Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron - Editions Fayard

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron – Editions Fayard

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron, présentation de l’éditeur

Son apparence et sa vie fascinent, intriguent. Karl Lagerfeld, le kaiser des podiums, le parrain de la mode s’est toujours dissimulé derrière des masques. Son mystère s’épaissit quand on croit le saisir. Lui-même le reconnaît  : «  Je veux être une apparition. Ça apparaît, ça disparaît.  » Mais qui se cache vraiment derrière les lunettes noires les plus célèbres du monde  ? Quelle est l’Histoire et le passé de cet homme qui ne voudrait vivre que dans le présent  ?
Laurent Allen-Caron a rencontré les témoins de l’ombre. Ceux qui ont bien voulu parler et retracer l’étonnant parcours d’un enfant allemand pour qui Paris représentait un rêve et une ambition.
Journaliste, Laurent Allen-Caron est l’auteur et le réalisateur d’une dizaine de documentaires pour l’émission de Laurent Delahousse Un jour, un destin, dont celui consacré à Karl Lagerfeld, «  Être et paraître  ».

Avis Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Karl Lagerfeld est mort.

J’avais demandé cette biographie parue chez Fayard bien avant de connaître son décès. Avant cette lecture, j’ai vu deux reportages, magnifiques, sur Arte. L’un concernait sa vie en dessins et l’autre la vie, la création d’un défilé par Karl Lagerfeld pour Chanel. Les dessins racontant la vie de Karl Lagerfeld m’ont donné énormément d’indices sur sa vie, sur ce qu’il voulait bien raconter. Cette biographie en dit un peu plus sur cet homme. Mais je n’aurais peut-être pas dû voir ce documentaire de Loïc Prigent avant.

Depuis plus de 30 ans que je m’intéresse à la mode, les créations de Karl Lagerfeld pour Chanel en font partie, même s’il ne fait pas partie de mes couturiers favoris. Je n’ai pas toujours aimé ce qu’il a créé, mais chacun réagit différemment. Derrière le créateur, il y a l’homme, un homme avec énormément de verve, de petites phrases assassines. En ce sens, il ma fait penser à sa mère découverte dans ce reportage et encore plus dans cette biographie.

Karl Lagerfeld est un homme mystérieux, notamment avec ses lunettes noires, son éventail. Il voulait être le seul, l’unique et il a réussi. Il a pris son temps pour apprendre, même si très vite, il se lasse. Il a appris toutes les ficelles qui ont fait de lui un as, le maître en matière de confection, de tissus, en dessins. Erudit, il se passionne pour tout, les gens, les époques, tout est prétexte à s’instruire. La mode, oui, pour de nombreuses marques pour lesquelles il a travaillé en même temps, avec toujours un goût très sûr, en avance sur son temps, mais il n’a jamais réalisé les mêmes croquis. Karl Lagerfeld savait ce qu’il faisait et si cela ne lui plaisait pas, il défaisait et recommençait. L’art sous toutes ses formes, les livres, malgré une vie trépidante, il prenait le temps d’assouvir ses passions, nombreuses. Il achetait également. Homme qui avait de l’argent, de par sa famille, de par son travail, mais qui a su donner des fêtes extravagantes, donner à ceux qui comptaient pour lui. Karl Lagerfeld a trouvé les bons partenaires pour créer comme un échange de bons procédés.

Cette biographie se lit comme un roman. L’auteur, avec les nombreux témoignages, nous fait traverser de nombreuses époques. Il y a l’enfance de Karl Lagerfeld, son arrivée à Paris, son amitié et ses virées avec Yves Saint-Laurent, sa rencontre et sa vie avec Jacques de Bascher, plus tous ceux qui gravitaient autour d’eux. C’était une sacrée époque avec de la drogue, du sexe, de l’alcool. Mais Karl n’est jamais tombé là-dedans. Est-ce pour cela qu’il n’est jamais tombé, qu’il a continué à travailler autant jusqu’à 85 ans ? Bourreau de travail, propriétaire terrien, j’ai découvert un homme que j’aurais bien aimé rencontrer, en définitive.  Ce roman relate ses rapports, notamment avec son père, sa mère, Jacques, un petit peu Inès. Il voulait se créer, il voulait vivre son rêve, lui qui a été adulte très jeune. A-t-il eu le temps de tout accomplir ?

