Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Résumé Janet de Michèle Fitoussi

Janet est à Orgeval. Elle est à la fin de sa vie. Elle a été malade et doit partir aux Etats-Unis.

Elle n’arrive pas à écrire. La page blanche a toujours été sa hantise.

Avis Janet de Michèle Fitoussi

Magnifique portrait d’une femme qui se rêvait écrivain pour que sa mère soit fière d’elle mais qui a été journaliste littéraire à succès. Pourtant Janet Flanner mettait énormément de temps à écrire. Peu de confiance en elle mais lorsqu’elle rendait ses papiers, souvent coupés à son grand désarroi, elle n’avait que des louanges. Elle a vécu de nombreuses années à Paris. Elle a beaucoup voyagé en Europe. Elle a su retranscrire à merveille la vie de ceux qu’elle côtoyait au quotidien. Elle a eu un style inimitable. Au fur et à mesure de sa carrière, de ses papiers, de ses portraits bien brossés, elle a su envisager le pire de ce qui pourrait arriver en matière de politique. Elle compte de nombreux amis, des amantes. Janet était une femme fidèle à tous, comme à ses idéaux. Cette biographie de Michèle Fitoussi se lit comme un roman. Les pages se tournent avec délectation. Chaque page est riche en histoire avec un petit et un grand h. Une femme libre qui a eu une relation assez difficile avec cette mère qu’elle admirait tant et plus. 

Roman ou biographie ? Biographie qui se lit comme un roman. On dirait que c’est réellement Janet Flanner qui raconte sa vie puisque nous avons des lettres écrites, des échanges. Mais non, c’est le talent incomparable de Michèle Fitoussi qui a donné vie à ce beau personnage féminin, qui a réellement existé. Cette biographie est tellement bien écrite que les pages se tournent pour tenter de tout connaître de la vie de Janet. Est-ce que tout a été dit ? Est-ce que des éléments ont été passés sous silence ? Qu’importe ! Janet a eu un tel parcours qui nous permet de nous rendre compte que, malgré tout, rien n’est impossible.

On suit donc la vie de Janet, de petite fille jusqu’à la fin de sa vie. Une petite fille qui cherchait toujours l’approbation et l’amour de sa mère, femme pas très présente dans la vie de ses filles sauf pour tenter de réaliser ses rêves à elle. D’ailleurs, lorsqu’elles seront face à face, la mère de Janet l’énervera toujours mais l’amour pour elle est vraiment très fort. Janet doit faire face également à un drame personnel mais elle réagira avec de la haine jugeant qu’elle a été abandonnée. Ce voyage en Europe alors qu’elle a 17 ans va lui donner l’envie de vivre là-bas. Janet se destine à l’écriture, elle veut être romancière. Mais cette jeune fille a peu de confiance en elle et ce sera le cas tout le long de sa vie. Le syndrome de la page blanche est toujours là et l’empêche d’avancer. Perfectionniste, elle ne rendra ses papiers pour le New Yorker qu’après les avoir lus et relus, jetés et réécrits. Elle a un goût très sûr et un style bien à elle. Quant à sa vie privée, même si elle a été mariée, elle sait très jeune qu’elle aime les femmes, qu’elles la font vibrer. Elle aura une très belle relation avec Solita et d’autres femmes, comme Natalia, mais même si tout le monde le sait, elle ne le dévoilera pas. Une relation libre, franche qui leur permet d’aller voir ailleurs si elles le souhaitent mais elles reviennent toujours l’une vers l’autre et ce jusqu’à la fin.

Dans ce roman, Michèle Fitoussi nous raconte également l’histoire de ces Américains, célèbres surtout ou pas, qui ont vécu à Paris dès le début des années 1900. Ils ont établi une communauté qui se retrouvait pour faire la fête, discuter, échanger, vivre leur vie avec peu ou beaucoup de moyens. Janet fera des rencontres qui l’aideront à progresser dans sa vie professionnelle et privée. Des personnes qui ont compté et qui resteront ses amis. Des Américains qui vont apprécier Paris, leur vie parisienne et auront du succès. L’époque est riche en rencontres de tout genre. Mais ces Américains retourneront également chez eux. Janet est Américaine mais aussi Parisienne car Paris lui a offert la liberté qu’elle n’aurait pas eu aux Etats-Unis. Quel beau Paris décrit à une certaine période. La France et les Parisiens sont vraiment à part par rapport à d’autres pays.

