Le nouveau féminisme de Barbara Polla

Le nouveau féminisme de Barbara Polla - Editions Odile Jacob

Le nouveau féminisme de Barbara Polla – Editions Odile Jacob

Combats et rêves de l’ère post-Weinstein.

Présentation de l’éditeur Le nouveau féminisme de Barbara Polla

Le nouveau féminisme est né. Un féminisme multiple, tel est l’enjeu de ce livre.
La libération de la parole des femmes, de toutes les femmes, toutes singulières, toutes différentes, toutes uniques, révèle en réalité une galaxie de féminismes, créatifs, foisonnants, parfois convergents, parfois divergents. Le nouveau féminisme est un mouvement qui a pris une ampleur inattendue et sans précédent.
Il nous fallait ce livre d’une femme engagée pour recenser les différents féminismes existants, ceux qui émergent et ceux qui s’ignorent encore, et pour nous aider à nous positionner entre combats et rêves – les uns ne vont pas sans les autres.

Des rêves de réconciliation, d’éros et de liberté, avec la poésie comme arme, sans blessure, à la rencontre de l’autre.

Avis Le nouveau féminisme de Barbara Polla

Ce livre a été un peu dur à lire pour moi. Sûrement à cause de la fatigue que je traîne depuis de nombreux mois et du manque de sommeil. L’auteur nous détaille les différents féminismes : différencialiste, pro-sexe et pro-désir, universaliste, pro-choix, intersectionnel, afro, LGBTIQA+, 7+, Eco, antipécisme, d’artistes, néo, pop, entrepreneurial, qui fait, d’évolution, et les autres. Ce sont des définitions, des témoignages, des études, des avis, mais aussi leurs dangers. Cela a, au moins, le mérite d’être clair pour tout le monde car Barbara Polla nous explique pourquoi elle est d’accord ou pas avec les uns et les autres. Après, libre à chacun de donner son avis. Personnellement, je ne le donnerai pas. Je n’ai pas échangé à ce sujet lorsqu’est sortie l’affaire Weinstein, le mouvement #metoo et #balancetonporc.

Je suis d’accord avec l’auteur lorsqu’elle écrit que la violence est partout, déjà au moment de la naissance, en donnant la vie. Est-ce que les hommes veulent cette force que représentent la femme ? Est-ce pour cela qu’ils peuvent être violents et donner la mort ? C’est un sujet qui doit tout de même être approfondi. Je suis d’accord avec l’auteur quand elle écrit que les filles doivent être élevées en les informant de leur pouvoir et que les enfants doivent dire non très jeunes, même à leurs parents et surtout poser des questions.

Ensuite, il y a celles qui sont pour la cause des femmes, de toutes les femmes, des hommes, de tous les hommes. Je pense en faire partie. Je suis pour un monde sans violence, où tout un chacun doit pouvoir donner son opinion et pouvoir échanger sans contraintes, sans tabou , sans violences. On m’a déjà taxer du fait que si l’on n’est pas d’accord avec moi, je peux me mettre en colère. Sauf que non, toutes les opinions sont les bienvenues. Mais doit-on changer de bord parce que ça arrange, sur le moment, parce qu’on a obtenu une aide d’un politique, qui ne fait que son travail ? Non. Je respecte les opinions des uns et des autres. Si elles ne correspondent à mes idéaux, je m’en éloigne pour éviter les conflits. En plus, je suis de moins en moins sur les RS, donc, je ne suis au courant de rien ou après la bataille. Je suis tout à fait d’accord que tout le monde se respecte, que les hommes et les femmes ne soient plus agressés, que les corps des uns et des autres soient respectés, que les femmes osent s’affirmer, qu’elles puissent séduire quand elles le souhaitent et que les violences physique et psychologique cessent.

Tout doit être réalisé en bonne intelligence. Et si je dois donner mon avis, il y a énormément de travail. Que ce soit chez nous, en France, ou partout ailleurs dans le monde. Que ce soit pour les femmes, pour les hommes et pour les enfants.

Je remercie Anne&Arnaud et les Editions Odile Jacob.

Le nouveau féminisme de Barbara Polla

Date de sortie : 2 mai 2019

Editeur : Odile Jacob

Nombre de pages : 267

ISBN : 978-2-7981-4782-0

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers - Editions les Escales

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers – Editions les Escales

Résumé Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Incendie dans une maison où tout le monde dort. Seuls le frère et la soeur en réchappent.

Leon a 25 ans. Il quitte la maison familiale. Il va travailler dans le sud de la Tasmanie comme garde forestier.

