L’Aventuriste de J. Bradford Hipps

L'Aventuriste de J. Bradford Hipps
L’Aventuriste de J. Bradford Hipps

Avis L’Aventuriste de J. Bradford Hipps

Henry est convoqué chez son patron et ami Keith, nommé directeur général il y a peu. Ce dernier lui annonce une promotion

Il a 34 ans. Il aime l’argent et le confort apporté par celui-ci. Il vit seul.

Résumé L’Aventuriste de J. Bradford Hipps

Les deux mots qui me viennent à l’esprit avec L’Aventuriste, sont Aventurier et Futuriste. Mais va-t-on trouver dans ce roman un homme aventurier et futuriste , Peut-être le second car le Henry est un ingénieur qui conçoit des logiciels de sécurité pour les entreprises. Donc, il imagine, conçoit des codes.

Comment rendre un roman pas si banal que ça avec un homme banal dans une entreprise banale, dans une vie banale, dans une société banale ? Mais est-ce qu’une vie est banale quand c’est la nôtre ? Peut-être aux yeux des autres. Mais à nos propres yeux ? C’est grâce à l’auteur et à ce premier roman somme toute réussi. On pourrait s’ennuyer. Cela arrive un petit peu tout de même. Mais on suit la vie de cet homme, de ses collègues et de sa famille.

L’auteur nous détaille avec force détails l’entreprise américaine, comment vivent les employés, les stratégies de management et surtout la peur des uns et des autres de perdre leur emploi, de se retrouver sans rien car les objectifs donnés risquent de ne pas être atteints. C’est de la survie de l’entreprise dont il est question et bien entendu, lorsqu’une personne ne fait pas le job attendu, elle est virée. Henry, bien qu’il occupe une position de responsable, suit le mouvement. Il donne très peu son avis sur les stratégies menées, il se veut l’employé modèle, il ne dit pas tout ce qu’il pense. Il écoute beaucoup. Les relations professionnelles peuvent être difficiles entre collaborateurs car le marché va mal. Il y a toujours cette quête de réussite des Américains. Il faut écouter ses équipes, les rebooster, connaître leurs peurs. Ca c’est un vrai management d’équipes. Je ne sais pas si les Etats-Unis savent y faire à ce sujet mais c’est ce que le roman tente de démontrer. Mais il est indispensable de prendre les décisions adéquates pour le bien de l’entreprise.

Je dirai que le héros est à la croisée des chemins. On sent un ras le bol. Sa mère est morte il y a un an. Son père ne va pas forcément bien. Vu qu’il n’est pas toujours là, il s’en rend compte au fur et à mesure, au contraire de sa soeur Gretchen. La mort de leur mère a été vraiment difficile à appréhender pour eux. Les souvenirs sont toujours aussi présents et l’absence également. Comme dans toute famille, il y a des hauts, des bas, des non-dits pour éviter que la cellule familiale ne vole en éclat. Une relation quasiment fusionnelle entre le frère et la soeur peut, à cause de la vie, de certaines prises de décision, basculer du côté non voulu. Pourtant, je les ai sentis toujours proches même s’ils n’arrivent plus à communiquer comme ils le devraient ou le pourraient. Tous les deux marchent sur des oeufs. Pourtant Henry se sent comme un étranger dans cette maison familiale. Il lui est difficile de passer d’une vie frénétique à une vie familiale où on est en visite, où l’on éprouve de l’ennui. Personnellement, je le sens étranger à tout. Il n’est plus à sa place nulle part. Il faut qu’il prenne une dé978-2714475725cision pour lui, pour bien vivre sa vie, même s’il aime l’argent et le confort que cela lui apporte. Personnellement, il est seul, il n’a pas encore trouvé l’âme soeur. Est-il trop exigeant avec les autres ou plutôt avec lui-même ? Qui est-il vraiment ? Que veut-il ? Le roman va tenter d’y répondre. Ne se joue-t-on pas de lui professionnellement et émotionnellement ? Pourquoi a-t-il pris cette décision ? Pourquoi se cherche-t-il des excuses ? N’est-ce pas le propre de l’homme ? Toutefois, pour avancer professionnellement et personnellement, il vaut mieux être honnête avec soi-même, avant de l’être avec les autres. 

Dans le sud des Etats-Unis, la mort est omniprésente à cause de l’esclavage. Mais les villes ont rompu avec l’Histoire de leur région.

Je remercie Netgalley et les Editions Belfond pour cette sélection.

