La frontière de Don Winslow

La frontière de Don Winslow - Harper Collins Noir

La frontière de Don Winslow – Harper Collins Noir

Présentation La frontière de Don Winslow

2017, Art Keller est aux Etats-Unis. Il est en butte contre toutes les autorités. Qui veut l’anéantir. Il est avec Mari, mais une fusillade éclate. Il tente de sauver un grand nombre de personnes.

Retour cinq ans en arrière au Guatemala, Art Keller traque son ennemi juré, Barrera, qui était devenu son allié dans le trafic de drogue pour éliminer une grand partie des narcos.

Avis La frontière de Don Winslow

Comment écrire une critique sur ce monstre, sur cet ovni de près de 850 pages ? Je n’en sais absolument rien tellement il y aurait à dire, mais ce serait dévoiler tant de choses et l’ultime. J’ai eu énormément de mal à lire La frontière dû à un énorme état de fatigue. Je ne lisais que quelques pages par jour, à mon grand désespoir. Je n’avançais pas, ce qui fait que je n’ai pas réellement apprécié ce roman, cette fin, à sa juste valeur. Mais je l’ai déjà dit, il va falloir que je lise le premier roman de la trilogie, avant tout, pour bien comprendre Art Keller, même si La frontière détaille à nouveau tout ce qu’il faut. Donc, quand je serai dans un état, sans stress, soit peut-être pendant trois semaines de vacances, je lirai la trilogie de bout en bout. Après ce petit aparté, place à, si je puis l’écrire, mon avis.

Art Keller a décidé que c’était sa dernière mission contre les cartels de la drogue. Il semble avoir eu ce qu’il voulait. Mais on lui propose le poste de directeur de la DEA. Il hésite à accepter. Il se marie à Marisol et ensemble ils vont partir à Washington. A la DEA, Art Keller se rend très vite compte qu’il n’a pas que des amis. Sa réputation sulfureuse fait qu’il doit bien choisir ceux en qui il peut avoir confiance. Lors de son travail, il se rend compte que la drogue fait encore plus de ravages au sein de la population américaine. L’héroïne est arrivée et elle tue. Il va essayer de s’entourer de personnes qui veulent combattre ce fléau. Entre missions d’infiltration, enquêtes au plus haut niveau, révélations à certaines personnes, il faut faire tomber ce cartel mexicain. Car le chef du cartel est semble-t-il mort. Et tous ceux qui veulent prendre sa place s’entretuent, aidés ou pas par les autorités américaines et mexicaines. Mais certains sont en prison et aussi en prison, ils ont du pouvoir. Mais, malheureusement pour Art Keller, les élections américaines sont proches et qui dit changement de président, dit changement au sein des nombreuses institutions américaines. Gardera-t-il son poste ou comme d’habitude, est-ce qu’il gêne ? Il va amasser tout ce qu’il lui faut pour démontrer que tout est une question de pouvoir et de politique. Mais face à ces pouvoirs, va-t-il dire la vérité sur tout ce qui s’est passé au cours de sa carrière, sur ces derniers mois passés au sein de la DEA et donc risquer la prison, ou va-t-il laisser filer ?

On assiste, encore et toujours, à des guerres de pouvoir, des guerres où la population paie énormément au niveau des meurtres, mais aussi les gens qui ont du pouvoir dans les cartels mexicains. Ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de faire mourir les gens, leurs ennemis ou leurs anciens amis.

Les décisions sont dures à prendre, surtout lorsque l’on a de nombreuses choses à se reprocher, que l’on a tenté de lutter contre le crime organisé, contre des instances très importantes. Ce roman est une charge contre une politique américaine qui a duré de nombreuses années et qui dure encore. Les alliances se sont créées. Des millions sont en jeu, tout comme des alliances. Et ce au mépris des êtres humains. Un roman très fort qui détaille encore et toujours ce qui se fait ou ce qui peut se faire. Un roman qui démontre très bien qu’il reste encore beaucoup à faire contre la drogue, qu’il faut prendre des décisions pour aider et non enfermer, puisque les trafics peuvent se réaliser, même en prison. De nombreux américains se droguent. Pourquoi ? La réponse est donnée et on peut la comprendre. Enfin, cela a été mon cas.

