Lëd de Caryl Férey

Lëd de Caryl Férey, présentation

Il fait -64°, ouragan sibérien à Norilsk. L’hiver dure 8 mois là-bas.

Gleb Berensky est chez lui. Il est en couple avec Nikita. Il veut prendre une photo.

Ada, qui veut qu’on l’appelle Dasha, est seule depuis la mort de sa grand-mère.

Avis Lëd de Caryl Férey

En plein hiver, un soir d’ouragan, Gleb veut faire la plus belle photo qui soit, au péril de sa vie. Mais le toit de l’immeuble s’effondre. Dasha est sauvée aussi bien par Gleb que par un chauffeur de taxi. Un cadavre est retrouvé dans les décombres. Boris doit enquêter, savoir qui est cet homme. Il sera opiniâtre mais n’aura pas beaucoup de moyens, malgré les recoupements qu’il peut faire, les interrogatoires qu’il mène et la disparition d’une jeune femme, autrice d’un blog écologique.

lëd = glace en russe.

Un très bon auteur français que je retrouve avec grand plaisir. Caryl Férey s’attache à nous dépeindre le quotidien d’hommes, de femmes à Norilsk, le véritable bout du monde très froid, en Sibérie. Pour moi, ce n’est pas franchement un thriller, mais un roman hautement psychologique qui étudie à fond ses personnages, leur vie actuelle, leurs tentatives pour essayer de vivre mieux mais sans grand espoir pour eux. Ce sont des amis pour la plupart qui se retrouvent pour faire la fête, pour oublier, un temps, la dureté de leur quotidien.

Norilsk est l’endroit où les gens sont mutés pour les punir. Norilsk est également l’endroit des goulags où les gens ont été emprisonnés, bien souvent, pour des broutilles, car ils étaient contre le pouvoir.

Nous avons une belle palette de personnages, comme Gleb, Ada, soit Dasha, Boris et Anya, mais aussi beaucoup d’autres. C’est un monde de mineurs, qui travaillent dur, souvent au péril de leur vie. C’est une ville russe sans grandeur où les bâtiments sont délabrés, où la pollution est très intense, où les jeunes vieillissent plus vite qu’ailleurs. Ces jeunes, outre les sorties lorsqu’ils le peuvent, sont souvent poètes et expliquent leur mal-être en vers, en musique. 

Caryl Férey, très documenté sur la politique de la Russie, révèle des faits que nous connaissons pratiquement tous, la politique de pratiquement tous les dirigeants russes, et le dernier en date Poutine. Les Russes subissent cette politique, tentent de se soulever, mais ils sont nombreux à ne pas croire en l’Occident, surtout quand cette propagande est vraiment efficace. Les Russes ont peu d’argent pour vivre, ils essaient de s’en sortir malgré tout. Mais comme dans toute société, il y a ceux qui n’ont rien et ceux qui ont tout et qui font des trafics tant et plus, sans être poursuivis car l’Etat les protège. Combien de milliards sont ainsi détournés. Certains Russes se cachent lorsque leur vie n’est pas conforme, non acceptée par l’Etat, comme l’homosexualité. Car ils savent ce qu’ils risquent. Mais les Russes ne vont pas tous faire de la délation. 

Il y a bien entendu l’enquête mais elle n’a pas si grande dimension, à mon avis, même si Caryl Férey nous réserve des surprises, avec ces petits chapitres en italique. Il y a des décès mais à quoi sont-ils dûs ? Le premier est ce nomade. Mais pourquoi s’est-il retrouvé en ville si loin de son point d’ancrage ? Caryl Férey nous en apprend beaucoup sur ces nomades, mal vus, qui vivent dans les conditions les plus extrêmes et qui ont maintenant besoin de certains éléments de notre siècle. Mais ils gardent leurs traditions également et ils ne donnent pas facilement leur confiance.

C’est le roman d’une quête, celle de Dasha, qui apprend, après la mort de sa grand-mère, que tout son passé lui a été tu. Comment grandir ? Comment appréhender son futur lorsque l’on ne connait rien de son passé ? Ce sera un devoir de mémoire quand elle apprendra la vérité. Même si certains documents ont disparu, il reste encore des témoignages.

La Russie m’a toujours attiré. La Russie de ces grands espaces, la Russie de ces femmes et hommes, en définitive, si forts, avec une immense culture, un passé très riche, ses tsars, les guerres, le communisme…

Toujours autant de difficultés à lire le soir à cause d’une très grande fatigue. Je profite, donc, du matin et des transports en commun pour avancer dans mes romans. Ce n’est pas un réel coup de coeur, mais très agréable à lire.

Lëd de Caryl Férey

date de sortie : 14 janvier 2021

Editeur : Les Arènes

Isbn : 978-10-375-0278-0

Nombre de pages : 525

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