Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Punir d'aimer d'Octavie Delvaux

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux – Editions La Musardine

Présentation de l’éditeur Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Vingt-deux histoires érotiques de la virtuose Octavie Delvaux, qui font la part belle aux jeux BDSM et à la transgression.

Ce qui caractérise les nouvelles d’Octavie Delvaux, c’est leur mécanique implacable, associée à la variété des situations. Quand son imagination se met en marche, il en résulte des histoires aussi débridées que surprenantes. Sa plume est tour à tour cynique lorsque la narratrice se fait dominatrice, tendre lorsqu’elle évoque le passé de personnages chers à son cœur, enflammée lorsqu’elle traduit la passion et les coups de foudre sexuels.

Dans ce recueil, le lecteur voyagera dans le temps et l’espace, il croisera une dominatrice en attente de ses « cadeaux de noël », un vampire soumis, un robot sexuel, des vagabonds en route pour le grand Ouest américain, une comtesse rattrapée par ses frustrations sexuelles et bien d’autres personnages hauts en couleurs…

Novelliste confirmée, Octavie Delvaux déploie ici toute l’étendue de son talent, et livre vingt-deux textes uniques en leur genre, où l’insolence du ton, la perversité des situations et le style ciselé entrent en parfaite harmonie avec l’originalité des thèmes abordés.

Octavie Delvaux est l’une des figures majeures de la littérature érotique contemporaine. La parution de son premier roman, Sex in the kitchen, une comédie romantique débridée, l’a révélée au grand public en 2013. Elle est également l’auteure de Osez dresser votre mari,Osez 50 scénarios SM et d’un recueil de nouvelles, À cœur pervers. Depuis 2017, elle dirige la collection « Point G. », consacrée à la littérature érotique féminine.

Avis Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Voici les dernières nouvelles d’Octavie Delvaux. Je tiens à m’excuser de les lire si en retard par rapport à l’envoi de l’éditeur, que je remercie. Mais quel bonheur de lire ces nouvelles.

Voici mes préférées, sans ordre précis, sauf celui de la lecture. Je ne veux pas dire que les autres sont bonnes à jeter, loin de là.

  • Thirst, qui est une histoire vécue par Octavie Delvaux ;
  • Don Juan ;
  • Blue Velvet ;
  • Voyage en avion ;
  • Esprit de Noël ;
  • Ca chauffe en cuisine ;
  • La fille du tailleur et les 3 mendiants ;
  • Activités de plein air ;
  • Le chien ;
  • Souffre douleur.

Octavie Delvaux met en scène divers personnages. Ses héros peuvent être masculins, féminins, animaux, vivre de nos jours, avoir expérimenté il y a quelques années ou remonter beaucoup plus loin à la Cour de Versailles. Avec son réel talent de conteuse, les nouvelles sont courtes mais amplement suffisantes. Elle va à l’essentiel tout en s’attardant, avec succès et talent, sur des paysages, grandeur nature et réellement représentatifs, des tranches de vie quotidienne et ce qui peut se passer dans des appartements, lors de rencontres fortuites.

Ce sont des doutes, des angoisses, des désirs, des rêves érotiques qui se réalisent ou pas. Nous avons également cette société bridée, prête à la délation et ce pour n’importe quel sujet. Alors, quand ça touche au sexe, n’en parlons pas. Elle extrapole, je pense, avec succès, sur ce monde virtuel avec des personnes, qui ressemblent parfaitement à des personnes de chair et de sang, dont les relations seront tarifées et qui sauront se plier aux désirs de tout un chacun. Pas de violences sexuelles dans ces nouvelles, juste le consentement entre un homme et une femme, deux femmes… Ce sont aussi des problèmes de couples, des ruptures, des rencontres qui ne dureront que le temps d’une relation.

Dans ces nouvelles, une belle part est donnée aux relations BDSM avec des femmes dominantes qui ont les hommes à leurs pieds. Ce sont des Maîtresses, elles leur font faire ce que bon leur semble. Mais attention, elles doivent toujours être au top et ne jamais montrer la moindre faiblesse sous peine de perdre la suprématie.

