Paz de Caryl Férey

Paz de Caryl Férey

Paz de Caryl Férey

Présentation Paz de Caryl Férey

Lautaro Bagader est appelé sur une scène de crime. Il y a déjà eu plusieurs des cadavres. Il est le chef de la police en Colombie. Il fait de nombreux cauchemars.

Diana Duzan est journaliste d’investigation. Elle ne dévoile aucune de ses sources. Après une nuit passée avec Lautaro, elle va enquêter.

Avis Paz de Caryl Férey

Caryl Férey signe encore une fois un roman magistral, tant d’un point de vue historique que d’un point de vue de la qualité de ses personnages et de la trame. Et l’Histoire de la Colombie prend énormément de place dans ce roman. Elle est presque plus importante que ce qui se passe réellement mais elle est là pour expliquer tout ce qui se passe par rapport aux personnages. Après chaque explication historique, le lecteur est heureux de retrouver le fil de l’histoire, de ce qui arrive aux personnages. L’une ne va pas sans l’autre. Les Colombiens sont liés à l’histoire de leur pays, à ce qui s’est passé avant et ce qui est en train de se passer maintenant. Le pays et ses habitants ont énormément souffert et souffrent encore de ce qui s’est passé. En tous les cas, ce n’est pas un pays où j’irais passer mes vacances, loin de là, même dans les pièges à touristes.

Lautaro a un passé de militaire. Il est maintenant le chef de la police. Il a été mis en place par son père, actuellement ministre. Dans son unité, que des personnes de confiance. Laurato passe une nuit avec une jeune femme qu’il met dehors aux premières heures du jour, comme pour toutes ses relations d’une nuit. Mais cette jeune femme n’est pas n’importe qui, elle est journaliste. L’un et l’autre ne le savent pas sur le moment. Ce sera Diana, journaliste d’investigation, qui, en enquêtant, découvrira l’identité de son amant d’un soir. Ces deux personnages ont été finement travaillés, comme tous d’ailleurs. De nombreuses parts d’ombre pour l’un et l’autre. Mais on en sait plus sur Diana qui est révélée au fil des pages assez rapidement, au contraire de Lautaro. En effet, ce dernier, son père et aussi son frère font partie d’un triangle sur lequel repose cette histoire. Un père qui a passé peu de temps avec ses fils, un aîné qui n’a jamais connu l’amour de sa mère, un cadet, Angel, aux idées de gauche, qui a rejoint les FARC, très jeune. Mais pour cette riche et influente famille, pas question de l’avouer. Angel a été enlevé. Il est vraisemblablement mort. Mais, pour Diana, que cache Lautaro, quand elle découvrira son identité. Son passé au sein de l’armée ? Car en plus, des meurtres, les plus horribles, sont passés sous silence. Des centaines de personnes sont retrouvées, démembrées et mises en scène, comme aux pires temps de la Violencia. Mais silence à ce sujet. Sauf que Diana va creuser, au mépris de sa sécurité, des conseils donnés. Et sa route va la mener à rencontrer, à nouveau, Lorato.

De l’autre côté, il y a Angel, qui vit sous un autre nom, qui est sorti de prison et qui suit un programme de réinsertion. Lorsque Caryl Férey commence son histoire, on sait tout de suite qui il est. Et malgré son engagement, cet homme est devenu une machine à tuer, comme son frère. Mais il cache, lui aussi, de sombres blessures. Il va rencontrer Flora et même si au début, il ne veut pas s’engager, par peur de la perdre, ce sera l’amour entre eux. Flora, tout comme Diana, qu’elle rencontrera, fera tout pour qu’Angel retrouve ce qui lui est le plus cher.

Cadavres à profusion, sentiments, violences tant et plus subies par de nombreux êtres humains, je n’ai pas eu de souci quant à savoir qui était derrière tout ça. Les paysages sont magnifiques, mais les trafics en tout genre gâchent tout. On ne peut que prendre fait et cause pour tous ces êtres humains qui ont été déplacés, qui ne sont rien face au pouvoir, face aux nombreux trafics, face aux violences perpétrées. Les personnages de Caryl Férey sont seuls, ce sont des écorchés, ils subissent et tentent de se relever, de vivre malgré tout, malgré ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont vécu dans leur propre chair. Caryl Férey sait également dérouler une histoire familiale entre un père et ses deux fils, deux frères dont les relations ont souffert de l’ambiance familiale et qui n’ont pas su se trouver, se retrouver pour faire table rase du passé.