L’Aventuriste de J. Bradford Hipps

Date de sortie : 11 janvier 2018

Nb pages : 352

Editeur : Belfond

ISBN : 978-2714475725

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Quelques jours de nos vies de Clare Swatman

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Avis Quelques jours de nos vies de Clare Swatman

Non, je n’ai pas pleuré en lisant cette belle histoire de Zoé et de son mari Ed. Après la mort de son mari, Zoé se retrouve quelques mois plus tard à l’hôpital car elle est tombée sur la tête. En se réveillant de son coma, elle se retrouve dans sa chambre de jeune fille, en partance pour faire ses études. A chaque réveil, elle revivra un des moments importants de sa vie qui la met en scène avec Ed, son amour de jeunesse, jusqu’au jour fatal où il part au travail et sera renversé par un vélo.

Zoé a une mission ou se la donne. Tenter que son mari adoré ne meure pas. Revivre ces moments va lui permettre de changer quelques éléments pour éviter ce deuil auquel elle ne se fait pas. Mais si elle, elle sait, ce qui s’est passé puisqu’elle replonge dans le passé, tous ceux qu’elle a côtoyés ne le savent pas, donc elle doit faire attention à ne pas donner ces éléments.

L’auteur suit donc la chronologie des événements. De leur rencontre, de leur amour qui éclot, de leur vie commune, de leur mariage jusqu’à leur difficulté à avoir un enfant. Zoé et Ed sont profondément amoureux. Ils vivent l’un pour l’autre, se soutiennent mutuellement. Comme dans tout couple, il y a quelques dissensions, des disputes. Lorsqu’il est question de mariage, ils arrivent tous les deux à parler même si cela dure un bon moment. De ce côté-là, je trouve qu’Ed a fait de nombreux efforts. Ensuite, vient la question de l’enfant. Zoé semble avoir été forcée à le vouloir. Mais cela va devenir une obsession, à force, pour elle, de devenir enceinte. Surtout que sa soeur tombe enceinte facilement. Les traitements contre l’infertilité vont plonger le couple formé par Ed et Zoé dans la rancoeur, la dispute, la colère. Ils tenteront de s’éloigner pour se retrouver. Mais comme je l’ai déjà lu, ce sont des moments vraiment très difficiles. Certains couples semblent avoir résolu leurs problèmes et se retrouvent plus forts face à cette adversité. Replonger dans ce passé va permettre à Zoé de changer quelques éléments. Elle sera beaucoup plus à l’écoute de son mari, de sa famille et de ses amis. Une nouvelle chance lui est donnée et elle va tenter d’en profiter.

Clare Swatman met de jolis mots sur tout ce qu’ils vivent. Elle démontre tout l’amour entre ces deux-là. Elle démontre aussi que Zoé a peu fait d’efforts au départ. Il lui est souvent difficile de se remémorer ce qui s’est réellement passé cette journée là. Les personnages sont forcément attachants mais je n’ai pas eu de réels coups de coeur pour Zoé, même si je la trouve profondément honnête sur ce qu’elle a vécu et ses traits de caractère. l’auteur commence son roman comme un fait divers. Le lecteur suit les aventures des personnages. Mais lorsque Zoé se réveille pour la première fois dans sa chambre, l’histoire est narrée à la première personne pour donner plus de poids à la jeune femme. Clare Swatman clôt chaque chapitre sur le sommeil de Zoé qui espère retrouver son mari lors de son prochain réveil. Cela donne l’espoir à tout le monde et surtout à elle car elle ne peut pas vivre sans lui. Que va-t-il réellement se passer ? Auront-ils cette seconde chance ? La fin est un beau message d’espoir. Clare Swatman a donc organisé son roman sur les difficultés pour avoir un enfant et ces traitements contre l’infertilité. Elle s’est documenté plus sur le côté psychologique, humain, que médical et cela donne plus de poids à ses héros.

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique, les éditions Presses de la Cité et aussi l’auteur.

Résumé Quelques jours de nos vies de Clare Swatman

Juin 2013, Ed part au travail. Sa femme Zoé ne prend pas le temps de lui dire au revoir. Arrivée au travail, Zoé apprend le décès de son mari. S’ensuivent de nombreux mois où elle n’arrive pas à faire surface car elle se sent coupable de ne pas avoir eu le temps de lui dire qu’elle l’aime.

Zoé tombe dans le jardin. Elle est transportée à l’hôpital mais à son réveil, elle se retrouve dans sa chambre de jeune fille.

