Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

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Avis Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

Je ne suis pas habituée des romans qui se passent au Moyen-Orient. J’ai dû en lire moins de cinq. S’ils ont été lus, c’est parce que l’occasion s’est présentée et qu’ils m’ont été envoyés dans le cadre de partenariats. Je n’ai jamais eu de soucis avec les auteurs et les histoires lus. Mais, j’en ai tellement dans ma PAL que ces romans ne sont pas mon domaine de prédilection. J’ai eu la chance d’être sélectionnée dans le cadre de Masse Critique de Babelio et j’ai reçu ce roman. Je ne regrette pas ma demande. Si je ne suis pas une habituée de ces romans, ces pays ne m’attirent pas particulièrement. N’y voyez aucun racisme de ma part. Pourtant, cette histoire me fait voir l’Egypte et ses habitants autrement. Je n’ai aucune idée préconçue sur les Musulmans, j’ai vécu à côté d’eux. Je les respecte comme ils me respectent. Même si je ne suis absolument pas croyante, leur religion ne me laisse pas indifférente, surtout lorsqu’elle n’est pas interprétée. Comme dans toute religion, il y a du bon et du mauvais. Mais ici, en définitive, il n’est pratiquement pas question, de religion.

J’ai été surprise par cette histoire et ces personnages qui se déroule sur trois générations. Trois générations de femmes, mais pas que. Il y a des hommes aussi. Sont-ils manipulés par les femmes ? Elles sont fortes, incroyablement fortes avec la première Injy, Egyptienne mais qui a vécu en Arabie Saoudite et qui est diplômée. Elle va rencontrer un lointain cousin. Sans trop y toucher, ils vont tomber amoureux. Leur fuite, après l’assassinat d’un homme, dans un quartier d’Alexandrie, ne leur permettra jamais de revenir. Injy, avec ses paroles, ses non-dits également, entraîne Ali pour qu’au fur et à mesure il venge la mort de son père. Entre assassinats, pouvoir, Inji et Ali vont devenir les maîtres, les héros de Karantina, un quartier où ils vont s’installer. Le lecteur suit donc Injy, Ali, leurs amis d’un jour et ennemis d’un autre jour. Alexandrie et ce quartier de Karantina verront des luttes, des meurtres et ce n’est pas fini avec les générations qui arrivent, soit Hamada, le fils d’Injy et Ali et ensuite leurs petites filles. Ce sont donc deux familles qui vont tenter d’évincer l’autre.

Ce que j’aime bien avec cet auteur est qu’il annonce des faits, des vérités mais aussi des contre-vérités car rien n’est simple dans la vie. Un jour, tout peut être conforme à ce que l’on attend et un autre jour, ce sera le contraire. Cette étude de la société égyptienne et surtout celle d’Alexandrie démontre cette lutte de pouvoirs, cette lutte contre le pouvoir qui ne peut ou ne veut rien faire, à cause des pots de vin. Lutte contre le fondamentalisme, contre le régime et contre la morale égyptienne. Car oui, Inji et Ali, sous couvert d’un café, de donner des cours, ont ouvert un endroit où ils ont embauché des prostituées. Les dialogues sont riches, ils peuvent faire sourire. Ils ne prennent pas de gants lorsqu’ils parlent. L’auteur prend le lecteur à témoin et préfère raconter l’histoire, avec  des rappels du passé, avant que quelqu’un d’autre ne le fasse.

Immoralité, rumeurs, héroïsme, Histoire également avec ces légendes. J’ai trouvé ces personnages assez libérés ce à quoi je ne m’attendais pas, en définitive. Ce qui veut dire que nous sommes, quand même, conditionnés, par ce que l’on peut entendre à la télévision ou dans les journaux. J’ai juste un petit reproche à faire à l’auteur, mais ce n’est rien de grave. Oui, les jumelles sont bien deux. Il n’était pas nécessaire d’écrire et répéter les deux jumelles.

