Thoughtless Indécise de S.C. Stephens

Thoughtless Indécise de S.C. Stephens

Thoughtless Indécise de S.C. Stephens

Avis Thoughtless Indécise de S.C. Stephens

L’histoire, pour moi, de ce roman, commence avec le gain du tome 4 de la série Thoughtless. Vu que j’en ai ras le bol de commencer des séries en route, lorsque je les achète et qu’au départ je ne le sais pas, j’ai donc acheté les trois premiers romans. Je me suis donc plongé dans Indécise pour ne pas trop me prendre la tête sur un livre. Le dernier point se révèle mais j’aurais voulu que ce roman m’apporte quelque chose et me fasse passer un bon moment. Cela n’a pas été le cas. Je me suis ennuyée, je n’y ai trouvé aucune consistance. Je pense que cette série est destinée à un public féminin jeune. Et encore ! J’en ai lu des romans de ce type et cela ne s’est pas du tout passé de cette façon.

Bref, Indécise ne m’a pas du tout ravi. Je pense que ma critique sera assez courte à ce sujet. Je ne sais pas si l’auteur est sponsorisé par Ikks mais voir la marque plusieurs fois par chapitre, franchement, c’est à dégoûter de cette marque de vêtements. De plus, la traduction est très mal faite. J’ai constaté de nombreuses fautes d’orthographe, de grammaire, de mots oubliés et j’en passe. La relecture aurait dû être plus poussée.

Les clichés ont la vie dure. Tabler un roman sur un triangle amoureux, passe encore. Mais quand cela prend en compte une future star du rock, à tomber par terre, je dis stop. Mais aussi, lors d’une soirée où tous les deux boivent plus que de raison, ils passent à l’acte. Le personnage de Kellan, le chanteur, est fouillé, je dois bien l’avouer. Il apparait comme un séducteur qui a toutes les filles à ses pieds, encore un cliché, mais son histoire personnelle est tout de même intéressante. C’est le seul personnage qui remporte mon adhésion car, en définitive, il est le seul à prendre ses responsabilités et dire la vérité à son meilleur ami, Denny.

Quant à Kiera, je n’ai éprouvé aucune sympathie pour cette jeune fille. Elle est très amoureuse de Denny. Kellan lui fait très vite de l’effet. Est-ce qu’elle en profite ? Je ne sais pas trop mais elle cherche très vite un contact proche et se sent mal lorsque la situation dégénère souvent entre eux. Elle n’arrive pas à prendre de décisions. La peur de ce qui l’attend. Elle a peu confiance en elle, cela se ressent. Mais la sécurité procurée par Denny semble lui convenir jusqu’à un certain point. Elle ne prendra aucune décision par elle-même. Elle laissera les garçons se débrouiller pour cela. Elle n’a pas provoqué cette situation de tomber amoureuse de Kellan mais elle a laissé envenimer cette situation. Denny, au fur et à mesure, a des soupçons suite au changement de sa petite amie. Il ne pense qu’à son travail car il souhaite avoir une bonne situation. Il aime Kiera et n’hésite pas à tout laisser tomber pour elle.

Ensuite, nous avons les trois autres membres du groupe et les amis des uns et des autres. J’imagine que les prochains tomes ne seront pas de tout repos mais j’espère qu’ils auront plus de consistance.

Résumé Thoughtless Indécise de S.C. Stephens

Kiera suit son petit ami Denny à Seattle. Ils vont être logés chez un ami de Denny, une star du rock locale.

Denny trouve très vite un stage, mais il doit partir deux mois et laisser Kiera, qui a trouvé un job avant de continuer ses études, avec Kellan.

Entre Kiera et Kellan, la situation est assez explosive et très tendue sexuellement. Ils sont attirés l’un par l’autre. Jusqu’au soir fatidique où ils boivent.

Thoughtless Indécise de S.C. Stephens

date de sortie : 15 avril 2015

Editeur : J’ai Lu

Isbn : 978-2-290-10144-5

Nombre de pages : 639

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Celle qui en savait trop de Linwood Barclay

Celle qui en savait trop de Linwood Barclay – Source J’ai Lu

Keisha Ceylon retrouve les disparus. Elle est femme de ménage. Elle est appelée par un couple pour retrouver leur fils de 22 ans. Ce qu’elle accomplit brillamment malgré la méfiance de la mère.

