Am Stram Gram de M.J. Arlidge

Am Stram Gram de M.J. Arlidge - Editions 10-18

Am Stram Gram de M.J. Arlidge – Editions 10-18

Am Stram Gram de M.J. Arlidge, présentation

Sam et sa compagne, Amy, ont été enlevés. Ils faisaient du stop après un concert. On demande à Amy de tuer Sam pour pouvoir vivre.

Helen Grace a rendez-vous avec Jake. Ils ont des relations SM. Il est le dominant mais il voudrait en connaître plus sur Helen.

Helen s’occupe d’Anna, handicapée, et de sa mère Marie qui vivent dans une tour complètement vide. Elles sont harcelées. Helen trouve du réconfort dans cette visite.

Avis Am Stram Gram de M.J. Arlidge

Helen Grace a réussi. Elle occupe le poste de commandant. Elle est respectée pratiquement de tous ses collègues, de son équipe. Mais à quel prix ? Avide de sensations fortes, elle est adopte de relations SM. Sauf que c’est pour se punir, souffrir ? Son dominant souhaiterait qu’elle puisse se confier, même si ce n’est pas le but de telles relations. Elle doit rendre des comptes à la direction et aussi maintenir la cohésion de son équipe et aussi jouer le rôle de manager. Notamment envers Mark, son ancien coéquipier. Mais Mark boit énormément. Et son travail s’en ressent. Helen va l’aider car elle veut retrouver un des meilleurs flics qui existe. Mais la suspicion s’installera lorsque des éléments du dossier en cours seront dans la presse. Outre Mark, Charlie sera également interrogée par Helen qui n’y va pas de main morte avec l’un et l’autre. Bon flic, Helen devra également trouver qui se cache derrière tout ça.

Et il y a aussi Amelia, le vautour, qui travaille pour la presse et dont les articles sont écrits de telle sorte que le doute s’installe chez ses lecteurs. Comment distiller un poison par des mots ?

C’est une histoire de vengeance. Les quelques chapitres très courts, en italique, démontrent la violence subie par un des personnages. Je comprends la décision et de l’un et de l’autre. Protéger quelqu’un de sa famille jusqu’à ce que mort s’ensuive et dénoncer des crimes. Mais cela dissout la famille qui reste, surtout lorsque celui qui n’est pas en prison ne répond pas à des courriers. Peur de se dévoiler, peur des écrits qui restent lorsque l’on occupe un poste à haute responsabilité et que l’on veut réussir.

Et comme toujours reste la culpabilité de celui qui est en vie. Certains peuvent s’en sortir en ne montrant pas leurs failles en public, mais comment se déroule leur vie privée. Et il y a ceux qui ne pourront pas vivre avec un tel choix, malgré des jours d’enfermement où la folie guette puisque le corps et l’esprit ne sont plus alimentés.

Le premier de la série Helen Grace que je lis enfin. On m’en a dit beaucoup de bien. J’ai lu dans l’ordre les deux derniers romans de la série et c’est vrai que le tout dernier m’avait beaucoup plu. Ne pas lire les romans dans l’ordre de parution, lors d’une série, peut être problématique puisque le lecteur a certains éléments de l’histoire. Ce qui est mon cas ici, je savais à peu près ce qui se passait, mais pas dans le détail. Est-ce que je lirai les suivants de la série ? Je ne sais pas. Je ne suis pas forcément emballée à cette idée, vu toutes les séries que je dois lire. Bref, pour tout expliquer, ce roman mérite vraiment le détour. Il est vraiment addictif. Les chapitres sont courts et aucun temps mort n’est à déplorer. Tout se déroule dans une situation d’urgence car il faut trouver cette femme qui enlève deux personnes à la fois et qui laisse le choix à un des deux de vivre. Mais à quel prix ? Le prix de la culpabilité de celui qui reste, de celui qui a donné la mort pour vivre, plutôt survivre car on ne sort pas indemne d’un tel enfermement et d’une telle prise de décision. Car on reste un assassin. Le but d’Helen Grace et de son équipe est de trouver le lien commun entre tous ces enlèvements, car il y en aura plusieurs.

Am Stram Gram de M.J Arlidge

date de sortie : 3 mars 2016

Editeur : 10-18

Isbn : 978-2-264-06369-4

Nombre de pages : 407

Après la fin de Barbara Abel

Après la fin de Barbara Abel - Editions Pocket

Après la fin de Barbara Abel – Editions Pocket

Après la fin de Barbara Abel, présentation

Une femme paniquée appelle la police. Sa voisine est entrée chez elle. Cette femme la menace et lui en veut.

Quelque temps auparavant, Tiphaine, tutrice légale de Milo, essaie de le réveiller afin qu’il révise son brevet. Il y a toujours des disputes depuis 8 ans.

Avis Après la fin de Barbara Abel

Tiphaine est la marraine de Milo mais également sa tutrice. Il a 14 ans. Adolescent taciturne, il ne se confie pas. Tout cela est expliqué au fil des pages. Il a perdu tous ceux auxquels il tenait et il ne veut donc pas s’attacher, aimer quelqu’un. Sa défense est donc de s’isoler, d’être assez violent dans ses paroles.

Nora est en instance de divorce. Elle a deux enfants. Son mari est avocat. Elle vient habiter la maison à côté de celle de Tiphaine et Sylvain. Tiphaine ne voit pas cette arrivée d’un bon oeil car c’est une des maisons du drame. Le couple et Nora vont vivre des instants de bon voisinage et les enfants, Milo et Inès, vont s’apprécier. Mais ce sera jusqu’à un certain point avec Milo. Tiphaine va profiter de circonstances pour revenir dans cette maison qui lui fait peur. Tiphaine s’approprie les enfants des autres. Cette femme, dont on connait le passé au fur et à mesure des pages, peut être sympathique, acerbe, enjouée, violente également que ce soit dans son regard ou dans ses paroles. Sylvain subit les circonstances. Il reste avec sa femme car tous les deux partagent un secret. Mais plus de relation de couple, plus de confiance. L’arrivée de Nora va lui rappeler qu’il est un homme, qu’il peut séduire et partager des moments de connivence avec quelqu’un.

