Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel - Editions Belfond

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel – Editions Belfond

Présentation Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

C’est l’effervescence dans ce commissariat. Tout le monde est aux aguets, tout le monde est aux abois. Un drame a eu lieu, mais quoi, que s’est-il passé ?

Le commandant a été arrêté ainsi qu’un lieutenant. Ils doivent être interrogés, séparément, sur ce drame qui s’est produit. Leur histoire va-t-elle concorder ? Y aura-t-il des failles ? Une longue nuit s’annonce où ils vont se mettre à nu.

Avis Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Karine Giebel a gagné son tour de force. Ne pas me faire détester Richard. Pourtant, ce n’était pas gagné, au départ. Mais au fur et à mesure des pages, je me suis retrouvée comme celui qui l’interrogeait, gagnée par le dégoût de ce qu’il a fait subir à Laëtitia mais aussi par l’envie de comprendre cet homme, comment cet amour l’a fait basculer. En ces temps où les hommes qui abusent de leurs forces, de leur autorité pour obtenir ce qu’ils veulent sexuellement, Karine Giebel nous démontre, par la force des mots, lors de cet interrogatoire de Richard et Laëtitia, que l’amour recouvre différentes formes. Richard sait dès le départ, de cet interrogatoire, qu’il a tout perdu.

J’ai été plus éloignée de Laëtitia au départ. Mais pareil au fil des pages, j’ai été plus que touchée par sa souffrance, par toute la perte qu’elle subit à cause d’un homme même si c’était entre dégoût mais aussi plaisir. Je comprends cette haine farouche, qu’elle veuille le faire payer.

Les deux officiers qui interrogent Richard et Laëtitia vont, avec cette histoire, en apprendre beaucoup sur eux-mêmes car la vie de leurs suspects est mise à nu, ils racontent tout. Ils vont laisser dérouler l’histoire, sans poser trop de questions. Ils seront assez proches des suspects, n’hésitant pas, toutefois, à les remettre dans le droit chemin quand cela est nécessaire. Ils ne sont pas là pour juger mais savoir si Richard et Laëtitia racontent la même histoire.

Ce que j’ai fait de toi est profondément addictif. J’ai avalé les pages pour connaître tout ce que Richard et Laëtitia avaient à raconter, pour savoir pour quelle raison ils se sont retrouvés à être interrogés. Et encore une fois, même si je savais que les héros de Karine Giebel ne s’en sortent pratiquement jamais, j’ai été scotchée par la fin, encore une fois très bien trouvée et par ce qu’elle nous apporte comme réponse. Car est-ce qu’il y a bien une réponse ? L’amour que Richard a éprouvé pour Laëtitia lui a tout fait perdre. Il a perdu son sang-froid, sa faculté de réflexion, sa famille. Il a été violent, surtout envers elle, il n’a pas voulu l’écouter, ni écouter qui que ce soit. Quant à Laëtitia, a-t-elle joué un double jeu ? Dans toutes ces pages, on a pu ressentir, sa souffrance, sa peur extrême, son envie de se venger, de le voir mort. Mais le lecteur a pu ressentir l’amour qu’elle pouvait porter à cet homme. Un amour teinté, en premier de grande admiration, un amour teinté de haine farouche. Et tout cela avec une grande lucidité quand même. Jamais ils ne pourront pas être heureux. Richard voulait lui faire de mal si elle n’était pas à lui. Il a abusé d’elle, de son pouvoir, de la confiance que les autres éprouvaient pour lui. Il voulait lui faire du mal lorsqu’elle l’a repoussé. Laëtitia voulait lui faire du mal car à cause de lui, elle a perdu ce qui comptait le plus pour elle. Auraient-ils pu être heureux ? Un tel amour est comme une drogue. Richard avait besoin d’elle à chaque instant. Il avait besoin qu’elle l’aime comme lui l’aimait. Mais cet amour a fait peur à Laëtitia. Le geste ultime de Richard envers Laetitia, lorsqu’ils se retrouvent face à face, est une dernière preuve d’amour. Mais amène-t-elle quelque chose de bon pour l’un et l’autre?

