Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers - Editions les Escales

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers – Editions les Escales

Résumé Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Incendie dans une maison où tout le monde dort. Seuls le frère et la soeur en réchappent.

Leon a 25 ans. Il quitte la maison familiale. Il va travailler dans le sud de la Tasmanie comme garde forestier.

Avis Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Combien peut-on avoir de coups de coeur en un mois ? Ce mois de mai est vraiment extra en matière de lectures. La dernière ne déroge pas à cette règle. C’est mon premier Karen Viggers et ce ne sera pas mon dernier. Je suis tombée amoureuse. Déjà, avec le pays, il en fallait peu. L’Australie, un de mes pays favoris en matière de littérature. Mais là, l’action se situe dans un endroit que je ne connaissais pas, la Tasmanie. Superbe avec ces forêts immenses où ça grimpe, où ça descend. D’ailleurs, un des sujets abordés dans ce roman est l’écologie et le travail des bûcherons, des gardes forestiers. Les premiers sont de moins en moins nombreux et ils doivent aller là où ils sont demandés. De plus, il y a de moins en moins de scieries. Donc beaucoup moins de travail. Les gardes forestiers, ici Leon, tentent de laisser cette nature propre car la forêt est le poumon de notre humanité. Mais elle est trop dévastée. Cela ne repousse pas. Et ensuite, il y a ces arbres centenaires qui sont détruits mais qui sont le refuge de la faune et la flore.

J’ai adoré les personnages. Le premier est Leon, garde-forestier. Les hommes de la famille sont tous bûcherons mais lui n’a pas suivi la tradition. Il a vécu quelques années avec ses parents pour aider sa mère à affronter l’alcoolisme et la violence de son père envers sa femme. En arrivant dans cette petite ville, il devra s’acclimater surtout à ses voisins, aux gens qu’il va côtoyer. Cela ne sera pas facile car il sera facilement rejeté, même s’il intègre l’équipe de footy. Heureusement, cela lui permet de se rapprocher de son grand-père mais aussi d’un petit garçon Max à qui il va apprendre le footy. D’ailleurs, il va aider Max de nombreuses fois, lorsque sa chienne aura des petits, aura un accident où quand le jeune garçon subira la violence et le harcèlement d’un de ses camarades.

Ensuite, il y a Mikki, cette jeune fille de près de 18 ans, qui a perdu ses parents dans l’incendie de leur ferme. Là, elle vit avec son frère et l’aide dans le restaurant qu’ils ont ouvert. Si elle a vécu auparavant, coupée des autres, sans aller à l’école, c’est encore le cas avec son frère. Il la séquestre et il lui interdit de sortir. Seules leurs randonnées dans la forêt, une fois par semaine, sont une bouffée d’oxygène pour elle. Mais Mikki a une passion pour les livres. Elle en possède trois. Elle les a énormément lus et s’est identifiée à leurs héroïnes, tout en analysant leurs caractères, ce qu’elles ont fait de leur vie. Mikki veut être libre, expérimenter pour faire ses propres erreurs. Elle va enfin trouver comment, à l’insu de son frère. Elle devra toujours faire attention. A elle, la liberté, les rencontres. Mais le prix à payer sera-t-il énorme ? 

Un roman très intense quant à la qualité des personnages, des situations vécues. Car outre le harcèlement scolaire subi par Max, les difficultés pour vivre pour les ouvriers ou encore celles de Leon pour se faire accepter, Karen Viggers développe le thème des violences familiales, des femmes battues, ou encore ces endroits où tout le monde sait mais où on se tait. Car tout se voit, tout est compris, comme pour le cas de Mikki enfermée par son frère. J’étais extrêmement bien dans cette forêt à certains moments, j’étais bien avec ces personnages, j’étais extrêmement bien avec Karen Viggers qui m’a fait voyager, qui m’a démontrer que, malgré tout, nous ne sommes pas franchement libres, que les mêmes problèmes existent partout, qu’avec de la volonté, on y arrive. Mais il est difficile de pardonner. Personnellement, je ne peux pas pardonner à ceux qui m’ont fait du mal ou qui en ont fait à mes proches. Et puis, outre la flore, Karen Viggers s’est attachée à nous décrire le diable de Tasmanie et ses différents problèmes pour survivre.

Je remercie Anne & Arnaud ainsi que les Editions Les Escales pour ce fabuleux roman.

