La dette de Mike Nicol

La Dette de Mike Nicol – Source J’ai Lu

1998, Le Cap, Mace Bishop doit protéger le fils de Ducky Donald, qui tient une boîte de nuit et qui est menacé. Ducky rappelle à Mace qu’il peut révéler certains éléments le concernant. En effet, un groupe extrêmement violent, musulman, commet des attentats, des meurtres. Ses membres sont les clients de l’avocate Sheemina February.

L’auteur nous offre un très beau portrait de Mace, sur sa vie avec Oumou, sa femme, sa fille Christa, son ami et associé Pylon mais aussi avec de nombreux personnages qui gravitent autour, comme des anciens contacts de son ancienne vie de trafiquant d’armes, de ceux qui en veulent à sa vie, qui veulent se venger. Mace, toutefois, prend des décisions sans en parler avec son associé. Il pense qu’il est une personne sur qui on peut compter. Et je pense, qu’au vu du roman, il a raison. Il semble se cacher, pas très à l’aise. Mais Pylon n’est pas dupe et il s’interroge, tout comme Oumou. Mais il ne leur dira pas tout et cela entraînera des évènements qui vont le toucher mais aussi sa fille. Ah bien sûr, il garde certains éléments de sa vie privés, comme revoir une ex petite amie, mais comme c’est pour le travail, il en tient peu compte. Pourtant, il connaît très bien sa femme et il sait qu’elle arrivera à savoir. Mace s’interroge également sur cette femme, Sheemina February. Il pense qu’il la connait mais il ne se rappelle pas. Mais elle, elle sait qui il est. Et le fait de ne pas être reconnue va augmenter sa hargne. Il est conscient qu’elle le harcèle, qu’elle est à l’origine de nombreux évènements mais il n’a pas toutes les cartes en main pour la confondre. Et le lecteur non plus. Car que compte-t-elle faire avec tous les documents qu’elle amasse contre Mace ? L’auteur ne nous dit rien. On pense à une histoire de vengeance mais à quel sujet ? Mace n’est peut-être pas un super époux. Mais il est humain avec ses forces et surtout de nombreuses faiblesses. Je trouve, tout de même, qu’il devrait plus s’en référer à Oumou pour sa petite Christa car il est assez intransigeant. Mais suite au grave évènement, il réussira à établir une belle relation avec sa petite fille qui montre énormément de courage.

Ce premier roman, même si la fin est trop rapide, est parfaitement réussi. Il est dense, complet, les pages sont nombreuses mais le lecteur ne perd absolument pas son temps. Les situations évoluent constamment avec toujours le même fil conducteur, la Dette. Car chacun doit quelque chose à quelqu’un donc il faut remplir ses engagements et quand on rappelle la date au bon souvenir de l’autre, il faut savoir rembourser. Et les relations sont souvent faites de ça avec le trafic de drogues, le trafic d’armes. Nous sommes en Afrique du Sud et le pays est touché par tout ça. Ce roman ne me donne toujours pas l’envie d’y aller en vacances, même s’il existe des coins pour riches, pour touristes. Le trafic d’armes touche de nombreux pays et ceux qui en ont vendu, qui ont touché de l’argent, ont risqué leur vie mais en toute connaissance de cause. Il est très facile d’y replonger lorsque l’on manque d’argent et que l’on a des échéances à payer.

L’auteur sait manier la torture, le harcèlement, les morts, les assassinats. Cela peut être assez dur à lire pour une petite nature. Sur le coup, c’est vrai mais quand on a lu plus difficile à ce niveau-là, on passe assez vite.

Mon roman se finit en queue de poisson. Trop rapide cette fin après 600 pages de lecture. Ouf, c’est bel et bien une trilogie, il y a donc de quoi voir venir pour la suite lorsque Sheemina a annoncé à Pylon et Mace ce qui s’est passé il y a plus de vingt ans. Mais ils ne la croient pas.

La dette de Mike Nicol

date de sortie : 17 septembre 2014

Editeur : J’ai Lu

ISBN : 978-2-290-07781-8

Nb de pages : 600

Ombres chinoises de Lisa See

Ombres chinoises de Lisa See – Source J’ai Lu

Ombres chinoises de Lisa See – Source J’ai LuJoy est étudiante. Elle est d’origine chinoise. Elle est informée d’un secret familial. Son père s’est suicidé. Elle décide de partir en Chine pour participer à l’effort demandé par Mao qui a besoin de bras. Sa mère, Perle, décide que sa fille doit revenir aux Etats-Unis. Elle part tenter de la rejoindre en Chine.

