Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

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Résumé Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Emily Brontë meurt à l’âge de 30 ans, quelques semaines après son frère.

Elle n’a pas voulu se soigner. Elle est entourée de ses deux soeurs et son père.

Avis Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Dans la famille Brontë, on demande l’auteur d’un seul roman qui aura du succès après sa mort, Les Hauts de Hurlevent. Cet auteur est Emily Brontë, morte à 30 ans des suites de maladie. Elle est la soeur d’Anne, Charlotte et Branwell Brontë. Ses frères et soeurs sont également morts très jeunes. Seules Anne et Charlotte ont connu du succès du temps de leur vivant. Deux siècles plus tard, les livres de ces femmes s’achètent toujours autant, se lisent toujours autant et sont toujours étudiés.

Emily Brontë ne laisse que ses écrits pour parler d’elle, et encore ils n’ont pas tous été retrouvés. Le reste n’est qu’interprétations, études de la vie de la famille, témoignages de ceux qui lui ont survécu ou encore la passion d’un auteur qui, adolescente, découvre les Hauts de Hurlevent. Il a fallu des années pour tenter d’écrire sur un tel personnage, amasser quantité d’informations pour écrire cette biographie qui comporte de nombreux vers de l’auteur pour coller à l’époque de la vie d’Emily Brontë.

Le père d’Emily Brontë a pris en charge l’éducation de son unique fils. Ce dernier présente, déjà, des soucis psychologiques. Il doit donc être protégé. Le manque d’argent est présent. Les filles, après la mort de leur mère, prendront en charge l’entretien de la maison avec leur tante qui les éduquera. Mais tous ont du temps libre pour parcourir les landes, lire encore et toujours, que ce soit des journaux, des livres, et surtout écrire à plusieurs mains. Raconter des histoires issues de leur imagination mais aussi de tout ce qu’ils peuvent lire. En ce temps-là, le père va tenter de faire instruire leurs filles. Mais cela se passe mal. Deux tombent malades et meurent. Les suivantes, Charlotte et surtout Emily, n’auront de cesse que de revenir chez elles. Charlotte, qui devient l’aînée de la famille, a toujours eu à coeur de parcourir l’Europe. Elle y parviendra en travaillant et en s’instruisant. Emily s’est rapprochée de sa jeune soeur, Anne. Une relation qui unira pendant de nombreuses années les petites filles, devenues grandes. Emily, avec son caractère entier, prompt à la colère, aide les plus faibles. Elle sera la seule à tenter d’adoucir les derniers mois de vie de son frère.
 
Pour ceux qui comme moi ne connaissent pas la vie des Brontë, et en particulier, celle d’Emily, on fait connaissance avec une enfant très intelligente, qui très vite connaît la nature humaine, elle qui ne se lie à personne, et donc ses faiblesses. Emily se caractérise par sa beauté, comme tous les enfants Brontë, par des attitudes très emportées, mais aussi par une propension à la solitude. Solitude due aux décès de sa mère, en premier, et de proches. Elle n’a pas pu recevoir de l’amour et donc ne sait pas comment le donner. Elle a voulu être aimée et aimer. Très vite, l’endroit où elle vit est son refuge, sa maison et en particulier la lande, source d’inspiration qui ne se tarit pas. Faune et flore, Emily a tout compris. La solitude d’Emily est due à cet abandon. Le père n’est pas extrêmement proche de ses enfants. Emily ne veut aucune contrainte, elle veut être libre, même si elle réalise les nombreuses tâches ménagères qui lui incombent. Dans cette biographie, émaillée des nombreux vers d’Emily Brontë, qui permettent de comprendre son état d’esprit, on assiste à la culpabilité énormément présente chez Emily, à son évolution en tant que poétesse, écrivain, aux problèmes qu’elle a pour assumer sa féminité, à ses nombreux cauchemars. La lande, écrire lui servent de refuge. Ses différents séjours à l’extérieur ont été profitables dans une certaine mesure. Emily, tout comme ses frère et soeurs, ont pratiquement vécu en autarcie. Est-ce que cela leur a suffi ? A Charlotte, non, qui a toujours voulu partir. A Emily ? Cela ne l’a pas aidé. Mais aurait-elle, pour autant, donné toute sa plénitude à ses écrits  ?
 
