Liquide inflammable de Robert Bryndza

Liquide inflammable de Robert Bryndza - Editions Belfond

Liquide inflammable de Robert Bryndza – Editions Belfond

Résumé Liquide inflammable de Robert Bryndza

Pour les besoins d’une enquête en cours, Erika assiste à une fouille dans une carrière remplie d’eau. Elle doit trouver un paquet de drogue pour les empreintes. Paquet trouvé mais aussi un cadavre d’un jeune enfant.

Le médecin légiste, son ami, après étude du cadavre, lui annonce que c’est celui d’une petite fille disparue il y a 26 ans.

Avis Liquide inflammable de Robert Bryndza

Suite au dernier opus et au fait qu’elle n’ait pas obtenu de promotion, Erika Foster a changé de poste et de poste de police. Elle est sur une enquête de drogue. Pour la mener à bien, des fouilles ont été réalisées dans une carrière. La drogue a été retrouvée mais aussi un cadavre, le cadavre d’une petite fille. Une petite fille qui prendra tout son sens, pour Erika, un peu plus de 40 ans, veuve et sans enfant. Une petite fille et son âge qui lui rappellent l’enfant qu’elle aurait pu avoir. Un cadavre enfoui pendant 26 ans. Il en faut peu pour qu’Erika insiste pour être saisie de l’affaire. Et elle l’aura, ainsi que les moyens et ces deux collègues préférés, avec lesquels elle travaille le mieux, Peterson et Moss.

Erika reprendra l’affaire, mais après 26 ans, pourra-t-elle la mener à son terme, même si les investigations policières ont évolué ? Avec son équipe, elle devra tout éplucher, prendre contact avec les protagonistes de l’histoire, la famille, l’ancienne DCI chargée de l’enquête. Très vite, elle a affaire à une famille éclatée, que le drame n’a pas épargné avec une mère très portée sur la religion. Quant à l’ancienne DCI, elle est plongée dans l’alcool. Mais pour cette dernière, le cadavre est peut-être le moyen de reprendre l’enquête et de montrer qu’elle n’aurait pas dû être mise sur la touche de cette façon. Est-ce ce pédophile qui est coupable, suspecté dès les débuts et qui a gagné son procès contre la MET ? En tous les cas, il y a quelqu’un qui veille et qui veut tout savoir quant aux évolutions de l’enquête afin de pouvoir prendre ses dispositions. Il faudra un meurtre et un indice laissé à Erika pour qu’elle puisse résoudre cette enquête. Elle est, bien entendu pressée par le temps et il faut des résultats. Mais ce n’est pas sans danger pour elle et les autres. Et il faut faire avouer le coupable.

Entre compassion suite à un meurtre d’enfant, acharnement pour résoudre une affaire, un quotidien pas toujours facile à exploiter, Erika Foster nous montre, encore une fois, bien des facettes. Cette femme est toujours aussi sensible, elle ne lâche rien, elle ne compte pas ses heures, mais arrivera-t-elle un jour à faire un peu passer ses désirs, sa vie personnelle au-delà de son métier ? Il lui faudra encore du temps, un lâcher prise qu’elle commence à expérimenter.

Mon troisième Robert Bryndza pour moi et un troisième succès. J’ai retrouvé avec grand plaisir sont héroïne Erika Foster et ses deux acolytes, Moss et Peterson. Et c’est un roman très riche, comme à chaque fois, même si j’ai eu un sentiment de malaise sur quelques répliques de Peterson. Répliques qui tombaient comme un cheveu sur la soupe. Mais elles sont très vite balayées par la qualité de l’auteur et de son roman. Encore une fois. On assiste à l’évolution d’Erika, toujours hantée par la mort de son mari, on fait la connaissance avec sa soeur. Ce roman est peut-être moins centré sur les trois personnages et leurs vies personnelles. Mais leur complicité est toujours bien réelle. Une très belle enquête policière où franchement, je n’ai rien vu venir. J’ai suspecté la famille, car ce sont toujours les premiers suspects, mais pas de cette façon. La mère de famille, Marianne, n’a toujours pas fait son deuil de sa petite fille disparue. Tout démontre, chez elle, sur elle, qu’elle est profondément ancrée dans la religion. Elle n’accepte pas l’homosexualité de son fils, contraire à la religion. Elle semble avoir une belle relation avec sa fille aînée, elle est très en colère contre sa mari. Comment une disparition affecte tous les liens familiaux, d’une famille partie de rien dont le père a réussi à donner le mieux à sa famille ? Mais on peut vivre avec de l’argent et ne pas être foncièrement heureux.

