Le murmure du vent de Karen Viggers

Le murmure du vent de Karen Viggers
Le murmure du vent de Karen Viggers

Avis Le murmure du vent de Karen Viggers

Je suis agréablement surprise par la qualité de ce roman qui m’a énormément plu. Les premières pages ont été vite balayées car je m’ennuyais ferme. Je me trouvais face à un roman sentimental et une héroïne un peu niaise. Mais non, Abby est tout sauf une imbécile et on va apprendre à bien la connaître au fil des pages.

Le murmure du vent avait tout pour me plaire puisqu’il se déroule dans un pays que j’aimerais visiter et où j’ai toujours voulu vivre. L’Australie. Avec ses grands espaces. L’auteur nous fait certes voyager mais elle n’en fait pas un pays idyllique. Il y a une partie historique et politique très intéressante à lire et donc à connaître. Les aborigènes vaincus, déplacés ou encore tués pour laisser la place aux blancs. Ces mêmes blancs qui se sont installés sur des terres qu’ils ont fait fructifier, qu’ils ont plantées. Ce sont des amoureux de la terre, ce sont des hommes robustes. Eux aussi ont dû s’en aller. Cela leur a fait mal. Ils sont allés vivre en ville et certains n’ont pas réussi à s’accoutumer. Qui dit politique, dit également écologie avec ce réchauffement climatique qui entraîne une énorme sécheresse en Australie, notamment dans le bush. Les pouvoirs publics manient la langue de bois avec dextérité, comme partout. Et ici, c’est pour les kangourous. Tout cela ne change pas ma vision de l’Australie.

Parlons des kangourous qui font partie de la vie d’Abby, future thésarde. Elle les étudie. Ils sont trop nombreux et ne sont pas une espèce protégée car pas en voie d’extinction. Mais ils se multiplient trop. Rien n’a encore été trouvé pour contrôler l’espèce et les naissances. Tout en narrant l’histoire d’Abby et de Daphne, l’auteur a inséré les kangourous dans son roman et nous explique tout sur eux. Très intéressant de connaître ces petites bêtes mignonnes et bondissantes. Le regard du lecteur change.

Le murmure du vent est un roman chargé de souvenirs, de transmissions entre Abby et Daphne qui se sont rencontrées. La première est très jeune mais elle a perdu sa maman qui s’est suicidée suite à de nombreuses dépressions et des troubles bipolaires. Cela a changé cette jeune femme qui ne s’est jamais remise de la mort de sa mère et qui reste très proche de son frère et de son père. Mais Abby est une solitaire, elle s’épanche peu et elle ne veut surtout pas s’engager. Elle est une jeune femme qui a peur, surtout de l’amour. Sa rencontre avec Cameron, beau gosse de service et journaliste, la plonge dans de nombreux délices. Elle ne veut pas s’avouer qu’elle l’aime et elle ne veut pas s’attacher. Arrivera-t-elle à passer outre ses angoisses ? Quant à Daphne, c’est une vieille dame, très proche de la terre, au caractère affirmé. Elle est droite, franche et avec Abby, elle va s’épancher petit à petit. L’une et l’autre se sont bien trouvées. Abby trouve en Daphne la grand mère trop tôt disparue.

Karen Viggers nous livre un roman riche sur les interrogations des vivants lors de la mort d’un parent lorsque l’on est jeune ou d’un mari. Ce sont également des réflexions sur la mort qui reste à venir, ce que l’on peut laisser à ceux qui restent.

Je remercie les Editions Les Escales et NetGalley.

Résumé Le murmure du vent de Karen Viggers

Abby se destine à la recherche pour la sauvegarde des kangourous. Elle a 23 ans et passe de nombreuses journées et nuits dans le bush pour les étudier. Elle prépare sa thèse. Elle rencontre Cameron venue l’interviewer.

Lorsqu’il la quitte, il a un accident de voiture et blesse une femelle kangourou qu’Abby est obligée d’abattre.

