Mato Grosso de Ian Manook

Mato Grosso de Ian Manook

Mato Grosso de Ian Manook

Résumé Mato Grosso de Ian Manook

Jacques Haret, écrivain, retourne au Brésil, 30 ans après pour faire la promotion de son roman.

Il est accueilli par un jeune homme qui l’emmène dans la maison où a vécu et mort Stefan Zweig.

Passé le premier choc de cette découverte, Jacques Haret en aura une autre.

Avis Mato Grosso de Ian Manook

Exit la Mongolie, ses coutumes, ses paysages, ses mets et la trilogie consacrée à Yerulbdegger. Place au Brésil. Cela fait un petit moment que ce roman est paru. Mais voilà, j’y suis. En plus, je le lis après un navet, donc je suis sûre que Ian Manook saura réellement me transporter.

Dès le départ, l’auteur annonce la couleur. Retour au Brésil de Jacques Haret, 30 ans après, mais il ne sait pas qu’il va mourir. Jacques est auteur.

Hommage à Stefan Zweig, dès le début avec la citation, mais aussi avec la ville Petrópolis où il s’est donné la mort avec sa femme. Et cela va prendre tout son sens pour Jacques Haret quand il apprendra où il va loger. En annonçant dès le départ la mort de son personnage, le lecteur fait de suite le parallèle entre les deux auteurs. Ambiance. Egalement ambiance avec la découverte d’un personnage, ex-policier, qu’a connu Haret.

Descriptions qui mêlent comme toujours les odeurs, les lieux grandioses ou pas avec un sens du détail qui permet au lecteur de voyager, d’être dans ces lieux visités. Cette structure du roman est originale. Après une sorte d’introduction, faire lire à un écrivain son roman. Oui, il a tué un homme, il l’avoue de suite. Mais prendra-t-il toutes ses responsabilités ? Au lecteur de le découvrir au fil des pages. Mais comme tout écrivain, la vérité est un tant soit peu travestie. En tous les cas, c’est un formidable voyage qui s’offre au lecteur. Un voyage pas qu’idyllique même si cela y ressemble un peu. Haret a énormément voyagé. Il a pratiquement toujours été par monts et par vaux. Ian Manook offre de véritables cartes postales, des atmosphères oppressantes, humides, selon les lieux visités, sans oublier la pauvreté, la difficulté des habitants mais aussi ces sourires qui peuvent trôner sur les visages. Pays où il est difficile de vivre lorsqu’on est étranger. La corruption règne. Jacques semble envoûté par ce pays, cette femme. Mais on lui reproche de travestir la vérité. Peut être en tous les cas, le lecteur le suit dans toutes ses aventures, ses rencontres. Personnellement, j’ai eu tendance à le croire grâce à Ian Manook. Est-il si mauvais que ça ? Le roman nous le dira.

Si vous vous attendez à retrouver le Ian Manook de Yeruldegger, vous serez forcément déçus. Faites comme moi, balayez (mais pas trop), la Mongolie et découvrez un tout autre univers avec le talent de conteur de l’auteur. Ian Manook, avec ce roman, peut surprendre. Et il réussit. Toutefois, même si j’ai passé un bon moment avec Mato Grosso, ce roman n’est pas un coup de coeur, malgré ses qualités indéniables. Ce roman se révèle, en définitive, très psychologique, par rapport aux personnages mis en scène. Il démontre tout ce qui fait un être humain avec ses nombreuses faiblesses, ses prises de position mais aussi par rapport à l’endroit où il vit.

Je remercie énormément la femme de Ian Manook, Françoise. Elle nous fait partager le quotidien de son mari, ses voyages, quelques séances d’écriture (en photos). J’ai l’impression de connaître un peu l’auteur, de cette façon. J’espère que j’aurai l’occasion de le rencontrer cette année si la séance de dédicaces se fait sur Marseille.

Mato Grosso de Ian Manook

Date de sortie : 4 octobre 2017

Nb pages : 313

Editeur : Albin Michel

ISBN : 978-2-226-40025-3

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La mort nomade de Ian Manook

La mort nomade Ian Manook

La mort nomade Ian Manook

Avis La mort nomade de Ian Manook

Si vous pensez retrouver ce qui a fait le succès des deux premiers Yeruldegger, ce n’est pas le cas car Ian Manook change de registre pour cette histoire. Ce n’est que mon avis et c’est ce que j’ai ressenti à la lecture qui était plus que plaisante. J’étais ravie de me plonger dans ce roman et je le suis encore maintenant qu’il est fini même si je m’attendais à plus toutefois car je reste, un tant soit peu sur ma faim même si le roman est très bien écrit et que je ne l’ai pas lâché. C’est comme en musique, on s’attend toujours à avoir ce que l’on connaît et on se sent un peu déstabilisé lorsqu’une autre direction est prise. Mais il faut accepter les changements et surtout les évolutions. Ce sera fait d’ici quelque temps, le temps de digérer le roman et surtout de me rappeler de nombreux passages.