Toute la documentation qui a servi à l’écriture de cette biographie est notée en fin de chapitre mais aussi à la fin du livre. L’auteur se penche, en quelques mots, sur l’après Karl chez Chanel. Rien n’est dit sur son bras droit qui a travaillé avec lui de nombreuses années et que l’on a pu voir dans le reportage. Une femme qui a pris les rênes de Chanel et qui était déjà bien présente lors des nombreuses collections.

Pas un seul ennui à la lecture. Je me demande comment, en si peu de pages, on peut écrire autant sur un homme, plusieurs êtres humains, plusieurs époques. Je remercie Fayard et Netgalley pour cette lecture.

Le mystère Lagerfeld de Laurent Allen-Caron

Date de sortie : 6 février 2019

Editeur : Fayard

Nombre de pages : 218

ISBN : 9782213703732

Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Quand on n'a que l'amour de Nick Alexander

Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander- Amazon Publishing

Résumé Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Sean et Avril sont extrêmement malheureux. Ils rentrent d’un enterrement. Ils sont anéantis par la mort de Catherine.

Maggie, l’amie de Sean et Catherine, est très présente. Un jour, elle lui laisse un carton donné par Catherine.

Avis Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Catherine, la femme de Sean, est décédée d’un cancer. Sean et sa fille Avril sont profondément malheureux. Sean revient dans cette grande maison vide. Il veut faire son deuil et ne semble pas y arriver. Mais leur amie Maggie laisse à Sean un colis. Ce sont 29 photos accompagnées de 29 enregistrements de Catherine, avec pour ordre d’écouter une cassette une fois par semaine. Ce qui court sur une durée de sept mois.

Quand on est malheureux, quand on perd un être cher, il est difficile de faire son deuil. Tout nous rappelle l’absent. On doit se débrouiller, faire face, survivre, continuer à travailler. Quand on reçoit, quelques jours après un décès, des éléments qui font revivre l’absent, on hésite. Un cadeau tombé du ciel ? Un lien avec la personne décédée ? Impossibilité de tourner la page surtout lorsque cela dure sur une si longue période. Tout écouter d’un seul coup ou faire durer le plaisir, la douleur. En 29 photos, enregistrements, Catherine va bouleverser Sean et le mettre en colère également avec ses révélations. Connaît-on vraiment une personne malgré trente années de vie commune ? Qui dit vie commune ne dit pas forcément échanges constructifs mais aussi secrets, inquiétudes, questionnements personnels. C’est ce que Nick Alexander, dans ce roman, dévoile au fur et à mesure des pages.

Le roman ne m’a pas forcément plu. Ce n’est pas le style de l’auteur mais le sujet. J’ai trouvé quelques dialogues limites, notamment ceux d’Avril qui ne ressemblent pas à une jeune femme de 30 ans. Est-ce dû à la traduction ? Est-ce dû à cette souffrance ? Pourquoi laisser des cassettes à son conjoint ? Pourquoi lui révéler des éléments après coup, même si de son vivant, la personne n’a pas trop confiance en elle ? Est-ce que c’est pour qu’il tourne la page plus facilement ? Je n’en sais rien mais cela ne m’a pas extrêmement plu. Toutefois, grâce à ces cassettes, Sean va pouvoir, de lui-même, trouver la solution à un des questionnements de sa femme. Et il aurait voulu le partager avec elle. Un roman sur l’amour entre deux personnes, qui ne se le disent pas forcément car cela dépend de leurs personnalités, de leur vécu. Un amour fort, riche qui aurait pu l’être encore plus. Bien sûr, on peut regretter de ne pas avoir tout dit mais la vie est un perpétuel enrichissement, on apprend tous les jours, même si l’autre est absent.
 
Pour moi, ce roman est sauvé par une dimension politique. Les années Thatcher, la lutte des classes entre les ouvriers, dont Catherine fait partie, et ceux qui sont aisés, la famille de Sean. On peut penser qu’il n’y a qu’en France que tout va mal, que tout le monde s’insurge. Mais c’est valable également en Grande-Bretagne car les gens souffrent également. Et puis, il y a cette histoire de Brexit irrémédiable. Même si certaines personnes manifestent, la Grande-Bretagne ne sera plus la même après. Nombreux sont ceux à partir. De plus, les jeunes laissent faire. Ce n’est pas parce qu’ils ne se sentent pas concernés mais parce qu’ils savent, que quoi qu’ils fassent, les décisions ont déjà prises par le gouvernement. Cela me rappelle notre propre situation politique.
 

