Les Aventuriers de la République de Jacques Ravenne et Laurent Kupferman

Les Aventuriers de la République de Jacques Ravenne et Laurent Kupferman – Source Fayard

Je vais reprendre la quatrième de couverture, très explicite, pour le résumé de Les Aventuriers de la République de Jacques Ravenne et Laurent Kupferman :

De la chute de la monarchie absolue à la IIIe République, la France vit une riche épopée, jalonnée de personnages hors du commun qui ont façonné notre société et ses valeurs républicaines fondamentales. Parmi eux, des francs-maçons ont joué un rôle novateur souvent méconnu quoique décisif. Certains sont célèbres, d’autres injustement tombés dans les oubliettes de l’histoire : Voltaire, Choderlos de Laclos, Lafayette, Mirabeau, Marat, Guillotin, le peintre David, Fouché, Talleyrand, Gambetta, Léon Bourgeois, Maria Deraismes, Ledru-Rollin, Adolphe Crémieux, Victor Schoelcher, Raspail, Bartholdi, Jules Ferry, Émile Combes… Sans oublier les non-initiés, dits « maçons sans gants ni tablier », tel, étonnamment, l’ambivalent et sulfureux Sade.
Les auteurs proposent un passionnant et inédit voyage initiatique à travers les siècles, généreux en anecdotes rétablissant le vrai et le faux dans la mythologie colportée autour de la franc-maçonnerie, à la découverte de ces grandes voix pionnières qui, par leur engagement politique, artistique, maçonnique, ont été des bâtisseurs de l’humanisme et de l’universalisme à la française. Des aventuriers de la République.
Jacques Ravenne est coauteur de romans policiers à succès dans l’univers maçonnique et auteur d’une biographie de Sade. Spécialiste de critique génétique, il est lui-même franc-maçon.
Essayiste et chroniqueur littéraire, également franc-maçon, Laurent Kupferman est l’auteur de plusieurs ouvrages remarqués sur la franc-maçonnerie.
 

Plusieurs raisons m’ont fait acheter Les Aventuriers de la République. La Franc-Maçonnerie découverte il y a quelque temps déjà. La dimension historique avec des personnages connus plus ou moins, à mon niveau. Des explications sur la société française et son évolution. Il y a également Jacques Ravenne dont je suis les aventures d’Antoine Marcas. Désolée pour Laurent Kupferman que je connaissais pas jusqu’à ce jour. Je ne regrette pas mon achat. J’y ai trouvé tous les ingrédients souhaités. D’ailleurs Les Aventuriers de la République se lit comme un roman. Je déplore toutefois quelques répétitions mais ce n’est que mon humble avis de lectrice. Même si elles y sont, elles peuvent être obligatoires puisque de nombreux personnages sont liés. Je ne me suis pas ennuyée une minute. J’ai découvert des éléments historiques que je ne connaissais pas du tout. Je suis scotchée car en en discutant avec ma fille, désormais jeune adulte, elle en savait plus que moi. Comme quoi, elle est plus intelligente que moi ou tout ce qu’elle lit, voit à la télévision, reste dans un coin de son cerveau pour ressortir quand il le faut. Mais cette partie-là ne m’étonne pas.

Non, la Franc-Maçonnerie  n’est pas responsable de la Révolution. Les auteurs s’attachent à en nous expliquer les fondements, son évolution au XVIII et XIXèmes siècles, des faits rien que des faits grâce à de nombreuses recherches effectuées. C’est très intéressant de connaître tout ce qui a fait émerger la République et cela n’a pas été facile de changer les mentalités avec des personnes qui étaient en avance sur leur temps et qui ont été oubliées malgré ce pour quoi elles ont oeuvré. Les auteurs détaillent leur entrée en F-M, comment, pourquoi, les liens avec d’autres personnages. La F-M, c’est la mixité sociale, la liberté d’expression, des personnes libres et critiques, l’égalité et débattre tout en liberté. Nous avons une étude de la société, de la politique, des écrits, de l’économie, de la paix et de la guerre, les réformes entreprises, la place des femmes, la religion.

Découvrons ou redécouvrons le passé de :

Choderlos de Laclos, La Fayette, le Chevalier St Georges, Mirabeau, Marat, Guillotin, David, Fouché, Ledru Rollin, Crémieux, Victor Schoelcher, Raspail, Gambetta, Bartholdi, Bourgeois, Maria Deraismes, Ferry, Combes.