Nora a décidé de refaire sa vie, de vivre libre, plus sous le joug d’un mari tyrannique, continuellement absent et dont la violence est à fleur de peau. Elle tente, bien évidemment, de conserver de bonnes relations avec Alexis. Mais ce dernier, par son comportement, éloigne celle qu’il aime encore. Et il n’arrivera pas à vaincre cet éloignement lorsqu’il doit lui annoncer des nouvelles peu rassurantes pour elle.

Tiphaine et Sylvain forment-ils un couple au passé inavouable depuis la mort de leur enfant ? Sont-ils victimes de circonstances ? Sylvain protège-t-il sa femme ? En tous les cas, les indices tout le long du livre en font un couple qui a quelque chose ou plusieurs évènements à cacher. Barbara Abel manie le chaud et le froid avec virtuosité. Dès le départ, j’ai eu une petite idée quant à la voisine qui s’introduit chez une femme en plein milieu de la nuit. Mais au fil du roman, même si cette idée était toujours présente, je me suis posée des questions quant à cette fameuse voisine qui est arrivée. Car elle pourrait profiter de circonstances suite à un accident. C’est sans compter sur l’imagination débordante de Barbara Abel qui trouve un rebondissement qui démontre qu’une nature humaine peut être vraiment tordue.

Je voulais relire un roman de Barbara Abel, auteur que j’aime beaucoup suite à des romans déjà lus. Le dernier paru il y a peu, Et les vivants autour, m’avait laissé sur ma faim. Je n’avais pas retrouvé des situations, des caractères bien fouillés. J’avais donc été déçue. Dans Jusqu’à la fin, je retrouve l’auteur que j’aime avec des chapitres courts, avec des éléments distillés au fur et à mesure, avec des personnages que l’on peut, de suite, soupçonner. Il y a aussi des drames que tout le monde peut subir. Les personnages sont bien détaillés, que ce soit dans leur douleur, leur difficulté d’affronter un deuil, la peur de s’attacher. Les failles, les tergiversations, les interrogations, les suspicions font partie intégrale du style de Barbara Abel. Le final est de toute beauté pour moi et laisse la place au doute quant à une certaine action qui peut être réalisée. Et dans tout ça, il reste des enfants, des adolescents qui doivent vivre avec le poids des actions des adultes. Ne pas s’attacher, ne pas aimer pour éviter que tous ceux que l’on aime s’en aillent. Il va falloir des tonnes de consultations psychologiques pour arriver à en faire des adultes qui peuvent continuer leur vie.

Voilà, je suis réconciliée avec Barbara Abel. En plus, je viens de me rendre compte que je n’ai pas lu ce roman dans l’ordre qui est la suite de Derrière la haine. A lire de toute urgence avant d’avoir quelques oublis.

Après la fin de Barbara Abel

date de sortie : 9 avril 2015

Editeur : Pocket

Isbn : 978-2-266-24618-7

Nombre de pages : 359

Miséricorde de Jussi Adler Olsen

Miséricorde Jussi Adler Olsen

Miséricorde Jussi Adler Olsen

Résumé de Miséricorde de Jussi Adler Olsen

Une femme est enfermée. Même si elle a envie de pleurer, elle n’a pas renoncé.

Carl Mock est séparé de sa femme. Après avoir été blessé, il reprend son poste au sein de la police. Un de ses coéquipiers est mort, l’autre est à l’hôpital. Carl refuse de voir un psychologue.

En 2002, Merete Lynggard, véritable étoile montante de la politique, disparaît pendant un voyage avec son frère. L’enquête n’a jamais permis de connaître la vérité.

Avis sur Miséricorde de Jussi Adler Olsen

L’auteur manie à merveille les éléments du passé et l’enquête présente pour que l’un et l’autre se regroupent vers la fin. Mais je n’arrive pas à me défaire d’un sentiment de déjà vu chez un autre auteur. Cela m’empêche que ce roman soit un véritable coup de coeur. J’ai découvert le département V sur une autre enquête. Bien entendu, j’ai tout voulu prendre dès le début pour connaître l’évolution des personnages. Donc, ceci est la première enquête de Carl Morck.

L’auteur s’attache à nous présenter tous ses personnages, tous ceux qui gravitent autour de Carl. Il ne sera pas seul dans ce département puisqu’il est rejoint par Hassad, un homme très énigmatique. Carl voulait quelqu’un pour faire le ménage dans son sous-sol, pour ranger les papiers. Il se retrouvera avec un homme qui ne veut rien dire sur son passé et qui, sans trop y toucher, aidera énormément Carl. Il laissera toutefois des zones d’ombre puisqu’il ne veut pas que Carl apprenne tout. Au contraire de son chef, il arrive à avoir de bonnes relations avec les autres membres de la police.

Carl se voit assigner à ce département pour résoudre d’anciennes affaires. Véritable électron libre, il est mal vu de ses collègues avec lesquels les relations ne sont pas cordiales. Mais c’est un bon flic et la police ne veut pas se défaire d’un tel élément. Séparé de sa femme, il vit avec le fils de celle-ci et un locataire. Il se sent responsable de la mort d’un de ses collègues et de celui qui est blessé. Mais il ne trompe que lui. Car Carl a honte de ne rien avoir fait. Avec cette enquête choisie, l’auteur s’attachera à nous démontrer qu’il est très fort, qu’il est capable de reprendre des éléments et de mettre à jour des faits nouveaux. Ancienne affaire, certes, mais qui semble avoir été bâclée au départ.