Quand un écrivain donne des pistes. Peuvent-elles être suivies d’effets ? Pas forcément, mais Don Winslow fait l’éducation de ses lecteurs, il les pousse à s’interroger, à appréhender d’une autre façon la drogue, les instances politiques, les cartels et tout cet argent qui transite. Quand ce sont des millions, voire des milliards qui sont en jeu et qui font vivre de nombreux gouvernements, bien entendu, malgré les beaux discours politiques, ils ne veulent pas que cette manne soit rompue. Et les gens souffrent, ils n’ont pas de travail, ils n’ont pas de quoi vivre décemment, on annonce que les pays sont endettés, qu’il faut travailler plus et plus longtemps – pour la France. Alors qu’il y a de l’argent et beaucoup d’argent qui permettrait aux citoyens de vivre décemment.

Dans son roman, il donne également une place à tous ceux qui fuient le Mexique, ces pays d’Amérique latine, pour trouver l’Eldorado aux Etats-Unis. Et comment cela se passe-t-il ? Cela fait froid dans le dos ce long voyage où nombreux sont ceux à mourir ou à être expulsés chez eux, s’ils arrivent à entrer. 

Je regrette les quelques coquilles, soit de la traduction, soit de l’impression, car je me suis aperçue, à certains moments, qu’il manquait des mots. Cela ne gêne pas la lecture. Mais bon,

Merci à Don Winslow d’avoir mis autant de temps à écrire cette trilogie, qui a demandé énormément de travail, de nombreuses références. 20 ans, c’est long pour écrire des livres, mais ce sont 20 ans qui permettent de voir l’évolution du monde, l’évolution de cette Amérique qui peut faire rêver mais qui est franchement contradictoire.

Je pense que Don Winslow va faire partie de mes auteurs favoris, suite à ses trois derniers romans lus. Et comme il est assez prolifique, cela donne un grand nombre de romans.

La frontière de Don Winslow

Date de sortie : 16 octobre 2019

Editeur : Harper Collins

Nombre de pages : 848

ISBN : 9791033903697

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Premier arrêt avant l'avenir de Jo Witek - Editions Actes Sud Junior

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek – Editions Actes Sud Junior

Résumé Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Pierre est à la gare, entouré de sa mère et ses deux frères. Il doit partir pour Paris. Au dernier moment, son grand frère lui donne de l’argent.

Il monte dans le train, ne sait pas s’il a fait le bon choix de partir, mais il doit intégrer la classe prépa d’Henri IV. C’est un véritable honneur suite à son bac obtenu avec mention et deux prix prestigieux. 

Dans le train, Pierre fait la rencontre d’une jeune fille qui n’a pas payé son billet de train.

Avis Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Quand on a 18 ans, sait-on ce que l’on veut faire ? Pour Pierre, l’avenir est tout tracé. Un bac avec mention, des prix prestigieux, les félicitations des plus hautes instances, la fierté de ses parents, de son ancienne institutrice. C’est bientôt la rentrée et il doit intégrer la prépa Henri IV. Toutefois, avant, il est attendu pour une semaine de préparation. Mais une rencontre, dans un train allant à Paris, va changer le jeune homme.

Pierre est natif du sud, d’une petite ville de l’Hérault qui a élu un maire de l’Extrême Droite. Depuis son plus jeune âge, il est différent des autres garçons. Il travaille tant et plus, il bûche pour s’en sortir. Il est issu d’une famille d’ouvriers portugais qui a peu d’argent. Immigration, manque d’argent, ville du sud, tout est fait pour ce genre de garçon ne s’en sorte jamais dans la vie. En plus, il est extrêmement solitaire, a subi divers quolibets de la part des uns et des autres. Face à tous, Pierre est un ovni. L’avenir est tout tracé pour lui ? L’a-t-il réellement choisi ? Lors de cette rencontre avec Olympe et une panne de train, Pierre va prendre une grande décision. Il va suivre cette jeune fille et découvrir des jeunes gens avec de la suite dans les idées, profondément érudits, très intelligents qui ont décidé de mettre en suspens leur études pour un long voyage humanitaire.

