Tenebra Roma de Donato Carrisi

Tenebra Roma de Donato Carrisi
Tenebra Roma de Donato Carrisi

Avis Tenebra Roma de Donato Carrisi

Donato Carrisi m’a fait extrêmement peur avec le début de son roman. Rome sous les trombes d’eau me rappelaient étrangement un roman lu peu de temps auparavant, Roma de Mirko Zilahy. Mince, un sentiment de déjà vu, mais il y a chez Donato Carrisi la dimension de black-out. Ce déjà vu est accentué avec Sarah et Marcus, que l’on retrouve ici. Un rappel du Tribunal des Ames, un roman de l’auteur, déjà très apprécié. Je me rends compte que je dois le relire car j’ai la mémoire qui flanche. Bref, après ces premières pages, je me suis laissée happer par ce roman, par le style de Donato.

Tout commence avec cette femme qui vit recluse chez elle depuis neuf ans et la disparition de son enfant de trois ans. Ensuite, un homme est enfermé dans un endroit obscur. Il va tout faire pour s’en sortir quitte à souffrir tant et plus. Sarah avait demandé sa mutation au sein de la police. Après la mort de son époux, elle ne supportait plus de photographier des cadavres. Elle est obligée de se rendre à une réunion avec les grands pontes de la police et de la ville de Rome. On lui présente une vidéo pour qu’elle l’analyse mais on ne lui dit pas tout.

Je dois dire que je me suis laissé aisément embarquer par l’histoire. J’aurais peut-être dû m’interroger dès le départ. Donato Carrisi sait nous montrer des personnages, les analyser, montrer leur côté obscur pour en faire des suspects faciles. Quant aux victimes, sont-elles si victimes que cela ? Entre Rome qui est sous les pluies torrentielles et un black-out d’une journée, que va-t-il se passer, surtout la nuit ? La police, les services municipaux sont sur le pied de guerre pour qu’il n’y ait pas de morts, que les plus vils instincts ne se réveillent pas. Mais la prophétie d’un pape, Léon X, pourrait se réaliser, lui qui avait annoncé que Rome ne devait jamais être dans le noir.

Donato Carrisi mêle allègrement et sans fausses notes la description de Rome, des Romains et surtout de l’Eglise catholique et du Vatican. On en apprend des choses dans ce roman. Même si on peut penser que l’imagination de l’auteur est à son comble, certains éléments sont somme toute véridiques. Quand je lis Eglise, Vatican, tout cela me fait penser aux Borgia. Pourquoi ? Peut-être que la série, que je n’ai pas vu en entier, m’a marqué. Le personnage, responsable de Marcus, est avocat au Tribunal des Ames, y est pour beaucoup. Ainsi que ce prêtre, retrouvé mort et dont on va cacher la véritable raison de sa mort. De plus, il a intégré un compte à rebours jusqu’à la nuit et le black-out mais aussi jusqu’au petit matin car tout le monde va travailler et sera de sortie.

En peu de pages, pour moi, c’est peu, moins de 250, Donato Carrisi nous offre un roman très riche. Comme à son habitude. On ne le lâche pas, on veut savoir ce qui se passe et j’ai été forcément surprise et plus qu’agréablement surprise. L’être humain se révèle mauvais quand il est manipulé par des gens peu scrupuleux. La mort d’un être proche peut-elle également faire basculer vers le sordide. Il suffit d’une rencontre et de beaucoup de manipulations. Car nombreux sont ceux à manipuler et être manipulés dans ce roman. Je dois dire que j’ai été scotchée par cet homme, enfermé au Vatican, un tueur en série, gardé par des soeurs, qui va tenter d’aider Marcus dans son enquête.

Cela m’avait déjà frappé avec la pluie dans Roma, mais le silence total ne semble plus être accepté par l’être humain. Donato Carrisi le démontre très bien. Nous sommes tous obligés de vivre avec le bruit de la ville. Même dans les campagnes, le silence n’est jamais total avec les animaux. Il y a toujours un bruit de fond. Mais quand la nature se rebelle, que les éléments ne sont plus naturels, ces mêmes animaux se taisent.

J’espère que nous aurons une suite, un nouveau roman avec ces deux personnages emblématiques car Donato Carrisi ne peut pas laisser Marcus et encore moins Sarah de cette façon.