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Date de sortie : 11 avril 2019

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 427

ISBN : 978-2-36569-433-9

La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

La fille au sourire de perles La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil – Editions Les Escales

Présentation de l’Editeur La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Un témoignage nécessaire qui nous incite à regarder au-delà du statut de victime. Clemantine Wamariya livre une histoire poignante et inspirante qui révèle l’importance de chaque existence et la puissance du récit.
Rwanda, 1994. Clemantine a six ans lorsqu’elle doit fuir les massacres avec sa grande soeur Claire. Sans nouvelles de leur famille, déplacées de camps de réfugiés en camps de réfugiés, elles affrontent la faim, la soif, la misère et la cruauté pendant six ans avant d’arriver aux États-Unis.
À Chicago, Clemantine est recueillie par un couple aisé et découvre soudain une toute autre réalité. Projetée dans un véritable rêve américain, l’adolescente est pourtant plus perdue que jamais. Une question s’impose alors : comment se reconstruire et donner un sens à son histoire après avoir vécu l’enfer ?

Sincère, urgent et bouleversant, La Fille au sourire de perles examine la question de l’identité et de l’appartenance, des cicatrices laissées par un traumatisme, mais aussi du rapport à l’autre quand celui-ci ne voit en vous qu’une victime.
Un témoignage actuel et plus que jamais nécessaire.
 

Avis La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Ceci est l’autobiographie de Clemantine qui vivait dans une famille assez aisée au Rwanda.

L’histoire alterne les passages de la vie de Clemantine au Rwanda, son arrivée aux Etats-Unis, la fuite avec sa soeur dans de nombreux pays d’Afrique et son évolution en tant qu’adolescente puis adulte aux Etats-Unis. 

Clemantine est toute jeune. Elle a une soeur beaucoup plus âgée. Elles partiront toutes les deux chez leur grand-mère. Mais très vite, elles devront prendre la route, diverses routes, pour gagner des pays. Difficile pour Claire de prendre soin de cette petite soeur. Claire a toujours eu à l’esprit qu’elle était l’égale des autres. Elle a toujours su se débrouiller pour tenter d’améliorer, un tant soit peu, son quotidien. Et cela a continué aux Etats-Unis. Même si elle a souffert de toutes les expériences traversées. Claire n’est pas anéantie. Est-elle en colère ? Peut-être contre tous ceux qui ne la considèrent pas comme un être humain. Clemantine perdra de nombreuses choses personnelles, même si elle emmène peu à chaque fois. Et cela lui fera extrêmement mal. A chaque fois qu’elle peut aimer quelqu’un, elle devra vite partir. Est-ce que cela aurait changé quelque chose, son caractère, si sa soeur avait été beaucoup plus proche d’elle ?

Suis-je la seule à qui ce livre laisse une sensation désagréable ? Ce n’est pas dû à cette colère que Clemantine ressent continuellement. Ce n’est pas dû au fait qu’elle ne peut pas faire confiance aux autres. En tous les cas, elle a fait confiance à de nombreuses personnes pour écrire cette autobiographie. De plus, la page des remerciements est extrêmement longue. Je n’ai jamais eu l’impression qu’elle profitait des personnes qu’elle a rencontrées en Amérique, comme Oprah Winfrey, de sa famille d’accueil. Ils l’ont aidé à devenir une jeune fille, une jeune femme instruite. Je conçois tout à fait que Clemantine se cherche car pendant des années, elle n’a été plus rien. Elle a survécu à l’horreur. Est-il possible que Clemantine ne ressente aucun amour pour personne, comme elle l’écrit ? Pas d’amour pour ces neveux avec lesquels elle est restée pratiquement tout le temps. Pas d’amour pour ceux qui ont partagé sa vie. Quand on est arraché à une famille, famille que l’on retrouve des années plus tard et qui a continué à vivre, malgré tout, à avoir des enfants, n’y a-t-il pas un sentiment de jalousie face à ça ? Car Clemantine, même si elle a retrouvé les siens, n’a pas retrouvé sa famille telle qu’elle l’a laissée. Je comprends que Clemantine ne soit pas d’accord avec tous ceux qui pensent que les réfugiés ont tous vécu la même chose. Ils sont déshumanisés en quelque sorte. Elle doit également faire avec une autre façon de vivre, une autre culture, tenter de faire comprendre aux autres toute cette souffrance même si c’est difficile pour elle d’y mettre les mots de façon correcte. Ses réactions peuvent choquer. Livre témoignage mais aussi livre écrit pour que la mémoire ne s’efface pas. Je ne suis pas choquée par les réactions de Clemantine mais pourquoi accepter toutes ces conférences, témoigner autant alors qu’elle connait les réactions des uns et des autres ?

