Faux amis de Linwood Barclay

Faux amis de Linwood Barclay - Belfond Noir

Faux amis de Linwood Barclay – Belfond Noir

Résumé Faux amis de Linwood Barclay

Le drive-in ferme ses portes. Derek et trois de ses amis tentent de resquiller en ne payant que trois entrées. Mais le gérant n’est pas né de la dernière pluie. Il leur fait ouvrir le coffre.

A ce moment-là, Derek entend un bruit énorme. Il pense que son camarade a utilisé son arme.

Avis Faux amis de Linwood Barclay

C’est la dernière soirée au drive-in. L’écran s’effondre et fait quatre victimes, un très jeune couple et un plus âgé.  La police est vite dépêchée sur place mais elle doit faire face aux premières rumeurs dont celle d’attentat. Un homme, ex-maire de la ville, qui veut se représenter joue une carte pas franchement agréable, en voulant tirer parti de la catastrophe.

Cal est revenu à Promise Falls après la mort de sa femme et son fils. Il vit dans un petit appartement.  Ex flic de cette même ville, maintenant détective privé, il est chargé par la fille d une des victimes de l’aider à mettre la main sur des vidéos car son père faisait de l’échangisme. Si la pratique n’est pas jugée, chacun fait ce qu’il veut de sa sexualité, il ne faut pas que les uns et les autres soient gênés par ce qui a trait au privé. Et ceux qui sont impliqués doivent le faire en toute connaissance de cause.

Protéger au mieux sa famille ses enfants contre ceux qui peuvent faire du mal plus tard a cause de menaces quitté a mettre son emploi en danger. Protéger son enfant par rapport à tour ce qui peut se trouver sur Internet surtout lorsque cet enfant n’entre pas dans la case de la normalité définie par la société.  Mais les enfants ne sont pas idiots et savent comment trouver les infos. Cela n’empêche pas le dialogue pour mettre les choses au point et montrer que le parent est là.

De nombreux personnages émaillent ce roman, du plus jeune au moins jeune. Nombreux sont ceux à avoir quelque chose à se reprocher comme ce responsable de la sécurité de l’université, ex-flic également, qui a tué un étudiant soupçonné de violences envers des étudiants. Il a prôné la légitime défense. Quand on se sent invincible, on tente, par tous les moyens, de contrecarrer la loi. Mais, attention de ne pas tomber sur quelqu’un qui souffre, déséquilibré pour un instant. Linwood Barclay, avec ses nombreux personnages, les implique au fur et à mesure dans son roman. Qu’ont-ils à cacher ? Sont-ils coupables, innocents ? Une petite ville où tout arrive à se savoir. L’auteur nous fait des révélations au compte goutte et on se rend compte que les manipulations sont légion.

Dès le début, l’entrée en matière est réalisée. On s’attend à un coup de feu de la part des protagonistes. Mais c’est autre chose qui attire. Déjà, Linwood Barclay nous tient en haleine. On se rend compte très vite qu’il n’aura pas le temps de résoudre toutes les affaires, meurtres passés et présents, ce fameux chiffre 23 qui sème la terreur, l’effondrement de l’écran du drive-in. Et on comprend pourquoi. Faux amis est la suite de Fausses promesses. Ce dernier roman, je ne l’ai pas lu mais je l’ai dans ma PAL. Cela n’empêche pas que Faux amis peut se lire tout de même, puisque quelques rappels sont faits. En tous, les cas, il faudra lire la suite de Faux amis car l’auteur nous laisse sur notre faim. Ce qui est tout à fait normal. Rien n’est résolu surtout qu’un nouvel élément entre en jeu. Le rythme est rapide et malgré la quantité de personnages, je ne me suis pas perdue. Faux amis est un très bon policier qui traite de nombreux sujets de société, notamment aux Etats-Unis. Ce n’est peut-être pas un véritable coup de coeur, mais j’aime beaucoup l’auteur, ses histoires, ses personnages, dont Cal et Barry Duckworth, et cet humour noir qui donne énormément de consistance à ses romans.

Je remercie Netgalley et Belfond Noir pour cette lecture.