Michèle Fitoussi nous dresse le portrait d’une femme libre, comme de nombreuses femmes à son époque, mais surtout timide. Une femme qui tente de percer dans un monde d’hommes. Une femme qui sait réfléchir, qui sait analyser le monde dans lequel elle vit et c’est le cas pour la Seconde Guerre Mondiale, où elle a toujours su que ce serait extrêmement grave. Une femme qui aura du succès et qui donnera le ton suivi par d’autres journalistes, qui eux, seront encensés beaucoup plus qu’elle. On se rend compte en lisant cette biographie que les femmes, en ce temps-là, auront du mal à percer et ouvriront la voie aux hommes. Janet a tout connu, s’est intéressé à tout. Elle ne s’est pas focalisée sur un seul sujet.

Je remercie Netgalley, les Editions JC Lattès pour cette lecture en avant-première de la rentrée littéraire 2018.

Janet de Michèle Fitoussi

Date de sortie : 3 mai 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 295

ISBN : 978-2-7096-5768-6

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Le voile de Guillaume Lecasble

Le voile de Guillaume Lecasble

Le voile de Guillaume Lecasble

Résumé Le voile de Guillaume Lecasble

Un auteur cherche deux personnages pour être les héros de son roman.

Joshua effectue sa première séance psy avec Mademoiselle Labrume. Il tombe amoureux d’elle.

Avis Le voile de Guillaume Lecasble

Il est souvent difficile d’écrire une critique d’un livre que l’on adoré car l’on ne veut pas trop en dévoiler. Mais un livre que l’on n’a pas compris, pas réellement aimé, que peut-on trouver à dire également. Heureusement que le roman comportait peu de pages car je ne sais pas si je serais allée jusqu’au bout.

Un auteur passe une annonce. Il cherche deux héros, un homme et une femme, qui vivent au Canada, qui doivent se rendre aux chûtes du Niagara, tomber amoureux mais il est possible qu’ils meurent à la fin du roman. Joshua répond à l’annonce. C’est un jeune homme qui cherche perpétuellement l’amour. C’est le moteur de sa vie. Un état de dépendance qui l’oblige à consulter également. Le moteur de sa vie est également la maladie de son père, homme à qui il va rendre visite très souvent même si sa famille est domiciliée en France. Quant à Chafia, elle a 32 ans, elle a fini ses études de médecine. Elle veut vivre un très bel amour et c’est à ce moment-là qu’elle aura sa première relation sexuelle. Elle sait qui est Joshua.

Le roman aborde le thème, selon moi, de l’amour. L’amour entre un homme et une femme, entre un enfant et un parent et inversement, mais aussi le manque d’amour qui peut conditionner un être humain, quelle qu’en soit la raison. Sans amour, il y a comme une absence difficile à combler. L’amour, c’est aussi prendre une décision difficile pour le bien-être d’une personne mais cela peut avoir des conséquences imprévues. Cela peut également être la perte d’un amour et on ne peut pas y faire face. Cette douleur transforme une personne et elle peut être atteinte d’une maladie psychiatrique. Ce thème est abordé dans toute sa complexité car ces maladies sont nombreuses. Malgré les soins, l’envie d’aller mieux, il est difficile de vivre surtout quand on a envie de mourir.

Avec ce Voile qui obscurcit le monde car les voix ont été enfermées et elles ne peuvent être libérées, je pense que l’auteur aborde le thème de la manipulation, notamment réalisée à grande échelle. Doit-on se taire ? Doit-on parler au risque de mourir ? Comment émettre des opinions alors que la liberté de parole est bafouée ? Les voix ont un corps et une âme. Prisonnières, il leur est impossible de se rebeller. Une force extérieure peut arriver à les libérer. 

Tout est complexe dans ce roman et la lecture n’est pas rendue facile. Je remercie toutefois Netgalley et Tohu Bohu pour cette sélection.

