Am Stram Gram de M.J. Arlidge

Am Stram Gram de M.J. Arlidge - Editions 10-18

Am Stram Gram de M.J. Arlidge – Editions 10-18

Am Stram Gram de M.J. Arlidge, présentation

Sam et sa compagne, Amy, ont été enlevés. Ils faisaient du stop après un concert. On demande à Amy de tuer Sam pour pouvoir vivre.

Helen Grace a rendez-vous avec Jake. Ils ont des relations SM. Il est le dominant mais il voudrait en connaître plus sur Helen.

Helen s’occupe d’Anna, handicapée, et de sa mère Marie qui vivent dans une tour complètement vide. Elles sont harcelées. Helen trouve du réconfort dans cette visite.

Avis Am Stram Gram de M.J. Arlidge

Helen Grace a réussi. Elle occupe le poste de commandant. Elle est respectée pratiquement de tous ses collègues, de son équipe. Mais à quel prix ? Avide de sensations fortes, elle est adopte de relations SM. Sauf que c’est pour se punir, souffrir ? Son dominant souhaiterait qu’elle puisse se confier, même si ce n’est pas le but de telles relations. Elle doit rendre des comptes à la direction et aussi maintenir la cohésion de son équipe et aussi jouer le rôle de manager. Notamment envers Mark, son ancien coéquipier. Mais Mark boit énormément. Et son travail s’en ressent. Helen va l’aider car elle veut retrouver un des meilleurs flics qui existe. Mais la suspicion s’installera lorsque des éléments du dossier en cours seront dans la presse. Outre Mark, Charlie sera également interrogée par Helen qui n’y va pas de main morte avec l’un et l’autre. Bon flic, Helen devra également trouver qui se cache derrière tout ça.

Et il y a aussi Amelia, le vautour, qui travaille pour la presse et dont les articles sont écrits de telle sorte que le doute s’installe chez ses lecteurs. Comment distiller un poison par des mots ?

C’est une histoire de vengeance. Les quelques chapitres très courts, en italique, démontrent la violence subie par un des personnages. Je comprends la décision et de l’un et de l’autre. Protéger quelqu’un de sa famille jusqu’à ce que mort s’ensuive et dénoncer des crimes. Mais cela dissout la famille qui reste, surtout lorsque celui qui n’est pas en prison ne répond pas à des courriers. Peur de se dévoiler, peur des écrits qui restent lorsque l’on occupe un poste à haute responsabilité et que l’on veut réussir.

Et comme toujours reste la culpabilité de celui qui est en vie. Certains peuvent s’en sortir en ne montrant pas leurs failles en public, mais comment se déroule leur vie privée. Et il y a ceux qui ne pourront pas vivre avec un tel choix, malgré des jours d’enfermement où la folie guette puisque le corps et l’esprit ne sont plus alimentés.

Le premier de la série Helen Grace que je lis enfin. On m’en a dit beaucoup de bien. J’ai lu dans l’ordre les deux derniers romans de la série et c’est vrai que le tout dernier m’avait beaucoup plu. Ne pas lire les romans dans l’ordre de parution, lors d’une série, peut être problématique puisque le lecteur a certains éléments de l’histoire. Ce qui est mon cas ici, je savais à peu près ce qui se passait, mais pas dans le détail. Est-ce que je lirai les suivants de la série ? Je ne sais pas. Je ne suis pas forcément emballée à cette idée, vu toutes les séries que je dois lire. Bref, pour tout expliquer, ce roman mérite vraiment le détour. Il est vraiment addictif. Les chapitres sont courts et aucun temps mort n’est à déplorer. Tout se déroule dans une situation d’urgence car il faut trouver cette femme qui enlève deux personnes à la fois et qui laisse le choix à un des deux de vivre. Mais à quel prix ? Le prix de la culpabilité de celui qui reste, de celui qui a donné la mort pour vivre, plutôt survivre car on ne sort pas indemne d’un tel enfermement et d’une telle prise de décision. Car on reste un assassin. Le but d’Helen Grace et de son équipe est de trouver le lien commun entre tous ces enlèvements, car il y en aura plusieurs.

Am Stram Gram de M.J Arlidge

date de sortie : 3 mars 2016

Editeur : 10-18

Isbn : 978-2-264-06369-4

Nombre de pages : 407

Miséricorde de Jussi Adler Olsen

Miséricorde Jussi Adler Olsen

Miséricorde Jussi Adler Olsen

Résumé de Miséricorde de Jussi Adler Olsen

Une femme est enfermée. Même si elle a envie de pleurer, elle n’a pas renoncé.

Carl Mock est séparé de sa femme. Après avoir été blessé, il reprend son poste au sein de la police. Un de ses coéquipiers est mort, l’autre est à l’hôpital. Carl refuse de voir un psychologue.

En 2002, Merete Lynggard, véritable étoile montante de la politique, disparaît pendant un voyage avec son frère. L’enquête n’a jamais permis de connaître la vérité.

Avis sur Miséricorde de Jussi Adler Olsen

L’auteur manie à merveille les éléments du passé et l’enquête présente pour que l’un et l’autre se regroupent vers la fin. Mais je n’arrive pas à me défaire d’un sentiment de déjà vu chez un autre auteur. Cela m’empêche que ce roman soit un véritable coup de coeur. J’ai découvert le département V sur une autre enquête. Bien entendu, j’ai tout voulu prendre dès le début pour connaître l’évolution des personnages. Donc, ceci est la première enquête de Carl Morck.

L’auteur s’attache à nous présenter tous ses personnages, tous ceux qui gravitent autour de Carl. Il ne sera pas seul dans ce département puisqu’il est rejoint par Hassad, un homme très énigmatique. Carl voulait quelqu’un pour faire le ménage dans son sous-sol, pour ranger les papiers. Il se retrouvera avec un homme qui ne veut rien dire sur son passé et qui, sans trop y toucher, aidera énormément Carl. Il laissera toutefois des zones d’ombre puisqu’il ne veut pas que Carl apprenne tout. Au contraire de son chef, il arrive à avoir de bonnes relations avec les autres membres de la police.