Petit reproche à l’auteur, mais c’est parce que je suis profondément attachée à Yeruldegger, son personnage principal n’est pas assez présent, mais peut-être parce qu’il y a moins de pages. Donc Yeruldegger a quitté la police. Depuis quatre mois, il est seul pour une retraite mais tout le monde le cherche et le trouve. Tous le considèrent comme un vieux, comme un vieil homme. Mais ces quatre mois n’ont pas entamé son endurance et l’ont même renforcée. Il va se trouver, malgré lui, dans diverses situations qui mettront à mal ce qu’il tente d’éloigner, à savoir sa colère. Toujours prêt à exploser. Au fil des rencontres, il vivra un amour nomade, il aidera des hommes et des femmes contre le pouvoir des compagnies, mais il n’a rien demandé. Mais ressurgit très vite son côté chevaleresque pour aider les plus faibles contre les nantis. Yeruldegger a trouvé son pendant féminin, en la personne de Guerleï, un sergent qui s’occupe de tout ce qui peut se passer dans cette partie de la Mongolie. Yeruldegger devient, malgré lui, un espoir, un héros.

Dans ce roman, nous retrouvons également quelques personnages des précédents opus, à savoir Solongo, Bekter et aussi un ami de Yeruldegger.

La mort nomade nous entraîne donc en Mongolie et ses paysages magnifiques mais dénaturés par la prospection. Le lecteur voyage également aux Etats-Unis, en Australie et en France. Ian Manook dénonce les abus de pouvoir quels qu’ils soient, les prospections minières qui donnent de l’argent aux puissants, tout comme la prostitution. Nous avons également un jeu de chaises musicales. Mais ce sont toujours ceux qui en ont le plus besoin qui souffrent. Les nomades sont obligés de s’exiler tant et plus car la terre n’est plus la même, ils ne peuvent plus vivre en paix. Dans les villes, c’est pire, mais cela nous l’avons déjà appris. Les enjeux économiques sont importants. Certains gouvernements attendent de voir même s’ils participent de loin à ce qui peut se passer. Problèmes écologiques, pays qui bougent naturellement, on peut se demander où va vraiment le monde et si un jour ou l’autre, on ne sera pas englouti.

Sur sa page Facebook, Ian Manook avait donné des nouvelles de son héros. Il a imaginé bien des choses pour lui dont la fin. Jusqu’à celle-ci, le lecteur ne sait rien. Il est triste par le sort réservé à Yeruldegger. Enfin, pour moi, cela a été le cas. Mais j’ai tout de même l’espoir que cela continuera. Ca ne peut pas finir comme ça. Alors ? J’ai eu l’impression que Ian Manook s’est beaucoup amusé en écrivant ce livre. J’y ai trouvé plus d’humour que dans les précédents. Mais il y a aussi beaucoup d’humour noir.

Résumé La mort nomade de Ian Manook

Quatre amis peintres, dont un Français, se retrouvent chaque année plusieurs mois depuis 10 ans. Cette année, en Mongolie, dans les steppes, ils découvrent un cadavre.

Yeruldegger vit depuis quatre mois dans une yourte. Une femme lui demande de l’aider à retrouver sa fille.

La mort nomade de Ian Manook

date de sortie : 3 octobre a2016

Editeur : Albin Michel

Isbn : 978-2-226-32584-6

Nombre de pages : 429

Yeruldelgger de Ian Manook

Yeruldelgger de Ian Manook – Source Le Livre de Poche

Trois Chinois morts dans une usine. Horriblement mutilés, les sexes tranchés. Une main d’enfant retrouvée avec son vélo dans la steppe.

Est-ce que ces morts sont liées. La deuxième date d’il y a cinq ans. Yeruldelgger et son équipe devront enquêter malgré les bâtons mis dans les roues.

Yeruldelgger est chargé d’une mission. Donner une sépulture décente à cette petite fille afin que son âme soit tranquille. Mais pour cela, il faudra également savoir ce que sont devenus ses parents.

Je conseille bien évidemment de lire ce premier roman avant de se lancer dans le dernier roman paru, Les Terres Sauvages. J’ai fait tout le contraire mais j’avais une chronique à rendre et je n’aurais pas eu le temps matériel pour tout lire. Le laps de temps a été court entre les deux, donc je me souvenais très bien de ce qui se passait dans Les Terres Sauvages qui est la continuité de celui-ci. En effet, la fin laisse apparaître ce qui va encore tourmenter Yeruldelgger.

