Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J. Ellory

Le jour où Kennedy n'est pas mort de R.J. Ellory - Sonatine Editions

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J. Ellory – Sonatine Editions

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J. Ellory, présentation

Dallas, quelques heures, Ed et son collègue trouvent une pile de cartons bien rangée. Ils pensent que le nouvel employé voulait se cacher. Après, ils mettent à jour une balle qui disparaît. Est-ce Harvey le responsable ?

Le 3 juillet 1964, Judith, maîtresse de Jack, sait qu’elle ne sert qu’au sexe. Il n’a aucun sentiment pour elle. Elle se sent seule.

Avis Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J. Ellory

Mitch est photographe journaliste. Le lecteur sait très vite qu’il n’a pas réussi sa vie, à l’âge de 35 ans. Il boit beaucoup et a de nombreux regrets mais lesquels ? Lorsqu’il reçoit un appel de la mère de Jean qui lui annonce que sa fille a été retrouvée morte pour cause de suicide, il replonge dans son passé pour enquêter sur un présent. Jeune, Mitch était tombé profondément amoureux de Jean et c’était réciproque. Mais elle ne lui a jamais pardonné qu’il veuille partir en Corée, comme journaliste. A son retour, peu de mois après, elle n’a jamais voulu le revoir, ni lui parler, malgré des lettres. Est-ce pour cela que Mitch n’a jamais réussi dans son métier ou dans sa vie personnelle ? Il n’a jamais réussi à dépasser ce qu’il a vécu d’horrible en Corée et la perte de Jean. Quand la mère de Jean lui demande, après lui avoir remis quelques documents de Jean, de confirmer ou pas la thèse du suicide, Mitch va osciller entre accepter et refuser. Mais le peu qu’il va mettre à jour, au départ, le conforte dans l’idée, que cette jeune femme lumineuse, coriace, opiniâtre, n’a pas pu se suicider.

C’est toujours avec une grande impatience que j’attends, chaque année, le nouveau roman de R.J. Ellory, auteur déjà rencontré deux fois, auteur très proche de ses lecteurs sur les réseaux sociaux et même en réel. R.J. Ellory réécrit l’histoire d’une des familles les plus puissantes des Etats-Unis, la famille princière comme elle était surnommée, la famille Kennedy, dont le destin n’a pas été tendre avec elle. Là, R.J. Ellory a imaginé que J.F. Kennedy n’a pas été assassiné et que la vie a continué, jusqu’à la future convention pour élire le candidat qui sera choisi pour l’élection présidentielle. Réécrire l’histoire tout en étant parfaitement documenté, R.J. Ellory le fait parfaitement. Je savais que JFK souffrait énormément au point qu’il ne pouvait pas assumer certaines fonctions. Je savais que le couple formé avec Jackie n’était pas celui des photos. Je savais que JFK avait de nombreuses maîtresses. D’ailleurs, le fameux suicide de Jean me fait penser à un autre suicide, celui de Marilyn Monroe.

Malheureusement, pour moi, j’étais dans un état de fatigue extrême lorsque j’ai lu ce roman. Le soir, très tôt, au bout d’un quart d’heure, je m’endormais. J’arrivais à lire quelques lignes entre midi et deux mais aussi le matin quand je prenais le bus. Malgré cette fatigue qui ne m’a pas fait apprécier ce roman à son juste niveau, mon sentiment est que ce n’est pas le meilleur d’Ellory pour moi. Mais ce n’est pas grave. J’ai constaté un petit changement dans le style de l’auteur. Il n’appuie pas autant ses propos en répétant certains mots, en insistant sur certains points pour démontrer que cela peut arriver à n’importe qui.

R. J. Ellory change de registre dans ce roman. Un roman où il réécrit l’histoire pour servir son héros qui est profondément étudié, comme dans tous ses romans. Ce n’est pas un roman psychologique comme il en a tant écrit, où il détaille les travers d’une société, les travers humains. Bien sûr, Mitch n’est pas tout blanc. A-t-il raté sa vie ? Il a vécu de nombreuses années avec le souvenir de son seul amour et les quelques mois passés en Corée. En définitive, la seule à bien le décrire est Jean. Et là, c’est le coup de massue. Il comprend tout, il comprend qui il est. Est-ce que cela va lui servir ? Très certainement. Cela lui permettra de donner une autre dimension à son enquête. Il sera plus opiniâtre même s’il n’arrive pas à donner les tenants et aboutissants. Malgré tout, avec une simple photo, il révélera ce qui s’est réellement passé ou pas. Car ne se trompe-t-il pas ?

En tous les cas, son héros est un écorché. Par une décision prise jeune car il pensait qu’il devait le faire sinon il se le serait reproché toute sa vie, car c’était dans l’ordre des choses, il a tout perdu, son âme et l’amour de sa vie. Des années passées à regretter. Etant donné qu’il n’a pas d’éléments en sa possession, son enquête sera longue, dure pour mettre bout à bout ce qu’il trouve. Pourquoi Jean est morte ? Qu’a-t-elle découvert à Dallas ? Est-ce que quelqu’un l’a fait taire parce qu’elle s’approchait trop de la vérité ? Pourquoi d’autres personnes ont un temps d’avance sur Mitch qui se sent et se sait observé, suivi ? La quête continue encore et toujours pour lui et on revient toujours à Oswald. Mitch a pris ses responsabilités sur ce coup-là. Arrive-t-il enfin à se connaître après cette hébétude, cet état de choc dans lequel la mort de Jean le plonge ?