Carl se voit assigner à ce département pour résoudre d’anciennes affaires. Véritable électron libre, il est mal vu de ses collègues avec lesquels les relations ne sont pas cordiales. Mais c’est un bon flic et la police ne veut pas se défaire d’un tel élément. Séparé de sa femme, il vit avec le fils de celle-ci et un locataire. Il se sent responsable de la mort d’un de ses collègues et de celui qui est blessé. Mais il ne trompe que lui. Car Carl a honte de ne rien avoir fait. Avec cette enquête choisie, l’auteur s’attachera à nous démontrer qu’il est très fort, qu’il est capable de reprendre des éléments et de mettre à jour des faits nouveaux. Ancienne affaire, certes, mais qui semble avoir été bâclée au départ.

Dès le départ, le lecteur se demande qui est cette femme qui est enfermée dans ce sous-sol, dans cette cage. Le lien a été très vite trouvé, pour ma part. J’ai toutefois gardé une part de scepticisme car je me demandais comment il était possible de survivre de cette façon. En tous les cas, l’auteur a une imagination débordante pour nous décrire cette situation qui s’envenime au fur et à mesure. L’être humain semble avoir de véritables ressources pour survivre malgré le traumatisme, malgré le fait d’être épiée, malgré le manque de lumière ou la lumière aveuglante, malgré les bruits incessants.

Tout tourne autour de l’histoire d’un accident qui s’est passé il y a des années de ça et où deux familles sont mortes. Des survivants en ont réchappé, mais dans quel état !

Jussi Adler Olsen manie les faits du passé, du présent. Il nous donne aussi quelques informations sur la politique danoise. Personnellement, je me suis laissé happer par l’histoire, je n’ai rien vu venir. La fin mérite que le lecteur s’interroge et surtout qu’il donne lui-même cette fin. Sombre, l’histoire se terminera mal. Optimiste, ce sera le contraire.

Edit du 20 mai 2020

Presque 4 ans après, qu’est-ce qui a changé ? Je ne me souvenais pas l’avoir lu, quand j’ai fait mon choix de lire toutes les enquêtes du Département V. Mais les premières pages et l’histoire de Merete et de son frère me disaient quelque chose. Sauf Carl et Hassad. Ensuite, il y a le moment de lecture. Je ne me rappelle à quel moment ma première lecture de ce roman a eu lieu, dans quel état d’esprit j’étais. Fini pour moi le sentiment d’avoir lu la même chose chez un autre auteur, peut-être cette construction d’éléments du passé et du présent, que l’on retrouve bien souvent.

Après avoir lu le dernier de l’auteur, je me plonge avec délice dans son écriture et surtout ces personnages, Carl et Hassad. Connaissant maintenant le passé d’Hassad, je le regarde différemment maintenant. Mon avis, par rapport à ce qui est décrit plus haut, ne change pas.

Comme écrit plus haut, je me suis laissée happer par ce roman, par ce qui semble être la mise au placard de Carl, ses relations avec les uns et les autres, que ce soit des collègues de travail, des amis, de la famille, mais aussi par Hassad qui doit composer avec un collègue peu aimé.

Reprendre une enquête n’est pas facile surtout cinq ans après n’est pas facile. Une disparition qui n’a jamais été élucidée. Mais Merete est-elle morte ou vivante ? Carl se rend compte que certains faits ont été bâclés. Il doit reprendre tout à zéro, remonter loin. Quand des faits semblent tenir la route, d’autres viennent se greffer et c’est une sacrée remontée dans le temps.

Quand la vengeance détruit des êtres humains et qu’elle est le leitmotiv pour tenter de continuer à vivre. Quand la haine est également un leitmotiv pour essayer de s’en sortir.

En relisant un roman, on se rend compte que certaines situations sont relues avec plus d’attention et cela a été le cas pour moi avec Merete et la façon dont elle était détenue.

Toujours le même avis pour le coup de coeur.

Miséricorde de Jussi Adler Olsen

date de sortie : 5 octobre 2011 – 9 janvier 2013

Editeur : Albin Michel – Le Livre de Poche

Isbn : 978-2-226-22993-9 – 978-2-253-17361-8

Nombre de pages : 489 – 526

L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

L'Empire du Graal de Giacometti & Ravenne - Editions JC Lattès

L’Empire du Graal de Giacometti & Ravenne – Editions JC Lattès

L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne, présentation

Forêt de Brocéliande, Antoine Marcas est en train de mourir.

Une semaine plus tôt, au Vatican, les six grands plus cardinaux sont réunis à la demande du pape. Une présentation est fait aux cinq autres par Theobald. Il leur montre que le nombre de fidèles décroit de seconde en seconde et ce grâce à des algorithmes spécialement conçus pour le Vatican. Comment faire face à cette chute ? En donnant du merveilleux, du miracle aux croyants.

Mary est étudiante. Elle assiste au meurtre de son professeur.

Avis L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

Pour Antoine Marcas, il suffit d’une vente et de l’arrestation d’une personne pour qu’il rencontre un écrivain qui a acheté un sarcophage avec un vampire à l’intérieur. Très vite, Stanton se révèle un frère et demande à Antoine de l’aider dans sa quête du Graal. Ce dernier oscille. Il a assez consacré de temps à rechercher des trésors. Mais à force de persuasion et bien entendu, tout ce qui relève de l’inconnu plaît toujours autant à Antoine Marcas.

De l’autre côté, le Vatican, avec son pape, a commandé une étude basée sur des analyses très poussées. Le nombre de fidèles baisse de seconde en seconde, au profit d’autres religions, notamment l’Islam. Les plus grands cardinaux se réunissent et que faut-il faire pour que les fidèles reviennent ? Leur donner du rêve, du merveilleux, un miracle. Et donc, trouver le Graal.

Marcas et Stanton vs le Vatican. Qui va trouver le Graal en premier ? Et est-ce vraiment le Graal qui est trouvé ?

