Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Résumé Editeur Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman. Comment les lois racistes américaines inspirèrent les nazis.

Allemagne, années 1930 : les nazis préparent leur accession au pouvoir. Dans la perspective des futures lois raciales de Nuremberg, ils s’intéressent tout particulièrement aux politiques ségrégationnistes mises en place aux États-Unis.
Ironie de l’histoire, les nazis estimeront que la politique américaine va trop loin, notamment avec la loi « une seule goutte suffit » (ou « One-Drop Rule ») qui leur permet de classer les Africains-américains en citoyens de seconde classe. Les lois raciales nazies ont-elles été inspirées par ce « modèle américain » ?
L’auteur, James Whitman, répond par l’affirmative, ayant mené une enquête détaillée sur l’impact américain lors de la mise en place des principales lois de Nuremberg, pièces maîtresses de la ségrégation antijuive du régime nazi. S’opposant à l’idée généralement défendue par les historiens que la politique de répression américaine n’aurait aucun lien significatif avec les lois raciales allemandes, l’auteur démontre dans cet essai que les nazis ont, au contraire, montré un grand intérêt, réel et soutenu, que ce modèle leur a servi de base dans l’élaboration de leur propre système de ségrégation.
Cet essai nous fait comprendre, au-delà de l’histoire du Troisième Reich, l’influence de l’Amérique sur les pratiques racistes dans le monde.

Avis Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Il est assez difficile, pour moi, de faire une critique d’un document tel que celui-ci. Pour information, la période relatée, qui concerne le nazisme et ce qui en a découlé a toujours été une période historique qui m’a intéressé. Cela me rappelle mon programme, intense, du baccalauréat et ma première année de Langues Etrangères Appliquées. Lorsque je peux lire un roman sur cette période, je suis ravie de le lire car j’apprends toujours de plus en plus de choses. Et là, ce n’est pas un roman mais une étude des lois. Et c’est encore plus enrichissant. Pourquoi ?

Le lecteur apprend tout ce qu’il y a à savoir sur les lois raciales aux Etats-Unis et ce n’est pas franchement réjouissant. En en discutant avec ma fille qui fait des études de Droit, ce sujet a été abordé en cours. Elle est donc au courant de beaucoup de choses. J’ai eu accès, avec ce livre, à des informations que je ne connaissais pas et qui me font plus comprendre l’histoire des Etats-Unis et surtout leurs lois. Si Donald Trump veut durcir encore plus l’immigration, il le peut même si les Etats-Unis sont protégés par de hautes instances. Aux Etats-Unis, il y a donc ces lois, dont les applications peuvent différer selon les Etats. Ces lois raciales font des Etats-Unis un pays profondément raciste, tout comme certains pays, à une moindre échelle, de langue anglaise. Ces lois concernaient, bien entendu les noirs, mais aussi tous ceux qui n’avaient pas du sang blanc, comme les Chinois, Japonais, ceux d’Amérique du Sud et les Mongols mais aussi les Indiens d’Amérique. Des lois vraiment draconiennes qui pouvaient remonter à plusieurs générations et qui faisaient de ces personnes des êtres non humains, qui n’avaient aucun droit.

Passons à l’Allemagne et la montée du nazisme depuis de nombreuses années. Juristes et autres, tous nazis, cherchent à promulguer de nouvelles lois qui doivent entrer en vigueur. L’Allemagne cherche à étendre son pouvoir vers l’Est. Mais au tout début, elle fait attention à l’international et aux critiques émises envers elle. Ils sont nombreux, notamment les juristes, à se tourner vers ce qui se fait ailleurs. Les transcriptions d’entretiens, de réunions, montrent très bien qu’ils ont étudié les lois raciales américaines. Certains les jugeaient même racistes. Mais ils étaient aussi critiques face à ces lois qui n’allaient pas assez loin à leur sens. En effet, elles pouvaient ne pas protéger le pays. Les nazis voulaient que leurs lois couvrent tous les actes qu’ils seraient amenés à faire. Cette démonstration est vraiment très intéressante car outre les Etats-Unis, l’Europe à une certaine période a démontré toute l’horreur dont elle était capable pour éradiquer des populations, notamment au Moyen-Age. Dans l’horreur, les Allemands ont réussi ce qu’aucun autre pays n’avait fait. Tenter d’avoir le sang pur par n’importe quel moyen puisqu’être Juif ne se voyait pas à l’oeil nu. Les nazis ont voulu être un grand pays, s’étendre. Ils ont réussi pendant un temps et comptent des millions de morts.

