Echappée Fatale d’Henri Clérau

Echappée fatale Henri Clérau - Editions Publishroom

Echappée fatale Henri Clérau – Editions Publishroom

Echappée Fatale d’Henri Clérau, Présentation

Il fait nuit noire. Un homme assis dans le noir. Il regarde ses mains. Il sait que, maintenant, tout va changer. La poursuite va très vite continuer. Il rentre dans la maison et annonce à la jeune femme qu’ils doivent partir.

Maxence commence sa tournée par un client qu’il connaît depuis très longtemps. Un quotidien immuable, les mêmes journées, les mêmes arrêts. Il décide que tout doit changer et il ne s’arrêtera pas dans cette station-service comme à chaque fois.

Avis Echappée Fatale d’Henri Clérau

Maxence a la quarantaine, une vie assez bien rangée, aime son job – commercial en papier – mais sans plus. Maxence ne fait pas de vagues. Pourtant, cela fait pas mal d’années qu’il y pense mais il n’a jamais sauté le pas. Il lit pas mal de livres sur le développement personnel et trouve des phrases qui lui permettent de démarrer sa journée ou de pouvoir tenir lors d’un moment de stress.

Mais au cours d’une de ces journées sans surprises, il décide de briser ce quotidien bien établi et cela va durer très peu de temps car il décide de partir, pratiquement sur un coup de tête, sans sa femme, à qui il ment, et aussi en mentant à son patron. Et c’est là que tout bascule, qu’il rencontre une jeune femme Chloé qui se fait agresser sur une aire d’autoroute. Maxence se porte à son secours. Et ils vont fuir ? Mais quoi et qui ? A qui faire confiance ?

Chloé est surveillée depuis qu’elle est aux Etats-Unis, mais aussi son retour en France. Pourquoi est-elle surveillée ? Qu’est-ce qu’elle détient ? Même si au départ, elle en dit peu à Maxence, elle va être bien obligée de lui révéler la vérité. Car au cours de leur périple, la mort survient.

Maxence va prendre des décisions, décisions qu’il n’a pas l’habitude de prendre. Très vite, il sait que sa vie va changer, qu’il ne sera plus le même homme. Mais imagine-t-il réellement ce qui va arriver, quels sont les tenants, les aboutissants de tout ce que cela implique. Pour un homme qui ne s’est jamais rebellé, il y a vraiment du changement avec une belle prise de courage pour tenir tête à tout le monde. Maxence se révèle face à Chloé qui est une jeune femme qui n’avait pas franchement peur, sauf quand elle réalise ce qui se passe réellement.

Ce périple les emmène, via l’autoroute en direction de Bordeaux, dans la maison d’enfance de Maxence. Mais ils ne pourront pas y rester longtemps. Ensuite, ce sera Bordeaux et un prêtre basque que connaît Maxence. Ensuite, les Landes, avant qu’ils ne soient pris en charge pour aller en Espagne. Des parties explicatives sur les paysages traversés, les régions, les souvenirs que cela peut engendrer chez Maxence.

Les réseaux, clandestins, basques existent-ils toujours ?

Le lecteur pourra faire le parallèle avec une autre histoire qui a secoué les Etats-Unis il y a quelque temps.

Quelle sera la décision finale de Maxence ?

Une véritable chasse à l’homme, bien construite, je dois l’avouer. Je n’ai pas de coup de cœur pour ce roman mais ma lecture a été assez plaisante. Alors, encore une fois, je regrette les fautes trouvées dans ce roman, sur des mots tout simplement basiques. J’ose croire que les relectures n’ont pas été assez suffisantes avant la publication de ce livre en auto-édition. Auteurs, faites attention. Un roman qui peut plaire peut vraiment être gâché par un lecteur qui ne se moque pas des fautes d’orthographe. N’y aurait-il pas également une incohérence, à un moment donné. La destination de Chloé est l’Espagne, via le Pays Basque, mais à un moment donné, une référence est faite à la Catalogne qui est tombée comme un cheveu sur la soupe.

Je remercie les Editions Publishroom Factory d’avoir accédé à ma demande.