Qui aura grand plaisir à retrouver Erika Foster et ses deux amis lors d’un prochain opus ? Moi, bien entendu. Je remercie Netgalley et les Editions Belfond pour cette lecture.

Liquide inflammable de Robert Bryndza

Date de sortie : 5 septembre 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 361

ISBN : 9782714479341

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy, présentation de l’éditeur

Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.

Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle. 

Avis Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Je découvre mon premier Julien Dufresne-Lamy dans un roman destiné aux adultes. J’ai déjà lu quelques uns de ses romans destinés à un jeune public. Quand un auteur ne se cantonne pas à un seul genre de public, cela permet de découvrir tous ses talents. Il est possible de faire passer de nombreux messages quand on écrit pour un jeune public. Et cela fonctionne très bien avec Julien Dufresne-Lamy. Il est également possible de faire passer de nombreux messages à un public adulte. Est-ce que cela fonctionne mieux ? Cela dépend de l’ouverture d’esprit de ce public adulte. Car le sujet développé par Julien Dufresne-Lamy concerne les drag queens, les jolis monstres, leur vie avant, pendant et après les années sida. Je mets après entre guillemets car la maladie n’est pas éradiquée, loin de là, même s’il y a des traitements et que le monde semble se protéger. Même si ces derniers temps, le recul sur la protection lors de rapports sexuels a été annoncé. D’ailleurs, l’auteur en fait état dans ce roman. Je remercie Julien Dufresne-Lamy de m’avoir contacté sur Facebook pour que son éditeur m’envoie son livre. Je le remercie également pour sa dédicace.

Bref, après ce long paragraphe, plongeons-nous dans ses Jolis, jolis monstres. Un roman qui rend hommage aux drag-queens, des hommes qui assurent le show, la nuit, et se transforment en femmes. Un roman qui leur rend hommage, qui permet de les comprendre, de savoir ce qu’elles ont vécu, bien souvent enduré, car en première ligne, lorsque la maladie est tombée. C’est un monde de fêtes, de drogues, de shows, de familles, d’amitiés également. Mais elles ont été vilipendées, chassées, tuées car elles ne correspondaient à aucun standard. Il y a également de la souffrance, mais des femmes qui se soutiennent mutuellement même si la rivalité peut être de mise, comme pour tout.

Par la voix de James-Lady Prudence et ensuite d’Hector, on assiste à un retour en arrière mais aussi ce présent où tous les deux se racontent et racontent l’autre. On peut être drag-queen mais rester un homme. Et pour cela, on assiste à la transformation de Victor. Ce n’est pas simple pour lui. Mais heureusement qu’il a trouvé celle qui va le révéler à lui-même et qui va jouer un rôle prépondérant dans sa future carrière et dans sa vie personnelle.

