Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Résumé Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Manon appréhende de passer les fêtes de Noël avec sa famille qui ne la comprend pas, qui la rejette.

Toute la famille est réunie. Mais ils attendent l’arrivée de Nadia qui semble être en retard. L’impatience et la colère commencent à poindre.

Avis Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

C’est Noël. Manon est une jeune fille de 16 ans qui va passer les fêtes dans la famille de son père qui l’élève seul. Mais Manon n’est pas franchement heureuse. Elle est délaissée, voire rejetée par les membres de son clan, notamment ses cousins avec lesquels elle aimerait pouvoir discuter. Arrive, Nadia, une tante. Elle est une pianiste mondialement reconnue. Pratiquement tout le monde, dans la famille, veut se l’accaparer, qu’elle passe toutes les fêtes, Noël et Jour de l’An, avec la famille. Mais Nadia est fâchée avec son frère.  Et elle souhaite passer du temps avec son neveu et Manon. Parce qu’elle a compris que Manon a besoin d’elle et elle souhaite la voir réaliser ses rêves.

Je ne suis pas, à proprement parlé, une lectrice de BD, même si j’en ai lu quelques unes. Lorsque l’éditeur de Charlotte Bousquet m’a contacté, à la demande de l’auteur, j’ai été absolument ravie. J’ai déjà lu quelques romans de Charlotte Bousquet. Et je dois dire que Charlotte Bousquet est à suivre. En plus, elle est très proche de ses lecteurs avec lesquels elle partage pas mal de choses sur Facebook. Donc, quand j’ai reçu cette bande dessinée, j’ai attendu d’avoir fini mon roman avant de me lancer.

Je ne connaissais pas les dessins de Stéphanie Rubini. Quelle maîtrise, quel art. Moi qui rêve de savoir dessiner et ce depuis des années, j’ai été absolument enchantée de les regarder, de les détailler. Je pense d’ailleurs que je reviendrai dessus car j’ai dû passer à côté de certains éléments. Le trait est absolument parfait, les scènes très réalistes. Avec ses dessins, Stéphanie Rubini sait donner au lecteur des scènes vivantes, comme si on y était. Elle sait retranscrire toutes les émotions ressenties par les personnages, comme l’ennui, la colère, la joie, les rires. Mais également le rejet ressenti par Manon et cette connivence qu’elle a avec Nadia, tout comme les confidences qu’elles échangent. Les regards échangés sont également bien vivants.

Si les dessins retranscrivent à merveille l’histoire, le talent de Charlotte Bousquet n’est plus à démontrer. Connue pour ses romans, donc pour des textes plus longs, les phrases courtes de la bande dessinée, ces bulles, doivent être précises, concises, pour faire passer au maximum le message du dessin. Et Charlotte Bousquet excelle dans cet art. Phrases concises, explicites, qui détaillent très bien cette famille, qui se mêle de tout, notamment de la vie de Manon et de son père. D’ailleurs, on comprend très bien la jeune fille à ce sujet. Histoire familiale, secrets, culpabilité, jalousies, rien n’est rose pour quelqu’un qui souhaite réussir par son art. Avec les textes de Charlotte Bousquet, on se rend bien compte que Manon manque de confiance en elle, qu’elle est prête à tout abandonner, que le trac lui fait perdre tous ses moyens. Mais la musique est son univers. Et grâce à Nadia, cette tante avec qui elle passe quelques moments, qui vont rester gravés dans sa mémoire, Manon va pouvoir se révéler. Grâce à ce petit coup de pouce du destin, une compréhension d’un adulte envers un enfant, le message est clair. Il faut réaliser ses rêves quels qu’ils soient. Cela permet d’être heureux et de rester en vie. Et la musique est la base de tout. On ne peut pas vivre sans amour, mais on ne peut pas vivre, non plus, sans musique.

Je remercie Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini pour les charmantes dédicaces, les petits mots que je vais conserver précieusement. Heureusement que cette BD n’est pas restée au fond d’un tiroir et qu’un éditeur l’a publiée. Une petite question pour Charlotte Bousquet. Est-il plus difficile de passer de l’écriture d’un roman à celle d’une BD, ou inversement ? 