Ellie Garfield, ensanglantée, se retrouve coincée dans sa voiture, au milieu d’un lac gelé. La voiture bascule.

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Contre toute attente de Linwood Barclay

Contre toute attente de Linwood Barclay

Deux amies vont pour la première fois à New York. Mais elles se font assassiner.

Deux mois plus tard, Sheila meurt dans un accident de voiture. Elle était ivre morte.

Son mari, Glen, est très en colère. Sa fille en veut également à sa mère de l’avoir abandonnée, surtout qu’elle est harcelée à l’école.

Mais une voisine meurt de façon inexpliquée. Et là, ça change toute la donne pour Glen qui doit également faire face à une plainte, à des soucis dans son entreprise.

Ah voilà un polar comme je les aime qui laisse le suspense se dérouler, se mettre en place avec des questions, des réponses pas franchement évidentes et un héros qui veut tout savoir car après la colère suite à la mort de sa femme, il ne comprend pas ce qui se passe surtout que les morts défilent dans son entourage. Son but, protéger avant tout sa fille.

Il peut rester dans ce roman quelques incohérences. C’est clair que le héros ne va pas écouter la police et se cantonner à attendre pour avoir des résultats. C’est clair qu’il va tout faire pour donner un sens à la mort de sa femme. Mais comment cet homme, acharné au travail, mais qui a laissé sa femme prendre les décisions en l’écoutant, peut-il devenir aussi acharné ? Comment cet homme dont tous veulent tirer avantage peut-il y arriver ? La quête de la vérité, très certainement. Il devient plus facile alors pour lui de prendre en compte tous ces évènements qui arrivent aux uns et aux autres et qui le touchent plus ou moins indirectement. Dans tout roman quel qu’il soit, la notion de temps disparait. Le lecteur a l’impression que le héros agit rapidement, qu’il trouve les preuves comme ça en cherchant mais sans faire trop d’effort. Pourtant trouver des solutions, des preuves, n’arrive pas de cette façon.

Il ne semble plus éprouver de la colère contre sa femme lorsqu’il apprend tout ce qui s’est passé. Pourtant, il perd la plupart de ses amis proches. Bien sûr, il est chef d’entreprise et doit prendre des décisions car l’avenir de son entreprise est également en jeu mais son avenir pécunier également suite à cette plainte.

La plume est rapide, nous n’avons aucun temps mort. Personne ne s’ennuie. Tous les ingrédients du polar sont là, argent sale, trafic, fraudes, gens malhonnêtes, accidents inexpliqués, meurtres. La tension monte inexorablement. Le père et la fille sont en danger à cause des menaces des uns et des autres plus ou moins graves La justice est pour ainsi dire faite. Ne pas avoir de policier comme héros, cela change considérablement l’histoire. Car on peut se retrouver dans cet homme et sa quête. Comment agirions-nous à sa place. Soit on laisse tomber et on vit dans la colère mais cela ne fait avancer personne puisqu’ils doivent continuer à vivre. Ou on se bat et je préfère cette solution. Le lecteur avance avec le héros, le laisse faire son enquête mais ne lui donne aucun conseil.

Je n’ai pas éprouvé de coup de coeur réel pour les personnages quel qu’ils soient. Je me suis laissée porter par l’histoire de l’auteur en passant un bon moment et en voulant continuer l’aventure avec lui dans quelque temps pour laisser passer sa façon d’écrire, avec le prologue en début de roman qui trouve toujours une explication par la suite, et me laisser à nouveau surprendre surtout avec le final grandiose offert, auquel je ne m’attendais en aucun cas. Il faut faire attention à tous les personnages mais quand je suis plongée dans un polar, je ne joue pas au détective, je veux qu’on me surprenne.

D’ailleurs Linwood Barclay y arrive très bien en détaillant le sujet de la contrefaçon qui enrichit un certain nombre de gens, qui provoque des drames et dont les sociétés qui y sont confrontées utilisent détectives privés pour remonter les filières et porter plainte.

