Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola

Présentation de l’éditeur Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola Histoire du grand banditisme à la néo-voyoucratie

Ancien flic de la BAC de Marseille, Marc La Mola a grandi dans les quartiers Nord de la cité phocéenne, où il a vu le milieu traditionnel des voyous laisser la place à une horde de jeunes issus des cités. De la mairie aux couloirs crasseux de l’hôtel de police, une immersion dans le milieu du néo-banditisme.


Avis de l’éditeur Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola Histoire du grand banditisme à la néo-voyoucratie

Quand un Marseillais et ex-flic raconte Marseille et ses meurtres, ses trafics en tout genre et l’évolution des quartiers nord. Vraiment très intéressant à lire pour connaître cette ville unique en son genre que je n’aime absolument pas, même si j’y habite depuis plus de 10 ans. J’y vis, j’y travaille, je me suis fait agressée juste à côté de chez moi, dans un quartier dit chic, soit le 8ème arrondissement, juste à côté du commissariat. Mais les agressions, les meurtres ne se passent pas que dans les quartiers nord, ils descendent même dans les quartiers sud. Je n’aime pas Marseille à cause de sa saleté, à cause de son anarchie. Tout le monde se gare n’importe comment, gêne les autres et s’en moque. Difficile également de trouver un emploi. Déjà quand on est jeune, que l’on vient des quartiers nord, que l’on a aucune perspective d’avenir. Mais aussi quand on vient d’une autre région et que l’on ne connait personne parce que l’on préfère privilégier les gens que l’on connait même s’ils n’ont pas les bonnes compétences. Mais tous les Marseillais, les vrais Marseillais ne sont pas comme ça et heureusement.

Il a eu des témoignages de policiers, de magistrats, de ceux qui vivent dans ces quartiers délaissés, de ceux qui font des trafics et de lui-même. Il a tout vu, tout entendu. Il a constaté l’évolution de cette criminalité, au départ aux parrains corses et maintenant aux gens des cités. Les premiers ont travaillé, main dans la main, avec tout le monde et même les plus hautes instances. Ils avaient un code d’honneur, même dans leurs assassinats avec un colt. Les derniers sont en colère, ont la haine, et l’utilisation de la kalachnikov semble même très facile, même pour ceux qui ne savent pas tirer. Ils sont sûrs de leur coup à chaque coup, même s’il y a des dommages collatéraux.

Y a-t-il un avenir pour Marseille ? Pour faire baisser cette criminalité, ces réseaux ? Possible avec un changement de maire. Mais il va falloir qu’il prenne tous ces problèmes et s’y tenir, ne pas tomber dans le système des pots de vin pour plaire aux uns et aux autres. La montée du RN dans de nombreux quartiers change-t-elle quelque chose ? Les gens ont peur et le font savoir. Mais ce n’est pas avec ce parti politique que cela va changer. Car lui comme les autres n’est pas blanc comme neige.

Alors, oui, intéressant de lire comment cette criminalité a évolué, comment ils ont pu s’identifier à un seul homme pour mener à bien leur business basé sur la drogue, sur la prise de pouvoir des autres cités. Il y a également une analyse de la politique de la ville, de l’Etat envers les Marseillais, des quartiers pauvres, très pauvres, que ce soit dans le centre ville ou dans les quartiers nords. On se moque des Marseillais, rien n’est fait pour les associations, pour ceux qui peuvent aider ces populations en détresse. On s’en rend compte également avec l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne et tous les immeubles qui ont été déclarés en péril imminent. On reloge les habitants mais sous quelles conditions. La mairie ne fait pas son travail. La première mission d’un maire est de protéger ses administrés. Ce n’est pas le cas à Marseille.

Morale de ce document. L’avenir s’annonce bien sombre.

Encore un bémol, un livre émaillé de nombreuses fautes. Pas assez de relectures, notamment de l’éditeur. Vraiment dommage.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Fauves.