J’ai apprécié cette dimension historique donnée par R.J. Ellory qui outre, JFK, donne le pouvoir à Bobby Kennedy qui oeuvre pour la fonction présidentielle, pour celui qui est élu. Car le Président, même s’il prend les décisions, semble être un véritable pantin.

Même si ce roman n’est pas un coup de coeur, à quand le prochain R.J. Ellory ?

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J. Ellory

date de sortie : 4 juin 2020

Editeur : Sonatine

Isbn : 978-2-35584-795-0

Nombre de pages : 427

Le chant de l’assassin de R.J. Ellory

Le chant de l'assassin de R.J. Ellory - Sonatine Editions

Le chant de l’assassin de R.J. Ellory – Sonatine Editions

Résumé Le chant de l’assassin de R.J. Ellory

Juillet 1972, Henry Quinn sort de prison après plus de trois ans. Il avait 18 ans lorsqu’il est entré. Il a survécu malgré les violences.

Evan Riggs est le co-détenu d’Henry. Il a déjà fait vingt ans de prison et il va y rester jusqu’à la fin de sa vie.

En partant, Henry a une lettre qu’il doit remettre à la fille d’Evan.

Avis Le chant de l’assassin de R.J. Ellory

Où nous emmène cette fois RJ Ellory dans la noirceur humaine ? Bien après tous les auteurs lecteurs de l’auteur, j’ai attendu plusieurs semaines avant de me plonger dans le roman de l’auteur. Et je pense avoir bien fait d’avoir attendu mes vacances pour le lire. Je ne sais pas si je l’aurais apprécié autant, surtout qu’il faut s’accrocher à la lecture sur les 50 premières pages. Car à chaque fois, personne ne sait où nous emmène RJ Ellory. Mais dès que c’est fait, le roman ne se lâche absolument pas.

Comme toujours, une qualité de personnages impressionnante, un lieu bien évidemment reculé au Texas, une histoire de famille, l’histoire de deux frères et d’une jeune fille, l’histoire d’une quête, une histoire politique et de gros sous, une histoire de musique.

Henry a passé plus de trois ans en prison. Pour connaître le temps réel, lisez Ellory, le maître du détail sur n’importe quel sujet. Evan était son co-détenu. Evan est en prison sans possibilité de libération. Evan lui a laissé une lettre à remettre à sa fille. Henry est un garçon fiable, sur qui on peut compter. Il a fait une promesse et il s’y tiendra. On assiste à l’implication d’Henry coûte que coûte, concernant cette promesse. Il continuera sa vie après, c’est ce qu’il a décidé. Il doit tant à Evan pendant son séjour en prison. Et ces quelques jours lui apprendront énormément sur la nature humaine, hors des murs d’une prison. J’ai toujours eu peur qu’Henry retourne en prison. On le sait, les anciens taulards sont mal vus, ils peuvent plonger dans n’importe quel guêpier tendu et il est très facile de leur coller n’importe quoi sur le dos.

La construction du roman d’Ellory fait un parallèle entre Henry et sa quête et la vie d’Evan avant sa condamnation. Parallèle pour mieux nous induire en erreur, pour que le lecteur pense qu’Evan et Henry se ressemblent ? Possible surtout avec cet amour de la musique qui les lie. Mais au contraire d’Evan qui a sorti un disque qui a formidablement bien marché, Henry a tout à prouver. Et ce sera après sa quête et la remise de cette lettre. Henry est un jeune homme tenace, très intelligent, qui a perdu trois ans de sa vie si l’on peut dire. Mais sans ces trois ans, il ne lui arrivera pas ce qui lui arrive. Henry rencontrera Evie, une jeune fille qui l’aidera dans sa quête car en plus, elle connaît pas mal de monde dans le coin et surtout elle est fonceuse. Pour remettre cette lettre, Henry devra rencontrer Carson, le frère d’Evan, le shérif de la ville. Et alors là, cela ne sera pas une partie de plaisir. En nous racontant la vie d’Evan depuis sa naissance, RJ Ellory s’attache à nous raconter la vie de tous les membres de la famille d’Evan, ses parents et surtout son frère. Les relations d’une fratrie ne sont pas toujours faciles, on le sait, mais quand elles débutent de cette façon, elles le sont encore moins. Je ne donne pas raison aux agissements de Carson, mais on peut comprendre son cheminement. Mais un être humain naît déjà avec son caractère. Carson, au cours de sa vie, a su saisir toutes les opportunités qui se présentaient à lui pour devenir ce qu’il est. Bien entendu, il n’a pas été aidé par Rebecca, sa femme et son amie de toujours. Rebecca, qui a rencontré les deux frères alors qu’ils étaient tous les trois adolescents. Une jeune fille qui n’a pas su choisir entre les deux frères. Elle recherchait à fonder une famille, à vivre une vie tranquille. Mais Evan n’a jamais voulu rester dans cet endroit, il a toujours voulu parcourir le monde, enfin son état, vivre de sa musique, ne jamais s’attacher. Il était un musicien qui a su écrire de nombreux textes, il a quand même vécu l’enfer et plongé dans l’alcoolisme.