Ouvrage très riche, à lire, à garder, à relire morceaux par morceaux pour bien comprendre cette Histoire qui a entraîné la mort de millions de personnes, un génocide sans précédent qui ne doit pas être oublié pour que ces monstruosités ne se reproduisent plus. Pour que cette Histoire ne se répète pas. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Il ne faut pas oublier la quarantaine pages de notes qui sont autant d’explications à lire pour ce qui est développé dans le livre. L’auteur nous propose également quelques ouvrages de référence.

Merci à Babelio pour cette sélection Masse Critique et aux Editions Armand Colin.

Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Date de sortie : 14 février 2018

Nb pages : 287

Editeur : Armand Colin

ISBN : 978-2-200-62029-5

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L’attrape-souci de Catherine Faye

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Résumé L’attrape-souci de Catherine Faye

En 2001, Lucien a 11 ans. Il est en Argentine avec sa mère. Dans une librairie, elle lui dit de regarder des petites boîtes, appelées attrape-soucis. Toujours sur le qui-vive, Lucien ne voit toutefois pas sa mère partir.

Lucien se retrouve seul. Il est pris en charge par un SDF.

Avis L’attrape-souci de Catherine Faye

Beaucoup de plaisir à lire ce roman même si c’est pas un coup de coeur, finalement. Quel destin que celui de Lucien/Lucio abandonné, délibérément, par sa mère en Argentine. Parce que c’est ce que l’on comprend dès le départ. Les réflexions de Lucio tout le long du roman le démontrent, notamment, dans ses relations avec sa mère. Son métier, d’ailleurs, ne laisse aucun doute à ce qu’elle est réellement. Pourtant, même s’ils ne sont pas proches, il veut la retrouver, pour lui dire qu’elle lui a manqué et qu’il l’aime. Car Lucio a peu le droit de parler avec elle. La mère est distante, on sent qu’elle ne l’aime pas.

Lucio apprendra, donc très jeune, à 11 ans, la vie. Il apprendra le rejet, même si pendant 11 ans, cela a été le cas, comment se débrouiller seul pour manger, vivre et survivre. Il apprendra à ne pas faire confiance mais aussi à la donner à ceux qui lui veulent du bien. Car toutes les rencontres qu’il fera seront importantes pour lui, pendant ces neuf mois. Ce sera un SDF qui le prendra sous son aile juste après son abandon. Ce seront ces femmes qui sont des prostituées qui vivent dans une maison sous la coupelle d’une autre femme. Et ce sera cette belle rencontre avec cet homme qui vend des plantes et une femme qui vient en acheter. Lucio, avec toutes ces rencontres, apprend qu’il ne doit pas créer de problèmes, comme cela a toujours été le cas. Malade, on s’occupera de lui. Il passera également par des phases où il voudra en finir avec la vie. Mais il est tenu par le projet de retrouver sa mère et surtout de devenir un homme, d’apprendre un métier qui lui plait, en lien avec la terre. Il se révèlera également par le dessin.

Lucio apprendra donc qu’il ne doit pas compter sur elle, cette mère qui n’en est pas une, en définitive. Il fera son deuil et trouvera ceux qui l’aimeront, qui l’accompagneront, ceux qui seront ses véritables amis et pourquoi pas ses parents. Car, à un moment donné, il sera obligé de dire la vérité. Sa plus grande peur est de retourner à Paris, et plus précisément en France, chez cet oncle qui abuse de lui. Lucio permettra à deux mondes de se rencontrer, de devenir amis. Le lecteur apprendra la vie difficile des Argentins aux prises avec un pouvoir où règne la corruption, où la misère est impressionnante et à tous les coins de rue. Pourtant, comme partout, il existe de belles maisons, cachées derrière de grandes palissades.

Je conseillerai également L’Attrape-Souci aux adolescents qui pourront être sensibles à cette histoire. Malgré les aléas de la vie, tous les parents ne détestent pas leurs enfants et ne les abandonnent pas. L’attrape-souci n’est pas un crève-coeur. Ces petites boites censées les attraper sont belles, elles peuvent produire leur effet. Mais, c’est en expérimentant, en bougeant, que les soucis peuvent s’envoler. Il faut quand même beaucoup de courage.