Dès le départ, le lecteur se demande qui est cette femme qui est enfermée dans ce sous-sol, dans cette cage. Le lien a été très vite trouvé, pour ma part. J’ai toutefois gardé une part de scepticisme car je me demandais comment il était possible de survivre de cette façon. En tous les cas, l’auteur a une imagination débordante pour nous décrire cette situation qui s’envenime au fur et à mesure. L’être humain semble avoir de véritables ressources pour survivre malgré le traumatisme, malgré le fait d’être épiée, malgré le manque de lumière ou la lumière aveuglante, malgré les bruits incessants.

Tout tourne autour de l’histoire d’un accident qui s’est passé il y a des années de ça et où deux familles sont mortes. Des survivants en ont réchappé, mais dans quel état !

Jussi Adler Olsen manie les faits du passé, du présent. Il nous donne aussi quelques informations sur la politique danoise. Personnellement, je me suis laissé happer par l’histoire, je n’ai rien vu venir. La fin mérite que le lecteur s’interroge et surtout qu’il donne lui-même cette fin. Sombre, l’histoire se terminera mal. Optimiste, ce sera le contraire.

Edit du 20 mai 2020

Presque 4 ans après, qu’est-ce qui a changé ? Je ne me souvenais pas l’avoir lu, quand j’ai fait mon choix de lire toutes les enquêtes du Département V. Mais les premières pages et l’histoire de Merete et de son frère me disaient quelque chose. Sauf Carl et Hassad. Ensuite, il y a le moment de lecture. Je ne me rappelle à quel moment ma première lecture de ce roman a eu lieu, dans quel état d’esprit j’étais. Fini pour moi le sentiment d’avoir lu la même chose chez un autre auteur, peut-être cette construction d’éléments du passé et du présent, que l’on retrouve bien souvent.

Après avoir lu le dernier de l’auteur, je me plonge avec délice dans son écriture et surtout ces personnages, Carl et Hassad. Connaissant maintenant le passé d’Hassad, je le regarde différemment maintenant. Mon avis, par rapport à ce qui est décrit plus haut, ne change pas.

Comme écrit plus haut, je me suis laissée happer par ce roman, par ce qui semble être la mise au placard de Carl, ses relations avec les uns et les autres, que ce soit des collègues de travail, des amis, de la famille, mais aussi par Hassad qui doit composer avec un collègue peu aimé.

Reprendre une enquête n’est pas facile surtout cinq ans après n’est pas facile. Une disparition qui n’a jamais été élucidée. Mais Merete est-elle morte ou vivante ? Carl se rend compte que certains faits ont été bâclés. Il doit reprendre tout à zéro, remonter loin. Quand des faits semblent tenir la route, d’autres viennent se greffer et c’est une sacrée remontée dans le temps.

Quand la vengeance détruit des êtres humains et qu’elle est le leitmotiv pour tenter de continuer à vivre. Quand la haine est également un leitmotiv pour essayer de s’en sortir.

En relisant un roman, on se rend compte que certaines situations sont relues avec plus d’attention et cela a été le cas pour moi avec Merete et la façon dont elle était détenue.

Toujours le même avis pour le coup de coeur.

Miséricorde de Jussi Adler Olsen

date de sortie : 5 octobre 2011 – 9 janvier 2013

Editeur : Albin Michel – Le Livre de Poche

Isbn : 978-2-226-22993-9 – 978-2-253-17361-8

Nombre de pages : 489 – 526

Et les vivants autour de Barbara Abel

Et les vivants autour de Barbara Abel - Editions Belfond

Et les vivants autour de Barbara Abel – Editions Belfond

Et les vivants autour de Barbara Abel, Présentation

Comme tous les jours depuis 4 ans, Micheline va voir sa fille Jeanne, qui gît sur un lit d’hôpital. Elle se remémore quelques bribes du passé de petite fille de Jeanne, une enfant réservée, calme et perdue dans ses pensées.

Mais le médecin de Jeanne veut voir toute la famille et très vite. Micheline pense qu’il va leur demander de débrancher Jeanne.

Et les vivants autour de Barbara Abel, Avis

Lorsque j’ai dû choisir ma Kube Majuscule avec Margaux, très vite, il n’y a eu aucun doute, il me fallait le denier Barbara Abel. Les livres lus de cet auteur m’ont tous assez secoué et j’avais beaucoup aimé. Kube Majuscule de mars reçue, dernier livre lu et je me plonge dans le dernier Barbara Abel.

Les 100 premières pages font un tour d’horizon, très long, des quatre membres de la famille de Jeanne, soit son père, Gilbert, sa mère, Micheline, sa soeur Charlotte et son mari Jérôme. Ce sont les rapports de chacun avec Jeanne, avant l’accident et leur vie ensuite.

Gilbert est un homme qui a réussi. Il a passé peu de temps en famille mais ses filles sont tout pour lui. Elles sont comme des trophées. L’accident a tout changé pour lui. Il est devenu encore plus lointain, beaucoup plus dur avec les autres. Micheline est une femme qui a donné tout à sa famille. Ce n’était pas réellement un mariage d’amour. Cette femme s’est effacée face à ce mari avec qui elle ne pouvait pas parler et elle a élevé ses filles. Depuis quatre ans, elle se consacre à Jeanne et va toujours à l’hôpital pour s’occuper de sa fille chérie. Charlotte est en couple, elle rêve d’un enfant mais ses espoirs n’arrivent pas à se concrétiser. Le restaurant qu’elle tient avec son compagnon Guillaume ne fonctionne pas et cela crée des tensions dans le couple. Jérôme, quant à lui, survit et vit depuis 4 ans. Il continue son métier de comédien toujours fidèle à sa femme. Mais voilà, ils sont convoqués par le médecin qui s’occupe de Jeanne. Ils pensent tous qu’ils doivent prendre, enfin, la décision de débrancher Jeanne. Mais non, le médecin annonce une autre nouvelle qui va plonger les quatre protagonistes dans la peur, la haine, la suspicion… Je pensais qu’après cette nouvelle, le roman prendrait un second souffle. Mais cela n’a pas été le cas pour moi. Pourtant, les pages se tournent très vite, il n’y a pas à dire. Soit, j’ai voulu connaître le fin mot de cette histoire, pourquoi est-ce arrivé, que vont-ils décider et peut-être que s’est-il réellement passé il y a 4 ans ou encore dans le passé de Jeanne ? Ou soit j’ai voulu que cette histoire se termine et passer à autre chose. Car Jeanne, couchée dans ce lit d’hôpital est toujours bien présente dans l’esprit de tous. Elle régente leurs vies à tous. Une petite fille qui était si réservée, qui parlait peu, a changé du tout au tout. C’est ce que raconte son mari, Jérôme. Pourquoi ? L’apprendra-t-on ? Car un élément m’a fait me questionner lorsque Jérôme la débranche à un moment donné. Comment s’est déroulée la suite ? Quelles ont été les conséquences et pour Jeanne et pour lui ?

