Sexe primé de Stella Tanagra

Sexe primé Stella Tanagra
Sexe primé Stella Tanagra

Avis Sexe primé de Stella Tanagra

Qui a dit qu’un lecteur laissait courir son imagination en lisant un roman, des mots ? Qui a dit qu’un auteur manipule son lecteur avec ses mots ? On pourrait répondre à la première question que ce sont tous les lecteurs, et à la seconde que ce sont tous les auteurs. Mais là, j’en ai la preuve flagrante avec Stella Tanagra. La coquine ! Elle entraîne son lecteur très loin. Elle déroule son histoire, ses mots mais attention à la chute. Le lecteur continue son histoire car il est toujours partie prenante de ce qui est écrit. Stella est vraiment surprenante. Elle a une sacrée imagination pour évoquer, écrire sur le sexe.

La lectrice que je suis ne s’est pas du tout attendue à la chute de ses histoires, de ses scénarii. Je dirai également que Stella Tanagra est philosophique. Les mots de Stella sont profondément étudiés, recherchés. Les combinaisons sont surprenantes, entre poésie, sexe, le toucher, le goûter. Ce n’est pas du sexe crash, dur. Il est rythmé par des connotations, des échos, un cheminement, un fil rouge.

Je n’ai pas aimé toutes les histoires, certes. Je n’ai pas compris où Stella voulait m’emmener mais celles qui m’ont le plus marqué sont celles avec les fruits et légumes, la cuisine et le boucher. 

Sexe Primé est le tome 2 de Stella Tanagra après Sexe Cité. Ce sont en tout dix nouvelles qui commencent et finissent avec une sorte de poème.

Je remercie Stella Tanagra qui m’a proposé cette lecture ainsi que Tabou Editions. Cela m’a permis d’aller jeter un oeil, voire  plus, sur le magnifique site de Stella.

Sexe primé de Stella Tanagra, Présentation de l’éditeur

Des corps se mélangent et se perdent, d’autres s’adonnent à des étreintes trop soutenues… Aussi roses que noires, les pulsions (in)humaines qui s’expriment dans ces dix nouvelles sont dangereusement excitantes.
Chaque page tournée dévoile des transgressions sexuelles et des désirs interdits qui se croisent et s’entrechoquent au fil des lignes dans la décadence de fantasmes indicibles. Passages à l’acte déraisonnables, pulsions morbides ou vices obsédants… Les désirs s’expriment mais à quel prix le sexe prime ?

Sexe primé de Stella Tanagra

date de sortie : 24 avril 2017

Editeur : Tabou Editions

Isbn : 978-2-36326-054-3

Nombre de pages : 345

La forêt des ombres de Franck Thilliez

La forêt des ombres de Franck Thiliez
La forêt des ombres de Franck Thiliez

Avis sur La forêt des ombres de Franck Thilliez

J’ai passé un très bon moment, comme toujours, avec la plume de Franck Thilliez. Certains éléments, évènements étaient prévisibles mais je me suis bien fait avoir avec d’autres. Personne ne peut reprocher à l’auteur cette noirceur, cette folie des éléments, des personnages. Il sait absolument y faire. C’est pour cela que j’aime avant tout ses romans.

L’ambiance est oppressante. Au départ, le lecteur a le harcèlement dont est l’objet David. Ensuite, il y a sa femme qui a pas mal de choses à cacher et cette proposition faite. Ensuite c’est le départ pour la Forêt Noire. Ils se retrouvent dans un chalet, construit autour d’un tronc, au milieu de nulle part, sans fermetures, ni volets. La neige tombe en abondance. Ils ne sont que cinq et impossibilité pour eux de rallier quoi que ce soit. De plus, ils sont avertis de pièges contre des animaux donc ils ne peuvent pas s’aventurer au-delà. Ensuite les mouches et les animaux morts donnent une autre ambiance. Le décor est posé pour ce huit-clos.