Même si je suis Miss Polars, je me rends compte au gré de mes lectures que j’aime pas mal de sujets. Et ce roman ne fait pas exception à la règle. L’Histoire avec un grand H, les pays, les situations romancées mais qui pourraient être réelles font que j’adhère très souvent à un roman. Celui-ci se passe en Chine, 10 ans après l’avènement de Mao. La Chine, un pays que je ne rêve absolument pas de visiter, m’a toujours, toutefois, attiré par son Histoire. Les histoires qui se passent en Chine avec des explications politiques me passionnent. Cela me permet de découvrir ce qui a pu s’y passer ou ce qui s’y passe. Le roman de cet auteur nous narre le Grand Bond en avant et ce qui en a résulté pour des millions de Chinois vivant dans ce pays, ceux qui ont voulu y revenir pour participer à l’effort du pays et ceux qui étaient expatriés. Tous ceux qui habitaient en Chine n’étaient pas logés à la même enseigne. Sans dévoiler toute l’histoire et je ne sacrifierai pas non plus à la tendance actuelle de faire genre ou mode en utilisant un mot anglais, le roman raconte l’histoire principalement de deux femmes. Joy, jeune fille vivant aux Etats-Unis, qui suite à des révélations familiales, a décidé de partir en Chine retrouver son vrai père et participer à la construction de ce pays car elle a idéalisé les discours de Mao. Mais elle veut également punir les siens et surtout se punir. Ensuite, il y a Perle, Chinoise, qui a pu être découverte dans un roman précédent, Les filles de Shanghaï, qui a élevé Joy et qui a décidé d’aller chercher sa fille pour la ramener aux Etats-Unis. Le roman couvre un très grand nombre d’années, car à cette époque, si tu pars chercher quelqu’un, cela ne se passe pas en quelques semaines, quelques mois. Nous avons donc l’histoire vu du côté de Perle et du côté de Joy.

Je ne juge absolument pas Joy. Je n’ai même pas envie de la secouer. Je la sens assez forte pour comprendre que ce qu’elle pense de la Chine sera remis en question, même s’il faut, pour cela des années. Ah oui, elle a connu la vie à la campagne où tous pensaient qu’ils étaient libres, en particulier les femmes. Mais en retrouvant son père, peintre célèbre, qui doit toutefois éviter la prison et les camps, elle reste dans un monde assez privilégié. Sa découverte de la campagne et de sa vie rudimentaire la surprend tout de même. Mais elle semble bien endoctrinée par les idées, véhiculées tous les jours par Mao et ses dirigeants. Les privilèges n’auront plus cours lorsqu’elle retournera dans cette campagne et qu’elle devra faire face aux décisions de Mao, relayées par les cadres, entraînant la famine pour des millions de gens et la mort.

Quant à Perle, même si elle veut ramener à tout prix sa fille aux Etats-Unis, elle doit y aller en douceur et laisser faire le temps. Fâchées, elle doit lui démontrer qu’elle tient vraiment à elle et qu’elle ne contredira pas ses décisions. Elle a foi en sa fille, quitte à souffrir pendant de nombreuses années, à travailler, à ne pas retrouver la ville qu’elle a aimé et quitté.

Si nous avons un très beau roman constitué de pans de vie, de personnages auxquels on s’attache, l’auteur est très bien documentée concernant la politique menée par la Chine dans les années 1960, la terreur qui s’installe au fur et à mesure des prises de décision. Elle nous détaille les échanges de courrier entre ceux qui sont en Chine et ceux qui sont en Amérique, comment ils arrivent à contourner la censure, à faire passer argent – que recherche la Chine pour pouvoir se construire – et des aliments. Les villes ont également énormément changé. Ceux qui étaient en Chine et qui s’étaient enfuis ne retrouvent pas le pays d’alors. Tout est sale, tout est gris, il ne reste plus aucune boutique, plus aucun lieu pour faire la fête. Tout doit être fait pour que la société occidentale soit oubliée, abolie. La Chine n’a pas besoin de ces pays. Elle se ferme au monde. Elle endoctrine ses habitants pour qu’ils travaillent encore plus. Les grossesses sont les bienvenues car elles permettront au pays d’avoir plus de bras. Pourtant, d’un autre côté, en invitant certains pays, elle montre que le pays est riche. Les repas sont grandioses alors que les habitants meurent de faim. Il y en aurait tellement à dire sur tout ce que l’on peut lire au fil des pages, mais je laisse ça aux futurs lecteurs. Par contre, il y a également ce qui s’est passé aux Etats-Unis envers les Chinois et ceux qui sont soupçonnés par la CIA de participer à des actions communistes.

J’ai été happée par l’histoire, par le style de l’auteur, par la richesse de ce roman, par la Chine, par la situation politique décrite.

Merci aux Editions J’ai Lu.