Suite à l’évènement qui s’est passé à l’hôpital, une plainte a été déposée par les parents. Ils sont donc tous interrogés afin que les enquêteurs puissent connaître Jeanne et son passé, pour que le coupable soit trouvé. Comme de bien entendu, Gilbert réagit très mal. Il refuse le test ADN car très vite les soupçons peuvent se poser sur lui. Ce sera ensuite une guerre de tranchée entre tous les membres de la famille. Qui va en sortir vainqueur ? Pas forcément celui qu’on croit. Entre mensonges, secrets, révélations, la famille a beaucoup à cacher, surtout un de ses membres, en particulier, en apparence inoffensif. Mais j’aurais dû méfier car, en définitive, je connais ce genre de personnages. Mais non, j’ai laissé se dérouler cette histoire, plutôt préoccupée par savoir qui était le coupable de l’état de Jeanne, 4 ans après son accident, alors que c’était le déclencheur de toute cette histoire de famille.

Les 100 dernières pages sont menées tambour battant avec des prises de décision, pas forcément adéquates, avec des évènements qui vont bousculer et faire basculer la vie des quatre membres de cette famille. Attention également aux indices laissés quant à l’état de santé de Jeanne. Car oui, ils sont quatre vivants autour d’un corps intubé mais ce corps, dans un état végétatif, à qui l’on parle forcément, tout le temps, peut réagir lorsque la situation est débloquée. On le sait, un évènement particulièrement désagréable peut changer la personnalité de quelqu’un. Des fois, il suffit d’une bonne et des années de thérapie pour s’en sortir. Et d’autres, il suffit que la vérité, peut-être pas toute la vérité, éclate pour que le cerveau n’enfouisse plus cet évènement qui change une personnalité.

Après deux romans lus de Barbara Abel, ce dernier m’a tout de même un peu déçu. Mais cela n’enlève en rien les qualités de l’auteur, loin de là. Je n’ai pas été transportée par cette histoire, ni par les personnages. Ce sera, je l’espère pour le prochain.

Et les vivants autour de Barbara Abel

Date de sortie : 5 mars 2020

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 448

ISBN : 9782714493163

A cache-cache de M.J. Arlidge

A cache-cache de M.J. Arlidge - Editions Les Escales

A cache-cache de M.J. Arlidge – Editions Les Escales

A cache-cache de M.J. Arlidge, Présentation

Leah est à Holloway. Elle se sait en danger. Cela fait 4 ans qu’elle est en prison. Elle tient pour ses jumeaux dont elle a été séparée alors qu’ils étaient bébé. Malgré sa condamnation à perpétuité, elle espère sortir un jour.

Helen Grace est en prison. Elle attend son procès. L’enquête a démontré qu’elle est coupable. Elle sait que son neveu est derrière tous ses meurtres. Mais comment prouver son innocence ?

Un meurtre survient en prison.

Avis A cache-cache de M.J. Arlidge

Avant d’écrire ma critique pour ce roman, j’ai lu l’ancienne, Oxygène. Et je ne m’étais pas trompée. C’est bien la suite et l’un et l’autre doivent se lire dans l’ordre. Si Oxygène m’avait réellement laissé sur ma faim, ce n’est pas le cas pour A cache-cache. Les chapitres très courts font tourner les pages au lecteur, et ce avidement. Cela a été mon cas. Je ne suis absolument pas déçue de ma lecture. La tension est palpable dès le départ.

On retrouve les personnages de l’opus précédent. Helen Grace en héroïne déchue car elle est en prison en attente de son procès pour meurtre. L’enquête bouclée la désigne comme coupable des trois meurtres. Mais c’est sans compter sur Charlie, sa fidèle amie et collègue, qui n’hésite pas à enquêter malgré ses chefs. Et cela va payer. Sanderson, autre amie d’Helen, qui a fait tomber Helen par son enquête et qui a pris sa place, va se ranger aux côtés de Charlie car les éléments amenés vont lui faire rouvrir l’enquête. Et tant pis pour sa place, son avancement. La vérité doit surgir. Et là, on se rend compte que malgré ses nombreux succès, il y a une histoire de vengeance personnelle. Helen, par son comportement, ses refus, s’est mis à dos une personne indispensable dans la hiérarchie. Ces femmes sont tenaces, elles osent prendre des risques, aussi bien personnels que professionnels, et ce pour leur amie, mais aussi pour faire éclater la vérité. Comment vont-elles en sortir toutes les trois ? Les liens vont-ils se renouer malgré son passé, ses cachotteries ?

L’univers carcéral en Grande-Bretagne avec cette prison pour femmes. Helen Grace aura fort à faire puisqu’elle est en détention provisoire avant son procès. Surtout que dans cette prison, elle retrouve des détenues qu’elle a fait enfermer. Alors, de nombreuses femmes veulent sa peau. Et en prison, la violence est vraiment partout. Même dans une prison, la porte fermée, on doit se méfier de tout et tous. Surtout qu’un premier meurtre survient. Et un meurtre horrible. Il en faut peu pour que la peur s’installe jusqu’à ce que cela soit l’émeute. Ces décès touchent Helen car ces femmes mortes sont les seules à lui avoir tendu la main. Très vite, elle retrouve ses réflexes, jamais perdus. Et comme tout s’achète en prison, elle va pouvoir avoir accès à des documents. Ensuite, elle apprendra certaines astuces carcérales qui vont lui permettre de continuer son enquête. Pratiquement sans lien avec l’extérieur, elle ne sait pas ce qui se passe en sa faveur. Heureusement. Aurait-elle continué son enquête au sein de la prison ?