Pour moi, cela a été un régal de côtoyer tous ces personnages, d’entrer dans leur vie, de faire partie, grâce aux mots de Julien Dufresne-Lamy, de ces Jolis Monstres qui ne doivent pas rester enfermés. Même si en plus de 30 ans, les idées ont évolué, les gens semblent moins coincés, il restera toujours quelques personnes pour commettre des actes odieux contre ceux qui paraissent différents. Pour preuve, les différentes agressions et attentats. En quelques jours, j’ai vécu avec elles, j’ai remonté le temps au moment où j’étais une adolescente, fan de Madonna. Les mots sont percutants, sensibles. Outre cette culture drag-queen, il permet de démontrer à tout un chacun de vivre sa vie comme il l’entend et d’être soi malgré le quand dira-t-on. Une bouffée d’air frais qui fait du bien et qui permet de s’évader d’un quotidien pas toujours au top. Entrez dans cette culture drag-queen, vivez avec ces personnages aussi sensibles qu’attachants pour en sortir grandi avec des étoiles plein les yeux, un sourire aux lèvres, mais aussi en ayant appris encore quelque chose. C’est ça le pouvoir des livres.

Merci à Julien Dufresne-Lamy et aux Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : 22 août 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 416

ISBN : 9782714479853

 

Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Oiseau de nuit de Robert Bryndza - Editions Belfond

Résumé Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Mois de juin, une femme court, se cache. Elle rejoint une maison et sait que l’homme y est seul. Elle éprouve de la haine contre lui. Elle a eu besoin de mois préparation et de peur avant de commettre son acte.

Avis Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Un deuxième opus réellement excellent et ce n’est pas toujours le cas avec les deuxièmes romans. Robert Bryndza a conservé une partie de sa trame du premier roman et ses personnages principaux. Dans la critique du premier roman, j’écrivais qu’il me tardait de retrouver Erika et je ne suis pas déçue. Elle est accompagnée de ses fidèles enquêteurs, qui se complètent l’un et l’autre. Mais dans une équipe, quand tout va bien, ils sont ensemble, mais lorsque tout va mal, ils sont affectés à d’autres enquêtes.

Erika se retrouve confrontée à un premier meurtre, celui d’un médecin bien sous tous rapports. Il est en instance de divorce. Mais l’enquête va dévoiler un pan de sa vie qu’il a tenté d’occulter à ses plus proches. Est-ce que ce meurtre est dû au pan caché de cette vie ? Les enquêteurs auront fort à faire. Surtout que ce sont les vacances et les voisins ne sont pas tous là. L’enquête stagne mais l’opiniâtreté des uns et des autres doit affronter les instances de la police qui ont déjà décidé quelle tournure devait prendre l’enquête. Erika doit donc les affronter et tenter de mener son enquête comme elle l’entend. Le deuxième meurtre met à jour un autre indice qui sera très important. Mais là, encore, comment faire accepter ces découvertes. Le temps, bien entendu, joue contre eux. Les résultats doivent être visibles de suite.

Ce roman peut se lire indépendamment du premier. Mais lorsque le personnage est récurrent, je préfère avoir lu l’histoire dès le début. Le lecteur en apprend beaucoup plus sur Erika, sur cette souffrance journalière suite au décès de son mari, deux ans plus tôt. Elle se juge toujours responsable de sa mort. Elle n’arrive toujours pas à faire son deuil. Arrivera-t-elle un jour à être en paix ? Pourtant, cela lui permettrait d’aller de l’avant et de se consacrer plus à ses relations familiales et amicales. Elle est très proche du légiste, Isaac. Et le sera encore plus à la fin du roman lorsqu’elle écoutera les conseils de sa collègue. Elle comprend, également, l’auteur de tous ces crimes avec qui elle aura une discussion.-

Le caractère d’Erika n’a toujours pas changé. Même si elle est appréciée par certains, dont son responsable, elle est toujours humiliée par d’autres. Détestée, voire jalousée, car malgré ses méthodes, ses résultats sont bons, mais d’autres en profitent. Les liens avec son équipe sont très forts, ils se comprennent, se soutiennent.