Lu dans le cadre de masse critique Babelio avec Actes Sud que je remercie.

Résumé Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

2064 restera l’année la plus cruelle de l’histoire d’Alexandrie. Un chien meurt alors que sa femelle le cherche.

Beaucoup plus tôt, Ali, tient un magasin de vêtements avec son frère. Il rencontre Injy, qui se révèle être une lointaine cousine. Elle va l’amener à tomber amoureux d’elle.

Les femmes de Karantina de Nael El-Toukhy

Date de sortie : 6 septembre 2017

Nb pages : 447

Editeur : Actes Sud

ISBN : 978-2-330-08184-3

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La débauche d’Esparbec

La débauche Esparbec
La débauche Esparbec

Avis La débauche d’Esparbec

Tout est dans le titre d’Esparbec. La Débauche raconte au lecteur comment Esparbec, qui publie une sorte d’autobiographie consacrée à sa rencontre avec ce que peuvent être les relations sexuelles hard. Il a 17 ans et a été exclu de son lycée. Il se retrouve chez son frère, marié à Armande. En effet, ses parents qui l’ont eu sur le tard, ne veulent plus s’occuper de lui. L’exclusion de l’internat catholique ne correspond pas à leur vie très cloisonnée.

Esparbec a donc été un enfant qui n’a pas rencontré d’amour au sein de sa famille. Il se révolte contre cette société trop engoncée dans ses us et coutumes. La rencontre avec Armande lui ouvrira de très nombreuses possibilités en matière de sexe violent. En effet, dans ce qu’il raconte, il n’y a rien d’érotique. Hommes ou femmes sont tels des animaux. Mais n’est-ce pas le propre de l’être humain de se comporter de cette façon quand toutes les portes sont fermées ? On peut aimer le sexe, se faire plaisir ou faire plaisir avec diverses pratiques mais ne pas en être addict ou aimer l’amour vache, sale. Cela ne correspond pas trop à mes aspirations.

Esparbec ne se donne aucune excuse. Il nous relate sa rencontre avec ce type de relations où il n’y a aucun respect envers les hommes et les femmes. Cela peut, des fois, ressembler à des viols. Chaque être humain s’accomode de ses premières expériences, lesquelles peuvent influencer l’avenir. Esparbec dresse un portrait peu flatteur d’Armande, de son frère et de ceux qui gravitent autour. Pas étonnant qu’il la déteste. Il existe une violence physique mais aussi morale. Chacun semble, à un moment donné, y avoir trouvé son compte. Est-ce que cela veut dire qu’une éducation trop dure, trop basée sur la religion, entraîne certaines personnes à vouloir s’en détacher de façon aussi radicale ?

Je remercie les Editions La Musardine pour l’envoi.

Résumé La débauche d’Esparbec

Gérard a 17 ans. Il a été renvoyé de son internat.

Il arrive chez son frère et sa belle-soeur, Armande. Elle se révèle froide mais va très vite révéler son vrai visage à Gérard.