Echappée Fatale d’Henri Clérau

Date de sortie : 20 septembre 2019

Editeur : Publishroom Factory

Nombre de pages : 232

ISBN : 979-10-236-1284-4

A cache-cache de M.J. Arlidge

A cache-cache de M.J. Arlidge - Editions Les Escales

A cache-cache de M.J. Arlidge – Editions Les Escales

A cache-cache de M.J. Arlidge, Présentation

Leah est à Holloway. Elle se sait en danger. Cela fait 4 ans qu’elle est en prison. Elle tient pour ses jumeaux dont elle a été séparée alors qu’ils étaient bébé. Malgré sa condamnation à perpétuité, elle espère sortir un jour.

Helen Grace est en prison. Elle attend son procès. L’enquête a démontré qu’elle est coupable. Elle sait que son neveu est derrière tous ses meurtres. Mais comment prouver son innocence ?

Un meurtre survient en prison.

Avis A cache-cache de M.J. Arlidge

Avant d’écrire ma critique pour ce roman, j’ai lu l’ancienne, Oxygène. Et je ne m’étais pas trompée. C’est bien la suite et l’un et l’autre doivent se lire dans l’ordre. Si Oxygène m’avait réellement laissé sur ma faim, ce n’est pas le cas pour A cache-cache. Les chapitres très courts font tourner les pages au lecteur, et ce avidement. Cela a été mon cas. Je ne suis absolument pas déçue de ma lecture. La tension est palpable dès le départ.

On retrouve les personnages de l’opus précédent. Helen Grace en héroïne déchue car elle est en prison en attente de son procès pour meurtre. L’enquête bouclée la désigne comme coupable des trois meurtres. Mais c’est sans compter sur Charlie, sa fidèle amie et collègue, qui n’hésite pas à enquêter malgré ses chefs. Et cela va payer. Sanderson, autre amie d’Helen, qui a fait tomber Helen par son enquête et qui a pris sa place, va se ranger aux côtés de Charlie car les éléments amenés vont lui faire rouvrir l’enquête. Et tant pis pour sa place, son avancement. La vérité doit surgir. Et là, on se rend compte que malgré ses nombreux succès, il y a une histoire de vengeance personnelle. Helen, par son comportement, ses refus, s’est mis à dos une personne indispensable dans la hiérarchie. Ces femmes sont tenaces, elles osent prendre des risques, aussi bien personnels que professionnels, et ce pour leur amie, mais aussi pour faire éclater la vérité. Comment vont-elles en sortir toutes les trois ? Les liens vont-ils se renouer malgré son passé, ses cachotteries ?

L’univers carcéral en Grande-Bretagne avec cette prison pour femmes. Helen Grace aura fort à faire puisqu’elle est en détention provisoire avant son procès. Surtout que dans cette prison, elle retrouve des détenues qu’elle a fait enfermer. Alors, de nombreuses femmes veulent sa peau. Et en prison, la violence est vraiment partout. Même dans une prison, la porte fermée, on doit se méfier de tout et tous. Surtout qu’un premier meurtre survient. Et un meurtre horrible. Il en faut peu pour que la peur s’installe jusqu’à ce que cela soit l’émeute. Ces décès touchent Helen car ces femmes mortes sont les seules à lui avoir tendu la main. Très vite, elle retrouve ses réflexes, jamais perdus. Et comme tout s’achète en prison, elle va pouvoir avoir accès à des documents. Ensuite, elle apprendra certaines astuces carcérales qui vont lui permettre de continuer son enquête. Pratiquement sans lien avec l’extérieur, elle ne sait pas ce qui se passe en sa faveur. Heureusement. Aurait-elle continué son enquête au sein de la prison ?

Le style est percutant, les mots ne sont pas vides de sens. On découvre l’univers carcéral féminin. Que ce soit en Grande-Bretagne ou en France, les conditions sont les mêmes. Manque d’effectifs, employés mal payés, directeur souvent dépassés. La répression est toujours mise en place car la peur existe des deux côtés. Dans ces prisons, on peut côtoyer de tout et selon le meurtre commis, le détenu subit une double peine, surtout lorsqu’il a tué un enfant. Trafics en tout genre, gangs, l’univers carcéral est bien décrit en ces quelques pages. Tout comme la douleur des familles, des enfants, qui perdent un de leurs membres. Il y a aussi ces espoirs de libération continuellement déçus par des refus motivés.