Le style est percutant, les mots ne sont pas vides de sens. On découvre l’univers carcéral féminin. Que ce soit en Grande-Bretagne ou en France, les conditions sont les mêmes. Manque d’effectifs, employés mal payés, directeur souvent dépassés. La répression est toujours mise en place car la peur existe des deux côtés. Dans ces prisons, on peut côtoyer de tout et selon le meurtre commis, le détenu subit une double peine, surtout lorsqu’il a tué un enfant. Trafics en tout genre, gangs, l’univers carcéral est bien décrit en ces quelques pages. Tout comme la douleur des familles, des enfants, qui perdent un de leurs membres. Il y a aussi ces espoirs de libération continuellement déçus par des refus motivés.

Les chapitres sont très courts et alternent très vite. Et surtout on n’oublie pas l’ennemie jurée d’Helen, Emilia, qui a su surfer sur la vague du succès de l’arrestation d’Helen. La journaliste dans toute sa splendeur qui n’émet aucune accusation mais dont le venin est distillé profondément afin que le lecteur se fasse l’opinion désirée par Emilia. Est-ce que le vent va tourner pour elle aussi ?

Il m’a toujours été conseillé de lire le premier de la série, Am Stram Gram, je l’ai dans ma PAL, ce sera chose faite, mais pas tout de suite.

Je remercie les Editions Les Escales pour m’avoir permis de lire A cache-cache.

A cache-cache de M.J. Arlidge

Date de sortie : 13 février 2020

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 380

ISBN : 978-2-36569-505-3

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Victime 2117 de Jussi Adler-Olsen - Editions Albin Michel

Victime 2117 de Jussi Adler-Olsen – Editions Albin Michel

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen, présentation

Joan songe à se suicider. Il n’a pas réussi sa vie. Il n’est plus rien et n’a plus rien. Il pensait être un très bon journaliste mais il n’arrive pas à vendre ses papiers.

Il va boire un café et sort car n’arrive pas à payer. Sur cette plage, une journaliste et son caméraman. Des chiffres s’affichent et augmentent. Ce sont ceux des victimes, des migrants qui s’échouent sur les plages. Joan pense qu’il a un scoop. Il va raconter l’histoire de cette femme morte. Mais sur place, la réalité dépasse la fiction. Cette femme a été assasinée.

Avis de Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Tout commence avec Joan, un journaliste espagnol, qui a un passé assez difficile et qui n’a jamais réussi à percer. Il pense au suicide. Mais sur une plage de Catalogne, il voit des chiffres et un reportage, celui des victimes, des réfugiés qui ont traversé la Méditerranée. Il vole de l’argent à son ancienne petite amie et se rend à Chypre, au bout de la plage où l’ont peut voir la victime 2117, une femme âgée qui ne semble pas aussi démunie que les autres. Mais sur cette plage, il y a également deux femmes et un homme qui attirent son attention.

Au Danemark, il y a ce jeune homme, Alexander, enfermé dans sa chambre. Il passe son temps à jouer. Il éprouve de la haine contre ses parents et le monde entier. Avec cette victime 2117, il décide d’atteindre ce score à son jeu et de sortir pour se venger de ces humains qui ne pensent qu’à eux. Mais entre temps, il appelle la police et notamment Gordon du Département V.

Ensuite, c’est Assad qui rend visite à Rose, sa collègue qui subi un très grand et grave traumatisme. Rose a beaucoup changé. Chez elle, Assad se retrouve au-dessus d’une photo d’un journal où apparaissent deux femmes. Et c’est la plongée dans le passé, un passé horrible.

Huitième enquête du Departement V. Je suis sûre en avoir lu une, peut-être deux et je m’étais dit, il faut que je me fasse toute la série. Ce dernier roman rejoint mon premier sentiment. Il est vrai qu’il peut se lire indépendamment des autres, mais pour moi, quand il y a une série, il faut que je connaisse tous les tenants et aboutissants. Car il s’est passé quelque chose de grave pour Rose et cela doit être le roman précédent. Donc, oui, je vais m’acheter tous les romans et me faire toutes les enquêtes au fur et à mesure.

Le compte à rebours commence pour les uns et les autres, jusqu’au jour final. D’ailleurs, l’auteur consacre des chapitres aux uns et aux autres, ces personnages qui vivent des situations à l’instant présent. Qui va prendre le pas l’un sur l’autre, entre Assad et son tortionnaire ? Car Assad a tout avoué à ses collègues. Il n’est pas l’homme qui que tout le monde pensait. Il a un passé de militaire et pire que ça. Assad a souffert et il souffre encore et toujours. Il sait qu’il peut mourir mais cette mort n’est rien pour lui. Il n’a pas assez souffert face aux sévices subis par celles qu’il aime le plus au monde.

Terrorisme, migrants, étude psychologique des personnages, de leurs douleurs, de leurs détresses, des sévices endurés, de la vengeance qui peut obnubiler une personne, ce roman est vraiment très riche. Toujours aussi bien construit avec ses phrases et situations percutantes. Malgré le passé d’Assad, révélé, le quatuor est toujours aussi soudé. Ils s’inquiètent les uns pour les autres. Leurs caractères sont différents mais ils se complètent tous humainement et professionnnellement. Et ils veulent sauver Assad, leur partenaire et ami.