Le murmure du vent de Karen Viggers

date de sortie : 6 avril 2017

Editeur : Les Escales

Isbn : 978-2-36569-327-1

Nombre de pages : 345

La prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot

La prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot
La prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot – Source Casterman

Avis sur La prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot

Ceci est le premier tome consacré à et il est franchement réussi. Je ne l’ai pas lâché. Aussitôt commencé, aussitôt fini car l’histoire est vraiment bien menée et prenante de bout en bout. L’auteur s’essaie pour la première fois dans ce genre de littérature noire et il réussit à merveille.

Je ne donnerai que quelques détails sur les personnages car avec l’histoire ils sont prépondérants et je ne veux pas trop en dévoiler pour ne rien enlever au sel de ce roman. La brigade est composée de sept personnes dont une qui vient d’arriver. Ils font tous partie de la police et ont été mis au placard pour diverses raisons. Le but de la brigade est d’arrêter les goules, humains qui se transforment et qui tuent sans le moindre souvenir. A la tête de cette brigade, Léon Markowicz, un homme d’une cinquantaine d’années alcoolique. Il a été blessé auparavant et se déplace avec une canne. Il est divorcé mais aime toujours son ex-femme et c’est réciproque même s’ils ne se parlent plus. Il a mis sa famille à l’abri à Rennes par rapport à son travail. Il est continuellement sur le qui-vive par rapport à ses deux filles. Son second est Bosco, un personnage difficile à cerner qui fait le tampon entre Léon et les autres membres de la brigade. Lors d’une enquête, il doit s’imprégner et de tout et son carnet ne le quitte jamais. Arrive Jobert, femme flic très bien noté jusqu’à ce jour où elle a tué deux suspects de sang-froid. Elle doit être suivie par un psy. Son arrivée n’est pas très bien perçue à cause de son passé et elle doit faire ses preuves. D’autres personnages sont à découvrir et je vous laisse lire ce roman. La brigade ne s’embarrasse pas de la loi et la contourne s’il le faut. D’ailleurs, pour avoir des indices, arriver à leurs fins, c’est ce qu’ils font.

Léon a deux filles, Fleur et Adélaïde. La première a 17 ans et la seconde 10. Fleur passe ses examens de français et elle rêve de sortir avec un garçon et de faire l’amour. L’auteur nous détaille très bien ces sentiments ambivalents entre deux jeunes adolescents qui veulent essayer mais qui ne savent pas trop comment s’y prendre pour montrer qu’ils sont amoureux. Quant au personnage d’Adélaïde, il est bien trouvé. Une petite fille si je peux écrire ces deux mots vraiment surprenante par son caractère et ses centres d’intérêt.

L’auteur nous emmène là où il le souhaite avec ce danger qui plane sur Flore. Au fur et à mesure des pages, de l’enquête et des péripéties, la lecture est prenante même si le rythme n’est pas si entraînant. Le roman est noir et avant tout psychologique et j’adore ça. L’auteur semble laisser des indices sur l’assassin de cette jeune fille mais quelques pages après ces indices tombent à l’eau.

Même si ce roman est destiné aux adolescents, j’ai pris énormément de plaisir à me plonger dans l’histoire qui est très bien écrite. Adolescents et adultes y trouveront forcément leur compte, surtout ceux qui aiment les univers noirs, psychologiques. Il me tarde de lire le second tome car vu la fin, l’auteur ne peut pas abandonner tous ces personnages qui font partie de la brigade, pièces rapportées ou pas.

Je remercie Casterman pour cette belle découverte.

Résumé La prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot.

Anne-Cécile est psychologue, divorcé et mère de deux filles. Elle habite Rennes.

A Paris, le cadavre d’une jeune fille est découvert tout près de l’adresse de la brigade de Markowicz. Tout de suite, il pense que cette mort lui est adressée.

La prochaine fois ce sera toi de Vincent Villeminot

date de sortie : 1er juin 2016

Editeur : Casterman

Isbn: 978-2-203-10636-9

Nombre de pages : 308

 

Nos adorables belles filles d’Aurélie Valognes

Nos adorables belles filles d'Aurélie Valognes
Nos adorables belles filles d’Aurélie Valognes – Source Michel Lafon

Avis sur Nos adorables belles filles d’Aurélie Valognes

Ce roman est le deuxième de l’auteur. Je ne connaissais vraiment pas et je dois avouer que la découverte est formidable. J’ai passé un excellent moment. Je me suis laissée happer par l’histoire, qui pourrait être banale, et tous les personnages du roman. Aucun personnage n’a eu toutefois ma préférence. Ils ont chacun leurs traits de caractères, bons ou moins bons, qui en font de véritables être humains.