La débauche d’Esparbec

date de sortie : 19 janvier 2017

Editeur : La Musardine

Isbn : 978-2-84271-807-7

Nombre de pages : 521

Un coeur sombre R J Ellory

Un coeur sombre de R.J. Ellory
Un coeur sombre de R.J. Ellory

Avis Un coeur sombre R J Ellory

Voilà, j’ai fini le dernier Ellory et je n’ai plus rien à lire de cet auteur. Il va falloir attendre de nombreux mois avant de se plonger dans une nouvelle histoire. J’espère qu’il viendra en dédicaces à Marseille. Si ce n’est pas le cas, heureusement qu’il est actif sur les réseaux sociaux. Après cette entrée en matière, je vais me pencher sur Un coeur sombre et son personnage Vincent Madigan. Malgré les faits, la vie de Vincent, R J Ellory est très fort, comme à son habitude, car j’ai profondément aimé Vincent, je me suis attachée à lui. Personnellement, il me suffit d’une rencontre pour savoir à qui j’ai affaire et je ne me suis jamais trompée. Mais j’ai un petit côté qui revient toujours, à savoir qu’il peut toujours y avoir quelques chose de bon, même si c’est enfoui, en quelqu’un. Et c’est ce que j’ai trouvé chez Vincent. Pour moi ce n’est pas un mauvais bougre, il a fait ses choix de vie et ils sont ce qu’ils sont. Il oscille énormément entre culpabilité, sa peur, le fait de jouer sur plusieurs tableaux. Il pense énormément à ses enfants, ses ex-femmes et surtout sa fille aînée qui va fêter ses 18 ans. Le fait qu’il y ait cette petite fille à l’hôpital, qu’il va secourir la mère, Isabella, le plongent dans un dilemme qui semble insoluble. Peut-il y avoir rédemption ? Cet homme n’a pas eu ce qu’il voulait de par son métier. Il a été désabusé par le système. Est-ce ça qui l’a changé du tout au tout ? Pourtant, Vincent semble un bon enquêteur. Mais il fait à chaque fois les mauvais choix. Son coeur est devenu noir. Seule Isabella, jusqu’à ce qu’elle apprenne la vérité, semble avoir compris le personnage. Et c’est ce que j’ai ressenti également. Il oscille entre la dureté et ce qu’il a au fond de son coeur.

Comme à son habitude, Ellory fait souffler le chaud et le froid. Oui, son personnage sait comment il est, ce qu’il fait. D’ailleurs, il ne se donne aucune excuse. Il veut tenter de s’en sortir et il imagine des plans. Mais d’un autre côté, à quoi cela va-t-il servir ? Il ne veut pas mourir mais il sait que cela ne sera pas facile de rester en vie. Le lecteur se doute très bien de la fin. J’ai tout de même eu envie qu’il se passe autre chose. Cela a failli mais Ellory sait comment nous amener jusqu’au bout. Au dernier mot du roman, mon seul mot a été « merde ». Je suis désolée. J’ai été tellement prise par ce que je lisais que je n’ai pas pu m’en empêcher. Plus de 550 pages de pur bonheur car Ellory sait donner dans le psychologique. Il a fait mieux, je dois dire. Mais l’histoire, ici, est tellement différente de ce qu’il a pu écrire que l’action et le psychologique sont étroitement mêlés.

Ne nous attachons pas qu’au psychologique car il y a de l’action dans ce roman. Après ce vol et ces assassinats, que va-t-il se passer ? Entre les affaires internes, un homme qui fait régner la terreur dans de nombreux quartiers, les assassinats, ceux qui doivent de l’argent, Vincent va jongler seul et contre tous pour tenter de s’en sortir.

Ce que j’aime avec Ellory, c’est qu’il entraîne son lecteur là où il veut et ce dès le départ car de nombreux éléments m’ont surpris. Je dois être un très bon public pour ça. Le style d’Ellory est là. L’espoir est contrebalancé par le négatif, soit la vie elle-même en définitive. Avec lui, il existe plusieurs alternatives. Et chaque fin de roman change pour mieux nous éblouir et ne pas rester dans le même style de fin.

Résumé Un coeur sombre R J Ellory

Vincent Madigan est un homme violent lorsqu’il ingurgite ses cocktails d’alcool et de médicaments. Il a été marié deux fois et a quatre enfants. Il se sert de trois délinquants pour commettre un vol dans une maison. Il doit payer une dette.

Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Un de ses comparses lui annonce qu’il sait qui il est. Vincent préfère les tuer tous.