Le lecteur se balade, apprend avec les uns et les autres sur les différents monuments visités, les différentes légendes, les différents écrits. De ce côté-là, comme à chaque fois, les auteurs nous offrent un roman très riche. Pour Antoine, comme toujours, c’est une véritable course contre la montre. Est-ce que les relations avec son fils, maintenant étudiant, vont s’apaiser ? J’aime toujours autant ce héros qui n’est toujours pas apaisé. Tout à fait normal avec ce qu’il a vécu. Il connaît ses faiblesses, mais ne sait pas toujours comment réagir, surtout face à ceux qu’il aime.

Je suis catholique car baptisée. Mais je ne suis pas du tout croyante et me considère comme athée. Cela fait de nombreuses années que je considère l’Eglise catholique comme une secte où pouvoir et argent sont plus importants qu’autre chose. Et de plus, certaines prises de position me hérissent franchement le poil. Dans ce roman, les auteurs nous en donnent une belle tranche où la foi, en elle-même, ne vaut pratiquement plus grand chose. C’est seulement mon avis et ce qui est décrit, même romancé, valide de plus en plus cette opinion.

Big Brother, encore et toujours et maintenant Big Data. Nous sommes pistés, harcelés via nos écrans quels qu’ils soient. On nous propose tout et n’importe quoi car les algorithmes sauraient mieux que quiconque ce qui convient à chacun. Je surfe énormément, mon smartphone est tracé, google sait tout de moi et c’est amplement suffisant. C’est ce que j’ai choisi. Mais lorsque je surfe, j’ai des oeillères, je sais que tous les bandeaux publicitaires concernent mes recherches précédentes, mais ce n’est pas pour autant que je clique dessus pour acheter. Ces bandeaux sont là et point barre et je rétrécis mon champ de vision pour me consacrer à ce que je suis en train de faire.

Allez plus qu’une enquête d’Antoine Marcas à lire, avant que les auteurs reprennent le cycle, en espérant qu’ils le reprennent. J’aurai donc fini la boucle en plusieurs années depuis la découverte du Règne des Illuminati. Dans L’Empire du Graal, quand tu as l’impression que l’histoire est finie et que tu vois qu’il te reste 100 pages à lire, tu te demandes ce qui peut encore se passer. C’est sans compter l’imagination d’Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Car c’est une autre histoire qu’ils racontent, une sorte de conte qui devrait éclairer Antoine Marcas quant à ce qu’il a vécu. J’ai été bien surprise sur ce point. Pour tout dire, L’Empire du Graal n’est pas mon préféré. Au cours des autres tomes, j’ai été bien habituée, trop peut-être, à des histoires parallèles, entre passé et présent. Cela m’a tout de même manqué ici. Même s’il existe une bonne partie historique quant à ce fameux Graal, objet de toutes les convoitises et une recherche d’Antoine et Stanton avec Perceval, les Chevaliers de la Table Ronde et le Roi Arthur, des contes, des légendes, bien réelles ou tout simplement imaginaires.

Même s’il ne veut plus résoudre d’énigmes historiques, le challenge plaît toujours à Antoine Marcas car cela lui permet de s’interroger, de mettre à l’oeuvre ses nombreuses connaissances, même si là, il en apprend beaucoup de la part de cet écrivain. En plus, il ne peut pas abandonner car ce qu’il a de plus cher au monde peut être assassiné. Personnellement, je me suis toujours interrogée sur un des personnages du roman. Et pour une fois, je ne me suis pas trompée.

Comme d’habitude, je ne sais pas qui a écrit quoi. Dois-je conserver ce mystère ? J’aimerais bien le savoir quand même. Oserais-je interroger les auteurs lorsque je l’enverrai lors d’une séance de dédicaces ?

Un conseil, il vaut mieux conserver son âme d’enfant et croire dans le merveilleux.

L’Empire du Graal de Giacometti et Ravenne

Date de sortie : 18 mai 2016

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 587

ISBN : 978-2-7096-5606-1

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker - Editions de Fallois

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker – Editions de Fallois

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker, présentation

Jesse fête son départ avec ses collègues policiers. Il lui reste une semaine à faire. Cela faisait 20 ans qu’il travaillait avec eux. Quel est son projet ?

Stephanie Mailer vient voir Jesse. Elle lui annonce qu’il n’a pas trouvé le bon coupable dans une enquête d’il y a 20 ans. Mais elle ne veut pas en dire plus. Jesse décide de partir à Orphea sur les traces de ce quadruple meurtre. Mais Stephanie a disparu sans laisser de traces.

Avis La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

Stephanie Mailer a disparu après être allée s’entretenir avec Jesse, au moment où il fête son départ de la police. Elle l’informait d’un nouvel élément sur une enquête d’il y a 20 ans où il se trompait de coupable. Il restait 5 jours à Jesse avant de quitter la police. Après cette rencontre, il retourne à Orphea et reprend son enquête. Il contacte son ancien partenaire qui lui donne une fin de non-recevoir. Mais, comme il est un des meilleurs éléments de cette équipe, son chef lui donne carte blanche. A force d’interroger, il est intrigué par cet élément qu’il n ‘aurait pas vu. Après la disparition de Stephanie, celle-ci est retrouvée, morte, peu après. Quels éléments détenait-elle ? Pourquoi la police du coin n’a pas tenu compte de sa disparition ?

Le roman mêle des éléments du présent, par la narration de Jesse et notamment d’Anna, et des éléments du passé par la narration de Derek, le collègue de Derek. D’autres personnages vont se greffer car ils ont évolué pendant cette période de 20 ans. D’autres personnages vont également se greffer car leur histoire est tient une grande place en 2014. Que s’est-il passé il y a 20 ans, outre cette enquête, pour Jesse et Derek. Par toutes petites touches, l’auteur arrive à nous raconter ces éléments cruciaux où leur vie a basculé et on apprend pourquoi Derek s’est cantonné à un travail administratif et pourquoi Jesse traîne, derrière lui, cette souffrance. Mais, en tant que lectrice, je ne leur ai trouvé aucune dimension psychologique qui m’aurait fait aimer les personnages. Seule l’histoire de Dakota, qui ne tient pas un grand rôle dans le roman, a pu trouver grâce à mes yeux ou encore celle de ce grand critique qui n’est plus que l’ombre de lui-même et qui se rêve écrivain. Le roman foisonne donc de nombreux personnages, mais je ne me suis pas perdue car j’aurais lâché le livre avant la fin.