Merci à Netgalley et Calmann Levy pour cette sélection.

Résumé Tenebra Roma de Donato Carrisi

Rome est sous le déluge et sera dans le noir dans très peu de temps. C’est le black out. La police est sur les dents car les plus vils instinct peuvent se réveiller.

Mathilde Fray vit cloîtrée chez elle depuis la disparition de son fils de trois ans, il y a neuf ans.

Tenebra Roma de Donato Carrisi

Date de sortie : 18 octobre 2017

Nb pages : 247

Editeur : Calmann Lévy

ISBN : 978-2-330-08184-3

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Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry
Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Avis Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Nous avons une bonne partie consacrée à Stan qui a dirigé, pendant plusieurs années, l’enquête des enfants morts et disparus.

En 2013, comme il n’y a pas de résultats et qu’il n’est pas un très bon élément, c’est Sarah qui se voit confier l’enquête même si elle ne le veut pas. Stan doit l’aider.

L’auteur nous offre un parallèle entre les deux, cet homme et cette femme qui tous deux travaillent dans la police et qui ont un passé mais aussi un présent plus que difficiles, le tout lié aux enfants. Pour Stan, après une carrière à Washington, il a été sommé de partir à Détroit. Trop violent dans son travail, mais aussi trop violent avec sa femme. Divorce, restriction pour voir son fils. Déjà qu’il avait plongé dans l’alcool et la drogue, à Détroit cela ne va pas s’arranger surtout avec cette affaire d’enfants disparus et morts. Il y donne tout son coeur, toute son âme mais cette enquête sera un échec. Il est investi car tout lui rappelle son fils, même jusqu’au prénom. Le lecteur assiste à la déchéance encore plus flagrante de Stan qui va de pair avec Détroit. Si le lecteur suit l’évolution de Stan et sait très vite à quoi s’en tenir, il n’en va pas de même avec Sarah. On sait qu’elle a plus de la trentaine, que son compagnon l’a quittée, qu’elle souhaite avoir des enfants, qu’elle entend des voix et qu’à cause de ça elle est suivie psychologiquement. Son père, policier, a été tué dans l’exercice de ses fonctions. Sarah n’est pas instable, mais malheureuse. Un élément de son passé a été occulté. Et c’est cet élément qui va jouer un grand rôle dans ses relations avec Stan, dans l’enquête.

Stan comprend Sarah, il veut l’aider, la protéger, même s’il doit enfoncer les portes de son passé et ne pas jouer franc jeu avec elle. Si on sait pratiquement dès le départ qui est le tueur, on ne connait pas ses réelles motivations. Il faudra avancer dans le roman, dans son déroulé pour tout savoir. Le pitch est d’ailleurs très bien trouvé. L’écriture est fluide, toujours rythmée. Je ne me suis pas ennuyée une seconde.

Sans trop s’en rendre compte, le lecteur se laisse embarquer par l’histoire. Mais je me suis rendue compte, pour ma part, que le roman a pris d’ampleur, plus de rythme, avec l’arrivée, très étudiée de Sarah. L’auteur a réussi son pari. J’ai été un peu déstabilisée par la construction, 2013 et 1998 et après, même si je suis habituée à des retours en arrière qui alternent avec des chapitres au présent. Mais ceci est indispensable à cette enquête, à la psychologie des personnages. Ce roman n’est pas un véritable coup de coeur, mais cela n’enlève en aucun cas sa richesse. Je n’ai pas été happée, je n’ai pas fait un avec Stan ou encore Sarah. Roman à la fois policier, puisqu’il y a enquête, psychologique, puisqu’il étudie divers personnages, leurs forces mais surtout faiblesses, Les chiens de Détroit est aussi un roman économique. La ville de Détroit, ancienne ville très riche et véritable fleuron automobile, est devenue pauvre, une ville fantôme, où il ne fait pas bon vivre. Le temps est toujours gris, terne. Les maisons se vident, les banques saisissent. La ville fait des économies drastiques, que ce soit au sein de la police, des services d’urgence ou encore les services municipaux. La violence est également très présente.