Un coeur sombre R J Ellory

date de sortie : octobre 2016

Editeur : Sonatine Editionsson

Isbn : 978-2-35584-312-9

Nombre de pages : 560

Papillon de nuit de R J Ellory

Papillon de nuit R J Ellory
Papillon de nuit R J Ellory

Avis sur Papillon de nuit de R J Ellory

C’est le tout premier de R J Ellory et le dernier pour moi car j’ai lu tous ses livres. Vite, vite, une nouvelle publication ! Pour un premier roman, ce roman est très abouti. Il donnait le ton aux suivants avec ses dimensions psychologiques propres à l’auteur et surtout une très grande maîtrise des sujets abordés. Comme toujours, nous sommes aux Etats-Unis. Ellory a travaillé cette partie de l’histoire américaine, les années 60 avec les différents gouvernements, la haine raciale qui malheureusement perdure comme nous pouvons nous en rendre compte. Haine envers les Noirs mais maintenant haine envers les homosexuels. Sujet non traité dans ce roman. Ellory nous fait part également de tous les complots, toutes ces hypothèses de complots qui émaillent l’histoire des Etats-Unis.

Pour tout dire, je me fais avoir à chaque fois avec R J Ellory et son personnage principal. La situation dans laquelle il est plongé et le dénouement semblent courus d’avance. Mais je ne vais rien dévoiler, je vais vous laisser découvrir ce qui va se passer. Cela tient en peu de pages mais elles sont intenses. Comme toutes les autres d’ailleurs puisqu’elle nous explique comment Daniel en est arrivé là, en prison et dans le couloir de la mort puisqu’il attend son exécution. Outre le dénouement, il est important également de connaître l’état d’esprit de Daniel lorsqu’il apprend le jour de son exécution et qu’il est transféré dans la pièce où le condamné à mort ne vit qu’une semaine.

En prison, pour conjurer la peur, pour ne pas y penser, Daniel repense à sa vie et à son amitié avec Nathan. Un garçon blanc et un garçon à la peau noire, les meilleurs amis au monde, plus que deux frères. Ils vivent une enfance et une adolescence insouciantes. Dans cette petite ville des Etats-Unis, même s’ils sont au courant de ce qui se passe dans le reste du pays, il semble que rien ne les atteint. Jusqu’à cette mobilisation qui plane au-dessus de leurs têtes. Nathan a le pouvoir de convaincre n’importe qui et en particulier Daniel. Nathan pense toujours aux autres au contraire de Daniel. Tous les deux sont très différents mais complémentaires. Même si Nathan ne semble pas tenir compte de l’avis de son ami, il arrive à s’y ranger. Quand l’un part, l’autre le suit même s’il ne prend pas vraiment la décision.

Jusqu’à la fin, nous avons cette attente lancinante, émaillée de la confession de Daniel et de quelques éléments qui se passent en prison. Cela montre la vie très dure qu’ils mènent. Heureusement que certains gardiens montrent un tant soit peu d’humanité. Tout est très émouvant, surtout pour Daniel. Il avance sans pleurs. La torture mentale et la méchanceté sont bien présentes. Ellory nous décrit très bien l’univers carcéral avec cette odeur, cette peur toujours présente. L’espoir des appels oscille avec les rejets. Ces hommes qui ont tué veulent mourir.

Résumé sur Papillon de nuit de R J Ellory

Daniel a été condamné à mort pour la mort de son ami. Il est dans le couloir de la mort et il attend la date de son exécution.

Afin d’éviter la peur, de pleurer, il se remémore tous les instants de sa vie et notamment ceux passés avec Nathan.

Papillon de nuit de R J Ellory

date de sortie : juin 2015

Editeur : Sonatine

Isbn : 978-2-35584-295-5

Nombre de pages : 517

Le Peigne de Cléopâtre de Maria Ernestam

Le Peigne de Cléopâtre de Maria Ernestam – Sources Actes Sud Babel

Mari est maintenant sans emploi, car licenciée par celui avec qui elle a créé une entreprise.
Anna tient un café. Quant à Fredrik, le mystère plane.
Ils sont amis, vivent en Suède et décident de créer une entreprise Le Peigne de Cléopâtre pour venir en aide à tous ceux qui ont des soucis.
Mais voilà, la voisine d’Anna n’en peut plus de son mari qui la brutalise psychologiquement. Elle demande au trio de tuer son mari.

