Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

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Résumé Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Le monde subit la canicule. Il fait très chaud. Les mers ont disparu mais elles se soulèvent et c’est à chaque fois la peur de mourir.

Oural est un exorciste. Il est devenu le maître. Tous ceux qui vivent avec lui ont confiance. Une vague arrive et il se prépare pour protéger les siens.

Avis Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Est-ce que la nature reprendra le dessus sur ce qui reste d’humains ? Ce roman peut-il être considéré comme ce qui pourrait arriver d’ici quelques années, pas si lointaines ? Comme l’auteur, je ne l’espère pas.

Le monde est un véritable désert. C’est la canicule. Il n’y a plus d’eau. Il reste quelques humains qui attendent, avec angoisse, ces mers mortes, ces vagues déferlantes chargées d’âmes qui veulent se venger de ce que les humains lui ont fait subir. Mais il reste Oural et le capitaine d’un bateau, Bengale. Oural est un exorciste. Il a un pouvoir pour protéger ceux qui sont avec lui contre ces mers mortes. Bengale en fait son prisonnier car il a un dessein. Trouver l’animal à la tête de tout ça et tenter de sauver le monde qui reste.

Oural est allié à une dauphine fantôme. Les deux hommes vont apprendre à se connaître, s’apprécier. Pour Oural, rencontrer d’autres humains, d’autres vies, c’est une ouverture sur un monde en déclin. Il n’est pas seul. L’un avec l’autre vont-ils sauver, en définitive le monde ou ce qu’il en reste ? Oural passe par différentes phases dans sa relation avec Bengale. Ce sera le déni, l’envie d’être accepté parmi ce monde de pirates, retrouver les siens, s’enfuir, revenir. De plus, il apprendra vraiment qui est réellement Bengale et ce sera encore plus difficile pour lui. Malgré tous ces questionnements, cette aide qu’il peut apporter aux pirates, il prendra des décisions, souvent difficiles, qui leur permettront d’avancer. Oural n’est l’esclave de personne, il veut être un homme libre même si contre son gré, il a pu tuer pour permettre aux autres de rester en vie et cela va, bien entendu, à l’encontre de ses idées. Cette relation entre les deux hommes est très bien évoquée, détaillée. Sans être fan de tous les personnages, je les ai tous très bien appréciés avec leur histoire personnelle.

L’auteur nous donne des sensations, des images très fortes. Avec elle, on s’interroge sur ce que nous faisons de mal envers la nature, sur cette pêche intensive, sur ces eaux polluées continuellement, sur ces marées noires qui dévastent tout. Cela permet une énorme prise de conscience. Tout le monde devrait lire ce roman et peut-être que les êtres humains réfléchiraient un tant soit peu. Roman écologique où le rythme ne faiblit aucunement. Les conséquences désastreuses pour tous. Car sans eau, sans animaux que peut-on faire ? Les gens meurent, leurs pires instincts se dévoilent. C’est une question de vie, de survie, que d’avoir de l’eau, des animaux pour vivre ensemble en toute quiétude. Les descriptions sont très réalistes quant à ce monde perdu qui se rebiffe, qui veut vaincre, qui sème la terreur comme lui l’a connu. Les humains, également, ont souffert, parqués dans des endroits inadmissibles avec sa pauvreté, sa violence, ses maladie.

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique et les Editions Scrineo.

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein

Date de sortie : 14 mars 2019

Editeur : Scrineo

Nombre de pages : 363

ISBN : 978-2-3674-0660-2

Les Romanichels d’Edmée De Xhavée

Editions Chloé des Lys

L’avis de PetitBelge

L’avis de Martine D-S

Si j’ignore comment on retient les livres pour les prix littéraires, ce que je sais, c’est qu’ici c’est un Goncourt que je viens d’achever. Quelles richesses dans ce récit! Amour de la vie, remise en question de soi et des valeurs inculquées, sincérité, aucune tricherie ! Comme Edmée De Xhavée a signé, avec « Les Romanichels », un livre riche!

C’est le seul commentaire que j’aurais envie de faire!

Car enfin, je referme ce livre sur… trois semaines de lecture.

Ma lecture est terminée. Tristesse! Bonheur! Aucune ambivalence pourtant et il est rare que je prenne autant de temps à lire 250 pages : j’avais si peu l’envie de l’achever, si peu l’envie d’abandonner les personnages qu’à chaque fois, je les laissais prendre forme. J’avais envie d’en savoir plus encore et encore plus sur chacun d’entre eux; or je savais qu’une fois le point final rencontré, ce serait fini. Et je voulais tout, sauf ça!

Abandonner les personnages,quelle idée! On ne les abandonne pas quand on a la chance de connaître un tant soit peu l’auteur! Elle y est omniprésente. Mais quand même! Suzanne me manque! Et Mado, et Grand-Daddy, et Philippe, et. Sergueï, et…, et tous les autres!

Seul un chat ronronnantmanque à cette atmosphère de détente. Je souris en l’écrivant, car n’ayant pas dérogé à ma sacro-sainte habitude, une fois une cinquantaine de pages lues, je suis une fois encore allée voler les mots des deux dernières pages. Et ils furent ceux que j’attendais, sans aucune surprise ni aucune déception. Que du contraire! Ils m’ont apporté la quiétude que je désirais avoir afin de pouvoir savourer tranquillement chaque réaction des personnages.

Edmée DE XHAVEE, grâce à sa sensibilité et à son style superbe (*), nous fait ressentir toutes les émotions vécues par les membres de deux grandes familles partagées, tiraillées entre le sens du devoir et l’appel vers « l’ailleurs ». Chacun est acteur de sa propre existence mais ce sens du devoir en est bien souvent « le maître ». On ne fait pas une croix ainsi sur toute une éducation et il faut la sagesse des années pour pouvoir faire co-exister les deux et en retirer tout l’enseignement qu’il y a à en retirer.

Une semaine à partager avec sa mère fait vivre à Olivia la saga de sa famille dont elle ignorait quasiment tout hormis les convenances. A l’opposé, Angelina, la domestique, lui fait découvrir le sens profond du mot « vie » telle que la ressentent et la subliment les Italiens et Italiennes. S’opposeront le « quant à soi » et « le plaisir du toucher », la « haute restauration » et les « petits restaurants familiaux », les rencontres de salon et celles des rues.

A chaque fois, les deux extrêmes, en totale contradiction,sont aussi riches les uns que les autres. Tiraillement et dilemme de l’existence pour qui connaît ces deux mondes et qui doit « choisir »!

Enfin, au-delà de cette dualité, en filigrane jusqu’à la fin, viscérale, coule la source de vie des Rrom dont la Chakra à seize rayons est leur emblème. Mais de leur rôle dans ce livre, je n’en dirais pas davantage. Il faut leur laisser l’étrange, la croyance.

Et puis s’il faut absolument lire ce qu’a écrit Edmée DE XHAVEE, ce n’est qu’à partir d’un certain âge et d’un certain vécu qu’on peut le vivre jusqu’au fond des tripes.Un peu à l’instar du film de Clint Eastwood, « Sur la route de Madison , réellement et intiment appréciable qu’à partir d’un certain…temps.

Merci, Edmée, de nous avoir offert tes « Romanichels »!

12/04/2009

(*) il suffit d’aller sur son blog pour s’en rendre immédiatement compte :

http://edmee.de.xhavee.over-blog.com/