Quelques jours de nos vies de Clare Swatman

date de sortie : 11 mai 2017

Editeur : Presses de la Cité

Isbn : 978-2-258-13758-5

Nombre de pages : 352

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Une mer si froide de Linda Huber

Une mer si froide Linda Huber
Une mer si froide Linda Huber

Avis Une mer si froide de Linda Huber

Quel roman magnifique ! Par deux fois, j’ai eu les larmes qui sont montées. C’est donc l’histoire de deux couples qui perdent un enfant, une petite fille très jeune. Le parallèle est fait et les deux histoires vont s’imbriquer lorsque le lecteur retrouve Olivia, la petite fille disparue, en premier, dans l’histoire, auprès de l’autre mère.

Pour la disparition d’Olivia, le lecteur croit, comme ses parents, que la petite fille disparait, noyée. C’est la veille de son anniversaire. Elle est en vacances avec ses parents et son frère. Malgré les recherches, elle n’est pas retrouvée. La culpabilité ronge le couple et en particulier la mère qui aurait dû la surveiller, c’est ce que tout le monde pense, même sur cette plage vide, alors que Livvy rejoignait son père et son frère. Culpabilité également de cette mère qui pense qu’elle a mal agi en grondant sa fille, qui se rappelle que celle-ci semble n’aimer que son père. Pourtant, Maggie est vraiment bien présente chez Olivia. Elle sera le seul lien pour cette petite fille qui ne comprend pas ce qui lui arrive, qui est brutalisée par une femme malade. Maggie va rester des semaines dans cette maison de vacances, à attendre sa fille, en vain. Elle aurait pu sombrer. Mais non, malgré la douleur, l’éloignement avec son mari, elle va faire face à la douleur,  à la perte pour élever son fils et tenter de retrouver une vie de famille. Ils ne feront jamais leur deuil de la perte de leur fille. Joe, le fils du couple, est également dans la douleur. Il est aidé psychologiquement et cela lui permet, également, de s’en sortir. Maggie refuse à son mari d’avoir un autre enfant, même s’ils sont encore jeunes. Elle ne veut pas se précipiter. Il est clair que pour l’un et l’autre, cela ne remplacera jamais Olivia. Mais il faut du temps, surtout lorsque l’histoire a été médiatisée et que les commentaires, lettres les font encore plus culpabiliser car ils ont failli à leur devoir de parents.

De l’autre côté, il y a Jennifer et Phillip qui ont, eux aussi, perdu leur petite fille. Alors qu’ils étaient en vacances. Jennifer sombre dans la dépression. Elle reste seule car son mari doit assister sa grand-mère mourante. Enceinte, elle cache sa grossesse à son mari. Elle le met devant le fait accompli concernant l’achat d’une nouvelle maison. Plus dure sera la chute pour ce couple lorsque Phillip rentrera chez lui et qu’il découvrira la vérité.

Je ne blâme aucun des deux couples, je ne les juge pas. Chacun réagit différemment. Jenifer a refusé de continuer à prendre ses médicaments pour faire à sa dépression. Elle est devenue violente. Elle a changé. Elle a voulu remplacer sa petite fille perdue. Certains passages sont assez durs à lire par rapport à l’enfant. Certains rappels du passé tentent de frayer son chemin dans sa mémoire.

Est-ce que la présence de Katie, la maîtresse d’Hailey, joue un grand rôle dans l’histoire ? Oui, elle est vraiment impliquée avec ses élèves de maternelle. Elle se pose de nombreuses questions, en fait part à ses collègues. Malgré les nombreuses peurs de la petite fille, elle sera le rempart, l’adulte sur qui elle pourra compter, même si l’arrivée de Phillip joue un grand rôle pour cette petite fille.

Malgré quelques maladresses ou éléments irréalistes comme la maîtresse, seule personne appelée pour s’occuper d’Hailey, le roman, construit, comme un polar, avec ses rebondissements, ne se lâche pas. J’ai vraiment passé un très bon moment de lecture avec des personnages très attachants. D’ailleurs, de qui parle le prologue ? Hailey ou Olivia ?

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour leur confiance sur cette belle découverte.

Résumé Une mer si froide de Linda Huber

Une enfant joue sur le bord de la plage. Elle nettoie un coquillage qu’elle souhaite offrir à sa grand-mère. Les vagues l’emportent.

Olivia a disparu. Ses parents la cherchent et font appel à la police.

Phillip est aux Etats-Unis auprès de sa grand-mère, atteinte d’un cancer, mourante.