J’aime découvrir la vie des gens, que ce soit dans les romans ou dans les biographies. Cela permet de s’approprier un peu le personnage, de le comprendre surtout. Quand on ne le connait pas, on le découvre. Pour moi, cela a été le cas ici. J’avais peur de m’ennuyer, de ne pas tout comprendre. Cela a été un peu le cas concernant les vers, la poésie d’Emily Brontë. Je n’ai pas eu le temps de m’y pencher trop dessus. Je pense que, pour cela, il faut être vraiment en condition. 
 
Je remer19cie Babelio pour cette édition Masse Critique ainsi que les Editions Ecriture.
 

Emily Brontë Une vie de Denise Le Dantec

Date de sortie : 11 avril 2018

Editeur : Ecriture

Nombre de pages : 305

ISBN : 978-2-3590-5278-7

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron - Editions Fayard

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron – Editions Fayard

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron, présentation de l’éditeur

Son apparence et sa vie fascinent, intriguent. Karl Lagerfeld, le kaiser des podiums, le parrain de la mode s’est toujours dissimulé derrière des masques. Son mystère s’épaissit quand on croit le saisir. Lui-même le reconnaît  : «  Je veux être une apparition. Ça apparaît, ça disparaît.  » Mais qui se cache vraiment derrière les lunettes noires les plus célèbres du monde  ? Quelle est l’Histoire et le passé de cet homme qui ne voudrait vivre que dans le présent  ?
Laurent Allen-Caron a rencontré les témoins de l’ombre. Ceux qui ont bien voulu parler et retracer l’étonnant parcours d’un enfant allemand pour qui Paris représentait un rêve et une ambition.
Journaliste, Laurent Allen-Caron est l’auteur et le réalisateur d’une dizaine de documentaires pour l’émission de Laurent Delahousse Un jour, un destin, dont celui consacré à Karl Lagerfeld, «  Être et paraître  ».

Avis Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Karl Lagerfeld est mort.

J’avais demandé cette biographie parue chez Fayard bien avant de connaître son décès. Avant cette lecture, j’ai vu deux reportages, magnifiques, sur Arte. L’un concernait sa vie en dessins et l’autre la vie, la création d’un défilé par Karl Lagerfeld pour Chanel. Les dessins racontant la vie de Karl Lagerfeld m’ont donné énormément d’indices sur sa vie, sur ce qu’il voulait bien raconter. Cette biographie en dit un peu plus sur cet homme. Mais je n’aurais peut-être pas dû voir ce documentaire de Loïc Prigent avant.

Depuis plus de 30 ans que je m’intéresse à la mode, les créations de Karl Lagerfeld pour Chanel en font partie, même s’il ne fait pas partie de mes couturiers favoris. Je n’ai pas toujours aimé ce qu’il a créé, mais chacun réagit différemment. Derrière le créateur, il y a l’homme, un homme avec énormément de verve, de petites phrases assassines. En ce sens, il ma fait penser à sa mère découverte dans ce reportage et encore plus dans cette biographie.

Karl Lagerfeld est un homme mystérieux, notamment avec ses lunettes noires, son éventail. Il voulait être le seul, l’unique et il a réussi. Il a pris son temps pour apprendre, même si très vite, il se lasse. Il a appris toutes les ficelles qui ont fait de lui un as, le maître en matière de confection, de tissus, en dessins. Erudit, il se passionne pour tout, les gens, les époques, tout est prétexte à s’instruire. La mode, oui, pour de nombreuses marques pour lesquelles il a travaillé en même temps, avec toujours un goût très sûr, en avance sur son temps, mais il n’a jamais réalisé les mêmes croquis. Karl Lagerfeld savait ce qu’il faisait et si cela ne lui plaisait pas, il défaisait et recommençait. L’art sous toutes ses formes, les livres, malgré une vie trépidante, il prenait le temps d’assouvir ses passions, nombreuses. Il achetait également. Homme qui avait de l’argent, de par sa famille, de par son travail, mais qui a su donner des fêtes extravagantes, donner à ceux qui comptaient pour lui. Karl Lagerfeld a trouvé les bons partenaires pour créer comme un échange de bons procédés.