Je remercie Netgalley et Amazon Crossing pour cette lecture, même si elle ne va pas me laisser un souvenir impérissable.

Quand on n’a que l’amour de Nick Alexander

Date de sortie : 15 janvier 2019

Editeur : Amazon Publishing

Nombre de pages : 304

ISBN : 9782755638554

Prends ma main de Megan Abbott

Prends ma main de Megan Abbott - Editions JC Lattes

Prends ma main de Megan Abbott – Editions JC Lattes

Résumé Prends ma main de Megan Abbott

Kit a une trentaine d’années. Elle travaille dans un laboratoire au milieu d’hommes. Elle a toujours su qu’elle retrouverait Diane, une jeune fille qu’elle a connu pendant sa dernière année de lycée.

Avis Prends ma main de Megan Abbott

Une chronique qui va être un peu compliquée à écrire. Jusqu’à la fin, je me suis demandée si on ne s’était pas trompée de personne, où l’auteur voulait nous emmener. L’auteur alterne les passages avant et maintenant. Avant quand Kit et Diane étaient adolescentes, lorsque Diane est arrivée dans cette classe de terminale et qu’elle et Diane ont travaillé ensemble. Diane a poussé Kit à continuer ses études, à être une des meilleures à la course, mais aussi en science. Kit doit-elle lui dire merci pour tout cela ? Sans Diana, y serait-elle arrivée, aurait-elle vu sa vie professionnelle évoluer de cette façon ? Diane a confié un lourd secret à Kit. Cette dernière n’a jamais dévoilé ce secret jusqu’à maintenant ou n’a pas mentionné la personne, même si les deux personnes au courant savaient qui était concernée.

L’auteur tente de faire monter cette pression d’une personne qui vit avec un lourd secret, dont la vie est somme toute chamboulée par ce secret. Kit, de tout temps, a été une personne seule, qui se lie très peu avec les autres. Maintenant, elle travaille dans un laboratoire, dans un environnement masculin, mais leur directeur de recherches est une femme, le Dr Severin qui va pouvoir enfin concrétiser un de ses rêves, soit avoir des subventions pour mener jusqu’au bout une recherche. Mais seules deux places sont disponibles. Qui sera choisi ? L’arrivée de Diane au labo, après un passage dans un labo prestigieux, change la donne.

Qui manipule ou qui est manipulé ? Roman psychologique qui détaille très bien les affres de l’une et de l’autre. Celle qui vit avec le secret confié et celle qui a confié le secret. Diane est une personne qui souffre et ce depuis de nombreuses années, depuis son enfance. Ses actes parlent pour elle-même, avec cette soif d’être la meilleure en tout, d’avoir un modèle et même de le surpasser, d’avoir également une amie avec qui échanger. Au fil des pages, le lecteur assiste à son évolution, à ses rapports avec les autres, à ce qu’elle a accompli en bien ou en mal. Mais est-ce que tout cela est vrai ? Il y a également l’évolution de Kit, cette jeune fille qui ne croyait pas en elle et qui a réussi.

Personnellement, je m’attendais à mieux avec ce roman. Je ne l’ai pas lu avec déplaisir mais il ne restera pas franchement dans ma mémoire. Même si l’auteur maîtrise son sujet, qu’il soit au niveau des recherches sur les femmes qui changent radicalement, qui souffrent dans leur chair et dans leur âme lorsqu’elles sont indisposées. L’auteur nous démontre également que le cerveau est un grand méconnu, que les actes de certaines personnes ne peuvent pas être compris.  L’auteur laisse également planer sur la fin de ce roman. Personnellement, je me demande si c’est bien l’histoire de Kit qui est racontée.

Je remercie Netgalley et les Editions JC Lattès pour cette lecture.

Prends ma main de Megan Abbott

Date de sortie : 9 janvier 2019

Editeur : JC Lattès Le Masque

Nombre de pages : 312

ISBN : 978-2-7024-4862-8

Mon âme frère de Gaël Aymon

Mon âme frère de Gaël Aymon - Actes Sud Junior

Mon âme frère de Gaël Aymon – Actes Sud Junior

Résumé Mon âme frère de Gaël Aymon

Camille est au lycée. Depuis quelque temps, ses notes ne sont pas bonnes.