Punir d’aimer d’Octavie Delvaux

Date de sortie : 14 février 2019

Editeur : La Musardine

Nombre de pages : 364

ISBN :  978-2-36490-518-4

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy - Editions Actes Sud Junior

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy – Editions Actes Sud Junior

Résumé Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Benjamin a 12 ans. Il a une soeur de 16 ans, Claudine. Mais ils s’évitent. 

Benjamin est petit et depuis l’âge de 7 ans, il a un don, il est télépathe. Il suffit qu’il touche les gens pour connaître leurs pensées.

Avis Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Oui, je lis des livres pour les 9-12 ans. Et je trouve de véritables pépites réjouissantes, bien écrites. C’est le cas, encore une fois, avec Julien Dufresne-Lamy, découvert dans Boom. Peut-être que cette tranche d’âge zappera sur quelques subtilités, comme la critique de la télé-réalité ou encore notre politique migratoire et ce monde ultra-connecté dans lequel nous vivons. En tous les cas, elle découvrira un pays, le Japon, des enfants qui ont des pouvoirs, leurs réactions face à ça, leur entraide, une profonde amitié et aussi une belle fraternité.

Ce roman est très riche et le style de Julien Dufresne-Lamy nous entraîne dans du merveilleux, avec le sujet de la télépathie, le Japon, un peu de sorcellerie et une société qui s’occupe de ces enfants, car les certaines situations peuvent être rocambolesques mais se prêtent à ce pays. Même si Benjamin Berlin, BB, est son héros principal, tous tiennent une grande place dans ce roman. Les parents de Benjamin, sa soeur, son oncle et sa tante et aussi ces deux amis japonais. En effet, le père de Benjamin, diplomate, est muté au Japon. Chacun réagit différemment à l’arrivée dans ce pays. Benjamin a décidé de s’intégrer en apprenant, en premier la langue, en allant dans une école et ensuite un collège japonais. L’auteur alterne cette vie japonaise à des chapitres où Benjamin, dont la caractéristique est d’être petit, où il découvre son don, comment il en fait usage, ses angoisses, les évènements qui en découlent, les réactions de sa famille. Benjamin se sent à part et seul.

De plus, un homme va provoquer la peur chez Benjamin. Il le voit partout jusqu’à ce que l’un et l’autre communiquent et que Benjamin comprend qu’un destin l’attend. Mais il doit travailler son don pour passer, avec succès, les épreuves.

La société japonaise est différente de la nôtre. Les gens doivent réussir, sinon ils sont mal vus. Cela commence dès le plus jeune âge. Certains peuvent être mis à l’écart car ils ne correspondent pas aux standards de la société japonaise. Cette société, également, est très policée. On découvre ses us et coutumes qui diffèrent des nôtres, par rapport à l’expression des sentiments que l’on peut éprouver. Une société ultra-connectée qui ne communique qu’avec les réseaux sociaux. Et les rapports humains dans tout ça ?Heureusement que Benjamin est là et que même s’il respecte cette société, il va permettre à ses deux amis de s’ouvrir, surtout lorsque l’un deux et de nombreux camarades de classe sont victimes de harcèlement.

Donc, voilà, outre l’histoire palpitante de Benjamin, de nombreux thèmes sont abordés et permettent à des enfants, des pré-adolescents de s’ouvrir au monde, de s’ouvrir l’esprit et de ne pas rester cantonnés à ce qui se dit chez soi, à la télévision. Le monde existe, est vaste. L’amitié et l’amour d’une famille sont de très belles choses que l’on doit préserver même s’il peut toujours arriver des disputes.

Je remercie Julien Dufresne-Lamy pour cette très belle dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour l’envoi.