Personnellement, je n’aurais pas acheté ce roman. Il m’a été proposé par les libraires Les Guetteurs de Vent dans le cadre de ma première expérience avec La Kube. J’ai dit oui après avoir lu le résumé sans trop savoir à quoi m’attendre. Je voulais être surprise et cela a été le cas dans le bon sens. Sans être un véritable coup de cœur, car pour le moment difficile de passer après Meurtres pour rédemption de Karine Giébel, j’ai passé un très bon moment grâce à la plume de Maria Ernestam qui traite, avec brio, de nombreux sujets de société avec pour cadre la Suède. Mais cela pourrait se passer ailleurs, tant ces sujets me touchent.

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Mauvaise étoile de R J Ellory

Mauvaise Etoile de R J Ellory – Source Sonatine Editions

Deux jeunes enfants, devenus ados, malmenés très tôt par la vie. Orphelins, ils seront envoyés dans un orphelinat, si je peux appeler cet endroit comme ça, mais plutôt une maison de redressement, où ils tenteront de survivre. Leur chemin croisera celui d’un homme, violent, accusé de meurtre, qui avait été condamné à mourir par pendaison. Pris comme otages, les caractères vont se révéler. S’adjoindra Bailey dans leur périple d’une huitaine de jours.

Retrouver un auteur que l’on adore. Qu’est-ce que cela fait du bien. Mon sentiment avait été mitigé avec Les Assassins qui était un très bon R J Ellory. Mais Mauvaise Etoile nous démontre que R J Ellory est vraiment un très grand auteur. Parmi tous ceux lus de l’auteur, il m’en reste deux encore à lire, je ne peux pas faire un classement. Je ne peux donc pas dire à quelle place je situerais Mauvaise Etoile mais cela ne sera pas en dernière position. J’ai pris beaucoup de notes pour écrire cette chronique. Mais je me rends compte que toutes ces notes, si je les retranscrivais ici ne donneraient pas tout ce que j’ai ressenti en lisant ce roman. Elles en révéleraient vraiment trop et je ne le veux pas.

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Les Assassins de R J Ellory

Les Assassins de R J Ellory – Source Sonatine Editions

En 1984, John Costello a 16 ans. Il tombe amoureux. Au cours d’un rendez vous, il est blessé alors que sa compagne est tuée devant ses yeux. Il a vu le diable. Il est comme tout le monde en apparence sauf que non.

En 2006, Ray Irving est appelé sur un meurtre. D’autres assassinats d’adolescents interviennent à New York.

John Costello travaille depuis 20 ans au NY City Herald. Il enquête sur les nombreux meurtriers en série. Un papier de ce journal démontre que ce qui s’est passé pourrait être la réinterprétation de nombreux meurtres. Ray Irving va en devenir l’enquêteur officiel.

Vaste sujet que celui des tueurs en série. Le roman de R J Ellory est très bien documenté à ce sujet. Je pensais en connaître pas mal, sauf que non, en définitive. Ted Bundy, le tueur des prostituées de La Rivière Rouge, Gary Ridgway, eux oui grâce à Ann Rule. Mais les autres non, pourtant ils ont tué énormément de gens. R J Ellory a donc consacré le sujet de ce roman aux nombreux tueurs en série des Etats-Unis. J’ai halluciné en lisant le nombre de meurtres perpétrés dans ce pays. Est-ce dû à sa dimension, au nombre d’habitants ? R J Ellory relate les faits sans parti pris, tout comme son héros Irving qui a très bien compris qu’il ne peut rien faire à part faire son travail, les arrêter. R J Ellory laisse au lecteur la possibilité de se faire une idée. Personnellement, pas de parti pris non plus pour ma part. J’ai lu certains faits comme un document. Ayant lu de nombreux romans à ce sujet, j’en connais pas mal sur l’univers psychologique de ces tueurs. En définitive, ils ne me font ni chaud, ni froid. Il ne faudrait pas qu’il s’en mette un sur ma route. Je réviserai, à ce moment-là, mon jugement.