Merci aux Editions J’ai Lu. Pour info, ce roman aura sa série TV à l’automne avec Bruno Solo sur France 3.

CONTRE TOUTE ATTENTE DE LINWOOD BARCLAY

DATE DE SORTIE : 26 MARS 2014
EDITEUR : J’AI LU
ISBN : 978-2-290-07869-3
NB DE PAGES : 524

Un assassin au-dessus de tout soupçon d’Yvan Stefanovitch

Un assassin au-dessus de tout soupçon d’Yvan Stefanovitch – Source J’ai Lu

Alain Lamare est un jeune gendarme au SPIG de Chantilly. Il se rend compte que tout ce que traite son unité ne lui convient pas. Il veut tenter de redorer le blason. Il va se préparer minutieusement et petit à petit, il va plonger. Mais il se rendra compte qu’il est obligé de tout apporter sur un plateau, et encore.

Le sujet était passionnant. Un jeune gendarme qui bascule (pas du côté obscur de la force) dans le vol, l’agression et le meurtre. Mais, voilà, ce ne sont que des faits, des enquêtes, des témoignages recueillis par l’auteur. Il relate tout simplement, sans en faire plus. Il agence du début à la fin, sans états d’âme, sans implication réelle. J’ai déjà lu des auteurs relatant des faits réels mais il y avait beaucoup plus dans leurs écrits que ce que j’ai pu lire ici. Le style de l’auteur est bon. Un bon travail de journaliste retranscrit sur de nombreuses pages. Mais je m’arrêterai là. Si je n’ai pas aimé ce côté non vivant, d’autres lecteurs que moi pourraient trouver leur compte en lisant. Il faut aussi du temps pour retranscrire tout. Cela a été quelques années de travail en amont pour tout avoir et ensuite il y a eu l’écriture du livre. Bien entendu, l’auteur n’a pas voulu faire de sensationnel et c’est normal. Il ne prend fait et cause pour personne. Un vrai travail de journaliste.

C’est vraiment dommage car la lecture n’a pas du tout pris à mon niveau. L’auteur des faits ne m’a rien inspiré. A part quelques interrogations. Comment en est-il arrivé là ? Une envie de reconnaissance légitime pour son travail, pour sa brigade. Mais les dés sont pipés dès le départ car il ne montre que ce qu’il veut et à qui il veut, c’est-à-dire à personne sauf à lui-même et son jeune frère, encore à un âge impressionnable.

La seule personne qui a pu trouver grâce à mes yeux est le policier Neveu ou encore Pineau. Solitaire, très bon, il n’hésite pas à travailler en profondeur. Mais voilà, son travail, reconnu, ne lui attire aucun ami et surtout aucune aide de la part de sa hiérarchie. Alors, on peut comprendre qu’il se dessaisisse de tout ça. Pourtant, cela aurait pu faire avancer les choses et qu’elles ne trainent pas en longueur. Mais que faire ? A part agir en solitaire, se taire toujours et tout le temps.

Outre ce gendarme, l’auteur démontre très bien les guerres entre gendarmerie et police, entre les différents services. Je ne m’imaginais pas que cela pouvait être autant. Est-ce l’époque qui veut ça ? Les lieux ? Cela ne donne vraiment pas envie d’avoir affaire à ces gens-là. Pas étonnant que les délinquants passent au travers des mailles du filet. Pas étonnant que les victimes se sentent abandonnées quand elles décident de porter plainte et ne rencontrent aucun écho. Pas étonnant que certaines affaires, malgré un juge qui veut que tout se passe bien, ne passent pas le cadre du non-lieu

Je n’ai pas vu le film tiré du livre. Je n’aime pas trop ça. Mais là, je pense que ça devait être intéressant surtout avec Guillaume Canet. Toutefois, je le regarderai si je tombe dessus mais je n’irai pas le chercher. Ce livre est ma première déception de l’année 2016.

Un assassin au-dessus de tout soupçon d’Yvan Stefanovitch

date de sortie : 12 novembre 2014

Editeur : J’ai lu

ISBN : 9782290105092

Nb de pages : 

Le mystère Fulcanelli d’Henri Loevenbruck

Le mystère Fulcanelli d’Henri Loevenbruck – Source J’ai Lu

 Un assassinat devant un tableau dans une église en Espagne.