Un roman qui est un véritable coup de coeur pour moi, je vais écrire comme d’habitude avec Ellory. J’adore cet auteur, j’adore son style, j’adore comment il traite la psychologie de ces personnages, des évènements d’une vie que tout le monde peut expérimenter, des lieux où il situe ses histoires, souvent aux Etats-Unis. On a toujours l’impression qu’il connait ce pays, comme sa poche, surtout ces endroits reculés. Quand le lecteur est habitué au style de l’auteur, il trouvera toujours des remarques sur chacune des situations, remarques que tout le monde peut dire, mais qui trouvent tout leur sens, à chaque fois.

Je ne pouvais pas finir cette critique sur ce roman aussi musical. Tous ceux qui suivent assidûment RJ Ellory savent que l’auteur est également un musicien, que son groupe The Whiskey Poets se produit très souvent. Et d’ailleurs, le nom du groupe apparait plusieurs fois dans ce roman.

Le chant de l’assassin de R.J. Ellory

Date de sortie : 27 mai 2019

Editeur : Sonatine

Nombre de pages : 492

ISBN : 978-2-35584-661-8

J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

J'ai tué un homme de Charlotte Erlih - Actes Sud Junior

J’ai tué un homme de Charlotte Erlih – Actes Sud Junior

Résumé J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

Elle est enfermée dans un hôpital psychiatrique où elle raconte comment elle a tué un homme. Se dit anarchiste, combat le nationalisme, le fascisme.

Arthur est élève à Henri IV, il a 14 ans. Il est solitaire, travailleur, il est hospitalisé.

Avis J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

Un livre est-il conditionné à notre vie personnelle ? Oui, je répondrai oui. J’ai vraiment eu du mal à entrer dans ce roman, surtout la partie de ce jeune adolescent qui se prend pour une femme qui a tué. J’ai eu du mal à m’accrocher au début. Je ne comprenais pas trop. Le reste a été lu très rapidement, car il traite de la santé mentale chez les jeunes gens. Je suis impliquée car je le vis au quotidien. Ce n’est pas la même maladie qu’Arthur. Je ne dirai pas qu’elle est moins grave. Car toutes les maladies psychiatriques le sont, même si elles sont en prises en charge par d’éminents spécialistes. Mais lorsque l’on n’arrive pas à trouver le traitement adéquat, cela engendre énormément de soucis. J’ai fini ce livre au moment où je me sentais très mal, où je me posais beaucoup de questions suite à une décision prise. Bref, j’étais dans un état émotionnel assez compliqué.

Arthur est un jeune garçon de 14 ans, brillant, qui a intégré le célèbre collège Henri IV à Paris. Arthur est un garçon seul, il n’a aucun ami, il a la tête plongée dans ses livres, poussé en cela par sa mère. Tiens, cela me rappelle quelqu’un. Mais Arthur, féru d’histoire, ne reconnait plus le nom de ceux qui vivent avec lui. Il est hospitalisé dans une unité psychiatrique. Il se prend pour une femme, anarchiste, qui a tué un homme.

L’auteur traite de la maladie mentale chez les jeunes. Ils sont plus nombreux qu’on le croit. Outre, mon expérience personnelle, j’entends pas mal de conversations dans les transports en commun. Et j’entends que nombreux sont ces jeunes à souffrir. La psychiatrie, malgré les avancées, est toujours aussi mal perçue. C’est un monde qui fait peur. Très vite, les malades sont traités de fous. Le regard doit vite changer à ce sujet. C’est un monde qui fait peur. Et comme pour tout le reste, elle peut toucher n’importe qui, des gens qui, en apparence, n’ont personne dans leur famille, atteints de troubles psychiatriques. Elle touche également quand on a quelqu’un de malade dans sa famille. Ces maladies sont tyranniques pour ceux qui en sont atteints et ceux qui vivent avec quelqu’un de malade. L’auteur nous relate l’histoire de la mère qui a beaucoup souffert également car elle a fui son pays ravagé par la guerre. Culpabilité, colère et bien plus. Elle a reporté sur son fils tous ses espoirs de réussite. Est abordé également le thème de l’hôpital avec le manque de lits, de personnel, d’argent et le fait que les malades sont renvoyés chez eux, pas forcément guéris. Un personnel qui a perdu la foi face à tout ça. Comment peut-on travailler dans de bonnes conditions ? Il y a également ces jeunes qui n’ont pas encore l’esprit de compétition, même dans un collège prestigieux. Ils ont un vécu difficile et ce vécu leur permet d’aider leur prochain. Belle image d’entraide.

Et Arthur dans tout ça ? Arthur est malade, il le sait. Il devra vivre avec sa maladie et surtout apprendre à vivre avec elle.

En peu de pages, l’auteur traite un sujet qui peut être difficile à appréhender. Mais chacun peut s’y retrouver. Les mots sont nets, réalistes J’espère qu’ils permettront aux gens, aux jeunes surtout de changer leur regard sur les autres. Ces jeunes qui sont en construction mais qui sont capables de réfléchir.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior et Charlotte Erlih, que je retrouve ici, pour sa dédicace.