Le roman, Les Assassins, est mon cinquième de cet auteur. Les autres sont dans ma BAL, je peux donc écrire que je connais bien l’univers, toujours différent, et surtout son style d’écriture plus quelques informations distillées lors de sa présence à Marseille pour une séance de dédicaces. Malgré le sujet, les tueurs en série, j’ai trouvé l’univers beaucoup moins noir, beaucoup moins psychologique, lors des 300 premières pages, que ce à quoi j’ai été habituée auparavant. C’est le propre d’un auteur de nous emmener là où il le souhaite, d’être là où il n’est pas attendu forcément. Cela permet d’avoir d’autres facettes de ses recherches, de son envie de créer. Irving est hanté par la mort de sa compagne. Elle est présente tout le long du roman. Un changement s’opère chez lui d’ailleurs. Il est seul mais ne veut pas rester seul et ne sait pas comment faire. Il veut retrouver un semblant de vie, faire quelque chose ou pas. Il ne sait pas. En tous les cas, cette histoire le changera à tout jamais.

Sans établir de comparaisons car il n’y a aucune comparaison possible, et ayant d’autres romans de R J Ellory dans ma PAL, je vais être honnête, ce roman ne fait pas partie de mes préférés d’Ellory. Cela n’enlève rien à sa qualité, au fait que j’ai fait défiler les pages, que je voulais connaître le dénouement. R J Ellory a su très bien donner un rythme. Des crimes espacés, des recherches plus ou moins intensives. Le lecteur est comme Irving et John. Il est dans l’expectative, il attend, il revient en arrière pour tenter de trouver la solution. Le tueur en série mène la danse. Mais juste pour quelques mois, déjà trop pour un tueur et un policier qui sait que ce sera l’affaire de sa vie. Je lisais dans un autre roman, qu’un policier, un inspecteur avait une affaire qu’il n’oubliera jamais (parmi toutes les autres), pour laquelle il fera tout pour la résoudre. Ellory nous démontre très bien que c’est le cas d’Irving. Grâce à la plume de l’auteur, les rebondissements sont présents dès le départ. Le lecteur entre de plein fouet dans l’histoire, dans les enquêtes. L’urgence est présente dès le début.

Concernant Irving, j’avais, dès le départ, fait le rapprochement entre lui et le policier qui avait enquêté sur le tueur en série de Costello. J’avais appréhendé une petite partie du final mais R J Ellory a su me surprendre, comme à chaque fois. J’ai aimé l’écriture très précise au niveau des heures, des jours. R J Ellory compte comme John Costello, manies ou tics, je dirai beaucoup plus. Personnellement, j’emploierai un mot beaucoup plus fort car après ce qui lui est arrivé, il a besoin d’être constamment rassuré et ces éléments de comptage font partie de sa vie après la tentative de meurtre. Compter permet également de se rendre compte du temps qui défile.

Je remercie R J Ellory pour la dédicace. Je conserverai précieusement ce roman, comme tous d’ailleurs. J’ai interdit l’homme de partir avec. Il a la fâcheuse habitude d’oublier quelque chose dans les hôtels où il séjourne. C’est déjà arrivé avec un de mes livres que je l’ai forcé à racheter. Et ce sera pareil pour le premier roman écrit par R J Ellory dédicacé pour lui. Il restera, lui aussi, à la maison où je le surveillerai.

Les Assassins de R J Ellory

date de sortie : 26 août 2015

Editeur : Sonatine Editions

ISBN : 978-2-35584-289-4

Nb de pages : 568

RJ Ellory à Marseille merci

J’ai eu l’immense privilège de côtoyer pour quelques minutes, quelques instants, un très grand monsieur, un très grand auteur, proche de ses lecteurs, RJ Ellory qui était en dédicaces à la librairie Prado Paradis à Marseille.