Difficile d’être une pièce rapportée, qu’elle soit femme ou homme, surtout lorsque la famille intégrée est assez importante. Pour plaire à son conjoint et sa belle-famille, les sentiments et le caractère sont mis de côté afin de faire bonne impression. Mais c’est sans compter sans les uns et les autres. Aurélie Valognes a bien cerné ses personnages. Elle donne un sens à leurs caractères ce qui permet à l’histoire de se dérouler sans heurts. La tendresse et l’amour son là et heureusement car deux évènements simultanés pourraient mettre à mal ce fragile équilibre.

Antoinette est la  mère de Jacques. A plus de 90 ans, elle a tout vu, tout entendu. Son grand âge lui permet de donner des conseils et de dire ce qu’elle pense. Jacques, le père des trois fils, ne veut pas lâcher prise au travail, ni chez lui. Tout ce qu’il fait est bien et il ne veut pas se remettre en question. Bien entendu, ses réflexions ne plaisent en aucun cas à ses belles filles. Face aux injonctions de sa femme, il va tenter de les amadouer, mais rien n’est gagné. Les éléments se liguent contre lui. Martine joue le rôle de tampon. Elle s’embrouille dans le prénom de ses trois fils. Elle accueille avec joie ses belles filles. La situation est tellement tendue qu’elle a peur de ne plus voir les siens. A près de 60 ans, elle lance un ultimatum à son mari car elle veut vivre. Les trois garçons, Matthieu, Nicolas et Alexandre sont tous différents. Ils ont vécu avec un père « tyrannique » et cela ne facilite pas leur relation de couple car ils se comportent en machos et ne veulent pas contrarier leur père. Stéphanie, la femme de Matthieu, est déjà mère de deux petits garçons. Elle est très à cheval sur la sécurité et elle a bien raison. Peut-être un peu trop. Première pièce rapportée dans la famille, elle a eu la vie dure avec Jacques. Leurs relations sont assez difficiles. Laura, en couple avec Alexandre, est végétarienne. Je vous laisse imaginer la suite. Quant à Jeanne, la nouvelle compagne de Nicolas, elle fait son entrée dans la famille le réveillon de Noël. Son couple est tout neuf et elle ne sait pas où cela va la mener.

Les cadeaux offerts par Martine et surtout Jacques à leurs belles filles. Elles ont tout compris, le prennent assez mal et les regards en disent long. Mais elles se « vengeront ». 

Nous assistons à une jolie chronique familiale avec de nombreuses remises en question. Le traitement du sujet est brut et nous plonge vraiment dans cette famille car chaque lecteur peut y trouver son compte. Personnellement, je n’ai pas de soucis avec ma belle-mère. Elle est gentille. Cela fait 27 ans que nous nous connaissons. Je dois simplement avouer qu’heureusement nous sommes séparées par des centaines de kilomètres car je n’aurai pas supporté son intrusion excessive. Quant à mon beau-père, il me rappelle Jacques. En tous les cas, mes beaux parents prennent fait et cause pour leurs deux fils. 

Je remercie les Editions Michel Lafon pour cette découverte et je remercie Aurélie Valognes pour sa belle plume. Et que dire de la couverture ? Une véritable pépite. La plume est extrêmement fluide. J’ai lu ce roman en deux petites soirées. Je l’ai refermé avec le sourire aux lèvres et j’espère pouvoir lire très bientôt le premier, ce qui va encore augmenter considérablement ma PAL, et les prochains.

Résumé de Nos adorables belles filles d’Aurélie Valognes

Jacques et Martine vivent en Bretagne. Ils s’apprêtent à recevoir leurs trois fils et leurs belles filles pour le réveillon de Noël. Tout est pratiquement prêt. Martine donne ses dernières recommandations à son mari pour qu’il soit gentil avec tout le monde et en particulier Stéphanie, Laura et Jeanne qu’ils ne connaissent pas encore.

