus inconnu. L’homme infesté redevient ce qu’il a été des millions d’années. Il a tout perdu. Et comme dans toute société, il faut combattre les plus faibles, ceux qui sont différents. Il est impossible de vivre avec eux car ce que l’on ne connait pas fait peur. Les chercheurs n’ont pas le temps de mettre au point un vaccin pour tenter d’enrayer cette pandémie, pire que le virus de la grippe aviaire. De toutes façons, nombreux sont ceux aux plus hautes instances à considérer ces Erectus autres que des hommes même s’ils font partie d’une famille, qu’ils ont connu des sentiments. Cela se joue au niveau international. Certaines voix scientifiques, malgré les analyses, ne sont pas entendues. Cette pandémie est une véritable course contre la montre. Au départ, elle ne devait pas s’étendre, mais il fallait trouver le foyer de la pandémie et comment il a pu traverser les mers, les océans et créer le chaos sur tous les continents. Cette régression des espèces, même si elle est étudiée, va à l’encontre de la science, tournée vers l’avenir.

Au départ, je n’ai pas été très enthousiaste. Mais il a suffi de quelques pages pour que je sois plongée dans ce fabuleux roman, très addictif, pour lequel je frôle le coup de coeur. La plume est belle, réellement documentée car le fond de l’histoire est vraie. On se prend d’affection pour les personnages principaux et secondaires. Anna est paléontologue. Elle est en butte avec sa hiérarchie car ses idées hérissent tout le milieu scientifique. Elle vit une relation avec un homme dont elle est profondément amoureuse. Mais ils sont souvent éloignés et leur relation devient chaotique. Anna est mandatée par Stephen, qui travaille à l’OMS, pour se rendre en Afrique du Sud pour étudier cet éléphant qui a muté. Elle doit travailler avec un collègue de Stephen. La confiance règne entre ces êtres. Ils s’écoutent, ils avancent ensemble. Les rencontres faites vont donner naissance à de l’amitié réelle et sincère. Toutefois, au niveau international, ce n’est pas la même chose. On n’écoute pas. Il est difficile de se faire entendre, se faire comprendre. Tout le monde veut éviter la psychose, le confinement. Mais quand la nature change, il est impossible de se taire.

Outre les gouvernements, les grandes instances, en ces temps modernes, les réseaux sociaux et les médias font très vite monter la température. Entre ce qui est raconté, vrai ou faux, les gens vont monter au créneau. La peur joue beaucoup. Ce seront de véritables scènes de guérilla. Quant aux journaux, si on ne leur donne pas ce que l’on souhaite, si les engagements ne sont honorés, ils courent après le scoop. Lorsque cela concerne des revues scientifiques, les articles sont tout de même étayés d’enquêtes approfondies.

Dans ce roman, très bien fouillé, j’ai vraiment aimé que l’auteur consacre une part à la vie des Erectus, que ce soit eux qui montrent comment ils réagissent face aux humains, quelle peut être leur vie.  Sont-ils des humains ou ont-ils tout simplement régressé ? Ils sont deux, Anna et un jeune garçon en Afrique du Sud, profondément attaché à son grand-père, qui tentent de les comprendre, de communiquer avec eux.

Je remercie Net Galley et les Editions XO pour cette lecture. L’espèce humaine va-t-elle vraiment régressé ? Telle est la question. Et si elle régresse, se suffira-t-elle à elle-même ? Est-elle vouée à l’extinction ? Le roman apporte une belle réponse qui nécessite une suite.

Erectus de Xavier Müller

Date de sortie : 8 novembre 2018

Editeur : XO

Nombre de pages : 369

ISBN : 9782845636170

Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes de Jessica Shattuck - Editions JC Lattès

Château de femmes de Jessica Shattuck – Editions JC Lattès

Résumé Château de femmes de Jessica Shattuck

1938, comme tous les ans, c’est la fête des moissons au château de la Comtesse Von Lingerfelds. Il pleut mais cela n’empêche pas Marianne, la femme du neveu de la comtesse de tout préparer. 

Marianne a beaucoup d’admiration pour la comtesse, une femme libre  et rebelle.

Avis Château de femmes de Jessica Shattuck

Château de femmes, c’est l’histoire de trois femmes et de leurs enfants, Benita, Ania et surtout Marianne. Marianne a une mission. S’occuper des femmes et des enfants de ceux qui ont résisté contre l’Allemagne d’Hitler. Si, au départ, elle a mal pris cette demande de son meilleur ami, Connie, au fur et à mesure, elle se rend compte que ce qui lui a été demandé permet de perpétuer le souvenir mais aussi les actes de ces Allemands qui se sont soulevés contre le pouvoir d’Hitler. Ils ont tous été fusillés ou pendus, comme son mari.