Pendant quelques jours, on va suivre ce jeune homme, profondément gentil, profondément humain et qui, par le hasard de cette rencontre, va se révéler à lui-même, grandir, prendre des décisions, se questionner sur son avenir. Il va également échanger et se rendre compte que tout peut être lié, au niveau études. Il va rencontrer des jeunes gens avec qui il peut échanger, dont les dialogues vont les enrichir les uns, les autres. Cette rencontre est-elle un hasard dans la vie de Pierre ? Pour une fois, Pierre ne sera pas jugé par ses pairs. Il est leur égal. Il avait très certainement besoin de ça pour comprendre sa famille, ses frères et les autres êtres humains. Il va également s’ouvrir aux conditions sociales des autres, à la politique car ce qu’il apprend, ce qu’il aime recèle également des études sur le genre humain.

Roman scientifique, certes, mais pas que. Lorsqu’une rencontre change un être humain. Cela peut être à tout âge, mais à 18 ans, on se construit, on peut évoluer et en faire profiter les uns et les autres. L’auteur nous détaille également un amour naissant pour un jeune homme qui n’a fait qu’étudier, qui n’a jamais pu s’ouvrir aux autres, qui n’a pas raté, toutefois, son adolescence. Nous avons également ces jeunes gens, issus de familles socialement défavorisées, à qui l’on fait ressentir les faveurs qui leur sont accordées lorsque l’on se destine aux grandes études. Nous avons également des jeunes gens, souvent incompris par leurs familles, qui veulent faire le bien autour d’eux, qui ont eu très grande conscience humaine. Avec eux, l’avenir n’est pas sombre même si les gouvernants obéissent à de nombreux lobbys. La jeunesse est l’avenir d’un pays, elle a de très grandes idées qui peuvent être mises à profit.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cet envoi et l’auteur pour sa dédicace.

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek

Date de sortie : 28 août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 224

ISBN : 978-2-330-12441-0

La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

La fille au sourire de perles La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil – Editions Les Escales

Présentation de l’Editeur La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Un témoignage nécessaire qui nous incite à regarder au-delà du statut de victime. Clemantine Wamariya livre une histoire poignante et inspirante qui révèle l’importance de chaque existence et la puissance du récit.
Rwanda, 1994. Clemantine a six ans lorsqu’elle doit fuir les massacres avec sa grande soeur Claire. Sans nouvelles de leur famille, déplacées de camps de réfugiés en camps de réfugiés, elles affrontent la faim, la soif, la misère et la cruauté pendant six ans avant d’arriver aux États-Unis.
À Chicago, Clemantine est recueillie par un couple aisé et découvre soudain une toute autre réalité. Projetée dans un véritable rêve américain, l’adolescente est pourtant plus perdue que jamais. Une question s’impose alors : comment se reconstruire et donner un sens à son histoire après avoir vécu l’enfer ?

Sincère, urgent et bouleversant, La Fille au sourire de perles examine la question de l’identité et de l’appartenance, des cicatrices laissées par un traumatisme, mais aussi du rapport à l’autre quand celui-ci ne voit en vous qu’une victime.
Un témoignage actuel et plus que jamais nécessaire.
 

Avis La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Ceci est l’autobiographie de Clemantine qui vivait dans une famille assez aisée au Rwanda.

L’histoire alterne les passages de la vie de Clemantine au Rwanda, son arrivée aux Etats-Unis, la fuite avec sa soeur dans de nombreux pays d’Afrique et son évolution en tant qu’adolescente puis adulte aux Etats-Unis. 