Nos adorables belles filles d’Aurélie Valognes

date de sortie : 4 mai 2016

Editeur : Michel Lafon

Isbn: 978-2-7499-2923-1

Nombre de pages : 270

Flora et les étoiles filantes de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon

Flora et les étoiles filantes de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon – Source Le Lombard

Flora, la quarantaine, vient de divorcer avec pertes et fracas après 20 ans de mariage. Heureusement, pour remonter la pente, elle peut compter sur le soutien de ses copines, Roxane (baba cool fan de jardinage), Léa (carreer woman infatigable) et aussi son vieux voisin, Vénérable. Comme ses amies, Flora voudrait trouver l’âme soeur, mais ce n’est pas si simple. Flora fait quelques rencontres prometteuses, mais une fois les 1ers moments idylliques passés, ses amoureux s’évanouissent dans la nature. De quoi semer le doute dans l’esprit de Flora. N’est-elle plus assez séduisante, est-elle devenue insupportable ?
Cet album raconte le blues des quadras divorcées et des « célibattantes » essoufflées qui aimeraient bien poser leurs valises. C’est la crise du milieu de vie vue à travers la lunette drôlatique de Flora et de sa tribu.
Flora est pigiste. Elle est divorcée, a un petit garçon. A peur de perdre sa maison car son ex veut sa part. Se sent inférieure par rapport à son amie Léa qui a une belle situation et à qui tout réussit, mais elle ne s’est jamais mariée. Flora est décidée à ne pas se laisser faire par qui que ce soit. Elle cherche l’amour.
La rivalité entre les femmes existent et de toujours, surtout celles qui vieillissent et qui voient que les autres sont mieux qu’elles et les rivalités entres les prétendues amies lorsque l’une pique le mari de l’autre.

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Flora et les étoiles filantes de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon

Flora et les étoiles filantes de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon – Source Le Lombard

Flora et les étoiles filantes de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon est une BD qui a été éditée le 16 octobre 2015 aux Editions Le Lombard que je remercie pour l’envoi.

Je vous livrerai très bientôt ma critique de Flora et les étoiles filantes de Chantal Van Den Heuvel et Daphné Collignon, une BD destinée aux adultes et aux adolescents, à partir de 12 ans.

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Prof jusqu’au bout des ongles de Julie Van Rechem

Prof jusqu’au bout des ongles de Julie Van Rechem – Source Editions Stock

Reprenons la quatrième de couverture qui parle d’elle-même.

Ce livre est celui que j’aurais aimé lire avant ma première rentrée des classes en tant qu’enseignante. Une voix qui m’aurait prévenue que ce métier est si humain qu’il vous bouleverse régulièrement. Une voix qui m’aurait empêchée de confondre l’institution, cadenassée et sclérosante, avec l’excitation et la gourmandise à faire progresser ses élèves. Une voix qui parle d’une expérience personnelle, sans
généraliser, et qui rappelle que rien n’est jamais dé nitif: ni le fait d’utiliser des manuels en classe, ni le fait que certains élèves s’évertuent à écrire en turquoise…
Futur ou ancien prof, parent d’élève ou même élève : j’aimerais que le lecteur referme mon livre en se rappelant que l’amertume et la grogne justi ée des enseignants ne doit jamais faire oublier l’ardeur qu’ils mettent en entamant
chaque heure de cours.

Voyages, Passions, Ecriture, Nutella, Blog (même si elle en parle peu, ce n’est pas le but du livre), Charlie Hebdo, quelques mots réducteurs, mais ce sont ceux auxquels je pense lorsque j’écris cette chronique, et surtout Professeur d’Histoire Géographie que chacun, à la lecture de Prof jusqu’au bout des ongles, aurait aimé avoir eu dans sa scolarité. Enfin, c’est ce que je pense. Voilà, c’est ça Prof jusqu’au bout des ongles de Julie Van Rechem. On aurait aimé donc avoir ce prof mais aussi rencontrer cette jeune femme pour discuter avec elle à bâtons rompus. J’ai été peu surprise de la qualité du livre, de ce qui est écrit, vu que je connais assez bien la prose de Julie avec son blog.

