L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

L'homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler
L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

Avis L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

Par quel bout prendre cette critique ? J’en ai mis partout sur mon cahier. Le premier point est que ce titre peut se lire indépendamment du premier, soit Neuroland. Mais si vous êtes comme moi et avoir tous les atouts en main, je pense qu’il vaut mieux lire Neuroland avant. Ce n’est pas mon cas et je le regrette car j’aurais pu faire connaissance avec les personnages, notamment Franck Corsa et Maria.

Nous avons une très belle palette de personnages, des plus véreux aux plus sympathiques. Commençons par Franck Corsa, dans l’attente de son jugement pour de nombreux meurtres. Une de ses victimes, Maria, est toujours vivante. Elle a subi l’horreur. Mais même si elle est meurtrie dans son corps, dans sa chair, elle tente de trouver des explications à ce qu’a pu faire Franck Corsa. Elle a vu même une part d’humanité en lui. Ce n’est pas pour plaire à son petit ami, Vincent, qui travaille à Neuroland. Maria et Vincent sont amoureux mais le viol a fait que Maria ne peut plus être touchée.

Vincent est brillant, thésard, mais trop jeune pour bousculer les uns et les autres. Le Prix Nobel est en vue. Malgré ses recherches, il fera les frais de ce qui se passe dans ce roman.

Franck Corsa n’a pratiquement plus de corps. Il doit continuellement se faire soigner. Son enfance et ce qu’il a vu jouent beaucoup dans l’homme qu’il est devenu. Psychopathe, il est un des premiers à subir cette intervention dans son cerveau. Comme il veut que la vérité éclate, il accepte. Mais attention à ceux en qui il a placé sa confiance. Ils ne feront pas long feu car, en plus, Franck Corsa, détient de nombreux secrets qui peuvent faire tomber des personnalités haut placées.

Le lecteur assiste à une véritable chasse à l’homme. Le temps presse pour que cessent des pratiques détestables, pour que la vérité éclate, pour qu’un attentat ne soit pas commis. De plus, le Prix Nobel se profile pour récompenser des chercheurs et leur travail.

Un roman tout à fait dans l’air du temps avec sa trame politique, les conflits d’intérêt, les rétro commissions. Le rythme ne faiblit pas. L’auteur réussi la prouesse de nous faire voyager, de nous narrer ces peuples qui souffrent, qui subissent la cupidité des nantis. Tout est bien agencé, il n’y a aucun temps mort. L’histoire, par étapes, coïncide parfaitement. Les personnages sont bien étudiés, tout comme leur évolution psychologique. Les éléments sont parfaitement liés, la politique, les lois, les cobayes, la médecine et le progrès. Le chantage est également bien présent tout comme le travail journalistique.

Je pense que l’auteur fait aussi référence à deux célèbres présentateurs du journal télévisé mais aussi au suicide d’un célèbre Premier Ministre.

Je remercie les Editions Robert Laffont et Netgalley France pour cette sélection.

Résumé L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

Maria et Vincent tentent de vivre leur histoire d’amour. Mais elle voit que Franck prend possession de son esprit. Pourtant Franck Corsa est en prison, dans l’attente de son procès.

Olga est la psy de Maria. Lors d’une visite en prison, Franck leur promet de leur faire vivre un enfer.

Une réforme de la santé pénale doit être votée.

L’homme qui haïssait le bien de Sébastien Bohler

date de sortie : 20 avril 2017

Editeur : Robert Laffont

Isbn : 978-2-221-19238-2

Nombre de pages : 416

Le soldat fantôme de Jean-Guy Soumy

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Mars 1945, c’est leur dernière nuit ensemble. Se reverront-ils ? Quelle est leur histoire ? Il lui a pratiquement tout avoué.

En 1944, Hanna vit à Berlin avec son père qui est très affaibli, malade et qui risque de mourir très vite. Son quotidien est fait de bombardements…

Steven est aux Etats-Unis, en Californie.