Toutes ces personnes ont souffert et de la plus horrible des façons. Elle a raison quand elle dit que chaque souffrance est différente. Elles ne sont pas comparables, que ce soit ceux qui ont subi l’holocauste ou encore ceux qui ont été victimes de génocides. Certaines lectures lui ont été profitables, car elle a trouvé des réponses à ses questions. On apprend tout de même énormément de choses au niveau de la politique du Rwanda, comment a été colonisé ce pays par la Belgique, ce que ce pays a fait pour séparer les différentes personnes rwandaises. 

Je remercie les Editions Les Escales et l’agence Anne & Arnaud pour cette lecture.

La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Date de sortie : 10 janvier 2019

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 312

ISBN : 9782365694186

La mère parfaite d’Aimee Molloy

La mère parfaite d'Aimee Molloy - Editions Les Escales
La mère parfaite d’Aimee Molloy – Editions Les Escales

Résumé La mère parfaite d’Aimee Molloy

Elle est prête à accoucher. Elle est séparée de l’homme avec qui elle avait une liaison.

14 mois plus tard, les Mères de mai se retrouvent pour devenir amies, pour échanger, pour passer du temps ensemble.

Avis La mère parfaite d’Aimee Molloy

Que signifie être une mère parfaite ? Est-ce que toutes les mères sont parfaites ? A New-York, elles se sont regroupées toutes ces mères qui ont donné naissance au mois de mai. Elles se rencontrent, échangent. Chaque jour, elles reçoivent par mail le dernier conseil du jour. Conseil vraiment difficile à suivre et surtout qui démontre que malgré tout, avoir un bébé est extrêmement difficile. Certaines ne peuvent pas allaiter comme elles le souhaiteraient, le manque de sommeil est là, elles ne sont pas disponibles pour le conjoint. Tout est fait pour le bébé. Sauf qu’elles décident, un soir, de prendre du bon temps et de sortir dans un bar. Mais voilà, un des bébés, confié à une nounou disparaît. Qui l’a enlevé ? Est-ce la mère, une personne autre ? Elles vont être trois, Colette, Nell et Francie à tenter de percer la vérité, même si cela les entraîne très loin. Elles ne font pas confiance à la police qui, en retour, face à ce harcèlement, les suspecte plus ou moins.

On sait dès le départ qu’une mère est en prison. Mais qui ? Tout le long du roman, le lecteur se pose des questions sur la mère de l’enfant enlevé. De plus, l’auteur fait tout pour que ce soit elle qui soit l’auteur de cet enlèvement. Est-ce vraiment elle ? Comment une naissance peut tout changer dans la vie d’une femme ? Soit, elle y arrive, accepte. Mais très vite, cela peut vite tourner au baby blues ou encore la dépression. Surtout si un élément inattendu se produit. Qui est instable psychologiquement ?

En commençant ce roman, je ne pensais pas tomber sur un tel thriller psychologique et une telle analyse de la société américaine dans toute sa splendeur. Une société qui juge, notamment ces mamans. Car en définitive, les personnages principaux ont toutes quelque chose de leur passé à cacher, quelque chose qui est arrivé lorsqu’elles étaient jeunes. Et l’enlèvement médiatisé va mettre à jour tout ça. De plus, les médias vont s’en donner à coeur joie avec ces révélations et surtout ces jugements, repris par le commun des mortels, concernant ces mères qui ont tenté de prendre du bon temps le temps d’une soirée.

Est-ce que la mère parfaite existe ? Oui, si on se base sur tout ce que l’on peut lire, les conseils donnés. Cela donne encore plus de stress aux jeunes mamans qui tentent de bien faire, qui ne savent pas comment faire avec un nouveau-né. Surtout qu’aux Etats-Unis le congé maternité n’existe pas. L’auteur nous démontre par A plus B que certaines mères sont obnubilées par les conseils donnés, qu’elles culpabilisent. Mais nos héroïnes ne laissent pas leur bébé tout autant en menant leur enquête. Les arcanes du pouvoir sont également représentés, tout comme les stéréotypes familiaux.

Je me suis rendue compte que le rythme était assez enlevé, surtout après avoir fini le livre. Je ne m’attendais pas à un tel dénouement et surtout au fait qu’une mère est traumatisée à vie lorsque son enfant est enlevé.

