Jusqu’au bout d’Alexandra Oliva

Jusqu'au bout d'Alexandra Oliva
Jusqu’au bout d’Alexandra Oliva

Avis Jusqu’au bout d’Alexandra Oliva

Difficile d’écrire cette chronique. J’ai pris énormément de notes pour tenter de me retrouver dans les personnages. Ils ont leur nom de scène, de télé-réalité, mais aussi leurs prénoms donnés par l’héroïne. A part Traqueur, l’Exorciste, Serveuse et Zoo, j’ai un tant soit peu oublié les autres et surtout leurs prénoms. Bref, j’ai eu du mal à lire ce roman, mais pas que pour ça. Il a fallu que j’arrive aux 3/4 pour que j’arrive à y trouver un tant soit peu mon compte. C’est-à-dire au moment où l’héroïne accepte que ce qu’elle vit depuis qu’elle est en Solo n’est pas du tout un jeu.

Ce roman est construit comme une télé-réalité sur de nombreux chapitres. Ils alternent avec la survie de l’héroïne. Si personne n’a vu de télé-réalité de sa vie, vous allez tout comprendre. Une production et animateur qui bénéficient des meilleures conditions. Des candidats que l’on découvre au fur et à mesure et qui sont tous aussi différents les uns que les autres. D’ailleurs, on se demande comment certains peuvent être là mais le but est de faire de l’argent et du buzz. Donc, on les suit en équipes, en solo avec deux ou trois qui se démarquent du lot. Comme dans toute télé-réalité, même si celle-ci est destinée à l’aventure, des alliances peuvent se créer. La fatigue, la faim, les conditions de vie peuvent monter les gens les uns contre les autres. Mais la production est protégée par des contrats en béton. Sauf qu’ils n’ont pas prévu l‘impensable. Ce qui arrive à tous. Comment notre héroïne passe à travers les mailles du filet de ce rapatriement ? Je pense que c’est dû au fait qu’elle ait été malade à un moment donné.

Dans les autres chapitres, on assiste à la survie de notre héroïne qui a décidé d’aller Jusqu’au bout de son aventure et de ne pas prononcer la phrase magique. Son mari l’a laissée partir pour qu’elle vive cette aventure. Elle rencontrera un jeune garçon, la désolation partout mais elle pense que c’est compris dans le scénario. Elle ne veut pas se poser de questions sur ce qu’elle a vu et voit. Il faut qu’elle avance, qu’elle rallie le dernier point. Il faut qu’elle mange, qu’elle fasse front. Même si Brennan parle trop à son goût, ce sera son compagnon d’aventure. Jusqu’à ce qu’elle arrive chez elle et découvre la réalité. A ce stade-là, le roman est bien avancé. Un petit élément nous laisse espérer une fin heureuse. En effet, comme dans tout programme, les réseaux sociaux jouent un très grand rôle. Chacun y va de son commentaire bien protégé derrière son écran. Son moteur est donc son mari qu’elle aime par dessus tout. Il lui a permis de faire face à une mère assez difficile. Le seul hic est qu’elle ne veut pas d’enfant. Elle rêve pratiquement toutes les nuits qu’elle assassine son bébé.

L’action se passe aux Etats-Unis. Les paysages traversés ne sont pas magnifiques. Le cadre ne s’y prête pas du tout et ne donne pas envie. Comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas adhéré au roman. Ce n’est pas une question d’écriture. Peut-être le sujet de la télé réalité et de se perdre dans ce nombre de personnages. Les parties consacrées à l’héroïne m’ont le plus plu. L’écriture est de bonne qualité mais elle n’a pas suffi pour moi, malheureusement.

Je remercie les Editions Kero et Netgalley pour cette sélection.

Résumé Jusqu’au bout d’Alexandra Oliva

Un monteur est en train de travailler sur la diffusion du premier épisode d’une nouvelle télé-réalité. Mais il est malade et il sera parmi les premiers à mourir, même s’il ne le sait pas. La mort va intervenir dans les cinq jours.

Des candidats se retrouvent pour assister à cette aventure. Ils devront faire équipe mais aussi participer à des épreuves en solo.

Elle a faim, elle a soif. Elle a été malade. Mais elle doit repartir pour tenter de réaliser son Défi.

Jusqu’au bout d’Alexandra Oliva

date de sortie : 1er mars 2017

Editeur : Kero

Isbn : 9782366582482

Nombre de pages : 416

L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

L'homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler
L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

Avis L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

Par quel bout prendre cette critique ? J’en ai mis partout sur mon cahier. Le premier point est que ce titre peut se lire indépendamment du premier, soit Neuroland. Mais si vous êtes comme moi et avoir tous les atouts en main, je pense qu’il vaut mieux lire Neuroland avant. Ce n’est pas mon cas et je le regrette car j’aurais pu faire connaissance avec les personnages, notamment Franck Corsa et Maria.