L’auteur a choisi de détailler les second et troisième meurtres, avec brio. Il traite des sujets de pédophilie car un enfant est en danger. L’homosexualité est également bien présente avec ces personnages mais aussi des personnes qui sont toujours suspectées par leur train de vie et elles sont les premiers bouc-émissaires de la police. Un roman très bien construit, les pages se tournent et le livre est un pur régal car il n’y a aucun temps mort. Tout s’agence parfaitement. J’ai appris également qu’il est possible de surfer incognito. Je ne sais pas si le navigateur donné existe toujours mais cela peut donner des idées, même si je n’ai rien à cacher. L’auteur développe également ce monde où les enfants évoluent selon certains événements de leur vie et puis ces violences conjugales, physique et psychologique. Et que dire de cette télévision, de ces animateurs qui peuvent être responsables de la destruction d’une vie, juste pour de l’audience.

Je remercie Netgalley et Belfond pour cette lecture. Y aura-t-il un troisième roman avec les mêmes personnages ?

Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Date de sortie : 10 janvier 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 362

ISBN : 9782714476173

Je t’aime de Barbara Abel

Je t'aime de Barbara Abel

Je t’aime de Barbara Abel

Résumé Je t’aime de Barbara Abel

Quatre prénoms féminins, Maude, Solange, Nicole et Alice. Elles ont toutes vécu une première fois, un premier amour.

Maude rentre chez elle. Elle est victime d’une migraine et elle découvre sa belle-fille, Alice, en train de fumer un joint.

Avis Je t’aime de Barbara Abel

Trois femmes et une jeune fille qui vont être liées, plus ou moins, après un drame fatal, pour lequel Barbara Abel nous offre des paragraphes très courts pour faire monter la pression. L’une d’entre elles s’en sortira plus ou moins bien, en tous les cas mieux que les trois autres. Deux femmes qui vont perdre chacune leur enfant unique. Une jeune fille qui va perdre son premier amour et la dernière qui devra faire face à une fin de relation.

Nicole est greffière. Son métier lui prend énormément de temps mais elle a élevé seule son fils, Bruno, un jeune homme bien sous tous rapports. Mais Bruno fume des joints de temps en temps. Et Bruno est amoureux d’une jeune fille. Sa mère les surprend tous les deux. Et cette jeune fille ne lui plait pas. Lorsque Bruno ramène Alice, il lui déclare son amour mais Alice ne répond pas comme il le souhaite. Pas dans son état normal, il provoque un grave accident. Nicole perd son fils et Alice son premier amour. La première veut que la mémoire de son enfant ne soit pas ternie par le fait qu’il ait fumé. Pour elle, il n’y a qu’une seule responsable, c’est Alice. Et si la justice ne fait pas son travail, elle s’en chargera. En plus, Alice, par son comportement, sa tenue, ne possèdent pas les bons atouts pour être une bonne petite amie. Elle vient d’un milieu aisé et a donc tout ce qu’elle souhaite. Nicole décide donc qu’elle est comme tous ces délinquants qu’elle côtoie tous les jours. Il n’y a rien à tirer d’Alice.

Jusqu’où peut aller un père, une mère pour protéger son enfant, son honneur ? Très loin, semble-t-il. Simon, malgré la colère envers sa fille, Alice et ses soupçons, tentera de la sauver. Pour cela, il mettra plus que son couple, formé avec Maude, en danger. Il changera du tout au tout. Il révèlera ses plus mauvais côtés. Mais il n’y a que sa fille qui compte, une enfant qui est orpheline de mère. Déjà, avec son ex-femme, ils ont protégé cette petite fille du désastre de la fin d’un mariage mais pas de la mort. Maude, quant à elle, avec cette famille recomposée, a tenté de se rapprocher d’Alice. C’est pour cela qu’elle n’a pas confié à Simon qu’elle avait vu Alice en train de fumer un joint. Un mensonge par omission, un secret qui la torturera énormément. Surtout lorsque la famille sera la cible de l’enquête sur le trafic d’herbe. Mais Maude, après un divorce difficile, veut sauver son couple car elle a enfin trouvé l’amour, l’homme avec qui elle semble tout partager. Toutefois, pour elle aussi, elle fera tout pour protéger ses deux enfants, son fils et sa fille.