Vont-ils trouver la solution à ce quadruple meurtre de 1994  et à ceux de 2014 ? Le lien semble être le festival de théâtre. En 1994, c’était le premier et en 2014, après moules péripéties et défections, la pièce qui doit être présentée a attiré beaucoup de monde car elle doit faire toute la lumière sur les meurtres de 1994. 

Joël Dicker emmène son lecteur très loin et tente des recoupements, des liens entre des personnages qui ne semblent pas avoir de points communs. Pour noyer le poisson ? J’en ai bien l’impression. La seule chose qui m’a fait avancer est de connaître le coupable des meurtres de 1994 et de 2014. Quid du meurtrier d’Alice ? Jesse et Derek vont-ils faire la paix avec leur passé ? Tout comme Anna, à qui on a promis le poste de responsable de la police d’Orphea.

J’attendais avec grande impatience de lire un roman de Joël Dicker après le coup de coeur de La vérité sur l’affaire Harry Quebert. Mais dès le départ, j’ai eu l’impression de me plonger dans le même roman avec une histoire différente. C’est probablement dû à la construction qui oscille entre les éléments du présent et le meurtre d’il y a 20 ans. C’est clair que cela m’a gêné de bout en bout même si je me suis laissée également prendre l’histoire. En plus, j’ai eu l’impression que Joël Dicker avait réalisé moins d’efforts d’écriture, notamment lors des échanges entre les personnages. Cela me semblait téléphoné tout comme certaines situations. Long, très long, mais je voulais connaître la fin car Joël Dicker diffuse ses informations au compte goutte. J’ai trouvé que même la ville d’Orphea était un cliché de station balnéaire. La parution du dernier Joël Dicker a été repoussée à cause de la pandémie. Je l’ai commandé. J’espère que je ne vais pas être déçue.

La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

Date de sortie : 9 mai 2019

Editeur : Du Fallois

Nombre de pages : 638

ISBN : 9791032102237

Qaanaaq Meurtres au Groenland de Mo Malø

 

Qaanaaq Meurtres au Groenland de Mo Malø

Qaanaaq Meurtres au Groenland de Mo Malø

Qaanaaq Meurtres au Groenland de Mo Malø, Présentation

En janvier 1975, un jeune enfant se réveille en pleine nuit. Il sent le danger. Une attaque d’un animal décime son père, sa mère et sa soeur.

Quaanaaq revient au Groenland pour une série de meurtres à élucider. Il a 42 ans et fait de nombreuses photos.

Avis Qaanaaq Meurtres au Groenland de Mo Malø

Un auteur français qui nous offre un bon polar nordique, qui se passe essentiellement au Groenland, avec un capitaine de police qui vient du Danemark. J’aime beaucoup toutes ces ambiances qui viennent du froid. J’aime beaucoup les polars nordiques, mais je n’avais lu que ceux des auteurs de ces pays. Avec le nom de Mo Malø, on pourrait penser que l’auteur vient réellement d’un pays nordique. Sauf que ce n’est pas le cas, je m’en suis rendue compte en m’abonnant à sa page Facebook. Il nous offre de très beaux paysages du Groënland qu’il semble très bien connaître et qui annoncent son nouveau roman. Cela fait donc trois univers découverts pour moi de cet auteur aux différentes identités. Avec Mo Malø et Qaanaaq, un bon premier polar est signé. Le lecteur suit l’enquête de Qaanaaq et franchement, pour mon cas, sans réellement y toucher, l’auteur m’a réellement entraîné dans cette histoire. Je n’ai pas eu de sentiment d’urgence, il y a des rebondissements qui arrivent au fil de l’histoire et je me suis laissée happer.

Toute l‘histoire tourne autour de Qaanaaq qui arrive au Groenland pour aider les autorités en place à élucider trois meurtres. Il n’est pas franchement bien accueilli, surtout par la directrice. Mais au fil des pages, il va nouer un sacré lien avec Appu, même si bien souvent il se demande si Appu est réellement honnête. Qaanaaq a 42 ans. Il est père de jumeaux. Il a été adopté. Son père adoptif est mort et il n’a eu de très bons rapports avec lui. Il est très lié à sa mère adoptive Flora, ex flic au Danemark. D’ailleurs, ils échangent énormément quant aux enquêtes de Qaanaaq.

Les morts vont s’enchaîner et touchent tous des employés étrangers d’une société pétrolière. Tout laisse à penser qu’un ours a tué mais de quelle façon ? Les indices ne sont pas assez probants mais qui a pu commettre de tels meurtres ? Qaanaaq ne peut pas agir comme il l’entend. Il doit en référer à la directrice pour obtenir des perquisitions et autres. D’ailleurs, il se demande si tout lui a été dit. Mais bien sûr, on lui met des bâtons dans les roues. De plus, pour essentiellement le punir, il sera envoyé dans le nord où deux autres morts sont apparus. Et c’est là que le mystère, tout le mystère va se dévoiler.

Des paysages grandioses traversés. J’aurais aimé bien voir les photos de Qaanaaq. Etre photographe est un véritable passe-temps mais cela l’aide dans ses enquêtes. Paysages grandioses, certes, mais quand même hostiles car cela dépend où l’on va. Des relations tendues entre les Groenlandais et ceux qui viennent du Danemark. Entre l’indépendance voulue, un monde entre tradition et modernité avec les Inuit. On peut se rendre compte que ces hommes et ces femmes ont réellement souffert lorsqu’ils ont été délogés de l’endroit où ils vivaient. Un pays où il y a des contestataires, des manifestations. Qaanaaq c’est également de nombreuses données politiques, écologiques également car la fonte des glaces est bien là, un pétrole qui est foré et qui source de nombreuses convoitises.

Qaanaaq c’est également une vengeance familiale et en faisant la lumière sur son passé, en arrêtant les auteurs des meurtres, qu’est-ce que cela va bien pouvoir lui apporter ? Qaanaaq a tout oublié de ce passé. Le lecteur va-t-il réellement savoir ce qui s’est passé avec son père adoptif ? J’ai beaucoup aimé ce personnage tout comme celui d’Appu qui est ravi d’apprendre aux côtés de ce policier venu du Danemark. Une belle amitié est semble-t-il née avec beaucoup de respect l’un envers l’autre et de l’admiration de la part d’Appu.