Décès d’un éminent galériste et vol d’un précieux carnet. Sa fille ne croit pas à une mort naturelle et souhaite que le carnet soit retrouvé. Elle charge Ari, contre une belle somme d’argent qui lui permettra de se renflouer, de retrouver ce carnet.

L’enquête principale est confiée à Radenac. Il joue le jeu avec Ari et l’un et l’autre s’aideront au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête.

Je me suis plongée avec délices dans Le Mystère Fulcanelli d’Henri Loevenbruck. La barre était placée haut suite à la lecture de L’Apothicaire. Serais-je déçue ? Que je rassure l’auteur, ses nombreux lecteurs, je ne suis pas déçue, je suis même ravie de ma lecture. Henri Loevenbruck sait mêler, à merveille, histoire et enquête policière. Ici, nous nous intéressons à l’alchimiste Fulcanelli. Pour tout vous dire, ma culture n’est pas si énorme que ça car, à part en avoir entendu parler, je n’étais au courant de rien. Mais avec l’auteur, j’ai forcément appris ce mystère sur l’identité de Fulcanelli. Attention rien ne sera révélé. Le système reste complet, à ce sujet. Mais Henri Loevenbruck nous détaille parfaitement tous ceux qui se rapprochent de Fulcanelli et seraient donc « fulcanellisables » parmi ceux qui ont côtoyé l’homme.

Avec Le mystère Fulcanelli, j’entre pour la première fois dans l’univers d’un des héros récurrents de l’auteur, à savoir Ari McKenzie. Et j’ai vraiment aimé cet homme. Je n’arrive pas à comprendre comment et pourquoi les héros de policiers me font cet effet, comment les auteurs arrivent à ce que je puisse m’attacher autant à un personnage. J’ai, bien entendu, des pistes. Ce sont tout simplement des hommes, ou des femmes, qui cachent une très grande tendresse, derrière des abords bourrus, irrévérencieux. Par leur expérience, ils ont une très bonne connaissance de la nature humaine.

Je n’ai pas été déçue non plus par Radenac. Il passait pour un homme un peu niais au début, sans être forcément bien intelligent. Mais le personnage m’a vraiment surpris. Il s’est intégré à cette enquête et beaucoup plus aux recherches. 

Afin de ne pas rendre son roman indigeste car très documenté, Henri Loevenbruck alterne donc les chapitres de l’enquête et les informations capitales sur Fulcanelli. Comme à son habitude, et avec l’art de la description qui le caractérise, le lecteur a vraiment l’impression de visiter les lieux, que le héros soit en Espagne, à Paris, à Jersey… Les lieux saints sont importants et plus que détaillés, tout comme les peintures. Henri Loevenbruck sait également décrire les sentiments humains, l’amour, les interrogations.

Henri Loevenbruck nous distille quelques conseils plein de sagesse que tout un chacun peut méditer. Je pense à l’intimité des couples. Mais j’ai également aimé ses prises de position, notamment contre la fermeture des librairies indépendants à cause des ventes Internet, Etat, contre certains livres qui ont été des succès lors de leur sortie, mais aussi politique contre les néonazi. L’humour est également bien présent. On suit immédiatement l’auteur avec son personnage faisant preuve d’autodérision.

J’aurais pensé que Lola aurait eu une part plus importante dans l’enquête. Car elle est libraire et tous recherchent un manuscrit. Mais ce n’était juste qu’une attente de lecteur. Elle ne m’a pas gênée pour continuer l’histoire.

La main du Mystère Fulcanelli est passée. Transmis le soir même à ma fille qui semble en savoir plus que moi à ce sujet. Nous sommes un foyer où les livres changent de main et s’entassent sur les PAL de l’homme et de ma fille.