Quant à Alice, c’est son premier amour. La jeune fille qui a du mal à avouer ses sentiments, se trouve anéantie par la mort de Bruno. Elle plonge dans le désespoir le plus complet. Et la garde à vue, le fait qu’elle soit accusée, ne vont rien arranger du tout pour cette jeune fille. La garde à vue d’Alice est relatée. Est-elle responsable de ce dont on l’accuse, elle qui proclame son innocence ? En tous les cas, la police n’y va pas avec le dos de la cuillère. Même si la jeune fille est déjà au plus mal, elle affronte le début sûre de son fait. Mais la douleur, la fatigue la font basculer.

Des destins qui se croisent. Une façon de raconter indéniable. On ne juge personne ici. Tous les personnages basculent, à des degrés divers, et le lecteur avec eux. La souffrance est là indéniable. Quand l’amour vire donc à la haine car l’un et l’autre ne sont jamais bien loin. On aime, on n’aime plus pour aimer à nouveau après avoir apaisé des souffrances. Mais certains amours restent profondément ancrés en soi car ils sont le vecteur du développement, de la vie future. On est tous à la recherche de l’amour. On ne peut pas vivre sans. Et quand il s’en va, on se trouve démuni et chacun réagit à sa façon. Chacun veut préserver l’amour ressenti même si on cache certains faits. De là, la culpabilité et le manque de confiance peuvent naître car on sait que l’autre se sentira trahi. Même en amour, les mots prononcés à un moment de colère peuvent faire mal, très mal. Les phrases qui blessent peuvent être irrémédiables. Peut-être est-ce parce que Solange n’a pas une grande part dans ce roman par rapport aux autres qu’elle clôture ce roman. Pourtant, elle a attendu tellement d’années pour avoir cet enfant qu’elle n’espérait plus. Je ne m’attendais pas à ce développement que l’on trouve vers la fin du livre. En tous les cas, un roman profondément addictif.

Je t’aime de Barbara Abel

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 462

ISBN : 978-2_7144-7633-3

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L'enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Résumé L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Ana a 17 ans. Elle vit une relation difficile avec sa mère. Elle rencontre un jeune homme, joueur de football, Nicolae, un véritable séducteur.

Ils couchent ensemble et au bout de quelques semaines, Ana est enceinte. Elle tentera d’avertir le jeune homme qui se détourne d’elle.

Avis L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

De la Roumanie, je ne connais pas grand chose, sauf le régime totalitaire mais aussi lorsque Nicolae Ceaușescu et son épouse sont, le jour de Noël 1989, condamnés à mort et exécutés. La Roumanie, c’est aussi Dracula. Mais ce n’est pas le but et le thème de ce livre.

C’est le témoignage de Marion, adoptée à l’âge de six ans, alors qu’elle a été abandonnée par sa mère dans un orphelinat de Roumanie. Je mets bien abandonnée en italique car en lisant ce document, vous vous rendrez compte que le mot abandon dans la dictature de Ceaușescu n’est pas au sens propre. Le témoignage est construit autour de Marion et des personnages principaux de sa vie, ses parents adoptifs mais aussi ses parents qu’elle n’aura de cesse de chercher pour tenter de comprendre cet abandon.