Le voile de Guillaume Lecasble

Date de sortie : 9 mars 2018

Editeur : Tohu Bohu

Nombre de pages : 121

ISBN : 978-2-37622-056-5

Le tableau de Frédérique de Keyser

Le tableau de Frédérique de Keyser

Le tableau de Frédérique de Keyser

Résumé Le tableau de Frédérique de Keyser

Séraphine est en train de montrer son tableau à son amant du moment. Mais l’un et l’autre se rendent compte qu’ils vont se séparer. Après un gros coup d’éclat dans ce restaurant, Séraphine part.

Dans le hall, Gabriel, qui a tout entendu, fait exprès de la bousculer alors qu’elle est plongée dans ses pensées.

Avis Le tableau de Frédérique de Keyser

Pas de déplaisir, ni de réel plaisir à la lecture de cette histoire. Peut-être que le moment ne s’y prêtait tout simplement pas. Je n’ai pas eu de mal à entrer dans l’histoire, à suivre son déroulement, mais pour une fois, je ne me suis prise d’affection pour aucun des personnages principaux, que ce soit Séraphine ou encore Gabriel. Arthur a pu trouver quelques grâces à mes yeux.

Gabriel rencontre Séraphine dans le hall d’un grand hôtel après qu’elle ait rompu avec son amant du moment. Séraphine est accompagnée d’un magnifique grand chien. Cette rencontre va les bouleverser l’un et l’autre. L’alchimie, notamment sexuelle, est bel et bien là. Mais ils vont être pris à leur propre piège, notamment Gabriel.

Séraphine est peintre, jeune, belle, rousse, aux formes affriolantes. Elle est libre, a des idées bien arrêtées sur la condition des hommes et des femmes. Elle veut que ces dernières ne restent pas sous le joug des hommes. Séraphine vit sa sexualité comme elle l’entend, même si cela ne plait pas aux communs des mortels. Elle vit à Montmartre, le quartier des artistes. Lorsque Gabriel lui commande ce tableau, elle hésite mais ce tableau de Gabriel, qui doit faire ressortir tout ce qu’ils vont vivre ensemble, passionnément, sera-t-il achevé ?

Gabriel est le fils d’un banquier. Il aime tous les plaisirs, notamment ceux de la chair. Il ne veut pas se laisser embarquer dans une histoire d’amour. Il veut vivre comme bon lui semble. Mais la personnalité de Séraphine, sa vie vont tout bouleverser. Je dois avouer que les sentiments de l’un et de l’autre sont vraiment bien décrits. Ce sont deux personnalités très fortes qui devront mettre de côté certains éléments de leurs caractères pour se comprendre ou alors se les expliquer. Heureusement qu’il y a Arthur, le meilleur ami de Séraphine, et occasionnellement amant, qui va étudier Gabriel et un tant soit peu l’aider à faire la lumière en lui. Personnage haut en couleur mais adorable qui veut protéger, avant tout, sa meilleure amie, pour qu’elle ne souffre pas. Car Séraphine, mais aussi Gabriel, vont souffrir face à cette nouveauté qui bouleverse le marché qu’ils ont passé.

Outre cette histoire, l’auteur s’attache à nous décrire Paris, ses habitants et surtout Montmartre, ce fameux quartier des artistes. Des peintres, oui. Mais s’ils sont comme Séraphine, leur art les rend d’autant plus sensibles et ils peuvent être incompris par le commun des mortels. Paris change entre le jour et la nuit. Si la société est policée le jour, qu’elle fait face à ses us et coutumes, juge, bien-pensante et très conservatrice, la nuit tous se libèrent et font face à leurs désirs. Entre sociétés secrètes, maisons closes, bars et restaurants, le beau monde s’encanaille à l’extérieur avec ceux qu’ils ne côtoient pas la journée. De nombreux rappels historiques sont également présents, comme la Commune. Et surtout n’oublions pas que les chapitres sont tous nommés, via un tableau et un peintre.

Je remercie Netgalley et les Editions Erato pour cette lecture.

Le tableau de Frédérique de Keyser

Date de sortie : 4 avril 2018

Nb pages : 335 pages

Editeur : Erato

ISBN : 978-2-37447-377-2

Silver Water d’Haylen Beck

Silver Water d'Haylen Beck

Silver Water d’Haylen Beck

Résumé Silver Water d’Haylen Beck

Cela fait quatre jours qu’Audra est partie de New-York avec ses deux enfants. Elle tente d’aller en Californie pour commencer une nouvelle vie.