Les expériences vécues par Joan qui cherche le scoop pour devenir le journaliste qu’il pense être ou encore Alexander, un jeune homme qui a subi une emprise psychologique de la part de son père, sont des éléments incontournables de ce roman. Pareil ici aussi, une brillante étude psychologique de la part de l’auteur d’un homme aux prises avec des terroristes ou d’un jeune homme qui a décidé de se venger parce qu’il a souffert, énormément souffert et qui veut surtout, dans son esprit, venger cette femme morte parce que personne ne s’occupe du sort des migrants.

Humain, profondément humain. De l’humanité tout le long du livre dont on sort grandi mais aussi bouleversé.

Victime 2117 de Jussi Adler Olsen

Date de sortie : 2 janvier 2020

Editeur : Albin Michel

Nombre de pages : 574

ISBN : 978-2-226-39633-4

Oxygène de M.J. Arlidge

 

Oxygène de M.J. Arlidge - Editions Les Escales

Oxygène de M.J. Arlidge – Editions Les Escales

Résumé Oxygène de M.J. Arlidge

C’est son dernier Grand Gala car il n’y trouve plus aucun plaisir. Il vient de rompre avec David. Il est malheureux.

Dans cette boîte de nuit, son regard happe celui d’un autre. Homme, femme, qu’importe, il est attiré. Il suit cette silhouette. Mais il ne sait pas ce qui va se passer.

Avis Oxygène de M.J. Arlidge

Même s’il est toujours bien de lire une série de romans dès le début, Oxygène peut se lire indépendamment des autres. Il est vrai que j’aurais pu connaître l’évolution des personnages, ce qui s’est passé auparavant, les liens entre eux. Toutefois, ils sont très bien décrits dans ce roman avec un petit rappel pour le lecteur. De cet auteur, j’étais restée sur Am stram gram qui est dans ma PAL. Je ne savais pas que la série Helen Grace comptait autant de livres. Bref, ce n’est pas grave, il est possible que je les lise au fur et à mesure. Mais je ne raterai pas le suivant car l’auteur nous laisse sur notre faim avec sa fin qui va amener une suite qu’il faudra absolument que le lise. Cette suite ne se lit pas indépendamment d’Oxygène. J’ai passé un moment agréable avec ce roman, mais sans grande conviction pour ses trois premiers quarts. Le dernier quart vaut le détour car tout s’enchaîne pour cette enquête, entre tous ses membres.

Premier meurtre dans la communauté BDSM. Meurtre horrible. Helen Grace va vite se rendre compte qu’elle connaît la victime, qui fait partie de sa vie personnelle qu’elle veut absolument cacher à tout le monde. On peut être très fort dans sa partie mais avoir des choses à cacher, Donc, elle se taira à plus ou moins bon escient. Quand on est officier de police, la vie privée n’est pas si privée que ça. Car elle pourrait cacher des indices qui pourrait faire avancer l’enquête. C’est le dilemme dans lequel est plongée Helen Grace. Mais pour le moment, elle peut jongler entre les deux. C’est sans compter ceux qui ne lui veulent pas que du bien. Et les menaces lui feront prendre une décision qui la soulagera un temps.

Helen Grace est vraiment un personnage torturé. C’est pour cela que lire la série toute entière permet de connaître son évolution. Pourquoi elle est comme ça, ce qu’elle a vécu de si indicible, pourquoi elle est seule, qu’elle a besoin de dérivatifs, de n’importe quelle nature pour se calmer. Chacun essaie d’avancer malgré ses propres démons intérieurs. Et pour Helen, c’est dans le BDSM, la course, qu’elle essaie de trouver cela. Car en souffrant, elle peut tenter de faire taire sa culpabilité, un temps. Mais la culpabilité revient au galop surtout que le BDSM est devenu comme une drogue, dont elle a beaucoup de mal à se défaire.

Un comportement qui va engendrer de nombreuses questions au sein de son équipe. Des questions mais aussi des coups de colère de la part de Charlie qui doit tout à Helen. Elle lui doit sa récente promotion pas parce qu’elles sont amies, très proches. Mais dans le travail, peut-on outrepasser ses droits, se mettre en colère lorsque des décisions sont prises ? Charlie devra composer avec les décisions de Grace, la rivalité avec sa collègue, une enquête qui l’oblige à mettre sa vie de famille de côté. De plus, Charlie sera face à un dilemme, aider sa meilleure amie ou faire son travail. Les décisions ne sont jamais faciles à prendre lorsque l’on culpabilise. Mais, la conscience professionnelle doit primer. Et puis, il y a ces relations difficiles au sein d’une équipe, lorsqu’on veut des résultats au mépris des règles élémentaires d’entraide. Partout, il faut du coaching pour éviter à de telles extrémités.

Une histoire de femmes avec de nombreuses femmes. Le roman aborde le thème des relations BDSM, acceptées ou pas par les proches, ce qui entraîne un rejet certain pour ceux qui ne comprennent pas. Le BDSM est également détaillé, que ce soit au niveau des pratiques mais aussi des outils utilisés pour les dominants et les dominés. Des activités sexuelles qui peuvent être lourdes de conséquences si on n’y prend pas garde.

Une histoire de vengeance entre deux femmes, enfin une qui veut faire tomber l’autre. Une histoire de vengeance entre une femme et un meurtrier de trois personnes. Mais cette tension que je recherche dans les polars, les thrillers, n’était pas présente pour moi.

Je remercie Netgalley France et les Editions Les Escales pour cette lecture.

Oxygène de M.J. Arlidge

Date de sortie : 21 février 2019

Editeur : Les Escales

Nombre de pages : 384

ISBN : 9782365694001

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron - Editions Fayard

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron – Editions Fayard

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron, présentation de l’éditeur

Son apparence et sa vie fascinent, intriguent. Karl Lagerfeld, le kaiser des podiums, le parrain de la mode s’est toujours dissimulé derrière des masques. Son mystère s’épaissit quand on croit le saisir. Lui-même le reconnaît  : «  Je veux être une apparition. Ça apparaît, ça disparaît.  » Mais qui se cache vraiment derrière les lunettes noires les plus célèbres du monde  ? Quelle est l’Histoire et le passé de cet homme qui ne voudrait vivre que dans le présent  ?
Laurent Allen-Caron a rencontré les témoins de l’ombre. Ceux qui ont bien voulu parler et retracer l’étonnant parcours d’un enfant allemand pour qui Paris représentait un rêve et une ambition.
Journaliste, Laurent Allen-Caron est l’auteur et le réalisateur d’une dizaine de documentaires pour l’émission de Laurent Delahousse Un jour, un destin, dont celui consacré à Karl Lagerfeld, «  Être et paraître  ».

