Ombres chinoises de Lisa See

Ombres chinoises de Lisa See – Source J’ai Lu

Ombres chinoises de Lisa See – Source J’ai LuJoy est étudiante. Elle est d’origine chinoise. Elle est informée d’un secret familial. Son père s’est suicidé. Elle décide de partir en Chine pour participer à l’effort demandé par Mao qui a besoin de bras. Sa mère, Perle, décide que sa fille doit revenir aux Etats-Unis. Elle part tenter de la rejoindre en Chine.

Même si je suis Miss Polars, je me rends compte au gré de mes lectures que j’aime pas mal de sujets. Et ce roman ne fait pas exception à la règle. L’Histoire avec un grand H, les pays, les situations romancées mais qui pourraient être réelles font que j’adhère très souvent à un roman. Celui-ci se passe en Chine, 10 ans après l’avènement de Mao. La Chine, un pays que je ne rêve absolument pas de visiter, m’a toujours, toutefois, attiré par son Histoire. Les histoires qui se passent en Chine avec des explications politiques me passionnent. Cela me permet de découvrir ce qui a pu s’y passer ou ce qui s’y passe. Le roman de cet auteur nous narre le Grand Bond en avant et ce qui en a résulté pour des millions de Chinois vivant dans ce pays, ceux qui ont voulu y revenir pour participer à l’effort du pays et ceux qui étaient expatriés. Tous ceux qui habitaient en Chine n’étaient pas logés à la même enseigne. Sans dévoiler toute l’histoire et je ne sacrifierai pas non plus à la tendance actuelle de faire genre ou mode en utilisant un mot anglais, le roman raconte l’histoire principalement de deux femmes. Joy, jeune fille vivant aux Etats-Unis, qui suite à des révélations familiales, a décidé de partir en Chine retrouver son vrai père et participer à la construction de ce pays car elle a idéalisé les discours de Mao. Mais elle veut également punir les siens et surtout se punir. Ensuite, il y a Perle, Chinoise, qui a pu être découverte dans un roman précédent, Les filles de Shanghaï, qui a élevé Joy et qui a décidé d’aller chercher sa fille pour la ramener aux Etats-Unis. Le roman couvre un très grand nombre d’années, car à cette époque, si tu pars chercher quelqu’un, cela ne se passe pas en quelques semaines, quelques mois. Nous avons donc l’histoire vu du côté de Perle et du côté de Joy.

Je ne juge absolument pas Joy. Je n’ai même pas envie de la secouer. Je la sens assez forte pour comprendre que ce qu’elle pense de la Chine sera remis en question, même s’il faut, pour cela des années. Ah oui, elle a connu la vie à la campagne où tous pensaient qu’ils étaient libres, en particulier les femmes. Mais en retrouvant son père, peintre célèbre, qui doit toutefois éviter la prison et les camps, elle reste dans un monde assez privilégié. Sa découverte de la campagne et de sa vie rudimentaire la surprend tout de même. Mais elle semble bien endoctrinée par les idées, véhiculées tous les jours par Mao et ses dirigeants. Les privilèges n’auront plus cours lorsqu’elle retournera dans cette campagne et qu’elle devra faire face aux décisions de Mao, relayées par les cadres, entraînant la famine pour des millions de gens et la mort.

Quant à Perle, même si elle veut ramener à tout prix sa fille aux Etats-Unis, elle doit y aller en douceur et laisser faire le temps. Fâchées, elle doit lui démontrer qu’elle tient vraiment à elle et qu’elle ne contredira pas ses décisions. Elle a foi en sa fille, quitte à souffrir pendant de nombreuses années, à travailler, à ne pas retrouver la ville qu’elle a aimé et quitté.

Si nous avons un très beau roman constitué de pans de vie, de personnages auxquels on s’attache, l’auteur est très bien documentée concernant la politique menée par la Chine dans les années 1960, la terreur qui s’installe au fur et à mesure des prises de décision. Elle nous détaille les échanges de courrier entre ceux qui sont en Chine et ceux qui sont en Amérique, comment ils arrivent à contourner la censure, à faire passer argent – que recherche la Chine pour pouvoir se construire – et des aliments. Les villes ont également énormément changé. Ceux qui étaient en Chine et qui s’étaient enfuis ne retrouvent pas le pays d’alors. Tout est sale, tout est gris, il ne reste plus aucune boutique, plus aucun lieu pour faire la fête. Tout doit être fait pour que la société occidentale soit oubliée, abolie. La Chine n’a pas besoin de ces pays. Elle se ferme au monde. Elle endoctrine ses habitants pour qu’ils travaillent encore plus. Les grossesses sont les bienvenues car elles permettront au pays d’avoir plus de bras. Pourtant, d’un autre côté, en invitant certains pays, elle montre que le pays est riche. Les repas sont grandioses alors que les habitants meurent de faim. Il y en aurait tellement à dire sur tout ce que l’on peut lire au fil des pages, mais je laisse ça aux futurs lecteurs. Par contre, il y a également ce qui s’est passé aux Etats-Unis envers les Chinois et ceux qui sont soupçonnés par la CIA de participer à des actions communistes.

J’ai été happée par l’histoire, par le style de l’auteur, par la richesse de ce roman, par la Chine, par la situation politique décrite.

Merci aux Editions J’ai Lu.

Ombres chinoises de Lisa See

date de sortie : 7 mai 2014

Editeur : J’ai Lu

ISBN : 9782290068809

Nb de pages : 602

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