R J Ellory à Marseille
R J Ellory à Marseille

L’achat de son dernier roman, Les Assassins, n’était pas forcément prévu pour ce mois-ce. Mais franchement je n’allais pas aller à la librairie avec d’autres romans de RJ Ellory que j’ai déjà lus. Non, non, j’ai acheté le dernier et deux autres romans, j’ai écouté, j’ai attendu et ce magnifique auteur de polars, de thrillers psychologiques a été charmant. 

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Le dragon de glace de George R.R. Martin {le 14 octobre 2015}

Le dragon de glace de George R.R. Martin – Source Flammarion

Les fans du genre, de George R.R. Martin, de la fantasy et les autres, notamment les enfants seront ravis avec ce roman illustré, Le Dragon de glace de George R.R. Martin, dont la parution est prévue le 14 octobre 2015 chez Flammarion.

Game of Thrones ou Le Trône de Fer ! Cela parle à tout le monde, même si vous n’avez pas lu les romans ou vu la série. Elle est due au célèbre auteur George R.R. Martin qui continue à écrire la suite de la sage et est impliqué dans le scénario de la série.

Le Trône de Fer, en chiffres, représente :

2 millions de lecteurs en France, 2,2 millions de téléspectateurs lors de la diffusion du premier épisode de la S1, 11,6 millions de téléspectateurs devant leur écran pour la seconde saison, 13,6 millions pour la saison 3 -> la deuxième saison la plus vue au monde. 

L’univers Fantastique de George R.R. Martin est adapté aux plus jeunes avec des illustrations de Luis Royo avec Le dragon de glace. Son univers donne une belle part à des personnages malheureux et empreints de mélancolie. Héritier de Tolkien. Certes mais en plus sombre. Ces héros luttent pour un idéal malgré les tragédies subies. Bien et mal sont omniprésents.

Le dragon de glace, présentation :

Une histoire de courage, d’amour et de sacrifice…

Sous l’apparence d’une nouvelle de fantasy classique, George R.R. Martin nous offre un beau et sombre récit sur le passage de l’enfance à l’âge adulte. Amara est une fillette de sept ans. Née sous le signe de l’hiver, elle ne se sent revivre que quand revient le froid, alors que le reste du monde s’endort dans sa gangue de glace. Cette particularité lui permet de chevaucher le mythique dragon de glace dont la venue est signe de mauvais présages. La guerre menace. Les dragons de feu venus du Nord ravagent le village d’Adara. La fillette et son dragon sont les seuls à pouvoir ramener la paix et sauver le monde de la destruction. Mais Adara devra laisser derrière elle, les royaumes enchantés de l’enfance et renoncer à sa singularité…

Les nombreuses illustrations, en bichromie, de l’artiste espagnol Luis Royo enrichissent l’univers de l’auteur. Les paysages de givre, les combats, les dragons majestueux et effrayants prennent vie sous les yeux du lecteur.

Source : Dossier de presse envoyé par Editions Flammarion.

Les morts renaîtront un jour de Christoph Ernst

Berlin, tentative de meurtre sur Maje qui enquête sur la mort de sa tante, Käthe. Mais c’est son amie Caroline qui héberge Maje qui est au plus mal.

Mate revient donc sur ce qui a pu entraîner cette tentative de meurtre puisqu’elle a été appelée par sa mère de la mort de sa tante, dont elle est la seule héritière.