Clemantine est toute jeune. Elle a une soeur beaucoup plus âgée. Elles partiront toutes les deux chez leur grand-mère. Mais très vite, elles devront prendre la route, diverses routes, pour gagner des pays. Difficile pour Claire de prendre soin de cette petite soeur. Claire a toujours eu à l’esprit qu’elle était l’égale des autres. Elle a toujours su se débrouiller pour tenter d’améliorer, un tant soit peu, son quotidien. Et cela a continué aux Etats-Unis. Même si elle a souffert de toutes les expériences traversées. Claire n’est pas anéantie. Est-elle en colère ? Peut-être contre tous ceux qui ne la considèrent pas comme un être humain. Clemantine perdra de nombreuses choses personnelles, même si elle emmène peu à chaque fois. Et cela lui fera extrêmement mal. A chaque fois qu’elle peut aimer quelqu’un, elle devra vite partir. Est-ce que cela aurait changé quelque chose, son caractère, si sa soeur avait été beaucoup plus proche d’elle ?

Suis-je la seule à qui ce livre laisse une sensation désagréable ? Ce n’est pas dû à cette colère que Clemantine ressent continuellement. Ce n’est pas dû au fait qu’elle ne peut pas faire confiance aux autres. En tous les cas, elle a fait confiance à de nombreuses personnes pour écrire cette autobiographie. De plus, la page des remerciements est extrêmement longue. Je n’ai jamais eu l’impression qu’elle profitait des personnes qu’elle a rencontrées en Amérique, comme Oprah Winfrey, de sa famille d’accueil. Ils l’ont aidé à devenir une jeune fille, une jeune femme instruite. Je conçois tout à fait que Clemantine se cherche car pendant des années, elle n’a été plus rien. Elle a survécu à l’horreur. Est-il possible que Clemantine ne ressente aucun amour pour personne, comme elle l’écrit ? Pas d’amour pour ces neveux avec lesquels elle est restée pratiquement tout le temps. Pas d’amour pour ceux qui ont partagé sa vie. Quand on est arraché à une famille, famille que l’on retrouve des années plus tard et qui a continué à vivre, malgré tout, à avoir des enfants, n’y a-t-il pas un sentiment de jalousie face à ça ? Car Clemantine, même si elle a retrouvé les siens, n’a pas retrouvé sa famille telle qu’elle l’a laissée. Je comprends que Clemantine ne soit pas d’accord avec tous ceux qui pensent que les réfugiés ont tous vécu la même chose. Ils sont déshumanisés en quelque sorte. Elle doit également faire avec une autre façon de vivre, une autre culture, tenter de faire comprendre aux autres toute cette souffrance même si c’est difficile pour elle d’y mettre les mots de façon correcte. Ses réactions peuvent choquer. Livre témoignage mais aussi livre écrit pour que la mémoire ne s’efface pas. Je ne suis pas choquée par les réactions de Clemantine mais pourquoi accepter toutes ces conférences, témoigner autant alors qu’elle connait les réactions des uns et des autres ?

Toutes ces personnes ont souffert et de la plus horrible des façons. Elle a raison quand elle dit que chaque souffrance est différente. Elles ne sont pas comparables, que ce soit ceux qui ont subi l’holocauste ou encore ceux qui ont été victimes de génocides. Certaines lectures lui ont été profitables, car elle a trouvé des réponses à ses questions. On apprend tout de même énormément de choses au niveau de la politique du Rwanda, comment a été colonisé ce pays par la Belgique, ce que ce pays a fait pour séparer les différentes personnes rwandaises. 

Je remercie les Editions Les Escales et l’agence Anne & Arnaud pour cette lecture.

La fille au sourire de perles de Clemantine Wamariya et Elizabeth Weil

Date de sortie : 10 janvier 2019

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 312

ISBN : 9782365694186

Mentine on divorce ! de Jo Witek

Mentine On divorce de Jo Witek

Mentine On divorce de Jo Witek – Editions Flammarion Jeunesse

Résumé Mentine on divorce ! de Jo Witek

Mentine rentre du lycée. Elle est surprise de trouver sa mère à la maison. En pleurs. De suite, Mentine pense au plus grave, l’accident.

Mais sa mère lui annonce qu’elle divorce et que c’est la faute du père de Mentine.