Une mer si froide de Linda Huber

date de sortie : 4 mai 2017

Editeur : Presses de la Cité

Isbn : 978-2-258-11884-3

Nombre de pages : 364

Ainsi fleurit le mal de Julia Heaberlin

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Avis sur Ainsi fleurit le mal de Julia Heaberlin

Un véritable dilemme se pose, je ne sais pas du tout comment tourner cette chronique. Ce roman me laisse sur ma faim. Ce n’est pas vraiment un coup de coeur mais j’ai eu du mal à le lâcher. Le lecteur se doute un peu de certains éléments. Mais l’auteur réussit un véritable tour de force avec ces deux parties qui se mêlent. Ce qui s’est passé en 1995 et ce qui se passe actuellement. Je n’ai pas réellement trouvé de dimension psychologique énorme même si Tessie/Tessa est encore vraiment mal depuis son enlèvement et ce procès. Toute la lumière doit être faite et elle seule détient la solution. Pour moi, l’auteur aurait vraiment gagné à créer une atmosphère plus sombre, même si elle donne de nombreux renseignements sur l’ADN, sa recherche, la psychologie, la peine de mort et le Texas et son système judiciaire. Je ne dis, en aucun cas, que ce n’est pas assez documenté. Toutes ses sources sont très bien amenées, développées mais il me manque cette dimension très psychologique du caractère des personnages. Cela aurait pu me permettre de prendre fait et cause pour l’un d’entre eux.

Le roman est très bien construit. Nous avons deux parties qui se chevauchent, la préparation de Tessie au premier procès et la préparation de Tessa pour tenter de faire libérer celui qui est prison, qui doit subir la peine capitale dans peu de temps. En effet, Tessie et Tessa ne sont qu’une même personne. Tessie a été enlevée avec d’autres jeunes filles. Elle a subi un véritable traumatisme. Mais il n’y a pas que celui-là pour cette jeune fille. Les psys qu’elle a vu, dont le dernier, tentent de lui faire recouvrir la vue et la mémoire. Mais Tessie a un fort caractère et elle ne se laisse pas faire. Quant à Tessa, depuis tout ce temps, elle tente d’avoir moins peur, elle tente de vivre, surtout qu’elle a une fille adolescente. Mais depuis de nombreuses années, les marguerites font régulièrement leur apparition. Le temps presse, en tous les cas. Si Tessa a décidé depuis quelque temps de faire rouvrir le procès, elle ne dit pas tout aux enquêteurs. Pour elle, c’est également une recherche d’indices qu’elle a pu laisser un peu partout. Heureusement que la science avec ses nombreux domaines permet d’avancer pour résoudre des meurtres, pour donner un nom aux victimes.

Le lecteur apprend toute son histoire avec Lydia, sa meilleure amie. Lydia qui a disparu un beau jour après le procès sans laisser de traces. Entre une histoire d’amitié d’enfance, de jalousie et cette enquête pour que la vérité éclate enfin.

Ceci est le premier roman de l’auteur. Elle gagne à être connue et j’espère que le prochain permettra une critique plus positive. L’histoire entre Bill et Tessa était prévisible mais que deviennent-ils à la fin ?

Nous avons une explication de l’éditeur concernant le titre et afin que le lecteur ne se perde pas tout ce qu’il faut savoir sur les marguerite et les Marguerite.

Lu dans le cadre de Masse Critique de Babelio et je remercie Les Presses de la Cité pour l’envoi du roman.

Résumé sur Ainsi fleurit le mal de Julia Heaberlin

Tessie a passé 32 heures sans se souvenir de ce qui s’est passé lors de son enlèvement et elle souhaite ne jamais se souvenir. Mais elle est devenue le sujet de nombreux articles de journaux.

Tessa est une jeune femme qui a une fille adolescente. Le procès de celui qui a été condamné pourrait être rouvert car Tessa a accepté d’aider.

Ainsi fleurit le mal de Julia Heaberlin

date de sortie : 4 septembre 2016

Editeur : Presses de la Cité

Isbn : 978-2-258-13530-7

Nombre de pages : 559

Dites aux loups que je suis chez de Carol Rifka Brunt

Greta et June sont chez leur oncle qui peint leur portrait. Il est atteint du sida et a peu de temps à vivre. Lors de son enterrement, un jeune homme reste en retrait. June se pose beaucoup de questions. Arrive un paquet où elle découvre la théière de son oncle et un petit mot. Va-t-elle vouloir rencontrer Toby ?

Un très beau et bon premier roman sur l’amour, les sentiments filiaux, la jalousie, la culpabilité mais aussi l’arrivée du sida et ce que cela peut entraîner au sein d’une famille qui n’accepte pas les relations homosexuelles.