Elle est amoureuse de Yanis. Ils ne sont pas dans le même lycée.

Avis Mon âme frère de Gaël Aymon

Ce roman est le troisième mais il peut se lire indépendamment des deux autres. Toutefois, avec la qualité littéraire de ce roman, je vais tout de même m’empresser de lire Ma réputation et Oublier Camille.

Dans ce roman, on retrouve Camille, jeune lycéenne de seconde dans un lycée très recherché. Son avenir est tout tracé par ses parents. Un bac littéraire, une prépa et de grandes études. Mais est-ce que cela convient réellement à Camille , Ses résultats sont en chute libre. Pourtant, elle a les capacités pour réussir. Mais voilà, Camille est amoureuse et elle tente de passer autant de temps que possible avec Yanis. Camille et Yanis ne sont pas dans le même lycée, ils disposent donc de peu de temps pour se retrouver. Les parents de Camille ont décidé de sévir. La jeune fille est privée de portable et de sorties avec son petit ami. Elle commence donc à lui écrire.

Camille est une jeune fille qui se cherche. Elle ne sait pas encore ce qu’elle veut faire. Elle ne comprend pas ses parents et surtout son père qui semble être assez violent. Elle possède une analyse très fine des oeuvres littéraires et notamment de la condition des femmes en amour. D’ailleurs, elle déroute sa prof de français. Camille ne veut pas se conformer à ce que l’on attend d’elle. Elle veut être elle-même, elle ne veut pas étouffer. Elle ne veut pas que prendre mais aussi donner. Elle ne veut pas changer de caractère. Une jeune fille très forte qui a pris ses décisions seule même si cela fait mal. Une jeune fille honnête envers elle-même et envers les autres.

L’auteur, dans ce roman et avec Camille, nous montre que les adolescents vivent pour et par les réseaux sociaux. S’ils n’y sont pas, ils ont raté leur vie. Mais il suffit d’une prise de conscience que Camille aura en discutant, en échangeant, mais pas avec ses amis. Un roman qui montre que les femmes doivent être respectées, que ces jeunes filles qui deviennent des femmes ne doivent pas se cacher sous des tas de vêtements. Elles ont, quand même, bien le droit, de séduire et de se sentir belle et à l’aise dans leurs corps. D’ailleurs, Camille subira une situation qui la forcera à s’interroger sur elle, sur ce qu’elle a pu encourager ou pas et surtout ce que les garçons, les hommes ne doivent pas faire. Cela rejoint la condition des femmes dans les oeuvres littéraires écrites par certains hommes, certaines femmes. Les femmes restent passives face aux hommes violents. L’homme est pratiquement toujours présenté comme un Dieu ou avec des problèmes. Et il y a ce thème de la pornographie qui rabaisse les femmes, qui montre les hommes tout puissants, violents envers elles. Et les hommes sont friands du porno. Cela rejoint un reportage vu à la télévision le samedi avant ma lecture. L’auteur aborde également le thème des études imposées par les parents. Il faut que leurs enfants réussissent, prennent la voie royale, sans tenir compte de ce qu’ils veulent réellement. Il est vrai qu’à cet âge, certains enfants ne savent pas trop quel sera leur avenir. Mais les études, quelles qu’elles soient, peuvent mener à l’épanouissement d’un être. Et il y a toujours la possibilité de s’enrichir autrement.

J’arrive pratiquement toujours à trouver mon compte dans des livres destinés aux adolescents et c’est le cas avec celui-ci. J’ai beaucoup aimé cette jeune fille qui se cherche, qui va, enfin, pouvoir imposer ses choix à ses proches. Elle vit sous la plume de l’auteur. J’avais l’impression qu’il racontait la vie d’une jeune fille qu’il connaissait. Pour connaître les états d’âme, les questionnements, les envies des adolescents, il faut un tant soit peu l’avoir vécu. Si ce n’est pas le cas, bravo car tout est vraiment bien raconté et bon nombre de jeunes filles pourront se retrouver en Camille.

Je remercie Actes Sud Junior pour l’envoi et Gaël Aymon pour la dédicace.