Nous avons une très belle palette de personnages, des plus véreux aux plus sympathiques. Commençons par Franck Corsa, dans l’attente de son jugement pour de nombreux meurtres. Une de ses victimes, Maria, est toujours vivante. Elle a subi l’horreur. Mais même si elle est meurtrie dans son corps, dans sa chair, elle tente de trouver des explications à ce qu’a pu faire Franck Corsa. Elle a vu même une part d’humanité en lui. Ce n’est pas pour plaire à son petit ami, Vincent, qui travaille à Neuroland. Maria et Vincent sont amoureux mais le viol a fait que Maria ne peut plus être touchée.

Vincent est brillant, thésard, mais trop jeune pour bousculer les uns et les autres. Le Prix Nobel est en vue. Malgré ses recherches, il fera les frais de ce qui se passe dans ce roman.

Franck Corsa n’a pratiquement plus de corps. Il doit continuellement se faire soigner. Son enfance et ce qu’il a vu jouent beaucoup dans l’homme qu’il est devenu. Psychopathe, il est un des premiers à subir cette intervention dans son cerveau. Comme il veut que la vérité éclate, il accepte. Mais attention à ceux en qui il a placé sa confiance. Ils ne feront pas long feu car, en plus, Franck Corsa, détient de nombreux secrets qui peuvent faire tomber des personnalités haut placées.

Le lecteur assiste à une véritable chasse à l’homme. Le temps presse pour que cessent des pratiques détestables, pour que la vérité éclate, pour qu’un attentat ne soit pas commis. De plus, le Prix Nobel se profile pour récompenser des chercheurs et leur travail.

Un roman tout à fait dans l’air du temps avec sa trame politique, les conflits d’intérêt, les rétro commissions. Le rythme ne faiblit pas. L’auteur réussi la prouesse de nous faire voyager, de nous narrer ces peuples qui souffrent, qui subissent la cupidité des nantis. Tout est bien agencé, il n’y a aucun temps mort. L’histoire, par étapes, coïncide parfaitement. Les personnages sont bien étudiés, tout comme leur évolution psychologique. Les éléments sont parfaitement liés, la politique, les lois, les cobayes, la médecine et le progrès. Le chantage est également bien présent tout comme le travail journalistique.

Je pense que l’auteur fait aussi référence à deux célèbres présentateurs du journal télévisé mais aussi au suicide d’un célèbre Premier Ministre.

Je remercie les Editions Robert Laffont et Netgalley France pour cette sélection.

Résumé L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

Maria et Vincent tentent de vivre leur histoire d’amour. Mais elle voit que Franck prend possession de son esprit. Pourtant Franck Corsa est en prison, dans l’attente de son procès.

Olga est la psy de Maria. Lors d’une visite en prison, Franck leur promet de leur faire vivre un enfer.

Une réforme de la santé pénale doit être votée.

L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

date de sortie : 20 avril 2017

Editeur : Robert Laffont

Isbn : 978-2-221-19238-2

Nombre de pages : 416

L’invité sans visage Tana French

L'invité sans visage Tana French
L’invité sans visage Tana French

Avis L’invité sans visage Tana French

Inspectrice à la criminelle qui doit faire face à un monde d’hommes. Personne ne lui fait de cadeaux car c’est une femme, donc un sacré sexisme, machisme mais aussi car elle a des origines différentes. De plus, son caractère entier ne joue pas pour elle. Mais pour y arriver, elle ne doit pas se laisser marcher sur les pieds. Ce roman révèlera vraiment à Antoinette ce qu’elle vaut réellement, en qui elle peut avoir confiance, si elle peut changer d’avenir.

Je peux vous dire que je me suis forcée pour lire ce roman. Je n’ai pas pour habitude de délaisser un roman qui ne me plait pas pour laisser une chance à l’auteur de me faire, un tant soit peu vibrer. Pour cause de départ de Mademoiselle, je lui ai laissé la Kobo pour qu’elle puisse l’emmener. Il me manquait donc à lire une centaine de pages. Est-ce que cet interlude a pu donner plus d’ampleur ? Il y a eu un moment, vers la page 150, où je me suis dit, ça y est, c’est parti. Sauf que c’est pratiquement vite retombé comme un soufflet. Et la reprise a été aussi dure. Ce n’est que mon avis de lectrice. Je suis une amatrice de policiers, polars et autres thrillers, certains avec des dimensions psychologiques. Là, je n’ai rien trouver outre cette enquête, vraiment trop longue où les possibilités s’éliminent au fur et à mesure. Les questionnements d’Antoinette, sa paranoïa, auraient pu vraiment être intéressants. Sauf que non, je ne me suis pas sentie concernée. La pression ne monte jamais.