Ce roman est fort, grandiose. Il ferait un très bon film, même si je pense que je ne le regarderai pas car j’étais avec eux, j’étais eux également. Je me suis fait mes images, j’ai leurs voix, j’ai leurs corps face à moi, dans ma tête. Je les ai imaginés. J’ai également visualisé toutes les images de ce roman choc, hautement psychologique. Karine Giebel ne s’embarrasse pas de fioritures, elle raconte les faits bruts. Il y a de la magie dans ces mots, il y a de la poésie également. Je ne veux pas trop en dévoiler, je ne sais pas trop comment présenter ce roman. Des fois, quand on aime trop, on ne sait pas en parler, écrire. Mais je sors bousculée, littéralement accro, encore une fois, de Karine Giebel. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà expérimenté le genre d’amour éprouvé par Richard envers Laëtitia, mais ce que je sais, c’est qu’un rien peut faire basculer une personne. J’ai fait un parallèle entre ce roman et une histoire qui a défrayé l’actualité, il y a quelques années et qui défraye encore l’actualité. Je ne nommerai pas les personnes, mais peut-être que certains lecteurs y penseront.

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Date de sortie : 21 novembre 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 551

ISBN : 978-2-7144-8196-2

Ne t’enfuis plus d’Harlan Coben

Ne t'enfuis plus d'Harlan Coben - Editions Belfond Noir

Ne t’enfuis plus d’Harlan Coben – Editions Belfond Noir

Résumé Ne t’enfuis plus d’Harlan Coben

A Central Park, Simon est anéanti. Il se trouve au milieu de gens heureux, qui se prennent en photo et qui écoutent de la musique.

Il revient un peu sur sa vie, sur ses enfants lorsqu’ils étaient plus jeunes. Et notamment sur sa fille aînée, partie il y a six mois. Sa mère ne veut plus la voir mais lui n’a pas abandonné.

Avis Ne t’enfuis plus d’Harlan Coben

Retrouver Harlan Coben, abandonné un grand moment car je trouvais que je tournais en rond, avec pratiquement toujours les mêmes histoires. Pourtant, il me reste encore des romans de cet auteur à lire. Mais voilà, j’ai sauté le pas, commandé son dernier opus et lu en suivant. Et cela fait du bien. Toujours le même style efficace. Pimenté avec trois histoires qui se recoupent au lieu de deux, comme auparavant. Une histoire de disparition, de drogue, mais pas que.

Simon recherche sa fille depuis de nombreux mois. Il essaie de récolter des indices, à l’insu de sa femme, Ingrid. Simon a trois enfants, deux filles et un garçon. Paige a changé de tout au tout depuis son entrée à la fac et son départ de chez elle. A la faveur d’une rencontre, elle est devenue droguée et une véritable loque. C’est de cette façon que la voit Simon à Central Park. Mais la jeune fille s’enfuit. Pourtant, dans son regard, Simon a vu que Paige souhaitait de l’aide. Il sera bien obligé de mettre au courant Ingrid. Car ce fameux jour, une vidéo publiée le montre en train de frapper le petit ami de Paige qui s’était interposé. Mais les poursuites tournent court, jusqu’à ce que la police lui annonce la mort du petit ami de Paige et sa disparition. Aidé de sa femme, il va tenter entrer dans un milieu, le trafic de drogue. Mais Simon sera obligé de continuer seul sa quête. Toutefois, des éléments vont le mettre en rapport avec une détective privée, chargée de retrouver un jeune homme qui a disparu. Meurtres avec en toile de fond, toujours Paige. Est-elle coupable ? Que signifient ces meurtres ?

Culpabilité d’un père par rapport à ses enfants, énormément de questions. Que n’a-t-il pas vu ? Pourquoi les a-t-il laissés autant libres ? Est-ce un problème d’éducation ? Pourtant ils ne manquaient de rien. Mais même dans ce type de famille où rien ne se voit en surface peuvent cacher les plus profonds traumatismes. J’étais un peu en colère contre Ingrid et le fait qu’elle ne veuille pas aider sa fille. Mais j’ai compris son avis. Pédiatre, elle sait qu’un drogué ne s’en sortira que s’il le souhaite réellement et qu’il ne faut pas le forcer à faire ce qu’il ne veut pas.