La période de la Seconde Guerre Mondiale a toujours été enrichissante pour moi depuis que mes jeunes années. Je l’ai quand même bien étudiée au lycée. Depuis, tous les livres que je peux acheter ou recevoir me tentent forcément. J’en apprends toujours tant et plus. Il y a d’abord ce devoir de mémoire et la reconnaissance du Vel d’Hiv par Jacques Chirac. Ce roman n’est pas un roman d’amour mais une étude de deux personnes, de leur passé . En effet, outre la honte que les Allemands, pas tous bien sûr, ont pu éprouver face à la politique menée par Hitler, élément connu pour ma part, l’auteur aborde ce régiment américain, le 23ème, formé de personnalités du monde du spectacle, chargé de provoquer des leurres. Un régiment top secret, jamais reconnu sauf vers les années 2000. Ils ont sauvé des milliers de vies. Bravo à l’auteur pour ce pan de l’Histoire méconnu et cet hommage à tous ses soldats. Avant de lire la fin et les notes de l’auteur, j’avais cherché sur Internet quelques informations à ce sujet. J’en ai peu trouvé. Le titre porte donc bien son nom.

Le début commence lors de la dernière nuit passée entre Hanna et Steven où il lui apprend une partie de la vérité. Les pages et chapitres s’égrènent de leur enfance, de leurs souvenirs, à leur rencontre. Hanna et Steven se ressemblent, j’en ai l’impression, par certains moments. Même entourée par l’amour de son père et de son frère, il lui manque sa mère. Quant à Steven, celle-ci est partie sans donner de nouvelles, le laissant amputé. Est-ce à cause de ça qu’il ne croit pas en lui ? Il a trouvé l’amour mais il doit mentir et cela lui cause de nombreux soucis car il ne l’accepte pas.

Chez Hanna, j’ai remarqué qu’elle ne faisait qu’un avec son frère. Il était son héros, son protecteur. Sa mort l’a bien, entendu, bouleversée. Et il en est de même avec Steven. Leur rencontre, leur amour, est comme une évidence, elle ne fait qu’un avec lui. Même si elle sait, depuis le début, que cela ne les mènera nulle part. Hanna a eu la chance d’être élevée par un père qui a toujours fait pour qu’elle s’instruise. Grâce à l’instruction, ses études à Paris, Hanna est une femme libre qui saura toujours se débrouiller. Mais être libre ne veut pas dire souffrir, surtout en ces périodes troublées. D’ailleurs, elle connaîtra la raison de la brouille entre son père et son oncle. Hanna ne juge pas même si cela lui fait mal. Jean-Guy Soumy, sans entrer trop dans les détails de la vie des Allemands en ce temps-là, nous montre tout le bien qu’ils pensent de L’Autre. Comme dans tout livre traitant de la Seconde Guerre Mondiale, la peur est toujours bien présente. La peur d’Hitler, la peur de la suite. Ce peuple qui n’a pas accepté est muet, ils ne peuvent rien dire, rien revendiquer, ni se rebeller.

Avec l’histoire de Steven et donc celle de son régiment, le lecteur apprend comment ils ont été enrôlés, formés, si l’on peut parler de formation, leur débarquement, leur avancée mais aussi le fait qu’ils n’étaient jamais en première ligne ce qui n’empêche pas qu’ils ont vu les nombreuses atrocités de la guerre, ses morts parmi leurs proches bien souvent. Même s’ils ont été accueillis en héros, en sauveurs, les soldats américains ne sont, toutefois, pas exempts de tout reproche.

Je ne sais pas ce qu’il a manqué pour que cela soit un véritable coup de coeur. Je suis peut-être devenue trop exigeante. Pourtant la plume est belle, le lecteur imagine très bien ce qui se passe, ce qu’il a devant les yeux grâce aux mots, qui nous donnent également les sons, les couleurs, les sentiments.

Lu dans le cadre de #massecritique organisé par Babelio et les éditions Robert Laffont

Le soldat fantôme de Jean-Guy Soumy

DATE DE SORTIE : 3 mars 2016

EDITEUR : ROBERT LAFFONT

ISBN : 978-2-221-19220-7

NB DE PAGES : 278

Dawa de Julien Suaudeau

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Un enfant qui voit ses parents mourir sous ses yeux. Adulte, il poursuit son envie de se venger.

Un professeur qui tente de vouloir faire sauter des bombes dans Paris. Il veut se venger également. 

La cité des 3000 et toutes ces familles pour lesquelles il est difficile de s’en sortir.

Et le Qatar dans tout ça ?

Je commence par quoi, le négatif ou le positif ? Allez, je me lance dans le premier car j’aime terminer sur le positif et l’espoir.