Cette biographie se lit comme un roman. L’auteur, avec les nombreux témoignages, nous fait traverser de nombreuses époques. Il y a l’enfance de Karl Lagerfeld, son arrivée à Paris, son amitié et ses virées avec Yves Saint-Laurent, sa rencontre et sa vie avec Jacques de Bascher, plus tous ceux qui gravitaient autour d’eux. C’était une sacrée époque avec de la drogue, du sexe, de l’alcool. Mais Karl n’est jamais tombé là-dedans. Est-ce pour cela qu’il n’est jamais tombé, qu’il a continué à travailler autant jusqu’à 85 ans ? Bourreau de travail, propriétaire terrien, j’ai découvert un homme que j’aurais bien aimé rencontrer, en définitive.  Ce roman relate ses rapports, notamment avec son père, sa mère, Jacques, un petit peu Inès. Il voulait se créer, il voulait vivre son rêve, lui qui a été adulte très jeune. A-t-il eu le temps de tout accomplir ?

Toute la documentation qui a servi à l’écriture de cette biographie est notée en fin de chapitre mais aussi à la fin du livre. L’auteur se penche, en quelques mots, sur l’après Karl chez Chanel. Rien n’est dit sur son bras droit qui a travaillé avec lui de nombreuses années et que l’on a pu voir dans le reportage. Une femme qui a pris les rênes de Chanel et qui était déjà bien présente lors des nombreuses collections.

Pas un seul ennui à la lecture. Je me demande comment, en si peu de pages, on peut écrire autant sur un homme, plusieurs êtres humains, plusieurs époques. Je remercie Fayard et Netgalley pour cette lecture.

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Date de sortie : 6 février 2019

Editeur : Fayard

Nombre de pages : 218

ISBN : 9782213703732

J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

J'ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt - Editions Le Masque
J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt – Editions Le Masque

Résumé J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Jimmy Hoffa, leader syndicaliste, a été assassiné. Son corps n’a jamais été retrouvé. Sa famille n’a jamais pu faire son deuil car sur une liste de suspects, personne n’a jamais avoué.

Après des années d’interviews, entrecoupées de longs silences, Charles Brandt a pu reconstituer toute l’histoire avec un des personnages principaux de l’histoire, l’ami de Jimmy Hoffa, Frank Sheeran, l’Irlandais.

Avis J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Ce livre est une biographie, des années d’enquête de la part de l’auteur qui connait son travail d’enquêteur, de meneur d’interrogatoires pour amener un suspect à tout dévoiler. Il a été procureur spécialisé en droit criminel. Pour l’auteur, Frank Sheeran n’était pas suspect. Au tout départ, il était un client. Mais il a vite senti que Sheeran avait des choses à dévoiler, mais sans balancer qui que ce soit, car Sheeran avait son propre code d’honneur. Mais il était rongé par la culpabilité. Ce livre ne s’est pas fait en un jour. L’auteur a avancé seul et repris, lorsque l’opportunité s’est présentée, ses entretiens, ses enregistrements avec Sheeran. Sheeran devait lui faire confiance et c’est ce qui s’est passé tout de même. L’auteur a eu de la matière, énormément de matière, pour dévoiler toute la vérité à deux familles, celle de Jimmy Hoffa et celle de Sheeran. Mais attention, on navigue dans le milieu de la pègre américaine et là, c’est une toute autre histoire. Puisque les familles existent toujours et ceux qui étaient nommés, ceux pour qui Frank avait travaillé, ne devaient pas être inquiétés, ni leur famille.

Un Irlandais qui devient un parfait Italien. Protégé mais aussi protecteur. Il est le messager entre Russell et Jimmy. On sait pratiquement tout de la vie de Frank Sheeran, de son enfance, de son passage dans l’armée où il a dû tuer pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il a été conditionné par ça. Il est un parfait tueur. Il est peut-être un personnage de l’ombre mais il a su avoir la confiance de deux grands personnages. Frank Sheeran s’est engagé auprès de Jimmy Hoffa pour le syndicalisme.

Dans cette biographie, il est donc question de Frank Sheeran, certes, de ses aveux. Mais il nous permet de comprendre un pan de l’histoire américaine que je ne connaissais pas. La montée du syndicalisme, la défense des travailleurs américains. Un syndicalisme pas toujours propre qui a brassé des millions. Un syndicalisme uni à la mafia. Des luttes de pouvoirs importantes qui ont forcément dérangé, aux plus hautes instances. Ce livre est également un monument historique qui nous permet de connaître les Kennedy, notamment le frère de JFK qui a lutté contre la mafia italienne bien implantée aux Etats-Unis. Il s’est démené au péril de sa vie, tout comme son frère. Je ne pensais que cette mafia était aussi implantée, aussi structurée. Ce sont de nombreuses années réellement traversées. Ce livre est donc important pour tous ceux qui veulent connaître une bonne partie de l’histoire américaine, de la guerre, de la mafia, de sa lutte et du travail des enquêteurs, à n’importe quel niveau.