Cathy est la femme de David. Dès le départ, elle est jalouse d’Adeline. Pourtant Cathy a beaucoup de choses à cacher, notamment à son mari. Sa fille compte énormément. Déjà, elle posera des questions qui ne raviront pas grand monde et elle veut surtout partir. Mais quand arrivera un autre personnage, les tensions entre les femmes vont monter. David, malgré l’écriture du roman, va tenter de jouer ou on lui ordonne, de calmer sa femme et ces deux autres femmes. David adore écrire. Il croit et Doffre lui fait croire qu’il aura du succès avec ce roman qui concerne le Bourreau 125. David apprendra beaucoup, il devra faire face à son avenir, son passé et la remise en cause de son couple. Adeline a été embauchée par Arthur Doffre pour que tout le monde se sente bien. Elle aussi se rendra compte que tout n’est pas comme elle s’y attendait. Mais l’argent entretient l’espoir mais jusqu’à quel point ? Arthur Doffre est un personnage très énigmatique, riche. Il possède tout un dossier. Veut-il réellement être le héros de ce roman ? David arrivera-t-il à résoudre toutes les énigmes imposées par Doffre dans un tel cadre.

Entre la Ferme des Morts, la description des cadavres et leur préparation, tout ce qui concerne le bourreau, rien n’est réjouissant et ces 28 jours ne seront pas de tout repos. Avec du plaisir ? Arriveront-ils à faire face ? La violence est latente mais elle prend très vite le dessus, qu’elle soit verbale et physique. La manipulation est indéniable, le lecteur s’en rend très vite compte. La folie guette chacun des personnages ou pas.

Résumé de La Forêt des Ombres de Franck Thilliez

David et Cathy Miller sont mariés. Ils ont une petite fille. Une femme, plus qu’en colère, découvre un test de grossesse. Cathy est enceinte. Cette femme envoie des mails et des courriers à David. Elle l’aime et le harcèle.

David a publié un livre mais il ne gagne pas assez d’argent. Un soir, en sortant du travail, une proposition lui est faite. Il doit écrire un livre pendant un mois.

La Forêt des Ombres de Franck Thilliez

date de sortie : 14 octobre 2010

Editeur : Pocket

Isbn : 978-2-266-26986-5

Nombre de pages : 366

Le Doute de S.K. Tremayne

Le Doute de S.K. Tremayne – Sources Presses de la Cité

Après la perte d’une de leurs jumelles, il y a 14 mois, Sarah et Angus décident de quitter Londres pour une île qu’il vient d’hériter. Un nouveau départ pour la famille surtout que leur petite fille annonce à sa mère qu’elle ne se prénomme pas Kristie mais Lydia. De quoi mettre de nombreux doutes dans la tête de la jeune femme.

La couverture m’a attiré irrésistiblement et donne vraiment envie de lire son roman. L’histoire est à la hauteur de cette couverture.

Un bon thriller psychologique car on entre dans le destin d’une famille, un père, une mère, une fille qui a vécu la mort de la soeur jumelle il y a un an et demi. On dit que la mort d’un enfant ravage une famille. C’est bien vrai et l’auteur nous le démontre au fil des pages. Entre les secrets des uns et des autres et la révélation d’une petite fille de 7 ans, les parents veulent, avant tout, trouver le bien-être pour leur enfant. Mais comment faire quand on n’a pas toutes les données en main, quand on éprouve de la haine et que l’on voit sa fille sombrer au fil des jours tant et plus. Surtout que cette petite fille n’a pas la possibilité de les aider car je trouve qu’elle se sent rejetée, peu écoutée par ses deux parents. J’avais déjà anticipé une des révélations du roman.