J’ai tué un homme de Charlotte Erlih

Date de sortie : 28 août 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 127

ISBN : 978-2-330-12436-6

L’esclave de Monsieur Solal d’Esparbec

L'Esclave de Monsieur Solal d'Esparbec
L’Esclave de Monsieur Solal d’Esparbec

Résumé L’esclave de Monsieur Solal d’Esparbec

Gérard est envoyé chez sa mère à Tunis. Il vivait auparavant chez sa grand-mère, une femme portée sur la religion.

Lorsqu’il arrive, il est accueilli par trois filles. Il va apprendre que ce sont sa soeur et ses deux cousines.

Avis L’esclave de Monsieur Solal d’Esparbec

Dans ce roman de 260 pages, Esparbec a-t-il le temps d’énumérer tout ce à quoi il fait allusion depuis l’arrivée chez sa mère ? Si ce n’est pas le cas, il a matière à écrire pour une autre autobiographie. Et c’est ce qu’il fera. Sommes-nous dans ce genre ? Je me suis demandée si avec le talent de l’auteur, il n’est pas plutôt en train de nous mener en bateau en nous racontant une histoire, sortie de son imagination, de ses fantasmes. Car en relisant ma critique d’un autre roman de l’auteur, censé passé pour une autobiographie, certains éléments sont amplement différents. Même si les expériences racontées ont fait de lui l’homme qu’il est. Avec ce livre, Esparbec relate une expérience de vie lorsque Gérard était jeune, très jeune, bien avant son arrivée chez son frère. Et là, il faut se référer à La débauche. Esparbec écrit comme bon lui semble. Il met en avant certains personnages, certaines situations. On pense qu’il les laisse de côté pour ne pas y revenir. Mais c’est sans compter tout ce qu’il a à raconter. Les enfants savent tous que ce qu’ils font est mal, surtout ces relations entre cousins-cousines, entre personnes d’une même famille. Ils sont allés extrêmement plus loin que ce que peuvent certains enfants.

J’ai pris ce roman, très cru, pour un livre dont il faut apprécier la qualité d’écriture de l’auteur. Car Esparbec sait faire partager des expériences. On aime ou on n’aime pas. Chacun son style. Déjà au fait des écrits de l’auteur, L’esclave de Mr Solal ne m’a pas plus rebuté que cela. Il faut garder l’esprit ouvert et ne pas juger. Car que se passe-t-il derrière les portes des maisons ? En tous les cas, j’ai beaucoup aimé les deux personnages féminins, les deux soeurs, Marie et Martha. Il se fait le voyeur, il est initié très jeune à divers plaisirs. Mais ce qui compte réellement, c’est cette joie ressentie lorsqu’il retrouve sa mère. Esparbec dénonce également cette éducation religieuse qu’il a reçue, avant de retrouver sa mère. Une éducation qui aurait pu l’anéantir mais heureusement, pour lui, qu’il a vécu autre chose. Esparbec nous détaille, nous révèle quels sont ses véritables plaisirs, ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas. Si la femme, en l’occurrence sa mère, est présentée comme un objet sexuel, il nous permet d’aller plus loin pour comprendre ce qui peut motiver une femme pour vivre sa sexualité comme bon lui semble. Sa mère est peut-être une esclave, l’esclave d’un homme, mais n’est-elle pas plutôt l’esclave d’elle-même ?

Même si Esparbec est le roi du roman pornographique. Mais si c’est cru, salace, il y a un profond respect, une transparence, le lecteur sait dans quoi il s’embarque en ouvrant un roman de l’auteur

Je remercie les Editions La Musardine pour cet envoi.

L’esclave de Monsieur Solal d’Esparbec

Date de sortie : 23 août 2018

Editeur : La Musardine

Nombre de pages : 263

ISBN : 978-2-36490-506-1

Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Les Fantômes de Manhattan de RJ Ellory

Les Fantômes de Manhattan de RJ Ellory

Résumé Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Annie O’Neill a 30 ans. Elle vit à New York et tient une librairie. Elle vit seule mais elle souhaite connaître le grand amour.

Un vieil homme entre dans sa librairie. Il lui annonce qu’il a connu son père et qu’il souhaite lui remettre un manuscrit et des lettres.

Avis Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Comme à son habitude, R J Ellory nous offre une belle palette de personnages. Annie, Sullivan, Forrester et ces deux hommes qui entrent, grâce à une ébauche de livre, dans la vie d’Annie. On sent bien qu’il y a quelque chose qui va changer la vie de cette femme. Mais comment ? Je n’ai réussi, que vers la fin du roman, en lisant le dernière chapitre de ce livre pas encore fini, à savoir qui est qui. Annie n’a plus aucun souvenir de son père. Pour elle, c’est un devoir de mémoire. Elle veut savoir qui c’est. Il lui a juste laissé une montre et une libraibrie. Mais de lui, elle ne sait rien, elle n’a pas de souvenirs. Sa mère n’a jamais rien dit. Qu’avait-elle à cacher ? Qu’avait-il à cacher ? Est-ce par rapport à cela qu’Annie s’est repliée sur elle-même, qu’elle a décidé de vivre seule, même si elle a eu quelques amants, que Sullivan est son meilleur ami ? Avec l’arrivée, dans sa vie, de ces deux hommes, Annie va s’ouvrir au monde. Elle va vouloir vivre sa vie. Elle en sortira grandie, en cela aidée par Sullivan, mais cela ne se fera pas sans douleur.