Faux amis de Linwood Barclay

Date de sortie : 6 septembre 2018

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 392

ISBN : 978-2-7144-7911-2

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De Sang-chaud de Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

De sang-chaud Kent Harrington

Résumé De Sang-chaud de Kent Harrington

Eve, comme toutes les femmes, a des secrets, de nombreux secrets. Mais un ne doit pas être dévoilé. Elle possède une maison dans Love Street où elle s’adonne à des jeux érotiques, masochistes avec Jimmy.

Eve et Jimmy sont des personnalités en vue dans leur petite ville où tout le monde se connaît.

Avis De Sang-chaud de Kent Harrington

Il a plus de 30 ans et n’a pas réussi sa vie. Pourtant, il avait un avenir extrêmement prometteur. Mais il a laissé passer le coche. Fils du maire, un homme froid qui ne l’aimait pas, qui l’a toujours poussé à se dépasser. Mais voilà, il n’a pas satisfait son père. Il en a donc payé les conséquences. Un homme qui se drogue, accro au sexe, à une femme, qui le tire vers le bas. Séducteur, il a, également, de nombreuses conquêtes, jeunes comme moins jeunes.  Il rêve d’une famille, d’enfants, mais il repousse très vite cette idée. Car il ne sait pas comment faire. Cet homme n’a aucune confiance en lui. Il survit, il vivote. Beaucoup de colère qui ne demande qu’à éclater. Son enfance n’a pas été rose, il avait toujours peur de cet homme qui ne lui donnait pas confiance en lui.

En lisant le début, j’avais pensé que ce serait une histoire de femme, l’histoire d’Eve. Même si elle est très présente, ce n’est pas elle l’héroïne du roman, mais Jimmy. C’est surtout une histoire de manipulation, de vengeance, puisque le maire n’est plus là pour protéger son fils, ce maire qui a écrasé tout un chacun au fait de sa gloire, de son pouvoir, en premier sa femme et son fils. Jimmy a servi les intérêts de tous et même avec la révélation en fin de roman, je n’ai pas éprouvé de la sympathie pour ce personnage. On dirait de cet homme que c’est un raté, il a, tout simplement, pas osé prendre une direction qui allait à l’encontre de son père, de la communauté dans laquelle il vivait. Pour tout simplement vivre et s’accomplir.

Tuer un homme mais sans être inquiété. Pour retrouver la liberté qui lui manque tant. Mais il ne réfléchit pas. Il croit qu’elle restera alors qu’elle n’attend que ça pour plier bagages. Manipulations également d’une jeune employée pour qu’il arrive à ses fins. Ce livre est le roman d’une déchéance annoncée depuis plusieurs années déjà. S’il a eu tout pendant quelque temps, il n’est pas arrivé à s’en sortir, à prendre son envol par lui-même. Il n’a pas osé taper dans la fourmilière. Malgré cette vie qui lui fait horreur, il a préféré rester dans cette petite ville où tout le monde se connaît, où les faveurs lui sont accordées car il est le fils du maire.

J’ai eu un souci avec ce roman de nombreuses fois. J’avais l’impression que certains passages étaient coupés. Le lecteur passe du coq à l’âne sans trop comprendre ce qui se passe, certaines suites ne sont pas argumentées. J’ai souvent dû revenir en arrière pour voir si je n’avais pas loupé des passages. Je ne sors pas trop ravie de ma lecture qui a été longue, fastidieuse. Je me suis ennuyée, je dois bien le dire. Pourtant ce roman est bien écrit, bien développé quant aux personnages, les relations entre les uns et les autres, la psychologie de Jimmy. Mais il me manquait quelque chose, même si le héros est un homme comme les autres, pour que je puisse tenter de le comprendre, éprouver plus ou moins de la sympathie pour lui. L’auteur a une très bonne connaissance de ces petites villes des Etats-Unis où un homme, un seul, règne en maître. Il est la loi, il est la justice. Gare à ceux qui s’opposent à lui, à cette puissance extrême. Comment a-t-il décidé que son fils n’était pas assez bien pour lui ? Pourtant, même si Jimmy est en colère, il ressent une certaine admiration envers cet homme, qui lui a appris, notamment le maniement des armes.

Je remercie Netgalley et Amazon Publishing pour cette lecture.