Ombres chinoises de Lisa See

date de sortie : 7 mai 2014

Editeur : J’ai Lu

ISBN : 9782290068809

Nb de pages : 602

Une certaine vérité de David Corbett

Une certaine vérité David Corbett – Source J’ai Lu

Jude et Eileen sont amis.

Jude a perdu son père à 17 ans, suite à un suicide. Son père était un flic pourri qui s’est fait arrêter. Jude est le garde du corps d’un hydrologue mais il cherche la vérité sur son père car rien n’a jamais été dit.

Il rencontre Malvasio, un ancien collègue de son père, qui le charge d’une mission. Retrouver leur troisième collègue, Stroke. Jude, malgré tout, accepte. Mais son client se retrouve menacé par ses activités.

Pour tout dire, je n’ai pas apprécié ce roman comme il se doit, entre le déménagement et la fatigue en découlant. Je me le garde de côté pour le relire un peu plus tard à tête reposée. Car ce roman traite de nombreux sujets, tous aussi intéressants les uns que les autres.

Je ne sais pas trop d’ailleurs dans quelle catégorie le ranger. Policier, politique, psychologique ? Un peu de tout ça à la fois.

Même si le livre est un roman, personnages et situations fictives, on retrouve très bien la situation des Etats-Unis dans les pays d’Amérique du Sud où ils s’incrustent au nom de la liberté, en fournissant des armes, en organisant des élections, en tentant d’avoir la main mise sur les institutions. L’auteur nous décrit tout cela très bien et elle ne fait qu’un avec son histoire. Cette situation est déjà connue. J’avais déjà lu un roman de ce type auparavant. Mais il n’y a toutefois aucun plagiat. Le Salvador et les Etats-Unis donnent matière et un cadre à l’histoire. L’auteur nous informe sur les élections qui ont lieu dans ce pays, élections forcément truquées.

Même si ce roman est un policier, l’auteur ne laisse pas le lecteur sans lui donner toutes les informations utiles sur l’eau. Comme le pétrole, l’eau est un véritable or noir et son marché est lucratif. La trouver, faire des recherches, des relevés, sont indispensables. Tout est détaillé sans que cela ne soit rébarbatif. Les populations en ont besoin pour vivre. Mais les magouilles existent et les plus pauvres en souffrent.

Entre les éléments politiques et l’eau, le roman prend également tout son sens. Le lecteur apprend et en redemande. La plume de l’auteur permet au lecteur de ne pas s’ennuyer, de comprendre et d’apprendre.

David Corbett nous offre un roman très riche, avec des paysages à couper le souffle, l’évocation des villes, sales, des quartier riches, comme pauvres, les traditions du Salvador, les habitants qui souffrent, exploités, ceux qui tiennent les rênes, même s’ils ne sont plus au pouvoir, les gangs, les assassinats et surtout un sujet du roman, le trafic d’enfants. Enfants qui sont revendus pour la prostitution aux Etats-Unis. Il y a également tous ceux qui sont partis aux Etats-Unis pour travailler et qui envoient de l’argent à leurs familles. Mais cet argent n’arrive jamais à bon port.

Jude est un personnage pour qui on a de l’affection. Il se déteste. Il n’a pas confiance en lui. Il n’a pas fait le deuil de son père. Il cherche la vérité. Il souhaite trouver le bonheur, la joie. Même s’il est garde du corps, il souhaite retourner à ses premiers amours. Faire le bien en construisant pour les autres. Jude est un homme complexe et cela se ressent dans ses relations amoureuses. Il n’arrive pas à s’engager, à dire la vérité à la femme aimée, de peur d’être rejeté. Le passé resurgit toutefois avec Malvasio. Pour Jude, la rancoeur semble s’atténuer. Il peut se confier sur ces 10 ans passés, sur la colère éprouvée.

David Corbett nous offre des questions existentielles sur le bien, sur le mal. Comment être soi, même si l’on souffre énormément ? Comment se détacher d’une situation, même si on a souffert et que c’est pour le bien d’une petite fille ? Pourquoi les gens ont de l’argent et pourquoi ils tuent. Jude veut retrouver de l’espoir, de la satisfaction, la vérité. C’est une sorte de revanche pour cet homme qui a été un enfant.

Dans ce roman, Jude va se rendre compte qu’il a été trompé. Il avait des doutes, mais il n’en a pas tenu compte. Lorsque la situation a été trop difficile à gérer, il s’est confié à la seule personne en qui il a confiance et qui lui fait confiance, son client. Garde du corps, Jude va tout tenter pour le protéger, même si l’hydrologue n’en fait qu’à sa tête, et ceux qui sont autour.