Alors si ce mois-ci, je n’ai pas lu beaucoup, il y avait un gros pavé, quelques jours à Dijon, Paz de Caryl Férey est indéniablement un véritable coup de coeur. Tout n’est heureusement pas noir dans ce roman, la fin ne nous laisse pas sur notre faim sauf pour une phrase prononcée par Lautaro.

Paz de Caryl Férey

Date de sortie : 3 octobre 2019

Editeur : Gallimard

Nombre de pages : 536

ISBN : 978-2-07-280417-5

Mapuche de Caryl Férey

Mapuche de Caryl Férey

Mapuche de Caryl Férey

Avis Mapuche Caryl Férey

Je suis une amatrice des romans de Caryl Férey même si je n’en lis pas assez. Avec déjà deux ou trois à mon actif, je peux affirmer que je connais le style de l’auteur, de la violence de ses mots et des situations vécues par ses personnages. Mapuche est un roman très abouti. Il entraîne le lecteur en Argentine où l’auteur nous décrit très bien, avec énormément de documentation, ce qui a pu se passer dans ce pays, tant au niveau politique qu’au niveau humain. Et cela fait froid dans le dos, pour nous Français, qui ne sommes pas au courant de tout. Mapuche reste un roman, car il y a des personnages, ou plutôt devrais-je écrire, un véritable documentaire politique, social et humain.

Jana est une Mapuche, une tribu indienne qui a été expropriée, décimée. Jana est une jeune femme qui a énormément souffert. Elle a vu la violence, l’horreur à l’état brut. En arrivant à Buenos Aires, elle s’est prostituée, comme bon nombre de jeunes, pour survivre. Son seul véritable ami, à la vie à la mort, est Miguel-Paula, un travesti. Son seul véritable amour, elle le rencontrera dans Mapuche. Que ce soit elle ou Ruben, malgré la violence vécue, le passé, ils restent profondément humains pour ceux qui ont souffert. Ils se battent contre la corruption et les hommes et femmes qui en profitent ou la font.

Ruben, quant à lui, a été enlevé avec sa jeune soeur. Il est le fils d’un grand poète argentin, considéré comme hostile au gouvernement. Après des années de torture, il sera relâché. Mais il se taira. Il ne racontera pas ce qu’il a vécu. Cela rappelle tout ce que les Juifs ont vécu pendant la Seconde Guerre Mondiale, tous ces rescapés des camps de la mort. Que le devoir de mémoire est difficile à porter ! Sa quête, depuis, est de retrouver tous les disparus du régime, tous ceux qui sont morts. Ruben porte la violence en lui, il sent le mensonge à des kilomètres.

Corruption, dictature, trafics en tout genre, écarts entres les très riches et les pauvres, femmes qui se battent contre les gouvernements pour obtenir la vérité, Caryl Férey livre une chronique plus que détaillée des évènements. Tous les services y passent, les gouvernements, la police, l’armée, les hommes, les communautés, l’Histoire. Avec Jana et Ruben qui cherchent la vérité, les évènements s’enchaînent et ne laissent pas au lecteur le temps de souffler. Ce sont des kilomètres parcourus, de véritables chasses à l’homme subies et engagées. Ruben et Jana sont toujours en danger. Malgré ce qu’ils traversent, ce sont deux âmes torturées, violentées qui se sont trouvées. La violence, pure et dure, est certes là mais elle ne m’a pas donnée des frissons d’horreur, sauf le passage du cahier, comme les livres de Caryl Féray auparavant lus. Certains passages m’ont fait, toutefois, monter les yeux au ciel.

Mapuche de Caryl Férey mérite pour ma part la note maximale. Un roman très bien construit et superbement abouti, une véritable fresque historique. Il ne faut pas oublier les paysages superbes décrits. Caryl Férey sait valser avec les mots, entre la pauvreté et sa crasse, et les nantis qui habitent des endroits où les plus belles senteurs prédominent.

Résumé Mapuche Caryl Férey

Jana est sculptrice. Elle a 27 ans. Son ami Miguel l’appelle en urgence car un de ses amis travesti voulait le voir mais il n’est pas au rendez-vous. Lors de leur périple dans les bas-fonds de Buenos Aires, il tombe sur la police en train de repêcher un cadavre.

Ruben est le fils d’un grand poète argentin. Il vit seul et est détective. Un de ses amis journaliste l’informe que la fille d’une riche personnalité a disparu.

Mapuche de Caryl Férey

date de sortie : 17 mars 2016

Editeur : Folio

Isbn : 978-2-07-078495-0

Nombre de pages : 550