J’ai trouvé ce roman beaucoup moins dur que le second, pourtant il y a tout de même pas mal de scènes assez violentes que je ne dévoilerai pas. Laissons planer le suspense, surtout avec de tels policiers. Ames sensibles s’abstenir !

Je m’étais attachée aux personnages. Cela va sans dire qu’avec ce roman, c’est un plus grand attachement. J’ai même redécouvert en m’y attardant la personnalité de la fille de Yeruldelgger, Colette et celle également de Gantulga. La palette des caractères est différente mais ils ont tous une vie qu’ils doivent mener de front, sans éprouver de sentiments. Sauf que le sentiment est humain. Yeruldelgger nous le démontre très bien. Après avoir perdu sa fille de 5 ans, il est devenu un homme très dur qui ne montre pas ses sentiments. Il frappe, il cogne, il hurle et même ses proches subissent ça. Pourtant, il est prêt à tout pour eux. Un homme plus que blessé par la vie, par ce qu’il a subi et il ne veut pas que cela recommence, surtout lorsqu’il doit s’occuper de la mort de cette petite fille, sauver sa grande fille. Yeruldelgger est le flic typique qui en veut à sa hiérarchie à cause de l’incompétence de celle-ci, des pots de vin… Tous veulent le voir détruit mais même à terre, il a le ressort pour continuer à avancer, malgré les coups, malgré la douleur. Yeruldelgger est un homme qui se venge et franchement je peux le comprendre car il a les moyens pour, la force physique et mentale, surtout après son court séjour au monastère où il a repris de bonnes habitudes. Ce séjour lui sera également bénéfique pour annoncer son amour à celle qui l’accompagne. Yeruldelgger prend enfin sur lui et partage avec ceux qu’il aime. Même s’il est dur, il reste abasourdi par les paysages qu’il côtoie. Il retrouve un tant soit peu son enfance même également dans certaines rencontres. Il est investi d’une mission. Faire souffrir ceux qui ont fait souffrir plus faibles qu’eux. Yeruldelgger est un homme très cultivé.

J’ai retrouvé dans ce roman les paysages grandioses, cette nourriture qui donne envie, un peu moins ces constructions qui ne donnent pas envie de vivre dans ces villes. Le roman mêle les explications historiques au thriller. Cela donne toute une force à cette histoire. Il est riche en explications concernant les installations soviétiques. Les égouts permettent aux gens de se chauffer. La criminalité est en hausse mais la police a pour ordre de fermer les yeux. Une part belle est donnée également aux animaux, aux ancêtres qu’il faut honorer, aux traditions qui doivent rester car, en définitive, sans elles, plus rien n’existe, le passé n’a plus court et on ne peut que se souvenir des atrocités de la Mongolie et non de ce qu’elle peut recéler de beau. Les vieillards ont gardé la sagesse en eux, ils savent beaucoup de choses, également sur les pensées des autres. La Mongolie évolue également, puisque les nomades ont également accès aux séries TV. C’est également un roman qui mêle la politique avec la Chine, installée en Mongolie. Elle ne veut que personne n’interfère dans ce qu’elle peut faire dans ce pays. Elle profite des richesses pour en faire profiter ses cadres et son propre pays.

Je ne sais pas si le pays est aussi corrompu que le démontre l’auteur. Mais la misère ne doit pas être imaginée. La Mongolie mêle le beau avec ses paysages non atteints pas la main de l’homme, mais le noir avec ses villes où tentent de survivre ceux qui ont tout quitté pour trouver un monde meilleur. Cela peut rappeler d’autres pays.

Il y a également ces chevauchées fantastiques avec des quads, des chevaux et ces personnages qui méritent de mourir, de souffrir. Une corruption au sein de la police dont Yeruldelgger et Oyun feront les frais. Mais qui est derrière tout ça ? Qui fait avancer les ficelles. Un sacré personnage, je dois bien l’avouer. Malgré ce qu’il a vécu, le lecteur n’a aucune pitié pour lui.

L’auteur mêle la tendresse, le rire mais aussi les larmes dans un même paragraphe. On sourit, on rit avec le personnage mais on pleure également à cause de cette violence. Je l’ai remarqué lors des échanges entre Oyun et Gantulga, un garçon plein de ressources, qui sait ce qu’il fait et qui n’hésite pas à aider, à donner des ordres. A force, on se rend compte d’ailleurs qu’il y a plus que de l’amitié entre tous les deux.

Yeruldelgger de Ian Manook

GF :

date de sortie : 2 octobre 2013

Editeur :ALBIN MICHEL

ISBN : B00OPN3XQG

POCHE :

ISBN : 2253163880
Éditeur : Le Livre de Poche

Date de sortie : janvier 2015

Nb de pages : 544

Les temps sauvages de Ian Manook

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L’inspecteur Oyun est appelé à cause d’un cadavre gelé.

