Juste une mauvaise action d’Elizabeth George

Juste une mauvaise action d’Elizabeth George – Source Presses de la Cité

Lors d’un match, Thomas Linley tente de séduire une femme qu’il a connu un nuit.

Barbara Havers a un voisin dont la petite fille a été « enlevée » par la mère. Elle est dans tous ses états et se propose comme détective privé. Au mois d’avril, cette petite fille est enlevée en Toscane. Contre toute attente, Thomas part mais Barbara n’a pas dit son dernier mot. Elle enquête, distille des informations aux tabloïd même si son avenir, au sein de la Met, est en jeu.

Par la force des choses, j’ai mis pas mal de temps à lire ce roman, près de deux semaines pour un livre de près de 700 pages. En effet, pendant quelques soirées, je n’ai pas pu lire. Et le reste du temps, j’ai été prise par cette histoire que j’ai savouré tout le long car j’ai adoré retrouver l’inspecteur Linley et Barbara Havers. On va donc dire, qu’à ce moment-là, j’ai fait durer le plaisir. J’adore ces deux personnages récurrents des romans d’Elizabeth George dont j’ai lu la plupart des romans.

Je ne me rappelais pas que l’auteur avait autant d’humour, car j’ai franchement eu le sourire à certains endroits, lors de certaines phrases prononcées. De l’humour noir, certes, mais des fois de l’humour tout court entre de nombreux personnages mais aussi l’incompréhension, la barrière de la langue entre Havers, avec son caractère, et Salvatore.

Le titre Juste une mauvaise action est très bien trouvé. L’auteur nous dévoile assez rapidement les soupçons de culpabilité qui pèsent sur le père de la petite fille enlevée. Mais tout comme Barbara, en tant que lectrice, je n’ai pas voulu y croire. Pas parce que je suis amoureuse du personnage interprété par le père, non, ni parce que j’éprouve de l’admiration. Mais je voulais que ce soit quelqu’un d’autre qui soit coupable. Car ce père a juste commis une mauvaise action pour l’amour de sa fille, le seul enfant qui lui reste et qu’il ne veut pas perdre, même s’il n’apparait sur aucun papier officiel.

Outre cette histoire d’enlèvement et ce qui en découle, nous avons toujours les relations entre Linley et Barbara. Le premier s’interroge sur sa coéquipière qu’il connait depuis de nombreuses années. Une relation faite de non-dits également et de respect. Malgré les doutes qu’il éprouve, ce qu’il doit accomplir  en tant qu’inspecteur, il veut lui laisser une chance, la couvrir. Mais c’est dur. Il est tiraillé entre sa conscience professionnelle, son chef et surtout l’amitié, car c’est bien une histoire d’amitié indéfectible, qu’il éprouve pour Barbara, qui l’a soutenu sur de nombreux coups durs. Juste une mauvaise action est donc un roman sur l’amitié. Car Barbara, flic, use et abuse de ficelles, quitte à ne plus avoir d’emploi, malgré ses talents d’enquêtrice. Elle est et reste un personnage hors du commun que ses semblables n’aiment pas car elle reste hors des sentiers battus, par son caractère, son style vestimentaire et surtout comment elle accomplit son travail. Barbara, amie (et amoureuse) d’Azhar, veut lui laisser toutes ses chances et le couvrir. L’amitié, également, se dessine entre Salvatore et Barbara. Malgré ses habits, pour l’Italien, elle est attirante avec son teint d’Anglaise et ses yeux bleus. Même s’il sait qu’elle le trahit, il la couvre tout de même. Est-ce également de l’amitié entre Havers et le journaliste du tabloïd. Il ne la couvre, la menace constamment de sortir des papiers, mais en définitive, pour son dernier papier, il ne nommera pas le sergent. Elle en prend bonne note et sait qu’elle ne donnera plus aucune information.

Dans son roman, il y a bien entendu des personnages que l’on ne supporte pas, comme la mère et la tante et surtout les grands-parents de la petite fille mais aussi l’amant de la mère. Il y a également le grand chef, une femme, de Linley et d’Havers, mais aussi ce misogyne qui veut tout faire pour faire tomber Barbara. Quelle plaie ce type ! Heureusement que tous savent comment il est mais en faisant ces enquêtes sur Barbara, puisqu’il cherche à s’en débarrasser, oblige le grand chef à prendre des décisions. Il y a également ceux qui sont en Italie. A part l’enquêteur, les autres franchement, on n’aurait pas envie de les rencontrer ou avoir affaire à eux. J’ai retrouvé avec bonheur, même si c’est pour quelques pages, Simon St James et sa femme Deborah. Elisabeth George ne fait en aucun cas du neuf avec du vieux.

Dans Juste une mauvaise action, tous les ingrédients du bon polar y sont. Un enlèvement, une famille abandonnée pour une femme, une enquête avec de nombreuses ramifications, des personnages atypiques, de la folie et aussi de nombreux rebondissements auxquels on ne s’attend pas, comme un décès, une bactérie tueuse. En plus le cadre ne gâche rien puisque nous sommes partis en Toscane, une région que j’ai visité et que j’ai adoré. J’ai toujours aimé la plume d’Elizabeth George et avec ce roman cela ne change pas. On ne s’ennuie pas même si certaines descriptions sont nombreuses. Elle jongle avec de nombreux personnages, avec leurs caractères, avec maestria. Tout coule de source. Aucun temps mort, aucune répétition même si la nouvelle relation à laquelle aspire Linley peut sembler lente à se mettre en place. Mais l’homme est un Lord, il est le parfait gentleman. Il préfère prendre son temps.

Je remercie Les Presses de la Cité et surtout Anne pour leur confiance mais aussi pour leur patience.

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