Marseille du Colt 45 à la Kalachnikov de Marc La Mola

Date de sortie : 18 avril 2019

Editeur : Editions Fauves

Nombre de pages : 226

ISBN : 978-10-302-0285-4

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

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Résumé Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Le monde subit la canicule. Il fait très chaud. Les mers ont disparu mais elles se soulèvent et c’est à chaque fois la peur de mourir.

Oural est un exorciste. Il est devenu le maître. Tous ceux qui vivent avec lui ont confiance. Une vague arrive et il se prépare pour protéger les siens.

Avis Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Est-ce que la nature reprendra le dessus sur ce qui reste d’humains ? Ce roman peut-il être considéré comme ce qui pourrait arriver d’ici quelques années, pas si lointaines ? Comme l’auteur, je ne l’espère pas.

Le monde est un véritable désert. C’est la canicule. Il n’y a plus d’eau. Il reste quelques humains qui attendent, avec angoisse, ces mers mortes, ces vagues déferlantes chargées d’âmes qui veulent se venger de ce que les humains lui ont fait subir. Mais il reste Oural et le capitaine d’un bateau, Bengale. Oural est un exorciste. Il a un pouvoir pour protéger ceux qui sont avec lui contre ces mers mortes. Bengale en fait son prisonnier car il a un dessein. Trouver l’animal à la tête de tout ça et tenter de sauver le monde qui reste.

Oural est allié à une dauphine fantôme. Les deux hommes vont apprendre à se connaître, s’apprécier. Pour Oural, rencontrer d’autres humains, d’autres vies, c’est une ouverture sur un monde en déclin. Il n’est pas seul. L’un avec l’autre vont-ils sauver, en définitive le monde ou ce qu’il en reste ? Oural passe par différentes phases dans sa relation avec Bengale. Ce sera le déni, l’envie d’être accepté parmi ce monde de pirates, retrouver les siens, s’enfuir, revenir. De plus, il apprendra vraiment qui est réellement Bengale et ce sera encore plus difficile pour lui. Malgré tous ces questionnements, cette aide qu’il peut apporter aux pirates, il prendra des décisions, souvent difficiles, qui leur permettront d’avancer. Oural n’est l’esclave de personne, il veut être un homme libre même si contre son gré, il a pu tuer pour permettre aux autres de rester en vie et cela va, bien entendu, à l’encontre de ses idées. Cette relation entre les deux hommes est très bien évoquée, détaillée. Sans être fan de tous les personnages, je les ai tous très bien appréciés avec leur histoire personnelle.

L’auteur nous donne des sensations, des images très fortes. Avec elle, on s’interroge sur ce que nous faisons de mal envers la nature, sur cette pêche intensive, sur ces eaux polluées continuellement, sur ces marées noires qui dévastent tout. Cela permet une énorme prise de conscience. Tout le monde devrait lire ce roman et peut-être que les êtres humains réfléchiraient un tant soit peu. Roman écologique où le rythme ne faiblit aucunement. Les conséquences désastreuses pour tous. Car sans eau, sans animaux que peut-on faire ? Les gens meurent, leurs pires instincts se dévoilent. C’est une question de vie, de survie, que d’avoir de l’eau, des animaux pour vivre ensemble en toute quiétude. Les descriptions sont très réalistes quant à ce monde perdu qui se rebiffe, qui veut vaincre, qui sème la terreur comme lui l’a connu. Les humains, également, ont souffert, parqués dans des endroits inadmissibles avec sa pauvreté, sa violence, ses maladie.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Scrineo.

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Date de sortie : 14 mars 2019

Editeur : Scrineo

Nombre de pages : 363

ISBN : 978-2-3674-0660-2

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

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Résumé Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Emily Brontë meurt à l’âge de 30 ans, quelques semaines après son frère.

Elle n’a pas voulu se soigner. Elle est entourée de ses deux soeurs et son père.