Ce roman me laisse toutefois un goût amer qui a entravé mon plaisir de lecture. Je ne connais pas l’orientation politique de l’auteur. On peut ne pas aimer le gouvernement en place, les personnes qui le composent, mais critiquer le Ministre de l’Intérieur à ce point et le Ministre de la Justice, je ne suis pas d’accord. Je ne me fais pas d’illusion pour le premier, ses opinions sont clairement établies depuis qu’il s’est présenté à l’élection présidentielle, mais il ne fait pas pire ni mieux que ses prédécesseurs. Quant aux relations de la France avec le grand Imam de France, elles n’ont, je pense, jamais varié, quel que soit le gouvernement. Droite ou gauche font en sorte de ne pas le heurter pour que les communautés tentent de vivre ensemble dans ce pays. Et le Qatar. Le Qatar ! Est-ce seulement ce gouvernement actuel qui fait en sorte que la France bascule dans ses mains. Il ne me semble pas. Cela a commencé bien avant et sous l’ère NS. Je ne vais pas être mauvaise langue car il y en a aussi pour la droite et ses guéguerres et cette députée qui tente de s’en sortir hors de ce parti et faisant de la politique en dilettante.

Le principe et la vie des jeunes, des maghrébins dans ces cités près de Paris ne sont pas nouvelles. Leurs révoltes non plus, les envois de cars de CRS non plus. Mais tous ces jeunes veulent-ils réellement faire peur à la France, aux Parisiens ? Y a-t-il dans toutes ces cités des gens, des jeunes, qui sont endoctrinés pour faire sauter des bombes ?

Je juge donc son auteur sur son ensemble. Sur son style d’écriture, très bon, sur l’histoire véhiculée, j’ai franchement adhéré, sur les personnages avec leurs fêlures, leurs forces…, là, il n’y a  pas photo et sur ce qu’il tente d’apporter au lecteur. S’il n’y avait pas eu le point précédent, j’aurais pu attribuer une excellente note à ce roman. Je ne veux pas dire que les auteurs ne font pas passer de messages politiques. Mais il faut que cela soit subtil, pas autant rentre dedans, surtout quand le lecteur s’intéresse un tant soit peu à l’actualité.

Trop de politique tue un roman très dense, bien écrit, même s’il y a quelques longueurs.

J’ai espéré que le projet ne soit pas mis à exécution.

Je n’aime pas quand un enfant souffre parce qu’il a vu l’indicible. Je pense qu’il ne s’en remet jamais et c’est ce qui arrive dans ce roman. Cet enfant est devenu un homme plus que mûr, proche de la retraite. Il occupe un très haut poste et il utilise ce poste pour se venger de l’homme qui l’a fait autant souffrir. I

Pour un premier roman, même si l’auteur est vraiment très en colère, il y a énormément de potentiel pour une nouvelle histoire, pour d’autres personnages aussi forts. Car j’ai un attachement particulier tous ces personnages, ces portraits d’hommes et de femmes cassés, avec leurs nombreuses forces et surtout leurs nombreuses faiblesses, qui sont obligés de prendre des décisions, selon leur passé, leur vécu du moment, leur travail. Pour cela, l’auteur est réellement très fort. Il nous détaille bien tous les conflits humains entre les diverses personnalités politiques, de la police, de l’armée, ce qui se trame en sous main, qui on veut faire tomber car il ne correspond pas à l’idéal du moment qui est bien fourbe. Bref, ce sont des êtres humains.

Nous avons donc deux histoires de vengeance. Nous avons également des histoires de famille et elles sont nombreuses, des familles musulmanes, une famille assez riche avec une fille qui tente de ne pas se conformer à l’éducation donnée, des histoires d’amour qui n’ont pas survécu. Un fils tente de reproduire l’histoire paternelle. Il se sent conditionné, tout comme l’a été son frère.

Le lecteur n’est jamais laissé à l’abandon. Toujours un rebondissement pour continuer à lire, toujours des révélations. De toutes façons, malgré mes critiques précédentes, je n’aurais pas laissé, je serais allée au bout pour connaître la fin de l’histoire. Il y a malgré la violence, la volonté de libérer l’Islam dans un pays jugé oppressif, une opposition, beaucoup d’amour.

L’analyse politique des coups bas, des tractations en sous-main est poussée à son paroxysme avec une très bonne plume.

Ne vous laissez pas rebuter par ces critiques, qui n’engagent que moi, mon ressenti. Dawa trouve tout de même un écho avec ce qui se passe actuellement en politique. J’aimerais bien, en tous les cas, échanger avec d’autres points de vue ou pas sur ce roman.

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