Simon va agir comme un véritable détective pour découvrir la vérité et retrouver sa fille. Il ne sait pas si elle est coupable. Il mettra à jour des secrets qui peuvent tout changer. Entre histoire d’enfants adoptés, secte également, comment ces quatre éléments sont liés ? Harlan Coben consacre un chapitre à chacun d’un des thèmes et il les fait tourner. Mais cela ne gêne pas du tout le lecteur qui suit le fil de l’histoire. Et la vérité va surgir, pas facile à appréhender, certes, mais que l’on peut comprendre. Simon ne lâchera rien et forcément, malgré sa volonté d’être honnête, pour lui le plus important est de sauver sa famille, sa fille mais aussi sa femme. Harlan Coben nous décrit le couple formé par Ingrid et Simon, un couple tombé amoureux au premier regard. Chacun a ses failles mais lequel en a le plus ? Est-ce que l’histoire se répète ? Est-ce que Paige va être retrouvée, s’en sortir ? Malgré l’aide reçue et sa volonté, ce n’est pas toujours facile de quitter la drogue, surtout lorsque l’on a été addict. L’addiction peut revenir à tout moment. Un alcoolique, un drogué n’est jamais guéri, on le sait. Il suffit de succomber à la tentation.

Harlan Coben sait distiller les informations au bon moment, notamment les coups de théâtre. Lorsque j’ai tourné la page d’un chapitre et que j’ai lu ce qu’il annonçait, j’ai été tellement surprise que j’ai prononcé le mot avec un m. Donc, pour moi, la magie opère toujours. Une partie du dénouement assez rapide, qui soulève encore des questions.

Le maître des nuits blanches a encore frappé avec son talent indéniable. Satisfaite d’avoir acheté ce nouvel opus et de l’avoir lu. Mais vu les deux – trois qui m’attendent dans ma bibliothèque, je vais laisser passer du temps pour ne pas retomber dans le schéma de laisser tomber un des mes auteurs favoris. Pas tout à fait la note maximale sur 10, car pas un coup de coeur indéniable.

Ne t’enfuis plus d’Harlan Coben

Date de sortie : 3 octobre 2019

Editeur : Belfond Noir

Nombre de pages : 415

ISBN : 978-2-7144-7537-4

Liquide inflammable de Robert Bryndza

Liquide inflammable de Robert Bryndza - Editions Belfond

Liquide inflammable de Robert Bryndza – Editions Belfond

Résumé Liquide inflammable de Robert Bryndza

Pour les besoins d’une enquête en cours, Erika assiste à une fouille dans une carrière remplie d’eau. Elle doit trouver un paquet de drogue pour les empreintes. Paquet trouvé mais aussi un cadavre d’un jeune enfant.

Le médecin légiste, son ami, après étude du cadavre, lui annonce que c’est celui d’une petite fille disparue il y a 26 ans.

Avis Liquide inflammable de Robert Bryndza

Suite au dernier opus et au fait qu’elle n’ait pas obtenu de promotion, Erika Foster a changé de poste et de poste de police. Elle est sur une enquête de drogue. Pour la mener à bien, des fouilles ont été réalisées dans une carrière. La drogue a été retrouvée mais aussi un cadavre, le cadavre d’une petite fille. Une petite fille qui prendra tout son sens, pour Erika, un peu plus de 40 ans, veuve et sans enfant. Une petite fille et son âge qui lui rappellent l’enfant qu’elle aurait pu avoir. Un cadavre enfoui pendant 26 ans. Il en faut peu pour qu’Erika insiste pour être saisie de l’affaire. Et elle l’aura, ainsi que les moyens et ces deux collègues préférés, avec lesquels elle travaille le mieux, Peterson et Moss.