Je remercie Babelio pour cette masse critique, les Editions Mazarine et Catherine Faye

L’attrape-souci de Catherine Faye

Date de sortie : 17 janvier 2018

Nb pages : 299

Editeur : Mazarine

ISBN : 978286344758

Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

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Avis Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Il n’est jamais trop tard pour apprendre. C’est un de mes crédo. Chaque jour qui passe, j’apprends et j’adore ça. Les événements décrits dans ce roman, j’en avais déjà lu un petit peu mais rien appris au lycée puisque la période avant la Seconde Guerre Mondiale correspondait à mon programme de terminale. En tous les cas, les adolescents qui liront Des lendemains qui chantent, même si ce programme est de plus en plus restreint maintenant, verront cette montée de l’extrême droite en France, cette haine contre tout ce qui n’est pas français et tous les événements politiques dans la deuxième partie des années 1930.

C’est l’histoire de jeunes gens. Jean a 20 ans, il travaille dans un kiosque à journaux. Il est d’un milieu populaire et très vite, il se sent engagé pour la liberté, pour les ouvriers. Il va rencontrer une jeune russe de 18 ans, Dora. Très vite, l’amour, entre eux, sera au rendez-vous. Mais Dora doit prendre des décisions pour sa famille. Elle est arrivée à Paris à l’âge de deux ans, son père est décédé et sa famille n’a plus d’argent. Quand Dimitri, son cousin plus riche, lui propose le mariage, elle accepte, même si Dimitri est atteint par la tuberculose. Dora sera déchirée entre ces deux hommes. Dimitri lui laisse toute liberté. Il est profondément amoureux d’elle. Il espère que ce sera le cas de Dora. J’ai eu un peu de mal avec ces deux histoires d’amour, pas assez approfondies. Le style, pour les décrire, pour un adulte, n’est pas assez enlevé, mais convient très bien aux adolescents. Dora est libre, impétueuse mais elle doit se conformer à ce que l’on attend d’elle, à la société qui n’accepte pas l’émancipation des femmes. Elle passe par toutes les émotions que ce soit en amour ou pour son travail.

Autour d’eux gravitent Lily, la meilleure amie de Dora, Julien, ami de Jean mais aussi la maman de Dora et son petit frère, Sacha, qui souhaite devenir pianiste. Entre ces haines des Juifs, des étrangers, la France ne montre pas un beau visage. Et, en définitive, je comprends maintenant très bien ce qui a pu se passer après, pendant la Guerre.

L’auteur aurait donc dû conserver le même style pour décrire les amours entre ces trois jeunes gens, tous leurs questionnements, leurs colères, que celui qu’elle utilise pour nous décrire cette période de l’histoire, les engagements de Dora et de Jean. Elle décrit très bien l’évolution de photographe de Dora, comment elle apprend, les personnalités qu’elle rencontre et comment elle veut réussir à vendre ses photos lorsqu’elles seront mieux élaborées. Tous les événements décrits sont véridiques et le lecteur les suit avec intérêt. J’ai eu l’impression d’y être. J’ai eu l’impression d’être au coeur des manifestations, de ces coups et aussi de cette liesse populaire. On assiste à cette montée de l’extrême droite qui fait peur, de cette crise financière qui a provoqué la faillite, de la mobilisation des écrivains, de la montée en puissance du communisme, des nombreuses manifestations. Ce roman est donc très bien documenté, accessible à tous, même aux plus jeunes.

Je suis restée sur ma faim avec ce roman mais faites comme moi, allez à la toute dernière page et vous comprendrez car Des lendemains qui chantent est avant tout une histoire d’amour. Donc, après avoir lu cette page, je peux mettre une note pratiquement maximale à ce roman dont j’aurais jugé la fin bâclée.

Je remercie Babelio et masse critique mais aussi les Editions Fleurus.

Résumé Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Dora est partie se faire couper les cheveux pour pouvoir s’acheter un appareil photo.

Mais un jeune homme entre dans le salon et refuse qu’elle coupe sa magnifique chevelure.

Des lendemains qui chantent d’Anne Lanoë

Date de sortie : 13 octobre 2017

Nb pages : 262

Editeur : Fleurus Edition

ISBN : 978-2-2151-3458-9

Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Avis Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Je n’ai pas lu toutes les enquêtes de l’inspecteur Chen pourtant j’adore ce personnage récurrent et surtout l’auteur. Lorsque j’ai été sélectionnée pour cette masse critique avec babelio et que j’ai reçu ce poche paru chez Points j’ai été plus que ravie de connaître les débuts de ce cher inspecteur. Et je ne le regrette pas. La plume de Qiu Xialong est toujours aussi percutante, plein de saveur et de poésie.