Mais elle doit s’arrêter pour acheter des boissons et de quoi manger. Une voiture de police est garée sur le parking. Elle a peur mais affronte la situation. A son départ, cette voiture n’est plus sur place et elle continue sa route.

Avis Silver Water d’Haylen Beck

Jusqu’où peut aller la noirceur humaine pour assouvir ses plus vils penchants ? S’en prendre à de jeunes enfants pour en faire de la chair humaine et par ricochet, à une femme, leur mère. Un concours de circonstance fait qu’Audra est arrêtée dans une petite ville qui survit. Il a vu sa voiture avec les deux enfants à l’intérieur. Pour un prétexte quelconque et avec ce qu’il faut, il va l’arrêter et l’incarcérer. Quid des enfants. Ils seront pris en charge par une femme policier. Ils promettent à Sean et Louise, mais aussi à Audra qu’ils seront en sécurité.

Sean a près de 11 ans. Il a appris à connaître sa mère depuis un an et demi qu’il vit avec elle, depuis qu’elle a quitté son mari, violent psychologiquement et homme qui entretenait les addictions de la jeune femme. Deux enfants qui aiment profondément leur mère. Sean va tout faire pour s’en sortir, tout en protégeant sa soeur. Jeune adolescent plein de débrouillardise, tenace. On voit de qui il tient. De toutes façons, avec un père pratiquement absent, une mère dans les limbes de l’inconscience pendant pratiquement toute son enfance, il était seul. Mais les quelques mois passés avec celle qui lui a donné la vie lui ont permis de comprendre que l’amour d’une famille existe bel et bien.

L’auteur nous détaille parfaitement les violences physique et psychologique subies par Audra. Violences qui ont failli l’anéantir. Mais une rencontre va lui permettre de rebondir, de se sauver et de sauver ses enfants. Malgré les services sociaux, elle a décidé de partir, de rejoindre la Californie, même si elle sait que son mari fera tout pour la retrouver. Dans cette petite ville, emprisonnée, puis relâchée elle doit faire face aux vautours que sont les journalistes, l’opinion publique et surtout le FBI qui tente de lui faire avouer ce qu’elle n’a pas commis. A force d’entendre toutes ses paroles, elle s’interroge, elle qui vit dans la brume, la souffrance. Mais au plus profond d’elle, elle sait. Véritable battante, elle ne se laisse pas faire. Elle restera campée sur ses positions. Un allié inattendu l’aidera dans cette quête de la vérité. La vérité pour tous les deux. Car Danny a perdu sa femme qui s’est suicidée après la disparition, dans les mêmes circonstances, que sa fille. D’ailleurs, lui aussi, trouvera-t-il cette vérité ?

Un roman véritablement addictif, construit de telle façon qu’on ne le lâche pas même si j’ai eu un petit essoufflement au milieu. Vite dissipé toutefois. L’auteur s’attache à nous décrire ses personnages avec une précision chirurgicale. Tout leur passé, leurs états d’âme y passent. Peut-on comprendre ce qui pousse Collins à suivre son shérif ? Oui et non. L’argent au bout du chemin peut faire réaliser le pire. Et que dire de ce qui se passe dans le Dark Web où tout ce qui est caché se révèle affreux. Meurtres, trafics en tout genre, ce qui compte c’est l’argent et toujours plus d’argent. Les plus puissants côtoient ceux qui tentent de gagner des millions par tous les moyens. Bien sûr, il faut montrer patte blanche et démontrer que personne ne sera trahi. D’ailleurs, à ce sujet, dans le roman, je me suis interrogée sur une de ses personnes qui a rejoint ce groupe. Il manque soit une petite révélation ou alors elle n’avait pas grand chose à faire là.

Je remercie Netgalley et les Editions Harper Collins.

Silver Water d’Haylen Beck

Date de sortie : 14 mars 2018

Nb pages : 307 pages

Editeur : Harper Collins

ISBN : 9791033902447

Un mariage anglais de Claire Fuller

Un mariage anglais de Claire Fuller

Un mariage anglais de Claire Fuller

Résumé Un mariage anglais de Claire Fuller

Gil trouve une lettre dans un livre. Par la fenêtre, il voit une femme. Il veut en avoir le coeur net. Il sort et tente de suivre cette silhouette aperçue ou rêvée. Le temps est exécrable. Gil tombe.