Avis Mentine on divorce ! de Jo Witek

C’est agréable de retrouver Mentine même si l’histoire n’est pas agréable pour la jeune fille de 15 ans, qui est en classe de seconde. Ses parents divorcent. Elle va expérimenter divers états, être confrontées à diverses situations. En sortira-t-elle grandie ?

Pour ceux qui n’ont pas les tomes précédents, ne lisez pas la suite qui contient quelques références à Mentine, que l’on a vu grandir. Mentine a été diagnostiquée précoce, elle est suivie par un psy depuis l’âge de cinq ans. Elle a conservé sa meilleure amie Johanna. Mais Mentine a dû subir le harcèlement de la part de ses camarades de classe et surtout des personnes qui n’ont pas compris cette jeune fille, en avance intellectuellement. Ses parents sont son garde-fou. C’est une famille qui s’aime, qui s’adore. Mentine est leur rayon de soleil, elle est tout pour eux et ils ont déjà beaucoup traversé avec elle. Il ne faut pas oublier la grand-mère de Mentine.

Quand sa mère lui annonce le divorce, Mentine, caractère fort et entier, tombe des nues. Elle qui essaie de tout prévoir se sent démunie face à cette situation et surtout en colère contre le fautif, son père, celui qui était son héros. Mentine va endosser un rôle d’adulte, de nounou pour sa mère. Cela ne durera qu’un temps. Avec ce coup du sort, l’amitié est bel et bien là, surtout là où on ne l’attend pas. Mentine pourra compter sur ses amies, même si à un moment donné, elle se réfugiera dans le silence. Que c’est beau une telle amitié entre quatre jeunes filles. Ensuite, il va falloir prévoir comment et où vivre, car avec un divorce, le manque d’argent se fait sentir. L’auteur aborde le thème de la colocation entre adultes, pour faire face, un temps donné, à une situation bouleversante. Je ne savais pas que cela pouvait exister. Si c’est le cas, c’est un bel exemple d’entraide entre humains en difficulté.

Mentine veut toujours être parfaite, elle veut toujours tout prévoir, mais cette réalité inconnue lui fait peur. Durant cette courte période, Mentine va beaucoup grandir car elle va apprendre à ne plus être le centre de l’attention de sa famille. Elle va s’ouvrir aux autres, elle va les comprendre. Elle va avoir affaire à diverses personnalités, différents caractères et différentes situations. Avec des mots simples, que tout le monde, et notamment les adolescents pourraient prononcer, l’auteur est bienveillant et forme ses jeunes lecteurs avec des prises de position, notamment sur cette différence qui est mal perçue, vite jugée. On juge parce qu’on ne connaît pas et ces jugements font mal. Encore maintenant, trop de monde ne s’ouvre pas, mais les autres sont riches et peuvent nous apprendre beaucoup, notamment les réfugiés syriens qui, seuls, doivent tout recommencer et notamment apprendre une nouvelle langue. A tout âge, tout est un sacré apprentissage. Tous, adultes comme adolescents, peuvent ressortir grandis de cette lecture. Pour les premiers, c’est comme un rappel et pour les seconds, une tranche de vie qu’ils peuvent connaître.

Je remercie les Editions Flammarion Jeunesse pour cette lecture. On note également sur cet opus, comme pour les précédents, les illustrations de Margaux Mottin.

Mentine on divorce ! de Jo Witek

Date de sortie : 9 janvier 2019

Editeur : Flammarion Jeunesse

Nombre de pages : 224

ISBN : 978-2-0814-4939-8

Corruption de Don Winslow

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Résumé Corruption de Don Winslow

Denny Malone est en prison, une prison fédérale. 

Denny Malone fait partie du NYPD et notamment son unité d’élite, la Task Force. New York et plus particulièrement son district sont son royaume. Denny Malone est le roi. Un roi déchu ? Un roi corrompu ?