S’il y a bien un pays que je ne souhaite absolument pas visiter c’est bien la Chine. Mais son histoire m’intéresse et toute son Histoire et ses habitants. Avec l’auteur c’est la Chine de Mao surtout dans ce roman. Pour certains Chinois cela a changé beaucoup de choses puisqu’ils sont devenus des parias. Les enfants en ont subi les conséquences. Cela a été le cas pour Chen mais aussi pour l’auteur car il commence son roman par des informations sur lui même et le finit avec sa propre histoire. Cela permet de se rendre compte que de nombreux auteurs s’inspirent de leurs propres histoires pour leurs romans. Mais ça, on le savait déjà. J’ai encore appris sur cette Révolution Culturelle de Mao et la place donnée aux livres, comment se débrouillaient ceux qui ne voulaient pas que lire ce qui était autorisé. Les Chinois sont, comme tous ceux qui sont oppressés, un peuple plein de ressources. Il y a également tous ces enfants qui ont souffert et n’ont pas compris la déchéance imposée de leurs parents. Ils sont des enfants de riches et ils n’ont pas les mêmes privilèges que les autres enfants.

J’ai voyagé culinairement et j’ai adoré ça. Tous ces plats, toutes ces saveurs décrites, cela en donne l’eau à la bouche et de sacrées rêveries. J’avais l’impression d’avoir les plats devant moi de les déguster avec les héros. Avec des ingrédients qui peuvent être très chers les plats le sont tout autant mais la débrouille existe. Mais d’autres tout aussi bons sont moins excessifs. Il faut toutefois faire attention à ne pas y laisser sa paie. Outre la cuisine, le roman est parsemé de vers, de poésie, beaucoup moins que les plats, mais c’est vraiment très agréable.

Nous le savions déjà mais Chen est un homme érudit. Il a fait des études. Il écrit des poèmes. Mais à la fin de ses études, l’Etat le place à un endroit où il devra accomplir un travail. Et ce sera un commissariat de police. Il n’est au fait de rien. Il ne sait pas mener une enquête. Une tâche lui est assignée qu’il tentera de mener à bien. Il a aussi du temps pour lire, surtout des romans policiers. Mais il s’immiscera dans une enquête. Il fera part de toutes ses découvertes à son supérieur, surtout en ne se mettant jamais en avant et en faisant en sorte de flatter l’inspecteur. Ce que l’on retrouve, ici, c’est le caractère déjà connu de Chen. Un homme qui écoute, note tout. Les gens et les éléments ont toute leur importance. Il ne se met pas en avant. Même s’il n’est pas à l’aise avec le pouvoir en place, s’il subit, il n’émettra jamais aucune critique. Et tout cela fera de Chen un très bon inspecteur pour toutes ses enquêtes futures.

Je pense que je vais noter tous les livres de Qiu Xialong et les noter dans une de mes bibliothèques pour les recevoir dans mes box. En effet, à la maison, l’homme et moi sommes fans de l’auteur.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les Editions Points. Ce roman fait partie de la sélection du Prix du Meilleur Polar 2017.

Résumé Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Chen Cao est un petit garçon dont les parents sont des ennemis de classe dans la Chine de Mao. Le petit garçon en souffre.

Plus tard, il fait ses études à Pékin. Il revient très peu chez lui, à Shanghai. Il rencontre une jeune fille bibliothécaire.

Il était une fois l’inspecteur Chen de Qiu Xialong

Date de sortie : 12 octobre 2017

Nb pages : 230

Editeur : Points

ISBN : 978-2-7578-6907

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Nulle part sur la terre de Michael Farris Smith

Avis Nulle part sur terre de Michael Farris Smith

Après un roman très long, que j’ai eu du mal à finir, que cela fait du bien de changer de registre, même si ce n’est pas un polar, un policier, un thriller, genre que j’affectionne plus particulièrement. Mais j’aime énormément me laisser porter par une histoire qui me permet de m’évader. C’est le cas ici avec le deuxième roman de l’auteur. Je n’ai pas lu le premier donc je n’ai pas de point de comparaison. A-t-il fait mieux, moins bien ? Son écriture s’affirme-t-elle ?