Je suis tout de même assez déçue. Il me manque une quinzaine de pages à lire car sur la liseuse, le roman n’était pas complet. J’ai donc utilisé un autre support. Et ces pages étaient indispensables tout de même. Déjà que j’ai eu énormément de mal pendant les 200 premières pages à me faire à cette biographie que je trouvais assez longue à se mettre en place. Le reste de la lecture s’était parfaitement déroulé jusqu’à ce souci.

Je remercie Netgalley et les Editions Le Masque pour cette lecture en avant première.

J’ai tué Jimmy Hoffa de Charles Brandt

Date de sortie : 2 janvier 2019

Editeur : JC Lattès Le Masque

Nombre de pages : 414

ISBN : 978-2-7024-4703-1

Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Janet de Michèle Fitoussi

Résumé Janet de Michèle Fitoussi

Janet est à Orgeval. Elle est à la fin de sa vie. Elle a été malade et doit partir aux Etats-Unis.

Elle n’arrive pas à écrire. La page blanche a toujours été sa hantise.

Avis Janet de Michèle Fitoussi

Magnifique portrait d’une femme qui se rêvait écrivain pour que sa mère soit fière d’elle mais qui a été journaliste littéraire à succès. Pourtant Janet Flanner mettait énormément de temps à écrire. Peu de confiance en elle mais lorsqu’elle rendait ses papiers, souvent coupés à son grand désarroi, elle n’avait que des louanges. Elle a vécu de nombreuses années à Paris. Elle a beaucoup voyagé en Europe. Elle a su retranscrire à merveille la vie de ceux qu’elle côtoyait au quotidien. Elle a eu un style inimitable. Au fur et à mesure de sa carrière, de ses papiers, de ses portraits bien brossés, elle a su envisager le pire de ce qui pourrait arriver en matière de politique. Elle compte de nombreux amis, des amantes. Janet était une femme fidèle à tous, comme à ses idéaux. Cette biographie de Michèle Fitoussi se lit comme un roman. Les pages se tournent avec délectation. Chaque page est riche en histoire avec un petit et un grand h. Une femme libre qui a eu une relation assez difficile avec cette mère qu’elle admirait tant et plus. 

Roman ou biographie ? Biographie qui se lit comme un roman. On dirait que c’est réellement Janet Flanner qui raconte sa vie puisque nous avons des lettres écrites, des échanges. Mais non, c’est le talent incomparable de Michèle Fitoussi qui a donné vie à ce beau personnage féminin, qui a réellement existé. Cette biographie est tellement bien écrite que les pages se tournent pour tenter de tout connaître de la vie de Janet. Est-ce que tout a été dit ? Est-ce que des éléments ont été passés sous silence ? Qu’importe ! Janet a eu un tel parcours qui nous permet de nous rendre compte que, malgré tout, rien n’est impossible.

On suit donc la vie de Janet, de petite fille jusqu’à la fin de sa vie. Une petite fille qui cherchait toujours l’approbation et l’amour de sa mère, femme pas très présente dans la vie de ses filles sauf pour tenter de réaliser ses rêves à elle. D’ailleurs, lorsqu’elles seront face à face, la mère de Janet l’énervera toujours mais l’amour pour elle est vraiment très fort. Janet doit faire face également à un drame personnel mais elle réagira avec de la haine jugeant qu’elle a été abandonnée. Ce voyage en Europe alors qu’elle a 17 ans va lui donner l’envie de vivre là-bas. Janet se destine à l’écriture, elle veut être romancière. Mais cette jeune fille a peu de confiance en elle et ce sera le cas tout le long de sa vie. Le syndrome de la page blanche est toujours là et l’empêche d’avancer. Perfectionniste, elle ne rendra ses papiers pour le New Yorker qu’après les avoir lus et relus, jetés et réécrits. Elle a un goût très sûr et un style bien à elle. Quant à sa vie privée, même si elle a été mariée, elle sait très jeune qu’elle aime les femmes, qu’elles la font vibrer. Elle aura une très belle relation avec Solita et d’autres femmes, comme Natalia, mais même si tout le monde le sait, elle ne le dévoilera pas. Une relation libre, franche qui leur permet d’aller voir ailleurs si elles le souhaitent mais elles reviennent toujours l’une vers l’autre et ce jusqu’à la fin.