Je remercie Netgalley et les Editions Calmann Lévy

Résumé Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Détroit, 2013, déjà une semaine d’enquête pour Stan et Sarah. Plusieurs enfants ont disparu. Un homme a été arrêté, il demande la rédemption.

1998, le premier corps d’un enfant a été retrouvé. Stan est chargé de l’enquête.

Les chiens de Détroit de Jérôme Loubry

Date de sortie : 11 octobre 2017

Nb pages : 300

Editeur : Calmann Lévy

ISBN : 9782702161708

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Jusqu’à l’impensable de Michael Connelly

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Avis Jusqu’à l’impensable de Michael Connelly

Il me semble que c’est la première enquête lue avec Harry Bosch. Je ne me rappelle vraiment avoir déjà plongé dans un roman de Connelly. C’est bien dommage, je dois le dire. Vais-je tout reprendre depuis le début pour voir l’évolution de ce personnage qui me plait bien ? Vu tout ce qui m’attend, ce sera peut-être pour plus tard. En tous les cas, je ne regrette absolument pas ma sélection masse critique de Babelio. J’ai découvert et Harry et la plume de l’auteur qui nous entraîne dans une superbe enquête avec un ex inspecteur qui ne lâche pas le morceau car il veut trouver le coupable.

Harry a été mis à la retraite de force à cause d’une enquête interne. Il n’est vraiment plus le bienvenu au LAPD, sauf pour certains de ses anciens collègues. Il s’ennuie, il faut bien le dire. Lorsque son demi-frère lui demande de l’aider à prouver l’innocence de son client, Bosch est face à un dilemme. Se retrouver de l’autre côté, soit aider la défense et ne plus avoir le respect des siens. Car c’est ça, Jusqu’à l’impensable, accepter d’être un simple enquêteur pour un avocat et tourner le dos à cette famille qu’est le LAPD. Car quand on est un flic, on l’est pour toujours. Un policier veut faire condamner celui qui a enfreint la loi. Avant de prendre sa décision, il demandera à rencontrer celui qui, à coup sûr, sera condamner. Le but principal de Bosch est donc de trouver le coupable. Et pour cela, quoi de mieux que les méthodes qui ont fait son succès, avec l’aide de son ancienne équipière ou entrer comme un voleur dans les locaux de la police. Il va tout reprendre depuis le départ. Il va entrer dans le détail. Il va chercher, fouiner et trouvera ce dont il a besoin.

C’est également une histoire de famille puisqu’il est l’enquêteur de son demi-frère, un célèbre avocat. Ils devront faire face tous les deux au fait que tout est fait pour que l’enquête ralentisse, avec des morts inexpliqués. Mais ils sont tenaces l’un et l’autre. Si Bosch dépasse certaines limites, Haller lui en tient peu rigueur même s’il lui rappelle l’essentiel. Tous les deux ont une fille du même âge. Elles vont aller à l’université ensemble. Dans ce roman, Bosch a des difficultés avec sa fille. Ils se parlent peu. Le fait de ne pas avoir lu les tomes précédents est assez problématique car je ne sais pas comment leur relation s’est construite. A-t-elle peur du métier de son père ? Pourquoi se renferme-t-elle autant ? Bosch ne sait pas trop comment s’y prendre. Il n’a pas les réflexes d’un père qui a vécu avec son enfant, même s’il adore sa fille.

En tous les cas, l’enquête est très bien menée grâce à la plume de Michael Connelly. J’ai compris le prologue à mi roman grâce aux explications données. Il m’en a fallu du temps ! Mais n’est-ce pas le propre de tout bon auteur de ne rien dévoiler et de laisser le lecteur suivre toutes les péripéties. Il faut dire que je ne me suis posée aucune question. Michael Connelly arrive très bien à nous démontrer la culpabilité ressentie par Bosch, qu’elle soit professionnelle ou privée. Les informations sont distillées au compte goutte. Le lecteur est investi dans l’enquête, dans la pugnacité de Bosch. Personnellement, j’ai bien aimé le style et comme je l’écrivais plus haut, je pense faire toute la série. Mais il me faudra du temps.

Je remercie Babelio pour cette masse critique et les Editions Calmann Lévy.

Résumé Jusqu’à l’impensable de Michael Connelly

Harry Bosch rejoint son demi-frère Haller, avocat, au tribunal.