Les faits décrits dans ce livre nous renvoient à des images fortes vues à la télévision avec la mort du dictateur et la découverte de ces nombreux orphelinats où survivaient des enfants. Ceaușescu n’a rien à envier à Hitler. Il savait se montrer plus qu’affable lors de réunions internationales mais il, et sa femme, avaient organisé la terreur dans leur propre pays. Famine, misère, politique familiale pour avoir le plus d’enfants possibles qui serviraient la Roumanie et surtout de nombreux interdits pour les femmes. Mais les images ont peu à voir avec la réalité avec ce qu’ont enduré tous ses enfants et les parents de surcroît. Dans le cas de Marion, on apprend ce qui s’est passé pour sa mère biologique, les détails de son adoption et toute sa vie en France. Une vie pas facile pour une enfant qui ne se rappelle pas, qui a enfoui au plus profond de sa mémoire, les six premières années de sa vie. Six ans sous les cris avec sous les yeux des enfants non désirés, parqués dans des endroits comme des bêtes. Ce sera aussi une vie assez difficile en France, malgré l’amour et les soins dispensés par cette famille française. Car Marie a toujours peur de l’abandon, ne fait pas confiance aux femmes et sa mère adoptive en subit les conséquences. Marie est en colère, elle a de la haine, elle n’a pas confiance en elle. Cela peut se comprendre avec un tel bagage. Son corps se révolte donc car elle garde tout en elle. A force de volonté et même si elle garde beaucoup au fond d’elle, elle arrivera à s’en sortir. Elle rencontrera sur son chemin des personnes qui vont compter. Cette quête de sa famille biologique ne sera pas facile, bien entendu, car elle devra, mettre de côté ce qu’elle ressent, ses sentiments, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé pour sa mère biologique.

Est-ce que tous les enfants qui ont vécu des conditions extrêmement difficiles comme Marie réagissent de cette façon ? Coupés de leur pays, de leurs racines, de leurs parents, une vie d’adopté ne doit pas être facile à appréhender surtout lorsque cette adoption a lieu à un âge déjà avancé dans la vie d’un enfant, qui a tenté de se construire. Se rendre compte qu’ils ne vont manquer de rien mais réagissent comme si cela pouvait très vite s’arrêter, cumuler les possessions et les cacher.

Outre la recherche de ses racines, ce témoignage explique tout à fait la vie en Roumanie dans les années 70 et bien plus tard, lorsque Marion y reviendra de nombreuses fois. Ce livre est également un véritable témoignage historique de ceux qui ont vécu au coeur de ce pays, de cette dictature. 

Je remercie Marion Le Roy Dagen de m’avoir envoyé un message sur Facebook pour me faire une présentation de ce livre et d’avoir accédé à ma demande pour le recevoir. On ne ressort pas indemne d’une telle lecture.

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Date de sortie : 15 février 2018

Editeur :Belfond

Nombre de pages : 222

ISBN : 9782714478313

Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

Toutes blessent la dernière tue Karine Giebel

Toutes blessent la dernière tue Karine Giebel

Résumé Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

Tama vit à Paris dans une belle maison. Elle a neuf ans. Elle est marocaine. Mais Tama est une esclave. Elle n’a pas le droit de sortir ni de donner son véritable prénom.

Gabriel a décidé de s’isoler dans le Sud pour tenter d’oublier. Il n’éprouve pratiquement plus rien.

Avis Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

J’avais laissé passer un petit moment avant de me replonger dans un roman de Karine Giebel. Pourquoi ? Car, malgré la finesse d’écriture, les thèmes abordés, la construction est toujours la même, et le lecteur sait, à peu près, ce qui va arriver aux personnages principaux. Mais dès que je me suis plongée dans ce roman, le dernier de l’auteur, j’ai avalé les pages. Une véritable addiction ! Un des meilleurs de Karine Giebel même si je n’en ai que quatre à mon actif. Même si pour supplanter le premier lu, Meurtres pour rédemption qui était lui aussi un gros pavé, cela allait être assez difficile mais pas compliqué. Bref, voici ma petite introduction qui ne serait pas complète avec mon analyse du titre. J’étais partie sur carrément autre chose. Plusieurs femmes qui blessent et la dernière qui tue. Sauf que très vite, j’ai compris et j’espère que je ne me suis pas trompée. Mais je ne vais pas la dévoiler pour vous laisser vous faire votre avis. Cela va être assez compliqué d’écrire une critique car il y a tellement à dire sur ce magnifique roman.