Je n’ai pas éprouvé de la compassion pour le père et la mère, Angus et Sarah. Pourtant, quand il y a des drames d’un tel acabit, ma nature cherchera toujours à leur trouver des circonstances atténuantes. Mais là, cela n’a pas été le cas. En effet, Sarah n’a pas assez surveillé ses filles, surtout le jour du drame. En plus, elle laisse sa fille seule dans une voiture, seule dans une maison coupée du monde. Mais quelle mère censée réagirait de cette façon ? Alors, oui, il y a énormément de culpabilité et franchement je peux la comprendre. Alors, oui, elle tente par tous les moyens de connaître la vérité, d’aider sa fille, en s’éloignant de ce mari qui ne semble plus en être un avec tous les soupçons qui s’amoncellent. J’avais ce sentiment, bien avant les révélations de la fin du roman. Quant à Angus, c’est un homme en proie aux doutes également. Comme le dit si bien l’auteur en faisant parler son héros, la douleur des hommes perdant un enfant est peu mise en valeur. Car ils doivent censés être forts, ne pas montrer leurs émotions. L’alcool semble être le refuge idéal. Pour raconter son histoire, les chapitres oscillent selon le point de vue de Sarah et le point de vue d’Angus. Si au contraire de Sarah qui avance petit à petit dans les révélations, on apprend dès le départ qu’Angus n’aime plus sa femme et surtout qu’il la hait. Le lecteur en saura, au fur et à mesure. Mais le décor est déjà posé.

Le décor est également planté. Très isolé, peu de jour en hiver, une île où il est facile de se noyer pour rejoindre le contient. Mais Sarah trouve cela grandiose. La tache est ardue car ils doivent également retaper la maison. 

Dans Le Doute, l’auteur nous dévoile les jumeaux monozygotes. Quelle est leur vie ? Comment ils réagissent face aux autres, ensemble, à la mort de l’un d’eux ? Cela fait, bien sûr, psychologique, tout ça, mais cette petite fille a besoin de soins, elle ne pourra pas s’en sortir toute seule. D’ailleurs, l’auteur nous démontre bien ce qu’il a pu trouver à ce sujet cela nous donne certaines informations, sans toutefois aller dans le fond du sujet psychologique. 

La fin est assez surprenante. Mais en définitive à quoi pouvait s’attendre le lecteur ?

Qui est cet auteur qui publie sous le pseudo de Tremayne ? Car Le Doute s’applique énormément au thème du roman mais Le Doute me vient par rapport à cet auteur. Je m’interroge parmi ceux que je peux connaître. Un auteur britannique ? J’ai fait des recherches sur Internet. Et bien, je ne connaissais pas. Je vous laisse faire de même. En tous les cas, le roman est prenant, je ne l’ai pratiquement pas lâché. J’ai voulu tout connaître de cette histoire si bien narrée.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour leur confiance.

Le Doute de S.K. Tremayne

date de sortie : 3 septembre 2015

Editeur : Presses de la Cité

ISBN : 978-2-258-11046-5

Nb de pages : 380

Puzzle de Franck Thilliez

Franck Thilliez – Puzzle – Source Pocket

8 morts, trois femmes et cinq hommes assassinés dans un chalet de haute montagne dans les Alpes. Un homme couvert de sang est découvert sur les lieux par les gendarmes. Mais il s’emmure dans son silence et semble complètement déconnecté. Il clame son innocence.

Près de Paris, Ilan vit dans la maison de ses parents. Il pense qu’ils ont été assassinés, suite à des découvertes qu’ils auraient établi sur le cerveau. Il est relancé par son ex petite amie qui veut qu’il reprenne le jeu Paranoïa afin de se partager la récompense. Ils sont à la recherche d’indices, mais Ilan se sent menacé, épié. Ils sont, en définitive, sélectionnés avec six autres personnes pour élucider ce jeu.

