Les proies du lac de Kate Watterson

Les proies du lac de Kate Watterson – Source Presses de la Cité

Ellie MacIntosh est enquêtrice. Elle est appelée suite à la découverte d’une voiture abandonnée. Pas de traces d’un meurtre mais avec cette quatrième disparition sans cadavre en un an et demi.

Bryce Grantham a décidé de se reposer dans le chalet de ses parents dans le nord du Wisconsin. Il rencontre une jeune fille, Melissa, qu’il raccompagne chez lui suite à un souci de voiture. Le lendemain, il veut lui ramener son portable mais il découvre des traces de sang et une chaussure. Il appelle la police.

Un bon polar qui fait passer un très bon moment. Le scénario n’est pas nouveau avec un tueur en série, des femmes qui disparaissent, la police qui n’a aucune piste et un homme qui semble être le coupable idéal. Mais l’auteur nous entraîne tout de même dans une belle aventure avec ces grands espaces, ces forêts, le temps exécrables puisque nous sommes à la sortie de l’automne et qu’il ne reste que les autochtones. Les routes deviennent vite impraticables avec la tempête. Les coins sont reculés. Seuls sont là ceux qui veulent trouver le silence comme Bryce ou Melissa, qui continue ses études. Lorsqu’on habite dans ces contrées, si sauvages, difficile d’en partir, comme Ellie.

Chaque chapitre commence avec les réflexions du Chasseur. On voit très vite que c’est un homme. Il est un Chasseur dans les deux sens, animaux et êtres humains et en particulier les femmes. Vers le milieu du roman, on sent très vite qu’il se méfie d’Ellie, l’inspectrice, même s’il est heureux d’être passé entre les mailles du filet pendant tout ce temps. Même s’il s’en prend aux femmes, il fait de Bryce un parfait bouc-émissaire pour détourner les soupçons. Si intelligent soit-il, il commet des erreurs car les disparitions sont trop rapprochées.

Je ne pense pas que la relation entre Ellie et Bryce soit un élément important à ce roman. C’est un petit rajout de l’auteur pour donner un côté romantique, si je puis dire et démontrer que l’un et l’autre sont amplement différents. Ellie, bien que faisant son travail d’enquêtrice, n’a jamais pensé qu’il pouvait être coupable. Son intuition était assez importante en % et a joué en sa faveur.

Comme je l’écrivais, il fallait un coupable idéal. Bryce l’est. Son emploi du temps, son passé correspondent aux disparitions. En plus, il trouve les éléments qui font avancer la police. Il est un peu perdu, c’est un homme sel. Il a besoin de calme. Il veut travailler à un livre. Il sort d’un divorce très difficile. Il ne semble pas connaître son pouvoir de séduction et ne sait pas y faire avec les femmes, il ne semble pas savoir séduire. Il n’est pas dragueur pour un sou même s’il se pose des questions. En découvrant le premier cadavre, sa réaction est normale. Tout comme la seconde, il réfléchit trop, mais peut-on lui en vouloir ? Malgré les traits tirés, les insomnies, la peur d’être arrêté et d’être déclaré coupable, il ne semble pas si traumatisé que ça. Il semble avoir pris son parti des situations et se défend assez mollement. Son caractère ? Il est lucide mais il ne sait pas trop quoi faire. Il voulait évacuer son stress avec ces vacances mais ce n’est pas réussi.

Ellie est une femme sensible qui évolue dans un monde d’hommes. Elle est une enquêtrice hors pair. L’intuition compte beaucoup. Elle se sent vulnérable car elle ne comprend pas le tueur, qui est un homme intelligent, diabolique.

Le cadre du Wisconsin Nord est absolument magnifique. L’été, cela doit être superbe avec ces immenses forêts, ses lacs. La saison, le lieu se prêtent très bien aux découvertes macabres, à ce Chasseur.

Ce qui change dans l’approche de l’auteur par rapport aux tueurs en série. L’enquête est locale. A la découverte du premier corps, les rênes sont confiées à la police de l’Etat. Mais le FBI et son profiler n’interviennent que par lors d’un coup de téléphone. Pourtant la découverte va vite dépasser les frontières de cette petite bourgade et de l’Etat, avec un homme bien établi impliqué. Son nom n’est pas tout de suite divulgué. Pour une fois, au sein de cette police, le grand chef n’a aucune prétention politique et il ne met pas de bâtons dans les roues de ses adjoints. C’est le premier roman policier de Kate Watterson et somme toute, c’est assez bien réussi puisque les dernières pages nous offrent plusieurs pistes pour les héros. On ne s’ennuie pas une seconde, le lecteur est happé par l’enquête et souhaite connaître le dénouement. J’espère toutefois que les prochains seront beaucoup plus noirs.

Je remercie les Presses de la Cité pour leur confiance.

Les proies du lac de Kate Watterson

date de sortie : 18 septembre 2014

Editeur : PRESSES DE LA CITE

ISBN : 9782258104051

Nb de pages : 391

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