De Sang-chaud de Kent Harrington

Date de sortie : 11 septembre 2018

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 301

ISBN : 978-10-281-0636-2

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Le supplément d'âme de Matthieu Biasotto

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Résumé Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

C’est la nuit, l’accident a eu lieu. Un homme est blessé, il est entre la vie et la mort. La conductrice du véhicule tente de stopper l’hémorragie. Elle demande à son compagnon, alcoolisé, d’appeler les secours. Elle, cela fait plus d’un an qu’elle n’a pas bu une goutte d’alcool.

Il souffre, souffre, énormément. Il commence à partir. Mais avant de mourir, Thomas veut tout connaître de lui, de ce qu’il a fait, pourquoi il en est arrivé là.

Avis Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

200 pages addictives, qui se lisent d’une traite. Pratiquement, puisque j’ai dû aller me coucher entre et vaquer à d’autres occupations. Mais ce roman a duré deux jours pour moi. J’ai été profondément émue par Thomas. Pourtant, on pourrait énormément lui en vouloir, se dire qu’il a mérité ce qui lui arrive sans souhaiter la mort de son prochain. Mais non Thomas est un être humain qui a fait les mauvais choix de vie. Et le lecteur peut comprendre cet homme, entre la vie et la mort, qui a tout oublié, mais qu’un petit garçon tente de ramener à la raison, de lui démontrer qui il a été tout le long de sa vie d’adulte, jusqu’à ce fameux accident.

Même s’il raconte la vie de Thomas, l’auteur possède un style très efficace. Le lecteur ne juge pas. Il ne prend pas fait et cause pour cet homme entre la vie et la mort, mais il éprouve des sentiments pour lui. Cela a été le cas pour moi tout le long du roman. Et la révélation vers la fin peut faire changer d’avis ceux qui ont jugé Thomas. Certes, Thomas n’est pas un homme qu’on aimerait forcément côtoyer ou avec qui travailler et encore moins vivre avec lui. Il vit sa vie à 200 à l’heure pour toujours aller plus loin, plus haut, quitte à laisser les autres sur le carreau, notamment sa femme et surtout son fils, ce petit garçon qui a maintenant 8 ans et qui ne rêve que d’une chose, passer du temps avec son père, être aimé de son père. Car lui, il l’aime profondément. Thomas est un esclave, un esclave du travail, un esclave de l’argent, de cette société matérialiste. Il s’est forgé une carapace pour ne plus souffrir. Mais la chute est dure. Plus de vingt ans à piétiner tout le monde et donc lui-même. Il a abandonné ses rêves et c’est ce que tente de lui démontrer cet enfant, Tomato Ketchup. Alors, oui, c’est dur pour Thomas de voir tout ça, de l’accepter mais aussi de comprendre.

Concernant la fin du roman, j’aurais voulu que Thomas vive, surtout pour son fils, ce petit garçon qui n’attendait que son père s’occupe de lui, passer de bons moments avec lui. Est-ce le cas ? Mais d’un autre côté, en lisant ce roman, on peut penser que la fin est inéluctable, qu’il est trop atteint pour survivre et vivre. On sait que le cerveau peut faire des prouesses. Est-ce le cas ici ? Aura-t-il cette seconde chance ? Après avoir tant souffert, fait souffrir les autres, pourra-t-il réparer ses torts ?  J’ai lu pas mal de bouquins qui concerne cet entre deux, entre la vie et la mort. Ici, c’est romancé mais l’auteur a tellement bien travaillé qu’il semblerait qu’il ait vécu cet état de mort imminente.

Style absolument efficace, le lecteur voit ce qui se passe à travers les yeux de Thomas, de Tomato Ketchup mais aussi de Maël, ce petit garçon qui souhaite que son père ne meure pas.

Je remercie Netgalley et les Editions Bragelonne pour cette lecture.

Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto

Date de sortie : 16 août 2018

Editeur : Bragelonne

Nombre de pages : 202

ISBN : 978-10-281-0636-2

La rivière de l’oubli de Cai Jun

La rivière de l'oubli de Cai Jun

La rivière de l’oubli de Cai Junromansro

Résumé La rivière de l’oubli de Cai Jun

Shen Ming est professeur de chinois depuis trois ans. Il travaille dans le lycée où il a fait ses études. Il doit se marier et quitter cet emploi de professeur.

Il retrouve une de ses étudiantes assassinée. Des rumeurs ont couru sur eux deux. Shen est très vite suspecté. Après dix jours, il perd tout.