Je dois bien avouer qu’au départ, j’ai eu des doutes, entre cet assassinat de huit personnes en haute montagne et la quête d’Ilian et Chloé et ce jeu dans lequel ils se sont embarqués. J’ai assez vite compris que tout était lié. Les indices glanés par au fil du roman tentent de le démontrer. Mais je me suis laissée prendre par la plume remarquable de Franck Thilliez et j’ai avancé, sans me poser trop de questions car si je m’interroge trop, cela me gâche le roman en cours. En tous les cas, questions mises de côté, je me rends compte que j’avais bien raison. Les auteurs de thrillers français sont remarquables, notamment Franck Thilliez.

L’ambiance de Paranoïa qui règne est accentuée par le cadre, un hôpital psychiatrique, par les éléments naturels, la neige en haute montagne, plus tous les éléments trouvés par Ilian au fil de sa quête. En révélant son histoire à sa psy, Chardon sera-t-il enfin libéré de ses maux et soigné ? Ne va-t-elle pas faire encore plus d’expériences car le cerveau est si complexe et que tout est encore à apprendre pour les médecins ? Ou Chardon se joue-t-il d’elle ?

Puzzle, c’est tenter de savoir ce qui s’est passé lors de cette tuerie, c’est cette quête du jeu, c’est explorer le cerveau humain qui oublie, qui se ferme pour cacher l’indicible.

Puzzle me donne toujours envie d’en savoir plus sur les maladies mentales, sur le cerveau. Sans être médecin ou professeur, je vais continuer à me rendre à des conférences sur la santé mentale organisée par les milieux médicaux. Mais par contre, comme depuis de nombreux mois, je prendrai ce que je peux lire dans les journaux au 10ème degré.

Avec Franck Thilliez, je ne suis jamais déçue. Ce roman en est la preuve. Il aborde le sujet de l’hôpital psychiatrique, de ces patients enfermés avec des pathologies plus ou moins graves, de ces tueurs qui échappent pour, ainsi dire, à la cour d’assises, car la folie est plaidée. Pour ces derniers, est-ce un bien ? Ils doivent être soignés. Mais en narrant les traitements qui ont existé ou existant toujours, Franck Thilliez nous démontre que la médecine psychiatrique a été très dure, voire inhumaine. Est-ce toujours le cas ?

Franck Thilliez a de l’imagination à revendre. Il dénonce la solitude, les jeux qui prennent trop de place dans la vie d’une personne, le déconnectant ainsi de la réalité. Il faut savoir défier ses peurs les plus intimes. L’auteur sait jouer avec nos nerfs. Il parsème de ci, de là, des indices, comme le tournevis, pour nous faire avance dans la quête. Les passages consacrés à Lucas Chardon sont peu nombreux mais ils donnent toute leur dimension à la quête d’Ilan. Entre paranoïa, la quête de la vérité, retrouver la mémoire, tout s’avère long et difficile. Le travail sur soi est immense. La mort est bien présente et sous différentes formes, souvent très violentes. Pour commencer chaque chapitre, une pièce de puzzle est dessinée. Au début, Franck Thilliez alterne entre les chapitres du massacre et ce qui se passe plus tard, tout en retrouvant des éléments de l’assasinat au fil des pages. Le rythme de la quête est effréné tout comme la quête d’Ilan qui cherche et ne trouve rien, qui se sent persécuté, qui pense au complot. Le lecteur vit, avec son héros, un rêve éveillé. Le lecteur se doute que les huit candidats, enfermés dans un hôpital, vont mourir. Mais comment ? Qui est derrière tout ça ? Car les règles sont bien établies dès le départ.

Puzzle de Franck Thilliez

date de sortie : 9 octobre 2014

Editeur : Pocket

ISBN : 978-266-24644-6

Nb de pages : 479

Dérapages de Danielle Thiéry

tous les livres sur Babelio.com

Jennifer a un accident à Paris. On lui vole son bébé de quatre mois. A la place, elle trouve une petite fille qui parait vieille. Elle rentre chez elle, sous le choc, est enfermée, surveillée, sommée d’allaiter cet enfant.