Le mystère Fulcanelli d’Henri Loevenbruck

date de sortie : 8 octobre 2014

Editeur : J’ai Lu

ISBN : 978-2-290-09181-4

Nb de pages : 505

Une femme sous la menace de Nora Roberts

Une femme sous la menace de Nora Roberts – Source J’ai Lu

Au mois de juin 2000, Elizabeth Fitch, adolescente très intelligente et sérieuse, a décidé de se révolter. Elle rencontre une de ses anciennes camarades de classe avec qui elle va aller en boîte en faisant de faux papiers. Mais la sortie vire au cauchemar avec un assassinat. Elizabeth s’enfuit et est prise en charge par la police fédérale et devient un témoin surveillé car tout concerne la mafia russe. Jusqu’à un ce qu’un évènement l’oblige, de nouveau, à fuir.

Le roman fait son job, il est efficace et permet de passer un bon moment sans trop s’interroger réellement sur le fond de l’histoire. Personnellement, j’en avais besoin car au moment où je l’ai commencé je ne voulais pas passer trop de temps dessus sans être happée par l’histoire racontée par l’auteur. Cela a été le cas. Le style est fluide, sans temps mort et le lecteur comprend pour quelle raison Nora Roberts écrit autant et avec autant de succès.

Ensuite, concernant l’histoire, le sujet est bien trouvé mais pas nouveau bien entendu. Nora Roberts l’amène bien en racontant le début et au fur et à mesure du roman, les révélations des dix années d’Abigail-Elizabeth sont révélées.  Le lecteur ne s’ennuie pas car les évènements s’enchaînent pour pimenter l’histoire. Je me suis attachée à cet ado qui est devenue une jeune femme. Elle tente de fuir le joug de sa mère pour vivre sa vie mais un meurtre va tout empêcher et la condamnera à fuir et à ne faire confiance à personne. Elle est intelligente, programmée pour réussir, peu au fait des relations sociales et sa cavale de dix ans n’arrangera rien. Elle cherche avant tout à ne plus vivre dans la peur surtout dans cet endroit qu’elle s’est choisi, où elle se sent bien et où elle rencontrera l’amour. Abigail est franche, elle dit ce qu’elle pense sans prendre de gants. Cela peut donner des situations cocasses mais le lecteur s’attache à ce personnage qui a souffert. Bien sûr, malgré son extrême prudence, sa méfiance envers les êtreshumains, on se demande comment elle peut accorder sa confiance en si peu de temps à Brooks. Mais d’un autre côté, elle sentait peut-être qu’il était temps pour elle de tout révéler, que ceux qui lui ont fait du mal soient arrêtés afin qu’elle puisse enfin vivre sa vie, mais pas comme témoin protégé et sans que ceux qu’elle aime puissent être un jour inquiets pour leur vie. Se croyant déjà responsable de deux morts violentes, elle attache une grande importance à ne pas en provoquer d’autres.

Le personnage de la mère d’Abigail fait froid dans le dos. Je dirai plus que ceux de la mafia russe qui veulent retrouver à tout prix Abigail pour l’éliminer. On connait ce genre de personnages donc on ne s’étonne pas de ce qu’ils sont capables de faire. Même si la mère est peu présente, son comportement fait froid dans le dos et dès la programmation de la naissance de son enfant. Ensuite il y a eu l’éducation et le fait qu’elle se soit détournée complètement de sa fille au plus fort du danger. La mère d’Abigail a exercé une maltraitance psychologique sur sa fille. L’auteur dénonce ces dérives car il ne faut pas oublier ce genre de maltraitance qui fait aussi mal que la physique, sinon plus.

Brooks Glearson est chef de la police. Il est curieux quand il rencontre Abigail et tente de se renseigner sur elle. A force de patience, il va faire tomber les barrières une à une. Il veut absolument l’aider. Il est dérouté mais touché. Son personnage est sympathique, tout comme celui de sa famille. Des personnes normales, attachantes qui vont prendre sous leur aile Abi en faisant le forcing, mais c’est dans leur caractère.

Il est vrai que j’ai trouvé tout cela un peu trop facile. Abi est sur ses gardes, mais se déride vite, trop vite. Comme quoi la solitude n’a rien de bon. Nora Roberts s’attache à nous démontrer que la normalité dans une relation, quelle qu’elle soit, peut amener de bonnes choses.