Avis La rivière de l’oubli de Cai Jun

Assez déstabilisant cette histoire de mort et de revenant, même si le sujet ne me déplait pas. Mais quand on s’y fait, cela passe surtout pour ce qui arrive à Shen Ming et sa réincarnation en Si Wang si j’ai bien compris. Hasard ? Destin ? Car pour ce passage, tous les souvenirs sont abolis, sauf peut-être la culture. Assez déstabilisant également ces retours en arrière et surtout ces nombreux personnages. Le problème avec une liseuse c’est que c’est difficile de revenir en arrière, au contraire des livres papiers pour se rappeler qui est qui et qui fait quoi. Pour relire ce livre j’attendrai qu’il sorte en poche et même pour le premier de l’auteur.

Une rencontre qui va révéler beaucoup de choses. Un enfant qui devient l’image de marque d’une société, le groupe d’éducation Erya. Une femme Gu Qiusha qui après avoir perdu son fiancé, auquel elle pense toujours, s’attache neuf ans plus tard à un enfant. De l’amour, beaucoup d’amour et surtout comme un sentiment de connaître Wang Er. Mais cela ne dure pas longtemps. Si Wang retourne chez sa mère et continue ses études. Enfant brillant mais qui ne se lie avec personne. Au cours de son enfance et de son adolescence il va rencontrer divers personnages qui ont jalonné la vie de Shen Ming. Rencontres fortuites ou préméditées ? Pareil pour les lieux. C’est un véritable retour en arrière, un retour en enfer, mais le présent est également très difficile. Je n’ai pas eu trop de mal à me faire à ce professeur, Shen Ming, et ensuite ce garçon qui grandit, Si Wang. La vie de Si Wang, enfant, avec sa véritable mère, He Qingying, on constate au fur et à mesure de sacrés changements. Une mère qui a essayé, toujours, de le protéger. Mais elle connaissait vraiment mal son fils.

Ce roman est le roman des secrets qui sont révélés au fur et à mesure et il y a en a beaucoup, jusqu’à la fin. C’est également le roman des trahisons, qui changent la donne pour tout le monde, de différents meurtres, d’amitiés qui se lient mais aussi de l’amour, interdit ou qui était prévisible. Les trahisons également et cela change absolument la donne pour tout le monde.

J’ai été vraiment déstabilisée par les noms chinois, qui commencent presque tous, dans ce roman, par Si et vu qu’ils sont en début de phrase, je vous laisse imaginer la suite. Il y a également le tutoiementPar contre, je dois reconnaître l’érudition de l’auteur. Je ne suis pas adepte des auteurs chinois, sauf celui de l’Inspecteur Chen, que j’adore et que je lis avec énormément de plaisir Qiu Xialong. Les deux auteurs ne sont pas comparables, sauf dans les nombreux vers de poésie, la littérature chinoise et aussi la littérature européenne ou même américaine.

Ma critique, si c’en est une, peut sembler décousue. Je le conçois mais il m’est difficile de l’écrire car je ne veux pas dévoiler ce qui se passe dans ce roman riche et très dense, qui ne se lit pas facilement et qu’il faut prendre le temps de bien lire. J’y reviendrai très certainement pour aller plus au fond des choses.

Je remercie Netgalley et XO Editions pour cette sélection, en avant première, de la rentrée littéraire.

La rivière de l’oubli de Cai Jun

Date de sortie : 13 septembre 2018

Editeur : XO Editions

Nombre de pages : 445

ISBN : 9782845639485

Loin des vivants de Steve Robinson

Loin des vivants de Steve Robinson

Loin des vivants de Steve Robinson

Résumé Loin des vivants de Steve Robinson

Tayte pense qu’il va mourir sans vraiment connaître ses véritables parents. Pourtant, sa cliente, une femme, saura la vérité sur sa naissance.

Cinq jours plus tôt, Eliza reçoit une valise et un mot concernant son adoption. Elle a maintenant 60 ans et charge Jefferson Tayte de retrouver sa mère.