Dans ce roman, Michèle Fitoussi nous raconte également l’histoire de ces Américains, célèbres surtout ou pas, qui ont vécu à Paris dès le début des années 1900. Ils ont établi une communauté qui se retrouvait pour faire la fête, discuter, échanger, vivre leur vie avec peu ou beaucoup de moyens. Janet fera des rencontres qui l’aideront à progresser dans sa vie professionnelle et privée. Des personnes qui ont compté et qui resteront ses amis. Des Américains qui vont apprécier Paris, leur vie parisienne et auront du succès. L’époque est riche en rencontres de tout genre. Mais ces Américains retourneront également chez eux. Janet est Américaine mais aussi Parisienne car Paris lui a offert la liberté qu’elle n’aurait pas eu aux Etats-Unis. Quel beau Paris décrit à une certaine période. La France et les Parisiens sont vraiment à part par rapport à d’autres pays.

Michèle Fitoussi nous dresse le portrait d’une femme libre, comme de nombreuses femmes à son époque, mais surtout timide. Une femme qui tente de percer dans un monde d’hommes. Une femme qui sait réfléchir, qui sait analyser le monde dans lequel elle vit et c’est le cas pour la Seconde Guerre Mondiale, où elle a toujours su que ce serait extrêmement grave. Une femme qui aura du succès et qui donnera le ton suivi par d’autres journalistes, qui eux, seront encensés beaucoup plus qu’elle. On se rend compte en lisant cette biographie que les femmes, en ce temps-là, auront du mal à percer et ouvriront la voie aux hommes. Janet a tout connu, s’est intéressé à tout. Elle ne s’est pas focalisée sur un seul sujet.

Je remercie Netgalley, les Editions JC Lattès pour cette lecture en avant-première de la rentrée littéraire 2018.

Janet de Michèle Fitoussi

Date de sortie : 3 mai 2018

Editeur : JC Lattès

Nombre de pages : 295

ISBN : 978-2-7096-5768-6

Apollinaire et les femmes d’Alexandre Dupouy

Apollinaire et les femmes d’Alexandre Dupouy

Présentation de l’éditeur La Musardine :

A l’occasion de l’exposition « Apollinaire, le regard du poète » (Musée de l’Orangerie de Paris, du 16 avril au 18 juillet 2016), La Musardine publie un livre qui renouvelle la compréhension de la vie et de l’œuvre de l’écrivain.

Dans Souvenirs sur Apollinaire (1945), Louise Faure-Favier intitule le dix-huitième chapitre de son ouvrage « Apollinaire et les femmes ou le chapitre impossible », en soulignant qu’il est encore bien trop tôt pour démêler l’écheveau des amours de son ami poète. Depuis, de nombreuses études et biographies sur Apollinaire sont parues, mais aucune sur la place essentielle qu’occupent la sexualité et les femmes dans la vie et l’œuvre de l’écrivain.

Qu’elles se soient appelées Mareye, Linda, Annie, Marie, Lou ou Madeleine, les femmes du « Mal-Aimé » n’ont jamais semblé pouvoir assouvir les désirs du poète. Il y faut davantage : des centaines de lettres et de poèmes où l’obscène le dispute à la splendeur du verbe, une œuvre érotique parmi les meilleures du siècle, une activité d’éditeur bravache pour faire découvrir Sade ou Nerciat au profane. Mais qu’est-ce qui fait courir Apollinaire, quel est donc ce feu sacré qui couve, ce désir qu’il s’agit de brûler ? 

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Les îles de Philippe Lançon

Les îles de Philippe Lançon - Source J'ai Lu

Les îles de Philippe Lançon – Source J’ai Lu

J’ai pour habitude de faire un petit résumé de présentation du livre que j’ai lu. Mais là, cela m’est impossible. Je vais donc prendre le résumé de l’éditeur J’ai Lu, que je remercie vivement pour l’envoi.