Découverte d’un corps d’une petite fille sur une plage. Le service dans lequel travaille Edwige Marion est appelé car ils ont les moyens de s’occuper de ce cas d’enfant. Mais l’autopsie sera source de questions.

Nina, la fille d’Edwige arrive de Londres, toute seule. Comment a-t-elle pu faire ?

J’ai été plus que ravie de retrouver Edwige Marion dans ce nouveau roman, cette nouvelle enquête. Sauf que, il y a un mais. Je me suis rendue compte qu’il y avait plus de romans que je ne le croyais. Donc, il va falloir que je prenne tout depuis le départ afin que je puisse suivre l’évolution de Marion. Dans le dernier roman lu, elle devait changer de service, c’est fait mais deux événements très importants ont eu lieu. Elle a été hospitalisée suite à une grave blessure et sa fille adoptive à rejoint sa soeur en Angleterre pour permettre à Marion de récupérer de ses séquelles. Mais c’est encore long. Marion reste telle que je l’ai découverte. Intrépide, toujours vigilante, de bonnes relations avec ses collègues, moins avec ses chefs. Elle s’inquiète toujours pour ses proches et en particulier pour Nina qui revient sur Paris, couverte de sang en état de choc. Elle fait confiance à ses intuitions, à ce qu’elle voit et entend. Mais comme dans tout bon policier, il faut du temps avant que certains éléments viennent à la surface, sinon ce serait trop facile.

Le roman commence tambour battant. Ceux qui tirent les ficelles sont partout et ils sont très dangereux. J’ai eu un petit passage à vide vers les 3/4  mais cela finit en apothéose avec, on l’imagine très bien une suite. Mais le lecteur ne reste pas sur sa faim
La plumer de Danielle Thiery est très efficace pour décrire les situations, les accidents, les poursuites, les autopsies, les interrogatoires. Je trouve même que sa plume s’aguerrit  de plus en plus.
Les sentiments, les rapports humains, les amitiés, les amours sont bien présents et permettent d’en savoir plus sur les personnages, sur leur vécu, leurs aspirations. J’ai toutefois été un peu perdue par la multitude de noms. C’est vrai qu’il y a différents services en jeu au sein de la police mais aussi chez ceux qui vont faire le mal.

Je déplore que l’on en sache un peu moins sur ce qui arrive réellement à Jennifer. A t elle tout imaginé ? Je ne le crois pas. Si c’est le cas, l’auteur est très forte car Jennifer fait bel et bien partie du roman.

Outre l’enquête qui met à jour des petits enfants denutris, qui sont vieux, des adultes qui rajeunissement, l’enjeu est l’argent. Immortalité, vivre toujours jeune, rajeunir. Les annonces sont faites. Les gens se ruent sur Internet pour en profiter, au mépris de leur santé. Car tout le monde connaît les scandales de produits soit-disant miracles qui se révèlent des années après de véritables bombes à retardement. J’ai bien aimé ces explications, cette étude d’un chercheur russe qui a transmis à ses fils son héritage. Pourtant, il a vécu l’enfermement, comme tout ce qui pouvait se passer dans ce pays à ce moment-là. Petit moment d’histoire qui ne fait pas de mal. Pourtant, ces éléments permettent de faire avancer la médecine, surtout ceux qui dissèquent les morts car ils apprennent. Prises d’hormones pour faire gonfler les seins et ainsi produire du lait, même si les femmes ne viennent pas d’accoucher. Le lait maternel est également au centre des préoccupations. Est-ce que cela annonce des recherches en cours pour faire encore plus culpabiliser les mères qui ne veulent pas allaiter et qui pourraient offrir à leurs enfants une immunité contre de nombreuses maladies, comme le cancer ?