Avis Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Dans la famille Brontë, on demande l’auteur d’un seul roman qui aura du succès après sa mort, Les Hauts de Hurlevent. Cet auteur est Emily Brontë, morte à 30 ans des suites de maladie. Elle est la soeur d’Anne, Charlotte et Branwell Brontë. Ses frères et soeurs sont également morts très jeunes. Seules Anne et Charlotte ont connu du succès du temps de leur vivant. Deux siècles plus tard, les livres de ces femmes s’achètent toujours autant, se lisent toujours autant et sont toujours étudiés.

Emily Brontë ne laisse que ses écrits pour parler d’elle, et encore ils n’ont pas tous été retrouvés. Le reste n’est qu’interprétations, études de la vie de la famille, témoignages de ceux qui lui ont survécu ou encore la passion d’un auteur qui, adolescente, découvre les Hauts de Hurlevent. Il a fallu des années pour tenter d’écrire sur un tel personnage, amasser quantité d’informations pour écrire cette biographie qui comporte de nombreux vers de l’auteur pour coller à l’époque de la vie d’Emily Brontë.

Le père d’Emily Brontë a pris en charge l’éducation de son unique fils. Ce dernier présente, déjà, des soucis psychologiques. Il doit donc être protégé. Le manque d’argent est présent. Les filles, après la mort de leur mère, prendront en charge l’entretien de la maison avec leur tante qui les éduquera. Mais tous ont du temps libre pour parcourir les landes, lire encore et toujours, que ce soit des journaux, des livres, et surtout écrire à plusieurs mains. Raconter des histoires issues de leur imagination mais aussi de tout ce qu’ils peuvent lire. En ce temps-là, le père va tenter de faire instruire leurs filles. Mais cela se passe mal. Deux tombent malades et meurent. Les suivantes, Charlotte et surtout Emily, n’auront de cesse que de revenir chez elles. Charlotte, qui devient l’aînée de la famille, a toujours eu à coeur de parcourir l’Europe. Elle y parviendra en travaillant et en s’instruisant. Emily s’est rapprochée de sa jeune soeur, Anne. Une relation qui unira pendant de nombreuses années les petites filles, devenues grandes. Emily, avec son caractère entier, prompt à la colère, aide les plus faibles. Elle sera la seule à tenter d’adoucir les derniers mois de vie de son frère.
 
Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la vie des Brontë, et en particulier, celle d’Emily, on fait connaissance avec une enfant très intelligente, qui très vite connaît la nature humaine, elle qui ne se lie à personne, et donc ses faiblesses. Emily se caractérise par sa beauté, comme tous les enfants Brontë, par des attitudes très emportées, mais aussi par une propension à la solitude. Solitude due aux décès de sa mère, en premier, et de proches. Elle n’a pas pu recevoir de l’amour et donc ne sait pas comment le donner. Elle a voulu être aimée et aimer. Très vite, l’endroit où elle vit est son refuge, sa maison et en particulier la lande, source d’inspiration qui ne se tarit pas. Faune et flore, Emily a tout compris. La solitude d’Emily est due à cet abandon. Le père n’est pas extrêmement proche de ses enfants. Emily ne veut aucune contrainte, elle veut être libre, même si elle réalise les nombreuses tâches ménagères qui lui incombent. Dans cette biographie, émaillée des nombreux vers d’Emily Brontë, qui permettent de comprendre son état d’esprit, on assiste à la culpabilité énormément présente chez Emily, à son évolution en tant que poétesse, écrivain, aux problèmes qu’elle a pour assumer sa féminité, à ses nombreux cauchemars. La lande, écrire lui servent de refuge. Ses différents séjours à l’extérieur ont été profitables dans une certaine mesure. Emily, tout comme ses frère et soeurs, ont pratiquement vécu en autarcie. Est-ce que cela leur a suffi ? A Charlotte, non, qui a toujours voulu partir. A Emily ? Cela ne l’a pas aidé. Mais aurait-elle, pour autant, donné toute sa plénitude à ses écrits  ?
 