Erika reprendra l’affaire, mais après 26 ans, pourra-t-elle la mener à son terme, même si les investigations policières ont évolué ? Avec son équipe, elle devra tout éplucher, prendre contact avec les protagonistes de l’histoire, la famille, l’ancienne DCI chargée de l’enquête. Très vite, elle a affaire à une famille éclatée, que le drame n’a pas épargné avec une mère très portée sur la religion. Quant à l’ancienne DCI, elle est plongée dans l’alcool. Mais pour cette dernière, le cadavre est peut-être le moyen de reprendre l’enquête et de montrer qu’elle n’aurait pas dû être mise sur la touche de cette façon. Est-ce ce pédophile qui est coupable, suspecté dès les débuts et qui a gagné son procès contre la MET ? En tous les cas, il y a quelqu’un qui veille et qui veut tout savoir quant aux évolutions de l’enquête afin de pouvoir prendre ses dispositions. Il faudra un meurtre et un indice laissé à Erika pour qu’elle puisse résoudre cette enquête. Elle est, bien entendu pressée par le temps et il faut des résultats. Mais ce n’est pas sans danger pour elle et les autres. Et il faut faire avouer le coupable.

Entre compassion suite à un meurtre d’enfant, acharnement pour résoudre une affaire, un quotidien pas toujours facile à exploiter, Erika Foster nous montre, encore une fois, bien des facettes. Cette femme est toujours aussi sensible, elle ne lâche rien, elle ne compte pas ses heures, mais arrivera-t-elle un jour à faire un peu passer ses désirs, sa vie personnelle au-delà de son métier ? Il lui faudra encore du temps, un lâcher prise qu’elle commence à expérimenter.

Mon troisième Robert Bryndza pour moi et un troisième succès. J’ai retrouvé avec grand plaisir sont héroïne Erika Foster et ses deux acolytes, Moss et Peterson. Et c’est un roman très riche, comme à chaque fois, même si j’ai eu un sentiment de malaise sur quelques répliques de Peterson. Répliques qui tombaient comme un cheveu sur la soupe. Mais elles sont très vite balayées par la qualité de l’auteur et de son roman. Encore une fois. On assiste à l’évolution d’Erika, toujours hantée par la mort de son mari, on fait la connaissance avec sa soeur. Ce roman est peut-être moins centré sur les trois personnages et leurs vies personnelles. Mais leur complicité est toujours bien réelle. Une très belle enquête policière où franchement, je n’ai rien vu venir. J’ai suspecté la famille, car ce sont toujours les premiers suspects, mais pas de cette façon. La mère de famille, Marianne, n’a toujours pas fait son deuil de sa petite fille disparue. Tout démontre, chez elle, sur elle, qu’elle est profondément ancrée dans la religion. Elle n’accepte pas l’homosexualité de son fils, contraire à la religion. Elle semble avoir une belle relation avec sa fille aînée, elle est très en colère contre sa mari. Comment une disparition affecte tous les liens familiaux, d’une famille partie de rien dont le père a réussi à donner le mieux à sa famille ? Mais on peut vivre avec de l’argent et ne pas être foncièrement heureux.

Qui aura grand plaisir à retrouver Erika Foster et ses deux amis lors d’un prochain opus ? Moi, bien entendu. Je remercie Netgalley et les Editions Belfond pour cette lecture.

Liquide inflammable de Robert Bryndza

Date de sortie : 5 septembre 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 361

ISBN : 9782714479341

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy, présentation de l’éditeur

Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter.
Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.
Les plus jolis monstres du monde.

Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.

Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle. 

Avis Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Je découvre mon premier Julien Dufresne-Lamy dans un roman destiné aux adultes. J’ai déjà lu quelques uns de ses romans destinés à un jeune public. Quand un auteur ne se cantonne pas à un seul genre de public, cela permet de découvrir tous ses talents. Il est possible de faire passer de nombreux messages quand on écrit pour un jeune public. Et cela fonctionne très bien avec Julien Dufresne-Lamy. Il est également possible de faire passer de nombreux messages à un public adulte. Est-ce que cela fonctionne mieux ? Cela dépend de l’ouverture d’esprit de ce public adulte. Car le sujet développé par Julien Dufresne-Lamy concerne les drag queens, les jolis monstres, leur vie avant, pendant et après les années sida. Je mets après entre guillemets car la maladie n’est pas éradiquée, loin de là, même s’il y a des traitements et que le monde semble se protéger. Même si ces derniers temps, le recul sur la protection lors de rapports sexuels a été annoncé. D’ailleurs, l’auteur en fait état dans ce roman. Je remercie Julien Dufresne-Lamy de m’avoir contacté sur Facebook pour que son éditeur m’envoie son livre. Je le remercie également pour sa dédicace.