Merci à Babelio de m’avoir sélectionné dans le cadre de #Massecritique

Dérapages de Danielle Thiéry

date de sortie : 21 mai 2015

Editeur : Versilio

ISBN : 978-2-36132-4

Nb de pages : 371 p

Le chardonneret de Donna Tartt

Le Chardonneret – Donna Tartt Source My Boox http://www.myboox.fr/livre/le-chardonneret-2271513.html

Theo se trouve dans une chambre d’hôtel d’Amsterdam à attendre, en proie à la folie qui guette. Qui attend-il et pourquoi ?

Revenons de nombreuses années en arrière pour connaître le jeune Theo qui vit à New-York avec sa maman et qui doit l’accompagner au collège car il est sous le coup d’un renvoi.

Mais rien ne se passe comme prévu.

Un roman fleuve de près de 800 pages que j’ai mis énormément de temps à lire. A un moment donné, c’est clair que je me suis ennuyée car je trouvais que la situation n’avançait réellement pas. Le chardonneret a été un coup de coeur pour nombre de lecteurs, ce n’est pas mon cas, car il me tardait vraiment de le finir et comme je l’écrivais, j’ai un peu décroché à un moment car il y avait trop de lenteur et j’en avais un peu marre de lire la vie de Theo.

Dans toutes ces pages, nous voyons défiler la vie de Theo, à New York, à Las Vegas, et New-York. Un évènement tragique va bouleverser toute la vie de ce jeune adolescent. Il va perdre la personne la plus chère à son coeur. Le lecteur, enfin moi, se prend à aimer ce jeune garçon, cet adolescent, devenu un homme. Toute sa vie est disséquée. Il n’y a pas grand chose qui pourrait permettre de dire qu’il a une belle vie. Peut-être son amitié avec Boris, Hobie. L’auteur s’attache à nous montrer que Theo a eu une bonne éducation en art grâce à sa mère et ensuite la restauration grâce à Hobie. Il baigne dans le monde du beau, d’où le métier qui va en découler. Mais la vie de Theo a pris un affreux tournant avec cette disparition tragique. Même s’il existe de nombreux traumatismes qui perdureront toute sa vie, il a la faculté de rentrer en lui-même, de ne pas montrer ses sentiments, de savoir ce qu’il veut faire – aller chez son ami, rendre la bague, retourner chez Hobie. Theo erre. Il est en souffrance depuis de nombreuses années, depuis la vie familiale avec son père alcoolique. Il a toujours eu peur de perdre sa mère. Il avait toujours peur qu’elle parte. Theo est un garçon, un homme malheureux. Personne ne veut de lui, il se sent rejeté, jamais à sa place. A part sa mère, il n’a qu’un seul amour dans sa vie, cette adolescente rencontrée au musée et dont il est tombé amoureux, Pippa. Nous avons des descriptions de sentiments tout à fait réalistes. Mais Pippa lui rappelle également constamment la douleur. Tout comme le fameux tableau, Le Chardonneret. Le tableau de tous les malheurs. Mais il semblerait que ce tableau, gardé pendant de si nombreuses années, soit comme un lien avec ce passé qu’il ne veut pas oublier. Theo semble lié à ce tableau. Il fait vivre le tableau à sa manière. Il ressemble à ce Chardonneret.

L’auteur nous décrit toutes les phases de dépression, de désespoir, d’interrogations de Theo. Quand on connaît un peu le sujet, le lecteur se sent en terrain connu et peut donc comprendre le héros. Entre drogues et alcool, sa vie est rythmée par la déchéance mentale. Pourtant, pendant un moment, je me suis demandée s’il n’avait pas décroché. Theo a toujours été proche de la folie et celle-ci est à son point culminant vers la fin, lorsqu’il attend dans cette chambre d’hôtel. Après de nombreuses interrogations, il semble avoir pris la bonne décision, mais le destin s’en mêlera encore une fois.