Il faut dire que l’histoire ne prête pas à une montée de pression. Un appel pour cas de violence conjugale. La mort d’une jeune femme. Un petit ami très vite accusé car il ne dit pas tout. Une meilleure amie qui donne un indice dans lequel ne s’engouffrent pas Antoinette et Steeve. Entre eux deux, c’est une véritable partie de ping-pong verbal pour éliminer au fur et à mesure les indices. Font-ils fausse route ? Sont-ils vraiment aidés ? Les interrogatoires menés sont les parties les plus intéressantes du roman. Le lecteur voit que la qualité est là et quels que soientt les enquêteurs en place. Quel que soit le milieu, professionnel ou pas, les bleus sont plutôt attirés par ceux qui ont du charisme, qui répandent de fausses informations. En effet, ils ne veulent pas être laissés de côté, surtout lorsque leur héros a plus d’expérience dans la boîte qu’eux, qui a fait ses preuves. Comme dans toute enquête, le binôme est présent. Ici, c’est Antoinette et Steeve qui doit sa place car Antoinette l’a demandé. Malgré les coups et le caractère d’Antoinette, le binôme fonctionne très bien, il est complémentaire.

Je ne mets pas en cause les qualités de Tana French mais je suis vraiment passée à côté. Ce roman ne m’a pas du tout correspondu. Je ne connais Tana French que de nom, même si j’ai déjà lu beaucoup de bien en ce qui concerne cet auteur. Si ce premier essai n’est pas réussi, peut-être que les suivants le seront.

Je remercie Calmann Lévy et NetGalley pour cette sélection.

Résumé L’invité sans visage Tana French

Steeve et Antoinette se connaissent depuis l’école de police. Maintenant, ils sont à la Criminelle. Ils sont appelés pour un cas de violence conjugale. Ils découvrent une jeune femme morte.

Ils doivent faire affaire avec un autre inspecteur dont Antoinette se méfie. Ils essaient de prendre de l’avance dans leur enquête.

L’invité sans visage Tana French

date de sortie : 12 avril 2017

Editeur : Calmann Lévy

Isbn : 978-2-35953-488-7

Nombre de pages : 560

Assez de bleu dans le ciel de Maggie O’Farrell

Assez de bleu dans le ciel Maggie O'Farrell
Assez de bleu dans le ciel Maggie O’Farrell

Avis Assez de bleu dans le ciel de Maggie O’Farrell

Avant de finir ce roman, j’ai lu une formidable critique qui l’encensait. Ne suis-je pas normale ? En effet, je n’ai pas été franchement transportée par l’histoire. Pourtant, quand je l’ai commencé, je me suis dit, super, je vais me balader en Irlande avec un auteur irlandais. J’ai été peut-être déstabilisée par ces retours en arrière, ces bons en avant sur les différents personnages qui ont gravité autour de Daniel. Et ils sont nombreux. Je n’avais jamais lu cet auteur. Mais je pense continuer avec elle car j’adore l’Irlande, même si je n’y suis jamais allée et j’aime le travail de conteur des auteurs, notamment Maggie O’Farrell.

Ce sont les histoires de couples de Daniel et de Claudette. Si les deux premières de Daniel sont celles que l’on peut trouver à peu près partout, celle qu’il forme avec Claudette est vraiment très bien trouvé. Il y a également l’histoire de Claudette. Là, par contre, les retours en arrière et les années qui passent ne sont pas du tout difficiles à suivre. Même si l’auteur arrive à nous démontrer la fin de leur couple, c’est passé assez vite. Je ne me suis pas du tout attachée à ces personnages, même si j’ai bien aimé Claudette, sa façon de vivre, son ascendant sur les autres. On peut comprendre la quête de Daniel pour savoir ce qui est arrivé à un de ses anciens amours. Mais il agit seul et met son couple en danger. C’est un homme en définitive très secret. J’ai aussi beaucoup aimé l’histoire sur sa mère.

J’ai par contre beaucoup aimé cet amour filial qui existe entre Daniel et ces quatre enfants et son beau-fils. L’amour est également présent entre Claudette et ses enfants. De plus, que ce soit Ari ou Niall, ils ont tous les deux des soucis de santé ce qui les rend encore plus attachants. Ce qui arrive aussi à la fille de Daniel va encore plus le perturber.