Avis Corruption de Don Winslow

Denny Malone est un flic corrompu et bien plus. Il est le roi de la Task Force, l’unité d’élite du NYPD. Il est le roi de sa juridiction. Sera-t-il un roi déchu ? Denny Malone n’est pas un personnage antipathique, loin de là. Mais pas très sympathique, non plus. Dans ce roman, digne d’un scénario de cinéma – en cours d’adaptation – Don Winslow, maîtrise parfaitement son sujet. Il ne juge pas le héros. Et le lecteur non plus. Car qui sommes-nous pour juger les actes d’un policier, aux prises avec la pègre, la drogue, les hautes instances ? Le seul qui sera à même de juger, de se juger, est Denny. Car si Denny tombe, il ne tombera pas tout seul. 

Le roman commence avec Denny qui se trouve dans une prison fédérale. Pourquoi ? Ensuite, le lecteur le suit dans son travail quotidien, avec ses collègues, aux prises avec des trafiquants de drogue, des hommes armés, avec en toile de fond, ce qui peut mettre le feu aux poudres, les arrestations arbitraires et la mort de personnes de couleur. Denny veut que son quartier soit sûr. Et pour ça, il va mettre le paquet, même s’il franchit, bien souvent, la ligne jaune et une grosse ligne jaune. Denny veut, avant tout, protéger sa famille, ses coéquipiers qui sont comme des frères pour lui. Il a tout vu, tout entendu, de la part des uns et des autres. Il doit faire du chiffre et qu’importe les moyens, tant que personne ne s’entretue, tant que la drogue ne circule pas dans les rues. Au cours de sa carrière, il a eu affaire à quantité de mafieux, de familles. Il a noué des liens. Mais l’arrivée de nouvelles communautés change la donne et les échanges entre les uns et les autres. Denny défend la veuve et l’orphelin et il ne supporte pas que l’on s’en prenne aux femmes et aux enfants. Dans ces cas-là, il voit rouge.

Denny, dans ce roman, avec tous les rebondissements, se convainc que rien ne peut lui arriver, que de toutes façons, il retombera sur ses pattes, qu’il peut négocier, que rien ne lui sera refusé. Mais il va tomber de haut et les autres avec lui. Même s’il ne veut pas balancer ses collègues, les autres arrivent à être plus forts que lui. Jusqu’à quel point ? Cela, le roman nous le dira. Même s’il y a quelques retours en arrière, le roman ne faiblit jamais.

Avec déjà dix neuf romans publiés et seulement deux lus, Cartel et Corruption, vous savez ce qu’il me reste à faire. Tout lire de Don Winslow car je ne me lasse pas des histoires et du style de l’auteur. Comme je l’ai écrit sur Instagram et sans avoir lu les petites phrases qui émaillent la couverture, on dirait que Don Winslow a travaillé pour la police new-yorkaise tellement le réalisme est bien là. En tous les cas, un roman sur la corruption aussi intense, je n’avais jamais lu. C’est chose faite. On assiste à tous ces questionnements, ses prises de position et aussi de risques. Quand on est un simple flic, même protégé, avec de hauts faits d’armes, encensé par les uns et les autres, on n’est jamais à l’abri. Comme je l’écrivais, ce roman est brillant de réalisme, les personnages sont extrêmement fouillés. Même si je n’ai pas eu d’affection particulière pour Denny, j’ai suivi avec extrêmement d’attention toute son aventure. Ce roman ne se lâche qu’à la fin. 

Je remercie Babelio pour cette Masse Critique spéciale et les Editions Harper Collins. Ce sont des épreuves non corrigées. Je ne sais pas ce que donne le roman réellement paru. Mais il n’y avait rien à jeter.

Corruption de Don Winslow

Date de sortie : 7 novembre 2018

Editeur : Harper Collins

Nombre de pages : 575

ISBN : 979-1-0399-0189-1

L’héritier de Moriarty d’Annelie Wendeberg

L'Héritier de Moriarty d'Annelie Wendeberg

L’Héritier de Moriarty d’Annelie Wendeberg

Résumé L’héritier de Moriarty d’Annelie Wendeberg

Anna est enceinte. Accompagnée de Sherlock, elle fuit l’homme de main de Moriarty qui veut la tuer.