Les îles C’est l’histoire d’une femme élégante et éduquée, avocate à Hong-Kong, et qui devient folle lors d’un voyage à Cuba. C’est l’histoire de l’effet de cette folie sur celui qui la raconte et l’imagine : ses souvenirs, ses amours, ses amis, ses rêveries. C’est l’histoire d’un homme dont le coeur est attaché à ces deux îles où rien n’aurait jamais dû le conduire, sinon l’obscur et capricieux désir de vivre l’instant, de n’en plus sortir, de l’écrire et d’aimer. C’est l’histoire de gens qui vivent à Hong-Kong, à Paris, à Cuba, en Inde. Ils sont seuls et voyagent parce qu’ils sont seuls. Ce sont eux, les îles. « Lançon se révèle un remarquable styliste, capable de provoquer l’émotion là où on ne l’attend pas. » Baptiste Liger (Lire) – L’Express

Le lecteur se trouve plongé dans la vie de Philippe, cet éternel voyageur, écrivain avec son mariage, la fin de celui-ci, ses différentes liaisons. Mais est-ce vraiment indispensable de tout raconter ? Est-ce que cela change quelque chose à la finalité de cette autobiographie/biographie ? Je ne le pense pas car cela nous fait perdre un peu notre temps. Il veut s’attacher à ses nombreux personnages, dont certains noms ont été changés, comme ceux de Jad et de Jun, qui sont parties toutes les deux à Cuba, car les personnes ne sont pas au courant de l’écrit. Mais Philippe Lançon, en définitive, ne parle pratiquement que de lui, de ses rencontres qui sont tout de même importantes dans sa vie. Il nous détaille ses personnages, leurs traits de caractère, leurs défauts, leurs faiblesses. Les personnages sont en définitive seuls, sauf peut-être les Cubains.

Paris, Espagne, Cuba, Hong-Kong, Etats-Unis, il nous emmène assez loin, nous fait voyager en nous donnant ses impressions sur ses voyages, les lectures qui les accompagnent, les gens qu’il rencontre et qui deviennent ses amis, pour ainsi dire. Mais on se rend compte que les amis de voyages, qui nous reçoivent, ne sont pas des amis, même si les liens sont conservés, souvent distendus. Les liens se tissent, se défont et se retissent. En amitié, il faut laisser l’autre libre. Et peu de gens le font.

Je n’ai pas du tout été sensible à cette histoire racontée par Philippe Lançon. Ce n’était peut-être pas le bon moment pour la lire. Cela n’enlève rien au style de l’auteur, loin de là, à ses mots. Mais j’ai trouvé le livre trop long, extrêmement long pour arriver à la fin de l’histoire où on en sait, en définitive peu, sur Jad et comment elle a fait pour s’en sortir de cette dépression. Il m’a fallu un peu plus de 150 pages pour m’intéresser réellement à ce qui se passer car la situation semble se décanter. Car était-ce vraiment une dépression pour Ali, un moment de folie qui lui est tombé dessus pendant son voyage à Cuba ? Rien ne le laisse présager dans les mots de l’auteur lorsqu’il raconte le caractère de son amie, qu’il voit lors de ses voyages en Chine. Sauf lorsqu’elle vient à Paris avant de partir où il note un changement dans son attitude. On aurait pu penser que ce serait Ali qui aurait eu ses problèmes psychologiques, elle qui a changé du tout au tout au fil des années.

On sait que lorsque l’on retranscrit des faits qui nous touchent, quand on échange avec une personne, rien n’est tout à fait réel. Il y a toujours une part qui arrange la personne qui parle, qui écrit. Elle peut enjoliver les faits ou au contraire ne pas dire la vérité car elle a vécu la situation et ce n’est pas avec détachement qu’elle en parle. Les faits sont donc réels mais aussi fictifs, afin que certaines personnes ne puissent pas se reconnaître. Jad, si elle était au courant, ne serait sûrement pas d’accord. On peut la comprendre. Elle est la première concernée et si elle a perdu l’emprise d’elle-même dans cette situation, vu qu’elle ne se rappelle de rien, selon l’auteur, elle trouverait que cela ne lui correspond pas.

Alors est-ce que Cuba rend dépressif ou soigne ceux qui vivent une dépression. Dans sa description de Cuba, j’ai pu retrouver ce qu’a pu m’en dire ma belle-soeur, Cubaine, ou mon homme lorsqu’il est parti en voyage là-bas. La misère, les habitants, les paysages … une île qui pourrait être paradisiaque grâce à son panorama. Il vaut mieux ne pas tomber malade là-bas.