Les chapitres sont très courts et alternent très vite. Et surtout on n’oublie pas l’ennemie jurée d’Helen, Emilia, qui a su surfer sur la vague du succès de l’arrestation d’Helen. La journaliste dans toute sa splendeur qui n’émet aucune accusation mais dont le venin est distillé profondément afin que le lecteur se fasse l’opinion désirée par Emilia. Est-ce que le vent va tourner pour elle aussi ?

Il m’a toujours été conseillé de lire le premier de la série, Am Stram Gram, je l’ai dans ma PAL, ce sera chose faite, mais pas tout de suite.

Je remercie les Editions Les Escales pour m’avoir permis de lire A cache-cache.

A cache-cache de M.J. Arlidge

Date de sortie : 13 février 2020

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 380

ISBN : 978-2-36569-505-3

Freeman de Roy Braverman

Freeman de Roy Braverman - Editions Hugo Thriller

Freeman de Roy Braverman – Editions Hugo Thriller

Freeman de Roy Braverman, présentation

Un homme, bien caché, tente d’entrer dans une maison inhabitée. Il lutte contre le vent et le début de cet ouragan. Il neutralise les hommes qui gardent cette maison. Ayant la combinaison du coffre fort, il dérobe ce dont il a besoin.

Ouragan, Freeman se prépare à l’affronter. Il est dehors et il sait que, normalement, sa maison tiendra le coup grâce à la construction effectuée par son père. Mais Freeman s’inquiète. Sa fille Louise ne répond pas à ses appels téléphoniques.

Il habite à côté de la maison d’un homme dont on sait qu’il trempe dans de nombreuses malversations. Il voit un homme qu’il ne peut identifier entrer dans cette maison.

Après cet ouragan encore une fois destructeur, des forces vont se mettre en place, des relations, des rencontres.

Avis Freeman de Roy Braverman

On retrouve une nouvelle fois Freeman et l’Arménien. L’un et l’autre vont se rencontrer car l’Arménien a une sacoche à remettre à Freeman. Que contient-elle ? Cette sacoche va changer la vie de Freeman de plusieurs façons. Après ce qui s’est passé, il tente de se reconstruire et notamment sa fille, Louise. Leurs relations sont assez difficiles. Car après une captivité de 14 ans, Louise tente de revivre. Et ses actes ne sont pas trop du goût de son père. Il tente, encore une fois, de la protéger.

Zacharie et Doug sont flics. Un couple improbable qui n’a aucune relation en dehors du boulot. Mais le duo fonctionne pour les enquêtes. Ils doivent faire face à la mort horrible d’un jeune garçon et enquêter. Ils étaient prêts à arrêter un gros bonnet mafieux en commun avec le FBI. Zacharie et Doug ne se confient pas l’un à l’autre. Ils ne connaissent rien de leur vie privée. Pour le premier, sa femme dont il est profondément amoureux, va mourir. Quant à Doug, il cherche, toutes les nuits, son petit frère disparu il y a un an.

Tous les personnages de ce roman vont, à un moment ou un autre, se rencontrer, unir leurs forces car de grosses sommes d’argent ont disparu. Et cet argent est réellement convoité. Entre ceux qui pensent que de l’argent a été volé, des enquêtes policières pour le retrouver ou pour tenter de savoir qui, dans la police ou le FBI, est responsable, Roy Braverman n’y va pas avec le dos de la cuillère. Tout est bon pour rendre ces quêtes dures, difficiles, avec la peur pour certains en toile de fond. Certains n’hésitent pas à commettre des actes affreux.

Les descriptions, qu’elles soient humaines, qu’elles concernent la nature, la vie, une ville et encore des actes, sont tout simplement réalistes. J’ai eu l’impression d’avoir un film qui se déroulait devant mes yeux, dans ma tête. Tout est intrinsèquement lié. L’un va avec l’autre. L’auteur nous décrit très bien le déroulement d’un ouragan, sa mise en place, la brève accalmie avant la destruction.

La Louisiane semble belle mais elle a beaucoup changé par des jeux politiques, mafieux. Elle garde quand même ses mystères et heureusement. Et elle garde aussi ces moments de fête où tout le monde se retrouve et partage un moment, notamment pour des funérailles. Un moment triste, certes, mais partagé en musique, en processions, un hommage à la personne morte qui permet de se rassembler, de faire la fête, ensemble avant que les principaux concernés se retirent entre eux.