J’aime découvrir la vie des gens, que ce soit dans les romans ou dans les biographies. Cela permet de s’approprier un peu le personnage, de le comprendre surtout. Quand on ne le connait pas, on le découvre. Pour moi, cela a été le cas ici. J’avais peur de m’ennuyer, de ne pas tout comprendre. Cela a été un peu le cas concernant les vers, la poésie d’Emily Brontë. Je n’ai pas eu le temps de m’y pencher trop dessus. Je pense que, pour cela, il faut être vraiment en condition. 
 
Je remer19cie Babelio pour cette édition Masse Critique ainsi que les Editions Ecriture.
 

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Date de sortie : 11 avril 2018

Editeur : Ecriture

Nombre de pages : 305

ISBN : 978-2-3590-5278-7

Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

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Résumé Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

Sela a été violée par plusieurs hommes et droguée. Elle tente de se suicider avec un cutter.

Dix ans plus tard, étudiante en Master, elle voit à la télé le reportage d’un homme. Son tatouage la remplit d’effroi.

Avis Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

Le sujet n’est pas nouveau. Un homme rencontre une femme. De suite, ils établissent les bases de leur rencontre et future relation. Elle ne doit déboucher sur rien et durer qu’un temps. L’un et l’autre s’utilisent. L’homme, ici, Beck, est fortuné, très fortuné. Ils vont tomber amoureux, avoir une super alchimie sexuelle mais ne s’avoueront rien, sauf avec quelques petits gestes qui démontrent qu’ils tiennent l’un à l’autre. Ensemble pour un temps, ils vivront une belle histoire, mais un élément du passé viendra tout anéantir. Sauront-ils pardonner pour vivre une histoire d’amour ?

Ce qui change par rapport à d’autres romans. Sela a été violée, droguée, alors qu’elle n’avait que 16 ans. Elle a des flashs de cet évènement traumatisant, de nombreux tatouages, et le nom d’un de ses agresseurs, JT. Elle a tenté de se suicider après ça et a essayé de reconstruire sa vie. Pour être comme toutes les femmes, elle a eu des relations sexuelles mais n’y a pas pris goût. On peut comprendre pourquoi. 10 ans après, elle voit à la télévision JT et reconnait surtout son tatouage. Elle décide de le tuer et pour cela de devenir une Sugar Baby, sauf que Beck, le patron de la société, tombe sous le charme de Sela qui a mis six mois à devenir ce qu’elle physiquement. Sela, malgré les années et les thérapies, souffre encore de ce viol commis il y a dix ans. Elle tente de vivre mais ces rappels incessants la plongent toujours dans l’horreur, une rage froide, que l’on peut comprendre. Elle sait que JT n’a pas changé et qu’il ne changera jamais. Elle veut éradiquer cet homme qui l’a fait souffrir et qui fait souffrir des jeunes femmes sans défense.

Sela et Beck vont vivre une très belle relation. Ils vont s’ouvrir l’un à l’autre avec de réels moments très érotiques. Beck révèle la femme. Sela n’y croyait plus par rapport à son passé. Il lui est de plus en plus difficile d’utiliser Beck pour arriver à ses fins, mais elle n’ose pas lui dire toute la vérité ou alors il sera trop tard. Beck se sent protecteur envers Sela. Il sait que la jeune femme lui cache quelque chose. Mais quoi. Tant qu’elle ne lui ment pas, tout va bien. Même si le jeune homme a de l’argent, grâce à sa famille et sa société, fondée en commun avec JT, il est animé de belles intentions. Il n’aime pas voir les gens souffrir et il tente de les protéger au maximum. C’est le cas avec les Sugar Babies, surtout lorsqu’elles ont affaire à JT. Sela et Beck m’ont beaucoup plu. Beaucoup de scènes de sexe torrides mais elles ne me dérangent pas. J’ai bien aimé voir leur évolution face à leur rencontre, leur engagement l’un envers l’autre. L’attrait physique est indéniable. L’auteur consacre alternativement un chapitre à l’un et ensuite à l’autre. Il peut donc y avoir des répétitions, quant aux situations, mais leur ressenti est détaillé.