RJ Ellory sait développer les sentiments humains, les expliquer, notamment l’amour entre un homme et une femme, entre un parent et un enfant. Sentiments mais aussi pensées qui entraînent la haine et la vengeance. Quand quelqu’un pense qu’une autre personne lui doit quelque chose, on entre dans ce cycle infernal. Roman psychologique puisque les méandres de la pensée humaine sont décortiqués. Mais ce n’est pas que cela. RJ Ellory est très à l’aise avec les Etats-Unis. Même s’il détaille l’horreur des camps de concentration qui change tout être humain qui y a vécu, il y a également l’horreur des guerres menées par les Etats-Unis qui changent également ceux qui y ont participé. Politique, évolution de la société américaine des années 40 jusqu’à nos jours, personnes qui ont compté, il y a de l’Histoire dans les histoires.

La solitude, le mal du siècle ! Même dans une grande ville comme New York. On se coupe de tout et de tous. Que ce soit par les réseaux sociaux ou dans une librairie qui n’amène pas beaucoup de monde. Cela peut être le roman de la solitude, de ce que l’on en fait. On y reste ou on décide de ne plus réfléchir et d’avancer. Mais est-ce que la solitude est mauvaise ? Je pense que chaque être humain en a besoin pour se ressourcer, surtout lorsqu’il côtoie du monde la journée. Ça c’est mon côté loup solitaire qui ressort. Doit-on également oublier le passé qui nous a forgé ? Il peut changer un être humain, comme l’anéantir. Une relation nous forge. Elle nous dévoile à nous-même et elle nous dévoile les autres, ceux avec qui on a envie de faire un bout de chemin.

RJ Ellory est un maestro des mots, des histoires. Cela faisait un moment que j’attendais ce roman et je n’ai pas été déçue. Toutefois, Les fantômes de Manhattan n’est pas mon favori de l’auteur. Peut-être car c’est le deuxième roman écrit de l’auteur, même s’il est sorti beaucoup plus tard en France. Bien souvent, je trouve que les seconds romans sont comme une transition entre un très bon premier et les troisième et suivants qui se révèlent excellents. J’avais lu le premier qui donnait déjà le style d’Ellory et ce style s’est affirmé au fil des ans. 

Les fantômes de Manhattan de R J Ellory

Date de sortie : 1er juin 2018

Editeur : Sonatine

Nombre de pages : 457

ISBN : 978-2-35584-296-2

L’île des absents de Caroline Eriksson

L'Ile des absents de Caroline Eriksson

L’Ile des absents de Caroline Eriksson

Résumé L’île des absents de Caroline Eriksson

Greta accompagne Alex et Smilla lors d’une promenade. Mais elle préfère rester près de la barque. Alex et Smilla partent, la petite fille heureuse près de son père.

Greta attend et ils ne reviennent pas. Elle se lance à leur recherche.

Avis L’île des absents de Caroline Eriksson

Comment un mot, une simple phrase peut entraîner de graves conséquences et avilir une femme, mais aussi un homme, ici ce n’est pas le sujet, fort ? Mais, malgré tout, il faudrait pouvoir agir avec recul et penser à ceux qui restent ou les protéger d’une autre façon. Mais dans le feu de l’action, la personne qui subit en a marre tout simplement. Un détail, une révélation et c’est ce qui fait tout exploser. C’est ce qui arrive dans ce roman même si certaines révélations sont prévisibles.

Greta est partie avec Alex et la petite Smilla faire le tour d’une petite île sur un lac. Mais elle préfère rester près de l’embarcation. Toutefois, ils ne reviennent pas et elle les cherche. Cela va durer quelques jours jusqu’à ce qu’elle aille à la police avertir de la disparition de son mari et de sa fille. Greta oscille entre le désespoir, des souvenirs de son enfance et de sa relation avec Alex. Elle ne sait pas démêler du faux, du vrai. Elle est prête à plonger dans la folie. Son comportement est erratique. On peut comprendre pourquoi avec le drame qu’elle a vécu lorsqu’elle était jeune. Un drame qu’elle essaie d’occulter mais il remonte de plus en plus à la surface car elle a érigé des barrières pour se protéger. Dans la construction de son roman, l’auteur fait en sorte de rendre Greta coupable, d’insinuer le doute dans l’esprit du lecteur. Qu’a-t-elle fait ? Est-elle responsable de leur disparition ? Es-elle responsable de ce qui s’est passé dans son enfance ? Tout le laisse penser même les quelques rencontres qu’elle va faire dans sa quête de la vérité sur cette disparition et d’elle-même. Personnellement, je ne l’ai jamais jugée coupable de quoi que ce soit. Greta a été une enfant qui a vécu un drame, elle n’a pas reçu de soutien à ce moment-là, qu’il soit psychologique et familial. Elle a été heureuse quand elle a rencontré cet homme, Alex. Mais très vite, leur relation est devenue dure à cause de son emprise violente sur elle. Greta venait de prendre une décision. Mais arrive-t-on à partir lorsqu’un homme est manipulateur, dominateur ? Donc, Greta en est à un point où elle se sent épiée ? Est-ce que tout est réel ? Est-ce que tout se passe dans sa tête ? La frontière est bien mince lorsqu’un a un problème psychologique, une souffrance enterrée au plus profond de soi. Comment la vérité peut-elle émerger lorsque les évènements ont été enfouis au plus profond de soi.