Julie amie enseigner. Elle nous explique pourquoi mais avec l’Education Nationale, c’est difficile, surtout lorsque l’on a manqué des réformes pour cause d’expatriation. Mais ses voyages lui ont servi énormément. Elle a une ouverture au monde indéniable. Elle est capable de se tromper, de le reconnaître, de trouver une bonne stratégie pour faire avancer ses élèves tout en respectant les programmes. Alors, oui, il faut les intéresser. Ce sont des êtres humains et le nombre d’élèves par classe ne veut pas forcément dire qu’on y arrive pour tous et à chaque fois.

Ayant été parent d’élève, je conseille ce livre à tous les parents qui ne font que critiquer les profs et qui ne connaissent rien à leur métier, à leurs passions, à leurs relations avec les élèves à leurs difficultés également. J’ai toujours eu du respect pour eux. Je les ai côtoyés de près, en tant que parent délégué de classe pendant de nombreuses années. Je les ai également remerciés, sauf deux ou trois où c’est allé beaucoup plus loin avec eux. Les professeurs sont des êtres humains qui doivent faire avec une administration et surtout des directives de l’Education Nationale. Ils ne sont pas forcément pieds et poings liés comme le démontre Julie.

Julie, c’est le respect de l’être humain, de l’enfant, de l’adolescent en pleine construction. Je dis vraiment chapeau car si tout le monde pouvait en prendre de la graine, notamment les adultes croisés sur les réseaux sociaux, dans la vie quotidienne qui critiquent tant et plus ces jeunes. Revenez des années en arrière et faites le bilan de vos jeunes années. Je me rappelle d’ailleurs d’un article que j’ai écrit où je fustigeais toutes ces personnes. J’en ai pris pour mon grade, je dois bien le dire. Il faut dire que je n’ai pas l’art et la manière pour écrire. Si j’ai quelque chose qui me hérisse, je rue dans les brancards à mes risques et périls, toujours assumés.

Au moins, elle ne nous décrit pas un univers fait d’agressions continuelles même si l’agression est évoquée. Et pourtant, elle travaille dans des zones dites sensibles. Pour tous les professeurs, il y a les classes à gérer, les différents caractères, les difficultés rencontrées. Comment faire ? Comment savoir ? Surtout lorsqu’il y a des cas de violences familiales.

Si vous lisez le livre de Julie, elle vous parle des fameuses perles ! Je n’en dis pas plus. A vous de découvrir.

J’espère Julie pouvoir continuer à te lire. Au moins sur ton blog. J’espère également que tu rencontreras un joli succès avec ce livre qui te permettra d’en écrire d’autres. En plus, je suis contente, vu la promo effectuée, j’ai pu enfin voir ton visage et ainsi savoir qui se cache derrière Julie-Chouyo. Julie, c’est la passion de transmettre et apprendre pour transmettre mieux.

Et non ce n'est pas un Alien mais un Angel Passion. Poke à ses passés, présents et futurs Pikachu
Et non ce n’est pas un Alien mais un Angel Passion. Poke à ses passés, présents et futurs Pikachu

Prof jusqu’au bout des ongles de Julie Van Rechem

date de sortie : 2 septembre 2014

Editeur : Stock

ISBN : 978-2-234-08044-7

Nb de pages : 236

Pas son genre de Philippe Vilain

Pas son genre de Philippe Vilain – Source J’ai Lu

François est professeur de philosophie parisien, muté à Arras. Il vit à l’hôtel et rencontre une jeune femme, coiffeuse, Jenifer. Cette dernière semble absente, devant son miroir. Elle ne le regarde jamais. Il n’arrête pas de penser à elle, il décide de la retrouver à la fin de son travail et de fil en aiguille de vivre une aventure avec elle.