Le lecteur espère toutefois que Jude arrivera à retrouver la seule femme qu’il aime, Eileen. Elle l’a bien cerné mais il a peur qu’elle se détourne de lui quand elle saura toute la vérité.

Merci aux Editions J’ai Lu pour leur confiance.

 

Les hommes de paille de Michael Marshall

Les hommes de paille – Michael Marshall – Source J’ai Lu

Dans une ville tranquille, dans un fast-food, deux hommes tirent sur tout le monde avec des armes. Peu en réchappe.

Ward vient de perdre ses parents dans un accident de voiture. En allant chez eux, il trouve un mot qui le fait s’interroger.

Sarah est une jeune ado qui est partie dîner avec sa meilleure amie. Elle se fait enlever par un homme.

J’ai vraiment aimé la maîtrise du sujet de l’auteur concernant ces personnes qui veulent revenir à des temps ancestraux avant que le progrès ne fasse son apparition. Mais dans quel but, sous quelle forme ? Le souci, c’est qu’ils se mettent hors la loi et qu’ils sont vraiment des fanatiques, voulant faire passer leurs idéaux par la violence, le mépris de l’être humain. De toutes façons, ils exècrent ce genre de personnes. Ils cherchent une seule personne, la plus pure qui soit pour la façonner à leur image et pour créer un monde nouveau et meilleur. L’auteur mêle ce sujet avec l’enquête menée par Ward, pour retrouver les meurtriers de ses parents, et Zandt et Nina, pour retrouver la jeune fille enlevée.

Les enquêtes sont menées de main de maître avec des personnages atypiques, hors du commun, qui sont en marge de la société par leur vie antérieure, ce qu’ils ont vécu auparavant comme drames. Mais les secrets de famille sont lourds à porter et celui qui reste, notamment l’enfant, n’est pas souvent prêt à entendre la vérité, qui peut faire plus de mal que de bien, surtout lorsque l’on perd également un ami très cher. La remise en cause d’une famille, de son passé, est très dure à vivre, surtout lorsqu’on n’est pas au courant de tous ces éléments. J’ose toutefois espérer qu’ils vont y arriver.

Un bon policier, un bon thriller n’est rien sans ceux qui sont du côté de la loi mais qui par la force des choses ont dû renoncer à leur métier. Dans ce roman, on pourrait dire qu’ils se ressemblent plus ou moins. Ils cachent leur tristesse derrière une façade ou alors elle est là, bien présente. La description de la première tuerie se déroule comme dans un film. Le lecteur a ce qui se passe et devant ses yeux et dans sa tête avec ces morts qui essaient de fuir. On dirait que tout se passe au ralenti. L’auteur arrive également à nous faire sourire avec un humour noir qui se prête très bien à l’histoire.

L’auteur ne nous ennuie en aucun cas en remontant sur les enquêtes précédentes, pour voir si elles sont liées entre elles, car de nombreuses disparitions ont eu lieu. Il ne mâche pas ses mots pour nous raconter le calvaire, jour après jour, de Sarah, sa descente aux enfers. Mais la jeune fille semble, malgré tout, assez forte même si elle sombre petit à petit. J’ai bien aimé également qu’il s’attache à l’histoire de tous les personnages, à leur présent, leur vécu, leur passé. Cela leur donne un côté très humain et personnellement, je ne peux pas dire vers lequel va ma préférence.

Le lecteur se doutait qu’à un moment donné les deux histoires allaient être réunies mais sont-elles vraiment liées ?

Il y a toujours cette histoire d’armes aux Etats-Unis. Chaque personne, pratiquement, en possède une et en plus, il est très facile d’en acheter même pour celui qui nz peut pas car il suffit que cela soit un des ses amis qui achète = achat de paille.

Je remercie mon partenaire J’ai Lu pour sa confiance.

L’oeil du prince de Frédérique Deghelt

L’oeil du prince de Frédérique Deghelt – Source J’ai Lu

A des époques différentes, Mélodie, Yann, Benoît, deux Résistants, Anna vont vivre des amours différents ou la fin de celui-ci. Par leur histoire, ils sont liés les uns aux autres sans le savoir jusqu’à la révélation d’un secret de famille et d’une conception.

Cinq grands chapitres qui révèlent aux lecteurs le pan d’une vie d’un des protagonistes. Frédérique Deghelt nous situe les histoires en France, aux Etats-Unis, en France, aux USA et pour finir aux USA. L’histoire commence avec Mélodie et peut se finir avec elle, même si Anna est également le sujet de ce cinquième grand chapitre. On pourrait ainsi dire que le lien est bouclé puisque deux secrets sont dévoilés. L’amour se produit sans que le passé des uns et des autres ne soit connu. Avec les lieux, nous avons également la chronologie. L’histoire commence dans les années 80, ensuite années 60, la guerre de 39-45, puis nous avançons dans le temps pour finir à nos jours.