Outre Pippa, qui a également énormément souffert, je me suis attachée à Hobie, cet homme, à qui il a rapporté la bague et vers qui il s’est tourné lorsqu’il est revenue à New-York. Dans la description de cet homme, de son caractère, de son implication avec Theo, j’ai eu un peu le sentiment de retrouver Hagrid. Peut-être que je me suis laissée embarquer par le surnom que Boris donne à Theo, Potter. Et que dire de Boris. Il ne représente pas le mal proprement dit, mais il est le contraire de Theo pour tout. Un garçon qui a souffert également. En tous les cas, ils se sont bien trouvés tous les deux, ils ont fait les 400 coups ensemble. Mais Boris, malgré ses nombreux déboires, peut être considéré comme l’ange gardien de Theo, il arrive toujours au bon moment pour le sauver. Au contraire de son ami, il sait ce que peut être une vie. Rien n’est jamais blanc, rien n’est jamais noir.

Donna Tartt nous offre de magnifiques descriptions du monde de l’art, que ce soit des tableaux, des meubles. Il y a une sacrée recherche historique dans ce roman pour tous ces éléments là, mais également les lieux où vit Theo, ceux qu’il visite.

Outre ces descriptions, l’auteur a une très belle faculté pour que l’on ne s’ennuie pas malgré les nombreux personnages de ce roman. Ils ont chacun leurs particularités. Le caractère est très bien décrit, tout comme leur vie.

On peut se demander ce qu’aurait été la vie de Theo s’il avait appris la vérité lors de son départ de Las Vegas. Le tournant du roman aurait été différent. Une autre histoire aurait pu être imaginée.

Même si Donna Tartt s’attache profondément aux caractères de ces personnages, on ne peut pas dire que cela soit un roman psychologique. Il y a du suspense aussi avec ces histoires de tableaux volés, d’enquêtes des autorités pour les retrouver, ces ventes de meubles faux et des menaces.

J’ai appris qu’il allait être adapté au cinéma. Cela peut se comprendre, il y a matière. Mais je ne pense pas aller le voir, à moins de gagner des places. Je préfère rester sur mes impressions, sur mes images des situations et des personnages. Fausses, bien évidemment mais c’est cela l’imagination.

J’ai reçu ce roman en gain grâce à My Boox.

Affaire classée de Danielle Thiéry

Affaire classée de Danielle Thiéry – Source J’ai Lu

Edwige Marion est commissaire. Elle a une petite fille adoptive, Nina, 9 ans, dont les parents sont morts assassinés. Elle est enceinte.

Elle reçoit dans sa boite aux lettres une paire de chaussures d’enfants, correspondant à la disparition, il y a 5 ans, d’une petite fille, Lily Rose. Très vite, Marion pense que l’enquête a été bâclée. Malgré l’avis de son chef, elle va reprendre l’affaire.

Il y a tellement à dire sur ce roman que je ne sais par où commencer. Je vais tenter de ne rien dévoiler et d’être censée dans cette chronique.

Je vais donc commencer par les personnages qui sont divers et nombreux. Chaque personnage est humain avec du coeur mais aussi des faiblesses. Cette quantité ne nuit en aucun cas à la qualité du roman car tous trouvent leur place dans le déroulé de l’histoire. Danielle Thiéry nous les présente au fur et à mesure et grâce à Marion, on sait qui ils sont réellement. Marion est donc commissaire. Elle travaille dans un univers d’homme sur des cas très difficiles, les homicides d’enfants et des actes de pédophilie aggravée. Elle est coriace, insolente, bonne au travail et aimée même si les relations sont très souvent houleuses. Mais Edwige est enceinte et ses plus proches collaborateurs ont deviné qu’il se passait quelque chose. Elle a dû annoncer qu’elle voulait annoncer qu’elle voulait être mutée et qu’elle voulait reprendre l’Affaire Classée. Malgré le directeur, ses deux fidèles compagnons la suivent. Edwige a des relations compliquées avec les hommes, dues à son enfance et l’absence de père. Sa grossesse n’arrange rien car elle sera une mère célibataire. Elle a décidé d’adopter la jeune Nina qui a un frère et une soeur dans un orphelinat. Les relations sont compliquées avec cette enfant, la grand-mère de celle-ci et les services de la DDASS.