L’auteur possède une plume sans complaisance pour nous décrire les états d’âme de son héros François. Il n’en fait pas un personnage que l’on peut aimer, je pense surtout aux femmes. Ce type de personne existe réellement, il me semble. François, professeur de philosophie évolue dans une sphère essentiellement parisienne, bourgeoise. Il a toujours voulu en sortir mais il n’a jamais su comment faire. Jenifer lui en offre la possibilité car elle n’appartient pas à son milieu, à son rang, si l’on peut dire. La relation entretenue a permis à François de grandir.

François est un homme très indécis, mais pas professionnellement. Il cherche une femme mais aucune ne semble être celle qu’il lui faut car il a peur de passer à côté d’une autre. Il ne veut pas renoncer à ses rêves, à son indépendance. Lorsqu’il n’a plus prise sur les situations, il a une situation de manque par rapport à ses relations amoureuses. Bien que Jenifer ne soit pas son genre, il décide de la séduire. Il est charmé pas sa timidité mais lui trouve un trop grand nombre de défauts. Philippe Vilain a une sacrée plume pour décrire les travers des uns et des autres. Un peu masochiste tout de même envers Jenifer même si François n’est pas logé à une très bonne enseigne qui est dépeint comme un homme qui se cherche constamment des excuses, qui est envieux des autres hommes qui trouvent la femme de leur vie. Il les idéalise beaucoup et vraiment trop, donc il semble qu’il ne trouvera jamais celle qu’il lui faut. François éprouve-t-il des sentiments pour les femmes ? Non, jamais. Elles passent dans sa vie, qu’elles soient de son milieu ou pas.

Philippe Vilain, dans ses mots, oscille entre des phrases positives et négatives pour décrire ce personnage désinvolte, indécis, rebelle, rêveur mais avec du caractère qui ne se remet pas en cause. François préfère accomplir des choses que de passer à côté car s’il doit le regretter, il ne regrettera pas de ne pas l’avoir fait. Mais souvent les phrases sont trop longues et cet homme nous ennuie profondément.

Nous constatons également le clivage entre Parisien et le reste de la France, soit le Provincial, là, sous les traits d’une femme, coiffeuse, mère célibataire, divorcée, sans culture, qui vit dans un appartement, si l’on peut dire sordide.

Le Parisien a beaucoup à apprendre de ces Provinciaux qu’il regarde avec dédain, qu’il juge inférieurs à lui. François s’en rendra compte en définitive en nous racontant cette histoire, dont il se souvient surtout la fin et ce qu’elle lui apporte au niveau humain, pour son caractère qui doit s’affirmer et pour les décisions qu’il doit prendre concernant sa vie privée.

Jenifer n’est absolument pas une gourde, comme on pourrait le croire. Elle a eu une vie sentimentale qui ne lui a rien apporté, certes, mais elle garde toutes ses blessures pour elle. Elle cherche le grand amour mais se rend très vite compte que ce professeur ne lui apporte rien. Pourtant, elle tente de lui démontrer qu’ils peuvent envisager une vie ensemble, par quelques mots, quelques phrases. La non implication de François, autre que sexuellement et encore, son détachement compulsif, vont lui faire prendre une grande décision. J’aurais aimé en savoir plus sur elle, ce qui lui arrive en définitive. Jennifer est fine, cette liaison a pu lui apporter essentiellement au point de vue intellectuel même si les échanges sont, semble-t-il, à sens unique. Un évènement lui fera encore plus prendre conscience de la disparité des milieux et que François ne s’implique absolument pas. Jenifer ne veut pas se laisser faire par qui que ce soit. Il lui a démontré qu’elle pouvait prétendre à autre chose dans la vie, sans renier son fils à qui elle tient plus que tout au monde.

Lorsque l’amour n’est pas réciproque, celui-ci est voué à l’échec, même si l’on sait que dans une relation, l’un s’implique plus que l’autre, l’un aime plus que l’autre ou pas au même moment. Il y a toujours quelqu’un qui en pâtit, qui, à terme, en souffre.

Ce roman est très court et suffisant pour décrire l’histoire de François et ses états d’âme. Je n’en garderai toutefois pas un souvenir impérissable.

Merci à J’ai Lu.

La mort sur un cheval pâle de Daniel Vasseur

Brest, janvier 1855, évasion de Devaux qui a été condamné à 20 ans de prison pour meurtre.