J’ai remarqué, dans ce roman, que Mélodie et Yann ont été deux enfants non désirés, dont les parents ne les ont pas aimés.

Concernant les personnages. Mélodie semble une jeune fille en décalage avec son monde environnant, elle est incomprise. Serait-elle surdouée ? Question que je me suis posée et qui revient à la fin du roman. Elle ne supporte pas ce monde de riches qui ne veut, avant tout, que paraître. Elle vivra une aventure d’un soir qui aura des conséquences bien des années plus tard. Yann doit vivre douloureusement suite à la perte de sa femme et de son enfant à naître. Il tentera de se perdre mais au hasard de ses rencontres, il arrivera à refaire surface pour vivre et aimer à nouveau. Ensuite, nous avons un homme et une femme qui s’écrivent des lettres pendant la guerre. Ils doivent se cacher, ne pas donner leurs noms, faire très attention pour ne pas donner d’indices. Ils tomberont amoureux, se verront deux-trois fois et de leur liaison naîtra un enfant mais la mort est au rendez-vous. Benoît est au fond du gouffre. Tout va mal dans son couple, sa femme veut divorcer. Il retrouve son meilleur ami Yann. On sent très vite de qui Yann est tombé amoureux. Benoît devra prendre conscience de tous ses défauts pour pouvoir repartir à zéro. Anna est à la fin de sa vie, elle fait le point sur les personnes qui l’ont jalonnée, ceux qui sont partis, ceux qu’elle a rencontré et avec qui elle a de très bonnes relations. Et surtout, elle recevra un paquet de lettres. Ces fameuses lettres qui pourraient être au centre de tout mais qui permettent de lui laisser la vérité sur un fait qu’elle n’a pas voulu voir, dont elle n’a pas voulu parler de peur, peut-être de souffrir.

Frédérique Deghelt nous trace un monde sans complaisance de cette vie oisive, riche, mais les exceptions existent et ces personnes se sentent mises à l’écart.

L’amour peut être beau, mais il fait également souffrir et c’est souvent par la perte de la personne aimée, soit dans un accident, par les circonstances de la vie, par la fin d’un mariage. Mais l’amour, lui, ne meurt pas et il renaît et les années qui passent ne vont pas l’anéantir.

Outre l’amour sous différents formes, dans ce roman, il y a le deuil de la mère. La mère qui n’aime pas, la mère de substitution, la mère qui n’est pas là pour donner son amour car décédée et la mère qui a choisi sa carrière et rendu ses enfants indépendants. Pour cette dernière, c’est un choix qu’elle regrette car elle a peu de connivence avec eux.

L’auteur maîtrise parfaitement tous les sujets. Outre l’amour, la fin d’un couple, la littérature, le cinéma, le jazz, la guerre sont parfaitement dépeints, tout comme les liens d’amitié qui ne se défont pas entre personnes qui ont vécu le malheur et qui restent compatissants envers les autres. D’ailleurs l’amitié est souvent plus importante que la famille car cette dernière n’est pas choisie.

C’est le premier roman de cet auteur que je lis. J’ai vraiment été agréablement surprise par le ton, l’histoire. Je ne m’attendais pas à une histoire aussi belle, rondement menée. L’auteur ne perd pas de temps, elle va à l’essentiel et ne se perd absolument pas. Malgré le fait de revenir à la première page, de temps en temps, pour connaître le tableau des relations, le lecteur ne se perd absolument pas. Le tableau est plutôt un rappel ou une envie de voir si on ne se trompe pas lorsqu’on lit la vie de chacun. Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à trouver Anne et Vincent. Il vit, il vibre avec ces personnages. Il a peut-être vécu de tels faits par lui-même ou avec des personnes proches.

Reprenons également une explication de l’auteur concernant L’Oeil du Prince : dans un théâtre, angle de vue permettant de visualiser la perspective du décor sans déformation. C’est aussi la place d’où l’on voit le mieux le spectacle, autrefois réservée au souverain.

Je remercie J’ai Lu pour la confiance témoignée.

Pas son genre de Philippe Vilain

Pas son genre de Philippe Vilain – Source J’ai Lu

François est professeur de philosophie parisien, muté à Arras. Il vit à l’hôtel et rencontre une jeune femme, coiffeuse, Jenifer. Cette dernière semble absente, devant son miroir. Elle ne le regarde jamais. Il n’arrête pas de penser à elle, il décide de la retrouver à la fin de son travail et de fil en aiguille de vivre une aventure avec elle.