Nous avons la petite Tama, enfin ce n’est pas son vrai nom et son prénom, elle ne doit jamais le prononcer, elle doit jusqu’à l’oublier mais il est sa véritable identité. Tama arrive à huit ans en France. Son père et elle croient qu’elle va aller à l’école. Sauf que Tama se retrouve être une esclave, pendant des années, dans une famille. Avec tout cela comporte comme souffrances psychologique et physique. Tama va passer par tous les états mais la petite fille est une battante. Colère, déni, envie de mourir, de tuer et bien plus encore. Blessée dans son corps, dans sa chair, elle ne peut rien faire car elle n’est rien. Elle n’a pas de papiers. Tout est fait pour qu’elle ne s’enfuie pas. Elle va toutefois arriver, avec une énorme force de caractère, à s’instruire par elle-même. Ce roman c’est huit ans de la vie de Tama, huit ans que personne ne pourrait supporter. Dans cet enfer, il y aura quelques personnes qui vont tenter de l’aider à un un moment ou un autre. Ils lui donneront la force de continuer à vivre même si elle souhaite rejoindre sa maman décédée, mais aussi l’amour pour un homme, certes violent. Karine Giebel nous démontre, avec force, le quotidien  de ces petites filles devenues adolescentes et puis femmes.  Ah oui, franchement, j’ai eu envie de les tuer ces femmes, ces hommes. Que font tous nos politiques en ce qui concerne cet esclavagisme que subissent ces enfants, même si une loi a été votée ? C’est une réalité qui est toujours bien présente en France. C’est une perte d’identité, une perte de soi, de sa condition d’humain. Très vite, ces enfants savent mais ils s’accrochent à une toute petite lueur d’espoir ou comme toute victime se demandent ce qu’ils ont pu faire pour mériter autant. Surtout qu’il y a ceux qui restent au pays, les parents à qui on raconte des mensonges. L’esclavagisme est donc un trafic organisé par des compatriotes qui vivent en France, qui s’enrichissent sur le dos de plus faibles.

De l’autre côté, il y a Gabriel qui vit reclus. On sait très vite ce qu’il fait. Toujours dans sa tête Lana. Mais qui est Lana ? Qu’a-t-il vécu d’aussi terrible ? On le découvrira au fil des pages. Il voit arriver chez lui une jeune fille qui tente de le tuer. Il ne veut pas la laisser vivre mais il repousse continuellement l’échéance. Cette jeune fille ne sait plus qui elle est mais il se rend compte qu’elle a beaucoup souffert, son corps en est la preuve. Dès qu’elle se réveille, elle va tenter de pousser Gabriel dans ses retranchements mais aussi s’évader. Qui est cette jeune fille ? De ce côté-là, je me suis trompée en long, en large et en travers. Ça, c’est dû au talent démoniaque de l’auteur.

Les chapitres de Karine Giebel ne s’embarrassent pas de fioritures. Ils sont très courts, forts, violents. Certaines personnes doivent avoir le coeur bien accroché et surtout ne pas vivre dans le déni de notre société française. Qui est le plus à plaindre ? Ces enfants esclaves, car l’esclavage moderne existe, ou ceux qui tentent de se venger du mal fait à un proche. La vengeance peut également tuer car personne ne trouve la paix. Je me suis attachée à quatre personnages de ce roman. Ce roman est hautement addictif. Karine Giebel sait jouer avec nos nerfs lors de ses révélations et le lecteur attend toujours ce prénom qui est long à venir. Le prologue fait déjà monter les larmes au yeux. Plus de 700 pages en trois jours. Je ne sais pas si c’est un record pour moi. Mais il a été lu pendant mes trois derniers jours de vacances. Et je ne suis pas sortie indemne de ma lecture

Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel

Date de sortie : 29 mars 2018

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 736

ISBN : 978-2-7144-7950-1

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La fille sous la glace de Robert Bryndza

La fille sous la glace de Robert Bryndza

La fille sous la glace de Robert Bryndza

Résumé La fille sous la glace de Robert Bryndza

Andrea Douglas Brown a trop bu. Après une dispute, elle fuit dans les rues désertes mais elle s’aventure trop loin. Elle souhaite appeler le chauffeur de son père mais elle n’a pas plus de réseau.