Mon âme frère de Gaël Aymon

Date de sortie : octobre 2018

Editeur : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 168

ISBN : 978-2-330-11142-7

Je t’aime de Barbara Abel

Je t'aime de Barbara Abel

Je t’aime de Barbara Abel

Résumé Je t’aime de Barbara Abel

Quatre prénoms féminins, Maude, Solange, Nicole et Alice. Elles ont toutes vécu une première fois, un premier amour.

Maude rentre chez elle. Elle est victime d’une migraine et elle découvre sa belle-fille, Alice, en train de fumer un joint.

Avis Je t’aime de Barbara Abel

Trois femmes et une jeune fille qui vont être liées, plus ou moins, après un drame fatal, pour lequel Barbara Abel nous offre des paragraphes très courts pour faire monter la pression. L’une d’entre elles s’en sortira plus ou moins bien, en tous les cas mieux que les trois autres. Deux femmes qui vont perdre chacune leur enfant unique. Une jeune fille qui va perdre son premier amour et la dernière qui devra faire face à une fin de relation.

Nicole est greffière. Son métier lui prend énormément de temps mais elle a élevé seule son fils, Bruno, un jeune homme bien sous tous rapports. Mais Bruno fume des joints de temps en temps. Et Bruno est amoureux d’une jeune fille. Sa mère les surprend tous les deux. Et cette jeune fille ne lui plait pas. Lorsque Bruno ramène Alice, il lui déclare son amour mais Alice ne répond pas comme il le souhaite. Pas dans son état normal, il provoque un grave accident. Nicole perd son fils et Alice son premier amour. La première veut que la mémoire de son enfant ne soit pas ternie par le fait qu’il ait fumé. Pour elle, il n’y a qu’une seule responsable, c’est Alice. Et si la justice ne fait pas son travail, elle s’en chargera. En plus, Alice, par son comportement, sa tenue, ne possèdent pas les bons atouts pour être une bonne petite amie. Elle vient d’un milieu aisé et a donc tout ce qu’elle souhaite. Nicole décide donc qu’elle est comme tous ces délinquants qu’elle côtoie tous les jours. Il n’y a rien à tirer d’Alice.

Jusqu’où peut aller un père, une mère pour protéger son enfant, son honneur ? Très loin, semble-t-il. Simon, malgré la colère envers sa fille, Alice et ses soupçons, tentera de la sauver. Pour cela, il mettra plus que son couple, formé avec Maude, en danger. Il changera du tout au tout. Il révèlera ses plus mauvais côtés. Mais il n’y a que sa fille qui compte, une enfant qui est orpheline de mère. Déjà, avec son ex-femme, ils ont protégé cette petite fille du désastre de la fin d’un mariage mais pas de la mort. Maude, quant à elle, avec cette famille recomposée, a tenté de se rapprocher d’Alice. C’est pour cela qu’elle n’a pas confié à Simon qu’elle avait vu Alice en train de fumer un joint. Un mensonge par omission, un secret qui la torturera énormément. Surtout lorsque la famille sera la cible de l’enquête sur le trafic d’herbe. Mais Maude, après un divorce difficile, veut sauver son couple car elle a enfin trouvé l’amour, l’homme avec qui elle semble tout partager. Toutefois, pour elle aussi, elle fera tout pour protéger ses deux enfants, son fils et sa fille.

Quant à Alice, c’est son premier amour. La jeune fille qui a du mal à avouer ses sentiments, se trouve anéantie par la mort de Bruno. Elle plonge dans le désespoir le plus complet. Et la garde à vue, le fait qu’elle soit accusée, ne vont rien arranger du tout pour cette jeune fille. La garde à vue d’Alice est relatée. Est-elle responsable de ce dont on l’accuse, elle qui proclame son innocence ? En tous les cas, la police n’y va pas avec le dos de la cuillère. Même si la jeune fille est déjà au plus mal, elle affronte le début sûre de son fait. Mais la douleur, la fatigue la font basculer.