Est-ce une nouvelle fois la fin d’une trilogie ? Ian Manook / Roy Braverman en offre de nombreuses à ses lecteurs. En tous les cas, je pense qu’avec au moins deux de ses personnages, comme Doug et Mardiros, il peut aller plus loin et nous offrir une autre trilogie. Mais il semble que lorsque c’est fini, c’est réellement fini avec l’auteur. Autre partie des Etats-Unis pour Roy Braverman. Ici, la Louisiane, la Nouvelle-Orléans et d’autres villes et surtout son bayou et une chronique au vitriol des Etats-Unis, de la corruption bien installée qui touche toutes les instances haut placées. Une chronique au vitriol de cette violence des Blancs contre les Noirs et ce n’est pas péjoratif d’écrire ces deux mots.

Je n’ai peut-être pas apprécié ce roman à sa juste valeur même si ma note est très haute. Pas apprécié à sa juste valeur, donc pas un coup de coeur. Pourquoi ? Ce n’est absolument pas la faute de Roy Braverman. Loin de là. C’est tout simplement dû à mes moments de lecture qui interviennent dans un très grand moment de fatigue. Cela dure depuis de nombreuses semaines. Mais je le répète. La magie opère encore et toujours avec cette noirceur toujours présente, mais également quelques moments qui font sourire grâce à Mardiros qui est là sans qu’on s’y attende. Il se pose comme un cheveu sur la soupe et tout le monde est subjugué par le personnage. Personne ne peut résister à Mardiros et personne ne peut résister à Roy / Ian.

Freeman de Roy Braverman

Date de sortie : 6 février 2020

Editeur : Hugo Thriller

Nombre de pages : 521

ISBN : 978-2755644-78-4

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Victime 2117 de Jussi Adler-Olsen - Editions Albin Michel

Victime 2117 de Jussi Adler-Olsen – Editions Albin Michel

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen, présentation

Joan songe à se suicider. Il n’a pas réussi sa vie. Il n’est plus rien et n’a plus rien. Il pensait être un très bon journaliste mais il n’arrive pas à vendre ses papiers.

Il va boire un café et sort car n’arrive pas à payer. Sur cette plage, une journaliste et son caméraman. Des chiffres s’affichent et augmentent. Ce sont ceux des victimes, des migrants qui s’échouent sur les plages. Joan pense qu’il a un scoop. Il va raconter l’histoire de cette femme morte. Mais sur place, la réalité dépasse la fiction. Cette femme a été assasinée.

Avis de Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Tout commence avec Joan, un journaliste espagnol, qui a un passé assez difficile et qui n’a jamais réussi à percer. Il pense au suicide. Mais sur une plage de Catalogne, il voit des chiffres et un reportage, celui des victimes, des réfugiés qui ont traversé la Méditerranée. Il vole de l’argent à son ancienne petite amie et se rend à Chypre, au bout de la plage où l’ont peut voir la victime 2117, une femme âgée qui ne semble pas aussi démunie que les autres. Mais sur cette plage, il y a également deux femmes et un homme qui attirent son attention.

Au Danemark, il y a ce jeune homme, Alexander, enfermé dans sa chambre. Il passe son temps à jouer. Il éprouve de la haine contre ses parents et le monde entier. Avec cette victime 2117, il décide d’atteindre ce score à son jeu et de sortir pour se venger de ces humains qui ne pensent qu’à eux. Mais entre temps, il appelle la police et notamment Gordon du Département V.

Ensuite, c’est Assad qui rend visite à Rose, sa collègue qui subi un très grand et grave traumatisme. Rose a beaucoup changé. Chez elle, Assad se retrouve au-dessus d’une photo d’un journal où apparaissent deux femmes. Et c’est la plongée dans le passé, un passé horrible.

Huitième enquête du Departement V. Je suis sûre en avoir lu une, peut-être deux et je m’étais dit, il faut que je me fasse toute la série. Ce dernier roman rejoint mon premier sentiment. Il est vrai qu’il peut se lire indépendamment des autres, mais pour moi, quand il y a une série, il faut que je connaisse tous les tenants et aboutissants. Car il s’est passé quelque chose de grave pour Rose et cela doit être le roman précédent. Donc, oui, je vais m’acheter tous les romans et me faire toutes les enquêtes au fur et à mesure.

