PLS de Joanne Richoux

PLS de Joanne Richoux - Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux – Actes Sud Junior

PLS de Joanne Richoux, Présentation

Soir de fête, Sacha et sa jumelle se préparent. Les parents s’en vont et laissent les jumeaux ensemble. Mais Sacha a peur d’affronter ses amis qu’il n’a pas vus depuis longtemps.

Afin de prendre du courage, il prend un Xanax.

Avis PLS de Joanne Richoux

C’est une partie de l’histoire de jumeaux, Sacha et Angelique-Angie. Ils ont organisé une fête chez eux. C’est Halloween. Pour Sacha, ce sera la première fois qu’il revoit tous ceux qu’il a côtoyés il y a déjà quelques temps.

Entre Sacha et sa soeur, c’est une relation très forte. L’un et l’autre se surveillent. Elle pour que son frère ne passe pas à l’acte. Lui, pour protéger sa soeur. Sacha est un jeune homme seul, aux idées noires. Pourtant, il veut échanger, mais tous ces gens lui font peur, il ne sait pas comment se comporter. Donc, il est tout de même agressif. Vivre avec les médicaments, être dans un autre état, lorsqu’ils sont pris, voir le monde pas tel qu’il est mais cela permet, plus ou moins, de l’affronter. Sacha, lors de cette fête, se rend tout de même compte que d’autres jeunes, comme lui, peuvent souffrir mais qu’ils le cachent.

Ecrire sur la souffrance psychologique, psychiatrique des jeunes afin que ces jeunes lecteurs puissent comprendre qu’ils ne sont pas seuls à souffrir, qu’ils doivent se faire soigner, en parler. Cela permet également aux parents qui peuvent lire ce genre de livres que leur enfant peut être malade. Car oui, on parle et on écrit sur les maladies psychiatriques, psychologiques. Quand je prends le bus, j’entends certains jeunes parler de leurs problèmes. Personnellement, je le vis au quotidien depuis huit ans. Avec toujours la peur au ventre de la TS. Mais certains n’ont pas de comportements à risques, ils ne mélangent pas alcool et médicaments. Et même s’ils sont suivis, le passage à l’acte peut très vite arrivé et également surprendre.

Les pages de ce livre se tournent très facilement et à un moment donné, c’est le choc, véritablement le choc. Dès les premières pages, dès que j’ai compris un peu ce qui se passait, je m’interrogeais sur le comportement d’Angélique qui semblait, à tous points de vue, une jeune fille comme les autres, même si elle surveillait son frère, même si elle était à ses côtés tout le temps.

Comment affronter la maladie d’un proche ? Comment affronter la maladie d’un jumeau alors qu’on les dit connectés entre eux ? Comment affronter l’indicible que l’on n’a pas su voir à temps ? Comment faire en sorte qu’une relation fonctionne des deux côtés. L’autre, même s’il a peur, même s’il doit affronter ses propres démons, même s’il a peur de s’écrouler, doit pouvoir accepter cet autre qui se révèle tout de même proche par bien des côtés. Alors oui, une relation n’est jamais gagnée d’avance. On peut être entraîné, on peut entraîner l’autre dans sa maladie. Mais des fois, quelque chose de beau peut sortir car il faut savoir et pouvoir échanger, se confier et tenter. Cela peut donner quelque chose de beau et permet de finir sur une note d’espoir.

Des mots crus, certes, des jeunes qui boivent beaucoup, sans mesure, qui ont des relations sexuelles sans lendemain. Mais des jeunes qui veulent vivre une belle histoire d’amour avec une personne qu’ils connaissent depuis plus ou moins longtemps. Des jeunes qui voient tout, qui s’excusent de faire subir, qui comprennent tout de même les adultes. Mais que c’est dur d’exprimer ses opinions, ses émotions, surtout après un drame, où tout le monde se renferme sur soi.

Comment affronter la maladie ? Comment affronter la mort ? Comment affronter la souffrance quotidienne ? Comment affronter cette solitude ? Le roman ne donne pas de conseils mais partage une expérience qui peut arriver à tout un chacun.