Avec ces retours en arrière, on suit donc les histoires des uns et des autres mais aussi la rencontre entre Daniel et Claudette. Même si, par certains moments, c’est assez difficile à suivre, il faut aller jusqu’au bout du roman car il est formidablement bien conté, les descriptions sont époustouflantes. Le lecteur voyage en Angleterre, en Irlande, en Inde, en Suède. Il s’imprègne d’odeurs, de paysages grandioses.

Je n’ai pas eu de coup de coeur, mais je ne regrette absolument pas ma lecture et je remercie Belfond et Negalley pour cette sélection.

Résumé Assez de bleu dans le ciel de Maggie O’Farrell

Daniel travaille en semaine à Belfast comme professeur de linguistique. Le week-end, il rentre dans le Donegal, un endroit solitaire en Irlande où il  rejoint sa femme et ses deux enfants.

Il doit partir sur New-York fêter l’anniversaire de son père.

Assez de bleu dans le ciel de Maggie O’Farrell

date de sortie : 6 avril 2017

Editeur : Belfond

Isbn : 978-2-01-702648-8

Nombre de pages : 496

I hate u love me tome 1 de Tessa Wolf

I hate u love me de Tessa Wolf
I hate u love me de Tessa Wolf

Avis I hate u love me tome 1 de Tessa Wolf

J’ai choisi I hate u love me par rapport à son titre et sa couverture. Dès les premières pages lues, je me suis dit, « Encore un énième roman qui conte les émois d’adolescents ». Je me suis trompée. Ce n’est pas du tout ça. Le lecteur se plonge, avec délices, et tourne les pages, ici de la Kobo, très rapidement, pour connaître les péripéties de la relation entre Elena et Fares. La dimension de cet amour a été plus intense lorsque Tessa Wolf a inséré, pour la première fois, le point de vue de Fares, vers la page 80. Le lecteur oscillera donc entre les deux. Personnellement, je n’ai jamais pu me faire à l’idée que Fares avait deux ans de moins qu’Elena. Est-ce dû à ses tourments ?

Ecrire une chronique sur I hate u love me est assez compliqué. En effet, je n’ai pas envie de trop en dire puisque les rebondissements sont nombreux mais j’aimerais également donner l’envie de lire ce premier tome.

Elena et Fares se rencontrent au lycée. Elle est en train de passer le bac et est déjà fiancée, prête à se marier. Rencontrer ce jeune homme la bouscule tant et plus.

Elena n’a pas conscience de sa beauté. Tous les garçons souhaitent avoir une relation avec elle. Fares la révèlera à elle-même. Il est le seul qu’elle aimera, avec qui elle se sent bien, en sécurité. Mais il sera le seul à la faire souffrir de nombreuses fois. Malgré la douleur qu’ils éprouvent, la haine ressentie, l’envie de faire souffrir, ils se retrouveront, vivront de très bons moments ensemble, même si tout n’est pas dit. Jusqu’à ce quelques secrets soient révélés et ils se feront encore plus de mal. C’est une relation belle mais destructrice. Ils s’aiment mais ce roman n’aurait pas été écrit si tout avait été révélé dès le départ. Elena aurait-elle accepté Fares avec ce qu’il est réellemen ?. Il n’y a pas que l’attraction physique entre eux, même si cela joue énormément. Elena sait que Fares est secret. Elle aimerait pouvoir percer cette carapace mais elle ne lui donne pas une chance de s’expliquer. Et inversement.

Fares est un jeune homme qui souffre. Cette souffrance trouve un exécutoire, la violence. Qui a dit que je suis tombée amoureuse de ce beau jeune homme ? Je ne suis pas une cougar mais franchement, Tessa Wolf m’a fait adorer cet homme.

Outre cette histoire de New Romance, l’auteur aborde des thèmes très rapidement, mais ils y sont, du racisme, du terrorisme, de différences de cultures, les préjugés, la jalousie. La souffrance de deux êtres qui s’aiment est également bien là. Tous les deux sont fragiles, ils n’osent pas tout s’avouer. Le final nous laisse augurer une très belle suite.

Voilà, maintenant, je suis accro. Ma PAL va, encore, augmenter, car il me faut les deux tomes suivants.

Je remercie BMR et NetGalley pour cette sélection.

Résumé I hate u love me tome 1 de Tessa Wolf

Elena est une jeune fille de 18 ans qui vit sa dernière année de lycée. Elle est très sage, studieuse et prête à se marier. Ses parents, d’origine espagnole, sont catholiques.