L’auteur possède une plume sans complaisance pour nous décrire les états d’âme de son héros François. Il n’en fait pas un personnage que l’on peut aimer, je pense surtout aux femmes. Ce type de personne existe réellement, il me semble. François, professeur de philosophie évolue dans une sphère essentiellement parisienne, bourgeoise. Il a toujours voulu en sortir mais il n’a jamais su comment faire. Jenifer lui en offre la possibilité car elle n’appartient pas à son milieu, à son rang, si l’on peut dire. La relation entretenue a permis à François de grandir.

François est un homme très indécis, mais pas professionnellement. Il cherche une femme mais aucune ne semble être celle qu’il lui faut car il a peur de passer à côté d’une autre. Il ne veut pas renoncer à ses rêves, à son indépendance. Lorsqu’il n’a plus prise sur les situations, il a une situation de manque par rapport à ses relations amoureuses. Bien que Jenifer ne soit pas son genre, il décide de la séduire. Il est charmé pas sa timidité mais lui trouve un trop grand nombre de défauts. Philippe Vilain a une sacrée plume pour décrire les travers des uns et des autres. Un peu masochiste tout de même envers Jenifer même si François n’est pas logé à une très bonne enseigne qui est dépeint comme un homme qui se cherche constamment des excuses, qui est envieux des autres hommes qui trouvent la femme de leur vie. Il les idéalise beaucoup et vraiment trop, donc il semble qu’il ne trouvera jamais celle qu’il lui faut. François éprouve-t-il des sentiments pour les femmes ? Non, jamais. Elles passent dans sa vie, qu’elles soient de son milieu ou pas.

Philippe Vilain, dans ses mots, oscille entre des phrases positives et négatives pour décrire ce personnage désinvolte, indécis, rebelle, rêveur mais avec du caractère qui ne se remet pas en cause. François préfère accomplir des choses que de passer à côté car s’il doit le regretter, il ne regrettera pas de ne pas l’avoir fait. Mais souvent les phrases sont trop longues et cet homme nous ennuie profondément.

Nous constatons également le clivage entre Parisien et le reste de la France, soit le Provincial, là, sous les traits d’une femme, coiffeuse, mère célibataire, divorcée, sans culture, qui vit dans un appartement, si l’on peut dire sordide.

Le Parisien a beaucoup à apprendre de ces Provinciaux qu’il regarde avec dédain, qu’il juge inférieurs à lui. François s’en rendra compte en définitive en nous racontant cette histoire, dont il se souvient surtout la fin et ce qu’elle lui apporte au niveau humain, pour son caractère qui doit s’affirmer et pour les décisions qu’il doit prendre concernant sa vie privée.

Jenifer n’est absolument pas une gourde, comme on pourrait le croire. Elle a eu une vie sentimentale qui ne lui a rien apporté, certes, mais elle garde toutes ses blessures pour elle. Elle cherche le grand amour mais se rend très vite compte que ce professeur ne lui apporte rien. Pourtant, elle tente de lui démontrer qu’ils peuvent envisager une vie ensemble, par quelques mots, quelques phrases. La non implication de François, autre que sexuellement et encore, son détachement compulsif, vont lui faire prendre une grande décision. J’aurais aimé en savoir plus sur elle, ce qui lui arrive en définitive. Jennifer est fine, cette liaison a pu lui apporter essentiellement au point de vue intellectuel même si les échanges sont, semble-t-il, à sens unique. Un évènement lui fera encore plus prendre conscience de la disparité des milieux et que François ne s’implique absolument pas. Jenifer ne veut pas se laisser faire par qui que ce soit. Il lui a démontré qu’elle pouvait prétendre à autre chose dans la vie, sans renier son fils à qui elle tient plus que tout au monde.

Lorsque l’amour n’est pas réciproque, celui-ci est voué à l’échec, même si l’on sait que dans une relation, l’un s’implique plus que l’autre, l’un aime plus que l’autre ou pas au même moment. Il y a toujours quelqu’un qui en pâtit, qui, à terme, en souffre.

Ce roman est très court et suffisant pour décrire l’histoire de François et ses états d’âme. Je n’en garderai toutefois pas un souvenir impérissable.

Merci à J’ai Lu.

Affaire classée de Danielle Thiéry

Affaire classée de Danielle Thiéry – Source J’ai Lu

Edwige Marion est commissaire. Elle a une petite fille adoptive, Nina, 9 ans, dont les parents sont morts assassinés. Elle est enceinte.

Elle reçoit dans sa boite aux lettres une paire de chaussures d’enfants, correspondant à la disparition, il y a 5 ans, d’une petite fille, Lily Rose. Très vite, Marion pense que l’enquête a été bâclée. Malgré l’avis de son chef, elle va reprendre l’affaire.