Bref, après ce long paragraphe, plongeons-nous dans ses Jolis, jolis monstres. Un roman qui rend hommage aux drag-queens, des hommes qui assurent le show, la nuit, et se transforment en femmes. Un roman qui leur rend hommage, qui permet de les comprendre, de savoir ce qu’elles ont vécu, bien souvent enduré, car en première ligne, lorsque la maladie est tombée. C’est un monde de fêtes, de drogues, de shows, de familles, d’amitiés également. Mais elles ont été vilipendées, chassées, tuées car elles ne correspondaient à aucun standard. Il y a également de la souffrance, mais des femmes qui se soutiennent mutuellement même si la rivalité peut être de mise, comme pour tout.

Par la voix de James-Lady Prudence et ensuite d’Hector, on assiste à un retour en arrière mais aussi ce présent où tous les deux se racontent et racontent l’autre. On peut être drag-queen mais rester un homme. Et pour cela, on assiste à la transformation de Victor. Ce n’est pas simple pour lui. Mais heureusement qu’il a trouvé celle qui va le révéler à lui-même et qui va jouer un rôle prépondérant dans sa future carrière et dans sa vie personnelle.

Pour moi, cela a été un régal de côtoyer tous ces personnages, d’entrer dans leur vie, de faire partie, grâce aux mots de Julien Dufresne-Lamy, de ces Jolis Monstres qui ne doivent pas rester enfermés. Même si en plus de 30 ans, les idées ont évolué, les gens semblent moins coincés, il restera toujours quelques personnes pour commettre des actes odieux contre ceux qui paraissent différents. Pour preuve, les différentes agressions et attentats. En quelques jours, j’ai vécu avec elles, j’ai remonté le temps au moment où j’étais une adolescente, fan de Madonna. Les mots sont percutants, sensibles. Outre cette culture drag-queen, il permet de démontrer à tout un chacun de vivre sa vie comme il l’entend et d’être soi malgré le quand dira-t-on. Une bouffée d’air frais qui fait du bien et qui permet de s’évader d’un quotidien pas toujours au top. Entrez dans cette culture drag-queen, vivez avec ces personnages aussi sensibles qu’attachants pour en sortir grandi avec des étoiles plein les yeux, un sourire aux lèvres, mais aussi en ayant appris encore quelque chose. C’est ça le pouvoir des livres.

Merci à Julien Dufresne-Lamy et aux Editions Belfond

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : 22 août 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 416

ISBN : 9782714479853

 

Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Oiseau de nuit de Robert Bryndza - Editions Belfond

Résumé Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Mois de juin, une femme court, se cache. Elle rejoint une maison et sait que l’homme y est seul. Elle éprouve de la haine contre lui. Elle a eu besoin de mois préparation et de peur avant de commettre son acte.

Avis Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Un deuxième opus réellement excellent et ce n’est pas toujours le cas avec les deuxièmes romans. Robert Bryndza a conservé une partie de sa trame du premier roman et ses personnages principaux. Dans la critique du premier roman, j’écrivais qu’il me tardait de retrouver Erika et je ne suis pas déçue. Elle est accompagnée de ses fidèles enquêteurs, qui se complètent l’un et l’autre. Mais dans une équipe, quand tout va bien, ils sont ensemble, mais lorsque tout va mal, ils sont affectés à d’autres enquêtes.