L’auteur nous donne les informations petit à petit et confirme les liens entre les personnages. Mais je ne devrais pas lire les 4èmes de couverture. Je ne le fais pas d’habitude ou quand j’ai bien avancé dans le roman car je me suis imaginé un scénario. Je me suis interrogée au fil de ma lecture, même si certains éléments donnés au compte goutte étaient assez prévisibles. Mais il y a toujours eu une part de suspense. Jusqu’à la fin, le lecteur ne sait pas ce qui arriver. Qui va aller ou retourner en prison, suite au meurtre de ce policier qui n’avait pas bonne réputation ? Est-ce que tous les personnages vont se retrouver ensemble ? Quelqu’un va-t-il mourir ?

C’est l’histoire d’un homme, Russell, qui a passé onze années de sa vie en prison, alors qu’il était sur le point de se marier avec Sarah. A son arrivée chez lui, outre son père, deux hommes l’attendent et le passent à tabac et lui promettent qu’il va souffrir encore plus. Il va tenter de reconstruire sa vie jusqu’au jour où il est dans un endroit où il ne devait pas se trouver, où il rencontre Maben et sa petite fille. Il ressent énormément de culpabilité pour ce qui s’est passé il y a onze ans. En plus, la vie en prison n’a rien arrangé. Il tentait de rester en vie face à des hommes beaucoup plus violents que lui. Tout le monde sait que Russell n’est pas un homme violent, même la police, même si après onze années passées en prison, il a pu changer. Mais il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Quand il rencontre Maben, il va tout faire pour l’aider mais il ne veut pas retourner en prison. Très vite, il sait qui il est mais cela ne joue pas de rôle dans sa prise de décision.

Ensuite, il y a Maben qui est maman d’une petite fille. Elle tente de retourner là où elle a vécu. Mais elle fait une mauvaise rencontre et elle a peur pour la vie de sa fille. Maben a souffert. Elle a eu de nombreuses relations. Elle a touché à l’alcool, à la drogue mais elle va tout tenter pour protéger sa fille. Jeune fille, elle a souffert. Sans lui chercher d’excuses, d’ailleurs, elle-même ne s’en cherche pas, elle a tenté d’oublier une mort horrible.

Cet homme et cette femme semblent avoir fait les mauvais choix de vie. Mais ils les assument car ils sont bien obligés. Je ne dirai pas que c’est le destin car l’alcool ou autre chose ne sont pas des exécutoires. Ils peuvent briser comme faire oublier un vécu difficile. Ils sont un refuge mais un mauvais refuge. D’ailleurs, j’ai les gens conduisent en buvant ou avec de l’alcool à proximité. Mais que fait la police ? Nous sommes aux Etats-Unis, c’est vrai, je ne sais pas si la lutte contre l’alcool au volant est la même qu’en France. Et puis, il y a ces armes que l’on trouve très souvent, chargées. Quand on lit un roman après une telle tuerie – Las Vegas – certains éléments nous font nous interroger encore plus.

L’histoire racontée est fluide. Il n’y a aucun temps mort. Le lecteur suit les personnages au fur et à mesure de l’avancée de l’histoire. J’ai passé un très bon moment de lecture. Il me tardait de le finir mais pas parce que je m’ennuyais, parce que je voulais connaître le dénouement. L’auteur détaille également très bien la colère de Larry, sa haine envers lui-même, sa fidélité envers ceux qu’il aime. Mais c’est un homme violent, qui boit. Il lui semble qu’il doive protéger sa famille, la venger. Mais il se fait des idées. Il n’accepte pas la vie. Ensuite, il y a l’ami de Russell, policier. Il se rappelle les bons souvenirs d’enfance, d’adolescence, mais il doit faire son travail en laissant une chance à son ami. Que dire du cadre ? Le Mississippi avec ses endroits magnifiques et ses petites bourgades où tout le monde se connaît, où l’alcool coule à flot, où les coups pleuvent entre hommes mais aussi la violence faite aux femmes.

Livre lu dans le cadre d’une masse critique spéciale. Je remercie Babelio et les Editions Sonatine.

Résumé Nulle part sur terre de Michael Farris Smith

Russel sort de prison. Il rentre chez lui en bus. Il est accueilli par deux hommes qui le passent à tabac.

Maben marche et marche encore avec sa petite fille. Un vieux monsieur l’amène à la gare routière. Il lui laisse un peu d’argent. Le but de Maben est de revenir là où elle a vécu pour tenter de changer de vie.