Ravie également de retrouver une référence, plusieurs fois, à une fragrance Mugler, Womanity avec sa note sucrée-salée, figue et caviar, une figue très présente pour Sacha et également les odeurs, lorsqu’il échange avec Elle. Une odeur représente une personne, une ambiance…

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette lecture.

PLS de Joanne Richoux

Date de sortie : février 2020

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 96

ISBN : 978-2-330-13099-2

La frontière de Don Winslow

La frontière de Don Winslow - Harper Collins Noir

La frontière de Don Winslow – Harper Collins Noir

Présentation La frontière de Don Winslow

2017, Art Keller est aux Etats-Unis. Il est en butte contre toutes les autorités. Qui veut l’anéantir. Il est avec Mari, mais une fusillade éclate. Il tente de sauver un grand nombre de personnes.

Retour cinq ans en arrière au Guatemala, Art Keller traque son ennemi juré, Barrera, qui était devenu son allié dans le trafic de drogue pour éliminer une grand partie des narcos.

Avis La frontière de Don Winslow

Comment écrire une critique sur ce monstre, sur cet ovni de près de 850 pages ? Je n’en sais absolument rien tellement il y aurait à dire, mais ce serait dévoiler tant de choses et l’ultime. J’ai eu énormément de mal à lire La frontière dû à un énorme état de fatigue. Je ne lisais que quelques pages par jour, à mon grand désespoir. Je n’avançais pas, ce qui fait que je n’ai pas réellement apprécié ce roman, cette fin, à sa juste valeur. Mais je l’ai déjà dit, il va falloir que je lise le premier roman de la trilogie, avant tout, pour bien comprendre Art Keller, même si La frontière détaille à nouveau tout ce qu’il faut. Donc, quand je serai dans un état, sans stress, soit peut-être pendant trois semaines de vacances, je lirai la trilogie de bout en bout. Après ce petit aparté, place à, si je puis l’écrire, mon avis.

Art Keller a décidé que c’était sa dernière mission contre les cartels de la drogue. Il semble avoir eu ce qu’il voulait. Mais on lui propose le poste de directeur de la DEA. Il hésite à accepter. Il se marie à Marisol et ensemble ils vont partir à Washington. A la DEA, Art Keller se rend très vite compte qu’il n’a pas que des amis. Sa réputation sulfureuse fait qu’il doit bien choisir ceux en qui il peut avoir confiance. Lors de son travail, il se rend compte que la drogue fait encore plus de ravages au sein de la population américaine. L’héroïne est arrivée et elle tue. Il va essayer de s’entourer de personnes qui veulent combattre ce fléau. Entre missions d’infiltration, enquêtes au plus haut niveau, révélations à certaines personnes, il faut faire tomber ce cartel mexicain. Car le chef du cartel est semble-t-il mort. Et tous ceux qui veulent prendre sa place s’entretuent, aidés ou pas par les autorités américaines et mexicaines. Mais certains sont en prison et aussi en prison, ils ont du pouvoir. Mais, malheureusement pour Art Keller, les élections américaines sont proches et qui dit changement de président, dit changement au sein des nombreuses institutions américaines. Gardera-t-il son poste ou comme d’habitude, est-ce qu’il gêne ? Il va amasser tout ce qu’il lui faut pour démontrer que tout est une question de pouvoir et de politique. Mais face à ces pouvoirs, va-t-il dire la vérité sur tout ce qui s’est passé au cours de sa carrière, sur ces derniers mois passés au sein de la DEA et donc risquer la prison, ou va-t-il laisser filer ?

On assiste, encore et toujours, à des guerres de pouvoir, des guerres où la population paie énormément au niveau des meurtres, mais aussi les gens qui ont du pouvoir dans les cartels mexicains. Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de faire mourir les gens, leurs ennemis ou leurs anciens amis.