Le compte à rebours commence pour les uns et les autres, jusqu’au jour final. D’ailleurs, l’auteur consacre des chapitres aux uns et aux autres, ces personnages qui vivent des situations à l’instant présent. Qui va prendre le pas l’un sur l’autre, entre Assad et son tortionnaire ? Car Assad a tout avoué à ses collègues. Il n’est pas l’homme qui que tout le monde pensait. Il a un passé de militaire et pire que ça. Assad a souffert et il souffre encore et toujours. Il sait qu’il peut mourir mais cette mort n’est rien pour lui. Il n’a pas assez souffert face aux sévices subis par celles qu’il aime le plus au monde.

Terrorisme, migrants, étude psychologique des personnages, de leurs douleurs, de leurs détresses, des sévices endurés, de la vengeance qui peut obnubiler une personne, ce roman est vraiment très riche. Toujours aussi bien construit avec ses phrases et situations percutantes. Malgré le passé d’Assad, révélé, le quatuor est toujours aussi soudé. Ils s’inquiètent les uns pour les autres. Leurs caractères sont différents mais ils se complètent tous humainement et professionnnellement. Et ils veulent sauver Assad, leur partenaire et ami.

Les expériences vécues par Joan qui cherche le scoop pour devenir le journaliste qu’il pense être ou encore Alexander, un jeune homme qui a subi une emprise psychologique de la part de son père, sont des éléments incontournables de ce roman. Pareil ici aussi, une brillante étude psychologique de la part de l’auteur d’un homme aux prises avec des terroristes ou d’un jeune homme qui a décidé de se venger parce qu’il a souffert, énormément souffert et qui veut surtout, dans son esprit, venger cette femme morte parce que personne ne s’occupe du sort des migrants.

Humain, profondément humain. De l’humanité tout le long du livre dont on sort grandi mais aussi bouleversé.

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Date de sortie : 2 janvier 2020

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 574

ISBN : 978-2-226-39633-4

Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Les cicatrices de la nuit d'Alexandre Galien - Editions Fayard

Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien – Editions Fayard

Présentation Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Il court, il court pour tenter d’empêcher un meurtre. Arrivera-t-il à temps ? Laissera-t-il vivre l’assassin ou le tuera-t-il ce qui fera que sa carrière sera entachée d’un meurtre ?

Philippe est policier. Il a la cinquantaine. Il travaillait toutes les nuits à Paris. Mais, à sa demande, il intègre un autre service où il aura une nouvelle équipe et faire ses preuves.

Avis Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Lorsque je suis allée au Festival du Livre de Marseille, début décembre, c’était pour rencontrer mes auteurs favoris. En lisant le programme, Alexandre Galien était annoncé. Ce qui m’a plu a surtout été, moi amatrice de policiers, est le fait que son roman a été primé Prix du Quai des Orfèvres 2020. Ce prix est un gage de qualité. Après avoir tourné et attendu, j’ai pu rencontrer Alexandre Galien avec qui j’ai discuté un peu. Il m’en a dit un peu plus sur lui et son roman. Dédicace faite, quelques semaines plus tard, je me plonge dans Les cicatrices de la nuit.

Ce roman est le policier classique français par excellence. Le 36 Quai des Orfèvres n’est plus, il a déménagé mais toujours au 36. Les vieux de la vieille côtoient les plus jeunes. Philippe a passé pratiquement toute sa carrière de policier à arpenter les rues de Paris, mais surtout la nuit. Il a changé d’affectation pour plaire à sa compagne Elodie qui souhaite le voir plus souvent et avoir un enfant. Philippe est donc un bleu lorsqu’il intègre cette nouvelle équipe. Malgré son grade, il sait qu’il a tout à apprendre, à réapprendre. Et pas question de guéguerre interne. Il sait manager ses hommes et femmes et les mettra en avant lorsqu’il le faudra. Mais qu’est-ce que Philippe a à cacher, comme tous ceux qu’il côtoie dans son équipe ?

Philippe est vite plongé dans l’horreur avec le cadavre de cette jeune fille atrocement mutilée. Et cette jeune fille, il la connaît, elle faisait partie de ses indics lorsqu’il s’occupait des nuits parisiennes. Un premier cadavre, puis deux. Il faut arrêter celui qui comment ces crimes avant qu’il ne devienne un serial killer.