Nina, une mignonne petite fille, qui va être au coeur également de cette affaire. Marion l’utilise pour obtenir des renseignements. Je n’ai pas trop aimé ça car cela lui permet d’arriver à ses fins et même si elle prend en compte sa fille, elle peut en pâtir, pas dans son affection, mais auprès des services d’Etat. Marion prend des risques pour arriver à ses fins.

Les deux équipiers de Marion sont fidèles à leur chef. Malgré tout et même s’ils peuvent avoir des problèmes dans leur travail, ils l’aideront à résoudre cette affaire.

Les autres personnages ne sont pas si secondaires que ça. Il y a les parents et le frère de Lily-Rose et là, c’est vraiment une drôle de famille. Il y a également ce médecin qui travaillait au Muséum et cette jeune fille qui était amoureuse de lui.

Les relations entre tous les personnages sont très compliquées. Qui dit la vérité ? Qui ment ? Marion devra le découvrir même si chacun raconte des histoires différentes, tente de manipuler l’autre mais aussi Marion. Cette dernière écoute, se fait une opinion, qui peut être très vite balayée. En plus, lorsque l’attirance sexuelle s’en mêle, c’est assez compliqué.

Marion navigue donc entre les enquêtes en cours, ces souliers reçus sur lesquels elle voudra faire toute la lumière, une envie de se mettre à l’abri pour ses deux enfants et leur offrir une vie digne de ce nom. Personnellement, je pense que cette histoire de mutation n’est qu’un prétexte car une femme aussi talentueuse, non blasée par son métier, risque de réellement s’ennuyer dans de nouvelles fonctions. Et son directeur semble l’avoir très bien compris. Paternaliste auprès de cette jeune femme, il prend la mouche lorsqu’il reçoit cette demande car il doit se sentir trahi de perdre un aussi bon élément dans son équipe.

Danielle Thiéry nous offre une très belle enquête, de très beaux personnages, un cadre (Lyon), du psychologique avec de la violence faite sur les enfants, des personnes internées, emprisonnées ou qui restent libres sans être soignées.. On aime suivre Marion, ses enquêteurs au fil des pages qui se déroulent sans aucun temps mort avec des actes bizarres, des disparitions, des pièces analysées. L’auteur démontre que la vie d’un commissaire n’est pas facile, surtout dans le milieu de la pédophilie, du meurtre d’enfants. Ce commissaire, étant femme et surtout seule, doit mener sa vie de famille avec ses enfants, tenter de les combler mais aussi pouvoir compter sur les uns et les autres lorsqu’elle doit rentrer tard chez elle.

Les chapitres du roman sont assez courts, ils le deviennent de plus en plus sur la fin. Cela donne encore plus de rythme, un sentiment d’urgence à l’histoire pour indiquer que le dénouement est proche. Trop de tensions également pour Marion qui doit affronter la peur pour des êtres chers, des soucis de santé et clore cette enquête.

Je n’ai pas été déçue par la fin.

Je n’aime pas prendre les romans où il y a déjà un personnage récurrent. Ce n’est pas la faute de l’auteur, loin de là. J’aime connaître les enquêtes et la vie de ces personnages avant le roman en cours, car cela me permet de comprendre encore mieux leur psychologie et connaître les faits de leur vie, même si Danielle Thiéry nous en donne quelques indices. Mais pour moi, ce n’est pas suffisant. Donc, comme pour tous les autres romans auxquels j’ai été confrontée avec ce genre de situation, je devrai acheter ceux qui précèdent. Ma PAL va donc augmenter.

Merci à J’ai Lu pour m’avoir fait découvrir cet auteur.