L’auteur a choisi comme construction d’alterner le passé et le présent. Le passé de Greta enfant mais aussi avec sa relation avec Alex. D’ailleurs, ses deux passés, lointain et proche, sont également alternés. Des chapitres sont également en italique. A quoi et qui correspondent-ils ? La lumière sera faite vers la fin. Et ce sera comme une révélation pour cette personne, elle aussi manipulée.

L’auteur présente la mère de Greta comme une personnalité très forte, qui a également une forte emprise sur sa fille. C’est pour cela que cette dernière a plus ou moins coupé les ponts. Mais aussi parce que Greta n’a pas reçu le soutien qu’elle attendait d’elle, ni l’amour qui les liait avant le drame. D’ailleurs, je trouve que la partie de la révélation est un peu trop téléphonée. Greta semble pardonner trop facilement à sa mère.

J’ai passé un bon moment avec ce premier roman que j’ai lu très facilement et très rapidement car il ne se lâche pas.

Je remercie les Editions Presses de la Cité pour ce beau moment de lecture.

L’île des absents de Caroline Eriksson

Date de sortie : 7 juin 2018

Nb pages : 239 pages

Editeur : Presses de la Cité

ISBN : 978-2-258-13691-5

Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Avis Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Elle disperse les cendres de sa soeur. Elle s’en veut car elle avait disparu et n’a pas su la protéger car une seule a survécu.

En avril 2015, Kate est en garde à vue. Elle est en proie à des hallucinations intérieures. Une psychologue de la police est en train de l’interroger mais elle ne veut pas trop en dire car elle sait que cela se retournera contre elle.

Résumé Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Je ne m’attendais pas à cette construction. Une partie est consacrée à Kate et l’autre à Sally. Elle démontre bien que les deux soeurs se sont complètement ratées, qu’elles n’ont pas su, pas pu, plutôt, conserver leurs âmes d’enfants et surtout leur connivence. Il faut dire que leur enfance n’a pas du tout été rose avec ce père violent et alcoolique. Tout commence par des obsèques, celles d’une femme. Sa soeur lui rend hommage. Au départ, on ne sait pas quelle femme est morte. Lors de l’histoire racontée par l’auteur, on pensera à une femme, puis ensuite à une autre. Mais telle est la magie des mots qui prend et qui nous bouscule.

J’étais partie presque sur un coup de coeur au départ pour finir, à l’arrivée, par un immense coup de coeur. Nous suivons l’histoire de Kate, grand reporter de guerre, qui revient sur les lieux de son enfance, dans la maison de sa mère, récemment décédée. Elle est accueillie par son beau-frère. Kate ne voulait pas revenir car elle a trop de mauvais souvenirs à cet endroit. Mais elle doit faire le deuil de sa mère car elle n’a pas assisté à ses obsèques. Cela fait quinze ans que Kate prend des somnifères et elle est sujette à des voix, des hallucinations. L’auteur coupe l’histoire de cette jeune femme par sa garde à vue où elle est interrogée par une psychiatre et ce qui lui est arrivée réellement, dans son enfance, au cours de sa vie et tout dernièrement car elle affirme avoir vu un petit garçon en danger. Mais personne ne la croit. Cette loi sur la santé mentale, en Angleterre, j’ai fait des recherches mais je n’ai rien trouvé. Je ne sais pas si elle existe, mais elle donne une sacrée dimension à ce roman. Kate est une femme qui a réussi mais qui a souffert. Il n’y a que sa mère qui a compté pour elle. L’auteur va nous révéler, petit à petit, de nombreux éléments avec de sacrés rebondissements.

Ensuite, il y a Sally, soeur de Kate, alcoolique notoire qui a eu une fille très jeune. Elle a été proche de sa soeur, puis ensuite jalouse car son père a distillé le poison qu’il fallait pour que les deux soeurs coupent les ponts. Sally s’est sentie rejetée par sa mère. Elle n’a eu aucune confiance en elle. Surtout que sa soeur a réussi et qu’elle n’est plus là pour l’aider.

Entre les deux soeurs, mon coeur balance. J’ai bien aimé les deux personnages. Si au départ, on prend fait et cause pour Kate car sa partie est plus importante, Sally est une jeune femme que l’on a envie d’aider. Mais elle se montrera très forte. Elle sait qu’elle a raté beaucoup de choses avec Kate, avec sa fille.

Les questions sont présentes tout le long du roman. L’auteur y répond au fur et à mesure. Que s’est-il passé à Alep, en Syrie ? Qui est Chris et que lui est-il arrivé ? Pourquoi Kate est si mal ? Pourquoi est-elle interrogée. Le dénouement ne m’a pas laissé sur ma faim. Le roman est un mélange de souffrances, de cris, de sang, de violences physiques et morales. J’ai vraiment été estomaquée par les découvertes faites par les deux soeurs, par les rebondissements qui permettent au roman de ne pas faiblir. Un très bon premier roman qui annonce de très grandes qualités pour la suite de l’oeuvre de l’auteur.