Avec son équipe, il va avancer dans son enquête, se tromper, mais aussi collaborer avec d’autres services pour enfin arriver à connaître cet homme qui tue des femmes. Surtout que pour la future dernière victime, j’ai su pratiquement dès le départ qui elle serait.

Le métier de policier n’est pas facile, dans n’importe quel service. Philippe en est la preuve. Heures de nuit pour échapper à sa propre vie, fatigue continuelle pour traquer un meurtrier car le temps presse, même si les instances supérieures peuvent aider. Alexandre Galien nous décrit toutes ces nouvelles techniques qui permettent aux enquêteurs d’avancer mais c’est un véritable travail de fourmi pour tout recouper, comme les écoutes téléphoniques, les ordinateurs et autres, savoir où peut borner un téléphone. Mais l’humain est bien là, également, surtout lors d’un interrogatoire. Avec l’expérience mais aussi le relationnel, le policier sait à qui il a affaire. Et surtout, il apprend. Car que ce soit il y a 20, 30 ans ou maintenant, un suspect peut toujours prendre le dessus. Et est-ce qu’il va le prendre dans ce cas-là même après son arrestation, même après son procès ? Comment peut-on vivre après la mort d’un être cher, tué par les mains de quelqu’un qui semble exercer une vengeance, qui n’aura de cesse de revenir hanter jours et nuits ?

On en apprend beaucoup sur ce qui se passe lors de ces nuits parisiennes avec sa prostitution, surtout de jeunes filles qui veulent faire ça un temps pour payer leurs études ou les objets dernier cri. Mais sont-elles en danger face à ce beau monde qui recherche le plaisir, bien souvent cruel ? Réseau de prostitution qui vient également d’autres pays. Un monde également d’indics qui renseigne la police pour ne pas avoir à être arrêté. Des policiers qui peuvent avoir leurs entrées partout ou pas .et qui doivent faire en sorte que rien ne se passe de grave à Paris ou dans d’autres villes de province 

Une enquête bien menée, qui ne souffre d’aucun temps mort avec le jargon policier bien expliqué en notes de bas de page. Le suspense est mis dès le départ entre cette urgence et ce secret qu’il doit avouer à sa femme. Les chapitres et les phrases sont très courts, donc percutants et bien ficelés. Tous les personnages sont bien décrits et le lecteur a l’impression de les connaître. Alors bravo Alexandre Galien pour ce premier roman reconnu par vos anciens pairs. Il me tarde réellement le prochain comme vous me l’avez annoncé. Un bon petit coup de coeur pour moi.

Je remercie Alexandre Galien pour les mots échangés et la dédicace. Vivement le prochain.

Les cicatrices de la nuit d’Alexandre Galien

Date de sortie : 6 novembre 2019

Editeur : Fayard

Nombre de pages : 357

ISBN : 978-2-213-71312-0

Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

Le loup des cordeliers d'Henri Loevenbruck - XO Editions

Le loup des cordeliers d’Henri Loevenbruck – XO Editions

Présentation Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

Une jeune femme est agressée en rentrant chez son employeur. Mais elle est sauvée par un loup et un personnage fantôme.

Gabriel arrive à Paris. Il a 23 ans. Il fait partie de la petite bourgeoisie d’Evreux. Il a déjà écrit un livre. Il veut devenir journaliste et se rend chez son oncle, le frère de sa mère.

Avis Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

J’attendais avec grande impatience de me plonger dans le dernier Henri Loevenbruck. C’est chose faite mais j’ai eu du mal à entrer dans ce roman dû à une très grosse fatigue. Je n’arrivais à lire que quelques pages le soir. Mais dès le départ, j’ai été subjuguée, encore une fois, par le style de l’auteur dont l’écriture colle bien à l’époque de la Révolution. Un roman, dès le départ, qui explique très bien, ce qui se passe sur ces débuts de la fin du règne de Louis XVI, sans compter les notes de bas de pages qui donnent encore plus d’explications. Henri Loevenbruck a l’art de passer d’une époque actuelle, comme pour J’irai tuer pour vous, à de grandes fresques historiques, un régal comme L’Apothicaire, pour ne citer que ceux-là.