Avis Loin des vivants de Steve Robinson

Je croyais que le genre des secrets de familles, la recherche de son identité suite à une adoption révélée des années plus tard, n’était pas pour moi. Pourtant, j’ai lu de très beaux romans à ce sujet et d’autres beaucoup moins. Ces derniers avaient comme héroïnes des jeunes femmes niaises. Ce n’est pas le cas ici. On joue dans la cour des grands avec un auteur qui a donné à son héros principal le rôle de généalogiste. Il recherche, enquête sur des parents qui ont laissé leur enfant être adopté. C’est donc son véritable métier. En plus, lui aussi, il ne connait pratiquement rien de son passé. Et sa quête, pour lui même, reste infructueuse. Ce roman mêle toutefois du policier car il y a quelques meurtres, dont le premier peut passer inaperçu. Mais l’auteur nous le rappelle à notre bon souvenir. Car quelqu’un d’autre cherche également Mena mais pour une toute autre raison.

Mena est une jeune fille qui va avoir 17 ans. Elle veut s’enrôler. Mais sa mère tient les rênes de sa famille d’une main de maître et elle interdit énormément de choses à Mena, qui, bien entendu, s’empresse de désobéir, même si elle sait que la sentence sera rude. Toutefois, elle arrive à mentir à sa mère. Pendant cette Seconde Guerre Mondiale, Mena rencontrera des soldats américains, dont un qui est l’ami d’Eddie, un jeune homme dont elle va tomber amoureuse. Mais cantonné à sa base, ils ne peuvent pratiquement pas se voir. Mena ose braver les interdits pour le rencontrer mais un événement va jouer un rôle crucial dans la suite de l’histoire. Amoureux, ils le sont. Toutefois, Mena devra encore faire face à la cruauté de sa mère et bien entendu à cette opprobre jetée sur ces jeunes filles. L’auteur nous relation très bien, dans plusieurs chapitres, qui viennent en parallèle avec l’enquête de Jefferson Tayte cette partie historique. Certes, la construction n’est pas nouvelle mais elle est réellement bien agencée. Je me suis prise d’affection pour Mena car on ne sait jamais, à l’avance, ce qui lui est arrivé. Tout comme le héros, le lecteur s’interroge. Qu’est-il arrivé à Mena ? A-t-elle réussi à fuir ? A-t-elle retrouvé son amoureux ? Ont-ils vécu ensemble ? Mais les secrets de famille sont lourds, surtout lorsqu’un écrit vient jeter le trouble sur une relation. Mena a été une victime. Victime surtout de sa mère. Alors, si l’auteur fait en sorte que cette femme ne soit pas détestée, que les circonstances, la période et surtout la position sociale peuvent jouer un grand rôle, pour ma part, je n’ai pas du tout aimé cette femme. Pour une raison qui peut être compréhensible, elle a fait en sorte que ses filles ne soient pas heureuses. Mais une personne veille au grain pour Mena, une personne qui a quelque chose à se reprocher.

Deuxième Guerre Mondiale avec ces personnes qui se sont engagées pour la paix et la liberté. L’arrivée des GI’s en Europe sera suivie de liaisons avec les jeunes filles du coin. Des bébés seront conçus et vite abandonnés par les pères. Mais que faire pour toutes ces jeunes filles dont opprobre sera jetée sur elles ? Cacher les grossesses, les placer dans des institutions jusqu’à l’arrivée de l’enfant pour l’adoption ou encore les placer pour qu’elles apprennent à obéir. L’église catholique et ses membres ont agi comme de véritables bourreaux envers ces jeunes filles qui n’avaient rien demandé. Si certaines ont vécu leur mal en patience, d’autres ont plongé dans la folie. Qui dit folie, dit hôpital psychiatrique.

Alors si vous aimez les secrets, les secrets de famille, savoir pourquoi un enfant a été abandonné, pourquoi sa véritable mère est partie sans laisser de traces, vous pouvez vous plonger dans ce très beau roman qui se passe pendant la deuxième Guerre Mondiale pour l’histoire de Mena et de nos jours pour les recherches. Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai compris le titre. Car, l’auteur nous emmène loin pour retrouver Mena et son héros aura affaire à différentes personnes de la famille, certaines désireuses de connaître leur ancêtre et d’autres qui feront tout pour cacher. Car dans les familles, il y a toujours des secrets inavouables.

Je remercie Netgalley, Amazon Publishing pour cette lecture en avant-première de la rentrée littéraire. J’aurai grand plaisir à retrouver Jefferson Tayte dans un prochain roman et surtout le premier écrit par Steve Robinson.