Ce dernier doit l’entretenir d’un futur procès. Il demande à Harry d’enquêter car il est certain de la non culpabilité de son client. Mais Harry doit se faire sa propre opinion.

Jusqu’à l’impensable de Michael Connelly

date de sortie : 5 avril 2017

Editeur : Calmann Lévy

Isbn : 978-2-7021-5651-3

Nombre de pages : 388

L’invité sans visage Tana French

L'invité sans visage Tana French
L’invité sans visage Tana French

Avis L’invité sans visage Tana French

Inspectrice à la criminelle qui doit faire face à un monde d’hommes. Personne ne lui fait de cadeaux car c’est une femme, donc un sacré sexisme, machisme mais aussi car elle a des origines différentes. De plus, son caractère entier ne joue pas pour elle. Mais pour y arriver, elle ne doit pas se laisser marcher sur les pieds. Ce roman révèlera vraiment à Antoinette ce qu’elle vaut réellement, en qui elle peut avoir confiance, si elle peut changer d’avenir.

Je peux vous dire que je me suis forcée pour lire ce roman. Je n’ai pas pour habitude de délaisser un roman qui ne me plait pas pour laisser une chance à l’auteur de me faire, un tant soit peu vibrer. Pour cause de départ de Mademoiselle, je lui ai laissé la Kobo pour qu’elle puisse l’emmener. Il me manquait donc à lire une centaine de pages. Est-ce que cet interlude a pu donner plus d’ampleur ? Il y a eu un moment, vers la page 150, où je me suis dit, ça y est, c’est parti. Sauf que c’est pratiquement vite retombé comme un soufflet. Et la reprise a été aussi dure. Ce n’est que mon avis de lectrice. Je suis une amatrice de policiers, polars et autres thrillers, certains avec des dimensions psychologiques. Là, je n’ai rien trouver outre cette enquête, vraiment trop longue où les possibilités s’éliminent au fur et à mesure. Les questionnements d’Antoinette, sa paranoïa, auraient pu vraiment être intéressants. Sauf que non, je ne me suis pas sentie concernée. La pression ne monte jamais.

Il faut dire que l’histoire ne prête pas à une montée de pression. Un appel pour cas de violence conjugale. La mort d’une jeune femme. Un petit ami très vite accusé car il ne dit pas tout. Une meilleure amie qui donne un indice dans lequel ne s’engouffrent pas Antoinette et Steeve. Entre eux deux, c’est une véritable partie de ping-pong verbal pour éliminer au fur et à mesure les indices. Font-ils fausse route ? Sont-ils vraiment aidés ? Les interrogatoires menés sont les parties les plus intéressantes du roman. Le lecteur voit que la qualité est là et quels que soientt les enquêteurs en place. Quel que soit le milieu, professionnel ou pas, les bleus sont plutôt attirés par ceux qui ont du charisme, qui répandent de fausses informations. En effet, ils ne veulent pas être laissés de côté, surtout lorsque leur héros a plus d’expérience dans la boîte qu’eux, qui a fait ses preuves. Comme dans toute enquête, le binôme est présent. Ici, c’est Antoinette et Steeve qui doit sa place car Antoinette l’a demandé. Malgré les coups et le caractère d’Antoinette, le binôme fonctionne très bien, il est complémentaire.

Je ne mets pas en cause les qualités de Tana French mais je suis vraiment passée à côté. Ce roman ne m’a pas du tout correspondu. Je ne connais Tana French que de nom, même si j’ai déjà lu beaucoup de bien en ce qui concerne cet auteur. Si ce premier essai n’est pas réussi, peut-être que les suivants le seront.

Je remercie Calmann Lévy et NetGalley pour cette sélection.

Résumé L’invité sans visage Tana French

Steeve et Antoinette se connaissent depuis l’école de police. Maintenant, ils sont à la Criminelle. Ils sont appelés pour un cas de violence conjugale. Ils découvrent une jeune femme morte.

Ils doivent faire affaire avec un autre inspecteur dont Antoinette se méfie. Ils essaient de prendre de l’avance dans leur enquête.

L’invité sans visage Tana French

date de sortie : 12 avril 2017

Editeur : Calmann Lévy

Isbn : 978-2-35953-488-7

Nombre de pages : 560