Avis Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Karl Lagerfeld est mort.

J’avais demandé cette biographie parue chez Fayard bien avant de connaître son décès. Avant cette lecture, j’ai vu deux reportages, magnifiques, sur Arte. L’un concernait sa vie en dessins et l’autre la vie, la création d’un défilé par Karl Lagerfeld pour Chanel. Les dessins racontant la vie de Karl Lagerfeld m’ont donné énormément d’indices sur sa vie, sur ce qu’il voulait bien raconter. Cette biographie en dit un peu plus sur cet homme. Mais je n’aurais peut-être pas dû voir ce documentaire de Loïc Prigent avant.

Depuis plus de 30 ans que je m’intéresse à la mode, les créations de Karl Lagerfeld pour Chanel en font partie, même s’il ne fait pas partie de mes couturiers favoris. Je n’ai pas toujours aimé ce qu’il a créé, mais chacun réagit différemment. Derrière le créateur, il y a l’homme, un homme avec énormément de verve, de petites phrases assassines. En ce sens, il ma fait penser à sa mère découverte dans ce reportage et encore plus dans cette biographie.

Karl Lagerfeld est un homme mystérieux, notamment avec ses lunettes noires, son éventail. Il voulait être le seul, l’unique et il a réussi. Il a pris son temps pour apprendre, même si très vite, il se lasse. Il a appris toutes les ficelles qui ont fait de lui un as, le maître en matière de confection, de tissus, en dessins. Erudit, il se passionne pour tout, les gens, les époques, tout est prétexte à s’instruire. La mode, oui, pour de nombreuses marques pour lesquelles il a travaillé en même temps, avec toujours un goût très sûr, en avance sur son temps, mais il n’a jamais réalisé les mêmes croquis. Karl Lagerfeld savait ce qu’il faisait et si cela ne lui plaisait pas, il défaisait et recommençait. L’art sous toutes ses formes, les livres, malgré une vie trépidante, il prenait le temps d’assouvir ses passions, nombreuses. Il achetait également. Homme qui avait de l’argent, de par sa famille, de par son travail, mais qui a su donner des fêtes extravagantes, donner à ceux qui comptaient pour lui. Karl Lagerfeld a trouvé les bons partenaires pour créer comme un échange de bons procédés.

Cette biographie se lit comme un roman. L’auteur, avec les nombreux témoignages, nous fait traverser de nombreuses époques. Il y a l’enfance de Karl Lagerfeld, son arrivée à Paris, son amitié et ses virées avec Yves Saint-Laurent, sa rencontre et sa vie avec Jacques de Bascher, plus tous ceux qui gravitaient autour d’eux. C’était une sacrée époque avec de la drogue, du sexe, de l’alcool. Mais Karl n’est jamais tombé là-dedans. Est-ce pour cela qu’il n’est jamais tombé, qu’il a continué à travailler autant jusqu’à 85 ans ? Bourreau de travail, propriétaire terrien, j’ai découvert un homme que j’aurais bien aimé rencontrer, en définitive.  Ce roman relate ses rapports, notamment avec son père, sa mère, Jacques, un petit peu Inès. Il voulait se créer, il voulait vivre son rêve, lui qui a été adulte très jeune. A-t-il eu le temps de tout accomplir ?

Toute la documentation qui a servi à l’écriture de cette biographie est notée en fin de chapitre mais aussi à la fin du livre. L’auteur se penche, en quelques mots, sur l’après Karl chez Chanel. Rien n’est dit sur son bras droit qui a travaillé avec lui de nombreuses années et que l’on a pu voir dans le reportage. Une femme qui a pris les rênes de Chanel et qui était déjà bien présente lors des nombreuses collections.

Pas un seul ennui à la lecture. Je me demande comment, en si peu de pages, on peut écrire autant sur un homme, plusieurs êtres humains, plusieurs époques. Je remercie Fayard et Netgalley pour cette lecture.

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Date de sortie : 6 février 2019

Editeur : Fayard

Nombre de pages : 218

ISBN : 9782213703732

Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Quand on n'a que l'amour de Nick Alexander

Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander- Amazon Publishing

Résumé Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Sean et Avril sont extrêmement malheureux. Ils rentrent d’un enterrement. Ils sont anéantis par la mort de Catherine.

Maggie, l’amie de Sean et Catherine, est très présente. Un jour, elle lui laisse un carton donné par Catherine.

Avis Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Catherine, la femme de Sean, est décédée d’un cancer. Sean et sa fille Avril sont profondément malheureux. Sean revient dans cette grande maison vide. Il veut faire son deuil et ne semble pas y arriver. Mais leur amie Maggie laisse à Sean un colis. Ce sont 29 photos accompagnées de 29 enregistrements de Catherine, avec pour ordre d’écouter une cassette une fois par semaine. Ce qui court sur une durée de sept mois.

Quand on est malheureux, quand on perd un être cher, il est difficile de faire son deuil. Tout nous rappelle l’absent. On doit se débrouiller, faire face, survivre, continuer à travailler. Quand on reçoit, quelques jours après un décès, des éléments qui font revivre l’absent, on hésite. Un cadeau tombé du ciel ? Un lien avec la personne décédée ? Impossibilité de tourner la page surtout lorsque cela dure sur une si longue période. Tout écouter d’un seul coup ou faire durer le plaisir, la douleur. En 29 photos, enregistrements, Catherine va bouleverser Sean et le mettre en colère également avec ses révélations. Connaît-on vraiment une personne malgré trente années de vie commune ? Qui dit vie commune ne dit pas forcément échanges constructifs mais aussi secrets, inquiétudes, questionnements personnels. C’est ce que Nick Alexander, dans ce roman, dévoile au fur et à mesure des pages.