Hiver Indien de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Marabulles

Nombre de pages : 415

ISBN : 9781542045261

Le jour où je suis partie de Charlotte Bousquet

Le jour où je suis partie Charlotte Bousquet

Le jour où je suis partie Charlotte Bousquet

Avis Le jour où je suis partie de Charlotte Bousquet

Se plonger avec le plus grand plaisir dans la nouveauté signée Charlotte Bousquet qui sait si bien parler aux adolescents et aux plus grands. Parler mais aussi écrire.

Charlotte Bousquet nous dresse le portrait d’une jeune fille de 18 ans qui veut conquérir sa liberté malgré le poids des traditions, malgré le regard des autres et malgré le poids d’une société qui évolue très peu en faveur des droits des femmes. Ce sera donc le périple de Tidir jusqu’à la manifestation en faveur des Droits des Femmes. Pas facile pour cette jeune fille de ne pas être accompagnée. Elle rencontrera l’opprobre car une jeune fille sans chaperon est vite considérée comme une prostituée. Elle rencontrera également des personnes qui ont su évoluer pour permettre l’égalité entre les hommes et les femmes. Elle rencontrera des personnes qui tentent de lui démontrer que sa place est celle d’une bonne. La lutte des classes est bien présente, aussi au Maroc. La culpabilité est toujours bien présente, bien ancrée avec le déshonneur en ligne de mire.

Malgré toutes ces embûches, Tidir, accompagnée de son fidèle compagnon, un chien errant qu’elle a su apprivoiser, des souvenirs qui lui font chaud au coeur mais qui la font pleurer également, se dirige vers cette liberté au nom de son amie qui s’est suicidée et au nom de toutes les filles, au nom de toutes les femmes.

Charlotte Bousquet offre des citations au début de chaque chapitre. Les termes marocains sont expliqués pour être facilement compris. On sent son amour des animaux et en particulier des chevaux. La scène de l’âne au début me rappelle un peu ce qu’elle partage sur Facebook avec son cheval.

Les adolescents doivent être au courant de ce qui se passe dans le monde. Pour cela, de nombreux faits politiques sont rapportés et expliqués. Je pense que cela leur permet de se faire une idée s’ils ne l’ont pas déjà. Je suis contre l’idée, non véhiculée dans ce roman, que les adolescents ne pensent pas par eux-mêmes, qu’ils sont focalisés sur eux. Ils peuvent se rendre compte que ce qui arrive à  Tidir n’est pas si loin en définitive et qu’en France, certaines jeunes filles, parce qu’elles s’habillent court, sont l’objet de réflexions voire pire. Avec Lilian, un jeune adulte qui se cherche, Charlotte Bousquet démontre également qu’il n’est pas facile de trouver sa voie, qu’il suffit d’une rencontre pour prendre des décisions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Que l’on soit homme et encore plus une femme, la liberté est un long parcours. Mais il faut persévérer. J’aimerais revenir sur « Les mots sont des armes ». Oui, il est possible de considérer les mots comme des armes, mais pas que. Ils aident. Que l’on soit blogueur, chanteur, écrivain, écrire permet de faire passer des messages mais attention à leurs sens. Dans ce roman, y a-t-il une part de vécu de la jeune Charlotte Bousquet à l’âge de Tidir ? Plus jeune, lorsqu’elle a décidé de se consacrer à l’écriture, voulait-elle nous faire passer des messages ? En tous les cas, que Charlotte continue à écrire et être éditée, ici Flammarion Jeunesse que je remercie.

Résumé Le jour où je suis partie de Charlotte Bousquet

Tidir est une jeune fille de 18 ans qui vit avec les femmes de sa famille. Elle voit très peu son père et c’est lui qui décide de tout. Elle considère sa grand-tante comme sa grand-mère. Cette femme a un très fort caractère et elle a transmis ce vent de liberté à Tidir.

Après le suicide de son amie, des manifestations vues à la télévision et surtout un mariage arrangé, Tidir décide de partir, seule, à Rabat.

Le jour où je suis partie de Charlotte Bousquet

date de sortie : 4 janvier 2017

Editeur : Flammarion Jeunesse

Isbn : 978-2-0813-7385-3

Nombre de pages : 186

Si j’étais un rêve… de Charlotte Bousquet

Si j'étais un rêve de Charlotte Bousquet

Si j’étais un rêve de Charlotte Bousquet

Nour et Lina sont en classe de seconde. Dans le cadre de leurs cours de Français, les élèves entretiennent une correspondance entre la France et la Bulgarie. Les deux élèves vont vite sortir du cadre imposé et correspondre plus par mail, développant ainsi une véritable amitié. Mais Nour devient distante. Lina, après le premier coup de colère, réfléchie, va profiter de son passage à Paris, pour demander des explications.