A Londres, Flora est avec Richard. Elle reçoit un appel de sa soeur Nan qui l’informe que leur père est à l’hôpital.

Avis Un mariage anglais de Claire Fuller

Pourquoi Ingrid a disparu il y a plus de 10 ans, laissant deux filles adolescentes seules avec leur père ? Le lecteur le saura en lisant les lettres laissées par Ingrid à son mari. Lettres qu’il n’a jamais lues, sauf une, celle qui est à l’origine de son accident. Ces lettres ont été disséminées dans les centaines de livres présents dans la maison où ils habitaient. Dans ces lettres, elle raconte leur rencontre et ce qui s’est passé par la suite. Elle fait état de sa vie auprès de lui et surtout sans lui. Elle s’interroge sur ce mariage, sur ce lien, cet amour qui s’est distendu.

Disparition ? Mort ? Nul ne le sait, ni son mari, ni ses filles, ni ses amis. Ingrid retrace donc son histoire, de sa rencontre avec Gil alors qu’elle était une étudiante de 20 ans. Lui était son professeur. Il avait 20 ans de plus qu’elle. Malgré son envie de faire sa vie, Ingrid va tomber amoureuse de cet homme, cet écrivain. Un homme à femmes, qui aime séduire et qui attire les femmes. Un homme qui achète des livres compulsivement et pas n’importe lesquels, ceux qui sont annotés par leurs précédents propriétaires. Pour Gil, est-ce que posséder Ingrid était voulu, était-elle une nouveauté, un trophée à rajouter à son tableau de chasse ? Personnellement, je pense qu’il n’a pas su la retenir, lui dire qu’il l’aimait. On le sait, en couple, on rate beaucoup de choses par la force de l’habitude, parce qu’on se sent invincible, que l’on ne voit pas que l’autre souffre, change. Et on ne peut pas revenir en arrière. Entre culpabilité et trahisons, la vie d’Ingrid, qu’elle a choisie, n’a pas été franchement rose.

Flora et Nan sont les filles de Gil et Ingrid. Flora a 22 ans. Elle avait donc une dizaine d’années lorsque sa mère a disparu. Tout comme son père, elle ne croit pas à la mort d’Ingrid. Elle la cherche. Elle lui manque. Elle est beaucoup moins effacée que Nan, qui, elle, cache sa douleur. Flora n’a pas compris la gravité de la situation de son père. Elle ne veut pas qu’il meure. Bien que Nan ait été plus âgée lors de la disparition de sa mère, elle s’est retrouvée, du jour au lendemain, à avoir à gérer son père et sa soeur. Un rôle de grande soeur et surtout de femme avant l’heure. Dans ce roman, à travers ses lettres, on sent une mère qui n’a pas su s’y prendre avec Flora, la fille de son père. Le lecteur sent que les filles sont très attachées, également à leur père, surtout Flora. Pour Nan, c’est plutôt un devoir, car elle a vu sa mère souffrir et elle connait la situation de leur union.

Souvent, dans ce roman, il est indiqué que c’est le lecteur qui fait le roman, avant son auteur. C’est le lecteur qui en assure le succès. Je veux bien le croire et je l’ai toujours cru. J’ai lu ce roman sans déplaisir, mais le plaisir n’était pas au rendez-vous également. Je ne me suis pas laissée embarquer par cette histoire. Je ne pense pas que cela soit le fait de cette liaison entre un prof et son élève. La première question de cette chronique reflète cette impression. Connaître cette disparition, dès le départ, a gâché, je pense, ce plaisir de lecture.

L’auteur oscille donc entre ces phases du présent où Flora, surtout, Nan et Gil sont bien présents, et ce passé composé de lettres. Nous avons un grand nombre de descriptions, d’une nature belle, forte, qui peut reprendre ses droits à tout moment. Une nature, par les mots de l’auteur, qui se trouve magnifiée et dont le parallèle est fait avec les personnages, leurs sentiments, leur vie. Les éléments du quotidien trouvent également leur place.

Je remercie Netgalley et les Editions Stock pour cette lecture.