Erika se retrouve confrontée à un premier meurtre, celui d’un médecin bien sous tous rapports. Il est en instance de divorce. Mais l’enquête va dévoiler un pan de sa vie qu’il a tenté d’occulter à ses plus proches. Est-ce que ce meurtre est dû au pan caché de cette vie ? Les enquêteurs auront fort à faire. Surtout que ce sont les vacances et les voisins ne sont pas tous là. L’enquête stagne mais l’opiniâtreté des uns et des autres doit affronter les instances de la police qui ont déjà décidé quelle tournure devait prendre l’enquête. Erika doit donc les affronter et tenter de mener son enquête comme elle l’entend. Le deuxième meurtre met à jour un autre indice qui sera très important. Mais là, encore, comment faire accepter ces découvertes. Le temps, bien entendu, joue contre eux. Les résultats doivent être visibles de suite.

Ce roman peut se lire indépendamment du premier. Mais lorsque le personnage est récurrent, je préfère avoir lu l’histoire dès le début. Le lecteur en apprend beaucoup plus sur Erika, sur cette souffrance journalière suite au décès de son mari, deux ans plus tôt. Elle se juge toujours responsable de sa mort. Elle n’arrive toujours pas à faire son deuil. Arrivera-t-elle un jour à être en paix ? Pourtant, cela lui permettrait d’aller de l’avant et de se consacrer plus à ses relations familiales et amicales. Elle est très proche du légiste, Isaac. Et le sera encore plus à la fin du roman lorsqu’elle écoutera les conseils de sa collègue. Elle comprend, également, l’auteur de tous ces crimes avec qui elle aura une discussion.-

Le caractère d’Erika n’a toujours pas changé. Même si elle est appréciée par certains, dont son responsable, elle est toujours humiliée par d’autres. Détestée, voire jalousée, car malgré ses méthodes, ses résultats sont bons, mais d’autres en profitent. Les liens avec son équipe sont très forts, ils se comprennent, se soutiennent.

L’auteur a choisi de détailler les second et troisième meurtres, avec brio. Il traite des sujets de pédophilie car un enfant est en danger. L’homosexualité est également bien présente avec ces personnages mais aussi des personnes qui sont toujours suspectées par leur train de vie et elles sont les premiers bouc-émissaires de la police. Un roman très bien construit, les pages se tournent et le livre est un pur régal car il n’y a aucun temps mort. Tout s’agence parfaitement. J’ai appris également qu’il est possible de surfer incognito. Je ne sais pas si le navigateur donné existe toujours mais cela peut donner des idées, même si je n’ai rien à cacher. L’auteur développe également ce monde où les enfants évoluent selon certains événements de leur vie et puis ces violences conjugales, physique et psychologique. Et que dire de cette télévision, de ces animateurs qui peuvent être responsables de la destruction d’une vie, juste pour de l’audience.

Je remercie Netgalley et Belfond pour cette lecture. Y aura-t-il un troisième roman avec les mêmes personnages ?

Oiseau de nuit de Robert Bryndza

Date de sortie : 10 janvier 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 362

ISBN : 9782714476173

Je t’aime de Barbara Abel

Je t'aime de Barbara Abel

Je t’aime de Barbara Abel

Résumé Je t’aime de Barbara Abel

Quatre prénoms féminins, Maude, Solange, Nicole et Alice. Elles ont toutes vécu une première fois, un premier amour.

Maude rentre chez elle. Elle est victime d’une migraine et elle découvre sa belle-fille, Alice, en train de fumer un joint.

Avis Je t’aime de Barbara Abel

Trois femmes et une jeune fille qui vont être liées, plus ou moins, après un drame fatal, pour lequel Barbara Abel nous offre des paragraphes très courts pour faire monter la pression. L’une d’entre elles s’en sortira plus ou moins bien, en tous les cas mieux que les trois autres. Deux femmes qui vont perdre chacune leur enfant unique. Une jeune fille qui va perdre son premier amour et la dernière qui devra faire face à une fin de relation.