Maintenant il faut lire le second Diskø et celui qui va prochainement sortir.

Qaanaaq Meurtres au Groenland de Mo Malø

Date de sortie : 14 mars 2019

Editeur : Points

Nombre de pages : 549

ISBN : 978-2-7578-7570

Echappée Fatale d’Henri Clérau

Echappée fatale Henri Clérau - Editions Publishroom

Echappée fatale Henri Clérau – Editions Publishroom

Echappée Fatale d’Henri Clérau, Présentation

Il fait nuit noire. Un homme assis dans le noir. Il regarde ses mains. Il sait que, maintenant, tout va changer. La poursuite va très vite continuer. Il rentre dans la maison et annonce à la jeune femme qu’ils doivent partir.

Maxence commence sa tournée par un client qu’il connaît depuis très longtemps. Un quotidien immuable, les mêmes journées, les mêmes arrêts. Il décide que tout doit changer et il ne s’arrêtera pas dans cette station-service comme à chaque fois.

Avis Echappée Fatale d’Henri Clérau

Maxence a la quarantaine, une vie assez bien rangée, aime son job – commercial en papier – mais sans plus. Maxence ne fait pas de vagues. Pourtant, cela fait pas mal d’années qu’il y pense mais il n’a jamais sauté le pas. Il lit pas mal de livres sur le développement personnel et trouve des phrases qui lui permettent de démarrer sa journée ou de pouvoir tenir lors d’un moment de stress.

Mais au cours d’une de ces journées sans surprises, il décide de briser ce quotidien bien établi et cela va durer très peu de temps car il décide de partir, pratiquement sur un coup de tête, sans sa femme, à qui il ment, et aussi en mentant à son patron. Et c’est là que tout bascule, qu’il rencontre une jeune femme Chloé qui se fait agresser sur une aire d’autoroute. Maxence se porte à son secours. Et ils vont fuir ? Mais quoi et qui ? A qui faire confiance ?

Chloé est surveillée depuis qu’elle est aux Etats-Unis, mais aussi son retour en France. Pourquoi est-elle surveillée ? Qu’est-ce qu’elle détient ? Même si au départ, elle en dit peu à Maxence, elle va être bien obligée de lui révéler la vérité. Car au cours de leur périple, la mort survient.

Maxence va prendre des décisions, décisions qu’il n’a pas l’habitude de prendre. Très vite, il sait que sa vie va changer, qu’il ne sera plus le même homme. Mais imagine-t-il réellement ce qui va arriver, quels sont les tenants, les aboutissants de tout ce que cela implique. Pour un homme qui ne s’est jamais rebellé, il y a vraiment du changement avec une belle prise de courage pour tenir tête à tout le monde. Maxence se révèle face à Chloé qui est une jeune femme qui n’avait pas franchement peur, sauf quand elle réalise ce qui se passe réellement.

Ce périple les emmène, via l’autoroute en direction de Bordeaux, dans la maison d’enfance de Maxence. Mais ils ne pourront pas y rester longtemps. Ensuite, ce sera Bordeaux et un prêtre basque que connaît Maxence. Ensuite, les Landes, avant qu’ils ne soient pris en charge pour aller en Espagne. Des parties explicatives sur les paysages traversés, les régions, les souvenirs que cela peut engendrer chez Maxence.

Les réseaux, clandestins, basques existent-ils toujours ?

Le lecteur pourra faire le parallèle avec une autre histoire qui a secoué les Etats-Unis il y a quelque temps.

Quelle sera la décision finale de Maxence ?

Une véritable chasse à l’homme, bien construite, je dois l’avouer. Je n’ai pas de coup de cœur pour ce roman mais ma lecture a été assez plaisante. Alors, encore une fois, je regrette les fautes trouvées dans ce roman, sur des mots tout simplement basiques. J’ose croire que les relectures n’ont pas été assez suffisantes avant la publication de ce livre en auto-édition. Auteurs, faites attention. Un roman qui peut plaire peut vraiment être gâché par un lecteur qui ne se moque pas des fautes d’orthographe. N’y aurait-il pas également une incohérence, à un moment donné. La destination de Chloé est l’Espagne, via le Pays Basque, mais à un moment donné, une référence est faite à la Catalogne qui est tombée comme un cheveu sur la soupe.

Je remercie les Editions Publishroom Factory d’avoir accédé à ma demande.

Echappée Fatale d’Henri Clérau

Date de sortie : 20 septembre 2019

Editeur : Publishroom Factory

Nombre de pages : 232

ISBN : 979-10-236-1284-4

A cache-cache de M.J. Arlidge

A cache-cache de M.J. Arlidge - Editions Les Escales

A cache-cache de M.J. Arlidge – Editions Les Escales

A cache-cache de M.J. Arlidge, Présentation

Leah est à Holloway. Elle se sait en danger. Cela fait 4 ans qu’elle est en prison. Elle tient pour ses jumeaux dont elle a été séparée alors qu’ils étaient bébé. Malgré sa condamnation à perpétuité, elle espère sortir un jour.

Helen Grace est en prison. Elle attend son procès. L’enquête a démontré qu’elle est coupable. Elle sait que son neveu est derrière tous ses meurtres. Mais comment prouver son innocence ?

Un meurtre survient en prison.

Avis A cache-cache de M.J. Arlidge

Avant d’écrire ma critique pour ce roman, j’ai lu l’ancienne, Oxygène. Et je ne m’étais pas trompée. C’est bien la suite et l’un et l’autre doivent se lire dans l’ordre. Si Oxygène m’avait réellement laissé sur ma faim, ce n’est pas le cas pour A cache-cache. Les chapitres très courts font tourner les pages au lecteur, et ce avidement. Cela a été mon cas. Je ne suis absolument pas déçue de ma lecture. La tension est palpable dès le départ.