Je remercie Netgalley et les Editions Michel Lafon pour cette lecture.

Ceux qui te mentent de Nuala Ellwood

Date de sortie : 8 février 2018

Nb pages : 366

Editeur : Michel Lafon

ISBN : 9782749934044

Coupée en deux de Charlotte Erlih

Coupée en deux de Charlotte Erlih

Coupée en deux de Charlotte Erlih

Résumé Coupée en deux de Charlotte Erlih

Camille est accompagnée de sa maman. Elles se rendent au tribunal.

Camille semble moins préoccupée que sa mère. Elles sont rejointes par le père.

Avis Coupée en deux de Charlotte Erlih

Un beau roman qui se lit très facilement, très rapidement. Le sujet concerne la prise de décision d’une jeune adolescente, scolarisée au collège qui peut voir un de ses rêves réalisé. Mais pas facile de choisir entre son père ou sa mère, couple de divorcés qui sont à couteaux tirés. L’un exerce de la pression, du chantage sur cette jeune fille. L’autre prendra une décision admirable pour le bien-être de sa fille.

L’auteur annonce de suite la couleur. Camille va au tribunal, accompagnée de sa mère. Son père va les rejoindre. Ils ont tous rendez-vous devant le juge. Petit à petit, l’auteur nous donne les informations quant à cette entrevue et pourquoi. Au départ, on pense au divorce, à la garde de Camille. Mais un élément va mettre le doute. L’auteur et donc Camille relatent la vie de cette jeune adolescente qui vit avec ses parents divorcés. Une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre. Le père a refait sa vie et a maintenant une autre petite fille. Camille semble avoir moins de complicité avec son père qu’avec sa mère. Cette dernière, sans que cela soit une relation fusionnelle, a vraiment un instinct maternel très développé. Camille est écartelée entre ces deux mondes, elle n’y trouve pas sa place. Pas facile de vivre chez l’un et ensuite chez l’autre, de dire au revoir à l’un et bonjour à l’autre. C’est une situation complexe qu’elle appréhende à chaque fois. En plus, malgré les nombreux contacts qu’elle a avec eux lorsqu’elle ne les voit pas, elle se sent comme une pièce rapportée dans la nouvelle vie de son père. Pourtant, tout semble se passer au mieux, malgré ce sentiment de rejet que le lecteur comprend tout à fait. Comme l’auteur l’écrit, ce sont deux mondes parallèles qui ne se rejoignent pas.

Camille prend enfin sa décision, comme la joueuse d’échecs qu’elle. Elle prouve sa grande maturité, une décision d’adulte. Car elle sait que la situation qu’elle vit ne durera que quelques années encore. Ensuite, elle sera libre et seule. Cette expérience permet, également, à Camille de grandir. Elle essaie de ne pas trop montrer de ses sentiments. Même si elle a droit à un avocat, ce sera elle qui parlera. Elle ne laisse le soin à personne de s’exprimer.

Avec des mots très simples, des descriptions réalistes des lieux, des personnes, l’auteur nous délivre un beau message d’espoir. Malgré un divorce, malgré des personnes qui ne s’entendent pas, l’un peut faire un pas gigantesque pour la réconciliation et pour le bonheur de son enfant. Chaque partie du livre est titrée avec des références aux échecs. Les mots de l’auteur sont forts en sensibilité, de sagesse.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette belle découverte.

Coupée en deux de Charlotte Erlih

Date de sortie : 3 janvier 2018

Nb pages : 96

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-230-09236-8

Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

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Avis Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

Je ne suis pas habituée des romans qui se passent au Moyen-Orient. J’ai dû en lire moins de cinq. S’ils ont été lus, c’est parce que l’occasion s’est présentée et qu’ils m’ont été envoyés dans le cadre de partenariats. Je n’ai jamais eu de soucis avec les auteurs et les histoires lus. Mais, j’en ai tellement dans ma PAL que ces romans ne sont pas mon domaine de prédilection. J’ai eu la chance d’être sélectionnée dans le cadre de Masse Critique de Babelio et j’ai reçu ce roman. Je ne regrette pas ma demande. Si je ne suis pas une habituée de ces romans, ces pays ne m’attirent pas particulièrement. N’y voyez aucun racisme de ma part. Pourtant, cette histoire me fait voir l’Egypte et ses habitants autrement. Je n’ai aucune idée préconçue sur les Musulmans, j’ai vécu à côté d’eux. Je les respecte comme ils me respectent. Même si je ne suis absolument pas croyante, leur religion ne me laisse pas indifférente, surtout lorsqu’elle n’est pas interprétée. Comme dans toute religion, il y a du bon et du mauvais. Mais ici, en définitive, il n’est pratiquement pas question, de religion.