Les aventures étonnantes du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : janvier 2019

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 261

ISBN : 978-2-330-11134-2

Ueno Park d’Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Ueno Park Antoine Dole

Résumé Ueno Park d’Antoine Dole

C’est Hanami, la fête des Cerisiers. A Ueno Park, tout le monde s’y rend de bonne heure pour pouvoir profiter de l’arrivée du printemps et de l’éclosion des fleurs. C’est le cas également de huit jeunes japonais qui ne se connaissent pas.

Avis Ueno Park d’Antoine Dole

Nouveau roman pour moi d’Antoine Dole. Un roman qui nous emmène au Japon au moment de la fête des cerisiers, Hanami. Il nous retrace une tranche de vie de huit jeunes, garçons et filles. Huit jeunes qui souffrent dans ce Japon, loin d’être idyllique comme on pourrait le croire.

  • Ayumi est une jeune fille qui a passé deux ans de sa vie enfermée sans voir personne. Elle ne pouvait plus assurer ce que l’on demandait d’elle, d’être la petite fille parfaite.
  • Sora se maquille. Garçon, fille, il veut vivre comme il l’entend sans le regard méprisant des autres qui le jugent différent.
  • Fuko est une jeune fille atteinte de leucémie. Elle va mourir mais elle veut laisser de la joie à sa soeur et des souvenirs qu’elle pourra chérir.
  • Natsuko se fait payer par des hommes. Mais attention elle ne couche pas. Elle est en butte contre la concupiscence de ces derniers.
  • Haruko a vécu un tremblement de terre et un tsunami en 2001. Avec un père disparu, on attend beaucoup de lui, qu’il fasse aussi bien.
  • Daïsuké vend des crêpes. Il ne voulait pas étudier.
  • Aïri souhaite déclarer à Makoto qu’elle l’aime. Mais elle l’attend tant et plus. Viendra-t-il ?
  • Nozomi est SDF. Il a décidé de partir de chez lui pour éviter que sa mère s’échine tant et plus pour lui et sa soeur.

Beaucoup de pression sur les épaules de ces jeunes, beaucoup trop de pression. Cela me rappelle celle de la France dès le plus jeune âge pour les enfants, à l’école. Conditionnés pour réussir sinon ils sont laissés sur le carreau. Pas étonnant qu’il y ait autant de monde en pédopsychiatrie et psychiatrie. Beaucoup ne s’amusent pas, ils intériorisent énormément, comme dans Ueno Park.

Toujours être parfait, ne pas broncher, ne pas se révolter, toujours se taire. De toutes façons, personne ne comprendrait. Ce serait une mise au ban de la société, déjà régie par de nombreux codes. Selon l’histoire familiale, il est impossible de vivre leur comme ils l’entendent. C’est être seul mais entouré de beaucoup de monde. Est-ce propre aux pays d’Asie de ne pas se parler, surtout en famille ? Certains adultes travaillent beaucoup pour que leurs enfants puissent vivre. Ces derniers ont vite compris que leur destin était déjà écrit et qu’ils ne doivent pas  se confier. Seraient-ils de toutes façons entendus ? Difficile donc de faire valoir ce que l’on est, ce que l’on ressent au plus profond. Ces jeunes démontrent qu’ils ont une vie à laquelle ils doivent se soumettre.

L’arrêt des études et un petit boulot entraîne la perte des amis, l’impossibilité de prendre son indépendance et surtout ne plus être pris en considération par tous et le gouvernement. Ils ne comptent plus. Sont-ils plus malheureux que ceux qui travaillent de nombreuses heures et ne profitent pas de leur argent ?

Est-ce que ce renouveau de la nature peut être un renouveau d’une vie, d’une situation ? Ou est-ce que c’est vraiment éphémère comme cette floraison qui dure très peu de temps ? Antoine Dole dénonce l’absurdité, le fait que l’on n’accepte pas celui qui est différent, une violence qui peut être gratuite. Si jeunes, les peurs ne doivent pas être montrées. Et il y a également les situations vécues par les jeunes filles et les femmes. Ce qui aurait pu passer pour un moment merveilleux, à partager, soit Hanami, se trouve vraiment gâché par ces histoires qui font réfléchir. Mais le roman finit sur une note positive avec une très belle lueur d’espoir. J’ai beaucoup aimé lire ces histoires, réfléchir pas mal à tout ce que j’ai lu, à trouver des parallèles aussi. Petite question pour l’auteur. Chaque chapitre est dédié à un personnage. Est-ce que les inscriptions en dessous du nom correspondent au prénom japonais ?