Loin des vivants de Steve Robinson

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 415

ISBN : 9781542045261

Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Résumé Janet de Michèle Fitoussi

Janet est à Orgeval. Elle est à la fin de sa vie. Elle a été malade et doit partir aux Etats-Unis.

Elle n’arrive pas à écrire. La page blanche a toujours été sa hantise.

Avis Janet de Michèle Fitoussi

Magnifique portrait d’une femme qui se rêvait écrivain pour que sa mère soit fière d’elle mais qui a été journaliste littéraire à succès. Pourtant Janet Flanner mettait énormément de temps à écrire. Peu de confiance en elle mais lorsqu’elle rendait ses papiers, souvent coupés à son grand désarroi, elle n’avait que des louanges. Elle a vécu de nombreuses années à Paris. Elle a beaucoup voyagé en Europe. Elle a su retranscrire à merveille la vie de ceux qu’elle côtoyait au quotidien. Elle a eu un style inimitable. Au fur et à mesure de sa carrière, de ses papiers, de ses portraits bien brossés, elle a su envisager le pire de ce qui pourrait arriver en matière de politique. Elle compte de nombreux amis, des amantes. Janet était une femme fidèle à tous, comme à ses idéaux. Cette biographie de Michèle Fitoussi se lit comme un roman. Les pages se tournent avec délectation. Chaque page est riche en histoire avec un petit et un grand h. Une femme libre qui a eu une relation assez difficile avec cette mère qu’elle admirait tant et plus. 

Roman ou biographie ? Biographie qui se lit comme un roman. On dirait que c’est réellement Janet Flanner qui raconte sa vie puisque nous avons des lettres écrites, des échanges. Mais non, c’est le talent incomparable de Michèle Fitoussi qui a donné vie à ce beau personnage féminin, qui a réellement existé. Cette biographie est tellement bien écrite que les pages se tournent pour tenter de tout connaître de la vie de Janet. Est-ce que tout a été dit ? Est-ce que des éléments ont été passés sous silence ? Qu’importe ! Janet a eu un tel parcours qui nous permet de nous rendre compte que, malgré tout, rien n’est impossible.

On suit donc la vie de Janet, de petite fille jusqu’à la fin de sa vie. Une petite fille qui cherchait toujours l’approbation et l’amour de sa mère, femme pas très présente dans la vie de ses filles sauf pour tenter de réaliser ses rêves à elle. D’ailleurs, lorsqu’elles seront face à face, la mère de Janet l’énervera toujours mais l’amour pour elle est vraiment très fort. Janet doit faire face également à un drame personnel mais elle réagira avec de la haine jugeant qu’elle a été abandonnée. Ce voyage en Europe alors qu’elle a 17 ans va lui donner l’envie de vivre là-bas. Janet se destine à l’écriture, elle veut être romancière. Mais cette jeune fille a peu de confiance en elle et ce sera le cas tout le long de sa vie. Le syndrome de la page blanche est toujours là et l’empêche d’avancer. Perfectionniste, elle ne rendra ses papiers pour le New Yorker qu’après les avoir lus et relus, jetés et réécrits. Elle a un goût très sûr et un style bien à elle. Quant à sa vie privée, même si elle a été mariée, elle sait très jeune qu’elle aime les femmes, qu’elles la font vibrer. Elle aura une très belle relation avec Solita et d’autres femmes, comme Natalia, mais même si tout le monde le sait, elle ne le dévoilera pas. Une relation libre, franche qui leur permet d’aller voir ailleurs si elles le souhaitent mais elles reviennent toujours l’une vers l’autre et ce jusqu’à la fin.

Dans ce roman, Michèle Fitoussi nous raconte également l’histoire de ces Américains, célèbres surtout ou pas, qui ont vécu à Paris dès le début des années 1900. Ils ont établi une communauté qui se retrouvait pour faire la fête, discuter, échanger, vivre leur vie avec peu ou beaucoup de moyens. Janet fera des rencontres qui l’aideront à progresser dans sa vie professionnelle et privée. Des personnes qui ont compté et qui resteront ses amis. Des Américains qui vont apprécier Paris, leur vie parisienne et auront du succès. L’époque est riche en rencontres de tout genre. Mais ces Américains retourneront également chez eux. Janet est Américaine mais aussi Parisienne car Paris lui a offert la liberté qu’elle n’aurait pas eu aux Etats-Unis. Quel beau Paris décrit à une certaine période. La France et les Parisiens sont vraiment à part par rapport à d’autres pays.