Les meilleures amies d’Elena sont Katy et Julia, aussi différentes l’une que l’autre.

Elle rencontre Fares, qui vient d’arriver au lycée. Le jeune adolescent provoque un sérieux émoi chez Elena.

I hate u love me tome 1 de Tessa Wolf

date de sortie : 21 avril 2017

Editeur : Black Moon Romance

Isbn : 978-2-01-702648-8

Nombre de pages : 320

Le murmure du vent de Karen Viggers

Le murmure du vent de Karen Viggers
Le murmure du vent de Karen Viggers

Avis Le murmure du vent de Karen Viggers

Je suis agréablement surprise par la qualité de ce roman qui m’a énormément plu. Les premières pages ont été vite balayées car je m’ennuyais ferme. Je me trouvais face à un roman sentimental et une héroïne un peu niaise. Mais non, Abby est tout sauf une imbécile et on va apprendre à bien la connaître au fil des pages.

Le murmure du vent avait tout pour me plaire puisqu’il se déroule dans un pays que j’aimerais visiter et où j’ai toujours voulu vivre. L’Australie. Avec ses grands espaces. L’auteur nous fait certes voyager mais elle n’en fait pas un pays idyllique. Il y a une partie historique et politique très intéressante à lire et donc à connaître. Les aborigènes vaincus, déplacés ou encore tués pour laisser la place aux blancs. Ces mêmes blancs qui se sont installés sur des terres qu’ils ont fait fructifier, qu’ils ont plantées. Ce sont des amoureux de la terre, ce sont des hommes robustes. Eux aussi ont dû s’en aller. Cela leur a fait mal. Ils sont allés vivre en ville et certains n’ont pas réussi à s’accoutumer. Qui dit politique, dit également écologie avec ce réchauffement climatique qui entraîne une énorme sécheresse en Australie, notamment dans le bush. Les pouvoirs publics manient la langue de bois avec dextérité, comme partout. Et ici, c’est pour les kangourous. Tout cela ne change pas ma vision de l’Australie.

Parlons des kangourous qui font partie de la vie d’Abby, future thésarde. Elle les étudie. Ils sont trop nombreux et ne sont pas une espèce protégée car pas en voie d’extinction. Mais ils se multiplient trop. Rien n’a encore été trouvé pour contrôler l’espèce et les naissances. Tout en narrant l’histoire d’Abby et de Daphne, l’auteur a inséré les kangourous dans son roman et nous explique tout sur eux. Très intéressant de connaître ces petites bêtes mignonnes et bondissantes. Le regard du lecteur change.

Le murmure du vent est un roman chargé de souvenirs, de transmissions entre Abby et Daphne qui se sont rencontrées. La première est très jeune mais elle a perdu sa maman qui s’est suicidée suite à de nombreuses dépressions et des troubles bipolaires. Cela a changé cette jeune femme qui ne s’est jamais remise de la mort de sa mère et qui reste très proche de son frère et de son père. Mais Abby est une solitaire, elle s’épanche peu et elle ne veut surtout pas s’engager. Elle est une jeune femme qui a peur, surtout de l’amour. Sa rencontre avec Cameron, beau gosse de service et journaliste, la plonge dans de nombreux délices. Elle ne veut pas s’avouer qu’elle l’aime et elle ne veut pas s’attacher. Arrivera-t-elle à passer outre ses angoisses ? Quant à Daphne, c’est une vieille dame, très proche de la terre, au caractère affirmé. Elle est droite, franche et avec Abby, elle va s’épancher petit à petit. L’une et l’autre se sont bien trouvées. Abby trouve en Daphne la grand mère trop tôt disparue.

Karen Viggers nous livre un roman riche sur les interrogations des vivants lors de la mort d’un parent lorsque l’on est jeune ou d’un mari. Ce sont également des réflexions sur la mort qui reste à venir, ce que l’on peut laisser à ceux qui restent.

Je remercie les Editions Les Escales et NetGalley.

Résumé Le murmure du vent de Karen Viggers

Abby se destine à la recherche pour la sauvegarde des kangourous. Elle a 23 ans et passe de nombreuses journées et nuits dans le bush pour les étudier. Elle prépare sa thèse. Elle rencontre Cameron venue l’interviewer.

Lorsqu’il la quitte, il a un accident de voiture et blesse une femelle kangourou qu’Abby est obligée d’abattre.

Le murmure du vent de Karen Viggers

date de sortie : 6 avril 2017

Editeur : Les Escales

Isbn : 978-2-36569-327-1

Nombre de pages : 345