Je remercie Actes Sud Junior pour cette lecture de la rentrée littéraire 2018 et surtout Antoine Dole pour la belle dédicace.

Ueno Park d’Antoine Dole

Date de sortie : 22 août 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 128

ISBN : 978-2-330-10827-4

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L'enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Résumé L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Ana a 17 ans. Elle vit une relation difficile avec sa mère. Elle rencontre un jeune homme, joueur de football, Nicolae, un véritable séducteur.

Ils couchent ensemble et au bout de quelques semaines, Ana est enceinte. Elle tentera d’avertir le jeune homme qui se détourne d’elle.

Avis L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

De la Roumanie, je ne connais pas grand chose, sauf le régime totalitaire mais aussi lorsque Nicolae Ceaușescu et son épouse sont, le jour de Noël 1989, condamnés à mort et exécutés. La Roumanie, c’est aussi Dracula. Mais ce n’est pas le but et le thème de ce livre.

C’est le témoignage de Marion, adoptée à l’âge de six ans, alors qu’elle a été abandonnée par sa mère dans un orphelinat de Roumanie. Je mets bien abandonnée en italique car en lisant ce document, vous vous rendrez compte que le mot abandon dans la dictature de Ceaușescu n’est pas au sens propre. Le témoignage est construit autour de Marion et des personnages principaux de sa vie, ses parents adoptifs mais aussi ses parents qu’elle n’aura de cesse de chercher pour tenter de comprendre cet abandon.

Les faits décrits dans ce livre nous renvoient à des images fortes vues à la télévision avec la mort du dictateur et la découverte de ces nombreux orphelinats où survivaient des enfants. Ceaușescu n’a rien à envier à Hitler. Il savait se montrer plus qu’affable lors de réunions internationales mais il, et sa femme, avaient organisé la terreur dans leur propre pays. Famine, misère, politique familiale pour avoir le plus d’enfants possibles qui serviraient la Roumanie et surtout de nombreux interdits pour les femmes. Mais les images ont peu à voir avec la réalité avec ce qu’ont enduré tous ses enfants et les parents de surcroît. Dans le cas de Marion, on apprend ce qui s’est passé pour sa mère biologique, les détails de son adoption et toute sa vie en France. Une vie pas facile pour une enfant qui ne se rappelle pas, qui a enfoui au plus profond de sa mémoire, les six premières années de sa vie. Six ans sous les cris avec sous les yeux des enfants non désirés, parqués dans des endroits comme des bêtes. Ce sera aussi une vie assez difficile en France, malgré l’amour et les soins dispensés par cette famille française. Car Marie a toujours peur de l’abandon, ne fait pas confiance aux femmes et sa mère adoptive en subit les conséquences. Marie est en colère, elle a de la haine, elle n’a pas confiance en elle. Cela peut se comprendre avec un tel bagage. Son corps se révolte donc car elle garde tout en elle. A force de volonté et même si elle garde beaucoup au fond d’elle, elle arrivera à s’en sortir. Elle rencontrera sur son chemin des personnes qui vont compter. Cette quête de sa famille biologique ne sera pas facile, bien entendu, car elle devra, mettre de côté ce qu’elle ressent, ses sentiments, pour tenter de comprendre ce qui s’est passé pour sa mère biologique.

Est-ce que tous les enfants qui ont vécu des conditions extrêmement difficiles comme Marie réagissent de cette façon ? Coupés de leur pays, de leurs racines, de leurs parents, une vie d’adopté ne doit pas être facile à appréhender surtout lorsque cette adoption a lieu à un âge déjà avancé dans la vie d’un enfant, qui a tenté de se construire. Se rendre compte qu’ils ne vont manquer de rien mais réagissent comme si cela pouvait très vite s’arrêter, cumuler les possessions et les cacher.