Le sujet est complexe, dur, mais l’auteur n’y a mis aucun mélodrame mais pour nous décrire la vie de cette jeune adolescente, June, qui se retrouve à se rappeler les bons et les mauvais moments passés avec son oncle, Finn, mort du sida, mais aussi des moments familiaux, l’absence de complicité qu’elle ressent avec sa soeur et ses parents et aussi l’amitié qu’elle va éprouver pour le petit ami de son oncle, chez qui elle cherche des informations. Car, June, n’est pratiquement au courant de rien de ce qui s’est tramé, de ce qui se passe.

Je ne voudrais pas trop en dévoiler sur ce roman, c’est bien dommage. June est une jeune adolescente seule qui a perdu sa complicité avec sa soeur. Elle rêve de Moyen-Age et de vivre à une autre époque. Elle se lit très peu. Seul son oncle Finn trouve grâce à ses yeux car il est le seul à prendre en compte ses désirs, à partager des moments avec elles, à l’instruire. Mais au fil des pages, de ce qu’elle découvre, June va prendre conscience qu’elle peut avoir mal agi. Elle s’est laissée enfermer dans cette relation au détriment des autres. D’ailleurs, pourquoi ferait-elle des efforts, elle qui se considère différente, sans amis. Des efforts, elle en fera, lorsqu’elle découvrira, Toby, l’amant de son oncle. Un amant dont elle se sert pour en apprendre plus, dont elle découvrira le passé. Un homme qui sera là, malgré tout, pour elle et ceux de sa famille qui l’ont rejeté. Personnellement, je la trouve un peu trop dure quand elle fait le point sur elle. Elle est jeune, elle n’a que 13 ans, et à son âge, avoir l’attention d’un adulte, d’un membre de la famille, c’est tout de même important. Cela permet aussi de se construire, surtout que ses parents sont plutôt penchés sur leur quotidien de comptables, laissant souvent leurs filles seules. June en voudra également à sa mère pour avoir rejeté son jeune frère. Mais elle apprendra également pourquoi car il y a, également, un tableau en jeu. Un tableau peint par Finn représentant ses deux nièces. Un tableau qui sera également un lien entre elles deux, mais aussi entre la mère et June. June est très secrète. Sachant que ces rencontres ne plairont pas, elle agit seule, sans dire quoi que ce soit à sa famille. De toutes façons, elle se sent libre. Elle sait que ce qu’elle fait ne sera pas bien perçu, mais elle veut que son oncle revive avec les souvenirs, avec les échanges, car elle n’arrive pas à tourner la page. De toutes façons c’est trop frais. 

Seules, c’est le cas également de Greta. Au fil des pages, j’ai appris à la connaître. A première vue, elle n’attire pas la sympathie. Mais c’est une jeune fille chez qui ses parents, en particulier sa mère, ont placé tous leurs espoirs. Difficile à gérer pour cette jeune adolescente qui ne reconnait plus sa soeur, qui se défend comme elle peut. Mais malgré tout, elle a une belle âme.

Nous sommes en 1986. J’avais, pour ma part, 18 ans. Et le sida fait son apparition. A cette époque là et même après, j’en ai beaucoup entendu. Ce que j’ai lu dans ce roman n’est pas nouveau pour moi c’est ce que j’ai pu lire, écouter. Les gens jugent sans savoir. Ils s’improvisent médecins, justice. Ceux qui ont le sida sont des dépravés, ils sont artistes et homosexuels. Ceux qui en meurent ont été tués par leur compagnon. Alors, oui, toutes ces réactions sont choquantes. Mais c’est l’être humain. Malgré les engagements d’artistes, les fonds récoltés, pour que la société change son regard sur les drogués et les homosexuels, il en faudra encore beaucoup d’années. Surtout que de nos jours, avec les applications et sites de rencontres, les jeunes ne se protègent pratiquement plus. Les MST et le VIH augmente. Cela a donc servi à quoi, tout ça. Par contre, dans le roman, même si l’opprobre est dans la famille, les gens qui vont savoir que Finn est mort du sida ne jugent pas. C’est comme si c’était un évènement qu’il fallait raconter. « Je connais quelqu’un dont l’oncle, le frère est mort du sida ». Il semblerait qu’ils veulent en savoir plus.

Nous avons également une explication sur le nom du tableau qui est donc celui du roman. Je ne donnerai pas celle de l’auteur mais la mienne. Elle vaut, bien entendu, ce qu’elle voit. Mais c’est mon ressenti à la lecture de ce roman, sur un sujet difficile mais dont j’ai tourné les pages sans m’ennuyer. Dites aux loups que je suis chez moi s’adresserait-il à tous ceux qui sont contre les homosexuels atteints du sida, qui ne savent rien concernant cette maladie, qui renient, qui ne veulent pas comprendre ?

