La mer les emportera de Nick Dybek

La mer les emportera de Nick Dybek – Source Presses de la Cité

Etat de Washington à Loyalty Island. Cal a 14 ans. Son père est peu présent car il navigue en Alaska pour ramener du poisson. Il ne connaît pas bien sa famille.

John Gaunt, le riche armateur de Loyalty Island décède. Se pose la question de l’avenir de sa flotte et de son entreprise, surtout que son fils Richard est peu présent. 

Tous et le père de Cal veulent faire en sorte de conserver leur emploi. Mais Richard annoncera sa décision qui ne plaira pas à tout le monde.

Soit ce roman est à relire pour tenter de comprendre les aspirations de l’auteur, soit il est à oublier. En effet, je n’ai pas trop adhéré à l’atmopshère dégagée, à l’histoire. Pourtant, l’auteur ne juge en aucun cas les personnages et leurs décisions, et surtout pas Cal. Pourtant le début semblait prometteur avec les explications de ce lieu, lié à l’océan, à la pêche, à des habitants qui se serrent les coudes. Mais avec la mort du grand patron, ils sont trois à prendre les décisions pour la survie de leur emploi, de leur ville, de leur vie, au détriment, si l’on peut dire des familles.

Je n’ai pas compris les décisions de Cal. A qui veut-il plaire ? Son père ? Même si ce dernier part six mois dans l’année, c’est vers lui qu’il se tourne pour l’informer de ce qui se trame. Cal en veut à sa mère. Il ne lui laisse pas de chance, pensant avoir été abandonné par cette femme, qui ne juge pas son mari mais son départ sonne comme un jugement. Est-ce également parce qu’elle ne s’est pas fait à cette vie, parce qu’elle n’a pas d’amis. Cal lui ressemble de ce côté là. Avec Jamie, les relations sont faussées dès le départ. Jamie comprend très vite, a une autre approche de la situation. Cal, d’ailleurs, se confiera, jugeant ce secret trop lourd à porter pour lui. Il a besoin de quelqu’un pour prendre les décisions car il est tiraillé entre ce qui est juste au niveau de la loi et ce qui lui semble juste pour sa famille et ceux qui vivent dans cette ville. Cal se construit mais cette décision ne semble jamais lui avoir apporté l’apaisement recherché, surtout pour ses années futures, puisqu’il fuit en définitive cet univers. Les enfants semblent faits pour suivre les traces de leurs parents. Prendre la mer, embarquer sur des bateaux pour aller pêcher et ramener du poisson qui les fera vivre les autres mois de l’année. Mais il semble que certains parents retardent ces moments. D’ailleurs, la mère de Cal ne veut pas que son fils suive les traces de son père.

Il existe énormément de ressemblances entre Cal et Richard. D’ailleurs, ce dernier, lors de leurs échanges, le lui démontre. Ils ont le même caractère, le même type de père. Richard, sans réelle communication avec son père, a été malheureux. Il semble que pour Cal, cela soit pareil. Son père est un héros, son héros et il veut qu’il le reste. Mais tiraillé entre les envies d’avenir de sa mère pour lui et ce que souhaiterait son père, il ne sais pas quoi choisir. En définitive, la fuite. Cal a donc le choix de se taire ou de parler, d’agir ou de laisser faire, de laisser éclater la vérité ou pas, de se confier ou pas pour que quelqu’un prenne une décision à sa place. Il n’est pas du tout armé. Il lui manque une figure paternelle. Sa mère a été peu présente et il n’a pas tissé de liens forts avec elle. L’a-t-il voulu d’ailleurs ?

L’auteur nous décrit parfaitement la vie dure du pêcheur, son travail, son départ et les mois loin de sa famille. Tout cela pour ramener de l’argent et vivre le reste de l’année. Leur travail, dans cette petite communauté, est important. Sans cela, que deviennent-ils ? Rien. Ils n’ont pas la force de recommencer ailleurs.

Les questions restent toujours sans réponse. Les gens malgré la peur, l’enfermement, l’état de santé, ne changent pas. Ils restent tels qu’ils sont. Ils diront oui pour satisfaire mais feront, en définitive, ce qu’ils veulent.

J’ai été frappée par les odeurs. Tous ceux qui partent se rappellent, où qu’ils soient ces odeurs fortes, faites de poissons, d’essences, d’embruns, de tempêtes… Les odeurs sont vraiment la force du souvenir, heureux ou malheureux.

Je remercie les Presses de la Cité pour leur confiance.

La mer les emportera de Nick Dybek

date de sortie : 28 août 2014

Editeur : PRESSES DE LA CITE

ISBN : 978-2-258-105423

Nb de pages : 308

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