J’ai été surprise par cette histoire et ces personnages qui se déroule sur trois générations. Trois générations de femmes, mais pas que. Il y a des hommes aussi. Sont-ils manipulés par les femmes ? Elles sont fortes, incroyablement fortes avec la première Injy, Egyptienne mais qui a vécu en Arabie Saoudite et qui est diplômée. Elle va rencontrer un lointain cousin. Sans trop y toucher, ils vont tomber amoureux. Leur fuite, après l’assassinat d’un homme, dans un quartier d’Alexandrie, ne leur permettra jamais de revenir. Injy, avec ses paroles, ses non-dits également, entraîne Ali pour qu’au fur et à mesure il venge la mort de son père. Entre assassinats, pouvoir, Inji et Ali vont devenir les maîtres, les héros de Karantina, un quartier où ils vont s’installer. Le lecteur suit donc Injy, Ali, leurs amis d’un jour et ennemis d’un autre jour. Alexandrie et ce quartier de Karantina verront des luttes, des meurtres et ce n’est pas fini avec les générations qui arrivent, soit Hamada, le fils d’Injy et Ali et ensuite leurs petites filles. Ce sont donc deux familles qui vont tenter d’évincer l’autre.

Ce que j’aime bien avec cet auteur est qu’il annonce des faits, des vérités mais aussi des contre-vérités car rien n’est simple dans la vie. Un jour, tout peut être conforme à ce que l’on attend et un autre jour, ce sera le contraire. Cette étude de la société égyptienne et surtout celle d’Alexandrie démontre cette lutte de pouvoirs, cette lutte contre le pouvoir qui ne peut ou ne veut rien faire, à cause des pots de vin. Lutte contre le fondamentalisme, contre le régime et contre la morale égyptienne. Car oui, Inji et Ali, sous couvert d’un café, de donner des cours, ont ouvert un endroit où ils ont embauché des prostituées. Les dialogues sont riches, ils peuvent faire sourire. Ils ne prennent pas de gants lorsqu’ils parlent. L’auteur prend le lecteur à témoin et préfère raconter l’histoire, avec  des rappels du passé, avant que quelqu’un d’autre ne le fasse.

Immoralité, rumeurs, héroïsme, Histoire également avec ces légendes. J’ai trouvé ces personnages assez libérés ce à quoi je ne m’attendais pas, en définitive. Ce qui veut dire que nous sommes, quand même, conditionnés, par ce que l’on peut entendre à la télévision ou dans les journaux. J’ai juste un petit reproche à faire à l’auteur, mais ce n’est rien de grave. Oui, les jumelles sont bien deux. Il n’était pas nécessaire d’écrire et répéter les deux jumelles.

Lu dans le cadre de masse critique Babelio avec Actes Sud que je remercie.

Résumé Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

2064 restera l’année la plus cruelle de l’histoire d’Alexandrie. Un chien meurt alors que sa femelle le cherche.

Beaucoup plus tôt, Ali, tient un magasin de vêtements avec son frère. Il rencontre Injy, qui se révèle être une lointaine cousine. Elle va l’amener à tomber amoureux d’elle.

Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

Date de sortie : 6 septembre 2017

Nb pages : 447

Editeur : Actes Sud

ISBN : 978-2-330-08184-3

La débauche d’Esparbec

La débauche Esparbec

La débauche Esparbec

Avis La débauche d’Esparbec

Tout est dans le titre d’Esparbec. La Débauche raconte au lecteur comment Esparbec, qui publie une sorte d’autobiographie consacrée à sa rencontre avec ce que peuvent être les relations sexuelles hard. Il a 17 ans et a été exclu de son lycée. Il se retrouve chez son frère, marié à Armande. En effet, ses parents qui l’ont eu sur le tard, ne veulent plus s’occuper de lui. L’exclusion de l’internat catholique ne correspond pas à leur vie très cloisonnée.

Esparbec a donc été un enfant qui n’a pas rencontré d’amour au sein de sa famille. Il se révolte contre cette société trop engoncée dans ses us et coutumes. La rencontre avec Armande lui ouvrira de très nombreuses possibilités en matière de sexe violent. En effet, dans ce qu’il raconte, il n’y a rien d’érotique. Hommes ou femmes sont tels des animaux. Mais n’est-ce pas le propre de l’être humain de se comporter de cette façon quand toutes les portes sont fermées ? On peut aimer le sexe, se faire plaisir ou faire plaisir avec diverses pratiques mais ne pas en être addict ou aimer l’amour vache, sale. Cela ne correspond pas trop à mes aspirations.

Esparbec ne se donne aucune excuse. Il nous relate sa rencontre avec ce type de relations où il n’y a aucun respect envers les hommes et les femmes. Cela peut, des fois, ressembler à des viols. Chaque être humain s’accomode de ses premières expériences, lesquelles peuvent influencer l’avenir. Esparbec dresse un portrait peu flatteur d’Armande, de son frère et de ceux qui gravitent autour. Pas étonnant qu’il la déteste. Il existe une violence physique mais aussi morale. Chacun semble, à un moment donné, y avoir trouvé son compte. Est-ce que cela veut dire qu’une éducation trop dure, trop basée sur la religion, entraîne certaines personnes à vouloir s’en détacher de façon aussi radicale ?

Je remercie les Editions La Musardine pour l’envoi.

Résumé La débauche d’Esparbec

Gérard a 17 ans. Il a été renvoyé de son internat.

Il arrive chez son frère et sa belle-soeur, Armande. Elle se révèle froide mais va très vite révéler son vrai visage à Gérard.

La débauche d’Esparbec

date de sortie : 19 janvier 2017

Editeur : La Musardine

Isbn : 978-2-84271-807-7

Nombre de pages : 521