Une femme sous la menace de Nora Roberts

date de sortie : 21 mai 2014

Editeur : J’ai Lu

ISBN : 978-2-290-08760-2

Nb de pages : 476

L’homme qui a vu l’homme de Marin Ledun

L’homme qui a vu l’homme de Marin Ledun – Source J’ai Lu

Jokin Sasco se rend sur Bordeaux pour un entretien d’embauche. Avec lui, une valise. Mais sur une aire d’autoroute, il est intercepté par cinq homme cagoulés qui lui feront vivre l’enfer.

Iban Urtiz est journaliste pour un quotidien basque. Il doit rejoindre un de ses collègues, un photographe qui ne l’apprécie, suite à une conférence de presse donnée par la famille de Jokin.

Iban veut faire toute la lumière sur cette disparition.

Deuxième roman pour moi de ce formidable auteur qu’est Marin Ledun. Un roman aussi prenant que dans Le ventre des mères, même si au niveau dureté, ce n’est pas le même niveau. L’homme qui a vu l’homme est un roman politique, explicatif sur la situation du Pays Basque français et espagnol avec ETA, la police secrète espagnole qui agit sans être inquiétée par les Français et bien souvent main dans la main. Mais cela ne devrait plus être le cas avec la sorte de trêve qui aurait dû être signée. Poursuivre tous les actes terroristes mais sans passer par les cases de tortures. On pourrait penser que Marin Ledun prend fait et cause pour les militants ETA mais il dénonce tout un système d’un côté comme de l’autre. Le silence est d’or. Au Pays Basque, il a encore plus de valeur. Au Pays Basque, on accepte pas trop les étrangers, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas de la région. Personne ne parle pour se cacher, se couvrir ou pour éviter tout simplement d’être poursuivi, de voir sa famille torturée. En cause, l’argent. A qui profite réellement le crime ? C’est ce que vont tenter de découvrir les deux journalistes, un Basque pur souche et un Basque qui n’a que le nom mais qui ne fait pas partie de la région, car élevé en Savoie. D’ailleurs, que cherche en définitive Iban ? La vérité sur ses origines, sur son père ? On ne le saura jamais, on peut juste imaginer ce qui lui est arrivé.

Quand on connait bien la région, de Bordeaux à Biarritz, c’est très facile de reconnaître certains noms de lieux que l’on a pu traverser. Cela donne tout de même une autre dimension au roman. Je ne me rappelais pas que les distances étaient toutefois aussi réduites. De plus, la période du roman se situe pendant la grande tempête de 2009. Cela donne des paysages ravagés, désolés, donnant une ambiance encore plus surréaliste à ce qui se passe.

Suite au dernier chapitre, j’ai tout de même vérifié sur Internet la part de véracité de l’histoire de Marin Ledun. Est-ce vraiment un roman ? Marin Ledun s’est donc basé sur un fait divers authentique et dénonce cette guerre sale qui continue, ce terrorisme d’Etat, cette politique. Marin Ledun parsème son roman de faits historiques et explique en partie l’histoire d’ETA, des GAL, des femmes qui veulent la vérité, qui en ont marre de souffrir. La vérité doit éclater et ne plus être ancrée dans cette région où seuls les journaux locaux tentent de rapporter les faits, mais rien au niveau national, surtout ce microcosme parisien.

Marin Ledun nous offre une très belle enquête menée par deux hommes, chacun de leur côté. Il faut du cran, même si on a peur, qu’on meurt de trouille, pour tenter de faire éclater cette vérité où nombreux sont ceux à avoir été torturés mais ils n’ont aucune défense juridique. Le rythme est enlevé car d’un côté il y a Iban Ortiz et Elizabe et de l’autre ces mercenaires et ceux placés au plus haut sommet de l’Etat qui tentent de rattraper le coup. Car tortures ne signifient pas pour autant exécutions et morts.

Même tiré d’un fait réel, même romancé, Marin Ledun a tout bien étudié. Le roman est moins macabre que Dans Le Ventre des mères mais il s’intéresse, avant tout, à des faits de société, à des faits actuels, en lien avec le passé. Pas facile de pénétrer dans cet univers mais il l’a réalisé avec brio.

L’homme qui a vu l’homme de Marin Ledun

date de sortie : 14 janvier 2015

Editeur : J’ai Lu

ISBN : 978-2-290-07878-5

Nb de pages : 508