Même avec les nombreux thèmes développés, le roman finit sur une belle note d’espoir. Tout le monde peut changer et une famille, qui semble, se disloquer, peut se retrouver. Une très belle leçon d’humanité.

Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

date de sortie : 13 mai 2015

Editeur : Buchet Chastel

ISBN : 978-2-283-026669-4

Nb de pages : 492

La fille sans nom d’Angelika Klüssendorf

Elle a 12 ans, son frère Alex, 6. Il y a de la terreur dans leurs yeux. Ils meurent de faim. Leur mère les brutalise. Ils trompent leur ennui avec des jeux dangereux. Elle vole pour améliorer son quotidien mais vit dans ses rêves et s’imagine une vie toute autre.

La fille sans nom déshumanise complètement l’héroïne de ce roman. C’est peut-être ce qu’a voulu l’auteur, ne pas donner de prénom à son adolescente qui devient au fil des pages une jeune femme. J’ai également l’impression qu’elle ne veut pas que le lecteur s’attache à cette fille. Pourtant, il y a quelques petites accroches mais bien minces, pour mon compte. Je me suis un petit peu attachée à elle. La fille sans nom pourrait être toutes les filles ayant vécu à cette période, dans ce pays, au sein de foyers identiques. Ce qui m’a plu chez cette jeune fille, c’est son envie d’aller de l’avant, de trouver des refuges dans les livres, dans l’imaginaire, pour fuir un quotidien plus qu’instable, une mère qui rabaisse ses enfants, une femme qu’elle connaît par coeur et dont elle se méfie tout le temps. Elle a un sacré caractère. Elle se construit et oscille entre faire confiance aux autres et avoir des amis ou rester en retrait pour ne pas souffrir. Elle sait qu’elle pourrait réussir si elle travaillait mieux, mais elle n’en a pas envie. Elle fait comme bon lui semble. Elle n’a aucune attache à part ses frères, et encore. Elle pense toujours à cette mère qui la bat, qui ne la pousse pas vers le haut. Elle veut, malgré tout, lui faire plaisir, en lui envoyant des cadeaux. On a l’impression qu’elle se languit d’elle, de la vie qu’elle menait auprès d’elle, surtout lorsqu’elle rencontre des gens qui lui apportent un peu de réconfort. D’un autre côté, elle connaît cette mère à fond et ses nombreux défauts. Elle n’hésite pas à fuguer et ensuite à mentir. Une jeune fille qui se retrouve, tout de même, abandonnée, qui doit trouver sa place dans un foyer où elle passera de nombreuses années. Ah bien sûr, il y a les vols, les mensonges… mais que ne ferait-elle pas pour améliorer un tant soit peu son quotidien et celui de ses frères ? Ils manquent de tout et surtout ils ont toujours faim. D’ailleurs, elle aura toujours cette sensation. La fille sans nom doit se construire, portée par ses rêves, son amour de la littérature.

L’auteur ne la juge pas, loin de là et les lecteurs non plus. On se demande comment peuvent vivre, survivre, les enfants face à de tels parents, face à cette mère qui ne pense qu’à elle, qu’à ramener des hommes chez elle, à les chasser, à boire et surtout à martyriser ses enfants lorsqu’elle est réveillée. Ce qui est vraiment dommageable pour ces enfants, c’est que l’espoir est toujours anéanti. Pas étonnant qu’ils comprennent tout, se révoltent, qu’ils soient en colère de ne pas être aimés par la famille et les amis de l’école. Ils souffrent continuellement et comment ne pas faire souffrir les autres dans ce cas. C’est un système d’auto-défense car ils ont peur de se ridiculiser, de ne pas être compris. Cette souffrance morale engendre également une souffrance physique car ils ne grandissent pas de la même façon que les autres. Ils sont en retard.

Les chiens ne font pas des chats. Cette phrase est peut-être réductrice, mais c’est le sentiment que me procure ce premier roman. Rien ne change. On dirait que le schéma familial se reproduit. Qu’en sera-t-il le jour où elle aura des enfants, si elle en a ?

Je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce premier roman d’Angelika Klüssendorf. Le roman est très court, c’est vrai et en un peu plus de 200 pages, tout est dit. La plume est malheureusement assez répétitive.