Outre la recherche de ses racines, ce témoignage explique tout à fait la vie en Roumanie dans les années 70 et bien plus tard, lorsque Marion y reviendra de nombreuses fois. Ce livre est également un véritable témoignage historique de ceux qui ont vécu au coeur de ce pays, de cette dictature. 

Je remercie Marion Le Roy Dagen de m’avoir envoyé un message sur Facebook pour me faire une présentation de ce livre et d’avoir accédé à ma demande pour le recevoir. On ne ressort pas indemne d’une telle lecture.

L’enfant et le dictateur de Marion Le Roy Dagen et Xavier-Marie Bonnot

Date de sortie : 15 février 2018

Editeur :Belfond

Nombre de pages : 222

ISBN : 9782714478313

L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

Résumé L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

C’est l’été 621, à Haute-Brune, Syffe a 8 ans. Il est orphelin et joue avec ses trois meilleurs amis, dont une fille Brindille. Il est considéré comme un sauvage. Ils apprennent la mort du roi et tout va changer pour eux.

Avis L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

La fantasy n’est pas un de mes thèmes de prédilection en matière de lectures. Toutefois, je suis déjà tombée sur de très belles pépites, notamment tous les tomes des Chevaliers d’Emeraude d’Anne Robillard. Actions, superbes personnages, tout y était. Lorsque j’ai reçu le mail de Babelio pour cette Masse Critique spéciale, j’ai été ravie d’être sélectionnée. Quand j’ai reçu le livre, j’ai eu droit à un gros pavé. Plus de 600 pages. Autant de pages méritaient donc que le roman soit au top. Comme à mon habitude, je n’ai pas lu la quatrième de couverture sauf lorsque je suis arrivée au milieu. J’avais déjà lu quelques critiques en diagonale car je ne veux pas me laisser influencer. Toutes étaient unanimes, le résumé de l’éditeur en dit trop sur ce qui arrive à ce garçon. Donc, personnellement, j’étais pour ainsi dire vierge lorsque j’ai commencé cette lecture.

Dommage pour l’auteur mais je n’ai pas adhéré à ce roman sur les 300 premières pages, soit la moitié. Trop long, vraiment trop long malgré les qualités indéniables d’écriture. On pourrait absolument aimer, adorer ce jeune garçon et les autres personnages qui gravitent autour de lui, mais malheureusement, toutes ces descriptions, indispensables ou pas, bien faites, m’ont gâché ma lecture. J’ai commencé à trouver du rythme juste vers la moitié. Et là, tout s’est déclenché. Je dois avouer toutefois que j’ai été assez perdue concernant toutes ces guerres, tous ces pays, ces habitants. La plume est toutefois très imaginative. Comment peut-on faire autant de descriptions sans se perdre dans ce monde de fantasy ? J’imagine très bien l’auteur faire des plans, peut-être des dessins. Est-ce le cas ? De quoi s’est-il inspiré ? C’est de la fantasy, certes, mais on se rend compte que même dans ces romans, ces contes, rien n’est laissé au hasard et que toujours règnent la violence, le racisme, la lutte des classes avec de nouvelles qui arrivent au pouvoir. Et puis, il y a également ces enfants orphelins qui doivent survivre avec le marché d’enfants.