Un mariage anglais de Claire Fuller

Date de sortie : 2 mai 2018

Nb pages : 325

Editeur : Stock

ISBN : 9782234083042

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Sous nos yeux de Cara Hunter

Sous nos yeux de Cara Hunter

Sous nos yeux de Cara Hunter

Résumé Sous nos yeux de Cara Hunter

Lors d’une fête donnée par ses parents, Daisy, enfant de 8 ans disparait.

La police est appelée mais les parents ne coopèrent pas. Pourtant, la police ne va pas les lâcher et mener son enquête malgré l’absence d’indices.

Avis Sous nos yeux de Cara Hunter

En ce moment, je suis abonnée aux romans dont le sujet est l’enlèvement d’enfants. Encore, je me dis, à chaque fois que j’en commence un. Sur le nombre de romans lus depuis plusieurs semaines, il y en a au moins un par mois. Comment l’auteur peut donc me titiller pour faire de son histoire quelque chose de jamais vu, jamais lu ?

Cette disparition les concerne tous au sein de la police. Ils veulent la retrouver. On le sait, le métier de flic est prenant et pas souvent compatible avec une vie de famille, un mariage, des enfants. Et il y a celui qui ne peut toujours pas faire le deuil de son enfant, Adam Fawley. Envers et contre tout, il va mener son enquête et je trouve avec brio. On sait au fur et à mesure ce qui est arrivé à son fils. D’ailleurs, c’est lui qui raconte toute l’histoire, sauf les passages qui reviennent quelques semaines en arrière et ces passages vont arriver au moment où tout a commencé, dérapé pour Daisy. Toute l’équipe au sein de la police est concernée et il n’y aura pas de rivalités, à la récolte d’indices, pendant les interrogatoires. Les technologies actuelles permettent d’avancer. Présomption d’innocence, oui, mais les indices vont s’accumuler et vont mettre à jour pas mal de secrets sur cette famille.

Leo, un enfant qui culpabilise énormément. Il est la proie de moqueries à l’école. Il n’est pas aussi lumineux que sa soeur. C’est le grand frère. Il sait ou croit savoir. Il a protégé sa soeur en ne disant rien. Mais comment faire dans cette famille où la mère n’en a rien à faire de ses enfants ? Elle est plutôt préoccupée par son apparence, par ce que l’on peut penser d’elle et aussi par son passé qu’elle essaie de cacher. Une femme qui n’a aucune confiance en elle et qui s’en prend à ses enfants. Et les copines de Daisy ? Rejetées ou pas, à cet âge, difficile de ne pas révéler le secret qui lie à son amie.

Choquée de lire que même, en primaire, les parents achètent des portables à leurs enfants de 8 ans. Appareils qu’ils utilisent au sein de l’école et que rien n’est fait pour limiter l’utilisation. Bonne étude également de la jalousie que l’on peut ressentir contre un membre de sa famille ou ses enfants. De là à tuer ? Possible lorsque les défenses se sont érigées depuis des années, que l’on juge les autres responsables. On en apprend également plus sur les enfants dont la mère est alcoolique. Un point très intéressant en ce qui concerne le développement physique et mental et les troubles dont ils peuvent être atteints. Et que dire également des réseaux sociaux qui s’emparent, très souvent, à mauvais escient d’une telle nouvelle. Chacun y va de son commentaire. Ceux qui tentent d’être réalistes sont noyés sous ceux qui font part d’insultes, qui croient tout savoir, qui condamnent. Et que dire de la pédophilie !

Un final en peu de pages vraiment époustouflant auquel je ne m’attendais pas du tout. L’auteur présente, dès le début, les parents comme coupables. Qu’ont-ils à cacher, pourquoi ne collaborent-ils ? On dirait que la mère n’aime pas ses enfants. La construction de ce roman est très bien trouvée. Le rythme ne faiblit pas. Outre les parents, bien cernés, je me suis prise d’affection pour les personnages. Et j’espère retrouver très rapidement Alan avec toute son équipe.

Je remercie Netgalley et les Editions Bragelonne pour cette lecture. Ce n’est pas tout à fait un coup de coeur, même si j’ai avalé les pages, encore et encore, pour connaitre le dénouement.