Une voiture noire la suit. Andrea essaie de fuir mais elle est enlevée.

Avis La fille sous la glace de Robert Bryndza

Ce n’est pas un coup de coeur mais cela y ressemble fortement. J’ai été ravie de lire ce roman de cet auteur. Roman qui annonce une très belle série car j’aimerais beaucoup suivre les nouvelles aventures d’Erika, femme-flic, DCI, en Angleterre. Erika est une écorchée dû au décès de son mari, dont elle était profondément amoureuse. Elle se juge responsable de la mort de celui-ci, flic comme elle et des coéquipiers qui l’accompagnaient. Elle avait été mise sur la touche à cause de cela. Mais une ancienne connaissance de Londres la rappelle pour cette enquête. Car Erika, malgré tout, connaît son métier. Cela ne sera pas facile surtout lorsqu’on s’approche un peu trop près de l’establishment anglais qui se juge intouchable, que ce soit ses pairs ou la famille de ceux-ci.

Cette arrivée à Londres est vue par certains d’un mauvais oeil, mais pour d’autres cela sera une bouffée d’oxygène car malgré son caractère, Erika sait manager ses hommes et femmes. Peut-être un peu cliché l’enquêtrice homosexuelle qui vit en couple et qui a un enfant ou encore l’enquêteur de couleur. Mais heureusement que l’auteur n’en fait pas trop à ce sujet. Juste quelques mots et puis c’est tout. Cela permet de mieux les connaître car ils tiennent une place importante dans ce roman et sûrement dans le prochain car Erika sait pouvoir compter sur eux.

Erika ne mènera pas son enquête de bout en bout. Cela ne plait pas qu’elle s’en prenne à un élu, surtout qu’elle ne prend pas de gants avec la famille. Normal, elle a été toisée dès le départ. Elle aurait dû avancer sur la pointe des pieds, mais c’est mal connaître cette jeune femme, fonceuse, qui aime le travail bien fait. Malgré la suspension, elle continuera au fur et à mesure, à interroger. Et c’est là qu’elle découvre d’autres cadavres. Sont-ils un lien avec le meurtre sur lequel Erika enquête ? Malgré cette sensation d’être espionnée, de subir des violences, elle ne baissera jamais les bras. Car elle veut faire toute la lumière sur ce décès. Elle le doit à Andrea. Bien qu’Andrea soit une gosse de riches, qu’elle mène sa vie comme elle l’entendait, l’auteur a la faculté de ne pas nous faire détester cette jeune fille.

Robert Bryndza, outre l’enquête menée et bien développée, démontre très bien les affres par lesquels Erika passe. Il développe très bien ses angoisses, ses malaises et comment ils surviennent, sa peur. Il nous la rend extrêmement attachante même si elle est très dure, trop dure envers elle-même.  Et comme elle le dit elle-même, son boulot lui a tout pris, mais il ne lui reste que ça. Mais son boulot ne lui a pris en aucun cas son intégrité. Même son boulot ne sera pas tendre avec elle. Et comme tout bon flic, elle a des doutes même si elle suit son instinct et qu’elle rue dans les brancards.

Entre ceux qui ont tout, qui veulent passer par les mailles du filet, il y a le Londres des faubourgs où nombreux sont ceux à tenter de vivre, à survivre. Politique, richesses, quartiers qui périclitent mais aussi ce racisme anglais envers les étrangers.

Le nom du coupable m’a surpris mais j’aurais dû m’en douter. Cela prouve que j’étais à fond dans ce roman, comme Erika à la recherche du coupable. En tous les cas, je ne ferai pas un bon détective.

Je remercie Netgalley et Belfond pour cette formidable lecture.

La fille sous la glace de Robert Bryndza

Date de sortie : 25 janvier 2018

Nb pages : 448

Editeur : Belfond

ISBN : 9782714475930