Les décisions sont dures à prendre, surtout lorsque l’on a de nombreuses choses à se reprocher, que l’on a tenté de lutter contre le crime organisé, contre des instances très importantes. Ce roman est une charge contre une politique américaine qui a duré de nombreuses années et qui dure encore. Les alliances se sont créées. Des millions sont en jeu, tout comme des alliances. Et ce au mépris des êtres humains. Un roman très fort qui détaille encore et toujours ce qui se fait ou ce qui peut se faire. Un roman qui démontre très bien qu’il reste encore beaucoup à faire contre la drogue, qu’il faut prendre des décisions pour aider et non enfermer, puisque les trafics peuvent se réaliser, même en prison. De nombreux américains se droguent. Pourquoi ? La réponse est donnée et on peut la comprendre. Enfin, cela a été mon cas.

Quand un écrivain donne des pistes. Peuvent-elles être suivies d’effets ? Pas forcément, mais Don Winslow fait l’éducation de ses lecteurs, il les pousse à s’interroger, à appréhender d’une autre façon la drogue, les instances politiques, les cartels et tout cet argent qui transite. Quand ce sont des millions, voire des milliards qui sont en jeu et qui font vivre de nombreux gouvernements, bien entendu, malgré les beaux discours politiques, ils ne veulent pas que cette manne soit rompue. Et les gens souffrent, ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas de quoi vivre décemment, on annonce que les pays sont endettés, qu’il faut travailler plus et plus longtemps – pour la France. Alors qu’il y a de l’argent et beaucoup d’argent qui permettrait aux citoyens de vivre décemment.

Dans son roman, il donne également une place à tous ceux qui fuient le Mexique, ces pays d’Amérique latine, pour trouver l’Eldorado aux Etats-Unis. Et comment cela se passe-t-il ? Cela fait froid dans le dos ce long voyage où nombreux sont ceux à mourir ou à être expulsés chez eux, s’ils arrivent à entrer. 

Je regrette les quelques coquilles, soit de la traduction, soit de l’impression, car je me suis aperçue, à certains moments, qu’il manquait des mots. Cela ne gêne pas la lecture. Mais bon,

Merci à Don Winslow d’avoir mis autant de temps à écrire cette trilogie, qui a demandé énormément de travail, de nombreuses références. 20 ans, c’est long pour écrire des livres, mais ce sont 20 ans qui permettent de voir l’évolution du monde, l’évolution de cette Amérique qui peut faire rêver mais qui est franchement contradictoire.

Je pense que Don Winslow va faire partie de mes auteurs favoris, suite à ses trois derniers romans lus. Et comme il est assez prolifique, cela donne un grand nombre de romans.

La frontière de Don Winslow

Date de sortie : 16 octobre 2019

Editeur : Harper Collins

Nombre de pages : 848

ISBN : 9791033903697

Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

 

Le journal de Claire Cassidy d'Elly Griffiths

Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Présentation Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Voyage dans un train, une histoire vraie est racontée. Ils semblent être seuls dans ce wagon. 

Claire est professeur, elle écrit la biographie d’un auteur, Holland. On lui apprend l’assassinat de son amie, collègue, Ella.

Avis Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Dans ce roman, très long, trop long à se mettre en place, est-ce dû au fait que ce soit un journal et qu’il soit raconté comme un journal ?, les trois personnages principaux féminins alternent. En premier, Claire, qui tient un journal. En second, Harbinder, qui s’occupe de l’enquête de police. Et pour finir, Georgie-Georgia, la fille de Claire. Pourquoi un e ou un a qui alternent selon les moments ? Fautes de traduction, d’impression ?

Claire est professeur d’anglais. Elle est divorcée et a une fille adolescente. Elle travaille dans une école où a vécu un écrivain qu’elle adore. D’ailleurs, elle a le projet d’écrire un livre sur lui.

Harbinder travaille dans la police. Elle a 35 ans, vit toujours chez ses parents. Elle est sikh et homosexuelle. Lorsqu’elle sera appelée sur les lieux du crime, ce sera à son ancienne école, où plane toujours l’aura de l’ancien maître des lieux et des histoires de fantômes qui ont perduré à cause de morts violentes.

Georgie est la fille de Claire. Elle vit chez sa mère et va, un week-end sur deux, chez son père à Londres, remarié et avec deux enfants en bas âge. Elle trompe bien son monde en laissant voir, sans détromper les adultes, qu’elle est comme tous les adolescents de son âge, accro à son portable, les réseaux sociaux… En plus, elle a un petit ami qui ne plait pas à ses parents, car il est déjà adulte. Les parents ont de mauvaises relations. Le père veut s’immiscer dans la vie de sa fille et la coupable, toute trouvée, est bien entendu Claire car elle ne sait pas élever leur fille.