Le personnage qui fait froid dans le dos est JT. On sait qu’il sème la zizanie, qu’il se moque des relations humaines, qu’il agit pour son seul plaisir. Et le revirement de situation va amener, on s’en doute, des problèmes dans les autres tomes. Beck qui connaît à fond JT lui laisse une seconde chance, au nom de leur passé et de leur amitié.

Pas mal le principe de cette société qui contourne les règles juridiques pour ne pas avoir de procès.

Lecture plaisante, sans aucune prise de tête, addictive, qui fait passer un très bon moment. Les prochains romans sortent en mars et avril et, bien entendu, je veux connaître la fin de l’histoire, même si je me doute un peu de ce qui va se passer.

Je remercie Babelio et Hugo Romans pour cette Masse Critique.

Sugar Daddy Sugar Bowl tome 1 de Sawyer Bennett

Date de sortie : 14 février 2019

Editeur : Hugo Romans

Nombre de pages : 304

ISBN : 9782755638554

S’inventer une île d’Alain Gillot

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Résumé S’inventer une île d’Alain Gillot

Dani est en Chine. Il travaille sur un gros chantier.

Sa belle-soeur l’appelle et l’informe de la mort de son fils suite à une noyade. Très vite, il part pour rejoindre sa famille et surtout sa femme, Nora.

Avis S’inventer une île d’Alain Gillot

Daniel et Nora ont tout pour être heureux. Ils sont amoureux, ont choisi leur vie et ont un petit garçon. Dani part souvent à l’étranger, plusieurs mois, pour travailler sur des chantiers colossaux. Il est en Chine lorsqu’il reçoit l’appel qui va bouleverser sa vie et celle de son couple. Tom, en vacances chez sa grand-mère, s’est noyé. Il est mort. Dani rentre très vite en France. Préparation des obsèques, jour J, accueil de la famille et des amis, Dani n’a pas le temps de faire son deuil et surtout de réaliser que son fils est mort. Il ne peut pas pleurer. Il ne veut pas le voir dans son cercueil. Dani veut s’approprier son deuil.

Le livre s’attache à raconter l’expérience d’un deuil, surtout lorsque cela touche un enfant. Beaucoup de culpabilité est ressentie. Pourquoi avoir laissé Tom à sa grand-mère, femme qui ne s’est jamais préoccupée de ses filles ? Pourquoi ne pas avoir passé de temps avec son enfant car le travail à l’étranger était trop prenant ? Pourquoi avoir dit non à certaines de ses demandes, lesquelles, en définitive, n’étaient que la possibilité de passer un moment entre père et fils ? Nora veut tenter très vite d’oublier les traces de son fils. Elle entreprend un grand ménage dans la maison. Pour Dani, c’est trop tôt, mais il laisse faire. Incompréhension du couple, colère de Nora envers son mari, l’un et l’autre s’éloignent jusqu’à l’hospitalisation de Nora. Elle souffre trop donc elle n’a pas tenu le coup. Le roman s’attache à raconter leur amour, comment il a débuté, comment ils ont choisi de vivre.

Dani a peur que les souvenirs de son fils s’estompent, qu’il ne se rappelle plus sa voix, son visage, son odeur. Quand celui-ci lui apparait, il le rejette. Mais l’esprit de Dani est le plus fort. Il va réaliser ce qu’il a promis à son fils, aller sur une île et vivre des instants rien qu’à eux. Tom est extrêmement présent. Tendre, il a besoin de son père, de lui montrer qu’il est fort. Toutes les scènes sont issues de l’imagination de Dani. Il va lui parler, il va le serrer dans ses bras. Un mirage, certes, mais Dani a besoin de tout ça pour qu’il prenne conscience que sa vie n’en est pas une, que l’on est conditionné dès le départ et que l’on ne prend jamais le temps de vivre selon ses désirs et ses aspirations. Bien sûr, il cache tout ça à Nora. Par peur de sa réaction alors qu’elle est si fragile ? Toute cette aventure lui permet de ne pas sombrer, de dire pardon à son fils pour ses absences. Il suffit d’un drame pour se rendre compte que tout arrive trop tard, mais cela permet de changer de cap.