Yeruldelgger a été arrêté et il est accusé du meurtre d’une prostituée. Que lui veut-on, qui est derrière tout ça ?

Les morts semblent tomber du ciel ou comment peuvent-ils brûler de cette façon ?

L’enquête ou les enquêtes nous emmènent en Mongolie, en Russie mais aussi en France car un véritable trafic est dévoilé, de plus Yeruldelgger devra faire face à un revenant.

Alors là, j’ai été vraiment scotchée. Cela faisait longtemps que cela ne m’était pas arrivée sur un polar-thriller.

Quand les copines ont su que je lisais ce roman et cet auteur, elles ont été très enthousiastes. D’ailleurs, elles m’ont conseillé de lire son premier roman avant. Mais devant rendre ma critique dans les temps, son achat est prévu et la relecture de celui-ci également. Car pour bien comprendre les personnages, le lecteur doit faire connaissance avec le premier roman. Lorsqu’il y a des personnages récurrents, qu’ils sont fidèles à l’auteur, il vaut mieux connaître tout d’eux dès le départ. Tout cela a fait que, même si j’avais déjà bien entamé le roman, j’ai été confortée dans mon idée, ma première impression.

Cet auteur est un génie. Le roman est fort et puissant. La plume est acérée et ne laisse place à aucun faux-semblant que ce soit les régimes politiques, les caractères, la vie de chacun, comment ils se débrouillent pour tenter de vivre. D’ailleurs, dans le fond, et sans aucun plagiat, tout cela m’a fait penser à un autre auteur que j’avais découvert, Caryl Ferey. Car c’est brut, sans état d’âme. Ames sensibles ayant peur de la violence pure, s’abstenir !

Les actes les plus cruels se marient avec les paysages grandioses de la Mongolie, où l’humain n’a pas encore posé sa patte. Des paysages arides aux grandes étendues de neige et de glace, des paysages où les montagnes et les forêts dominent, où les animaux ont encore leur place. D’ailleurs, la séquence avec les loups m’a réellement enchanté.

Nous faisons connaissance avec les personnages, Yeruldelgger, Oyun, Solongo, Zarza. Nous apprenons leurs travers, ce qui les motive et surtout ce qui leur est arrivé auparavant. C’est pour cela que je dois lire le premier roman car tout est bien expliqué. Ces personnes souffrent d’une manière ou d’une autre, et ce n’est pas une petite souffrance. Je me suis attachée à tous ces personnages et également d’autres qui parsèment le roman. Je ne les citerai pas tous, mais ils jouent chacun un rôle très important. Il leur arrive à tous de nombreuses aventures. Mais ils arrivent à faire face. 

Nous avons tous les ingrédients du très bon polar. Des morts, des tentatives de meurtres, des enlèvements, des pourris, de bons flics qui travaillent selon leurs méthodes, les services secrets, les trafics, la corruption…C’est dense mais tellement bien amené.

J’ai eu froid, j’ai eu faim (les plats présentés et servis avaient l’air excellents même si trop gras). L’auteur nous dévoile ces populations dans la misère qui tentent de survivre dans des villes grisâtres, polluées, qui n’ont pas encore digéré l’ère soviétique avec ses vieux appareils, ses villes constuites. Le pays tente d’aller de l’avant mais tout rappelle le géant d’à côté. Les populations ont toujours le souci de l’autre quitte à ne pas manger. Le but des jeunes est de partir à l’étranger pour fuir toute cette misère. On dirait une population en deuil. D’ailleurs, la Mongolie ne risque-t-elle pas d’être mangée par les Chinois maintenant ? La religion est également assez présente et j’aimerais que, plus tard, Ian Manook nous en dise plus à ce sujet. Car même si je ne suis pas fana de religion, j’aime comprendre ces coutumes ancestrales, en partie décrites, surtout ce Septième Monastère. Les références littéraires françaises sont nombreuses et pas des moindres, Hugo, Baudelaire, ce qui nous donne des personnages instruits. 

Yeruldelgger semble avoir pété les plombs, il agit seul, néglige ses enquêtes et se comporte comme un véritable tyran. Il n’a pas peur de mourir. C’est de la vengeance à l’état pur. Mais il veut que la vérité soit mise à jour, quitte à ce que ce soit violent. Il est conscient de tout ça et est désabusé. Mais il a vu tellement de misère humaine, les gens changer qu’il semble revenu de tout. Il a l’impression que son métier ne sert plus à grand chose. Et surtout, il y a toujours cette histoire de vengeance.

Ce roman est un réel coup de coeur. Je commence vraiment bien l’année. Les autres auteurs n’ont qu’à bien se tenir, maintenant. Je ne suis pas pour donner une note maximale, mais là, je ne peux vraiment pas faire autrement.

Ce roman a été lu dans le cadre d’une #massecritique de Babelio.