Des destins qui se croisent. Une façon de raconter indéniable. On ne juge personne ici. Tous les personnages basculent, à des degrés divers, et le lecteur avec eux. La souffrance est là indéniable. Quand l’amour vire donc à la haine car l’un et l’autre ne sont jamais bien loin. On aime, on n’aime plus pour aimer à nouveau après avoir apaisé des souffrances. Mais certains amours restent profondément ancrés en soi car ils sont le vecteur du développement, de la vie future. On est tous à la recherche de l’amour. On ne peut pas vivre sans. Et quand il s’en va, on se trouve démuni et chacun réagit à sa façon. Chacun veut préserver l’amour ressenti même si on cache certains faits. De là, la culpabilité et le manque de confiance peuvent naître car on sait que l’autre se sentira trahi. Même en amour, les mots prononcés à un moment de colère peuvent faire mal, très mal. Les phrases qui blessent peuvent être irrémédiables. Peut-être est-ce parce que Solange n’a pas une grande part dans ce roman par rapport aux autres qu’elle clôture ce roman. Pourtant, elle a attendu tellement d’années pour avoir cet enfant qu’elle n’espérait plus. Je ne m’attendais pas à ce développement que l’on trouve vers la fin du livre. En tous les cas, un roman profondément addictif.

Je t’aime de Barbara Abel

Date de sortie : 18 septembre 2018

Editeur : Belfond

Nombre de pages : 462

ISBN : 978-2_7144-7633-3

Trop de chefs, pas assez d’indiens de Marion Achard

Trop de chefs, pas assez d'indiens de Marion Achard

Trop de chefs, pas assez d’indiens de Marion Achard

Résumé Trop de chefs, pas assez d’indiens de Marion Achard

Lally a 10 ans, elle est la fille d’un chef indien Cherokee. Mais ce n’est que dans ses rêves car elle a une imagination débordante qui lui joue énormément de tours dans sa vie quotidienne, à l’école.

D’ailleurs, tout cela déplaît aux adultes qu’elle côtoie.

Avis Trop de chefs, pas assez d’indiens de Marion Achard

Un petit roman qui se laisse lire pour un adulte. Très facile. Cela prendre peut-être un peu plus de temps pour un enfant qui se retrouvera ou pas dans le personnage de Lally. Elle est en CM2 et cela ne se passe pas bien pour elle. Elle n’a pas de très bons résultats, va avec la boule au ventre à l’école et surtout les adultes ne la comprennent pas. Pourquoi ? Parce que Lally est une rêveuse, elle aime les histoires, notamment celles d’indiens. Si elle était interrogée en classe, elle obtiendrait de très bonnes notes. Mais Lally aime expérimenter et on comprendra pourquoi. On comprendra également la raison de ce mal-être, de cette envie de fuir, de connaître autre chose que son village où tout le monde se connait, a des opinions sur chacun.

Après analyse, Lally est, je trouve, une petite fille qui souffre. Heureusement qu’elle a sa meilleure amie, mais cela ne suffit pas. Elle recherche l’amour de ses parents, et notamment de sa mère. Cette brève rencontre avec Aldo va lui permettre de rencontrer quelqu’un qui va la comprendre. Bien sûr, elle échafaudera des hypothèses mais il lui fera un magnifique cadeau. Même si elle ne comprend pas tout, Lally sera extrêmement franche avec ce jeune homme. Elle avait besoin de lui et il a eu besoin d’elle. Quand une rencontre est magique et permet de changer le cours d’existences, c’est magnifique.

J’aime ces auteurs qui savent parler aux enfants, même les plus jeunes sans utiliser de mots trop difficiles. La lecture est plaisante et aborde les thèmes de l’amitié entre enfants, enfants et adultes. Autre thème celui de l’enfant qui ne se sent pas à sa place dans un monde trop régi par les lois, par la norme. On ne donne pas assez de place à ses enfants rêveurs, qui ont beaucoup d’imagination et qui s’instruisent d’un autre côté, grâce à leurs passions. Ces enfants peuvent être déstabilisés lorsqu’ils rencontrent une situation qui se révèle fausse. Comme le dit si bien l’auteur par la voix, l’écriture de Lally. Le cerveau prend du temps pour apprendre un fait, des données. Lorsque ces derniers sont faux et qu’il n’y a pas d’explications données, il est encore plus difficile à ce même cerveau d’annuler l’info apprise et d’en apprendre une autre.

Pour information, lorsque j’ai lu le titre, je m’attendais à une toute autre histoire. Il m’a fait penser à ces livres de développement personnel où l’on est en prise avec un Chef et que l’on est un indien qui doit suivre les idées de ce chef et ne pas montrer trop de résistances. Je pensais que ce serait une histoire de cour d’école avec ceux sont les stars de l’école, qui font et défont les amitiés et qui acceptent ou pas d’autres élèves. Je me suis trompée de bout en bout et ce n’est pas plus mal.