Michèle Fitoussi nous dresse le portrait d’une femme libre, comme de nombreuses femmes à son époque, mais surtout timide. Une femme qui tente de percer dans un monde d’hommes. Une femme qui sait réfléchir, qui sait analyser le monde dans lequel elle vit et c’est le cas pour la Seconde Guerre Mondiale, où elle a toujours su que ce serait extrêmement grave. Une femme qui aura du succès et qui donnera le ton suivi par d’autres journalistes, qui eux, seront encensés beaucoup plus qu’elle. On se rend compte en lisant cette biographie que les femmes, en ce temps-là, auront du mal à percer et ouvriront la voie aux hommes. Janet a tout connu, s’est intéressé à tout. Elle ne s’est pas focalisée sur un seul sujet.

Je remercie Netgalley, les Editions JC Lattès pour cette lecture en avant-première de la rentrée littéraire 2018.

Janet de Michèle Fitoussi

Date de sortie : 3 mai 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 295

ISBN : 978-2-7096-5768-6

Le voile de Guillaume Lecasble

Le voile de Guillaume Lecasble

Le voile de Guillaume Lecasble

Résumé Le voile de Guillaume Lecasble

Un auteur cherche deux personnages pour être les héros de son roman.

Joshua effectue sa première séance psy avec Mademoiselle Labrume. Il tombe amoureux d’elle.

Avis Le voile de Guillaume Lecasble

Il est souvent difficile d’écrire une critique d’un livre que l’on adoré car l’on ne veut pas trop en dévoiler. Mais un livre que l’on n’a pas compris, pas réellement aimé, que peut-on trouver à dire également. Heureusement que le roman comportait peu de pages car je ne sais pas si je serais allée jusqu’au bout.

Un auteur passe une annonce. Il cherche deux héros, un homme et une femme, qui vivent au Canada, qui doivent se rendre aux chûtes du Niagara, tomber amoureux mais il est possible qu’ils meurent à la fin du roman. Joshua répond à l’annonce. C’est un jeune homme qui cherche perpétuellement l’amour. C’est le moteur de sa vie. Un état de dépendance qui l’oblige à consulter également. Le moteur de sa vie est également la maladie de son père, homme à qui il va rendre visite très souvent même si sa famille est domiciliée en France. Quant à Chafia, elle a 32 ans, elle a fini ses études de médecine. Elle veut vivre un très bel amour et c’est à ce moment-là qu’elle aura sa première relation sexuelle. Elle sait qui est Joshua.

Le roman aborde le thème, selon moi, de l’amour. L’amour entre un homme et une femme, entre un enfant et un parent et inversement, mais aussi le manque d’amour qui peut conditionner un être humain, quelle qu’en soit la raison. Sans amour, il y a comme une absence difficile à combler. L’amour, c’est aussi prendre une décision difficile pour le bien-être d’une personne mais cela peut avoir des conséquences imprévues. Cela peut également être la perte d’un amour et on ne peut pas y faire face. Cette douleur transforme une personne et elle peut être atteinte d’une maladie psychiatrique. Ce thème est abordé dans toute sa complexité car ces maladies sont nombreuses. Malgré les soins, l’envie d’aller mieux, il est difficile de vivre surtout quand on a envie de mourir.

Avec ce Voile qui obscurcit le monde car les voix ont été enfermées et elles ne peuvent être libérées, je pense que l’auteur aborde le thème de la manipulation, notamment réalisée à grande échelle. Doit-on se taire ? Doit-on parler au risque de mourir ? Comment émettre des opinions alors que la liberté de parole est bafouée ? Les voix ont un corps et une âme. Prisonnières, il leur est impossible de se rebeller. Une force extérieure peut arriver à les libérer. 

Tout est complexe dans ce roman et la lecture n’est pas rendue facile. Je remercie toutefois Netgalley et Tohu Bohu pour cette sélection.

Le voile de Guillaume Lecasble

Date de sortie : 9 mars 2018

Editeur : Tohu Bohu

Nombre de pages : 121

ISBN : 978-2-37622-056-5