Nulle part sur terre de Michael Farris Smith

Date de sortie : août 2017

Nb pages : 362

Editeur : Sonatine

ISBN : 978-2-35584-609*-0

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La Sublime Communauté Les Affamés d’Emmanuelle Han

Avis La Sublime Communauté Les Affamés d’Emmanuelle Han

J’ai été sélectionnée par Babelio et donc par Actes Sud Junior, que je remercie, pour recevoir ce premier tome de La Sublime Communauté d’Emmanuelle Han. Une sélection en avant-première puisque le roman ne parait qu’au mois d’octobre 2017. Un blog est d’ailleurs consacré au roman. Je suis assez friande de romans destinés aux jeunes, adolescents. Celui-ci ne fait pas exception à la règle. Mais les parents peuvent se consacrer à La Sublime Communauté. Le roman est dense par son histoire, à couper le souffle par ses descriptions et bien construit.

Le fait qu’Emmanuelle Han ait beaucoup voyagé lui permet de nous offrir des paysages spectaculaires pour ces trois pays où se tient l’histoire de ces trois enfants, l’Amérique du sud, l’Inde et le désert africain. Cela donne une dimension énorme à l’histoire. Le paysage est beau, tel que nous pouvons le connaître. Mais les éléments peuvent se déchaîner. La nature est ainsi faite mais dans ce roman, c’est à cause de ce qui arrive, de ces passages dans un autre monde

Le monde dans lequel nous vivons est en train de vivre ses derniers instants. Ils sont des milliers, voire des millions à vouloir atteindre ces Portes, promesses d’une meilleure vie. Ce sont Les Affamés. Entre les militaires, les Guetteurs, cette personne au-dessus d’eux, on se demande ce qui va réellement leur arriver. Le lecteur sait que le chaos est en train d’arriver dans le monde présent mais dans l’autre, est-ce que ce sera vraiment mieux ?

L’auteur consacre un chapitre pour chaque enfant, Tupa, Ekian et Ashoka. Leur histoire se déroule donc et au fur et à mesure, on en apprend plus sur eux, on suit leur progression. Cela permet, avec chacun de ces chapitres de ne pas se perdre. Ils avaient 8 mois lorsqu’ils ont été enlevés. Ils ont un destin et ils doivent être contrôlés. Mais arrive-t-on vraiment à contrôler un être humain, aussi petit qu’il soit, surtout lorsqu’une prophétie doit se réaliser et qu’ils rencontrent sur leur chemin des personnes qui vont soit les aider, soit les freiner ? Même si ces enfants arrivent à être débrouillards, celui qui m’a le plus attiré est Ashoka. Je ne sais pas réellement pourquoi. J’ai trouvé qu’il souffrait plus que les deux autres. Ces trois enfants, on le pressent, se rencontreront et auront, vraisemblablement, un destin commun. Ils uniront leurs forces. Les trois ont beaucoup de colère en eux. Ils ont dû faire face à des mensonges et ils sont à la recherche de leur véritable identité, de leur passé. Entre présent et avenir, monde présent et surnaturel, des racines, différentes communautés, des traditions, le lecteur perçoit et s’ouvre à un monde riche. Ce monde est, en définitive, le nôtre avec ses nombreuses différences, sources de richesses et de partages.

Avec ce premier tome, Emmanuelle Han pose les fondations de ce qui va suivre puisqu’il y a un tome 2. Des fondations très riches. J’espère avoir la possibilité, d’une façon ou d’une autre, de lire la suite des aventures de ces enfants.

Résumé La Sublime Communauté Les Affamés d’Emmanuelle Han

Tupa fait du trafic. Il doit faire attention aux Guetteurs dans ce triangles qu’est le Brésil, le Paraguay et l’Argentine.

Ekian entreprend un très long voyage. Elle doit faire attention à ce qu’on ne lui vole pas ses affaires.

Ashoka porte la Flamme. Il est blanc et vit avec le Roi des Intouchables.