On retrouve les personnages de l’opus précédent. Helen Grace en héroïne déchue car elle est en prison en attente de son procès pour meurtre. L’enquête bouclée la désigne comme coupable des trois meurtres. Mais c’est sans compter sur Charlie, sa fidèle amie et collègue, qui n’hésite pas à enquêter malgré ses chefs. Et cela va payer. Sanderson, autre amie d’Helen, qui a fait tomber Helen par son enquête et qui a pris sa place, va se ranger aux côtés de Charlie car les éléments amenés vont lui faire rouvrir l’enquête. Et tant pis pour sa place, son avancement. La vérité doit surgir. Et là, on se rend compte que malgré ses nombreux succès, il y a une histoire de vengeance personnelle. Helen, par son comportement, ses refus, s’est mis à dos une personne indispensable dans la hiérarchie. Ces femmes sont tenaces, elles osent prendre des risques, aussi bien personnels que professionnels, et ce pour leur amie, mais aussi pour faire éclater la vérité. Comment vont-elles en sortir toutes les trois ? Les liens vont-ils se renouer malgré son passé, ses cachotteries ?

L’univers carcéral en Grande-Bretagne avec cette prison pour femmes. Helen Grace aura fort à faire puisqu’elle est en détention provisoire avant son procès. Surtout que dans cette prison, elle retrouve des détenues qu’elle a fait enfermer. Alors, de nombreuses femmes veulent sa peau. Et en prison, la violence est vraiment partout. Même dans une prison, la porte fermée, on doit se méfier de tout et tous. Surtout qu’un premier meurtre survient. Et un meurtre horrible. Il en faut peu pour que la peur s’installe jusqu’à ce que cela soit l’émeute. Ces décès touchent Helen car ces femmes mortes sont les seules à lui avoir tendu la main. Très vite, elle retrouve ses réflexes, jamais perdus. Et comme tout s’achète en prison, elle va pouvoir avoir accès à des documents. Ensuite, elle apprendra certaines astuces carcérales qui vont lui permettre de continuer son enquête. Pratiquement sans lien avec l’extérieur, elle ne sait pas ce qui se passe en sa faveur. Heureusement. Aurait-elle continué son enquête au sein de la prison ?

Le style est percutant, les mots ne sont pas vides de sens. On découvre l’univers carcéral féminin. Que ce soit en Grande-Bretagne ou en France, les conditions sont les mêmes. Manque d’effectifs, employés mal payés, directeur souvent dépassés. La répression est toujours mise en place car la peur existe des deux côtés. Dans ces prisons, on peut côtoyer de tout et selon le meurtre commis, le détenu subit une double peine, surtout lorsqu’il a tué un enfant. Trafics en tout genre, gangs, l’univers carcéral est bien décrit en ces quelques pages. Tout comme la douleur des familles, des enfants, qui perdent un de leurs membres. Il y a aussi ces espoirs de libération continuellement déçus par des refus motivés.

Les chapitres sont très courts et alternent très vite. Et surtout on n’oublie pas l’ennemie jurée d’Helen, Emilia, qui a su surfer sur la vague du succès de l’arrestation d’Helen. La journaliste dans toute sa splendeur qui n’émet aucune accusation mais dont le venin est distillé profondément afin que le lecteur se fasse l’opinion désirée par Emilia. Est-ce que le vent va tourner pour elle aussi ?

Il m’a toujours été conseillé de lire le premier de la série, Am Stram Gram, je l’ai dans ma PAL, ce sera chose faite, mais pas tout de suite.

Je remercie les Editions Les Escales pour m’avoir permis de lire A cache-cache.

A cache-cache de M.J. Arlidge

Date de sortie : 13 février 2020

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 380

ISBN : 978-2-36569-505-3

Freeman de Roy Braverman

Freeman de Roy Braverman - Editions Hugo Thriller

Freeman de Roy Braverman – Editions Hugo Thriller

Freeman de Roy Braverman, présentation

Un homme, bien caché, tente d’entrer dans une maison inhabitée. Il lutte contre le vent et le début de cet ouragan. Il neutralise les hommes qui gardent cette maison. Ayant la combinaison du coffre fort, il dérobe ce dont il a besoin.

Ouragan, Freeman se prépare à l’affronter. Il est dehors et il sait que, normalement, sa maison tiendra le coup grâce à la construction effectuée par son père. Mais Freeman s’inquiète. Sa fille Louise ne répond pas à ses appels téléphoniques.

Il habite à côté de la maison d’un homme dont on sait qu’il trempe dans de nombreuses malversations. Il voit un homme qu’il ne peut identifier entrer dans cette maison.

Après cet ouragan encore une fois destructeur, des forces vont se mettre en place, des relations, des rencontres.

Avis Freeman de Roy Braverman

On retrouve une nouvelle fois Freeman et l’Arménien. L’un et l’autre vont se rencontrer car l’Arménien a une sacoche à remettre à Freeman. Que contient-elle ? Cette sacoche va changer la vie de Freeman de plusieurs façons. Après ce qui s’est passé, il tente de se reconstruire et notamment sa fille, Louise. Leurs relations sont assez difficiles. Car après une captivité de 14 ans, Louise tente de revivre. Et ses actes ne sont pas trop du goût de son père. Il tente, encore une fois, de la protéger.

Zacharie et Doug sont flics. Un couple improbable qui n’a aucune relation en dehors du boulot. Mais le duo fonctionne pour les enquêtes. Ils doivent faire face à la mort horrible d’un jeune garçon et enquêter. Ils étaient prêts à arrêter un gros bonnet mafieux en commun avec le FBI. Zacharie et Doug ne se confient pas l’un à l’autre. Ils ne connaissent rien de leur vie privée. Pour le premier, sa femme dont il est profondément amoureux, va mourir. Quant à Doug, il cherche, toutes les nuits, son petit frère disparu il y a un an.

Tous les personnages de ce roman vont, à un moment ou un autre, se rencontrer, unir leurs forces car de grosses sommes d’argent ont disparu. Et cet argent est réellement convoité. Entre ceux qui pensent que de l’argent a été volé, des enquêtes policières pour le retrouver ou pour tenter de savoir qui, dans la police ou le FBI, est responsable, Roy Braverman n’y va pas avec le dos de la cuillère. Tout est bon pour rendre ces quêtes dures, difficiles, avec la peur pour certains en toile de fond. Certains n’hésitent pas à commettre des actes affreux.