C’est donc dommage que l’éditeur en ait dit beaucoup sur notre jeune héros. Syffe est donc un jeune orphelin. Il a quatre amis, dont une dont il est amoureux, Brindille. Mais tout ne se passe comme il le souhaite avec elle. Brindille sera tout le temps dans les pensées de Syffe. Ce jeune garçon est assez débrouillard, mais la vie est comme elle est et il va apprendre à ses dépens, même si à certains moments il est aidé par des adultes. Syffe va apprendre, être en colère. Il va côtoyer la mort d’un être cher, il va aussi expérimenter le manque de loyauté, la culpabilité et le chantage. Syffe n’est pas idiot. Il est en colère et ne veut  plus faire confiance. Son apprentissage sera rude, il va souffrir dans son corps, dans sa chair, dans son coeur. Mais il en sortira beaucoup plus riche car il doit grandir très vite. Car ce jeune garçon de 8 ans, quand on le rencontre, est extrêmement intelligent. Un diamant brut qui ne demande qu’à éclore.

L’auteur joue également avec nos nerfs avec cette fin qui ne nous laisse pas sur notre faim et qui laisse présager d’autres aventures pour Syffe. Je serais partante pour lire la suite mais il faudra que l’on entre vite dans le vif du sujet. Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les éditions. Personnellement, je ne conseillerai pas ce roman à de jeunes adolescents car ils pourraient très vite le lâcher.

L’enfant de poussière de Patrick K. Dewdney

Date de sortie : 17 mai 2018

Editeur : Au Diable Vauvert

Nombre de pages : 620

ISBN : 979-10-307-0121-0

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Le tableau de Frédérique de Keyser

Le tableau de Frédérique de Keyser

Le tableau de Frédérique de Keyser

Résumé Le tableau de Frédérique de Keyser

Séraphine est en train de montrer son tableau à son amant du moment. Mais l’un et l’autre se rendent compte qu’ils vont se séparer. Après un gros coup d’éclat dans ce restaurant, Séraphine part.

Dans le hall, Gabriel, qui a tout entendu, fait exprès de la bousculer alors qu’elle est plongée dans ses pensées.

Avis Le tableau de Frédérique de Keyser

Pas de déplaisir, ni de réel plaisir à la lecture de cette histoire. Peut-être que le moment ne s’y prêtait tout simplement pas. Je n’ai pas eu de mal à entrer dans l’histoire, à suivre son déroulement, mais pour une fois, je ne me suis prise d’affection pour aucun des personnages principaux, que ce soit Séraphine ou encore Gabriel. Arthur a pu trouver quelques grâces à mes yeux.

Gabriel rencontre Séraphine dans le hall d’un grand hôtel après qu’elle ait rompu avec son amant du moment. Séraphine est accompagnée d’un magnifique grand chien. Cette rencontre va les bouleverser l’un et l’autre. L’alchimie, notamment sexuelle, est bel et bien là. Mais ils vont être pris à leur propre piège, notamment Gabriel.

Séraphine est peintre, jeune, belle, rousse, aux formes affriolantes. Elle est libre, a des idées bien arrêtées sur la condition des hommes et des femmes. Elle veut que ces dernières ne restent pas sous le joug des hommes. Séraphine vit sa sexualité comme elle l’entend, même si cela ne plait pas aux communs des mortels. Elle vit à Montmartre, le quartier des artistes. Lorsque Gabriel lui commande ce tableau, elle hésite mais ce tableau de Gabriel, qui doit faire ressortir tout ce qu’ils vont vivre ensemble, passionnément, sera-t-il achevé ?

Gabriel est le fils d’un banquier. Il aime tous les plaisirs, notamment ceux de la chair. Il ne veut pas se laisser embarquer dans une histoire d’amour. Il veut vivre comme bon lui semble. Mais la personnalité de Séraphine, sa vie vont tout bouleverser. Je dois avouer que les sentiments de l’un et de l’autre sont vraiment bien décrits. Ce sont deux personnalités très fortes qui devront mettre de côté certains éléments de leurs caractères pour se comprendre ou alors se les expliquer. Heureusement qu’il y a Arthur, le meilleur ami de Séraphine, et occasionnellement amant, qui va étudier Gabriel et un tant soit peu l’aider à faire la lumière en lui. Personnage haut en couleur mais adorable qui veut protéger, avant tout, sa meilleure amie, pour qu’elle ne souffre pas. Car Séraphine, mais aussi Gabriel, vont souffrir face à cette nouveauté qui bouleverse le marché qu’ils ont passé.