Il y a tellement à dire sur ce roman que je ne sais par où commencer. Je vais tenter de ne rien dévoiler et d’être censée dans cette chronique.

Je vais donc commencer par les personnages qui sont divers et nombreux. Chaque personnage est humain avec du coeur mais aussi des faiblesses. Cette quantité ne nuit en aucun cas à la qualité du roman car tous trouvent leur place dans le déroulé de l’histoire. Danielle Thiéry nous les présente au fur et à mesure et grâce à Marion, on sait qui ils sont réellement. Marion est donc commissaire. Elle travaille dans un univers d’homme sur des cas très difficiles, les homicides d’enfants et des actes de pédophilie aggravée. Elle est coriace, insolente, bonne au travail et aimée même si les relations sont très souvent houleuses. Mais Edwige est enceinte et ses plus proches collaborateurs ont deviné qu’il se passait quelque chose. Elle a dû annoncer qu’elle voulait annoncer qu’elle voulait être mutée et qu’elle voulait reprendre l’Affaire Classée. Malgré le directeur, ses deux fidèles compagnons la suivent. Edwige a des relations compliquées avec les hommes, dues à son enfance et l’absence de père. Sa grossesse n’arrange rien car elle sera une mère célibataire. Elle a décidé d’adopter la jeune Nina qui a un frère et une soeur dans un orphelinat. Les relations sont compliquées avec cette enfant, la grand-mère de celle-ci et les services de la DDASS.

Nina, une mignonne petite fille, qui va être au coeur également de cette affaire. Marion l’utilise pour obtenir des renseignements. Je n’ai pas trop aimé ça car cela lui permet d’arriver à ses fins et même si elle prend en compte sa fille, elle peut en pâtir, pas dans son affection, mais auprès des services d’Etat. Marion prend des risques pour arriver à ses fins.

Les deux équipiers de Marion sont fidèles à leur chef. Malgré tout et même s’ils peuvent avoir des problèmes dans leur travail, ils l’aideront à résoudre cette affaire.

Les autres personnages ne sont pas si secondaires que ça. Il y a les parents et le frère de Lily-Rose et là, c’est vraiment une drôle de famille. Il y a également ce médecin qui travaillait au Muséum et cette jeune fille qui était amoureuse de lui.

Les relations entre tous les personnages sont très compliquées. Qui dit la vérité ? Qui ment ? Marion devra le découvrir même si chacun raconte des histoires différentes, tente de manipuler l’autre mais aussi Marion. Cette dernière écoute, se fait une opinion, qui peut être très vite balayée. En plus, lorsque l’attirance sexuelle s’en mêle, c’est assez compliqué.

Marion navigue donc entre les enquêtes en cours, ces souliers reçus sur lesquels elle voudra faire toute la lumière, une envie de se mettre à l’abri pour ses deux enfants et leur offrir une vie digne de ce nom. Personnellement, je pense que cette histoire de mutation n’est qu’un prétexte car une femme aussi talentueuse, non blasée par son métier, risque de réellement s’ennuyer dans de nouvelles fonctions. Et son directeur semble l’avoir très bien compris. Paternaliste auprès de cette jeune femme, il prend la mouche lorsqu’il reçoit cette demande car il doit se sentir trahi de perdre un aussi bon élément dans son équipe.

Danielle Thiéry nous offre une très belle enquête, de très beaux personnages, un cadre (Lyon), du psychologique avec de la violence faite sur les enfants, des personnes internées, emprisonnées ou qui restent libres sans être soignées.. On aime suivre Marion, ses enquêteurs au fil des pages qui se déroulent sans aucun temps mort avec des actes bizarres, des disparitions, des pièces analysées. L’auteur démontre que la vie d’un commissaire n’est pas facile, surtout dans le milieu de la pédophilie, du meurtre d’enfants. Ce commissaire, étant femme et surtout seule, doit mener sa vie de famille avec ses enfants, tenter de les combler mais aussi pouvoir compter sur les uns et les autres lorsqu’elle doit rentrer tard chez elle.

Les chapitres du roman sont assez courts, ils le deviennent de plus en plus sur la fin. Cela donne encore plus de rythme, un sentiment d’urgence à l’histoire pour indiquer que le dénouement est proche. Trop de tensions également pour Marion qui doit affronter la peur pour des êtres chers, des soucis de santé et clore cette enquête.

Je n’ai pas été déçue par la fin.