Les descriptions, qu’elles soient humaines, qu’elles concernent la nature, la vie, une ville et encore des actes, sont tout simplement réalistes. J’ai eu l’impression d’avoir un film qui se déroulait devant mes yeux, dans ma tête. Tout est intrinsèquement lié. L’un va avec l’autre. L’auteur nous décrit très bien le déroulement d’un ouragan, sa mise en place, la brève accalmie avant la destruction.

La Louisiane semble belle mais elle a beaucoup changé par des jeux politiques, mafieux. Elle garde quand même ses mystères et heureusement. Et elle garde aussi ces moments de fête où tout le monde se retrouve et partage un moment, notamment pour des funérailles. Un moment triste, certes, mais partagé en musique, en processions, un hommage à la personne morte qui permet de se rassembler, de faire la fête, ensemble avant que les principaux concernés se retirent entre eux.

Est-ce une nouvelle fois la fin d’une trilogie ? Ian Manook / Roy Braverman en offre de nombreuses à ses lecteurs. En tous les cas, je pense qu’avec au moins deux de ses personnages, comme Doug et Mardiros, il peut aller plus loin et nous offrir une autre trilogie. Mais il semble que lorsque c’est fini, c’est réellement fini avec l’auteur. Autre partie des Etats-Unis pour Roy Braverman. Ici, la Louisiane, la Nouvelle-Orléans et d’autres villes et surtout son bayou et une chronique au vitriol des Etats-Unis, de la corruption bien installée qui touche toutes les instances haut placées. Une chronique au vitriol de cette violence des Blancs contre les Noirs et ce n’est pas péjoratif d’écrire ces deux mots.

Je n’ai peut-être pas apprécié ce roman à sa juste valeur même si ma note est très haute. Pas apprécié à sa juste valeur, donc pas un coup de coeur. Pourquoi ? Ce n’est absolument pas la faute de Roy Braverman. Loin de là. C’est tout simplement dû à mes moments de lecture qui interviennent dans un très grand moment de fatigue. Cela dure depuis de nombreuses semaines. Mais je le répète. La magie opère encore et toujours avec cette noirceur toujours présente, mais également quelques moments qui font sourire grâce à Mardiros qui est là sans qu’on s’y attende. Il se pose comme un cheveu sur la soupe et tout le monde est subjugué par le personnage. Personne ne peut résister à Mardiros et personne ne peut résister à Roy / Ian.

Freeman de Roy Braverman

Date de sortie : 6 février 2020

Editeur : Hugo Thriller

Nombre de pages : 521

ISBN : 978-2755644-78-4

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Victime 2117 de Jussi Adler-Olsen - Editions Albin Michel

Victime 2117 de Jussi Adler-Olsen – Editions Albin Michel

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen, présentation

Joan songe à se suicider. Il n’a pas réussi sa vie. Il n’est plus rien et n’a plus rien. Il pensait être un très bon journaliste mais il n’arrive pas à vendre ses papiers.

Il va boire un café et sort car n’arrive pas à payer. Sur cette plage, une journaliste et son caméraman. Des chiffres s’affichent et augmentent. Ce sont ceux des victimes, des migrants qui s’échouent sur les plages. Joan pense qu’il a un scoop. Il va raconter l’histoire de cette femme morte. Mais sur place, la réalité dépasse la fiction. Cette femme a été assasinée.

Avis de Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Tout commence avec Joan, un journaliste espagnol, qui a un passé assez difficile et qui n’a jamais réussi à percer. Il pense au suicide. Mais sur une plage de Catalogne, il voit des chiffres et un reportage, celui des victimes, des réfugiés qui ont traversé la Méditerranée. Il vole de l’argent à son ancienne petite amie et se rend à Chypre, au bout de la plage où l’ont peut voir la victime 2117, une femme âgée qui ne semble pas aussi démunie que les autres. Mais sur cette plage, il y a également deux femmes et un homme qui attirent son attention.

Au Danemark, il y a ce jeune homme, Alexander, enfermé dans sa chambre. Il passe son temps à jouer. Il éprouve de la haine contre ses parents et le monde entier. Avec cette victime 2117, il décide d’atteindre ce score à son jeu et de sortir pour se venger de ces humains qui ne pensent qu’à eux. Mais entre temps, il appelle la police et notamment Gordon du Département V.

Ensuite, c’est Assad qui rend visite à Rose, sa collègue qui subi un très grand et grave traumatisme. Rose a beaucoup changé. Chez elle, Assad se retrouve au-dessus d’une photo d’un journal où apparaissent deux femmes. Et c’est la plongée dans le passé, un passé horrible.

Huitième enquête du Departement V. Je suis sûre en avoir lu une, peut-être deux et je m’étais dit, il faut que je me fasse toute la série. Ce dernier roman rejoint mon premier sentiment. Il est vrai qu’il peut se lire indépendamment des autres, mais pour moi, quand il y a une série, il faut que je connaisse tous les tenants et aboutissants. Car il s’est passé quelque chose de grave pour Rose et cela doit être le roman précédent. Donc, oui, je vais m’acheter tous les romans et me faire toutes les enquêtes au fur et à mesure.

Le compte à rebours commence pour les uns et les autres, jusqu’au jour final. D’ailleurs, l’auteur consacre des chapitres aux uns et aux autres, ces personnages qui vivent des situations à l’instant présent. Qui va prendre le pas l’un sur l’autre, entre Assad et son tortionnaire ? Car Assad a tout avoué à ses collègues. Il n’est pas l’homme qui que tout le monde pensait. Il a un passé de militaire et pire que ça. Assad a souffert et il souffre encore et toujours. Il sait qu’il peut mourir mais cette mort n’est rien pour lui. Il n’a pas assez souffert face aux sévices subis par celles qu’il aime le plus au monde.