Ce qui m’a dérangé et l’édition sur liseuse qui ne m’a pas permis d’augmenter la taille de caractères. Autrement, c’est le seul bémol. Je remercie Netgalley et les Editions Les Escales pour cette sélection. Je suis également ravie que Billy ait accepté gracieusement que sa chanson Rebel Yell soit utilisée.

La mère parfaite d’Aimee Molloy

Date de sortie : 11 octobre 2018

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 384

ISBN : 978-2-36569-360-8

Le murmure du vent de Karen Viggers

Le murmure du vent de Karen Viggers

Le murmure du vent de Karen Viggers

Avis Le murmure du vent de Karen Viggers

Je suis agréablement surprise par la qualité de ce roman qui m’a énormément plu. Les premières pages ont été vite balayées car je m’ennuyais ferme. Je me trouvais face à un roman sentimental et une héroïne un peu niaise. Mais non, Abby est tout sauf une imbécile et on va apprendre à bien la connaître au fil des pages.

Le murmure du vent avait tout pour me plaire puisqu’il se déroule dans un pays que j’aimerais visiter et où j’ai toujours voulu vivre. L’Australie. Avec ses grands espaces. L’auteur nous fait certes voyager mais elle n’en fait pas un pays idyllique. Il y a une partie historique et politique très intéressante à lire et donc à connaître. Les aborigènes vaincus, déplacés ou encore tués pour laisser la place aux blancs. Ces mêmes blancs qui se sont installés sur des terres qu’ils ont fait fructifier, qu’ils ont plantées. Ce sont des amoureux de la terre, ce sont des hommes robustes. Eux aussi ont dû s’en aller. Cela leur a fait mal. Ils sont allés vivre en ville et certains n’ont pas réussi à s’accoutumer. Qui dit politique, dit également écologie avec ce réchauffement climatique qui entraîne une énorme sécheresse en Australie, notamment dans le bush. Les pouvoirs publics manient la langue de bois avec dextérité, comme partout. Et ici, c’est pour les kangourous. Tout cela ne change pas ma vision de l’Australie.

Parlons des kangourous qui font partie de la vie d’Abby, future thésarde. Elle les étudie. Ils sont trop nombreux et ne sont pas une espèce protégée car pas en voie d’extinction. Mais ils se multiplient trop. Rien n’a encore été trouvé pour contrôler l’espèce et les naissances. Tout en narrant l’histoire d’Abby et de Daphne, l’auteur a inséré les kangourous dans son roman et nous explique tout sur eux. Très intéressant de connaître ces petites bêtes mignonnes et bondissantes. Le regard du lecteur change.

Le murmure du vent est un roman chargé de souvenirs, de transmissions entre Abby et Daphne qui se sont rencontrées. La première est très jeune mais elle a perdu sa maman qui s’est suicidée suite à de nombreuses dépressions et des troubles bipolaires. Cela a changé cette jeune femme qui ne s’est jamais remise de la mort de sa mère et qui reste très proche de son frère et de son père. Mais Abby est une solitaire, elle s’épanche peu et elle ne veut surtout pas s’engager. Elle est une jeune femme qui a peur, surtout de l’amour. Sa rencontre avec Cameron, beau gosse de service et journaliste, la plonge dans de nombreux délices. Elle ne veut pas s’avouer qu’elle l’aime et elle ne veut pas s’attacher. Arrivera-t-elle à passer outre ses angoisses ? Quant à Daphne, c’est une vieille dame, très proche de la terre, au caractère affirmé. Elle est droite, franche et avec Abby, elle va s’épancher petit à petit. L’une et l’autre se sont bien trouvées. Abby trouve en Daphne la grand mère trop tôt disparue.

Karen Viggers nous livre un roman riche sur les interrogations des vivants lors de la mort d’un parent lorsque l’on est jeune ou d’un mari. Ce sont également des réflexions sur la mort qui reste à venir, ce que l’on peut laisser à ceux qui restent.

Je remercie les Editions Les Escales et NetGalley.

Résumé Le murmure du vent de Karen Viggers

Abby se destine à la recherche pour la sauvegarde des kangourous. Elle a 23 ans et passe de nombreuses journées et nuits dans le bush pour les étudier. Elle prépare sa thèse. Elle rencontre Cameron venue l’interviewer.

Lorsqu’il la quitte, il a un accident de voiture et blesse une femelle kangourou qu’Abby est obligée d’abattre.

Le murmure du vent de Karen Viggers

date de sortie : 6 avril 2017

Editeur : Les Escales

Isbn : 978-2-36569-327-1

Nombre de pages : 345