Outre cette histoire, l’auteur s’attache à nous décrire Paris, ses habitants et surtout Montmartre, ce fameux quartier des artistes. Des peintres, oui. Mais s’ils sont comme Séraphine, leur art les rend d’autant plus sensibles et ils peuvent être incompris par le commun des mortels. Paris change entre le jour et la nuit. Si la société est policée le jour, qu’elle fait face à ses us et coutumes, juge, bien-pensante et très conservatrice, la nuit tous se libèrent et font face à leurs désirs. Entre sociétés secrètes, maisons closes, bars et restaurants, le beau monde s’encanaille à l’extérieur avec ceux qu’ils ne côtoient pas la journée. De nombreux rappels historiques sont également présents, comme la Commune. Et surtout n’oublions pas que les chapitres sont tous nommés, via un tableau et un peintre.

Je remercie Netgalley et les Editions Erato pour cette lecture.

Le tableau de Frédérique de Keyser

Date de sortie : 4 avril 2018

Nb pages : 335 pages

Editeur : Erato

ISBN : 978-2-37447-377-2

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Résumé Boom de Julien Dufresne-Lamy

Etienne est un lycéen qui s’adresse à son meilleur ami, Timothée, disparu.

Il retrace le début leur amitié, son évolution, ce qui est arrivé et comment il tente de survivre.

Avis Boom de Julien Dufresne-Lamy

Roman sur la perte d’un être cher, d’un ami, lorsque l’on est adolescent, que l’on se constuit. Livre sur la culpabilité. Ce roman est d’une très grande sensibilité servi par un écrivain qui met les mots justes sur ce que peut éprouver un adolescent et forcément tout être humain. Même moi, adulte, j’ai eu, certaines fois, les larmes aux yeux.

C’est donc l’histoire d’une amitié forte de trois ans entre deux lycéens. Etienne et Timothée ont deux caractères très différents. Mais il se complètent. Le premier aime faire la fête, les filles et ses résultats ne sont pas au top. Le deuxième, par contre, est une tête en classe. Il a des idées bien arrêtées. Leur amitié souffrira, à un moment donné, de ces deux forts caractères. Mais ce sera pour mieux repartir. L’un entraîne l’autre dans son sillage, et inversement. Timothée va tout faire pour pouvoir réaliser ce voyage scolaire à Londres, notamment avec son ami.

L’auteur, avec Etienne, qui écrit à son ami disparu, nous entraîne dans cette amitié, entrecoupée de ce qui se passe pour celui qui reste, qui vit dans la culpabilité de cet attentat de Londres où son ami a disparu. Il lui est impossible de faire son travail de deuil. Il ne veut pas abandonner son ami. Suivi par un psy, il s’est toutefois renfermé en lui-même. Stress post-traumatique du survivant, dépression, il lui est impossible d’effectuer un retour à la normale. Tout lui rappelle Timothé et ce qu’ils ont vécu, notamment au lycée. Etienne comprend, sans le comprendre, les louanges faits par le lycée, les élèves à son ami disparu. En tant qu’adulte et lectrice, pour moi, rendre hommage à quelqu’un de décédé de cette façon est également un moyen de se prouver que l’on est bien vivant et que la vie, malgré tout, doit continuer. Mais pour la famille, les amis les plus proches, ce n’est pas pareil. L’auteur aborde également le thème de la chasse aux scoops, monnayée également.

Il est difficile de vivre avec un sentiment de culpabilité, avec des questions auxquelles il est difficile d’avoir les réponses. Même si ce roman est destiné, avant tout, aux adolescents, je le conseille à tous car il est magnifique et bouleversant. Je remercie Julien Dufresne-Lamy pour la dédicace et les Editions Actes Sud Junior pour cette découverte.

Boom de Julien Dufresne-Lamy

Date de sortie : avril 2018

Nb pages : 111

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-09685-4

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