Aidée de Sherlock, Anna va tenter de vivre, tout en résolvant des énigmes.

Avis L’héritier de Moriarty d’Annelie Wendeberg

Dernière aventure d’Anna et de Sherlock ? Sur les trois, j’en ai lu deux et ce sont les deux derniers. Je suis absolument ravie de cette histoire. En effet, pour une fois, Anna et Sherlock sont très souvent ensemble. Normal, ils fuient Moran, l’homme de main de Moriarty. Ce qu’il veut, assassiner Anna.

Sherlock connaît très bien les sentiments d’Anna à son égard. Il n’aura aucun geste déplacé pour qu’elle s’imagine que cet amour est payé de retour. De toutes façons, c’était clair dès le départ entre eux. Les joutes verbales sont nombreuses entre eux. Anna est une femme très forte et même si son état de femme enceinte l’affaiblit et ne joue pas en sa faveur, elle n’est pas la dernière pour tenter d’arrêter Moran. Outre ces joutes, l’un et l’autre vont faire des mises au point, se confier, surtout Sherlock, sur leur passé. Anna connaît très bien cet homme, ses travers avec la drogue. Tout le long, cet homme se maîtrise. On comprend très bien que le sort d’Anna ne l’indiffère pas. Il veut la sauver. Il est même diabolique dans ses projets.

Quant à Anna, on la retrouve comme auparavant. Mais ce troisième tome nous montre qu’elle culpabilise beaucoup. Elle se sent responsable de tout. Outre l’enquête, les menaces qui pèsent sur elle, ce bébé que va-t-elle en faire ? Elle a peur de ne pas savoir s’en occuper. Elle s’interroge beaucoup sur ses actes passés

Avec Annelie Wendeberg, je ne me suis pas du tout ennuyée. Le rythme est trépidant. De plus, le lecteur apprend énormément sur ces guerres bactériologiques, la politique de nombreux pays, sur la situation de l’Angleterre à l’intérieur et à l’international et les prémices de la 1ère Guerre Mondiale. Il y a également une partie médicale ou comment se soigner à la fin des années 1800.

Concernant le déroulement de l’histoire, l’auteur sait vraiment y faire. D’un seul coup, sans crier gare, le dénouement arrive. Et quel dénouement ! Mais il faut aller jusqu’au bout pour vraiment savourer cette histoire jusqu’à son dernier souffle. Reverra-t-on Anna et Sherlock ? Seul l’avenir nous le dira. En tous les cas, je souhaite beaucoup de succès à cet auteur que je retrouverai avec grand plaisir.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour cet envoi.

L’héritier de Moriarty d’Annelie Wendeberg

Date de sortie : 26 avril 2018

Nb pages : 311

Editeur : Presses de la Cité

ISBN : 978-2-258-14433-0

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Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Résumé Editeur Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman. Comment les lois racistes américaines inspirèrent les nazis.

Allemagne, années 1930 : les nazis préparent leur accession au pouvoir. Dans la perspective des futures lois raciales de Nuremberg, ils s’intéressent tout particulièrement aux politiques ségrégationnistes mises en place aux États-Unis.
Ironie de l’histoire, les nazis estimeront que la politique américaine va trop loin, notamment avec la loi « une seule goutte suffit » (ou « One-Drop Rule ») qui leur permet de classer les Africains-américains en citoyens de seconde classe. Les lois raciales nazies ont-elles été inspirées par ce « modèle américain » ?
L’auteur, James Whitman, répond par l’affirmative, ayant mené une enquête détaillée sur l’impact américain lors de la mise en place des principales lois de Nuremberg, pièces maîtresses de la ségrégation antijuive du régime nazi. S’opposant à l’idée généralement défendue par les historiens que la politique de répression américaine n’aurait aucun lien significatif avec les lois raciales allemandes, l’auteur démontre dans cet essai que les nazis ont, au contraire, montré un grand intérêt, réel et soutenu, que ce modèle leur a servi de base dans l’élaboration de leur propre système de ségrégation.
Cet essai nous fait comprendre, au-delà de l’histoire du Troisième Reich, l’influence de l’Amérique sur les pratiques racistes dans le monde.