Sous nos yeux de Cara Hunter

Date de sortie : 16 mai 2018

Nb pages : 236

Editeur : Bragelonne

ISBN : 9791028105556

Ensemble maintenant pour toujours d’Emily Blaine

Ensemble maintenant pour toujours d'Emily Blaine

Ensemble maintenant pour toujours d’Emily Blaine

Résumé Ensemble maintenant pour toujours d’Emily Blaine

Theo et Summer sont amis. Ils rentrent de dîner et leur rencontre finit par un baiser.

Summer a réussi professionnellement malgré une mauvaise donne au départ. Son patron tente de la séduire mais elle ne veut pas mélanger vies privée et professionnelle.

Avis Ensemble maintenant pour toujours d’Emily Blaine

Ce roman est une suite sans en être une du roman de l’auteur, Toi, moi, maintenant ou jamais. Roman que je n’ai pas lu, encore, mais que j’ai dans ma PAL. En effet, on retrouve Charlotte et Jeremiah qui sont en train de préparer leur mariage. Mais ce roman se focalise plutôt sur la relation entre Theo, le frère de Jeremiah, et Summer, la meilleure amie de Charlotte. Tous les deux se connaissent depuis de nombreuses années mais ils ne se sont pas vus depuis plus de dix ans. La raison ? Vous l’apprendrez plus en détail dans le roman. Je ne veux pas spolier. L’auteur égrène son roman d’éléments très importants du passé qui prennent tout leur sens quant à la personnalité des deux personnages et leur vécu, ensemble ou éloignés. Cette construction ne m’a pas gêné mais je trouve que de nombreuses situations actuelles ne sont pas assez développées, elles sont dans un sens bâclées. D’ailleurs, un élément très important de leur passé est, lui aussi, pas détaillé, seulement ses conséquences. En tant que lectrice, j’aurais vraiment aimé à s’en savoir plus.

Une histoire sympathique, certes, mais pas transcendante, qui permet de passer un bon petit moment de lecture. Les personnages n’ont pas trouvé grâce à mes yeux. Je ne me suis pas identifiée. Ils ne m’ont fait ni chaud, ni froid. Pas de rejet mais pas de réelle connivence. Pourtant, ils ne sont pas niais. Theo et Summer se sont revus et se sont embrassés. Depuis, ils ont pris leurs distances. Ils ne savent pas comment faire pour retrouver leur complicité d’antan. De plus, Theo ne veut plus maintenant que Summer ait de l’emprise sur lui. Il la connait par coeur, il connait son passé. Il sait qu’elle a érigé des barrières autour d’elle. Lorsqu’ils vont faire la paix, il va pratiquement tout lui avouer, quitte à la faire fuir. Theo prendra des décisions qui bousculeront la jeune femme, qui lui permettront de grandir encore plus.

Quant à Summer, on peut comprendre pourquoi elle est comme ça. Elle a privilégié sa carrière aux dépens de sa vie personnelle. Elle ne veut pas mêler amour et travail. C’est une femme qui a énormément souffert. Elle avait trouvé auprès de Theo du réconfort, de l’aide. Summer n’a pas énormément confiance en elle. Lorsqu’elle retrouve cette fameuse complicité, elle est toutefois toujours en retrait car elle a peur de souffrir, encore une fois. Souffrir , mais à cause de quoi ? Le roman nous en dira plus lors de la lecture. Donc, Summer veut tout contrôler.

Comme je l’écrivais, certains revirements de situations ne sont pas assez détaillés, les rebondissements trop rapides. De plus, je trouve, et c’est seulement mon avis de lectrice, que les deux frères sont inconséquents. Faire une course alors que les conditions ne sont pas idéales, d’un point de vue routier et humain, ce n’est vraiment pas le top. Ils ont la trentaine et on dirait des gamins, tous autant qu’ils soient. Mais, c’est vrai que se sentir normal,  sans souffrir et réaliser une passion peut être important, malgré les conséquences. Un bon point est qu’Emily Blaine manie les manipulations à merveille.

Je remercie Netgalley et les Editions Harlequin pour cette lecture. Maintenant, je dois lire Toi, moi, maintenant ou jamais.

Ensemble maintenant pour toujours d’Emily Blaine

Date de sortie : 6 juin 2018

Nb pages : 180

Editeur : Harlequin

ISBN : 9782280411110