Nicole est greffière. Son métier lui prend énormément de temps mais elle a élevé seule son fils, Bruno, un jeune homme bien sous tous rapports. Mais Bruno fume des joints de temps en temps. Et Bruno est amoureux d’une jeune fille. Sa mère les surprend tous les deux. Et cette jeune fille ne lui plait pas. Lorsque Bruno ramène Alice, il lui déclare son amour mais Alice ne répond pas comme il le souhaite. Pas dans son état normal, il provoque un grave accident. Nicole perd son fils et Alice son premier amour. La première veut que la mémoire de son enfant ne soit pas ternie par le fait qu’il ait fumé. Pour elle, il n’y a qu’une seule responsable, c’est Alice. Et si la justice ne fait pas son travail, elle s’en chargera. En plus, Alice, par son comportement, sa tenue, ne possèdent pas les bons atouts pour être une bonne petite amie. Elle vient d’un milieu aisé et a donc tout ce qu’elle souhaite. Nicole décide donc qu’elle est comme tous ces délinquants qu’elle côtoie tous les jours. Il n’y a rien à tirer d’Alice.

Jusqu’où peut aller un père, une mère pour protéger son enfant, son honneur ? Très loin, semble-t-il. Simon, malgré la colère envers sa fille, Alice et ses soupçons, tentera de la sauver. Pour cela, il mettra plus que son couple, formé avec Maude, en danger. Il changera du tout au tout. Il révèlera ses plus mauvais côtés. Mais il n’y a que sa fille qui compte, une enfant qui est orpheline de mère. Déjà, avec son ex-femme, ils ont protégé cette petite fille du désastre de la fin d’un mariage mais pas de la mort. Maude, quant à elle, avec cette famille recomposée, a tenté de se rapprocher d’Alice. C’est pour cela qu’elle n’a pas confié à Simon qu’elle avait vu Alice en train de fumer un joint. Un mensonge par omission, un secret qui la torturera énormément. Surtout lorsque la famille sera la cible de l’enquête sur le trafic d’herbe. Mais Maude, après un divorce difficile, veut sauver son couple car elle a enfin trouvé l’amour, l’homme avec qui elle semble tout partager. Toutefois, pour elle aussi, elle fera tout pour protéger ses deux enfants, son fils et sa fille.

Quant à Alice, c’est son premier amour. La jeune fille qui a du mal à avouer ses sentiments, se trouve anéantie par la mort de Bruno. Elle plonge dans le désespoir le plus complet. Et la garde à vue, le fait qu’elle soit accusée, ne vont rien arranger du tout pour cette jeune fille. La garde à vue d’Alice est relatée. Est-elle responsable de ce dont on l’accuse, elle qui proclame son innocence ? En tous les cas, la police n’y va pas avec le dos de la cuillère. Même si la jeune fille est déjà au plus mal, elle affronte le début sûre de son fait. Mais la douleur, la fatigue la font basculer.

Des destins qui se croisent. Une façon de raconter indéniable. On ne juge personne ici. Tous les personnages basculent, à des degrés divers, et le lecteur avec eux. La souffrance est là indéniable. Quand l’amour vire donc à la haine car l’un et l’autre ne sont jamais bien loin. On aime, on n’aime plus pour aimer à nouveau après avoir apaisé des souffrances. Mais certains amours restent profondément ancrés en soi car ils sont le vecteur du développement, de la vie future. On est tous à la recherche de l’amour. On ne peut pas vivre sans. Et quand il s’en va, on se trouve démuni et chacun réagit à sa façon. Chacun veut préserver l’amour ressenti même si on cache certains faits. De là, la culpabilité et le manque de confiance peuvent naître car on sait que l’autre se sentira trahi. Même en amour, les mots prononcés à un moment de colère peuvent faire mal, très mal. Les phrases qui blessent peuvent être irrémédiables. Peut-être est-ce parce que Solange n’a pas une grande part dans ce roman par rapport aux autres qu’elle clôture ce roman. Pourtant, elle a attendu tellement d’années pour avoir cet enfant qu’elle n’espérait plus. Je ne m’attendais pas à ce développement que l’on trouve vers la fin du livre. En tous les cas, un roman profondément addictif.

Je t’aime de Barbara Abel

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 462

ISBN : 978-2_7144-7633-3

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L'enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Résumé L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Ana a 17 ans. Elle vit une relation difficile avec sa mère. Elle rencontre un jeune homme, joueur de football, Nicolae, un véritable séducteur.