Je n’aime pas prendre les romans où il y a déjà un personnage récurrent. Ce n’est pas la faute de l’auteur, loin de là. J’aime connaître les enquêtes et la vie de ces personnages avant le roman en cours, car cela me permet de comprendre encore mieux leur psychologie et connaître les faits de leur vie, même si Danielle Thiéry nous en donne quelques indices. Mais pour moi, ce n’est pas suffisant. Donc, comme pour tous les autres romans auxquels j’ai été confrontée avec ce genre de situation, je devrai acheter ceux qui précèdent. Ma PAL va donc augmenter.

Merci à J’ai Lu pour m’avoir fait découvrir cet auteur.

L’œil du prince de Frédérique Deghelt

Rentrée littéraire oblige, le dossier de presse envoyé par les Editions J’ai Lu me permet de vous présenter le roman de Frédérique Deghelt, L’œil du prince.

L’oeil du prince de Frédérique Deghelt – Source J’ai Lu

Résumé de l’éditeur :

Années 80 : Mélodie, une jeune Cannoise, commence son journal intime et lui confie son goût pour le cinéma mais aussi son dégoût pour ses parents. 1964 : Yann, un Français habitant New York, semble avoir laissé sa vie derrière lui. Vingt ans plus tard à San Francisco : Benoît voit son couple se déliter alors même que sa carrière de pianiste connaît une envolée. Seconde guerre mondiale : deux résistants s’envoient des lettres enflammées. De nos jours : Anna est une vieille dame, les morts habitent ses pensées, ainsi que les hommes qu’elle a aimés. Elle ouvre les lettres, inconsciente du secret qu’elles renferment…

Cinq voix s’élèvent à travers le temps et l’espace pour tenter de saisir leur chance, de comprendre leur vie et le sentiment amoureux. Destin, hasard ou fatalité, un seul être peut savoir ce qui les lie : le lecteur.

Dans L’oeil du prince, 5 personnages et donc 5 styles littéraires différents sont créés par l’autre. Tout ce qui nous arrive peut être un bien ou son contraire. Un évènement n’est ni positif, ni négatif car il est lié à d’autres évènements qui vont en découler. Des années plus tard, cet évènement qui a rendu malheureux, se révèle un tant soit peu positif.

Frédérique Deghelt est un auteur dont les mots sont de la transmission, de l’entre-aide et énormément sensibles.

Biographie de l’auteur : 

Après avoir été journaliste et réalisatrice de télévision, Frédérique Deghelt consacre désormais tout son temps à l’écriture. Elle est notamment l’auteur chez Actes Sud de La vie d’une autre, vendu à 140 000 exemplaires et porté à l’écran par Sylvie Testud avec Juliette Binoche et Mathieu Kassovitz, La Grand-mère de Jade, vendu à 60 000 exemplaires aux Éditions J’ai lu, La Nonne et le Brigand ou encore Les Brumes de l’apparence (2014).

L’auteur sera présente pour signature dans les lieux et villes suivants car son roman est sorti le 3 septembre :

26 septembre – Alençon

3-5 octobre –  salon de Gradignan

9 Octobre – Saint Germain en laye

11 octobre – Chènevières

7-9 novembre – Salon de Brive

21 Novembre – Furet du Nord Lille

22 Novembre – Salon du Touquet

11 Décembre – Mollat – Bordeaux

Pour tout dire, je ne connais pas cet auteur mais j’aurais très certainement de la découvrir très bientôt et de la chroniquer également.

BAL in my PAL #2

Semaine riche grâce à mon très gentil partenaire J’ai Lu qui me fait confiance et cela fait plaisir.

Quatre policiers ont rejoint ma PAL.

Une certaine vérité de David Corbett et

C comme cadavre de Preston & Child – Source J’ai Lu

Mauvais garçons de Linwood Barclay – Source J’ai Lu

J’ai également ce SP des Editions Michel Lafon que je remercie. LES ILLUSIONS ADOLESCENTES ADEL DECO.

Les Illusions adolescentes d’Adel Deco – Source Michel Lafon
http://www.michel-lafon.fr/livre/1430-Les_Illusions_adolescentes.html

La dette de Mike Nicol – Source J’ai Lu

 Il faut savoir aussi commander de temps en temps. En plus, l’homme ne voulait pas lire Affaire classée de Danielle Thiéry sans avoir lu la première enquête d’Edwige Marion.

Le sang du bourreau de Danielle Thiéry – Source Masque Poche

Afin de lire la série entière, j’ai commandé le tome 1 de Lune Mauve de Marilou Aznar et la deuxième enquête de Mickey Bolitar d’Harlan Coben.

A quelques secondes près d’Harlan Coben – Source Interforum
http://www.interforum.fr/images/978226/62/46/9782266246262VIG.jpg

Lune Mauve de Marilou Aznar – Source Casterman
http://jeunesse.casterman.com/docs/Albums/46113/9782203086043_cb.jpg