Fille de l’eau d’Emmi Itäranta

Fille de l’eau d’Emmi Itäranta

Noria est une toute jeune fille lorsque son père décède après qu’elle ait été sacrée Maître de thé. Il  lui avait auparavant montré le secret de la famille, une source d’eau cachée. Source d’eau qui prend tout sens alors que l’eau est contrôlée par les autorités et que ceux qui tentent d’en avoir plus sont tués.

Noria est amie avec Sanja, une jeune fille futée qui s’occupe de tout réparer.

J’aurais voulu le commencer plus tôt pour donner ma chronique tôt également. Mais cela a été sans compter un déménagement et des heures de lecture qui n’ont pas eu lieu.

Toutefois, si j’ai dû attendre, je ne le regrette absolument pas car ce roman est absolument magnifique, plein de poésie, de sens, d’inquiétudes, surtout que le pays est en guerre, que les soulèvements sont légion, que les actes sont sévèrement réprimés, que l’armée et les délateurs sont partout.

L’eau, l’eau, l’eau. Sans elle, on ne peut rien faire. Et lorsque les autorités la rationnent, qu’elle est payante, que peuvent faire les habitants ? Noria a sa petite idée à ce sujet. Aider son amie Sanja et après tous les habitants de son village, quitte à ce qu’elle soit dénoncée et bien pire encore. D’ailleurs, le lecteur apprend au fil des pages ce qui arrive à ceux qui ont leur maison avec un rond bleu. Noria a une autre idée. Partir à la conquête des terres interdites suite à l’écoute d’enregistrements. Mais est-ce que cela sera possible alors que tout le monde est surveillé et pas libre de mouvements ? Elle doit prendre soin de sa source, qu’elle ne faiblisse pas.

La mort, la mort, la mort. L’auteur nous démontre que l’eau et la mort sont étroitement liées et en tout. A chaque partie, elle commence par l’une et l’autre pour le corps, le mouvement,…

Dans quel pays vivent-ils ? Ils doivent se protéger des insectes. Il ne reste pratiquement plus rien. Tout a été englouti par l’eau (encore !), ils ont des vestiges de notre monde (ustensiles, livres…). Noria s’interroge beaucoup sur notre monde actuel, elle tente de l’imaginer avec ses personnes, ses saisons, ses pays. Elle semble nostalgique de ce monde-là, de ce qu’elle ne connaît pas. Pour ces habitants, c’est le monde d’antan. Mais ces habitants agissent avec des révérences face aux autorités. Ils semblent renfermés sur eux-mêmes.

Si le lecteur pouvait penser que la famille de Noria est soudée, au fil des pages, il va se rendre compte que non. La mère part, laissant son mari et sa fille. Sa fille va tenter, à la mort de son père, d’avoir des nouvelles de sa mère, mais tout est coupé. D’ailleurs Noria en veut à ses parents de l’avoir laissée seule. Elle doit faire face à un monde où tous sont fichés, surveillés et où il lui est difficile de prendre des décisions. Noria a son amie, même si elles semblent toutes les deux moins proches et que Noria s’interroge.

J’ai vraiment apprécié la cérémonie de thé avec les coutumes – comme asperger la pelouse, se laver les mains, le tintement de la cloche -, la maison de thé, les invités qui doivent se conformer aux coutumes. Tout cela démontre l’égalité de tous face à l’eau, qui est choisie selon le thé. Le thé est suprême, divin. Ils ont toutefois des efforts à faire en matière d’égalité homme-femme car Noria est sacrée mais vraiment parce qu’elle habite un village et qu’il n’y a personne d’autre car il semblerait que ce métier soit dévolu aux hommes. Le maître de thé doit consigner dans des carnets tout ce qu’il fait. L’héritage de Noria est donc conséquent puisque cela se transmet de père à enfant.

En nous décrivant ces paysages qui ont changé, l’auteur semble mobilisé pour l’environnement et les dégâts causés par les être humains. Sécheresse dans ce pays. Avec une eau rationnée et aussi trafiquée, la population est malade.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour leur confiance.

Dawa de Julien Suaudeau

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Un enfant qui voit ses parents mourir sous ses yeux. Adulte, il poursuit son envie de se venger.

Un professeur qui tente de vouloir faire sauter des bombes dans Paris. Il veut se venger également. 

La cité des 3000 et toutes ces familles pour lesquelles il est difficile de s’en sortir.

Et le Qatar dans tout ça ?

Je commence par quoi, le négatif ou le positif ? Allez, je me lance dans le premier car j’aime terminer sur le positif et l’espoir.