Outre le fait que ce livre raconte le deuil, comment il est vécu, le message d’espoir est bien présent. Il se traduit par la force de l’amour, de l’amitié entre deux couples très proches, entre deux soeurs. Tous se serrent les coudes pour aller de l’avant, pour enfin se révéler, être qui on est vraiment et ce que l’on veut être.

Deux mots me marquent dans ce roman sensible, aux personnages très attachants, c’est Mon papa. Même si on ressent de l’empathie pour les personnages, je suis restée extérieure à leur vie, je ne me suis pas immiscée dans leur drame, je n’ai pas fait corps avec l’un ou l’autre. Même si lire un tel sujet, on fait preuve un peu de voyeurisme. Je me suis senti détachée car je n’ai pas vécu un tel drame. Je ne sais pas comment je réagirai, même si j’ai quelques pistes quant à mes réactions, vu mon vécu.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les Editions Flammarion.

S’inventer une île d’Alain Gillot

Date de sortie : 20 février 2019

Editeur : Flammarion 

Nombre de pages : 208

ISBN : 978-2-0814-1837-0

Personal Tattoo de Sophie Le Berre

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Résumé de Personal Tattoo de Sophie Le Berre

Photographies de personnes tatouées, de tatoueurs, leur histoire à chacun, pour finir par le tatouage comme outil médical.

Avis de Personal Tattoo de Sophie Le Berre

Petite histoire en ce qui concerne la réception de cette monographie. Personal Tattoo fait partie de la dernière sélection Masse Critique Babelio consacrée aux beaux livres. Dans cette sélection, je m’étais positionnée pour recevoir des beaux livres sur les chats. Mais j’avais également demandé Personal Tattoo car je voulais me plonger dans cet univers, moi qui souhaite me faire faire un tatouage, mais qui n’ose pas passer le cap, tout simplement à cause de la douleur. De plus, j’ai une vague idée sur ce que je voudrais avoir comme tatouage. Voilà pour la petite histoire.

Personal Tattoo est absolument magnifique, quant aux photos prises par Sophie Le Berre mais aussi ses textes. A savoir, ce beau livre est écrit en français mais également en anglais. Il se destine donc à un large public, mais pas seulement aux tatoués. Cette mention m’a un peu chagriné. Sophie Le Berre s’est attachée à photographier des personnes tatouées, des tatoueurs. Une mention spéciale qui fait du bien et qui concerne l’art du tatouage comme une reconstruction après une maladie et ce pour les femmes. Avec ces personnes rencontrées, au fil des ans, qu’elle revoit quelques années plus tard, un lien s’est noué. Plus ou moins fort selon la personne rencontrée et ce qu’elle a pu raconter pour expliquer le pourquoi du tatouage. Sophie Le Berre a mis plus de sept ans pour proposer ce magnifique ouvrage.

Dans ce que j’ai pu lire, comprendre, le tatouage, outre l’art, est un hommage à une personne, à un lieu. On ne se fait pas tatouer la première fois forcément jeune. Quant on commence le tatouage, malgré la douleur (la plus forte dans le dos), on continue pour raconter une histoire, sa propre histoire, affronter ses démons, sa douleur, se libérer d’une certaine façon.

Les photos sont belles, bien mises en scène, les textes également. Tous ont une histoire avec elle, on sent une véritable communion mais aussi une véritable reconnaissance envers tous ceux qui sont dans ce livre, qui se sont livrés, par le dessin, mais aussi par la citation.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les Editions Intervalles.