Sous la forme de portrait chinois, ces élèves vont se découvrir peu à peu. La correspondance prend un véritable tournant pour Nour et Lina car elles vont se dévoiler et devenir des amies au fil des mots, des révélations plus ou moins explicites.

Nour et Lina ont donc 16 et 15 ans. Au début de leur correspondance, elles prennent des gants pour se découvrir peu à peu. Le ton du début n’est pas trop personnel. Elles se présentent, leur lieu de vie, leurs amis, ce qu’elles font. Le lecteur sent très vite une différence. Nour est beaucoup plus en retrait et se cache derrière des mots, le slam. Son malaise devient vite présent. Lina est plus expansive, optimiste, elle n’a pas de préjugés. Elle peut se mettre en colère, mais très vite elle réfléchit pour que la situation ne s’envenime pas.

Ce roman est un véritable coup de coeur pour moi, le premier de l’année 2015. Enfin, un auteur qui ne tombe pas dans le cliché du phrasé des jeunes. Je l’ai toujours dit, écrit, de nombreux adolescents ont de la culture, ils s’intéressent à l’actualité, ils sont sensibles et ont une bonne diction. C’est le cas ici et personnellement, j’en suis ravie.

Charlotte Bousquet nous dévoile les émois des adolescents et surtout cette peur du rejet, familial et amical, lorsque l’on se sent et que l’on est différent. Les mots sont très bien choisis pour décrire toutes les situations. Charlotte Bousquet ne verse pas dans le pathos même si le lecteur sent très vite que Nour n’est pas bien dans sa peau. L’auteur est très sensible pour tout raconter, que ce soit une journée de neige, la mort d’un cheval, la situation politique des deux pays (car oui, elles s’intéressent à la politique et à l’économie, elles ne sont pas obtus). D’ailleurs, le lecteur peut trouver une comparaison entre la France et la Bulgarie, concernant le rejet des êtres humains parce qu’ils sont étrangers. On a l’impression que les sujets politiques sont effleurés mais non. Le final peut prêter à sourire même s’il y a également beaucoup de tristesse avec des révélations. Il y a eu mensonge pour se cacher, pour ne pas être rejeté, mais il n’y a pas trahison. Charlotte Bousquet nous démontre qu’il reste tout de même de l’espoir et que tout le monde ne réagit pas forcément par l’exclusion de ceux qui sont différents. J’ai vraiment été touchée, souvent émue. Dans certaines situations, on peut compatir. Là, c’est l’adulte que je suis qui écrit ces mots car l’adulte ne souhaite pas voir un enfant, quel que soit son âge, souffrir.

J’ai trouvé Nour et Lina très attachantes. Elles sont en train de se construire et ce n’est pas facile à cet âge. Entre les dessins de Lina et les mots de Nour, elles peuvent arriver à tisser des liens encore plus forts.

Les références musicales sont nombreuses, notamment en matière de slam. Pour ma part, je ne connais que Grand Corps Malade. Mais il y a également Dead can dance, découvert il y a quelques mois de ça.

Même si ce roman est dans la catégorie Adolescent de Flammarion, pour ma part, je le destine également aux adultes qui peuvent réfléchir et ne pas juger tous ces jeunes en train de se construire. Même d’eux l’adulte apprend. En tous les cas, c’est ce qui a toujours été la base de l’éducation donnée à ma fille. Et à près de 20 ans, sans me jeter des fleurs, elle est une belle personne. Pour les jeunes, ce roman leur permet de réfléchir à la vie, à l’amitié, aux situations politiques économiques et politiques en France et en Europe mais ils ne seront pas formatés par les propos de l’auteur.

Je vais me permettre de compléter le titre du roman, Si j’étais un rêve… je serais moi.

J’ai deux remerciements à faire.

En premier, à Flammarion qui m’accorde sa confiance en m’envoyant ce roman.

En second, à l’auteur qui a accepté ma demande sur Facebook et qui m’a proposé de répondre à une mini-interview. Je vais lui envoyer des questions et publierai l’ITW ici.