La Sublime Communauté Les Affamés d’Emmanuelle Han

Date de sortie : 4 octobre 2017

Nb pages : 374

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-08667-1

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A sa place d’Ann Morgan

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Avis A sa place d’Ann Morgan

Assez difficile pour moi d’écrire sur ce roman. Ce n’est pas un réel coup de coeur, mais j’ai beaucoup aimé la façon d’aborder le sujet de ce changement d’identité de ces jumelles et le fait qu’une n’ait pas voulu rendre la véritable identité à sa soeur. Le roman est lancinant, on suit l’histoire d’Helen au fil des pages. Un chapitre sur son enfance suivi d’un chapitre sur sa vie actuelle et ainsi de suite. Cette façon, pas nouvelle, de construire le roman permet au lecteur de découvrir la vie de cette petite fille devenue adulte. J’écrivais lancinant, certes, mais j’ai toujours eu envie d’aller plus loin dans ma lecture, même si elle a été assez longue car malgré mon envie, je n’ai pas eu le temps d’avancer plus vite. C’est certes assez psychologique mais j’aurais été plus encline à m’attacher au personnage d’Helen si la couverture avait été toute autre. Comme quoi, le visuel peut jouer.

Pourquoi je ne me suis pas attachée à Helen ? Dès le départ, l’auteur nous la montre comme la petite fille qui a tout. Elle est jolie, aimée de sa mère, si celle-ci peut aimer à ce moment-là, avec énormément d’amies et qui fait de sa soeur, Ellie, qui a eu un problème à la naissance son souffre-douleur. Mais avec le changement d’identité, qu’elle a voulu pour une journée et qui va donc durer, c’est Helen qui va souffrir le plus. Pourtant, je n’ai pas pu la plaindre. J’ai plutôt pensé aux prédispositions génétiques par rapport au père et à la mère. En effet, un enfant qui a un ou des parents, proches ou éloignés, qui souffrent de troubles mentaux peut en souffrir également. Mais pour Helen, il y a tout ce qu’elle subit également et ce pendant de nombreuses années. Entre l’enfermement en centre, sa libération à 18 ans, sa tentative de trouver du travail, sa reconstruction avec l’amour d’un homme et le dessin. Ensuite, il y a cette fameuse lettre qu’elle a reçue de sa soeur, avant l’accident. Une lettre qu’elle mettra du temps à ouvrir et à lire. Une lettre qui lui permettra de se rendre au chevet d’Ellie. Helen a été une petite fille, après l’échange, qui semblait se moquer de tout. En effet, personne n’a voulu l’écouter. Pour ne pas souffrir, elle se retranche en elle-même, elle va boire, se droguer, être violée. De quoi marquer à jamais un être humain.

Il est dit que les jumeaux sont liés, qu’ils sont toujours là l’un pour l’autre, qu’ils ressentent tout. L’auteur nous démontre tout son contraire mais également cet état de fait. De plus, je n’ai absolument pas compris la mère car personnellement, je n’aurais pas réagi de cette façon même si elle a perdu son premier mari, tragiquement, même si elle a voulu, ensuite, être heureuse. Comment est-il possible de faire souffrir autant son enfant, ses enfants, ne pas s’en rendre compte, ne pas écouter ? Elle parle de sa fille à la troisième personne. Les révélations à son sujet n’y changeront rien. C’est donc avec les yeux, avec la voix d’Helen que l’auteur se penche sur le passé de cet enfant, devenue adulte. Elle alterne les chapitres. Sur ceux où elle raconte son passé, ce n’est pas réellement elle et c’est normal puisqu’il y a eu le changement d’identité. C’est comme si quelqu’un racontait l’histoire à sa place avec l’utilisation du tu. Je pensais avoir des soucis pour reconnaître les personnages, mais cela n’a pas été le cas. Il faut dire que j’ai fait très attention en lisant les tout premiers chapitres.

Ann Morgan détaille très bien les sentiments. Les éléments se mettent en place petit à petit par des révélations du passé et du présent. Il y a une certaine tension avec Helen qui est seule depuis l’âge de sept ans, qui a compris qu’elle ne pouvait compter que sur elle. Elle feint la folie face aux autres, pour se protéger.

Je remercie Babelio pour cette sélection spéciale masse critique.

Résumé A sa place d’Ann Morgan

Helen et Ellie sont de véritables jumelles qui ont sept ans. Helen martyrise sa soeur Ellie, qui est souvent à la traîne.

Un beau jour, Helen propose à sa soeur d’échanger leur identité pendant quelques heures afin de bien s’amuser et de redonner le sourire à leur mère lorsqu’elles révèleront la supercherie.

Mais Ellie refuse de redevenir elle-même.

A sa place d’Ann Morgan

date de sortie : 20 avril 2017

Editeur : Presses de la Cité

Isbn : 978-2-258-13594-9

Nombre de pages : 412