Paris, Ragon et Grumel sont dans la police. Ils tentent de retrouver Devaux à l’arrivée du train. Mais celui-ci passe à travers les mailles du filet.

L’enquête va tenter de le retrouver, surtout qu’un second meurtre du même acabit est commis. Mais la police doute quant à l’identité du coupable.

Comme vous le savez, j’adore les policiers, les thrillers. J’ai plus l’habitude de lire des romans dont le sujet est contemporain. Mais quand je me lance dans des lectures plus historiques, je ne suis que joie. Car, en effet, nous sommes dans ce roman, nous sommes aux débuts de la police ferroviaire si l’on peut dire puisque les trains, dans les années 1830, commencent à rouler et il faut bien faire attention à ce flux continu de voyageurs, dont certains profitent de ce moyen de transport pour rallier d’autres villes. Cela ne se fait pas sans mal concernant cette police qui a été nommée par l’Intérieur et qui doit faire face aux agents dévolus aux trains. Ce changement, même par décret, est difficile à accepter.

Un petit bémol quant à ce roman. Le personnage principal, Grumel, semble vouloir prouver de nombreuses choses à son père puisqu’il n’a pas embrassé une carrière dans la magistrature. Il veut lui prouver qu’il réussit également. La mise en situation de l’un et de l’autre dans le bureau du chef du commissaire n’arrange certes pas les choses, puisqu’il semblerait que la nomination du commissaire aurait été pour faire plaisir à son père. Mais qu’en est-il réellement ? Ca, nous ne le savons pas et c’est bien dommage. Ce policier restera donc toujours l’enfant qui ne semble pas à la hauteur de son père.

Même en ce temps-là, la police manque de moyens et les résultats sont attendus aux plus hautes sphères. Si ce n’est pas le cas, très vite, ils ont la pression. En définitive, rien ne change. La police doit référer de chaque intervention au plus haut et ne pas prendre d’initiative. Comme dans tout roman policier, le personnage principal tente de s’opposer à sa hiérarchie pour faire avancer l’enquête. Mais ici, il travaille en bonne intelligence avec ses collègues, même s’il les connait depuis peu.

Quant à Devaux, avant de mourir, puisqu’il est atteint de la tuberculose, semble vouloir laver son honneur pour un meurtre qu’il n’a pas commis et pour lequel il a toujours clamé son innocence. Même s’il a commis quelques délits, il veut revoir sa fille et récupérer un magot caché chez lui pour qu’elle puisse vivre décemment.

Nous sommes également à l’aube de l’envoi des bagnards dans les îles pour qu’ils purgent leurs peines. Daniel Vasseur n’hésitent pas à donner des informations importantes dans des notes de bas de pages qui sont réellement enrichissantes.

Outre le travail de la police, nous avons aussi le travail des médecins qui étudient les meurtriers et leurs aspirations, les comportements criminels. En plus, ce sont les débuts des nouvelles méthodes de psychiatrie qui demandent à ce que les patients ne soient plus enchaînés. Des méthodes qui sont dures à mettre en pratique et d’ailleurs on se rend compte que les psychiatres tentent toujours de se battre contre les idées reçues même aujourd’hui.

Ce roman fait partie de la nouvelle collection, Editions du Patrimoine, Crimes et Monuments, La Sainte-Chapelle. Il se passe sous le second Empire, dans l’île de la Cité. La mort sur un cheval pâle est donc un roman historique puisqu’il s’attarde sur la restauration de La Sainte-Chapelle qui doit être prête pour l’Exposition Universelle. Pourquoi un tel monument dans ce roman ? Outre les explications données concernant les travaux et tout ce qui est réalisé par les artisans, on découvrira différents personnages qui ont un lien avec l’intrigue du roman. De plus, des craintes d’attentat contre l’Empereur sont certains, donc des précautions doivent être prises pour assurer sa sécurité.

Vous l’aurez compris, j’ai plongé dans ce roman à la vitesse grand V et lu à la même vitesse. Peu de pages, certes, mais l’essentiel est là. J’ai bien aimé le style de l’auteur, l’histoire et cette dimension historique qui nous ramène à nos cours en ajoutant une autre touche.