Qui sont ce loup et cette figure effrayante qui défendent les personnes dans le besoin, des personnes qui subissent des agressions ? Pourquoi exercent-ils une vengeance ? Lorsque j’ai découvert l’identité du Loup des Cordeliers, à la toute fin, cela a été comme une évidence, même si je n’avais aucune idée de son identité. Sauver, aider ceux qui sont dans le besoin, quoi de plus normal pour ce Loup des Cordeliers puisqu’il semble une quantité non négligeable et qu’on ne fait pas attention à lui, qu’il se fond dans le décor dans la vie de tous les jours.

Gabriel Joly a toujours voulu écrire. Il rêve de devenir journaliste. Il est en quête de vérité. Il arrive à Paris pour travailler dans le journal de son oncle et au grand dam de son père. Mais pour apprendre son métier, il est cantonné à la revue spectacle. Toutefois, au fil de ses rencontres, il va avoir affaire à des personnages importants, des personnes qui vont devenir ses amis. Et surtout il  a connaissance d’un horrible meurtre dont les principaux protagonistes sont un loup et une figure effrayante. Il n’aura de cesse que de découvrir la vérité. Car Gabriel oeuvre pour la vérité, pour que tout le monde sache. Il ne veut pas faire partie de ces journalistes à la solde d’un roi, d’un gouvernement… Il veut que les faits soient connus de tous. Mais il n’écrira que lorsqu’il sera sûr de lui. Il s’allie avec un policier pour cette enquête sur le loup mais aussi avec un pirate. Il a les yeux partout, il sait obtenir ce qu’il veut. Il est profondément érudit, il a beaucoup lu.

Même si Henri Loevenbruck donne une grande part à Gabriel, l’autre personnage principal est une femme et c’est Anne Josèphe Terwagne. Elle est une femme libre, libérée, qui semble avoir vécu pas mal d’aventures auparavant. Une femme qui semble avoir souffert et qui prend fait et cause pour la cause des femmes. Mais ici, juste aux prémices de la Révolution, elle sera de toutes les assemblées, elle suivra cette révolution de près. Et elle gêne beaucoup de monde. 

Au risque de blesser l’auteur, Henri Loevenbruck, je n’ai pas eu de réel coup de coeur pour ce roman, car je n’ai pas eu de réelle affinité avec les deux personnages principaux. Cela n’a pas été comme pour L’apothicaire ou encore J’irai tuer pour vous. Par contre, quel plaisir de lire toutes ces pages. J’ai visité Paris, en ce temps-là, j’ai assisté aux premiers temps de la Révolution, j’ai été au coeur du pouvoir et de ses intrigues. Car, Henri Loevenbruck sait raconter. Il a un talent indéniable pour se plonger dans cette époque et permettre à son lecteur de visualiser tout ce qui se passe. L’écriture respecte également le ton de l’époque. C’est ce que j’aime dans un roman, me faire mon film grâce aux écrits de l’auteur. Et si ce n’est pas un réel coup de coeur, Henri Loevenbruck nous fait partager de nombreuses situations humaines, politiques, sociétales. Situations que l’on peut, encore retrouver de nos jours. Car l’Histoire est un éternel recommencement, non ? Comme le journalisme, la cause des femmes et notamment des prostituées, les enfants victimes d’abus sexuels, notamment de l’Eglise, ces écarts entre les riches et les pauvres et ces derniers qui manifestent, se soulèvent. Un roman énormément riche en Histoire, en visites de Paris, à pratiquement tous les coins de rues.

Les personnages sont vivants, que ce soit par leurs actions, leurs paroles. Et qu’ils soient connus ou pas, j’avais l’impression de bien les connaître, de comprendre leurs états d’âme. Comme pour Louis XVI et Marie-Antoinette. Car les livres consacrés à la Révolution, comme les romans, ne les rendent pas aussi proches du lecteur.

Au fil des pages et à mesure que j’arrivais à la fin, je me disais cela ne va pas finir. Même si on arrive pratiquement au dénouement d’une histoire, l’auteur ne peut pas nous laisser comme ça. J’ai du flair car l’histoire est à suivre même si le lecteur connait l’identité du Loup des Cordeliers, identité, franchement que je n’ai pas vu venir. Je n’ai pas le flair, ni l’étude des détails de notre cher journaliste. Je devrais donc être obligée d’acheter et lire la suite. Et j’espère avoir l’occasion de rencontrer Henri Loevenbruck et de faire dédicacer un de ses romans en ma possession.

