L’oeil du prince de Frédérique Deghelt

L’oeil du prince de Frédérique Deghelt – Source J’ai Lu

A des époques différentes, Mélodie, Yann, Benoît, deux Résistants, Anna vont vivre des amours différents ou la fin de celui-ci. Par leur histoire, ils sont liés les uns aux autres sans le savoir jusqu’à la révélation d’un secret de famille et d’une conception.

Cinq grands chapitres qui révèlent aux lecteurs le pan d’une vie d’un des protagonistes. Frédérique Deghelt nous situe les histoires en France, aux Etats-Unis, en France, aux USA et pour finir aux USA. L’histoire commence avec Mélodie et peut se finir avec elle, même si Anna est également le sujet de ce cinquième grand chapitre. On pourrait ainsi dire que le lien est bouclé puisque deux secrets sont dévoilés. L’amour se produit sans que le passé des uns et des autres ne soit connu. Avec les lieux, nous avons également la chronologie. L’histoire commence dans les années 80, ensuite années 60, la guerre de 39-45, puis nous avançons dans le temps pour finir à nos jours.

J’ai remarqué, dans ce roman, que Mélodie et Yann ont été deux enfants non désirés, dont les parents ne les ont pas aimés.

Concernant les personnages. Mélodie semble une jeune fille en décalage avec son monde environnant, elle est incomprise. Serait-elle surdouée ? Question que je me suis posée et qui revient à la fin du roman. Elle ne supporte pas ce monde de riches qui ne veut, avant tout, que paraître. Elle vivra une aventure d’un soir qui aura des conséquences bien des années plus tard. Yann doit vivre douloureusement suite à la perte de sa femme et de son enfant à naître. Il tentera de se perdre mais au hasard de ses rencontres, il arrivera à refaire surface pour vivre et aimer à nouveau. Ensuite, nous avons un homme et une femme qui s’écrivent des lettres pendant la guerre. Ils doivent se cacher, ne pas donner leurs noms, faire très attention pour ne pas donner d’indices. Ils tomberont amoureux, se verront deux-trois fois et de leur liaison naîtra un enfant mais la mort est au rendez-vous. Benoît est au fond du gouffre. Tout va mal dans son couple, sa femme veut divorcer. Il retrouve son meilleur ami Yann. On sent très vite de qui Yann est tombé amoureux. Benoît devra prendre conscience de tous ses défauts pour pouvoir repartir à zéro. Anna est à la fin de sa vie, elle fait le point sur les personnes qui l’ont jalonnée, ceux qui sont partis, ceux qu’elle a rencontré et avec qui elle a de très bonnes relations. Et surtout, elle recevra un paquet de lettres. Ces fameuses lettres qui pourraient être au centre de tout mais qui permettent de lui laisser la vérité sur un fait qu’elle n’a pas voulu voir, dont elle n’a pas voulu parler de peur, peut-être de souffrir.

Frédérique Deghelt nous trace un monde sans complaisance de cette vie oisive, riche, mais les exceptions existent et ces personnes se sentent mises à l’écart.

L’amour peut être beau, mais il fait également souffrir et c’est souvent par la perte de la personne aimée, soit dans un accident, par les circonstances de la vie, par la fin d’un mariage. Mais l’amour, lui, ne meurt pas et il renaît et les années qui passent ne vont pas l’anéantir.

Outre l’amour sous différents formes, dans ce roman, il y a le deuil de la mère. La mère qui n’aime pas, la mère de substitution, la mère qui n’est pas là pour donner son amour car décédée et la mère qui a choisi sa carrière et rendu ses enfants indépendants. Pour cette dernière, c’est un choix qu’elle regrette car elle a peu de connivence avec eux.

L’auteur maîtrise parfaitement tous les sujets. Outre l’amour, la fin d’un couple, la littérature, le cinéma, le jazz, la guerre sont parfaitement dépeints, tout comme les liens d’amitié qui ne se défont pas entre personnes qui ont vécu le malheur et qui restent compatissants envers les autres. D’ailleurs l’amitié est souvent plus importante que la famille car cette dernière n’est pas choisie.

C’est le premier roman de cet auteur que je lis. J’ai vraiment été agréablement surprise par le ton, l’histoire. Je ne m’attendais pas à une histoire aussi belle, rondement menée. L’auteur ne perd pas de temps, elle va à l’essentiel et ne se perd absolument pas. Malgré le fait de revenir à la première page, de temps en temps, pour connaître le tableau des relations, le lecteur ne se perd absolument pas. Le tableau est plutôt un rappel ou une envie de voir si on ne se trompe pas lorsqu’on lit la vie de chacun. Je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à trouver Anne et Vincent. Il vit, il vibre avec ces personnages. Il a peut-être vécu de tels faits par lui-même ou avec des personnes proches.

Reprenons également une explication de l’auteur concernant L’Oeil du Prince : dans un théâtre, angle de vue permettant de visualiser la perspective du décor sans déformation. C’est aussi la place d’où l’on voit le mieux le spectacle, autrefois réservée au souverain.

Je remercie J’ai Lu pour la confiance témoignée.

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