Le roman ne m’a pas forcément plu. Ce n’est pas le style de l’auteur mais le sujet. J’ai trouvé quelques dialogues limites, notamment ceux d’Avril qui ne ressemblent pas à une jeune femme de 30 ans. Est-ce dû à la traduction ? Est-ce dû à cette souffrance ? Pourquoi laisser des cassettes à son conjoint ? Pourquoi lui révéler des éléments après coup, même si de son vivant, la personne n’a pas trop confiance en elle ? Est-ce que c’est pour qu’il tourne la page plus facilement ? Je n’en sais rien mais cela ne m’a pas extrêmement plu. Toutefois, grâce à ces cassettes, Sean va pouvoir, de lui-même, trouver la solution à un des questionnements de sa femme. Et il aurait voulu le partager avec elle. Un roman sur l’amour entre deux personnes, qui ne se le disent pas forcément car cela dépend de leurs personnalités, de leur vécu. Un amour fort, riche qui aurait pu l’être encore plus. Bien sûr, on peut regretter de ne pas avoir tout dit mais la vie est un perpétuel enrichissement, on apprend tous les jours, même si l’autre est absent.
 
Pour moi, ce roman est sauvé par une dimension politique. Les années Thatcher, la lutte des classes entre les ouvriers, dont Catherine fait partie, et ceux qui sont aisés, la famille de Sean. On peut penser qu’il n’y a qu’en France que tout va mal, que tout le monde s’insurge. Mais c’est valable également en Grande-Bretagne car les gens souffrent également. Et puis, il y a cette histoire de Brexit irrémédiable. Même si certaines personnes manifestent, la Grande-Bretagne ne sera plus la même après. Nombreux sont ceux à partir. De plus, les jeunes laissent faire. Ce n’est pas parce qu’ils ne se sentent pas concernés mais parce qu’ils savent, que quoi qu’ils fassent, les décisions ont déjà prises par le gouvernement. Cela me rappelle notre propre situation politique.
 

Je remercie Netgalley et Amazon Crossing pour cette lecture, même si elle ne va pas me laisser un souvenir impérissable.

Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Date de sortie : 15 janvier 2019

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 304

ISBN : 9782755638554

Prends ma main de Megan Abbott

Prends ma main de Megan Abbott - Editions JC Lattes

Prends ma main de Megan Abbott – Editions JC Lattes

Résumé Prends ma main de Megan Abbott

Kit a une trentaine d’années. Elle travaille dans un laboratoire au milieu d’hommes. Elle a toujours su qu’elle retrouverait Diane, une jeune fille qu’elle a connu pendant sa dernière année de lycée.

Avis Prends ma main de Megan Abbott

Une chronique qui va être un peu compliquée à écrire. Jusqu’à la fin, je me suis demandée si on ne s’était pas trompée de personne, où l’auteur voulait nous emmener. L’auteur alterne les passages avant et maintenant. Avant quand Kit et Diane étaient adolescentes, lorsque Diane est arrivée dans cette classe de terminale et qu’elle et Diane ont travaillé ensemble. Diane a poussé Kit à continuer ses études, à être une des meilleures à la course, mais aussi en science. Kit doit-elle lui dire merci pour tout cela ? Sans Diana, y serait-elle arrivée, aurait-elle vu sa vie professionnelle évoluer de cette façon ? Diane a confié un lourd secret à Kit. Cette dernière n’a jamais dévoilé ce secret jusqu’à maintenant ou n’a pas mentionné la personne, même si les deux personnes au courant savaient qui était concernée.

L’auteur tente de faire monter cette pression d’une personne qui vit avec un lourd secret, dont la vie est somme toute chamboulée par ce secret. Kit, de tout temps, a été une personne seule, qui se lie très peu avec les autres. Maintenant, elle travaille dans un laboratoire, dans un environnement masculin, mais leur directeur de recherches est une femme, le Dr Severin qui va pouvoir enfin concrétiser un de ses rêves, soit avoir des subventions pour mener jusqu’au bout une recherche. Mais seules deux places sont disponibles. Qui sera choisi ? L’arrivée de Diane au labo, après un passage dans un labo prestigieux, change la donne.

Qui manipule ou qui est manipulé ? Roman psychologique qui détaille très bien les affres de l’une et de l’autre. Celle qui vit avec le secret confié et celle qui a confié le secret. Diane est une personne qui souffre et ce depuis de nombreuses années, depuis son enfance. Ses actes parlent pour elle-même, avec cette soif d’être la meilleure en tout, d’avoir un modèle et même de le surpasser, d’avoir également une amie avec qui échanger. Au fil des pages, le lecteur assiste à son évolution, à ses rapports avec les autres, à ce qu’elle a accompli en bien ou en mal. Mais est-ce que tout cela est vrai ? Il y a également l’évolution de Kit, cette jeune fille qui ne croyait pas en elle et qui a réussi.

Personnellement, je m’attendais à mieux avec ce roman. Je ne l’ai pas lu avec déplaisir mais il ne restera pas franchement dans ma mémoire. Même si l’auteur maîtrise son sujet, qu’il soit au niveau des recherches sur les femmes qui changent radicalement, qui souffrent dans leur chair et dans leur âme lorsqu’elles sont indisposées. L’auteur nous démontre également que le cerveau est un grand méconnu, que les actes de certaines personnes ne peuvent pas être compris.  L’auteur laisse également planer sur la fin de ce roman. Personnellement, je me demande si c’est bien l’histoire de Kit qui est racontée.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Prends ma main de Megan Abbott

Date de sortie : 9 janvier 2019

Editeur : JC Lattès Le Masque

Nombre de pages : 312

ISBN : 978-2-7024-4862-8