Tout va changer lorsque la meilleure amie de Claire, Ella, professeur d’anglais, comme elle, est assassinée. Très vite, Claire sera interrogée par la police puisqu’elle avait des liens très forts avec Ella. Et comme bien souvent, le meurtrier fait partie de l’entourage, immédiat de la victime. Qui peut-il être ? Un ancien amant ? Interrogée, Claire ne dira pas tout. Car dans cette petite communauté de professeurs, il s’en passe des choses, des jalousies, des liaisons, du harcèlement. Lors de son premier interrogatoire, Claire ne fait pas bonne impression à Harbinder, car trop propre sur elle et franchement différente. Mais qu’est-ce qui va les rapprocher ? Un deuxième meurtre ou autre chose de plus personnel et qui concerne Claire ? En filigrane, les écrits de cet auteur, très peu lu, qui a habité cette école et qui sont rapportés tout le long du roman. Surtout que certaines de ses phrases se retrouvent dans des endroits qui devraient être cachés, près des corps des victimes.

Au final, j’ai lu ce roman sans réel plaisir, ni déplaisir, je suis entrée dans l’histoire mais elle ne me laissera pas de souvenirs impérissables. Je n’ai trouvé aucun rebondissement notoire, même si l’auteur nous présente, au fil des pages, tous les protagonistes du roman comme des suspects, face à ces trois meurtres. Même le dénouement n’est pas forcément haletant. Oui, cela se passe comme ça, le coupable est trouvé. Et alors ? Rien de plus à se mettre sous la dent. Des clichés, trop de clichés qui ne rendent pas les personnages antipathiques, ni très sympathiques non plus. Je ne me suis identifiée à aucun des trois personnages, ni pris fait et cause pour elles. Réellement dommage. La fin, une répétition de ce qui se passe au cours du roman lorsque un auteur raconte son histoire, dans un train, clôt ce livre avec bien entendu un dénouement, mais qui sert à quoi ? Deux histoires en une ? Bien entendu, il y a un élément qui pourrait faire froid dans le dos. Mais pour moi, cela n’a pas été le cas. Malgré tout, il n’y a aucun temps mort qui permettrait de laisser tomber le livre. Je n’ai trouvé aucune dimension psychologique également.

Par contre, j’ai beaucoup aimé le rôle d’Herbert, le chien, un animal aimé par Claire, Georgie et par ricochet, Hardibert.

Je remercie Netgalley et les Editions Hugo Thriller pour cette lecture.

Le journal de Claire Cassidy d’Elly Griffiths

Date de sortie : 2 janvier 2020

Editeur : Hugo Thriller

Nombre de pages : 370

ISBN : 9782755649543

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel - Editions Belfond

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel – Editions Belfond

Présentation Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

C’est l’effervescence dans ce commissariat. Tout le monde est aux aguets, tout le monde est aux abois. Un drame a eu lieu, mais quoi, que s’est-il passé ?

Le commandant a été arrêté ainsi qu’un lieutenant. Ils doivent être interrogés, séparément, sur ce drame qui s’est produit. Leur histoire va-t-elle concorder ? Y aura-t-il des failles ? Une longue nuit s’annonce où ils vont se mettre à nu.

Avis Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Karine Giebel a gagné son tour de force. Ne pas me faire détester Richard. Pourtant, ce n’était pas gagné, au départ. Mais au fur et à mesure des pages, je me suis retrouvée comme celui qui l’interrogeait, gagnée par le dégoût de ce qu’il a fait subir à Laëtitia mais aussi par l’envie de comprendre cet homme, comment cet amour l’a fait basculer. En ces temps où les hommes qui abusent de leurs forces, de leur autorité pour obtenir ce qu’ils veulent sexuellement, Karine Giebel nous démontre, par la force des mots, lors de cet interrogatoire de Richard et Laëtitia, que l’amour recouvre différentes formes. Richard sait dès le départ, de cet interrogatoire, qu’il a tout perdu.