Avec ce roman, j’ai appréhendé une autre vision de la Seconde Guerre Mondiale vue par les Juifs et ce qui en a découlé en Allemagne. Cela change complètement de ce que j’ai pu lire auparavant. Ceux qui ont souffert par le régime d’Hitler, qui sont restés en Allemagne ou qui ont pu revenir ont préféré devenir communistes. Je ne parle pas pour tous mais pour certains. En effet, ils ne voulaient pas qu’à nouveau Hitler gagne. Ils n’y ont pas gagné au change. Mais avant d’être Juifs, ils étaient Allemands. Cela a entraîné de nombreuses dissensions dans les familles, en particulier les jeunes qui ne comprenaient pas. Pour eux, Israël était devenu le pays idéal. Pourtant, les parents, qui cachaient, bien entendu, leur peine car ils n’en parlaient pas, dénigraient Israël car ils pensaient aux Palestiniens qui se faisaient également tuer. Pour eux, toute la faute revenait à ce pays créé, soutenu par de grandes nations occidentales. Cela donne matière à réfléchir. L’auteur nous donne les deux points de vue. Ils valent ce qu’ils valent, je ne suis pas là pour juger qui que ce soit, mais la dimension historique est sacrément importante, surtout lorsque cette période intéresse une personne comme moi. Je sais qu’un auteur va romancer des faits, pour servir son intrigue, même s’il s’appuie sur des livres pour raconter son histoire. J’ai donc eu un peu de mal avec le fait que certains Juifs ont été des collabos du régime d’Hitler et ensuite du régime de la RDA, sous la coupe de l’URSS. Faire la chasse à leurs compatriotes et ensuite faire la chasse aux nazis. Mais cela peut être plausible. Torturés, ont-ils eu juste la possibilité de collaborer pour ne pas faire souffrir. Ensuite, se venger de leurs tortionnaires avec d’autres tortionnaires ? Dans tous les romans concernant cette période, ce qui revient toujours, c’est la honte des survivants. Survivre à l’indicible alors que de nombreux membres de leur famille n’ont pas pu rentrer des camps. Si cette dimension historique de la seconde guerre mondiale est bien présente, il y a également la dimension de ceux qui ont vécu en RDA avant la chute du mur de Berlin et après avec ce rejet de l’Ouest. L’extrême droite est également bien présente.

Pour ma part, j’ai été un peu perdue dans le Berlin d’hier et de celui de la chute du mur.

Le but de est clair, elle veut démontrer que sa tante, dont elle est l’héritière, a été assassinée car elle voulait faire valoir ses droits sur une maison que son père possédait et qui est revenue aux nazis lorsqu’ils ont lancé toute leur propagande et extermination contre les Juifs. Pour cela, elle ne va pas prendre de gants et être réellement face à l’ennemi, lui démontrant, sans fioritures son projet et ce qu’elle sait sur lui. Elle va retracer tout le parcours de sa tante dans Berlin, entre présent et passé. Elle constitue donc un véritable danger et semble, pour la police, le suspect idéal, à moins qu’elle ne veuille la protéger. D’ailleurs, elle ne sait plus à qui elle doit faire confiance, à ce jeune homme dont elle est tombée amoureuse, à la police. Elle se tourne plutôt vers celui qui détient, semble-t-il la vérité, malgré les mises en garde de la fille de celui-ci. Maje, avec cette quête, souhaite connaître la vérité sur sa famille. Elle en a marre des mensonges. Elle veut tenter de savoir ce qui est arrivé aux membres de sa famille. 

Je n’ai pas été réellement dans l’ambiance d’un thriller avec cette quête de . J’ai plutôt été touchée par l’ambiance dramatique de ce qui se dégage par ceux qui ont vécu l’indicible, les questionnements, la vie de ces Juifs déportés, certains qui sont revenus en RDA et qui n’ont pas vécu au mieux avec ce régime qui a suivi la guerre jusqu’à la chute du mur qu’ils ont vu avec effroi.

Ce roman ne me laissera pas un souvenir impérissable malgré la dimension historique. Cette dernière, très et peut-être trop présente, gâche en définitive toute la partie noire de l’enquête de Maje.

Lu dans le cadre de #massecritique Babelio.

Les morts renaîtront un jour de Christoph Ernst

date de sortie : 4 juin 2015

Editeur : Piranha

ISBN : 978-2-37119-020-7

Nb de pages : 332