Philippe Lançon est un auteur érudit qui lit beaucoup. En effet, il fait référence à grand nombre de ses lectures. La descriptif de tous les paysages passe par ses yeux et je trouver que c’est très bien réussi car très vivant.

Donc, pas franchement un coup de coeur. Peut-être parce que ce n’est pas trop mon genre de lectures, même si j’aime découvrir de nouveaux auteurs et d’autres univers.

La réparation de Colombe Schneck

La réparation de Colombe Schneck

Salomé, l’histoire d’une petite fille morte pendant la guerre 39-45, mais aussi une petite fille qui est bien vivante puisqu’enfant de Colombe Schneck.

Des morts à Auschwitz, des morts dans les camps de Lituanie.

Des morts dont la famille a tu l’histoire, la souffrance en cachant tous les éléments.

Cette période de l’histoire, 39-45, m’a toujours intéressée, du plus loin que je me souvienne. Entre horreur et fascination. Et ce n’est pas fini. Dès que je peux, je lis des livres sur ce qui s’est passé, comment ont vécu ceux qui ont souffert de cette période, de l’internement, de la séparation.

Sans faire d’amalgame, cela peut trouver un écho à ce qui peut se passer actuellement et cette peur qui peut nous tarauder lorsque la poussée de l’extrême droite est aussi poussée en Europe. Il semblerait que les gens n’ont rien compris, qu’il y a un sacré retour en arrière. Pourtant, à l’école, cette période est assez poussée. Mais il semblerait que le devoir de mémoire, au sein des familles, ne se fait plus.

La réparation est une (auto)biographie. Colombe Schneck, part sur les traces de ce passé qui lui a été tu. Elle va tenter de savoir, en interrogeant sa famille, des histoires, ce qui a pu arriver à son arrière grand-mère et ses cousins, morts dans les camps, et en particulier sur cette petite fille, Salomé, qui porte le nom de sa fille.

La réparation est l’histoire des Juifs de Lituanie. Sous le joug des Russes et également persécutés par les nazis. Les Juifs de Lituanie ont, eux aussi, connu l’antisémitisme avec les quotas.

Réparer le mal fait par les Allemands. Ne pas en parler pour ajouter à la tristesse. Prendre sur soi la douleur alors que des femmes, jeunes, ont préféré vivre et laisser mourir leurs enfants. Elles connaissaient le sort réservé aux plus jeunes, aux personnages âgées.

Tout faire pour éviter de se souvenir de l’horreur vécue. Il faut également que la famille ne sachent. Les enfants qui suivent ne doivent manquer de rien au niveau matériel, mais ils manqueront de l’essentiel, l’amour d’une mère car elle ne leur montrera pas. A-t-elle peur d’être séparée d’eux, de prendre une décision irrévocable ?

Il semblerait que pour certains Juifs le devoir de mémoire soit trop lourd à porter, à supporter.

Colombe Schneck nous entraîne sur les pas de sa famille. Une famille dont elle a entendu parler. Une famille dont elle ne s’est pas préoccupée pendant très longtemps. Mais le passé est trop lourd à porter lorsque l’on est une maman. Pourquoi toujours cette peur diffuse de voir son enfant mourir et de survivre. A quoi est-ce dû ? Elle arrivera à faire la lumière. Cela lui permettra de grandir et de ne plus sentir cette culpabilité latente. Une culpabilité ressentie par sa grand-mère et sa mère. Elle veut qu’elles reposent en paix, leur démontrer qu’il ne fallait pas qu’elles se sentent coupables de ce destin, de cette période de l’histoire qu’elles ont été obligées de subir.

Les mots sont forts, durs, mais on ne tombe pas dans le mélodrame. C’est l’histoire avec toute son horreur. Mais c’est également une leçon de courage pour ces hommes et femmes qui ont survécu. C’est également un beau message d’espoir.

Un petit livre des Editions J’ai Lu que je remercie. Il ne suffit pas de beaucoup de pages pour tout raconter, tout avouer et prendre le lecteur à la gorge.

Par contre, je ne sais pas si ces enfants, même jeunes, n’ont jamais rien ressenti durant ces périodes, même si les parents ne montraient rien de ce qui arrivait. Les enfants sont sensibles et même s’ils ne comprennent pas tout, ils ont bien dû se rendre compte que rien n’allait.