L’auteur dévoile, au fil des pages, au moment opportun, le passé, les aspirations, les rêves, mais aussi le déni, la révolte de ses personnages féminins. Plusieurs périodes sont couvertes. La montée du nazisme, la Seconde Guerre Mondiale, la reconstruction du pays, pour finir dans les années 90 lorsque le château de famille de Marianne devient un centre de conférences où elle vient présenter son livre. Marianne est une femme optimiste, confiante, exigeante, elle n’a peur de rien, elle sait qu’elle va y arriver coûte que coûte. Elle apparaît comme une personne que rien ne peut atteindre. Et ce sera comme ça toute sa vie. Elle est bourrée de principes et comme tout un chacun, elle a des réactions, sur le moment, qui vont engendrer beaucoup de souffrances. Elle tentera de se les expliquer, mais le pardon n’est pas un mot ou un geste qu’elle affectionne particulièrement. Ses relations seront difficiles avec Benita pourtant elles vivront ensemble de nombreuses années. Benita peut paraître une jeune femme frivole. Il semble y avoir de la jalousie envers elle. Mais Benita, qui ne vient pas d’un milieu aisé, a eu foi en un homme, homme qu’elle a perdu, qui n’a pas toujours été là pour la soutenir au tout début de leur mariage. Son fils, Martin, est tout pour elle. Elle ne contrecarrera jamais ses plans. Martin, un des personnages centraux de ce roman. Un enfant qui porte, sur ses épaules, un héritage difficile à appréhender. Ania est un personnage assez complexe mais personnellement, je n’ai pas pu la juger. Même si elle n’a voulu rien voir, même si elle n’a rien fait quand elle en avait la possibilité, l’avenir s’est chargé de tout ça, surtout lorsque de nombreux Allemands ont émigré en Amérique et que toute cette horreur a été dénoncée et reste un devoir de mémoire. Cela peut même être incompréhensible pour ces Allemands qui sont nés après la guerre de comprendre ce qui s’est passé dans ce pays. Ils ne pardonnent pas. Comme ne pardonnent pas ceux qui ont résisté et qui ont jugé, sans connaître réellement la vie  de ceux qui ont été obligés d’obéir.

Une fois n’est pas coutume, un roman qui concerne la Seconde Guerre Mondiale se place du côté allemand, du côté de ces Allemands qui ont résisté, qui ont tenté de renverser Hitler. Ils avaient très vite compris que cet homme apporterait le chaos, sans imaginer toutefois jusqu’où cela pourrait aller. Ces personnes se sont informées, se sont tenues au courant, mais voir la vérité telle qu’elle était avec ses déportés a été plus qu’un choc pour eux. De plus, ils ont dû subir l’invasion des soldats russes qui ont tout anéanti sur leur passage, bien après tout ce qu’a pu faire l’armée et la police d’Hitler. L’Allemagne a également dû vivre avec les Américains qui se sont installés dans le pays pour emprisonner, juger ceux qui ont été des SS. Tout comme de nombreux pays, dont la France, l’Allemagne a dû faire face à la pénurie, au rationnement mais aussi tenter de se reconstruire. Même si ces résistants n’ont pas pu renverser le régime, il faut aussi louer leur courage. Souvent, la famille était impliquée, elle a aidé ceux qui avaient besoin d’aide. Un roman pour rendre hommage à ces hommes, ces femmes. Un roman qui tente d’expliquer également ceux qui ont approuvé, ceux qui se sont voilés la face. Les récits sont glaçants mais ils n’ont pas pris conscience ou n’ont pas voulu prendre conscience. Car malgré tout, Hitler a vraiment été très fort. Il a promis un pays qui allait retrouver le plein emploi mais seulement pour les Allemands. Que dire également des enfants ? Ils devaient être éduqués dans le sens que voulait Hitler. Ils ont été placés dans des foyers, on leur a donné des noms allemands, on les a volés à leurs parents. Ils devaient plus tard protéger leur pays, mourir pour leur patrie. Certaines femmes ont même dû subir des viols. Ces trois femmes, Ania, Benita et Marianne, quoi qu’elles aient fait, pensé, ne sont jamais allées dans ce sens. Même si elles aimaient leurs enfants, j’ai senti Ania et Marianne assez détachées par rapport à eux. Oui, elles les ont élevés, aimés, mais en étaient-elles proches ? Pas forcément. A lire et nous pourrons échanger à ce sujet car j’aimerais avoir votre avis.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Château de femmes de Jessica Shattuck

Date de sortie : 31 octobre 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 370

ISBN : 978-2-7096-5770-9