Ce roman me laisse toutefois un goût amer qui a entravé mon plaisir de lecture. Je ne connais pas l’orientation politique de l’auteur. On peut ne pas aimer le gouvernement en place, les personnes qui le composent, mais critiquer le Ministre de l’Intérieur à ce point et le Ministre de la Justice, je ne suis pas d’accord. Je ne me fais pas d’illusion pour le premier, ses opinions sont clairement établies depuis qu’il s’est présenté à l’élection présidentielle, mais il ne fait pas pire ni mieux que ses prédécesseurs. Quant aux relations de la France avec le grand Imam de France, elles n’ont, je pense, jamais varié, quel que soit le gouvernement. Droite ou gauche font en sorte de ne pas le heurter pour que les communautés tentent de vivre ensemble dans ce pays. Et le Qatar. Le Qatar ! Est-ce seulement ce gouvernement actuel qui fait en sorte que la France bascule dans ses mains. Il ne me semble pas. Cela a commencé bien avant et sous l’ère NS. Je ne vais pas être mauvaise langue car il y en a aussi pour la droite et ses guéguerres et cette députée qui tente de s’en sortir hors de ce parti et faisant de la politique en dilettante.

Le principe et la vie des jeunes, des maghrébins dans ces cités près de Paris ne sont pas nouvelles. Leurs révoltes non plus, les envois de cars de CRS non plus. Mais tous ces jeunes veulent-ils réellement faire peur à la France, aux Parisiens ? Y a-t-il dans toutes ces cités des gens, des jeunes, qui sont endoctrinés pour faire sauter des bombes ?

Je juge donc son auteur sur son ensemble. Sur son style d’écriture, très bon, sur l’histoire véhiculée, j’ai franchement adhéré, sur les personnages avec leurs fêlures, leurs forces…, là, il n’y a  pas photo et sur ce qu’il tente d’apporter au lecteur. S’il n’y avait pas eu le point précédent, j’aurais pu attribuer une excellente note à ce roman. Je ne veux pas dire que les auteurs ne font pas passer de messages politiques. Mais il faut que cela soit subtil, pas autant rentre dedans, surtout quand le lecteur s’intéresse un tant soit peu à l’actualité.

Trop de politique tue un roman très dense, bien écrit, même s’il y a quelques longueurs.

J’ai espéré que le projet ne soit pas mis à exécution.

Je n’aime pas quand un enfant souffre parce qu’il a vu l’indicible. Je pense qu’il ne s’en remet jamais et c’est ce qui arrive dans ce roman. Cet enfant est devenu un homme plus que mûr, proche de la retraite. Il occupe un très haut poste et il utilise ce poste pour se venger de l’homme qui l’a fait autant souffrir. I

Pour un premier roman, même si l’auteur est vraiment très en colère, il y a énormément de potentiel pour une nouvelle histoire, pour d’autres personnages aussi forts. Car j’ai un attachement particulier tous ces personnages, ces portraits d’hommes et de femmes cassés, avec leurs nombreuses forces et surtout leurs nombreuses faiblesses, qui sont obligés de prendre des décisions, selon leur passé, leur vécu du moment, leur travail. Pour cela, l’auteur est réellement très fort. Il nous détaille bien tous les conflits humains entre les diverses personnalités politiques, de la police, de l’armée, ce qui se trame en sous main, qui on veut faire tomber car il ne correspond pas à l’idéal du moment qui est bien fourbe. Bref, ce sont des êtres humains.

Nous avons donc deux histoires de vengeance. Nous avons également des histoires de famille et elles sont nombreuses, des familles musulmanes, une famille assez riche avec une fille qui tente de ne pas se conformer à l’éducation donnée, des histoires d’amour qui n’ont pas survécu. Un fils tente de reproduire l’histoire paternelle. Il se sent conditionné, tout comme l’a été son frère.

Le lecteur n’est jamais laissé à l’abandon. Toujours un rebondissement pour continuer à lire, toujours des révélations. De toutes façons, malgré mes critiques précédentes, je n’aurais pas laissé, je serais allée au bout pour connaître la fin de l’histoire. Il y a malgré la violence, la volonté de libérer l’Islam dans un pays jugé oppressif, une opposition, beaucoup d’amour.

L’analyse politique des coups bas, des tractations en sous-main est poussée à son paroxysme avec une très bonne plume.

Ne vous laissez pas rebuter par ces critiques, qui n’engagent que moi, mon ressenti. Dawa trouve tout de même un écho avec ce qui se passe actuellement en politique. J’aimerais bien, en tous les cas, échanger avec d’autres points de vue ou pas sur ce roman.

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