Le loup des Cordeliers d’Henri Loevenbruck

Date de sortie : 24 octobre 2019

Editeur : XO Editions

Nombre de pages : 554

ISBN : 978-2-84563-875-4

La coupure de Fiona Barton

 

La coupure de Fiona Barton - Editions Pocket

La coupure de Fiona Barton – Editions Pocket

Présentation de La coupure de Fiona Barton

Le 20 mars 2012, Emma est en train de lire un article qui relate la découverte d’un bébé, retrouvé mort. Malgré ses angoisses, son mari ne l’a jamais quittée. Son passé n’a jamais été révélé.

Kate est journaliste. Le sujet de ce bébé l’attire pour faire toute la lumière.

De son côté, Angela pleure la perte de sa fille, Alice.

Avis La coupure de Fiona Barton

Ce sont trois femmes qui ont entre 40 et 55 ans. Kate est journaliste. Un de ses articles a été couronné de succès mais cela remonte déjà à quelques années. Elle a quelques soucis familiaux, notamment avec un de ses fils. Angela n’arrive pas, depuis plus de quarante ans, à faire son deuil. Son bébé a disparu, à la maternité alors qu’elle prenait une douche. Emma travaille à domicile. Elle met en forme des biographies de personnalités en les réécrivant. Mais Emma est angoissée, elle cache un profond secret.

Lorsqu’un bébé est découvert, sur un terrain destiné à la construction, Kate veut se saisir du sujet. Elle mettra tout en oeuvre pour découvrir la vérité, même si elle doit se concentrer, plutôt, sur des articles qui font vendre. Ses contacts dans la police et son opiniâtreté font qu’elle va arriver à ses fins. Ce personnage aurait pu être vraiment sympathique. Mais je n’ai pas trouvé Kate aussi impliquée que cela dans la détresse des deux femmes qu’elle va côtoyer. L’auteur nous démontre le travail d’un journaliste, comment il appréhende les uns et les autres, comment il fait son travail. Alors, même si Kate semble prendre fait et cause pour les personnes qu’elle interviewe, même si elle entre dans leur douleur en compatissant et même si les dialogues le montrent, j’ai eu vraiment du mal avec elle. Je ne l’ai pas franchement trouvée très franche. Car son but est de faire connaître cette histoire, avant les autres médias.

Cette douleur d’Angela qui a perdu son enfant à la naissance ne m’a pas permis, non plus, de prendre fait et cause pour ce personnage. Je peux comprendre cette douleur immense, le fait de ne pas pouvoir avancer mais j’ai eu comme un rejet. On apprend au fur et à mesure de la lecture ce qu’elle a subi, ce que le couple et les enfants ont enduré. Mais tout cela sans que le lecteur puisse vraiment entrer dans le sujet.

Que cache Emma ? Cette question d’enfant découvert va la bouleverser encore plus. Elle cache un secret à tous. Mais mise en confiance, elle le dévoilera. Des relations conflictuelles avec sa mère qui marche sur des oeufs et qui ne l’écoute pas. Emma a vécu une adolescence très difficile et les dernières pages révèlent pourquoi. Pendant plus de vingt ans, elle va vivre, tenter de vivre avec ce sentiment d’être responsable de ce qui est arrivé, même si plus âgée, elle sait qu’elle n’est pas coupable, sauf peut-être pour ce bébé.

Quatre femmes sont mises en scène, chacune a son chapitre à tour de rôle, dont Jude, la mère d’Emma, qui a élevé sa fille comme si elle était une adulte et qui n’a pas su ou voulu voir et surtout se pencher sur son changement de comportement, à l’adolescence.

Encore un roman qui n’a pas été couronné de succès. Il m’a été prêté par une de mes collègues mais je sais que j’ai le grand format dans ma bibliothèque. Je n’ai pas du tout accroché. La trame est bien construite, le sujet est intéressant mais il manque une grande densité psychologique. Les dialogues ne sont pas assez bien construits et comme je l’écrivais, aucune de ces femmes n’a trouvé grâce à mes yeux.

La coupure de Fiona Barton

Date de sortie : 12 septembre 2019

Editeur : Pocket

Nombre de pages : 505

ISBN : 978-2-266-29938-1