J’ai été plus éloignée de Laëtitia au départ. Mais pareil au fil des pages, j’ai été plus que touchée par sa souffrance, par toute la perte qu’elle subit à cause d’un homme même si c’était entre dégoût mais aussi plaisir. Je comprends cette haine farouche, qu’elle veuille le faire payer.

Les deux officiers qui interrogent Richard et Laëtitia vont, avec cette histoire, en apprendre beaucoup sur eux-mêmes car la vie de leurs suspects est mise à nu, ils racontent tout. Ils vont laisser dérouler l’histoire, sans poser trop de questions. Ils seront assez proches des suspects, n’hésitant pas, toutefois, à les remettre dans le droit chemin quand cela est nécessaire. Ils ne sont pas là pour juger mais savoir si Richard et Laëtitia racontent la même histoire.

Ce que j’ai fait de toi est profondément addictif. J’ai avalé les pages pour connaître tout ce que Richard et Laëtitia avaient à raconter, pour savoir pour quelle raison ils se sont retrouvés à être interrogés. Et encore une fois, même si je savais que les héros de Karine Giebel ne s’en sortent pratiquement jamais, j’ai été scotchée par la fin, encore une fois très bien trouvée et par ce qu’elle nous apporte comme réponse. Car est-ce qu’il y a bien une réponse ? L’amour que Richard a éprouvé pour Laëtitia lui a tout fait perdre. Il a perdu son sang-froid, sa faculté de réflexion, sa famille. Il a été violent, surtout envers elle, il n’a pas voulu l’écouter, ni écouter qui que ce soit. Quant à Laëtitia, a-t-elle joué un double jeu ? Dans toutes ces pages, on a pu ressentir, sa souffrance, sa peur extrême, son envie de se venger, de le voir mort. Mais le lecteur a pu ressentir l’amour qu’elle pouvait porter à cet homme. Un amour teinté, en premier de grande admiration, un amour teinté de haine farouche. Et tout cela avec une grande lucidité quand même. Jamais ils ne pourront pas être heureux. Richard voulait lui faire de mal si elle n’était pas à lui. Il a abusé d’elle, de son pouvoir, de la confiance que les autres éprouvaient pour lui. Il voulait lui faire du mal lorsqu’elle l’a repoussé. Laëtitia voulait lui faire du mal car à cause de lui, elle a perdu ce qui comptait le plus pour elle. Auraient-ils pu être heureux ? Un tel amour est comme une drogue. Richard avait besoin d’elle à chaque instant. Il avait besoin qu’elle l’aime comme lui l’aimait. Mais cet amour a fait peur à Laëtitia. Le geste ultime de Richard envers Laetitia, lorsqu’ils se retrouvent face à face, est une dernière preuve d’amour. Mais amène-t-elle quelque chose de bon pour l’un et l’autre?

Ce roman est fort, grandiose. Il ferait un très bon film, même si je pense que je ne le regarderai pas car j’étais avec eux, j’étais eux également. Je me suis fait mes images, j’ai leurs voix, j’ai leurs corps face à moi, dans ma tête. Je les ai imaginés. J’ai également visualisé toutes les images de ce roman choc, hautement psychologique. Karine Giebel ne s’embarrasse pas de fioritures, elle raconte les faits bruts. Il y a de la magie dans ces mots, il y a de la poésie également. Je ne veux pas trop en dévoiler, je ne sais pas trop comment présenter ce roman. Des fois, quand on aime trop, on ne sait pas en parler, écrire. Mais je sors bousculée, littéralement accro, encore une fois, de Karine Giebel. Je ne sais pas si quelqu’un a déjà expérimenté le genre d’amour éprouvé par Richard envers Laëtitia, mais ce que je sais, c’est qu’un rien peut faire basculer une personne. J’ai fait un parallèle entre ce roman et une histoire qui a défrayé l’actualité, il y a quelques années et qui défraye encore l’actualité. Je ne nommerai pas les personnes, mais peut-être que certains lecteurs y penseront.

Ce que tu as fait de moi de Karine Giebel

Date de sortie : 21 novembre 2019

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 551

ISBN : 978-2-7144-8196-2