Les Aventuriers de la République de Jacques Ravenne et Laurent Kupferman

DATE DE SORTIE : 4 novembre 2015

EDITEUR : EDITIONS FAYARD

ISBN : 978-2-213-6802-8

NB DE PAGES : 292

Entre frères de sang d’Ernst Haffner

Entre frères de sang d’Ernst Haffner – Source Presses de la Cité

Présentation de l’éditeur :

Berlin, 1930. L’Allemagne est en pleine dépression économique et sociale. A la suite de la Première Guerre mondiale, des milliers de jeunes se sont retrouvés à la rue. Tous ont vécu la même injustice. Tous ont les mêmes ennemis : le froid, la faim, la police. La maladie souvent. Ensemble cependant ils sont plus forts. Ils sont frères de sang.

Je conseille ce livre pour tous ceux qui n’ont pas l’esprit obtus, qui ne vont pas juger ces juges, qui s’intéressent un tant soit peu à l’histoire allemande, avant la Seconde Guerre Mondiale, qui aiment les livres racontant des tranches de vie sans aucune fioritures. Ce n’est pas un véritable coup de coeur même si je n’ai pas été du tout déçue. On ne peut pas parler de coups de coeur lorsqu’on détaille la vie de personnes qui souffrent, même si c’est très bien écrit, que l’on avale les pages, que l’on ne peut pas laisser tomber l’histoire.

Cela se passe à Berlin, au début des années 30, certes, dans une ville qui compte 6millions d’habitants (qui meurent de faim), mais cela pourrait se passer ailleurs, à Paris notamment, là où il y a de nombreux orphelinats, où ces jeunes de l’Assistance Publique souffrent. Car en définitive, la vie n’est pas rose dans ces institutions. Oui, ils ont un toit, oui, ils ont un couvert (pas top non plus), mais ce qui leur manque le plus, c’est la liberté. Il sont brutalisés psychologiquement et physiquement. Ils doivent se conformer aux règles établies. Difficile dans la rue, c’est vrai, de s’y conformer, lorsque l’on n’a pas les papiers adéquats pour trouver un logement ou tout simplement pour travailler. Malheureusement, avant 21 ans, on appartient toujours à l’Etat. Ces jeunes ont choisi la liberté, la faim, dormir dehors, se retrouver dans des endroits chauds spécialement ouverts le jour. On pourrait penser que ce sont des animaux, ils n’ont pas de vie, ils sont toujours sur le qui-vive. Ils ne respectent pas les prostituées et les femmes en général. La prostitution est un énorme marché. Les prostituées sont très bien encadrées par leur souteneur. La violence est partout et visible.

Ce qui se dégage de ce livre est une belle histoire de fraternité entre ces jeunes qui appartiennent à une bande. Y entrer n’est pas simple. En effet, il faut être sûr qu’un mouchard n’ira pas parler à la police. Ils ont leurs codes. Ne pas être plus de trois. Un chef permettra aux autres de manger, d’avoir des cigarettes, d’avoir également un toit. Ils sont peu à s’interroger d’où vient cet argent qui arrive. Ils sont frères, frères de sang. Ils se soutiennent dans les bons, comme dans les mauvais moments. Ils ne se soulèvent pas contre l’autorité de ce chef, car ils savent que ce sera pire sans lui. On pourrait dire que c’est à la vie, à la mort. Ceux qui partent, les autres pensent qu’ils ont été arrêtés par la police. Berlin est tellement grande qu’ils doivent changer de quartier pour ne pas être retrouvés. Car qu’arrive-t-il à ceux qui ont décidé de partir, d’avoir une vie autre, d’avoir passé un cap supérieur ? 

La peur de la police est toujours présente. La peur des autres gangs également. C’est la loi du plus fort qui prime mais tout de même avec un certain respect. La prostitution et la criminalité règnent. D’ailleurs, on peut s’interroger comment ils peuvent tout de même se payer des cigarettes, de l’alcool, des filles (l’auteur nous donne le coût de tout, démontrant qu’ils doivent tout de même faire attention même en ayant un peu d’argent. L’alcool et la cigarette aident à tenir.

Heureusement que ce livre a été réédité. Il nous permet de nous rendre compte de ce qu’a pu être la vie en ce temps-là. D’ailleurs, pourquoi ce livre a-t-il vraiment disparu ? Même pour les autorités de l’époque et future, il ne fallait vraisemblablement pas donner la vérité sur toute cette misère humaine, sur tous ces jeunes abandonnés par leurs parents ou qui avaient choisi de fuir une existence plus ou moins misérable ou qui ne leur correspondait pas. L’auteur ne les juge pas, il informe juste avec des mots vrais. A-t-il fait partie de cette jeunesse ? En effet, il a disparu et aucune nouvelle n’a filtré quant à son avenir.

A méditer, l’Allemagne, en ce temps-là, avait instauré que tous ces habitants étaient égaux. Egaux, oui, mais dans la misère. 

Je remercie Les Presses de la Cité pour leur confiance.