Je remercie les Editions Actes Sud Junior pour cette lecture.

Trop de chefs, pas assez d’indiens de Marion Achard

Date de sortie : mai 2018

Nb pages : 97

Editeur : Actes Sud Junior

ISBN : 978-2-330-10384-2

Sang maudit d’Ange

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Résumé Sang maudit d’Ange

Angie est avec son ami Matt lorsqu’elle est agressée dans le métro. Ils arrivent à repousser les assaillants mais on lui annonce qu’elle va mourir dans la semaine.

Elle porte plainte. Dès que son nom qui lui vient de sa mère est connu, la police ne veut pas faire grand chose.

Avis Sang maudit d’Ange

Je n’ai pas franchement adhéré au concept de Sang Maudit. Le roman n’est pas mauvais malgré tout. J’ai été déstabilisée dès le départ et cette impression s’est ressentie tout le long du roman. Pourtant l’idée était vraiment bonne. Un roi, Louis XXIV, 15 ans, qui va être couronné à Paris, donc un gouvernement monarchique. Mais l’histoire se passe de nos jours avec tout ce que cela implique à Paris, comme les métros et une société qui ne peut pas se passer de toute la technologie. Entre un château de Versailles dont les murs semblent sur le point de sombrer et des téléphones portables et tout le reste, cela crée un sacré décor.

Les différences sont énormes entre tous ces riches de la Cour et le peuple, même si certains veulent la République. Cela donne des situations où ceux qui ont l’argent méprisent ceux qui ont peu, même s’ils sont instruits. D’ailleurs, pour ces derniers, les accès aux écoles, aux hautes fonctions n’arrivent pas. Entre décadence, perversité, le monde de la Cour n’est pas beau à voir. Et cela nous rappelle d’autres temps. En plus, il y a un autre ingrédient, les vampires. Cela fait beaucoup pour un seul roman. Ce qui m’a déstabilisé également est de retrouver tous ces noms connus historiquement avec deux familles françaises qui ont intrigué tant et plus pour avoir le pouvoir. Mais peut-être que les auteurs ont privilégié ce type d’histoire pour un public jeune, pas trop intéressé à l’Histoire. Cela leur permet peut-être d’apprendre leurs cours.

Angélique/Angie est une jeune fille élevée par son père. Elle descend des Noailles et n’a plus aucun contact avec sa mère. Mais cette dernière lui annonce qu’elle doit être présentée à la Cour. Angie se rebelle et refuse qu’on lui donne des ordres, surtout qu’elle vient d’apprendre qu’elle est marquée. Elle a été victime d’une tentative de meurtre et doit mourir dans la semaine. A Versailles, Angélique va se faire des amis, connaître beaucoup de choses sur la royauté et surtout elle va assister à des meurtres, des effusions de sang. Angélique a la particularité de ressentir, d’entendre les émotions des autres, les pensées. Elle va avoir un lien particulier avec un homme, un d’Orléans. Et surtout elle apprendra qu’il y a des vampires. Elle est souvent accompagnée de sa meilleure amie. Quant à son meilleur ami dont elle est tombée amoureuse, leur relation va souffrir de ce beau monde rencontré.

Angélique va donc tenter de sauver le Roi, se sauver, car on le voit bien la Monarchie est en réel danger. Surtout qu’une maladie tue et pas que les gens du peuple. L’histoire est tout de même assez rocambolesque. Elle se laisse lire. Les ingrédients sont tout de même là avec de la magie, des connexions de pensées, le sang, des morts et surtout une Révolution qui n’a jamais eu lieu. A vous de découvrir pourquoi.. Mais un roman un peu trop dense auquel il manque une explication, notamment concernant Matt. Par contre, j’ai beaucoup aimé le personnage de Louis, ce jeune roi. Il parle peu mais il écoute beaucoup. Même s’il parait ne pas pouvoir tenir sa fonction, le roman démontrera que ce jeune homme a vraiment l’étoffe d’un grand homme. Pourtant…

Je remercie Babelio pour cette sélection Masse Critique et les Editions Castelmore.

Sang maudit d’Ange

Date de sortie : 16 août 2017

Nb pages : 414

Editeur : Castelmore

ISBN : 978-2-36231-293-9