Personal Tattoo de Sophie Le Berre

Date de sortie : 3 octobre 2018

Editeur : Calmann Levy

Nombre de pages : 331

ISBN : 978-2-7021-5738-1

A un cheveu de Lise Syven

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Résumé A un cheveu de Lise Syven

Matthéo est au lycée. Il a 17 ans. Il souhaite ardemment commencer sa nouvelle vie loin de tout le monde. Il porte constamment une casquette.

Arrive sa cousine de trois ans son aînée. Va-t-elle s’installer chez lui ?

Avis A un cheveu de Lise Syven

Matthéo est un jeune garçon de 17 ans en pleine construction. Il est au lycée et il a dû subir du harcèlement de la part d’un élève de son lycée. Mais depuis peu, Matthéo est atteint d’alopécie. Son crâne se dégarnit. C’est héréditaire. Le jeune homme vit très mal cette situation. Il porte toujours une casquette sur la tête. Après avoir été aidé par ses camarades, il est rejeté. Matthéo est toujours tout seul. Il est amoureux en secret. Il rase les murs pour ne pas être victime de quolibets, de coups. Mais sa cousine, plus âgée, arrive chez lui. Même s’il la rejette un peu au départ, il retrouve très vite la complicité qu’ils avaient. Surtout qu’Andréa a une très belle idée, mise en commun avec la mère de Matthéo. Cela va tout changer dans la vie du jeune homme qui devra faire des efforts, énormément pour s’accepter et se faire accepter tel qu’il est.

Ce roman a été lu dans le cadre d’une Masse Critique Jeunesse de Babelio. Quand je fais mes choix, je survole le résumé car bien souvent, il en dit trop, donc je me base sur le titre, éventuellement l’auteur. Ici, il y a eu un peu des trois, mais surtout la couverture m’a attiré. Et je ne regrette pas d’avoir été sélectionnée car l’auteur aborde de nombreux sujets, pas forcément propres aux adolescents car tout le monde peut expérimenter le harcèlement, l’homophobie, la misogynie. Les personnages de ce roman sont vraiment sympathiques, en ce qui concerne cette famille qui vit ensemble et qui accueille la cousine. Comme dans toute famille, il peut y avoir des heurts mais on sent tout de même que ces quatre là sont soudés. Par contre, comment peut-on renier un enfant car ses aspirations sexuelles n’entrent pas dans la norme de la société ? Quelle souffrance vécue. Andréa et Matthéo se trouvent et s’aident. Ils vont se donner des conseils, passer de bons moments ensemble. 

Matthéo va expérimenter le grand premier amour mais cela ne sera pas en tant que Matthéo car il faut qu’il s’accepte avec son postiche. Il faut qu’il reprenne confiance en lui, qu’il s’aime, même s’il veut avouer la vérité. Comment se tirer de mensonges inventés pour ne pas subir plus de harcèlement ? Vérité vs Mensonge, mais cela lui permet également de réellement connaître son monde et à qui il peut faire confiance. Il veut oser pour ne pas regretter plus tard. Il a raison, en définitive.

Même avec des sujets sensibles, d’actualité, l’auteur fait preuve d’humour dans certaines parties de son roman avec des situations familiales assez comiques. Les sujets traités permettent de faire comprendre aux adolescents que certains peuvent souffrir dans leur corps et leur âme, qu’il faut être entouré pour affronter certaines situations, que l’on peut trouver de l’amitié là où on ne l’attend pas forcément. Que l’on soit jeune ou vieux, on peut rire de quelqu’un mais on ne se rend pas compte que cela peut faire extrêmement mal, que cela peut être mal ressenti. Je remercie Babelio et les Editions Castelmore pour cette lecture

A un cheveu de Lise Syven

Date de sortie : 19 septembre 2018

Editeur : Castelmore

Nombre de pages : 409

ISBN : 2978-2362313042