Avis Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Combien peut-on avoir de coups de coeur en un mois ? Ce mois de mai est vraiment extra en matière de lectures. La dernière ne déroge pas à cette règle. C’est mon premier Karen Viggers et ce ne sera pas mon dernier. Je suis tombée amoureuse. Déjà, avec le pays, il en fallait peu. L’Australie, un de mes pays favoris en matière de littérature. Mais là, l’action se situe dans un endroit que je ne connaissais pas, la Tasmanie. Superbe avec ces forêts immenses où ça grimpe, où ça descend. D’ailleurs, un des sujets abordés dans ce roman est l’écologie et le travail des bûcherons, des gardes forestiers. Les premiers sont de moins en moins nombreux et ils doivent aller là où ils sont demandés. De plus, il y a de moins en moins de scieries. Donc beaucoup moins de travail. Les gardes forestiers, ici Leon, tentent de laisser cette nature propre car la forêt est le poumon de notre humanité. Mais elle est trop dévastée. Cela ne repousse pas. Et ensuite, il y a ces arbres centenaires qui sont détruits mais qui sont le refuge de la faune et la flore.

J’ai adoré les personnages. Le premier est Leon, garde-forestier. Les hommes de la famille sont tous bûcherons mais lui n’a pas suivi la tradition. Il a vécu quelques années avec ses parents pour aider sa mère à affronter l’alcoolisme et la violence de son père envers sa femme. En arrivant dans cette petite ville, il devra s’acclimater surtout à ses voisins, aux gens qu’il va côtoyer. Cela ne sera pas facile car il sera facilement rejeté, même s’il intègre l’équipe de footy. Heureusement, cela lui permet de se rapprocher de son grand-père mais aussi d’un petit garçon Max à qui il va apprendre le footy. D’ailleurs, il va aider Max de nombreuses fois, lorsque sa chienne aura des petits, aura un accident où quand le jeune garçon subira la violence et le harcèlement d’un de ses camarades.

Ensuite, il y a Mikki, cette jeune fille de près de 18 ans, qui a perdu ses parents dans l’incendie de leur ferme. Là, elle vit avec son frère et l’aide dans le restaurant qu’ils ont ouvert. Si elle a vécu auparavant, coupée des autres, sans aller à l’école, c’est encore le cas avec son frère. Il la séquestre et il lui interdit de sortir. Seules leurs randonnées dans la forêt, une fois par semaine, sont une bouffée d’oxygène pour elle. Mais Mikki a une passion pour les livres. Elle en possède trois. Elle les a énormément lus et s’est identifiée à leurs héroïnes, tout en analysant leurs caractères, ce qu’elles ont fait de leur vie. Mikki veut être libre, expérimenter pour faire ses propres erreurs. Elle va enfin trouver comment, à l’insu de son frère. Elle devra toujours faire attention. A elle, la liberté, les rencontres. Mais le prix à payer sera-t-il énorme ? 

Un roman très intense quant à la qualité des personnages, des situations vécues. Car outre le harcèlement scolaire subi par Max, les difficultés pour vivre pour les ouvriers ou encore celles de Leon pour se faire accepter, Karen Viggers développe le thème des violences familiales, des femmes battues, ou encore ces endroits où tout le monde sait mais où on se tait. Car tout se voit, tout est compris, comme pour le cas de Mikki enfermée par son frère. J’étais extrêmement bien dans cette forêt à certains moments, j’étais bien avec ces personnages, j’étais extrêmement bien avec Karen Viggers qui m’a fait voyager, qui m’a démontrer que, malgré tout, nous ne sommes pas franchement libres, que les mêmes problèmes existent partout, qu’avec de la volonté, on y arrive. Mais il est difficile de pardonner. Personnellement, je ne peux pas pardonner à ceux qui m’ont fait du mal ou qui en ont fait à mes proches. Et puis, outre la flore, Karen Viggers s’est attachée à nous décrire le diable de Tasmanie et ses différents problèmes pour survivre.

Je remercie Anne & Arnaud ainsi que les Editions Les Escales pour ce fabuleux roman.

Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

Date de sortie : 11 avril 2019

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 427

ISBN : 978-2-36569-433-9

La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

La fille au sourire de perles La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil – Editions Les Escales

Présentation de l’Editeur La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Un témoignage nécessaire qui nous incite à regarder au-delà du statut de victime. Clemantine Wamariya livre une histoire poignante et inspirante qui révèle l’importance de chaque existence et la puissance du récit.
Rwanda, 1994. Clemantine a six ans lorsqu’elle doit fuir les massacres avec sa grande soeur Claire. Sans nouvelles de leur famille, déplacées de camps de réfugiés en camps de réfugiés, elles affrontent la faim, la soif, la misère et la cruauté pendant six ans avant d’arriver aux États-Unis.
À Chicago, Clemantine est recueillie par un couple aisé et découvre soudain une toute autre réalité. Projetée dans un véritable rêve américain, l’adolescente est pourtant plus perdue que jamais. Une question s’impose alors : comment se reconstruire et donner un sens à son histoire après avoir vécu l’enfer ?