Ils couchent ensemble et au bout de quelques semaines, Ana est enceinte. Elle tentera d’avertir le jeune homme qui se détourne d’elle.

Avis L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

De la Roumanie, je ne connais pas grand chose, sauf le régime totalitaire mais aussi lorsque Nicolae Ceaușescu et son épouse sont, le jour de Noël 1989, condamnés à mort et exécutés. La Roumanie, c’est aussi Dracula. Mais ce n’est pas le but et le thème de ce livre.

C’est le témoignage de Marion, adoptée à l’âge de six ans, alors qu’elle a été abandonnée par sa mère dans un orphelinat de Roumanie. Je mets bien abandonnée en italique car en lisant ce document, vous vous rendrez compte que le mot abandon dans la dictature de Ceaușescu n’est pas au sens propre. Le témoignage est construit autour de Marion et des personnages principaux de sa vie, ses parents adoptifs mais aussi ses parents qu’elle n’aura de cesse de chercher pour tenter de comprendre cet abandon.

Les faits décrits dans ce livre nous renvoient à des images fortes vues à la télévision avec la mort du dictateur et la découverte de ces nombreux orphelinats où survivaient des enfants. Ceaușescu n’a rien à envier à Hitler. Il savait se montrer plus qu’affable lors de réunions internationales mais il, et sa femme, avaient organisé la terreur dans leur propre pays. Famine, misère, politique familiale pour avoir le plus d’enfants possibles qui serviraient la Roumanie et surtout de nombreux interdits pour les femmes. Mais les images ont peu à voir avec la réalité avec ce qu’ont enduré tous ses enfants et les parents de surcroît. Dans le cas de Marion, on apprend ce qui s’est passé pour sa mère biologique, les détails de son adoption et toute sa vie en France. Une vie pas facile pour une enfant qui ne se rappelle pas, qui a enfoui au plus profond de sa mémoire, les six premières années de sa vie. Six ans sous les cris avec sous les yeux des enfants non désirés, parqués dans des endroits comme des bêtes. Ce sera aussi une vie assez difficile en France, malgré l’amour et les soins dispensés par cette famille française. Car Marie a toujours peur de l’abandon, ne fait pas confiance aux femmes et sa mère adoptive en subit les conséquences. Marie est en colère, elle a de la haine, elle n’a pas confiance en elle. Cela peut se comprendre avec un tel bagage. Son corps se révolte donc car elle garde tout en elle. A force de volonté et même si elle garde beaucoup au fond d’elle, elle arrivera à s’en sortir. Elle rencontrera sur son chemin des personnes qui vont compter. Cette quête de sa famille biologique ne sera pas facile, bien entendu, car elle devra, mettre de côté ce qu’elle ressent, ses sentiments, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé pour sa mère biologique.

Est-ce que tous les enfants qui ont vécu des conditions extrêmement difficiles comme Marie réagissent de cette façon ? Coupés de leur pays, de leurs racines, de leurs parents, une vie d’adopté ne doit pas être facile à appréhender surtout lorsque cette adoption a lieu à un âge déjà avancé dans la vie d’un enfant, qui a tenté de se construire. Se rendre compte qu’ils ne vont manquer de rien mais réagissent comme si cela pouvait très vite s’arrêter, cumuler les possessions et les cacher.

Outre la recherche de ses racines, ce témoignage explique tout à fait la vie en Roumanie dans les années 70 et bien plus tard, lorsque Marion y reviendra de nombreuses fois. Ce livre est également un véritable témoignage historique de ceux qui ont vécu au coeur de ce pays, de cette dictature. 

Je remercie Marion Le Roy Dagen de m’avoir envoyé un message sur Facebook pour me faire une présentation de ce livre et d’avoir accédé à ma demande pour le recevoir. On ne ressort pas indemne d’une telle lecture.

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Date de sortie : 15 février 2018

Editeur :Belfond

Nombre de pages : 222

ISBN : 9782714478313