Terrorisme, migrants, étude psychologique des personnages, de leurs douleurs, de leurs détresses, des sévices endurés, de la vengeance qui peut obnubiler une personne, ce roman est vraiment très riche. Toujours aussi bien construit avec ses phrases et situations percutantes. Malgré le passé d’Assad, révélé, le quatuor est toujours aussi soudé. Ils s’inquiètent les uns pour les autres. Leurs caractères sont différents mais ils se complètent tous humainement et professionnnellement. Et ils veulent sauver Assad, leur partenaire et ami.

Les expériences vécues par Joan qui cherche le scoop pour devenir le journaliste qu’il pense être ou encore Alexander, un jeune homme qui a subi une emprise psychologique de la part de son père, sont des éléments incontournables de ce roman. Pareil ici aussi, une brillante étude psychologique de la part de l’auteur d’un homme aux prises avec des terroristes ou d’un jeune homme qui a décidé de se venger parce qu’il a souffert, énormément souffert et qui veut surtout, dans son esprit, venger cette femme morte parce que personne ne s’occupe du sort des migrants.

Humain, profondément humain. De l’humanité tout le long du livre dont on sort grandi mais aussi bouleversé.

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Date de sortie : 2 janvier 2020

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 574

ISBN : 978-2-226-39633-4

Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Les cicatrices de la nuit d'Alexandre Galien - Editions Fayard

Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien – Editions Fayard

Présentation Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Il court, il court pour tenter d’empêcher un meurtre. Arrivera-t-il à temps ? Laissera-t-il vivre l’assassin ou le tuera-t-il ce qui fera que sa carrière sera entachée d’un meurtre ?

Philippe est policier. Il a la cinquantaine. Il travaillait toutes les nuits à Paris. Mais, à sa demande, il intègre un autre service où il aura une nouvelle équipe et faire ses preuves.

Avis Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Lorsque je suis allée au Festival du Livre de Marseille, début décembre, c’était pour rencontrer mes auteurs favoris. En lisant le programme, Alexandre Galien était annoncé. Ce qui m’a plu a surtout été, moi amatrice de policiers, est le fait que son roman a été primé Prix du Quai des Orfèvres 2020. Ce prix est un gage de qualité. Après avoir tourné et attendu, j’ai pu rencontrer Alexandre Galien avec qui j’ai discuté un peu. Il m’en a dit un peu plus sur lui et son roman. Dédicace faite, quelques semaines plus tard, je me plonge dans Les cicatrices de la nuit.

Ce roman est le policier classique français par excellence. Le 36 Quai des Orfèvres n’est plus, il a déménagé mais toujours au 36. Les vieux de la vieille côtoient les plus jeunes. Philippe a passé pratiquement toute sa carrière de policier à arpenter les rues de Paris, mais surtout la nuit. Il a changé d’affectation pour plaire à sa compagne Elodie qui souhaite le voir plus souvent et avoir un enfant. Philippe est donc un bleu lorsqu’il intègre cette nouvelle équipe. Malgré son grade, il sait qu’il a tout à apprendre, à réapprendre. Et pas question de guéguerre interne. Il sait manager ses hommes et femmes et les mettra en avant lorsqu’il le faudra. Mais qu’est-ce que Philippe a à cacher, comme tous ceux qu’il côtoie dans son équipe ?

Philippe est vite plongé dans l’horreur avec le cadavre de cette jeune fille atrocement mutilée. Et cette jeune fille, il la connaît, elle faisait partie de ses indics lorsqu’il s’occupait des nuits parisiennes. Un premier cadavre, puis deux. Il faut arrêter celui qui comment ces crimes avant qu’il ne devienne un serial killer.

Avec son équipe, il va avancer dans son enquête, se tromper, mais aussi collaborer avec d’autres services pour enfin arriver à connaître cet homme qui tue des femmes. Surtout que pour la future dernière victime, j’ai su pratiquement dès le départ qui elle serait.

Le métier de policier n’est pas facile, dans n’importe quel service. Philippe en est la preuve. Heures de nuit pour échapper à sa propre vie, fatigue continuelle pour traquer un meurtrier car le temps presse, même si les instances supérieures peuvent aider. Alexandre Galien nous décrit toutes ces nouvelles techniques qui permettent aux enquêteurs d’avancer mais c’est un véritable travail de fourmi pour tout recouper, comme les écoutes téléphoniques, les ordinateurs et autres, savoir où peut borner un téléphone. Mais l’humain est bien là, également, surtout lors d’un interrogatoire. Avec l’expérience mais aussi le relationnel, le policier sait à qui il a affaire. Et surtout, il apprend. Car que ce soit il y a 20, 30 ans ou maintenant, un suspect peut toujours prendre le dessus. Et est-ce qu’il va le prendre dans ce cas-là même après son arrestation, même après son procès ? Comment peut-on vivre après la mort d’un être cher, tué par les mains de quelqu’un qui semble exercer une vengeance, qui n’aura de cesse de revenir hanter jours et nuits ?

On en apprend beaucoup sur ce qui se passe lors de ces nuits parisiennes avec sa prostitution, surtout de jeunes filles qui veulent faire ça un temps pour payer leurs études ou les objets dernier cri. Mais sont-elles en danger face à ce beau monde qui recherche le plaisir, bien souvent cruel ? Réseau de prostitution qui vient également d’autres pays. Un monde également d’indics qui renseigne la police pour ne pas avoir à être arrêté. Des policiers qui peuvent avoir leurs entrées partout ou pas .et qui doivent faire en sorte que rien ne se passe de grave à Paris ou dans d’autres villes de province 

Une enquête bien menée, qui ne souffre d’aucun temps mort avec le jargon policier bien expliqué en notes de bas de page. Le suspense est mis dès le départ entre cette urgence et ce secret qu’il doit avouer à sa femme. Les chapitres et les phrases sont très courts, donc percutants et bien ficelés. Tous les personnages sont bien décrits et le lecteur a l’impression de les connaître. Alors bravo Alexandre Galien pour ce premier roman reconnu par vos anciens pairs. Il me tarde réellement le prochain comme vous me l’avez annoncé. Un bon petit coup de coeur pour moi.

Je remercie Alexandre Galien pour les mots échangés et la dédicace. Vivement le prochain.

Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Date de sortie : 6 novembre 2019

Editeur : Fayard

Nombre de pages : 357

ISBN : 978-2-213-71312-0