Sincère, urgent et bouleversant, La Fille au sourire de perles examine la question de l’identité et de l’appartenance, des cicatrices laissées par un traumatisme, mais aussi du rapport à l’autre quand celui-ci ne voit en vous qu’une victime.
Un témoignage actuel et plus que jamais nécessaire.
 

Avis La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Ceci est l’autobiographie de Clemantine qui vivait dans une famille assez aisée au Rwanda.

L’histoire alterne les passages de la vie de Clemantine au Rwanda, son arrivée aux Etats-Unis, la fuite avec sa soeur dans de nombreux pays d’Afrique et son évolution en tant qu’adolescente puis adulte aux Etats-Unis. 

Clemantine est toute jeune. Elle a une soeur beaucoup plus âgée. Elles partiront toutes les deux chez leur grand-mère. Mais très vite, elles devront prendre la route, diverses routes, pour gagner des pays. Difficile pour Claire de prendre soin de cette petite soeur. Claire a toujours eu à l’esprit qu’elle était l’égale des autres. Elle a toujours su se débrouiller pour tenter d’améliorer, un tant soit peu, son quotidien. Et cela a continué aux Etats-Unis. Même si elle a souffert de toutes les expériences traversées. Claire n’est pas anéantie. Est-elle en colère ? Peut-être contre tous ceux qui ne la considèrent pas comme un être humain. Clemantine perdra de nombreuses choses personnelles, même si elle emmène peu à chaque fois. Et cela lui fera extrêmement mal. A chaque fois qu’elle peut aimer quelqu’un, elle devra vite partir. Est-ce que cela aurait changé quelque chose, son caractère, si sa soeur avait été beaucoup plus proche d’elle ?

Suis-je la seule à qui ce livre laisse une sensation désagréable ? Ce n’est pas dû à cette colère que Clemantine ressent continuellement. Ce n’est pas dû au fait qu’elle ne peut pas faire confiance aux autres. En tous les cas, elle a fait confiance à de nombreuses personnes pour écrire cette autobiographie. De plus, la page des remerciements est extrêmement longue. Je n’ai jamais eu l’impression qu’elle profitait des personnes qu’elle a rencontrées en Amérique, comme Oprah Winfrey, de sa famille d’accueil. Ils l’ont aidé à devenir une jeune fille, une jeune femme instruite. Je conçois tout à fait que Clemantine se cherche car pendant des années, elle n’a été plus rien. Elle a survécu à l’horreur. Est-il possible que Clemantine ne ressente aucun amour pour personne, comme elle l’écrit ? Pas d’amour pour ces neveux avec lesquels elle est restée pratiquement tout le temps. Pas d’amour pour ceux qui ont partagé sa vie. Quand on est arraché à une famille, famille que l’on retrouve des années plus tard et qui a continué à vivre, malgré tout, à avoir des enfants, n’y a-t-il pas un sentiment de jalousie face à ça ? Car Clemantine, même si elle a retrouvé les siens, n’a pas retrouvé sa famille telle qu’elle l’a laissée. Je comprends que Clemantine ne soit pas d’accord avec tous ceux qui pensent que les réfugiés ont tous vécu la même chose. Ils sont déshumanisés en quelque sorte. Elle doit également faire avec une autre façon de vivre, une autre culture, tenter de faire comprendre aux autres toute cette souffrance même si c’est difficile pour elle d’y mettre les mots de façon correcte. Ses réactions peuvent choquer. Livre témoignage mais aussi livre écrit pour que la mémoire ne s’efface pas. Je ne suis pas choquée par les réactions de Clemantine mais pourquoi accepter toutes ces conférences, témoigner autant alors qu’elle connait les réactions des uns et des autres ?

Toutes ces personnes ont souffert et de la plus horrible des façons. Elle a raison quand elle dit que chaque souffrance est différente. Elles ne sont pas comparables, que ce soit ceux qui ont subi l’holocauste ou encore ceux qui ont été victimes de génocides. Certaines lectures lui ont été profitables, car elle a trouvé des réponses à ses questions. On apprend tout de même énormément de choses au niveau de la politique du Rwanda, comment a été colonisé ce pays par la Belgique, ce que ce pays a fait pour séparer les différentes personnes rwandaises. 

Je remercie les Editions Les Escales et l’agence Anne & Arnaud pour cette lecture.

La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Date de sortie : 10 janvier 2019

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 312

ISBN : 9782365694186