Avis Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Il est assez difficile, pour moi, de faire une critique d’un document tel que celui-ci. Pour information, la période relatée, qui concerne le nazisme et ce qui en a découlé a toujours été une période historique qui m’a intéressé. Cela me rappelle mon programme, intense, du baccalauréat et ma première année de Langues Etrangères Appliquées. Lorsque je peux lire un roman sur cette période, je suis ravie de le lire car j’apprends toujours de plus en plus de choses. Et là, ce n’est pas un roman mais une étude des lois. Et c’est encore plus enrichissant. Pourquoi ?

Le lecteur apprend tout ce qu’il y a à savoir sur les lois raciales aux Etats-Unis et ce n’est pas franchement réjouissant. En en discutant avec ma fille qui fait des études de Droit, ce sujet a été abordé en cours. Elle est donc au courant de beaucoup de choses. J’ai eu accès, avec ce livre, à des informations que je ne connaissais pas et qui me font plus comprendre l’histoire des Etats-Unis et surtout leurs lois. Si Donald Trump veut durcir encore plus l’immigration, il le peut même si les Etats-Unis sont protégés par de hautes instances. Aux Etats-Unis, il y a donc ces lois, dont les applications peuvent différer selon les Etats. Ces lois raciales font des Etats-Unis un pays profondément raciste, tout comme certains pays, à une moindre échelle, de langue anglaise. Ces lois concernaient, bien entendu les noirs, mais aussi tous ceux qui n’avaient pas du sang blanc, comme les Chinois, Japonais, ceux d’Amérique du Sud et les Mongols mais aussi les Indiens d’Amérique. Des lois vraiment draconiennes qui pouvaient remonter à plusieurs générations et qui faisaient de ces personnes des êtres non humains, qui n’avaient aucun droit.

Passons à l’Allemagne et la montée du nazisme depuis de nombreuses années. Juristes et autres, tous nazis, cherchent à promulguer de nouvelles lois qui doivent entrer en vigueur. L’Allemagne cherche à étendre son pouvoir vers l’Est. Mais au tout début, elle fait attention à l’international et aux critiques émises envers elle. Ils sont nombreux, notamment les juristes, à se tourner vers ce qui se fait ailleurs. Les transcriptions d’entretiens, de réunions, montrent très bien qu’ils ont étudié les lois raciales américaines. Certains les jugeaient même racistes. Mais ils étaient aussi critiques face à ces lois qui n’allaient pas assez loin à leur sens. En effet, elles pouvaient ne pas protéger le pays. Les nazis voulaient que leurs lois couvrent tous les actes qu’ils seraient amenés à faire. Cette démonstration est vraiment très intéressante car outre les Etats-Unis, l’Europe à une certaine période a démontré toute l’horreur dont elle était capable pour éradiquer des populations, notamment au Moyen-Age. Dans l’horreur, les Allemands ont réussi ce qu’aucun autre pays n’avait fait. Tenter d’avoir le sang pur par n’importe quel moyen puisqu’être Juif ne se voyait pas à l’oeil nu. Les nazis ont voulu être un grand pays, s’étendre. Ils ont réussi pendant un temps et comptent des millions de morts.

Ouvrage très riche, à lire, à garder, à relire morceaux par morceaux pour bien comprendre cette Histoire qui a entraîné la mort de millions de personnes, un génocide sans précédent qui ne doit pas être oublié pour que ces monstruosités ne se reproduisent plus. Pour que cette Histoire ne se répète pas. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Il ne faut pas oublier la quarantaine pages de notes qui sont autant d’explications à lire pour ce qui est développé dans le livre. L’auteur nous propose également quelques ouvrages de référence.

Merci à Babelio pour cette sélection Masse Critique et aux Editions Armand Colin.

Le modèle américain d’Hitler de James Q. Whitman

Date de sortie : 14 février 2018

Nb pages : 287

Editeur : Armand Colin

ISBN : 978-2-200-62029-5